vendredi 6 septembre 2019

Pumpkin Autumn Challenge



Nous sommes en Septembre ! Qui dit septembre, dit automne avec ses feuilles tombantes et ses couleurs jaune, marron ou orange, dit aussi boisson chaude, bottes, rentrée scolaire mais aussi Halloween avec ses fantômes, ses sorcières et ses citrouilles !

C'est aussi l'occasion pour GuimauseTerrier de proposer son Pumpkin Autumn Challenge ! Ce dernier me faisait déjà de l’œil l'an dernier, mais cette année, je tente l'expérience !

C'est un challenge ouvert du 1er septembre au 30 novembre, où l'on peut participer librement, sans avoir à s'inscrire. Le but est de lire ou regarder des fictions en rapport avec la saison automnale et Halloween. Je ne vais pas résumer davantage, l'auteure du challenge le fait très bien :



ET DANS SA VIDÉO :




J'ai choisi la seconde option, Une Faim de Loup-Garou, à savoir : valider une sous-catégorie de chaque menu. Voici les sous-catégories que j'ai choisies dans les quatre menus, et les livres que j'envisage de lire :

MA PAL (Pile à Lire) :

👻 Automne Frissonnant

Tu n'en reviendras pas ! (Horreur, Épouvante, Thriller, Policier, Vampires, etc)

- Salem, de Stephen King

Résultat de recherche d'images pour "salem stephen king"Après une histoire d'amour malheureuse, Ben Mears, écrivain à succès, revient dans sa ville natale pour écrire son prochain roman. En passant devant une vieille maison abandonnée, Marsten House, il envisage de s'installer.

Mais le vieux manoir vient d'être vendu à un mystérieux monsieur Straker. Dans le parc, Ben rencontre une belle jeune femme, Susan Norton. Il s'installe dans une chambre en ville et se met à écrire, sans pouvoir se dégager d'un étrange sentiment que les choses ne sont pas tout à fait à leur place.

Quand le petit Ralphie Glick disparaît et que son frère sombre dans un coma inexplicable, le regard de Ben se tourne de nouveau vers Marsten House et ses étranges habitants, Straker et Barlow. Mais il ne parvient pas à retrouver confiance, et l'horreur se poursuit.

Hommage à "Dracula" de Bram Stoker, nouvelle variation sur le thème de la maison hantée, "Salem" a permis de sortir les vampires du XIXe siècle. Un livre essentiel pour les amateurs du genre.
 
- Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu 


Image associéeDans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive. Lorsque surgit d’un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l’héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu’une inquiétante torpeur s’empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla… Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais « par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ». Métaphore implacable de l’amour interdit, Carmilla envoûte jusqu’à la dernière ligne… jusqu’à la dernière goutte de sang !

Maître du récit de fantômes et de vampires, dans la tradition romantique du roman noir, l’Irlandais Sheridan Le Fanu (1814-1873) est l’un des pionniers du roman de mystère anglais. Carmilla (1872), texte fondateur du récit de vampires, annonce le Dracula (1897) de Bram Stoker.



- Autopsie : Whitchapel, de Kerri Maniscalco 

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Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu'à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète. Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant. Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. 

Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer. Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier qui semble graviter autour de la famille de la jeune femme. Est-ce son père, dont l’absence coïncide avec l’arrêt des meurtres ? Son oncle, dont les connaissances en anatomie pourraient être celles du meurtrier ? Le commissaire Blackburn qui la tient à l’œil ? Ou encore Thomas qui, sous ses airs de jeune arrogant, semble cacher beaucoup de choses ?


- Carnaval, de Ray Celestin

Résultat de recherche d'images pour "carnaval ray celestin"Si la Nouvelle-Orléans est la plus française des capitales américaines, elle est aussi considérée par beaucoup comme la face obscure du pays, enfouie au cœur du sud profond. Construite sur des marécages sous le niveau de la mer, la ville est depuis toujours la proie de tornades, d’ouragans, d’inondations, d’épidémies. La nature du sol en fait une cité qui se fissure, où même les morts ne peuvent être enterrés normalement. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Ses habitants ont ainsi depuis longtemps l’habitude de la menace. 

Et pourtant… Lorsqu’en 1919 la ville devient la proie d’un mystérieux serial killer qui laisse sur les lieux de ses crimes d’étranges lames de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant toutes d’origine sicilienne, les rivalités ethniques s’exacerbent. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, et Ida, une jeune métisse, secrétaire de l’agence Pinkerton, vont tout faire pour résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets bien gardés. Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, l’Ange de la mort, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

🔮  Automne Enchanteur

Prenez garde aux souliers pointus... (Sorciers, sorcières, Féminisme)

- Mélusine, la bande-dessinée 


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Petite sorcière mignonne à croquer, Mélusine est jeune fille au pair dans un château de Transsylvanie. 

La maîtresse de maison est une fantôme au sale caractère, son mari un vampire plutôt cool et le valet de pied une sorte de créature de Frankenstein à l'intellect passablement limité. Bref, rien que de très normal...



Dans un univers d'épouvante parodique, Clarke et Gilson nous proposent une succession de gags rehaussés par la séduction d'une charmante héroïne.



- Les Nouvelles Aventures de Sabrina (bande-dessinée et série Netflix)


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À l’aube de son seizième anniversaire, la jeune sorcière Sabrina Spellman se retrouve à la croisée des chemins, obligée de choisir entre un destin astral et une vie tranquille avec son petit-ami bien mortel, Harvey. 

Mais madame Satan, une ennemie mortelle de sa famille, fait son apparition à Greendale, les yeux rivés sur notre jeune sorcière... 

Sabrina est-elle capable de lui faire face, ou sa carrière de sorcière va-t-elle se terminer précipitamment – en même temps que ses études ?




- Dansons autour du chaudron : Les sorcières dans la littérature

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Savez-vous comment reconnaître une sorcière ? Car toutes n'ont pas un nez crochu, un chat noir et un balai...

Certaines sont d'une beauté envoûtante, d'autres sont des personnes si ordinaires que vous pouvez les croiser tous les jours sans vous douter de rien.


De nombreux écrivains, de Marcel Aymé à John Updike et de Maupassant à Roald Dahl, se sont laissé ensorceler.


Venez danser la sarabande infernale des sorcières en compagnie des plus grands écrivains !

🎃  Automne Douceur de Vivre

Jack-O'-Lantern (Halloween, Enfance, Samhain, Feel Good)

- Le carnaval aux corbeaux, d'Anthelme Hauchecorne


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Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.

Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.

Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.


À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?

- Halloween : Histoire et traditions


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Depuis plusieurs années déjà, en France et dans toute l'Europe, citrouilles, masques effrayants de vampires et de fantômes, balais de sorcières… envahissent les vitrines des magasins tout au long du mois d'octobre. Et le soir du 31, adultes et enfants, dans une atmosphère carnavalesque, fêtent Halloween. Beaucoup pensent à tort que cette fête populaire vient des Etats-Unis.

En réalité, Halloween — mot anglais signifiant « veillée sacrée » —, survivance des rituels druidiques de Samain, a son origine dans l'ancienne Irlande, Durant cette nuit de Samain, — à la pleine lune la plus proche du 1er novembre —, le monde des morts rejoint celui des vivants, et réciproquement, car selon une parole celtique, « la mort n'est que le milieu d'une longue vie ». 

Plus tard, cette étrange fête païenne sera récupérée par l'Eglise, devenant ainsi la Toussaint, non pas jour des Morts, mais « fête » de tous les saints. 


🧛 Automne Astral

Songe d'une Nuit d'Automne (Couverture aux couleurs de la nuit)

- Le Monstrologue, de Rick Yancey 


Résultat de recherche d'images pour "le monstrologue""Voici les secrets que j'ai gardés. La confiance que je n'ai jamais trahie. Mais cela fait aujourd'hui plus de quatre-vingt-dix ans qu'est mort celui qui m'a accordé sa confiance, celui dont j'ai conservé les secrets. Celui qui m'a sauvé... et aussi condamné."


Ainsi commence le journal de Will Henry, jeune apprenti auprès d'un docteur à la spécialité des plus inhabituelles : la chasse aux monstres. Au fil des années passées à ses côtés, Will s'est accoutumé aux visites nocturnes et aux missions périlleuses. 

Mais lorsqu'une nuit, un pilleur de tombes leur apporte une trouvaille particulièrement macabre, Will et son maître se retrouvent embarqués dans une vertigineuse descente au coeur de l'horreur...


- Loup, y es-tu, d'Henri Courtade


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Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? 

Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs… Tapies dans l'ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles tiendraient entre leurs mains expertes le devenir de l'humanité. 

Sinistre tableau ! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu'en ce début de XXIe siècle, ces personnages merveilleux s'éveillent et décident de se battre. Et alors... qui sait de quel côté la balance pencherait ?




La présentation de ma PAL est terminée. En sachant qu'il y a quatre menus, cela me ferait quatre livres à lire, ce que je pense être raisonnable pour démarrer un nouveau rythme de lecture. L'essentiel pour moi est de lire avec plaisir, sans pression, et de bien m'amuser en participant à ce challenge. Allez, on y croit, on y croit !

jeudi 5 septembre 2019

Juste une mise au point (mais pas sur les plus belles images de ma vie)

             Je reviens sur ce blog après plusieurs mois d'absence.

             J'ai longtemps réfléchi sur le devenir de ce blog. Je me sens coupable de ne pas le mettre suffisamment à jour, sans pour autant parvenir à retrouver le temps ou la motivation pour lire.

             J'ai également eu des moments où je n'avais plus le goût de retourner sur ce blog car, pendant ces moments, je ne me reconnaissais plus. Je me suis aperçue, après réflexions, que mon rythme de lecture a changé, que mes goûts en lecture ont changé. Je lis moins de livres qu'avant, il y a des catégories de livres que je suis moins encline à lire, et d'autres catégories qui m'attirent davantage et que je suis plus susceptible de lire, ce qui m'a fait craindre un manque de diversité dans mon blog. Je ne me reconnais plus dans mes premiers avis, il y a des critiques que je regrette un peu d'avoir publié car elles me semblent maintenant inutiles, voire inintéressantes.

            Je me suis même demandée s'il fallait que j'abandonne ce blog et le laisser comme vestige de mes années d'adolescente, mais j'ai vite refusé cette idée. 

            Ce blog reste important pour moi, il représente plus de dix années de chroniques, de souvenirs. De plus, j'aurais eu cette impression amère si jamais je l'avais abandonné, comme une impression de tâche inachevée, d'abandon alors que je pense que je peux encore continuer. J'ai même envisagé de créer un nouveau blog et d'y publier des articles qui correspondraient plus à mon rythme et mes lectures d'aujourd'hui, mais j'ai aussi abandonné l'idée. Pourquoi créer un blog alors que j'en ai déjà un ? Certes, les articles des premières années ne reflètent plus qui je suis, ni mes pensées, voire même mes goûts, mais j'y vois là comme une sorte d'évolution, et je pense avoir assez travaillé sur ce blog pour ne pas l'abandonner et continuer à l'alimenter.


Ceci est donc une tentative pour reprendre ce blog en main !

            
             Il est possible que certaines choses vont changer sur ce blog. La disposition du blog peut changer, ainsi que celle de mes articles. J'expérimente un peu, donc n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

            Le rythme de publication risque de ne pas être fréquent, mais je compte lire et poster autant que je peux. Certaines catégories de livre risquent de revenir, plus que d'autres, mais j'espère que le contenu du blog continuera à vous plaire. Je compte également participer à un challenge (article en cours de préparation !) pour me remotiver à lire, et avoir une lecture assez variée.


            Sur ce, je vous dis à très bientôt !


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lundi 4 février 2019

Nous, Louis, Roi - Eve de Castro.



Il signait "Nous, Louis, roi" et il rêvait d'éternité. La gangrène ronge sa jambe. Ses ennemis ont parié qu'il ne passerait pas la fin du mois d'août. A Versailles, on pleure et on prépare l'avenir. A Paris, on fête déjà la mort du tyran. Cloué sur son lit, celui qui s'est voulu le plus grand roi du monde est seul avec lui-même. C'est l'heure des comptes, des adieux, de la vérité. Il reste à Louis XIV dix-sept jours pour quitter sa peau de dieu. Dix-sept nuits pour se découvrir homme.





Nous, Louis, Roi est un roman à la première personne narrant les derniers jours de la vie de Louis XIV. Tout commence le 15 août 1715, à Versailles. Un mal, que le roi nomme comme étant « la bête », le ronge depuis le début du mois. Elle le dévore petit à petit, elle se fait discrète mais avance sûrement. Le roi l'ignore encore à ce moment-là, mais le compte à rebours a commencé.

Du 15 août au 1er septembre 1715, jour où l'éternel soleil s'est éteint, nous suivons Louis XIV, à la fois l'homme et le roi, alors qu'il songe à cette maladie qui le ronge et l'affaibli, alors qu'il fait le bilan de sa vie. Pourtant, ce n'est pas un homme résigné avec qui nous faisons d'abord connaissance. Malgré son âge, Louis pense simplement être incommodé par une maladie qui finira par être guérie. C'est un homme rétif au sujet de sa maladie, il refuse de perdre la face et reste digne en toute circonstance, il continue de gouverner malgré cette faiblesse. Le soleil doit continuer de briller. Il est Apollon, il est le souverain le plus puissant d'Europe, il ne doit pas flancher. L'héritier au trône est encore si jeune… Et bien que la maladie l'affaibli, Louis refuse de s'avouer vaincu !

Mon ennemie me fait vivre au petit pas, à maigre feu. Elle me transforme en vieillard. Je ne suis pas un vieillard. Je suis le soleil de ce siècle.

Puis peu à peu, alors que les jours et les nuits se défilent et que le roi s’affaiblit de plus en plus, que la gangrène gagne du terrain, Louis lâche peu à peu prise et après l'horreur et la stupéfaction en apprenant qu'il n'y réchapperait pas, vient l'acceptation de son sort et la préparation à la mort pendant les derniers jours, qu'on lui prépare les derniers sacrements, qu'il dit au-revoir à ses proches, … C'est un point que j'ai trouvé intéressant lors de ma lecture. Louis XIV n'est pas tout de suite conscient de son sort, et le personnage se développe au fil des jours et des nuits qui passent, et ses réflexions sont magnifiées par la jolie plume d'Eve de Castro. Il est difficile de s'imaginer dans la peau d'un personnage historique, encore plus de quelqu'un d'aussi illustre que notre Roi Soleil, pourtant cette tâche difficile a été réussie par l'auteur qui nous montre un Louis XIV aussi fidèle que possible. C'est un homme avec une idée très profonde sur sa position de roi, une position qui est aussi un rôle prioritaire sur tout le reste et qui a façonné l'homme qu'il est. Il a une haute idée sur la façon de gouverner la France, et il a consacré sa vie et sa personne pour la gloire de son pays. Louis, c'est avant tout le roi.

La discipline que je donne me redresse. Elle pose sur mon visage le masque qui convient. 

Pourtant, au fur et à mesure de la progression de son mal, Louis XIV redevient Louis. Il n'est plus Apollon, il n'est plus souverain, le glorieux roi soleil, il est un homme face à sa mortalité, Louis consumé par la maladie, par la peur, par la souffrance. Nous voyons peu à peu ce roi arrogant s'humaniser alors que la progression de sa maladie et la proximité de sa mort le ramènent à sa condition de mortel. C'est ainsi qu'il fait doucement tomber le masque, qu'il a porté toute sa vie, pour dévoiler non plus le roi, mais l'homme.

Tout vulnérable qu'il est, Louis XIV se livre. À lui-même, aux lecteurs. Il nous raconte ses doutes, ses réussites, ses peurs quant à l'avenir du royaume, ses questionnements sur sa vie, etc. Il mène une réflexion sur sa vie, sur la façon dont il a régné. Roi trop amoureux de la gloire, il ne s'en cache pas, pas plus qu'il a saigné le royaume pour sa gloire et pour ses guerres. Il ne se cache pas non plus qu'il a trop aimé les femmes. Louis a des regrets et confesse ses péchés. Parfois, il en vient à croire que la bête est une punition envoyée par Dieu, pour le confronter à sa condition de mortel. Louis est âgé, affaibli, mourant. Il a vu de nombreux membres de sa famille mourir avant lui, y compris son fils. Pour lui succéder, un jeune enfant, le futur Louis XV.

Dieu m'a laissé un frêle enfant pour me rappeler ce que j'étais à la mort de mon père. La bête est son piège refermé sur mon cœur. Je me soumets.

Pourtant, même si Louis le Grand tombe de son piédestal, il n'est pas pathétique dans ses derniers jours. C'est certes un homme face à sa mortalité, mais il n'en demeure pas moins digne. C'est un homme quasi-normale qui affronte la douleur et la mort avec dignité, alors que ses médecins ne savent pas quoi faire pour le soulager.

Il se remémore les moments clés de sa vie, bien que pas nécessairement dans le bon ordre mais qu'importe. Il se remémore de son enfance agitée pendant la Fronde avec sa mère, la reine Anne d'Autriche, et son parrain le cardinal Mazarin comme seuls protecteurs. Il évoque ses amours : son premier amour, Marie Mancini, qu'il a du sacrifier, ses nombreuses maîtresses dont Madame de Maintenon qu'il a épousé en secret. Il parle de son entourage : son arrière petit-fils qu'il adore mais qui est beaucoup trop jeune pour régner, Madame – femme de feu son frère – à l'appétit franc et à la langue pendue, à sa seconde épouse douce et pieuse, … Nous apprenons des faits divers de la cour de France, la vie à Versailles, le goût de Louis pour l'art, ce roi qui a tant aimé dansé. Son attachement pour de grands artistes : Molière, dont les comédies l'ont amusé ; Lully, son musicien qui a beaucoup composé pour lui, ou encore Le Nôtre, son jardinier qui a réalisé les jardins de Versailles. Parfois, il est hanté par ses fantômes et s'imagine revoir sa mère, son père et d'autres personnages disparus. J'ai trouvé ça vraiment touchant et empreint de mélancolie.

J'ai trouvé ce court roman vraiment intéressant ! Sans être un coup de cœur, il m'aura vite transporté et plongé dans cet univers de la cour de Louis XIV et, plus que tout, cela m'a remémoré mon ancienne visite au château de Versailles, là où j'aurais tant aimé pouvoir savourer ce livre. Un titre que je recommande !


Je ne marcherai plus. Je ne toucherai plus mes citrons, je n'admirerai plus la symétrie de mes buis, l'or des groupes qui ornent mes fontaines. Je ne me pencherai plus sur le bassin des carpes de Marly, je ne montrerai plus aux visiteurs les girafes et les autruches de la Ménagerie, je ne souperai plus avec Françoise à Trianon, je ne visiterai plus mes chenils, ni mes écuries, ni les ateliers où je corrigeais ici une ligne, là une teinte, une moulure, un vernis. 
Je puis tendre les bras et ma volonté, je puis dire : Nous, Louis, roi ordonnons, tout ce qui se donne à admirer au-delà de mon balustre est désormais hors de ma portée. 
Je suis prisonnier de mon corps.



Ce billet est une participation au :


dimanche 25 novembre 2018

Bohemian Rhapsody


Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.


On ne présente plus Queen, ce groupe britannique de rock devenu culte, ni son chanteur, le si flamboyant Freddie Mercury qui nous a quitté il y a 27 ans hier. Quand on y pense, que cette célèbre personnalité et au groupe auquel il a appartenu aient droit à leur propre film, ça n'a rien de surprenant en soi.

Bohemian Rhapsody est donc un biopic retraçant l'histoire du groupe, et plus particulièrement celle de son chanteur. Les grandes étapes de sa vie sont évoquées : la vie avant Queen lorsqu'il n'était que Farrokh Busara ; sa rencontre avec Brian May et Roger Taylor, alors musiciens dans un groupe de musique pour étudiants et l'appropriation de ce groupe qui donnera naissance à Queen ; les premiers succès du groupe, rejoint par son dernier membre, John Deacon ; son baptême autoproclamé en Freddie Mercury ; sa relation avec Mary Austin son premier amour ; comment il a révolutionné le monde de la musique à l’époque, son insolence assumée devant les pontes des maisons de disques, les hauts et les bas de la gloire, sa sexualité, sa rencontre avec Jim Hutton, celui qu'il considérera comme son mari, ses nombreux chats, etc. C'est l'histoire d'un Freddie flamboyant, terriblement doué et audacieux, mais parfois seul...

Lorsque je suis allée voir ce film pour la première fois, je ne connaissais que très peu de choses sur Queen mais j'appréciais assez ce groupe, et surtout son chanteur, pour être attirée par l'idée de ce biopic. Puisque je n'étais pas une puriste, j'ai été éblouie par le film, et ignorante des changements décidés par les producteurs. J'avais été si conquise par ce film qu'en sortant de la salle de cinéma, je n'avais qu'une envie : en apprendre le plus possible, et écouter encore une fois leurs chansons pour rêver à nouveau. Maintenant que j'en sais un peu plus sur le groupe, je suis allée revoir le film avec un œil plus critique, et assez déroutée par les différences par rapport à la réalité historique. Le personnage de Mary Austin, notamment, dont le rôle a été magnifié à l'extrême et à qui les producteurs ont donné beaucoup plus d'importance que nécessaire. Je peux comprendre l'intérêt de montrer l'importance de Mary dans la vie du chanteur, et l'attrait pour le trope "Derrière chaque grand homme, il y a une femme", mais je trouve déroutant l'importance accordée à Mary et le fait que nous voyons un Freddie pathétique car encore jaloux et possessif envers la jeune femme, alors que dans la réalité, ils sont restés de très bons amis.



Freddie Mercury au concert de
Madison Square Garden le
27 juillet 1983.

Les producteurs ont également cherché à ajouter du drame en faisant se séparer le groupe à un moment de leur carrière, lorsque Freddie a souhaité faire une carrière solo. S'il est vrai que Freddie Mercury a bien tourné quelques albums solo, il n'est ni le seul, ni le premier membre du groupe à l'avoir fait et cela n'a certainement pas fait se séparer le groupe qui, malgré des brouilles et des disputes, ne s'est jamais séparé. Cependant, les producteurs ont du décider de faire ce choix pour ajouter du drame à l'intrigue, tout comme leur choix d'avancer la date où Freddie a découvert être atteint du SIDA (il a été diagnostiqué en 1987, mais deux ans avant dans le film).


Je déplore également le fait que le personnage de Jim Hutton soit minime, puisqu'il est le dernier compagnon dans la vie du chanteur et que leur histoire d'amour était telle qu'ils se considéraient comme mariés. De ce point de vue, je partage l'avis de Rami Malek qui avait souhaité explorer davantage cet aspect de la vie du célèbre chanteur, et l'importance de la relation entre les deux hommes. Je déplore donc beaucoup de changements qui ont été fait dans ce film, même si c'était surtout pour ajouter du drame à l'histoire. J'admets néanmoins qu'adapter l'histoire de Queen, et plus particulièrement de son chanteur Freddie Mercury, est un projet ambitieux sur lequel il aurait été facile de se casser les dents, tant la vie du chanteur a été riche et flamboyante. Il y a tant à dire et seulement deux heures pour raconter le plus possible. Forcément, cela paraît peu et des éléments ont du être écartés, modifiés, sinon évoqués de façon superficielle.

Malgré ces libertés et incohérences qui me chagrinent, je trouve que Bohemian Rhapsody est un biopic relativement réussi dans l'ensemble, et que Rami Malek mérite définitivement un Oscar pour son rôle tant il a été spectaculaire ! Il a fait un travail remarquable, on voit qu'il y a mis tout son cœur et son âme et qu'il a fait du travail de recherche et s'est adapté à son look pour reprendre les faits et gestes ainsi que la façon de parler de Freddie à la perfection. Il admire énormément cet homme et ça se voit, ça se sent, et on ne peut que s'incliner face au talent de l'acteur. C'est une performance parfaitement réussie, mais les autres acteurs ne sont pas non plus en reste (notamment avec Ben Hardy qui joue Roger Taylor).

Si l'on choisit d'ignorer les incohérences prises dans le film, l'histoire est prenante. On rit et on pleure en suivant Freddie Mercury. Les chansons qui accompagnent l'histoire rythment le film et nous donne plus qu'envie d'écouter leurs chansons pour s'en imprégner encore et raviver des souvenirs grandioses de ce groupe mythique. On est vraiment pris dans l'histoire, et réécouter ces chansons est un pur plaisir !




Scène de l'enregistrement de la chanson Bohemian Rhapsody, dont le
film tire son titre. Cette chanson, que l'on disait qu'elle serait invendable à cause
de sa durée (six minutes !) est devenue l'un des plus grands succès du groupe.

Il me reste toutefois un dernier regret concernant l'histoire (attention, spoilers !) :

J'aurais voulu que le film se termine avec le groupe enregistrant The Show Must Go On, l'une des dernières chansons, la plus culte,  de Freddie Mercury et la réaction des fans écoutant ce dernier morceau, car Freddie a mis tout son cœur pour cette chanson considérée comme son testament musical. La chanson est présente uniquement dans le générique de fin, alors qu'elle aurait mérité d'avoir sa place dans ce film. 

Ce choix peut cependant s'expliquer par le fait que Freddie était déjà bien malade lors de l'enregistrement de cette chanson, et que ce biopic n'avait pas pour ambition de montrer explicitement sa maladie et ses dernières années, mais d'être une célébration de sa vie et que montrer un Freddie mal en point en train d'enregistrer sa dernière chanson aurait été contradictoire.

Je trouve cependant dommage que le film s'achève sur le triomphe de Queen lors du concert caritatif de Life Aids, alors que ce n'est pas l'apogée du groupe, et qu'il y avait encore tant à montrer ! Je peux comprendre le désir de ne pas montrer les dernières années de la vie du chanteur, mais je pense que montrer sa force de caractère lorsqu'il a fallu faire les derniers enregistrements  pour terminer sur l'enregistrement de The Show Must Go On aurait été une façon parfaite de conclure ce film.

Malgré tout, Bohemian Rhapsody est un biopic relativement réussi, malgré les nombreuses libertés prises et les incohérences par rapport à la réalité historique. Il ne faut pas oublier que, biopic ou pas, cela reste un film romancé, et qu'il ne faut pas prendre comme parole d'évangile. Malgré mes reproches et mes regrets, je reconnais que c'est un film avec de nombreuses qualités, et il ne saurait en être autrement puisqu'il a été produit avec l'aide de Brian May et Roger Taylor, tous deux membres de Queen. Malgré tous les défauts que je peux trouver à ce biopic, je ne peux nier que c'est ce film qui m'a fait redécouvrir Queen et qui m'a fait véritablement tomber amoureuse de ce groupe et de son exceptionnel chanteur...

Bref, on en prend plein la vue au niveau des costumes, des décors, de la performance des acteurs et surtout de la musique ! C'est un film qui sent bon le rock, et qui reprend la plupart des hits du groupeDans la salle de cinéma, les gens ont ri et pleuré, j'ai rarement vu ça pendant une séance et c'était une expérience merveilleuse à vivre. Est-ce un film que je recommande ? Oui, très certainement ! En gardant toutefois à l'esprit que c'est une histoire qui a été romancée et qu'il ne faut pas croire que tout ce que dit ce film est réalité ;) cependant, Queen méritait bien son biopic, et les fans apprécieront !

mardi 13 novembre 2018

Les jours sucrés - Loïc Clément et Anne Montel.


À 25 ans, Églantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. Elle y retrouve sa vie d'avant, ses souvenirs et la pâtisserie paternelle (qui est désormais la sienne), mais aussi Gaël, son amoureux de l'époque, sa tante Marronde et tous les chats du village. Surtout, elle découvre le journal intime de son père. Il y a mis tous ses secrets de vie et de cuisine. Un véritable guide pour Églantine. Et si c'était l'occasion d'un nouveau départ ?


Si un jour, vous avez le moral dans les chaussettes ou tout simplement une envie d'illuminer un dimanche gris ou pluvieux, je vous conseille cette petite douceur, accompagnée d'une tasse de thé ou de chocolat chaud avec une pâtisserie ! Car oui, le moral n'est pas toujours au rendez-vous, et j'avais besoin d'un petit moment de douceur que ce titre, Les Jours Sucrés, a su m'apporter.

Dans cette histoire, nous suivons Églantine, jeune femme de 25 ans, un peu le cliché de la Parisienne stressée, ronchonne, et légèrement égocentrique, qui balance entre ses clients jamais satisfaits et une relation compliquée avec son patron. Son quotidien est bouleversé par le coup de fil d'un notaire lui apprenant le décès de son père, qu'elle n'a pas revu depuis l'enfance, et qui l'oblige à retourner dans sa Bretagne natale. À peu à l'instar du film Bienvenue chez les Ch'tis, c'est le cliché de la Bretagne grise et pluvieuse qui attend Églantine qui n'a qu'une hâte : régler au plus vite cette histoire d'héritage et reprendre la vie qu'elle a laissé à Paris. Vous vous en doutez un peu, tout ne va pas se passer comme prévu car la jeune femme apprend qu'elle hérite de la boulangerie de son père, baptisée Brav eo.

Cette histoire n'apporte évidemment pas une intrigue originale puisque c'est un thème qu'on voit souvent, particulièrement dans des feuilletons de noël. On retrouve le thème classique de la personne qui va plaquer sa vie de Parisien.ne pour la vie paisible de la province et reprendre le commerce d'un proche et le faire renaître de ses cendres. Seulement, le côté prévisible n'empêche pas de découvrir une jolie petite histoire qui fait chaud au cœur.

Nous retrouvons le thème du retour aux sources avec notre héroïne qui redécouvre sa Bretagne natale. Là-bas, elle retrouve également Gaël, son ami d'enfance qui propose du soutien-scolaire aux enfants du village, ainsi que Marronde sa tante loufoque, souvent entourée de chats et de canards. Cette bande-dessinée reprend aussi le thème des secrets de famille qui refont surface à travers la famille d’Églantine, ainsi que quelques flash-back de son enfance qui apportent un brin de nostalgie à l'ouvrage. Car, oui, si cette bande-dessinée apporte sa dose de douceur, les auteurs abordent différents thèmes tels que l'abandon, la filiation, le poids des secrets familiaux… ainsi que le problème des petites villes et des villages qui sont peu à peu désertés.

À travers cette intrigue où Églantine reprend la boulangerie et tente de la faire revivre de ses cendres, tout en étant confrontée aux souvenirs de son passé que son retour au village lui cause, nous assistons à son évolution de jeune femme blasée qui ne veut pas se reconnecter à son passé et reprendre sa vie à Paris à une personne qui va progressivement s'épanouir dans son village natal et comprendre un peu mieux son passé. Comme notre héroïne, je me suis posée des questions sur son passé, je voulais découvrir le fin mot mais au final, l'histoire se termine mieux qu'elle n'a commencé, avec Églantine qui s'est réconciliée avec son passé et qui est devenue une jeune femme plus apaisée qu'elle ne l'était au départ. 

Ainsi, malgré ses moments doux et drôles, l'histoire a ses quelques moments où l'on se plonge dans la contemplation. Alors certes, l'histoire est prévisible et cliché comme un feuilleton de noël bien guimauve, mais jamais on ne sombre dans la mièvrerie, il y a juste ce qu'il faut, comme une pâtisserie parfaitement dosée et c'est savoureux à lire !

Les dessins accompagnent très bien le côté doux de l'histoire. Le style de dessin est doux, aéré, dépourvu de cadre, au trait simple mais efficace avec des couleurs claires, dans des tons pastels, c'est semblable à de l'aquarelle et ça ne pouvait que me plaire ! L'histoire est également divisée en chapitres et chaque chapitre débute par un nom de pâtisserie (collant avec le contexte du dit-chapitre) ainsi qu'une petite scénette avec les matous du quartier, ce qui est un bonus fort appréciable ! Ajoutons à cela des personnages attachants, avec mention spéciale pour Marronde, la tante loufoque, gourmande avec un caractère fort, qui aime taquiner Mei, la collègue de sa nièce. 

Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sans risquer de spoiler. Je retiendrais simplement des Jours Sucrés comme étant une histoire douce et réconfortante comme une pâtisserie, avec une atmosphère cosy et chaleureuse, sans excès. Bref, une bande-dessinée qui se dévore !