mardi 24 novembre 2020

La vie hantée d'Anya - Vera Brosgol.


La vie d'Anya est un vrai cauchemar. Une famille "gênante", des rondeurs mal placées, et un accent russe qui complique considérablement son intégration au lycée. Pour couronner le tout, la voilà qui dégringole dans un puits où elle tombe nez à nez avec un fantôme. C'est Emily, tombée là elle aussi quelques décennies plus tôt. En l'aidant à sortir du trou puis en lui donnant de précieux conseils, Emily devient vite la meilleure amie d'Anya. Enfin, c'est ce qu'elle croit...



Cette bande-dessinée m'a été conseillée par Wilwy, mon Alsacienne adorée, sur Discord, que je remercie pour cette sympathique découverte !


Anya est une jeune lycéenne avec des rondeurs qu’elle déteste et des origines dont elle a honte, car Anya est d’origine russe et sa famille a emménagé en Amérique. Anya complexe car elle aimerait bien se fondre dans la masse et être populaire, et surtout attirer l’attention du garçon qui lui plaît, et qui sort malheureusement avec une fille sublime et populaire, comme beaucoup d’adolescentes de son âge. Un jour qu’elle sèche le lycée et se promène dans les bois, elle tombe malencontreusement dans un trou et découvre avec terreur qu’au fond de ce trou se trouve un squelette et un fantôme qui lui est attaché. Ce fantôme, c’est Emily, qui lui explique avoir été assassinée il y a 90 ans. Passé le choc, Anya ne sait comment réagir face à ce fantôme. Désireuse de se faire une amie, Emily aide Anya à sortir du trou. À partir de ce moment, Emily suit Anya dans son quotidien. Si cela n’enchante pas Anya de prime abord, elle va vite en saisir les avantages car Emily lui permet d’entrevoir ce qu’elle rêve : la réussite et la popularité, grâce à l’aide qu’Emily lui apporte pour tricher aux examens et pour attirer l’attention du garçon de ses rêves… Débute ainsi une amitié pas comme les autres. En remerciement, Anya décide d’enquêter sur sa mort, mais ce qu’elle découvre lui réserve bien des surprises…


Cette histoire est assez typique des récits de fiction autour de l’adolescence, et montre un lycée américain plutôt classique, voire caricatural, avec une jeune fille qui a les soucis « classiques » d’adolescents avec, toutefois, du fantastique qui sert parfaitement à l’histoire, avec la présence d’Emily, un fantôme qui va évoluer au cours de l’intrigue. L’histoire n’est pas des plus originales ni même son déroulé, certains retournements ne sont pas étonnants et la quatrième de couverture nous dévoile de suite qu’il faut se méfier du fantôme mais la sauce a bien prise de mon côté. J’ai apprécié cette lecture et découvrir l’évolution de l’intrigue, les pages se tournent facilement et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Je regrette toutefois que la fin soit un peu rapide entre Anya et Emily, je n’aurais pas été contre à ce qu’elle ait été un peu plus développée.




J’ai trouvé mignonne l’amitié hors du commun entre Anya et son fantôme, les moments d’insouciance et de bonheur qu’elles passent au fur et à mesure du temps qu’elles passent ensemble, jusqu’à ce que s’installe un autre climat alors qu’Emily change, passant de fantôme attentionné et ne désirant rien que plus que de la compagnie, elle qui a été seule pendant 90 ans, jusqu’à adopter une attitude de plus en plus étrange et devenir envahissante, inquiétant Anya. La tension monte peu à peu et on s’interroge sur Emily, son passé, ses prochaines réactions et comment cette tension va se résoudre.


Plus qu’une histoire de fantôme, c’est aussi un récit d’apprentissage, l’histoire de fantôme servant de prétexte à l’héroïne pour grandir et évoluer. Si Anya nous semble un peu égoïste et hautaine, je lui reconnais que, malgré son désir d’être aimée et reconnue, elle sait réfléchir et faire la part des choses. Elle sait jusqu’où il ne faut pas aller, et être raisonnable. Malgré tout, être adolescent n’est pas chose facile, surtout lorsqu’on est ignoré sinon impopulaire à l’école. Je pense qu’on a tous un peu souhaité être quelqu’un d’autre et que cette double identité qu’elle possède (d’origine russe et Américaine d’adoption), si riche soit-elle, ne doit pas être facile à assumer tous les jours, surtout quand on est une adolescente en pleine construction, qui se cherche encore. C’est pourquoi ça fait plaisir de voir, au cours de l’histoire, Anya apprendre à être plus en paix avec elle-même, elle va prendre conscience de ce qui l’entoure davantage et apprendre le classique mais toujours juste adage que les apparences sont souvent trompeuses. Anya est un personnage complètement humain, avec ses qualités et ses défauts. J’ai aimé la voir commettre des erreurs, essayer de les réparer, avancer tant bien que mal et vouloir aider Emily, bien malgré cette dernière.


Les apparences parfois trompeuses, une thématique que l’on retrouve dans le récit : des personnes ne sont pas forcément ce qu’elles semblent être, même les filles semblant idéales ont leurs propres blessures et failles, etc. Une sorte de leçon classique mais intemporelle qu’Anya va apprendre. J’ai également trouvé intéressant le travail autour d’Emily et surtout le fait que son évolution suit le cheminement inverse de celui d’Anya, comme un jeu de miroir inversé. Alors que l’une gagne en « lumière », l’autre gagne en noirceur, l’une s’épanouit et l’autre se renferme. J’ai donc suivi avec intérêt l’étrange relation qui se noue entre Anya et Emily, et j’ai attendu avec curiosité le dénouement de leur histoire commune !


La Vie Hantée d'Anya (qui a connu un autre titre, Le fantôme d'Anyase révèle au final être un joli récit initiatique d'une jeune fille mal dans sa peau qui éprouve quelques difficultés à s'intégrer, et qui se mêle à un aspect plus fantastique, surnaturel, ce qui se lie très bien aux couleurs assez sombres (gris, blanc, noir avec des nuances de bleu). Si les graphismes n'ont rien d'exceptionnel, les traits ronds et doux sont très agréables à regarder. Un roman graphique que je recommande pour un public jeune ou adulte, et pour tout amateur (ou amatrice) d'histoires de fantôme !


samedi 21 novembre 2020

La Petite Boulangerie du Bout du Monde - Jenny Colgan.

Quand son mariage et son entreprise familiale font naufrage, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Elle s'installe seule dans un minuscule appartement situé au-dessus d'une boutique laissée à l'abandon. Pour se remonter le moral, elle se consacre à son plaisir favori : fabriquer du pain. Alors qu'il n'y a plus dans le village qu'une boulangère irascible au pain sans saveur, les arômes de levain qui s'échappent de chez elle attirent très vite la curiosité et la sympathie des habitants. 

Petit à petit, d'échanges de services en petits bonheurs partagés, elle ravive l'esprit d'entraide et de partage dans le village. Au fil des rencontres farfelues (un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands) et au gré des événements heureux ou tragiques qui touchent la communauté, ce qui ne devait être qu'un simple " break " devient l'entreprise de sa vie. Polly se révèle enfin à elle-même : une femme déterminée et créative, prête à mordre dans la vie comme dans une mie de pain chaude et croustillante. 


Sans aller jusqu’à dire qu’il y a des mois que j’aime et d’autres que j’aime moins, je dois avouer ne pas trop aimer le mois de Novembre que je trouve long, gris et déprimant, la situation actuelle n’arrange rien. C’est pourquoi j’avais envie d’une lecture plus légère, surtout après ma lecture précédente, chaleureuse, un roman « feel good », qui fait du bien… sans aller dans la guimauve, ceci dit. Ce roman me faisait envie depuis un petit moment déjà, j’ai pensé que si je devais me mettre à lire un roman « feel good », ce devait être celui-là.


L’histoire débute assez mal pour notre héroïne, Polly. L’entreprise qu’elle a mené avec son compagnon a fait faillite, elle n’a plus les moyens de vivre dans son appartement et, en conséquence de ces événements, son couple bat de l’aile et son fiancé (et non pas son mari, comme annoncé dans la quatrième de couverture), Chris, décide de mettre un terme à leur relation et de retourner vivre chez sa mère. Déprimée et presque sans rien, Polly décide de prendre le large. Vu son petit budget, elle ne peut s’offrir que la location d’un appartement en piteux état à Mount Polbearn, une île dans les Cornouailles qui se révèle être un coin totalement perdu de l’Angleterre, avec peu de commerces et de divertissements. Heureusement, il y a une boulangerie, une aubaine pour Polly qui adore tout simplement le pain… Malheureusement pour elle, Mrs Manse, la boulangère et également la personne qui lui loue l’appartement, est une vieille dame acariâtre dont le caractère est aussi mauvais que son pain et ses pâtisseries. Polly se sent seule et désespère de remonter la pente, dans son petit appartement froid. Heureusement, elle se lie d’amitié avec les pêcheurs du coin, ainsi qu’avec un tout jeune macareux qui s’est inopinément retrouvé chez elle en pleine nuit, pendant une tempête. Et puisqu’elle ne trouve pas le pain local à son goût, elle décide de renouer avec son ancienne passion : faire du pain… sans se douter une seule seconde qu’elle allait attirer des curieux, des curieux affamés qui vont vite tomber sous le charme de ses préparations culinaires !


Le schéma de l’intrigue reste assez classique, on le retrouve facilement dans plusieurs fictions et notamment les films de noël : le personnage principal est au plus bas, il perd son emploi, conjoint, domicile ou autre, il déménage ailleurs pour changer d’air et changer de vie, il déprime, se remet en question, fait des rencontres, commence à aller mieux, se prend en main, trouve un emploi où il se sent épanoui, il se peut même qu’il rencontre l’amour de sa vie, la communauté dans lequel il est venu habiter est chaleureux, il y a de l’amitié et de l’entraide… Le roman reprend nombre de ces points, mais l’histoire reste assez plaisante pour qu’on ne s’en formalise pas. J’ai pris plaisir à suivre Polly tout au long de l’histoire, même si j’ai trouvé le début un peu long, son arrivée sur l’île, son emménagement, sa découverte des environs. J’ai beaucoup aimé la voir se lier d’amitié avec les pêcheurs du coin, tous les plus sympathiques les uns que les autres, et aussi sa rencontre avec un petit macareux qu’elle nommera Neil, qui aime suivre Polly partout et surtout manger ce qu’elle confectionne !


C’est un roman qui donne faim ! Le pain est l’élément moteur de cette histoire. Du pain, du pain et encore du pain. Polly voue presque un culte au pain, si bien qu’elle aurait très bien pu emménager en France, elle y aurait trouvé son bonheur, car elle ne le trouve pas auprès de la boulangerie de l’île. Polly en profite donc pour mettre la main à la pâte, et de redécouvrir une ancienne occupation qu’elle adorait : confectionner du pain. Il y en a pour tous les goûts ! Pain blanc, bagel, beignets au maïs, petits pains à la cannelle, etc. C’est à nous mettre l’eau à la bouche, on imagine presque l’odeur du pain chaud et croustillant qui sort du four et plus on avance dans le livre, plus on a désespérément envie de manger du pain. Polly adore le pain et c’est très communicatif ! Je la jalouse presque de ce talent ainsi que de sa chance de se remettre sur pied et de la voir trouver un emploi qui lui plaît et des amis !


Couverture des éditions Folio
que j'aime beaucoup

La gourmandise tient donc une grande place dans ce livre (au point où l’héroïne participe, sans l’avoir imaginé au départ, à un trafic secret de ses pains !) , ainsi que les paysages de l’île. Une ville, presque un village, où tout le monde se connaît, une vie près de la mer… c’est une ode aux choses simples de la vie, comme s’asseoir face à la mer tout en dégustant une brioche, confectionner une mie de pain, rendre visite aux commerçants, aller voir ses amis pêcheurs et leur apporter une boisson chaude et des pâtisseries et discuter autour de cette collation. C’est un livre qui fait l’éloge des choses simples, avec Polly découvrant qu’elle n’a pas d’autre choix que de se contenter du minimum, mais prend goût peu à peu à sa nouvelle vie.


Les personnages sont plaisants à suivre, pour la plupart. Je me suis attachée à ce groupe de marins pêcheurs, notamment Tarnie, marin taciturne un peu brut mais sympathique, et Jayden, jeune pêcheur qui n’aime pas la pêche. Kerensa, la meilleure amie de Polly, était plutôt pétillante et pleine d’entrain, et une vraie citadine qui, si elle ne comprend pas le changement de vie de Polly, est toujours là pour elle. Huckle, l’Américain qui a changé de vie pour être apiculteur, est plutôt sympathique dans l’ensemble, bien qu’un peu distant. Quant à l’héroïne, j’ai pris plaisir à la suivre sans l’adorer ni la détester. J’ai aimé sa passion pour le pain, sa capacité à se relever, son courage pour tout reprendre à zéro avec peu de moyens, sa bonne humeur… et surtout son petit macareux !! J’ai aimé son évolution (et j’ai été un peu jalouse, avouons-le, c’est le genre d’évolution heureuse qu’on souhaiterait vivre) et la voir se familiariser avec une île qui lui paraissait d’abord sombre et hostile et la voir comme son chez soi, un lieu apaisant, simple et chaleureux, avec une communauté sympathique dans laquelle l'océan tient une place prépondérante.


La Petite Boulangerie est un roman sympathique, distrayant et qui détend bien, ce dont j’avais besoin. Je déplore toutefois certaines situations peu crédibles et rocambolesques [spoiler] je n’ai pas été convaincue par la relation Polly/Huckle, et le coup classique de la femme qui part retrouver son aimé à l’autre bout du monde pour le convaincre de revenir. Je n’ai pas non plus été convaincue par la romance rapide entre Kerensa et Reuben qui a donné lieu à un mariage, alors qu’ils ne connaissaient à peine [/spoiler] ainsi que certaines facilités scénaristiques : Polly travaille en tant que boulangère, oui pourquoi pas, sauf que l’auteure idéalise un peu trop le métier de boulanger et néglige de parler de l’aspect financier, l’organisation, la vente, et les nombreux aléas du métier. Sans doute parce que c’est un livre feel good, même si cela n’a pas empêché l’auteure de mettre en scène un drame au cœur de son roman.


Malgré tout, le charme du récit opère, et ce roman se révèle être croustillant et chaleureux, l’idéal pour se détendre, sans besoin de réfléchir ou d'analyser, juste le plaisir de se laisser porter par l'odeur de l'iode et du pain, la pluie, le vent, les bons sentiments. J’ai fini par m’attacher à cette petite île, son port de pêche, ses habitants, son mode de vie, son isolement, ses paysages et, bien sûr, sa petite boulangerie. Malgré les petits défauts, j’ai pris plaisir à lire ce roman, c’est une histoire qui fait du bien, comme un chocolat chaud alors qu’il pleut et fait gris à l’extérieur, j’ai aimé ces habitants sympathiques et j’ai envié Polly. J’ai également apprécié l’initiative de l’auteure, en petit plus, de mettre en fin de roman les recettes que Polly utilise tout au long du roman. De quoi donner envie de les reproduire chez soi...


Polly entretenait un rapport très particulier avec le pain. En fait, elle lui vouait un véritable culte. Et il en avait toujours été ainsi. Quand il était de bon ton d'en manger, comme l'inverse, enfant comme adulte. C'était d'ailleurs ce qui faisait sa joie, au restaurant. Elle l'aimait grillé, aussi bien que nature. Elle l'aimait sous toutes ses formes, bagels, tartines gratinées au fromage, ou encore pain d'épices, ou pain tressé à l'italienne.

Au revoir là-haut - Pierre Lemaître.


Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. 

Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l'exclusion. Refusant de céder à l'amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d'une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. 

Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l'histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l'État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.


En novembre, j’ai souvent l’envie de lire sur la Première Guerre Mondiale, sans doute à cause des hommages du 11 novembre et autres événements liés à cette journée d’armistice. À cette occasion, je me suis penchée sur Au revoir là-haut, que j’ai connu grâce à son adaptation au cinéma en 2017.


Nous sommes en novembre 1918, à la veille de l’armistice. Les soldats de chaque camp ne combattent plus et attendent, depuis leurs tranchées, que soit annoncée la fin du combat… jusqu’à ce que deux éclaireurs français ne soient lâchement assassinés par les « Boches ». En réaction, les Français reprennent les armes contre l’ennemi. Cependant, un soldat nommé Albert Maillard s’aperçoit avec consternation que les deux éclaireurs ont été visés dans le dos ; pas de doute, c’est l’un des leurs qui les a tué et a accusé les Allemands pour reprendre le combat. Alors qu’il en est arrivé à cette conclusion, Albert est poussé dans un trou d’obus par son lieutenant, Henri d’Aulney-Pradelle, le véritable responsable, qui cherche à faire taire Albert, pris au piège dans ce trou qui se recouvre de terre. Alors qu’il sent la mort approcher, il est sauvé in-extremis par un autre soldat de son régiment, Édouard Péricourt. Malheureusement, à peine l’a-t-il sauvé qu’Édouard se retrouve défiguré après s’être pris un éclat d’obus. L’armistice est signé quelques temps après. Albert se jure de rester auprès d’Édouard, hospitalisé et refusant la chirurgie pour réparer son visage. Alors que le monde autour d’eux tente de se reconstruire après la guerre, Albert et Édouard peinent à survivre dans une société qui glorifie ses morts et délaisse les survivants, traumatisés et abandonnés…


Le roman se situe entre la fin de la Première Guerre Mondiale et au début de l’entre-deux-guerres, en 1919 et 1920. Nous suivons différents personnages, certains récurrents à savoir les personnages principaux. Nous avons Albert Maillard, ancien soldat, un homme discret, qui s’inquiète et doute facilement mais loyal, que la guerre a rendu craintif et paranoïaque, qui multiplie les boulots pour survivre, et qui vit « en colocation » avec son compagnon d’infortune. Édouard Péricourt, ancien artiste, fils de la haute-bourgeoisie, homosexuel, devenu une « gueule cassée » après la guerre, et accro aux drogues pour soulager la douleur que son ami Albert peine à lui procurer. Marcel Péricourt, le père d’Édouard, qui éprouve des difficultés dans le deuil de son fils, compte-tenu des rapports conflictuels qu’il a entretenus avec lui, ainsi que Madeleine, sa sœur. Pradelle, sorti de guerre avec des médailles et des honneurs qu’il ne mérite pas. Aristocrate déchu, il signe un contrat avec l’État pour déterrer tous les corps des soldats enterrés à la va-vite pendant la guerre et construire des cimetières militaires. Ce n’est pourtant pas par respect aux morts que Pradelle accepte, mais par cupidité. Avec plus d’un million de morts, c’est une aubaine pour lui de faire fortune et de retrouver sa place dans la société, et pour cela il est prêt à tout…

Affiche du film (2017)

  Alors que Pradelle cherche à faire fortune sur les tombes des   soldats morts au combat, Édouard va tenter de mettre en   place, avec Albert, l’escroquerie du siècle : puisque que   l’État français délaisse les survivants de la guerre, au profit   de leurs morts, il décide d’arnaquer l’État en dessinant et   vendant des monuments aux morts fictifs aux municipalités,   et de fuir avec Albert une fois l’argent empoché. Dans ce   cadre, Édouard répond à un concours pour la création d’une   grande œuvre commémorative dans l’arrondissement qui l’a   vu naître, sans savoir que le commanditaire de cette œuvre   n’est autre que son propre père, souhaitant honorer son fils…


  Au Revoir Là-Haut est un roman que j’ai eu du mal à lâcher,   tant les événements s’enchaînent et qu’on s’interroge sur   l’issue de tout cela. La plume de Pierre Lemaître est très   plaisante, se faisant tour à tour drôle, acerbe ou cynique,   parois il fait des apartés pour s’adresser aux lecteurs. Que la situation soit tragique ou amorale, l’auteur parvient toujours à nous tirer un sourire, il affirme « s’être beaucoup amusé » en écrivant ce livre et on le devine très bien, cela se ressent même. L’auteur combine habilement la fiction (l’arnaque d’Albert et Édouard) et l’histoire, à savoir, d’une part, le délaissement de l’État envers les soldats qui ont survécu à la guerre, et d’autre part les magouilles de Pradelle qui s’inspirent de faits réels. Pradelle a employé un personnel incompétent (des Chinois ne comprenant pas le français) pour s’occuper des sépultures françaises, on retrouve des Allemands dans des tombes françaises, des cercueils trop petits ou remplis de terre, le nom sur la tombe ne correspondant pas à celui du soldat enterré, etc. De quoi inspirer du dégoût face à ce manque de respect envers les défunts et leur famille.


Pierre Lemaître nous fait nous plonger dans la fin de la Grande Guerre, la désorganisation suivant l’armistice, et le début de l’entre-deux-guerre avec la misère que pouvaient vivre les soldats démobilisés, quand les pensions d'invalidité n'arrivent pas, pas de dédommagements, la maigre somme proposée à la démobilisation, des soldats qui meurent de faim parce que personne ne veut leur donner du travail ou parce qu'il sont trop handicapés pour travailler. Une France qui souffre, un État qui est désorganisé et ne peut subvenir à la réintégration de ses survivants. Il décrit et analyse bien les événements, les sentiments de ses personnages, mais aussi la société de l’époque. Il nous offre des personnages hauts en couleurs, les personnages secondaires sont aussi très travaillés, entre Marcel Péricourt, ce fonctionnaire de l’État nommé Merlin, Madeleine dont je ne dévoilerais rien de crainte de spoiler.


Parlons un peu de nos personnages principaux. J’ai beaucoup aimé le duo que forment Albert et Édouard, que le destin a réuni en compagnons d’infortunes lorsqu’Édouard a sauvé Albert et ce dernier qui décide de demeurer à ses côtés suite à ce sauvetage mais aussi et surtout parce qu’Édouard s’est retrouvé défiguré. J’ai aimé cette amitié et cette entraide entre eux, malgré les difficultés pour s’en sortir, pour Albert de s’occuper d’Édouard qui se présente malgré lui comme un poids, pour Édouard qui tombe en dépression. L’auteur nous fait le portrait d’un duo atypique, car ils sont comme le jour et la nuit. L'un brillantissime au point de mettre au point une escroquerie d'envergure nationale, l'autre craintif et inoffensif au point de s'excuser lorsqu'on lui marche sur les pieds. C’est pourtant une amitié touchante et hors du commun, car ils n’ont plus grand-chose dans la vie, à part la compagnie de l’autre, sans oublier la jeune Louise, une petite fille qui les accompagne parfois et qui s’est attachée à Édouard. Ce duo fonctionne très bien, au point où, même si leur escroquerie est amorale, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’ils vont réussir… ou du moins s’en sortir et vivre une meilleure vie. À contrario, on brûle d’impatience de voir Pradelle, le responsable de leurs maux et pourri jusqu’à la moelle, être surpris dans ses magouilles et payer cher le prix de sa cupidité.


Le genre de chose qu'on aimerait bien faire à Pradelle...

Ce fut une lecture inoubliable. Jusqu’au bout, j'ai été tenue en haleine, justice sera-t-elle faite ? Édouard et Albert réussiront-ils l’arnaque du siècle ? On y croit, on espère, on est tenu en haleine. Il y a de nombreux rebondissements, les événements se succèdent, surprenants et vraisemblables. Le talent de l'auteur s'exprime à chaque page par le rythme donné à l'histoire qu'il raconte, il a un talent indéniable pour maintenir le suspens. C’est un roman si bien ficelé que j’ai eu du mal à le lâcher.


Au revoir là-haut aborde de nombreux thèmes mais celui qui revient constamment est celui du commerce que l’on peut faire de la guerre et même après la guerre car il y aura toujours des profiteurs qui trouveront le moyen de se faire de l’argent sur le malheur des autres, mais aussi sur l'injustice et de l'ingratitude du pays au retour des soldats de la Grande guerre. Des hommes qui ont gagné la guerre mais qui, revenus à la vie civile, ne reçoivent aucune reconnaissance et sont même rejetés. Cet après-guerre traduit un vrai paradoxe, où l’État est plus reconnaissant envers ses morts qu'envers ses survivants, une France ressortie vainqueur de la guerre mais qui est désorganisée, qui préfère glorifier ses héros morts au combat que les survivants, devenus encombrants, pour qui le pays peine à leur trouver de la place, les délaissant dans l’oubli et la misère.




Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, de types morts de rire en recevant une balle allemande.

lundi 16 novembre 2020

Le Château de Hurle - Diana Wynne Jones.

Au cœur de la contrée magique d’Ingarie, dans le charmant village de Marché-aux-Copeaux, Sophie s’ennuie. Seule dans sa chapellerie, elle a accepté son destin d’aînée de la famille, et de vivre dans l’ombre de ses sœurs, résignée ainsi à un avenir routinier. Après tout, tel est l’usage… 

Lorsqu’un beau jour, la jeune fille a le malheur d’offusquer la sorcière des Steppes, celle-ci lui dérobe 60 ans de sa vie, la laissant vieille et démunie. Cherchant désespérément un moyen de briser le sortilège, la jeune chapelière sera amenée à pactiser avec le démon du feu, Calcifer. 

Vivant dès lors dans un étrange château ambulant dont les secrets restent entiers, Sophie entame une extraordinaire aventure à la recherche de sa jeunesse volée, prête à reprendre en main son destin. Un périple jalonné de dangers et de rencontres hautes en couleur…




Si j’ai découvert ce livre, c’est avant tout grâce à sa célèbre adaptation par Hayao Miyazaki, sans doute l’un des films animés du studio Ghibli le plus connu et apprécié, Le Château Ambulant. Pourtant, si le film a repris les bases du roman, ce dernier se démarque du film de bien des manières, ce qui ne m’a pas empêché de passer un bon moment.

Sophie Hatter est l’aînée d’une fratrie de trois filles dans un monde où les cadets des familles sont promis à de brillants destins et les aînés, au contraire, une vie simple, morne. Sophie est ainsi convaincue que rien ne lui arrivera de bon, à l’inverse de ses sœurs. Lettie va rejoindre une sorcière qui va lui faire son apprentissage dans la magie et Martha, elle, part travailler dans une boulangerie où elle est remarquée et courtisée. Quant à Sophie, elle hérite de la boutique de chapeaux de la famille, tandis que sa belle-mère sort quotidiennement faire des emplettes, et se résigne à la longue carrière qui l’attend tout en parlant aux chapeaux qu’elle confectionne. Puis, un jour, après avoir répondu à une cliente, celle-ci se révèle être la sorcière du désert et lui jette un sort. Voilà Sophie transformée en vieille dame ! Elle ne peut pas vivre ainsi et n’ose expliquer la situation à sa famille. La croirait-elle ? Sophie quitte la maison, en quête du château ambulant de Hurle, sorcier réputé, dont on dit qu’il mange des cœurs. Pour le convaincre de la garder, elle se fait sa femme de ménage et conclut un pacte avec Calcifer, démon du feu qui est à l’origine des déplacements du château : si elle perce le secret qui le retient à Hurle, il la délivrera de sa malédiction…

La base du roman est semblable à celle d’un conte de fées, ce qui m’a plu, où l’héroïne vit dans un monde où la magie est courante, où les cadets de famille sont promis à un brillant destin, où l’héroïne est victime d’un sortilège… seulement, le magicien Hurle n’a rien d’un prince charmant ! Hurle est un personnage mystérieux, superficiel, volage, égocentrique mais pourtant attachant et tellement drôle, et adorable quand il le peut (si, si), ses piques avec Sophie sont tout simplement excellentes, d’autant plus que notre héroïne n’est pas du genre à se laisser faire avec ce magicien qui la rend folle. Sophie est têtue, râleuse et obstinée, et il le faut bien pour faire face à Hurle, quoique plutôt défaitiste, de part sa condition d’aînée je le suppose...

Sophie Hatter (source)

L’auteure nous présente des personnages hauts en couleur. Même si de nombreuses scènes avec lui prêtent à rire ou à sourire, Hurle reste un personnage mystérieux et complexe sur lequel on s’interroge, de plus, le pacte scellé entre lui et Calcifer attise la curiosité et ajoute une histoire dans l'histoire.. Sophie est attachante, transformée en vieille dame, alors qu’elle découvre les contraintes liées à l’âge mais aussi qu’elle gagne en sagesse, confiance et le recul que l’âge lui confère. Ce mélange de petite fille et de personne âgée en elle m'a beaucoup plu, créant ainsi un personnage à part. Calcifer, le démon du feu, n’a pas sa langue dans sa poche et se révèle avoir un cynisme décapant. On plaint presque un peu Michael, l’apprenti un peu effacé de Hurle, qui se retrouve entre Hurle et Sophie, qui sont deux têtes fortes. Les sœurs de Sophie ne sont pas non plus en reste, et j’ai beaucoup aimé leurs scènes. Si l’histoire semble vouloir nous raconter la quête de Sophie pour se faire accepter de Hurle et ainsi avoir son aide pour briser le sortilège, cette quête va révéler d’autres aventures, d’anciens complots et rancunes mettant en scène un roi, son frère disparu, le passé de Hurle, la sorcière du désert et ses mystères. J’ai beaucoup aimé cette aventure que j’ai trouvé fort divertissante et rocambolesque, et découvrir cet univers à part où l’on rencontre des sorcières, des magiciens, un château ambulant qui voyage de vallées en vallées. J’aime beaucoup l’idée de ce château ambulant dont les différentes portes ouvrent sur différents endroits voire différents mondes.

J’ai toutefois trouvé quelques griefs. Le départ précipité de Sophie vers l'inconnu, notamment, ne m'a pas paru rationnel. J'ai eu du mal à comprendre ses motivations, d’autant plus qu’elle n’a pas semblé si affectée par le fait qu’elle soit devenue une vieille dame. J’ai aussi un grief concernant la relation Hurle/Sophie, comme je l’ai dit auparavant, j’ai beaucoup aimé ce duo, même si, en me basant sur l’adaptation japonaise [spoiler] je me suis demandée quand et comment diable ils allaient tomber amoureux, la romance arrive d’ailleurs tard, presque sur la fin, j’ai un peu cette impression que c’est arrivé soudainement, comme un cheveu dans la soupe, même si j’ai bien aimé l’idée que Sophie n’avait besoin que d’elle-même pour briser son sortilège et pas besoin de l’aide de quelqu’un d’autre, surtout d’un garçon, c’est un agréable changement [/spoiler] mais leurs échanges sont tout simplement savoureux.

Le Château de Hurle reste un conte moderne divertissant, rocambolesque, drôle et intelligent que je conseille, avec des personnages hauts en couleur. Dès les premières pages, j’ai accroché à l’histoire grâce au style de l'auteur, très agréable à lire, son imagination et son humour. Je ne me suis pas ennuyée à suivre les aventures et les déboires de Sophie, et j’ai passé un merveilleux moment dans ce château ambulant avec ces drôles de personnages !


Elle [Sophie] grimpa l'escalier en maugréant à voix haute :

- Ah ! ces magiciens ! On croirait que personne n'a jamais eu de rhume avant eux !

Elle entra dans la chambre, traversa le tapis crasseux.

- Alors, qu'y a-t-il ?

- Je meurs d'ennui, déclara Hurle d'un ton pathétique. Ou alors je me meurs tout court.

Adossé à ses oreillers douteux, il avait l'air vraiment malade sous sa courtepointe qui devait être en patchwork, mais que la poussière réduisait à une seule teinte grisâtre. Les araignées qu'il semblait tant affectionner filaient activement leurs toiles dans son ciel de lit.

Sophie lui tâta le front.

- Vous avez un peu de fièvre, reconnut-elle.

- Je délire, se plaignit Hurle. Je vois des tâches qui passent devant mes yeux.

- Ce sont des araignées, dit Sophie.

dimanche 15 novembre 2020

Cold Winter Challenge, édition 2020


Vous sentez cette bonne odeur de sapin, de cannelle, de chocolat chaud et de pain d'épice ? C'est la période hivernale avec ses fêtes de fin d'années qui approchent petit à petit ! Pour cette occasion, le Cold Winter Challenge, que j'attends avec tant d'impatience, va reprendre du service, et il est repris, cette année, par l'Enluminée !

Le principe reste le même : lire des œuvres en rapport avec Noël, l'Avent, l'hiver mais aussi d'autres thèmes tout aussi variés. C'est un challenge où l'on peut participer librement, sans contrainte au niveau du nombre de livres à lire, le but étant de choisir des menus, lire des titres leur correspondant... et bien-sûr de s'amuser ! 

Je vous laisse le soin de découvrir la vidéo de l'Enluminée qui explique le déroulement et les règles du challenge :



En avant donc pour ma PAL !

(* les bannières des sous-catégories viennent de l'Enluminée)

🎅🏻 Magie de Noël



- Falalalala, de Emilie Chazerand.

Chez les Tannenbaum, on est petit. Trois générations d’achondroplases, soit sept naines, gèrent ensemble Tannenland, le paradis réduit des animaux miniatures. Deuxième curiosité alsacienne après la cathédrale de Strasbourg, experte ès Bredele et productrice des meilleurs shows de Noël de la région, cette famille n’a rien d’ordinaire. 

Sauf peut-être Richard, 19 ans, le seul garçon de la tribu. Le seul grand, aussi. L’exception à la règle, la mouche dans le lait. Tout aurait pu néanmoins rester ainsi, si… Si le cœur de Lulu Tannenbaum, 16 ans, ne s’était pas déglingué. Si la Syrie n’était pas en guerre. Et si Hervé Vilard était juste un chanteur.


- Joyeux Noël, Mr Miggles, de Eli Easton.

Toby Kincaid aime son poste de bibliothécaire junior. Il passe ses journées entouré de livres à discuter avec les clients. Il adore tout particulièrement le bibliothécaire en chef, Mr. Miggles, un homme gentil, plein d'esprit, qui sait tout sur tout et qui est désespérément accro à Noël. Mais Sean le tient à distance et il y a en lui une tristesse que Toby n'arrive pas à expliquer. 

Quand Sean se retrouve accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, Toby se rend compte qu'il est le seul à pouvoir sauver la bibliothèque ? et leur bibliothécaire en chef. Le jeune homme va devoir découvrir le sombre passé de Sean et lui prouver qu'il mérite une deuxième chance, dans la vie comme en amour. 

Et puisque les miracles de Noël ne sont pas loin, peut-être Toby réalisera-t-il son voeu le plus cher : aimer et être aimé de Mr. Miggles.

- Du sucre et des étoiles, de Sully Holt.


À trente-neuf ans, Nathanaël Dupuis, bibliothécaire débordé et hypocondriaque, est submergé par ses nombreuses responsabilités. Il préfère passer son temps à courir plutôt que porter un regard objectif sur le désert affectif de sa vie. Son existence est plutôt bien remplie entre une mère envahissante et Gidéon, son ami d’enfance atteint de trisomie dont il est le tuteur légal. Broni est un boulanger au caractère bourru et solitaire, héritage d’une enfance croate marquée par la guerre. Ses blessures restent secrètes et peu de choses suscitent encore son intérêt… hormis les étoiles et Nath.



- De rouille et de glace, de Manon Bousquet.

Entre flocons de neige et de cendre, Ageron veille sur ses protégés, que la guerre entre humains et races extraterrestres a privé trop tôt de leurs parents.

Pour leur redonner du courage, le robot-majordome entreprend de ressusciter une antique fête terrienne, et peu importe si plus personne ne sait comment la célébrer...



- Frères de tranchées, de Collectif.

À l'hiver 1914, après plusieurs mois de marche, des soldats se sont trouvés immobilisés dans des tranchées improvisées. De chaque côté, l'ennemi a pris un visage.

À la moindre pause, il boit, il rit. Bientôt, d'une ligne à l'autre, on s'envoie chocolat, cigarettes, on partage alcool et bière sans s'occuper de la couleur de l'uniforme, à l'Est comme à l'Ouest.

Cette manière d'oublier la guerre, le temps d'un Noël ou d'une fête de Pâques, c'était aussi une façon de l'humaniser quand les ennemis se retrouvaient frères. Mais la guerre ne les a pas oubliés, elle a sanctionné les auteurs, censuré les récits, gommé les souvenirs jusqu'à les réduire à des faits divers, symptômes des malheurs du temps.


- Pas de Noël, cette année, de John Grisham.

C'est décidé : Luther et Nora Krank ne fêteront pas Noël cette année. Leur fille Blair vient tout juste de quitter la maison, alors pourquoi ne pas s'offrir un peu de bon temps ?

Finies la cohue et les courses effrénées la veille du réveillon. Terminés la dinde et le sapin. Sans oublier les sempiternelles guirlandes et l'odieux bonhomme de neige synthétique !

Le couple n'a plus qu'une idée en tête : économiser pour faire une luxueuse croisière à bord du Princesse des Îles, direction les Caraïbes et les plages de sable fin.

Seul problème : les voisins qui, dans leur élan de solidarité «pro-Noël», ne tardent pas à organiser la résistance et transforment ce doux rêve en authentique cauchemar…


⛄ HIVER MYSTERIEUX 

- Une seconde avant Noël, de Romain Sardou.


1851. À Cokecuttle, cité industrielle anglaise hérissées des cheminées des hauts-fourneaux couvertes de suie, Harold Gui, neuf ans, orphelin de père et de mère, survit péniblement sous les ponts en pratiquant divers petits métiers. Et pourtant...

Harold ne le sait pas encore, mais il est promis à un avenir merveilleux. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé de lutins, d'arbres magiques et de rennes volants.




- L'ours et le rossignol, de Katherine Arden.

Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Inspiré de contes russes, L’Ours et le Rossignol a su en garder toute la poésie et la sombre cruauté. C’est le premier roman de Katherine Arden.


- La fileuse d'argent, de Naomi Novik.


Petite-fille et fille de prêteur, Miryem ne peut que constater l'échec de son père. Généreux avec ses clients mais réticent à leur réclamer son dû, il a dilapidé la dot de sa femme et mis la famille au bord de la faillite... jusqu'à ce que Miryem reprenne les choses en main. 

Endurcissant son cœur, elle parvient à récupérer leur capital et acquiert rapidement la réputation de pouvoir transformer l'argent en or. Mais, lorsque son talent attire l'attention du roi des Staryk - un peuple redoutable voisin de leur village -, le destin de la jeune femme bascule. Obligée de relever les défis du roi, elle découvre bientôt un secret qui pourrait tous les mettre en péril...


- Peau d'homme, de Hubert et Zanzim.

Sans contrefaçon, je suis un garçon !

Dans l'Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c'était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d'homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d'un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

- Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Carroll.

Assise au bord de la rivière, Alice s'ennuyait un peu quand soudain, venu de nulle part, surgit un  lapin blanc pressé de regagner son terrier. N'hésitant pas à le suivre, Alice pénètre dans un monde de prodiges et de menaces qui n'est autre que le royaume de l'enfance. Et voici le chat de Cheshire à l'étrange sourire, la terrible Reine de Coeur, le Chapelier fou et le Lièvre de Mars, la Fausse Tortue et le Valet-Poisson...

Le chef-d'œuvre incontesté de l'humour absurde et du non sens. Une histoire inventée par un génie, où la vie n'a plus ni queue ni tête.


🎄 Marcher ensemble dans la neige

- Snowblind, de Christopher Golden.


Lors d’une terrible nuit d’hiver, la petite ville de Coventry fut frappée par une tempête de neige d’une rare violence, qui fit de nombreuses victimes et disparus, laissant une marque indélébile sur l’esprit des survivants. Douze ans après, alors que la vie a repris son cours à Coventry, se produit une série d’événements étranges : les disparus de cette fameuse nuit maudite semblent être de retour... et une nouvelle tempête s’annonce, cette fois-ci prête à tout dévaster sur son passage.




- Croc-Blanc, de Jack London.

Dans le Grand Nord sauvage et glacé, un jeune loup apprend à lutter pour la vie. Les premiers  hommes qu'il rencontre, des Indiens, le baptisent Croc-Blanc. 

Auprès d'eux, il connaît la chaleur du feu de camp, mais aussi le goût du sang. Racheté par un Blanc cupide, il est dressé pour le combat et découvre la haine. 

Un homme pourtant le sauve de cet enfer. Croc-Blanc lui vouera un amour exclusif.




- Le Seigneur des Anneaux (T.1) La communauté de l'anneau, de JRR Tolkien.


Dans les vertes prairies de la Comté, les Hobbits, ou Semi-hommes, vivaient en paix...

jusqu'au jour fatal où l'un d'entre eux, au cours de ses voyages, entra en possession de l'Anneau Unique aux immenses pouvoirs. Pour le reconquérir, Sauron, le seigneur ténébreux, va déchaîner toutes les forces du Mal... 

Frodon, le Porteur de l'Anneau, Gandalf, le magicien, et leurs intrépides compagnons réussiront-ils à écarter la menace qui pèse sur la Terre du Milieu ?


- Le fabricant de poupées de Cracovie, de R.M. Romero.


Pologne, 1939. Un soir, une poupée du nom de Karolina prend vie dans l'atelier de Cyryl, le fabricant de jouets. La joie et le courage de la petite poupée enchantent le quotidien de l'homme solitaire. 

Karolina lui apprend que le monde des poupées d'où elle vient est en guerre, tout comme celui des hommes. 

En ces temps sombres et tourmentés, la magie de Karolina et de Cyryl suffira-t-elle à protéger ceux qu'ils aiment ?



- La Passe-Miroir (T.1) Les Fiancés de l'Hiver, de Christelle Dabos.

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. 

Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. 

La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? 

Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. Une héroïne inoubliable, un univers riche et foisonnant, une intrigue implacable.


❄️ HIVER OBSCUR



- Christmas Pudding / Le Noël d'Hercule Poirot, de Agatha Christie.

Le Noël d’Hercule Poirot (1938) : Parce qu’il a décidé de modifier son testament et qu’il se fait une joie de leur annoncer, Simeon Lee invite ses enfants à passer les fêtes de fi n d’année dans sa propriété. Le 24 décembre, il est assassiné dans sa chambre. Tous, évidemment, le détestaient ; tous avaient des raisons de vouloir le tuer.

Christmas pudding (1960) : Un soir de Noël, un rubis – gros comme un bouchon de carafe – est dérobé à un prince oriental… Six nouvelles, six facettes de l’ingéniosité et du talent d’Agatha Christie, et six énigmes brillamment résolues par Hercule Poirot et Miss Marple.




- Le Noël d'Arsène Lupin, de Frédéric Lenormand.


1910. En pleine crue de la Seine, la Joconde disparaît du Louvre. Le commissaire Eugène Lenormand, chef de la Sûreté, est chargé de mener l’enquête discrète et efficace qui permettra d’éviter le scandale. Lenormand est d’autant plus intéressé à retrouver ce chef-d’œuvre au plus vite que le préfet accuse du vol un certain Arsène Lupin, qui n’est autre que… le commissaire lui-même !

La piste du tableau le mène à une baronne obsédée par les bonnes manières, une actrice volage, un marchand d’art véreux et une voyante qui ne cesse d’apercevoir l’ombre du gentleman dans sa boule de cristal. Pour couronner le tout, son thérapeute met Lupin au défi de se faire au moins un ami. Mais dans l’environnement criminel où il évolue, cet ami ne risque-t-il pas de se révéler être un voleur, un escroc ou même un assassin ?

- Le Bonhomme de Neige, de Jo Nesbo.

Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués sur les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu, ne laissant qu'une écharpe rose entourée au cou du bonhomme de neige...

Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n'ont plus donné signe de vie dès la première neige. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d'autres victimes. D'une sobriété étonnante, l'inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L'enquête le conduira jusqu'au gouffre de la folie.


- Fées d'hiver, de Collectif.

L’hiver et son blanc manteau de neige. Le givre qui s’accroche aux branches, les flocons qui recouvrent en silence le paysage d’un voile léger, et cette insaisissable magie qui flotte tout autour de vous. 

Choisissez votre fauteuil le plus confortable, celui entre la fenêtre et la cheminée où s’élève un bon feu. Conservez une tasse de chocolat chaud à portée de main et laissez nous vous emporter dans des mondes de magie, tout juste scintillants d’une couche de glace. 

Où préférez-vous aller ? Bien au chaud dans un café-livre pas comme les autres ? Galoper aux côtés de guerriers légendaires dans les steppes de l’Empire Blanc ? Parcourir les mers à bord du drakkar de fiers vikings ? Suivre le message des saisons jusqu’au plus profond d’une forêt enneigée ? Ou encore vous laisser séduire par la puissance d’un guerrier Berserker ? Ne choisissez pas, et laissez-vous simplement guider par la magie de ces hivers.

- Casse-Noisette, de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann.


Le soir de Noël, Marie s'endort, entourée de ses cadeaux. Elle a couché Casse-Noisette, le pantin de bois, dans un lit de poupée. Mais, lorsque l'horloge sonne le douzième coup de minuit, les jouets s'animent ! 

Casse-Noisette se prépare à affronter le terrible Roi des Rats pour sauver une princesse victime d'une affreuse malédiction. 

Marie, qui assiste au combat, se retrouve entraînée dans une aventure fantastique et périlleuse...



Voilà pour ma PAL. J'ai choisi le challenge "Flocons de Neige", à savoir valider deux sous-catégories dans deux menus au choix. Si je présente, dans cette PAL, plusieurs titres et plusieurs sous-catégories, c'est tout simplement parce que j'aime avoir le choix et me préparer une liste à l'avance et, pourquoi pas, si je suis suffisamment motivée, je pourrais tenter de valider trois, sinon les quatre sous-catégories des quatre menus. Noël est le temps des miracles, après tout !!

Bon challenge à tous et à toutes !