lundi 8 novembre 2010

Paroles de l'ombre - Collectif et Jean-Pierre Guéno.

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'On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave, d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau ?
S'il fallait plus que des mots.'

- Né en 17 à Leidenstadt, J.J Goldman -



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Quatrième de couverture :

L'ombre a envahi la France entre 1940 et 1944, sous le signe de la francisque et de la croix gammée. Elle y engendra un second cauchemar après celui de la grande guerre. Et ceux qui avaient vécu la " der des ders " ou souffert de ses conséquences devinrent des résistants, des collabos, des justes ou des indifférents... Et tous agirent dans l'ombre : dans celle de la spéculation, de l'infamie, de la délation ou de la clandestinité. Dans celle de l'action ou de l'indolence. Dans celle de la soumission ou de la Résistance. Dans l'ombre assassine des camps, des chambres à gaz et des cachots. Dans l'ombre protectrice des abris, des caves, des cachettes et des maquis.


Jean-Pierre Guéno a recueilli pour cet ouvrage les lettres et les témoignages des Français sous l'Occupation. Des tranches de vies, des tranches d'histoire à transmettre aux enfants du XXIe siècle, avec leur part d'ombre et leur part de lumière.

Mon avis :

Après avoir lu Paroles de Poilus, je continue sur ma lançée en lisant Paroles de l'ombre qui est un recueil où sont regroupés lettres, extraits de carnets, des récits de français (ou même quelques étrangers, mais majoritairement des français) sous l'Occupation du pays durant la seconde guerre mondiale.

Après l'introduction, on commençe par se retrouver juste après la guerre 14-18 à travers des lettres, où les soldats rentrent chez eux, blessés aussi bien mentalement que physiquement, traumatisés, et mû par un désir de paix, un pacifisme contagieux, les congés payés qui approchent, reconstruire le pays, essayer d'oublier ce qui explique en partie la raison pourquoi 'on' a choisi de fermer les yeux plutôt que de se méfier de l'ennemi, surtout quand Hitler vint au pouvoir et proféra des paroles peu rassurantes pour les juifs et les autres peuples qu'il semblait déterminé à écraser, tels les français, anglais, polonais... Puis vint l'effondrement en 1939-1940, on s'inquiète trop tard des désirs de vengeance de cette Allemagne qui a repris les armes. C'est l'effondrement de la Pologne, l'entrée en guerre de la France et de l'Angleterre, l'exode, la débâcle, la drôle de guerre, la capitulation française... et ensuite, 1940-41. La France change, elle est divisée en Vichy et en la "Zone Libre", Pétain change le gouvernement et le pays, l'Europe est germanisé, et la défaite est cuisante pour certains qui refusent de se résigner et se révoltent, pour eux, Pétain est un traître. La révolte ne vient que vers 1941-42 pourtant, en même temps que la terreur, c'est les temps des juifs persécutés, des rafles, des camps de concentration. La résistance se forme depuis l'Appel du 18 Juin par le général De Gaulle. Alors qu'il y en a qui collaborent, d'autres résistent. Résistants de tout âge, mais surtout des jeunes qui y croient encore. Puis 1943 marque le tournant de la guerre. Les allemands commençent doucement à reculer, les Alliés 'entrent en scène' pour finalement, vers 1944-45, arriver sur le chemin de la liberté. L'empire du Nazisme s'écroule. Puis, comme si ce receuil était une histoire, un roman, celui-ci s'achère en un épilogue sur des lettres d'espoir après la victoire, l'armistice.

Si Paroles de l'Ombre m'a moins marqué que Paroles de Poilus, cela restera l'une des lectures que je n'oublierais jamais. C'est comme un témoignage, des récits de personnes qui ont vécu dans cette époque chaotique, celle d'entre deux guerres, celle de 39-45 et si je me passionne pour cette période, je ne peux pas m'empêcher de me dire quelle chance j'ai de vivre dans notre époque actuelle. Comment aurais-je réagis à cette époque ? Aurais-je été neutre, aurais-je eu le même courage, ce sentiment de révolte des Résistants ou autres français refusant la collaboration avec les Nazis ? Car il en faut du courage, de la volonté pour survivre à tout ça, les nazis, les rafles, les tortures infligées à ceux qui osaient se rebeller, ces personnes-là, je les admire. Ces hommes, ces femmes, ces jeunes adolescents. J'ai souvent eu mal au coeur en lisant ces lettres bouleversantes, j'ai eu pitié d'eux. Qu'ils aient été des anonymes ou des résistants dont je connaissais déjà le nom. J'étais en colère lorsque je lisais les récits de gens tels qu'Himmler, Hitler ou autres nazis, surtout quand c'était un ou deux extraits de Mein Kampf et j'ai été d'accord sur ce qu'un journaliste français a pû en dire 'un vomissement de 700 pages de haine, d'injures, des futurs crimes d'Hitler', si seulement on avait écouté ce journaliste...

C'est un recueil captivant, une fois qu'on y est, on ne peut plus le lâcher. J'y pense encore, il y a des paroles qui sont restées gravées, c'est un livre que je n'oublierais pas de sitôt tant c'était marquant et que ces personnes qui ont écrit ces lettres m'ont marqué d'une façon ou d'une autre. Une lecture marquante, c'est le mot je crois. Du moins pour moi, passionnée d'Histoire, captivée par cette période bien que terrible, et qui voue une admiration à la Résistance...

Extrait :

'L'armistice est signé. Les cloches de toutes les églises carillonnent à toute volée. Le coeur des Français délivrés bat la chamade. Les habitants sortent les drapeaux tricolores fanés des placards et des greniers. Ils n'ont pas servi depuis cinq ans pour le 14 Juillet. Des bals populaires s'organisent sur les places débarrasées des tanks et des canons abandonnés par les nazis en déroute.'

Epilogue. Lettre de Marie-Claire Barrot écrite en mai 1945.

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