lundi 4 avril 2022

La Momie - Anne Rice.


Le pharaon Ramsès ressuscité dans l'Angleterre de 1914, voilà la folle histoire que nous propose Anne Rice ! 

L'absorption d'un élixir l'ayant rendu immortel, Ramsès - rebaptisé Docteur Ramsey pour plus de discrétion - découvre le monde moderne. 

Mais le souvenir de la belle Cléopâtre le hante. Revenue à la vie à son tour, celle-ci va se révéler bien plus dangereuse que ne le dit la légende...



C’est étrange, la première fois que j’ai emporté ce livre à la bibliothèque. Je n’avais plus lu d’Anne Rice depuis des années, et c’était ma première lecture depuis l’annonce de sa mort en décembre 2021, qui nous a causé choc et tristesse. Me replonger dans son écriture a finalement été plus facile que je ne le pensais, et je me suis laissée bercer par ses mots.


Je regrette que ce roman m’ait finalement laissé un avis plus que mitigé.


Nous sommes en 1914, et Lawrence Startford, éminent archéologue anglais, fait la découverte du siècle. Un étrange tombeau dans une pièce au style gréco-romain et dont l’occupant momifié n’est d’autre que Ramsès II. Impossible, puisque la momie de ce célèbre pharaon a déjà été découverte il y a près de deux siècles. Pourtant, les écrits qui s’y trouvent semblent prouver le contraire et révèlent une bien étrange histoire. Ramsès le Grand est un immortel, qui a planifié sa mort et voyagé à travers les siècles et les contrées, avant de plonger dans un éternel sommeil… du moins, jusqu’à ce qu’il ne soit réveillé bien plus tard par une jeune reine d’Égypte demandant son aide et ses conseils, Cléopâtre.


Si j'étais sceptique quant à l'idée de départ, il faut avouer qu'elle présente une sacrée originalité ! Faire de Ramsès un immortel qui a non seulement joué un rôle auprès d'une autre figure historique toute aussi célèbre que lui et qui se retrouve dans le monde moderne, non pas en tant que momie meurtrière laissant des cadavres sur son chemin, mais en tant qu'homme de raison déstabilisé mais fasciné par ce nouveau monde, ce qui nous présente un choc des cultures déstabilisant pour Ramsès, mais ô combien intéressant pour les lecteurs, entre Antiquité égyptienne et modernité occidentale.


J'ai beaucoup aimé voir la première partie du roman avec le réveil de Ramsès et le voir découvrir l'Angleterre de 1914, ainsi que toutes les avancées sociales, culturelles, scientifiques et technologiques, être submergé par la surprise et l'émerveillement... j'en viens à regretter qu'il soit semblable à un surhomme, capable d'assimiler toutes ces nouvelles connaissances à une vitesse folle et être capable de maîtriser l'Anglais et son environnement assez facilement. Toutefois, c'est un personnage charismatique et plein d'assurance que l'on découvre pendant une bonne partie du roman. Tout doué qu'il est, il n'échappe pas aux suspicions de l'entourage de Julie Startford, la fille de l'archéologue qui a découvert Ramsès, qui vont essayer de percer les secrets de son identité mais aussi de son élixir d'immortalité. J'ai trouvé intéressant les réflexions de Ramsès quant à l'époque dans laquelle il se trouve, et le semblant de mystère autour de la mort de l'un des personnages de l'expédition archéologique, notamment l'identité du coupable et ses prochains agissements. 



Couvertures proposées par Pocket à travers les années



La seconde partie du roman, celle où Ramsès et Julie voyagent en Egypte pour permettre à l'ancien pharaon de faire ses adieux à son passé, est un peu plus longue... du moins, jusqu'à ce que Ramsès ne découvre inopinément la momie de Cléopâtre et ne décide, sur un coup de tête inconséquent, de la ramener à la vie. Cependant, sa momie n'est pas complète et cette résurrection ne se passe pas comme prévu, et c'est là où ça coince.


Je peux accepter l'idée de Cléopâtre réveillée contre son grès, dont le réveil se passe mal car elle est une momie incomplète. De ce fait, son apparence présente de nombreux défaut et elle a perdu de très nombreux souvenirs de sa vie passée. Déboussolée, rejetée par Ramsès dans un premier temps, elle ne s'y retrouve pas dans ce monde qui n'est pas le sien et se présente plus comme créature meurtrière, pourtant vulnérable dont on ne peut prédire les réactions. Je n'ai toutefois pas du tout adhéré au fait de voir Cléopâtre sauter sur tout ce qui bouge (ou sauter tout ce qui bouge, mais que des hommes hein, forcément…) et la voir comme une femme fatale qu'aucun homme ne peut résister et qui [spoiler] tombe sous le charme de l'insipide Alex, (le fiancé de Julie, comme c'est pratique tiens !) [/spoiler]


J'ai également été déçue par le personnage de Julie qui était prometteur. Fille unique, elle se retrouve comme seule héritière de l'empire de son père, et s'est donnée pour tâche de faire découvrir son monde à Ramsès et de l'aider, tout en évitant ce mariage dans lequel on la presse et les manigances de son entourage pour avoir la main mise sur l'entreprise familiale. C'est au départ une femme forte cherchant à s'émanciper, ne pas se laisser dicter sa conduite et vivre comme elle l'entend. Elle perd de sa saveur en tombant amoureuse de Ramsès et en devant une amante malheureuse sans son Ramsès, prête à se donner la mort s'il la quitte car elle ne peut vivre sans lui, et qu'elle passe son temps à pleurer et se languir.


La plupart des personnages n'est pas inintéressante mais ne m'a pas laissé forte impression, en particulier l'entourage masculin de Julie, outre Samir (Samir parfait, Samir pas besoin de changer) qui cherche à avoir main prise sur l'entreprise des Startford et à marier Julie au poulain de leur choix pour les avantages que cela leur apporterait.


Cependant, c'est toujours un plaisir de retrouver l'écriture d'Anne Rice qui maîtrise sa plume à la perfection (à part ses scènes hot risibles tant au niveau du dialogue que des descriptions), et qui parvient à nous faire voyager en Angleterre aussi bien qu'au Caire, mais au final je suis ressortie très mitigée de cette lecture, presque déçue. Peut-être en attendais-je un peu trop, ou que je m'attendais tout simplement à autre chose. Je reste davantage charmée par ses vampires que par sa momie. Peut-être que j'aime tout simplement mes momies comme assoiffées de sang que comme des âmes torturées... Dommage ! Peut-être me laisserais-je convaincre un jour par ses loups-garous... 


- Ce que vous voulez nous faire comprendre, dit Elliott, c'est que nous ne sommes ni meilleurs ni pires que les anciens Egyptiens.

(...) - Non, ce n'est pas ce que je veux dire, dit Ramsès d'un air pensif. Vous êtes meilleurs. D'un millier de façons. Mais vous êtes toujours humains. Vous n'avez pas encore trouvé toutes les réponses. L'électricité, le téléphone, ce sont là des objets magiques. Mais les pauvres meurent de faim. Les hommes tuent pour avoir ce que leur refuse leur propre travail. Comment partager la magie, les richesses, les secrets, voilà bien le problème.

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