lundi 21 juin 2010

Carmilla - Sheridan le Fanu.

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'All this beauty is killing me'
- Beauty of the beast, Nightwish -

L'auteur :
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Joseph Sheridan Le Fanu, (1814 - 1873), était un écrivain irlandais, l'un des auteurs majeurs du fantastique, célèbre pour son roman gothique et vampirique, Carmilla.






Quatrième de couverture : 

Il était une fois une jeune fille qui s'ennuyait un peu en compagnie de son père dons son château de Styrie. Jusqu'à l'arrivée accidentelle de Carmilla, pour qui Laure éprouve aussitôt une amitié trouble, faite d'attirance sensuelle et du sentiment qu'il existe entre elles des liens mystérieux. Mais qui est Carmilla ? Comment se fait-il qu'elle ressemble étrangement à la jeune femme qui hantait jadis les cauchemars de Laure ? Et qu'à mesure que celle-ci dépérit, le teint de Carmilla prenne " un velouté et un éclat particuliers " ? Suivi de trois nouvelles où se retrouve le sens de l'horreur d'un des grands noms de la littérature irlandaise, un classique du fantastique " gothique " qui a donné lieu à nombre d'adaptations cinématographiques (dont Et mourir de plaisir, de Roger Vadim, 1960) et compte parmi les principales sources d'inspiration du fameux Dracula de Bram Stoker.


Mon avis : 

Livre lu il y a plusieurs mois, et je n'en écrit la critique qu'aujourd'hui, bouh, honte à moi ! Quand on aime la littérature vampirique, impossible de passer à côté de ce grand classique qui a influençé Bram Stoker et son célèbre Dracula. Car en effet, Carmilla est née 25 ans avant Dracula, et c'est plus le prince de Transylvanie qui a retenu l'attention des foules. Pourtant, Carmilla est un très bon roman. Un brin gothique, avec un soupçon d'horreur et de sensualité, une écriture magnifique qui donne toutes ces lettres de noblesses aux vampires. Une oeuvre à ne pas râter ! Un chef-d'oeuvre de l'apparition du vampire dans la littérature du XIXe siècle.

Dans un château de la lointaine Styrie, vit une jeune fille solitaire et maladive, Laure. Sa solitude vient à être troublée par l'arrivée d'un attelage accidenté non loin de là. Le père de Laure offre l'hospitalité à la victime de l'accident, la ravissante Carmilla. Alors qu'un nouveau train de vie commençe pour la jeune Laure, une étrange maladie se répand peu à peu dans leur région, et Laure elle-même, inquiète, est victime d'étranges évènements, la nuit. Sans le vouloir, elle se retrouve proie à la séduction de Carmilla, et un amour étrange, ineffable grandit entre ces deux femmes, entre le prédateur et sa proie. Un amour dangereux et interdit. Un poison qui se répand lentement dans les veines, un amour assassin...

C'est un délice, vraiment. Carmilla est presque autant intéressante et fascinante que Dracula. Une femme vampire, mi-femme, mi-bête, ni morte ni vivante qui entraîne dans sa séduction la douce et faible Laure, elle se laisse aimer et assassiner par Carmilla, lentement. C'est une relation d'amour ambigüe que partagent ces deux êtres, un amour profond mais dangereux, mortel, comme un poison qui se répand lentement mais sûrement. C'est l'influence de cette femme vampire incroyable qui détruit tout sur son passage, le tout sur un fond gothique, un décor étrange de forêt et de ruines. C'est sensuel et effrayant mais si passionnant. On se doute de ce qui va se produire, on connaît le mal dont souffre Laure, on devine bien qui est cette Carmilla, et on assiste, impuissant, au déroulement du récit. Ce personnage est sans doute le plus intéressant, non seulement d'être une femme-vampire, elle excerce comme un charme mortel sur Laure, elle use de psychologie humaine, des jeux subtils de la séduction... c'est une relation bien étrange mais qui fascine.

C'est vraiment un beau roman du vampirisme du XIXe siècle, peut-être mieux que Dracula, alors que Dracula est l'un de mes gros coups de coeur !





Laura et Carmilla, illustration de D. H Friston.


Extrait :
 
Elle était d'une taille au-dessus de la moyenne, mince et étonnamment gracieuse. A l'exception de l'extrême langueur de ses gestes, rien dans son aspect ne révélait qu'elle fût malade. Elle avait un teint éclatant et coloré, des traits menus parfaitement modelés, de grands yeux noirs au vif éclat. Sa chevelure était magnifique. Jamais je n'ai vu des cheveux aussi épais, aussi longs que les siens, lorsqu'ils retombaient librement sur ses épaules. Je les ai bien souvent soulevés dans mes mains, et me suis émerveillée en riant de les trouver si lourds. Prodigieusement fins et soyeux, ils étaient d'un brun très sombre, très chaud, avec des reflets d'or. Quand elle était étendue sur sa chaise-longue, dans sa chambre, me parlant de sa voix douce et basse, j'aimais les dénouer et les laisser tomber de tout leur poids, pour ensuite les enrouler autour de mes doigts, les natter, les étaler, jouer avec eux. Ciel ! si j'avais su alors tout ce que je sais maintenant !

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