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vendredi 31 janvier 2020

L'Odyssée - Homère.


La guerre de Troie est terminée depuis dix ans, mais le roi Ulysse, dont la ruse a permis la victoire des Grecs, erre toujours sur les mers, loin de sa patrie, Ithaque. 

En son absence, le royaume est sens dessus dessous : les prétendants, qui convoitent la reine, jouent les maîtres et pillent le palais. 

Pour retrouver son épouse Pénélope et son fils Télémaque, le héros devra affronter des monstres terribles : un Cyclope mangeur d'hommes, des Sirènes au chant envoûtant, sans oublier la magicienne Circé qui sert de funestes potions à ses convives... 

Ulysse sortira-t-il indemne de ces épreuves ? Ne perdra-t-il pas, au contact de ces êtres cruels, une part d'humanité ? 



Après l'Iliade, il était logique de poursuivre avec L'Odyssée qui fait suite à la première oeuvre. Alors que cette dernière racontait la guerre de Troie, L'Odyssée se concentre sur l'un des héros de cette guerre : Ulysse aux mille ruses. Après dix ans de guerre, Ulysse n'aspire qu'au désir de rentrer chez lui, sur l'île d'Ithaque, et d'y retrouver sa femme Pénélope et leur fils Télémaque. Seulement, ayant provoqué la fureur de Poséidon, dieu des mers et des océans, Ulysse voit de nombreux obstacles se dresser sur sa route alors que son voyage en mer pour rejoindre sa patrie devient de plus en plus difficile et de plus en plus longue. A Ithaque, on croit Ulysse mort ou perdu en mer. De nombreux prétendants en profitent pour occuper la maison d'Ulysse dans l'espoir de voir fléchir Pénélope et la voir épouser l'un d'entre eux. Indigné par la comportement des prétendants, Télémaque décide, avec l'aide d'Athéna, de partir à la recherches de réponses pour en savoir plus sur le devenir de son père...

L'Odyssée. Célèbre poème épique d'Homère. Tout le monde a du entendre parler du voyage épique d'Ulysse en mer. Certains épisodes sont restés célèbres, comme Pénélope qui promet d'épouser quelqu'un dès qu'elle aura finit son tissage mais qui défait son travail le soir, la rencontre d'Ulysse avec Circé, ou sa ruse pour échapper aux cyclopes, ou encore sa rencontre avec les sirènes. Pourtant, ce n'est qu'une partie de cette histoire qui commence (du moins dans mon édition) non pas avec Ulysse mais avec son fils Télémaque. J'ai appris avec une certaine déception que l'épisode de la ruse de Pénélope et son tissage n'est présent qu'à travers la narration d'un personnage et que nous n'y assistons pas. Cela nous tisse pourtant bien d'emblée le tempérament de Pénélope qui demeure fidèle à son mari et refuse de s'offrir à un de ses prétendants. Ces derniers, désireux de l'épouser, occupent la demeure d'Ulysse et tuent ses bêtes pour festoyer et comptent bien rester jusqu'à ce que Pénélope ne consente à épouser l'un d'entre eux ! Indigné par leur comportement et devinant les projets néfastes qu'ils ont à son égard, Télémaque, le fils d'Ulysse que celui-ci a quitté à peine sorti du berceau, se met en quête de réponses afin d'en savoir plus sur le devenir de son père, avec l'aide de la déesse Athéna. Il sera amené à rencontrer de nombreux personnages, dont Ménélas et sa femme, la célèbre Hélène, ce qui sera l'occasion pour Télémaque mais aussi pour les lecteurs, de découvrir l'issue de la guerre de Troie (celle-ci ne s'étant pas achevée à la fin de L'Iliade) avec, notamment, le célèbre épisode du cheval de Troie, la mort d'Achille, et le départ des héros grecs.


Les retrouvailles d'Ulysse et de Télémaque
dans ce tableau de Doucet (1880)
Après avoir accompagné Télémaque pendant plusieurs chapitres, nous rencontrons enfin Ulysse, piégé depuis sept ans sur l'île de Calypso, qui s'est prise d'affection pour lui et souhaite l'épouser et en faire un dieu. Athéna, qui soutient Ulysse, fait les yeux doux à son père pour qu'il lui permette de quitter l'île et rejoindre sa famille. Zeus cède et envoie Hermès partager l'heureuse nouvelle au héro grec. Cependant, ce n'est que le début des aventures d'Ulysse en mer car Poséidon a la rancune tenace et il ne souhaite pas laisser Ulysse rejoindre sa patrie tant que son courroux ne sera pas calmé. S'ensuivent alors un long périple en mer où Ulysse et son équipage vivront de multiples péripéties : naufrage, rencontre avec les sirènes, rencontre avec la sorcière Circé, séjour sur l'île aux cyclopes ou aux Enfers où Ulysse rencontre des héros grecs tombés pendant la guerre de Troie (Achille notamment) ainsi que d'autres épisodes plus méconnus. Car Ulysse ne fait qu'accoster pour mieux reprendre la mer plus tard, comme si la terre ferme lui était interdite et dangereuse. "Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage" ? Pas sûr...


Ce qui m'a surprise dans cette oeuvre, c'est l'écriture. L'écriture de cette épopée est très riche et belle mais aussi difficile, j'ai eu des difficultés pendant ma lecture, ce qui m'a étonné car je n'avais pas eu ce soucis lors de ma lecture de L'Iliade, peut-être est-ce du à la traduction car l'édition que je possède n'est pas récente. Il faudrait qu'un jour, je lise quelques extraits provenant d'éditions plus récentes pour comparer. Toujours est-il que ma lecture fut laborieuse, d'autant plus que les personnages sont très régulièrement adressés non seulement par leur nom mais aussi par leurs titres et ils sont nombreux ("Ulysse, fils de Laerte, aux mille ruses", "Athéna aux yeux pers", etc), il y a beaucoup de répétitions, notamment dans ces titres, ce qui alourdi le récit. C'est la raison principale qui a fait que j'ai moins accroché à cette histoire qu'à celle de L'Iliade. Toutefois, c'est un livre qui fait beaucoup voyager et qui nous fait plonger dans la Grèce Antique et sa mythologie, ce qui ne peut que plaire aux amoureux de la mythologie grecque car, à l'inverse de L'Iliade, nous rencontrons de nombreux êtres mythologiques : outre les dieux, nous avons des sirènes, des cyclopes, des nymphes, une sorcière, etc, ainsi que de célèbres épisodes comme la chute de Troie, le cheval de Troie, les adultères d'Arès et d'Aphrodite, la ruse de Pénélope, etc.

Plus qu'une épopée maritime, cette oeuvre est un miroir sur la société grecque antique car nous découvrons les îles grecques, les lois de l'hospitalité, la richesse et l'opulence des banquets. On apprend comment les marins faisaient pour s'orienter en mer, comment étaient organisés les banquets car de nombreux personnages profitent d'un rassemblement autour d'un banquet pour raconter leur histoire. A l'instar de L'Iliade, les personnages mortels sont soumis aux caprices des dieux, il suffit de voir Ulysse qui a mis 10 ans à retrouver sa patrie suite à la fureur de Poséidon ou encore Athéna qui, comme les autres dieux, a le pouvoir d'influencer les sentiments des mortels, de leur donner crainte ou courage. Heureusement pour Ulysse, Athéna est de son côté et oeuvre tout au long de l'histoire auprès du père et du fils pour qu'Ulysse retrouve les siens.


Ulysse et les sirènes d'Herbert Draper, l'une des nombreuses oeuvres à raconter ce célèbre épisode bien que
les sirènes de la mythologie grecque sont des femmes ailées.

Concernant Ulysse, si je dois avouer lui avoir surtout préféré son fils Télémaque, c'est un personnage plaisant à suivre, je n'ai pas pu lui être insensible et j'ai été touchée par son immense dévotion envers sa famille, son désir constant de retrouver les siens et sa patrie, et le courage dont il fait preuve pour surmonter les épreuves envoyées par les dieux, et d'apprécier sa ruse (même s'il aurait pu s'abstenir de révéler au nom au cyclope qu'il a aveuglé, surtout quand le dit cyclope est fils de Poséidon...) et lorsqu'enfin il retrouve sa patrie, il se cache de tous sous les traits d'un vieux mendiant pour vérifier l'état d'esprit de ceux qu'il a quitté 20 ans plus tôt, jusqu'à cacher son identité auprès de ses êtres chers. Toutefois, j'ai beaucoup aimé les retrouvailles entre Ulysse et Télémaque que j'ai trouvées touchantes, et j'ai été transportée par la joie de Pénélope de retrouver son époux, après que celui-ci ait donné aux prétendants ce qu'ils méritaient !

Une lecture laborieuse mais je suis contente d'avoir enfin lu ce classique et de découvrir Ulysse. Malgré l'écriture difficile, ce sont de très beaux vers et une véritable plongée dans la Grèce Antique et sa mythologie. Une oeuvre qui, à l'instar de son héro, fait voyager !



Cold Winter Challenge

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Marcher dans la neige 
(Nature writing / Littérature de voyage / Grands espaces / Nature)

mercredi 18 mai 2016

Des enfants dans l'Antiquité - Karine Delobbe.


D'Héraclès à Romulus et Remus, l'enfant est présent dans la mythologie gréco-romaine. Quant aux enfants nés de mortelles, encore faut-il qu'ils soient acceptés. En cas d'abandon, le nouveau-né, s'il n'est pas adopté par une autre famille, est condamné à la mort ou à l'esclavage. 

En Gaule romaine toutefois, l'apport celtique humanise ces pratiques : l'enfant semble mieux accueilli. Penseurs grecs et romains jettent les bases d'une éducation de l'enfant auxquelles nous faisons référence aujourd'hui encore. Mais ces principes ne concernent que les enfants des citoyens, eux-même futurs citoyens. 

Au-delà du statut de l'enfant, c'est de sa vie - parfois courte - que nous parle cet album : sa nourriture, ses vêtements, mais aussi ses jeux favoris.



Cela faisait un petit bout de temps depuis que je n'avais plus mis le nez dans un livre d'histoire (ni sur ce blog d'ailleurs mais c'est une autre histoire...). Comme beaucoup de livres, je suis tombée dessus par hasard alors que je recherchais des livres sur l’Égypte Antique, mais le sujet m'a paru assez intéressant pour que je l'emmène avec moi.

C'est un court ouvrage (environ une trentaine de pages), plutôt destiné à un public jeune au vu des nombreuses images et de la simplicité du texte et du vocabulaire employé (entendons que ce n'est pas de l'ouvrage produit par des gros chercheurs en la matière, utilisant un vocabulaire bien spécifique et scientifique). Cependant, ouvrage jeunesse ou pas, ce livre est une opportunité pour apprendre beaucoup de choses sur l'enfance et les enfants dans l'Antiquité.

L'enfant est d'abord présent dans la mythologie antique, et surtout la mythologie grecque et romaine. C'est d'ailleurs davantage dans la mythologie qu'on a d'abord eu une approche des enfants à cette époque que dans les textes antiques et découvertes archéologiques, plus rares. Nombreux sont, en effet, les récits mythologiques qui parlent de dieux et de leur abondante descendance, et c'est sur ce point que le livre commence. On peut d'ailleurs citer l'enfance de héros comme Héraclès, dont les premiers exploits remontent dès l'enfance, ainsi que l'enfance de Remus et Romulus, les mythiques fondateurs de Rome.

La célèbre statuette représentant une louve
allaitant Remus et Romulus.


Dans une volonté de progression logique, le livre débute avec la naissance et se termine sur le passage à l'âge adulte. 

L'ouvrage est très axé sur le monde grec et le monde romain, beaucoup moins sur autres civilisations antiques comme l’Égypte ou la Gaule. Cela peut paraître déplorable, même s'il faut tenir en compte le fait qu'on ait davantage de sources et d'éléments sur les civilisations grecque et romaine et que ces dernières sont les racines de notre propre civilisation. Il y a cependant quelques anecdotes sur l'enfant celte-gaulois et l'enfant égyptien. Les Celtes et Égyptiens, par exemples, élèvent tous leurs enfants et n'en rejettent aucun. De tendres liens unissent notamment les Celtes à leurs enfants et vice-versa, et ils savent faire preuve d'un immense chagrin lorsque la mort sépare des parents de leurs enfants, comme peuvent en témoigner les stèles funéraires. C'est chose normale pour nous, mais il faut savoir que Grecs ou Romains abandonnaient parfois leurs enfants. Souvent s'il y avait malformation, si le bébé est né chétif, malade, hors-mariage ou s'il s'agissait d'une fille non désirée. Le père peut reconnaître l'enfant s'il l'accepte au sein de la famille. Dans le cas contraire, l'enfant est exposé devant la porte du logis ou sur une décharge publique, et le recueille qui voudra.

Ce chapitre nous révèle d'autres informations, comme le déroulement de la naissance, le portrait de la sage-femme. Nous avons également un chapitre dédié aux nourrices, leur rôle, l'emmaillotage, comment on choisissait une nourrice. Il est aussi question des maladies et mortalités infantiles, un sujet sur lequel les historiens sont peu renseignés. Ces maladies étant courantes, les médecins de l'époque s'en sont peu intéressés et les prescriptions ont souvent eu des effets négatifs. C'est d'ailleurs souvent à cause des fréquentes mortalités infantiles que les parents ne préfèrent pas s'attacher à leur enfant.

Un bœuf à roulettes datant du IIIe millénaire,
assez semblable aux jouets à roulette de notre époque...

Ensuite, on ne parle pas d'enfance sans parler de l'éducation. L'auteur nous parle de l'école, de la différence d'éducation selon les cités en Grèce avec deux exemples précis : Sparte et Athènes. Sparte est un état militaire, donc il s'agit de former des guerriers, c'est une éducation à la dure ! On l'entraîne à une vie sauvage, même les filles. Celles-ci sont entraînées à devenir mères d'enfants rigoureux. À Athènes, la cité la plus puissante de Grèce, l'éducation se fait d'abord par la mère et la nourrice. Puis à sept ans, c'est l'école pour les garçons, les filles restent à la maison pour apprendre à être fidèles, vertueuses et habiles aux travaux domestiques.

L'auteur aborde d'autres sujets comme la vie quotidienne des enfants : comment ils emploient leur temps dans une journée, le rôle bénéfique de la musique dans leur vie, l'importance des jeux. Les fouilles archéologiques ont permis la mise au jour de nombreux jouets et de sortes de jeux. Les photos illustrant ce chapitre et les règles de certains de ces jeux nous montrent d'ailleurs que la plupart de ces jeux ne nous sont pas inconnus, cela montre bien que les enfants de toutes les époques ont des goûts semblables. Nous retrouvons aussi bien des jeux d'éveil comme le hochet, le cheval à roulettes, des petites charrettes en bois que des jeux d'adresse comme des billes (qui sont souvent des châtaignes, glands, olives, noisettes, noix), la noix est beaucoup utilisée dans les jeux à Rome (comme billes ou pions pour jeux de société) et c'est pourquoi l'expression romaine « quitter les noix» signifie sortir de l'enfance. On retrouve aussi des jeux de patience comme le puzzle d'Archimède, des jeux avec règles précises comme l'osselet, des poupées, des balançoires... comme quoi, comme le disait si souvent ma professeur d'archéologie, on n'a rien inventé ! (ou presque)

Je n'ai pas grand chose à rajouter au sujet de cet ouvrage. En bref, c'est un livre court mais intéressant. Il ne faut pas s'arrêter au fait qu'il s'adresse à un public jeune car on y apprend des choses intéressantes sur un sujet où l'on est finalement peu renseigné et qu'on ne connaît pas (à moins de faire des études poussées en histoire ou que l'on aime les livres ou documentaires d'histoire). Il est aussi intéressant de noter qu'il existe plusieurs tomes de cette série : Les enfants au Moyen-âge, à la Renaissance, ... , qu'il pourrait être intéressant de découvrir :)

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dimanche 22 mars 2015

Le Juste Milieu - Annabel Lyon


Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d'arrogance. Lorsqu'en 342 avant Jésus-Christ, le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s'établit est aussi singulière et enrichissante pour l'un que pour l'autre. 

Par ses démonstrations très concrètes sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son jeune élève la notion de «juste milieu», point d'équilibre entre deux extrêmes, si difficile à atteindre. 

De son côté, le fougeux Alexandre, qui désire déjà ardemment «ouvrir la gueule pour avaler le monde entier», offre des perspectives au maître peu aventureux que son père lui a choisi.



Livre repéré chez Parthenia, et choisi parce que 1) mordue d'histoire depuis des années et de 2) parce qu'Alexandre le Grand est un personnage historique qui m'intéresse de plus en plus; ainsi pour ces raisons, j'avais décidé d'y jeter un œil.

Cette histoire se centre et est cependant narrée par Aristote que sur le grand conquérant, et nous raconte principalement les sept années qu'il a passé à la cour de Macédoine pour transmettre son savoir à Alexandre, l'héritier du roi Philippe II de Macédoine, et ses camarades, mais il nous raconte aussi l'enseignement et les soins prodigués à Philippe Arrhidée, le demi-frère d'Alexandre, qu'une maladie rend mentalement retardé et exclu de la succession (étant l'aîné d'Alexandre) et laissé à la surveillance de son garde-malade, qui ne sait pas toujours comment s'y prendre avec lui. Nous avons donc affaire ici à une biographie romancée d'Aristote !

Étant attachée au personnage historique d'Alexandre le Grand, j'avais crains de ne pas trop m'attacher à Aristote et à Philippe Arrhidée. Heureusement, mes craintes n'étaient pas fondées car j'ai beaucoup apprécié suivre l'histoire du point de vue d'Aristote et de découvrir un peu plus ce grand philosophe = son enfance, son apprentissage de la médecine par son père médecin, puis ses "études" sous l'égide d'un philosophe un peu étrange, son mariage, sa vie vécue à la cour de Macédoine où il est davantage perçu comme un Athénien que comme un Macédonien (ce qui fait qu'il est vu comme un étranger et qu'on ne porte pas toujours sur lui un regard bienveillant), son approche pour apprivoiser Philippe Arrhidée, le faire progresser et lui enseigner des choses et ce, malgré son handicap, malgré les préjugés des autres sur lui. Nous assistons aussi à sa rencontre avec le futur Alexandre le Grand, les leçons qu'il lui donne, aussi bien sur la biologie que sur la littérature car Aristote est plus qu'un philosophe, c'est un véritable toutche-à-tout qui s'intéresse à de nombreux domaines et observe et analyse ce qui l'entoure. Donc si ce livre vous intéresse mais que vous craignez de voir quelques débordements sur la philosophie, ne craignez rien : Aristote philosophe n'est qu'un aspect de son personnage. On découvre plus chez lui que le philosophe, et d'ailleurs l'auteur met en avant le pluralisme de ses travaux, preuve qu'il s'intéresse à tout ! Et elle s'intéresse davantage sur le point humain du personnage.


Enseignement d'Alexandre par Aristote, d'après Charles Laplante.

Cependant, Aristote a aussi ses difficultés avec Alexandre. Élève brillant, il est pourtant difficile à discipliner car arrogant, plein de fougue, parfois colérique et pourri gâté, avec un goût pour le sang et le morbide un tantinet inquiétant [spoiler] comme cette fameuse scène où Alexandre remplace une fausse tête par une vraie fraîchement décapitée lors d'une représentation au théâtre... et manque de donner des arrêts cardiaques aux acteurs ! [/spoilers] (qui inquiète même Héphaïstion, alors le plus proche compagnon d'Alexandre. Ah Héphaïstion, j'ai une tendresse toute particulière pour lui. Dieu sait que, dans le roman comme dans l'Histoire avec un grand H, ça n'a pas du être évident d'être le conseiller et plus proche compagnon d'Alexandre. Pourtant, je n'ai pu m'empêcher de trouver Alexandre assez caricaturé dans son rôle de prince héritier, même si je sais qu'il avait son caractère. D'ailleurs, si on ne le voit que peu dans ce roman, on peut tout de même noter son attachement à Alexandre, et le fait que le tempérament et les goûts de celui-ci le dépassent parfois). Aristote se donne alors comme mission d'éduquer le jeune chenapan et d'essayer de calmer ses ardeurs, ses envie de gloire, tout en l'incitant à trouver le juste milieu, le point d'équilibre.

Le juste milieu est d'ailleurs un point sur lequel l'auteur revient souvent et d'une certaine manière : tout au long du roman, nous avons affaire à des extrêmes (notamment les extrêmes que sont Philippe II, roi guerrier qui ne conçoit pas la philosophie, et Aristote, philosophe et médecin qui ne veut pas de guerre. Et pourtant ces deux personnages sont amis; ou encore entre Alexandre qui est beau, charismatique et intelligent tandis qu'on dit son frère laid, mentalement retardé, idiot), l'équilibre entre deux extrêmes (que ce soit deux comportements, deux personnages, deux choses). Ce livre a un côté sociologue dans ce sens, et aussi dans le fait où Aristote analyse et s'interroge sur l'âme, les rapports humains, l'évolution de la pensée, le comportement humain, le fonctionnement de la société, etc.

Buste d'Aristote
J'ai beaucoup aimé suivre Aristote qui se révèle être un personnage attachant, que l'auteur nous fait découvrir de son enfance jusqu'au moment où il enseigne aux deux princes. J'aurais cependant aimé que l'auteur s'étende un peu plus sur la relation entre Platon et Aristote, qui se sont très bien entendus jusqu'à ce que leurs points de vues divergent. J'aurais aimé découvrir plus que leur première rencontre – moment que j'attendais le plus et que j'ai beaucoup pris plaisir à lire – comme le développement de leur relation, on sentait déjà tout l'intérêt que Platon commençait à porter à Aristote lorsqu'ils se sont rencontrés ! Dans les flash-back, on pouvait deviner que ses camarades à l'Académie jalousaient presque Aristote à cause de l'attirance (intellectuelle mais peut-être presque amoureuse) que Platon éprouvait à son égard. Ainsi, cela aurait été intéressant que l'auteur développe un peu plus... Il y a une certaine complexité dans leur relation, on ne sait pas jusqu'à quel degré elle a été. 

De même que certains personnages du roman pensent qu'Aristote est attiré par Alexandre, sans qu'elle l'ait été. Le roman nous peint diverses relations complexes et c'est un aspect que j'ai aimé découvrir : relation entre le maître et l'élève, relation entre mari et femme (Aristote et son épouse donc, oscillant entre tendresse et devoir), entre maître et esclaves (il éprouve de l'attachement pour eux, ils font quasiment partie de la famille) mais ces relations ne se centrent pas que sur Aristote car le roman évoque les rapports princes/serviteurs, mère/fils (la tendresse infinie qu'Olympias voue à son fils, Alexandre). L'auteur évoque aussi, à travers Aristote, les différences culturelles, politiques et autres entre la Grèce (Athènes) et la Macédoine. Deux lieux qu'a connu Aristote mais où il ne trouve sa place. En Macédoine, il est vu comme un grec, un étranger et, lorsque les relations deviennent tendues et conflictuelles entre Philippe  II et les cités de Grèce, les Macédoniens se méfient bien vite d'Aristote, vu alors comme un ennemi. Aristote compare d'ailleurs souvent la Grèce à la Macédoine qu'il trouve plus... barbare.

Ce livre est aussi une occasion de découvrir un peu plus l'Antiquité : la médecine antique, le théâtre grec, la célèbre Académie de Platon, la philosophie grecque, jusqu'à la politique guerrière de Philippe II. Sans être assommante, l'auteur nous apprend des choses sur la vie d'Aristote, l'histoire de la Macédoine, de la Grèce, la cour de Macédoine, les stratégies politiques et militaires. Néanmoins, ce n'est pas un roman purement historique, l'auteur a crée des personnages et altéré la réalité historique pour les besoins de son récit (elle invente un voyage, supprime un personnage), pour certains éléments, je pense qu'elle s'est plus basée sur des spéculations que sur des réalités historiques.

Le style d'écriture est plutôt agréable, assez contemporain par rapport à l'époque qu'il décrit, on pourra également être gêné par la présence de mots vulgaires, notamment venant de la bouche d'Aristote lui-même (d'un côté, les Macédoniens sont présentés comme vulgaires, rustres, grossiers, par contraste aux Grecs, plus raffinés, plus sophistiqués) mais c'est le rare reproche que j'ai pour ce livre car le style est sensible, intelligent et que, dans l'ensemble, cette lecture fut agréable et intéressante. L'auteur a su recréer avec intelligence l'époque, les personnages historiques ainsi que leurs rapports.


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jeudi 26 février 2015

Le chant d'Achille - Madeline Miller.


Patrocle, jeune prince maladroit, est exilé à la cour du roi Pelée. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. 

Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Quand débute la guerre de Troie, Achille part combattre. 

Tiraillé entre son amour pour son ami et la peur du danger, Patrocle décide de l’accompagner. La violence des hommes et des dieux transformera leur histoire en drame.







Ce livre fait partie de mes coups de cœur de l'année 2015 ! J'ai d'ailleurs eu du mal à attendre sa sortie en livre de poche et j'ai préféré me le procurer en broché.

Ce roman est narré par Patrocle, le compagnon d'Achille. Il nous raconte d'abord sa jeunesse plutôt solitaire, avec une mère que l'on dit folle et un père indifférent, ainsi que l'accident qui lui a valu son exil à la cour du roi Pélée (un roi que l'on dit sage et qui aurait combattu aux côtés de héros illustres tels que Persée ou Héraclès) où il fera la connaissance de celui qui changera sa vie : le prince Achille, qui se trouve être son exact contraire. Malgré leurs différences, les deux garçons deviennent amis, ce qui n'est pas pour plaire à Thétis, mère d'Achille et Néréide de son état (nymphe marine), qui fait tout son possible pour les séparer, ne considérant pas Patrocle comme digne de son fils. Cependant, plus les années passent et plus Achille et Patrocle se rapprochent... jusqu'à la violence de la guerre de Troie.

J'ai été emportée par ce roman. L'auteur a une belle écriture, je me suis laissée facilement transportée par ce roman, et les pages se sont tournées très vite. Patrocle nous raconte cette histoire jusqu'à sa mort... et même au-delà ! J'ai beaucoup aimé suivre Patrocle. Parmi tous les personnages de la guerre de Troie, il est rarement (voire pas du tout) celui à qui on s'intéresse. Il est souvent oublié ou à l'arrière-plan dans les différentes adaptations faites de L'Iliade. Ainsi, je suis très reconnaissance envers l'auteur de s'être intéressée à Patrocle et de lui avoir consacré cette histoire. Il s'oppose au torrent tumultueux qu'est Achille, il est doux, calme, posé, gentil. S'il n'a rien de la puissance, de la grandeur d'Achille, présenté comme beau, charmant, puissant, rapide, il est placé sur un même pied d'égalité qu'Achille, par l'auteur et par Achille lui-même.


Patrocle, de Jacques-Louis David (1780)
Achille, dans cette histoire, est à l'image du personnage tel qu'on se le représente : il est grand, beau, blond, musclé, invincible. Oui mais pas que ! Dans cette version, l'auteur nous fait découvrir un Achille sensible. Un Achille humain qui se cache sous son masque de jeune héros que l'on dit invincible et à qui on prédit gloire éternelle. A travers d'autres personnages, peut-être est-ce cette image qui revient souvent; avec Patrocle, c'est une autre histoire, car Achille n'a jamais été plus humain qu'avec Patrocle, son plus cher compagnon. Achille est plus qu'un guerrier. Achille aime jouer de la lyre, composer, se gaver de figues, taquiner Patrocle, qui est espiègle, même s'il deviendra vaniteux lorsque viendra la guerre de Troie et qu'il s'aperçoit qu'au combat, il est invincible.

Un point important de l'histoire : la relation entre Achille et Patrocle. Ces deux-là forment un lien très fort que personne ne peut briser. Plusieurs fois, on tentera de les séparer, seulement l'un finit toujours par retrouver l'autre ! Ils forment un lien que même la mort ne peut briser. J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de cette relation. Nous les voyons grandir, faire leur apprentissage auprès du centaure Chiron, qui a entraîné beaucoup de héros, jusqu'à la guerre de Troie. C'est une relation qui évolue et s'intensifie au fur et à mesure que le temps passe. Il y a d'abord l'insouciance de l'enfance, puis les dangers de la guerre où Patrocle ne cesse de s’inquiéter pour Achille. Mais il y a un aspect important à relever au sujet de leur relation : Achille et Patrocle deviennent amants dans ce roman. C'est même d'ailleurs la principale raison qui m'a fait choisir ce roman.

Achille et Patrocle amants, ce n'est pourtant pas une histoire qui date d'hier ! Depuis Homère, nombreux ont été les hommes à spéculer sur la nature précise de leur relation, puisque Homère ne l'a pas révélé. On pense facilement, dans L'Iliade, qu'ils sont amis, cependant les Grecs, dès le Ve siècle avant notre ère, voient davantage. Le débat à l'époque n'était d'ailleurs pas de savoir si Achille et Patrocle sont amis ou amants, mais pourquoi Homère est resté si réservé sur ce sujet et qui d'Achille ou Patrocle dominait dans ce couple. Des auteurs antiques célèbres comme Platon ou Eschyle ont beaucoup spéculé sur cette relation ! La théorie d'Achille et Patrocle amants m'intéresse beaucoup (bien que, qu'ils soient amis ou amants, leur relation dans L'Iliade et le canon grec reste très forte), ainsi j'étais curieuse et intéressée au sujet de ce roman, qui me semble être la première oeuvre contemporaine à exploiter cette relation mais du point de vue romantique. J'ai beaucoup aimé la façon de l'auteur d'exploiter cette relation. D'abord amis, la relation entre les deux jeunes hommes va évoluer jusqu'à la naissance de sentiments plus profonds. Patrocle est d'ailleurs le premier à faire le premier pas et on découvre, en même temps que lui, la naissance de ses sentiments pour Achille, la profondeur de son amour pour lui, sa peur de le perdre, sa façon de voir et décrire Achille (amoureux comme il est, il décrit Achille de façon parfaite, presque poétique, c'est imagé, c'est beau même, donc on est loin des descriptions de Bella au sujet d'Edward !!)


Madeline Miller, avec un exemplaire en VO du roman.

Si Achille, Patrocle et leur relation sont un point important du roman, ce récit relate tout de même des événements de L'Iliade et de la mythologie grecque : la guerre de Troie bien-sûr, mais pas que ! L'épisode où Ulysse découvre Achille, déguisé en jeune femme, pour échapper à ceux qui veulent le persuader de se battre à Troie; l'épisode du sacrifice d'Iphigénie, etc. Ainsi, nous sommes plongé dans la Grèce antique et revisitons, sous la plume de l'auteur, de célèbres épisodes de la mythologie. On côtoie aussi les hommes et les femmes faisant partie de la vie d'Achille et Patrocle : le prince Hector, le roi Pélée, Chiron, la jeune esclave Briséis (j'ai beaucoup aimé ce personnage, l'auteur s'est beaucoup intéressée à elle dans la seconde partie du roman et elle a fait d'elle un personnage secondaire important, ainsi qu'une amie très chère à Patrocle), Ménélas, Ulysse bien-sûr bien qu'il soit peu présent, ainsi que Thétis, la mère d'Achille. Celle-ci prend une grande place dans le destin d'Achille. Elle nous paraît détestable car elle ne voue à Patrocle que mépris et froideur. Seulement, il faut comprendre que c'est une déesse qui ne comprend pas les sentiments humains, mais elle aime son fils, de façon un peu possessive, elle refuse que les mortels lui enlèvent son enfant et veut qu'il accède à l'immortalité pour qu'il puisse ne jamais mourir et donc ne pas devenir inaccessible à Thétis. C'est pourquoi elle ne voit pas l'arrivée de Patrocle dans la vie d'Achille d'un bon œil : il rend Achille humain et en s'attachant à Patrocle, Achille en vient à négliger sa destiné et à vouloir mourir à ses côtés. Cependant, pour toute sa froideur, Thétis a su me toucher à la fin, en faisant preuve de compassion pour Patrocle, par égard pour son fils.

Le gros point négatif que je pourrais retenir de ce roman au final : le personnage de Patrocle. Si je remercie l'auteur de s'être intéressée à Patrocle et d'avoir fait de lui un personnage important de son histoire, quelques points m'ont chagriné. Afin de montrer les différences entre les deux personnages, Patrocle a été présenté comme l'exact contraire d'Achille. D'une beauté banale, faible et maladroit. Ce que Patrocle, dans l'histoire d'Homère, n'était pas. Patrocle est présenté comme semblable à Achille (c'est pourquoi personne n'a su deviner que c'était lui sous l'armure d'Achille lors de son dernier combat avec Hector) et fort, habile. Chez Madeline Miller, Patrocle ne sait pas se battre et doit, au départ, rester près d'Achille pour que celui-ci le protège, et ensuite il devient guérisseur et reste la plupart du temps au camp, à soigner les malades et attendre le retour d'Achille. Si Patrocle, dans L'Iliade, a quelques attributs considérés alors comme féminin (à s'occuper de l'armure d'Achille, à offrir vin et nourriture quand lui et Achille ont de la compagnie), il n'en reste pas moins que Patrocle faisait partie des soldats les plus brillants des Grecs et à avoir tué un grand nombre de Troyens. C'est un valeureux guerrier, et il a fallu à Hector l'intervention d'un dieu pour venir à bout de Patrocle. J'ai toujours aimé cette image du compagnon d'Achille, doux et loyal mais en même temps redoutable et habile. Si Patrocle reste plein d'empathie et loyal à Achille, dans ce roman il est présenté comme faible physiquement, un peu gringalet, bullié par les plus fort au combat et maladroit. J'ai donc déploré ces changements que l'auteur a apporté à Patrocle. Sans compter la haine de Thétis envers Patrocle, alors que rien ne présageait dans L'Iliade que ces deux-là ne s'entendaient pas (d'autant plus que Thétis a pleuré, avec Achille, la mort de Patrocle)

Malgré ce point négatif, j'ai énormément aimé cette lecture. Madeline Miller a su faire revivre le mythe et a raconter une belle histoire en exploitant, avec justesse, l'histoire d'une amitié forte entre deux jeunes hommes que rien, pas même la mort, ne peut séparer. D'une relation amoureuse entre deux hommes différents mais très proches, qui leur permet d'avancer, de grandir, de se surpasser. Achille et Patrocle m'ont beaucoup touché, et j'avoue sans honte avoir pleuré comme une madeleine, sans savoir me calmer, lorsqu'est venue la scène où Achille découvre la mort de son bien-aimé et laisse libre court à sa rage et à son chagrin, tandis que l'esprit de Patrocle ne peut que se désoler et regarder Achille se laisser porter par sa colère et son chagrin. C'est vraiment une lecture qui m'a touché et transporté et je garderais toujours un profond souvenir de cette lecture.



- Ah ! Voilà une histoire qui vaut la peine d'être racontée. Il faut tout de même que je dise d'abord un mot au capitaine, poursuivit-il [Ulysse] avec un geste en direction du soleil, déjà assez bas dans le ciel. Nous allons bientôt devoir nous arrêter pour installer notre camp.Diomède quitta le coin de rambarde auquel il était appuyé.- C'est moi qui vais y aller, déclara-t-il. J'ai entendu celle-là au moins autant de fois que l’écœurant épisode du lit.- Tant pis pour toi, lança Ulysse dans son dos. Ne faites pas attention à lui. Sa femme est une sale garce, ce qui rendrait n'importe qui aigri, précisa-t-il pour notre gouverne. Ma femme, elle...La voix de Diomède nous parvint depuis l'autre bout du navire.- Si tu finis cette phrase, je te jetterai par-dessus bord et tu nageras jusqu'à Troie, je le jure !- Vous voyez ? fit Ulysse en secouant la tête. Il est amer.


Chapitre 15.


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samedi 23 août 2014

L'Iliade - Homère.


L'auteur :

Homère, (du grec ancien Ὅμηρος / Hómêros), est le plus ancien poète qui nous soit connu. Aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av JC, on lui reconnaît la paternité de L'Iliade et L'Odyssée, deux longs poèmes appartenant au genre de l'épopée, et qui ont longtemps été transmis par voie orale, de génération en génération. Le mystère plane encore aujourd'hui autour d'Homère : on ignore sa ville natale, sa date de naissance, sa date de mort, la paternité de ses œuvres, jusqu'à son existence même puisqu'il est difficile de savoir avec certitude si Homère fut un une personnalité historique ou plusieurs auteurs autour d'une seule identité construite ! Néanmoins, la place d'Homère dans la littérature grecque et même antique reste majeure, et qu'il est le principal représentant du genre épique, et qu'il a traversé les siècles de par ses deux œuvres magistrales.

Emprunt bibliothèque fac.


Quatrième de couverture :

Prélude, chant 1 - "Chante, déesse, la colère d'Achille, le fils de Pelée ; détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel - pour l'achèvement du dessein de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d'abord divisa le fils d'Atrée, protecteur de son peuple, et le divin Achille."

Mon avis :

Alors, L'Iliade. Toute une histoire. Je connaissais les grandes lignes de l'histoire sans l'avoir lu et après l'avoir souvent croisé en cours. J'ai lu quelques critiques sur ce livre, et à leur lecture et au vu de certaines adaptations de l’œuvre, Hector me paraissait être le chouchou de beaucoup, et Achille vu comme une petite brute. Au final, et même si j'ai eu du mal à entrer dans le livre (mais ça, c'est ma faute, lire le premier chapitre, puis m'en désintéresser, tenter une nouvelle lecture alors que je n'étais plus d'humeur, puis comme pour L'appel du coucou, je me suis forcée à lire 50-100 pages tous les jours puis j'ai fini par m'attacher à l'histoire, son écriture et ses personnages), j'ai fait une excellente découverte et j'ai été surprise par l'écriture et certains personnages !



Achille pansant Patrocle,
kylix, 500 av JC.
Tout d'abord, L'Iliade, qu'est-ce que ça raconte ? On connaît tous, au moins, l'origine de la guerre: La déesse de la discorde, n'ayant pas été invitée au mariage de Pélée et Thétis (les parents d'Achille), décide de se venger en donnant à Pâris, prince de Troie, une pomme d'or qu'il devait donner « à la plus belle ». Trois déesses, Héra, Athéna et Aphrodite, se disputent la pomme et proposent à Pâris de le bénir avec ce qu'il souhaite s'il offrait la pomme à l'une d'entre elles. Pâris choisit Aphrodite et pour le remercier, la déesse lui offre l'amour d'Hélène, la plus belle femme du monde grec. Problème : Hélène est mariée au roi de Sparte, Ménélas. Cela n'a pas l'air de gêner Pâris plus que ça puisqu'il kidnappe la belle et l'emmène à Troie. Furieux, Ménélas et les grecs déclarent la guerre et décide d’assiéger Sparte. La guerre dure depuis dix ans lorsque commence le récit de L'Iliade et elle ne s'annonce pas bien pour les Grecs. En effet, obligé de rendre une femme qu'il a kidnappé d'un temple, Agamemnon – frère de Ménélas – décide de ravir à Achille une femme qu'il s'était approprié. Achille, obligé d'obéir, laisse donc partir la belle Briséis mais décide, en représailles, de ne plus prendre part au combat. C'est ainsi qu'il se retire du combat, suivi de son peuple, les Myrmidons, et son ami Patrocle. Grosse erreur que ce fut pour Agamemnon car Achille, fils d'une déesse et béni par les dieux, était le héros des Grecs et leur soldat le plus fort. Du côté des Troyens, le héros, c'est Hector, prince de Troie et frère de Pâris, béni par le dieu Apollon qui l'aide à sortir indemne des combats.

Évidemment, sans Achille, la guerre est un fiasco pour les Grecs et leurs alliés qui se font écraser à plate couture. Alors que les Troyens gagnent du terrain, les Grecs tentent de persuader Achille de revenir au combat mais rien n'y fait... Il faudra un coup du sort funeste pour persuader Achille de reprendre les armes... je m'arrête là, parce que je n'ai pas envie de raconter tout le livre et risquer de « spoiler » (même si c'est une histoire vieille comme le monde et que beaucoup, s'ils sont intéressés par la mythologie, devraient connaître ^^). Aussi, L'Iliade prend fin avant la fin de la guerre de Troie, donc si vous voulez lire cette œuvre, ne vous attendez pas à lire l'épisode du cheval de Troie, ni de voir beaucoup Ulysse qui, s'il fait bien parti du lot qui combattent contre les Troyens, n'est pas beaucoup présent et ne fait pas grand chose à part jouer les sages et se prendre des coups pendant les batailles... Non, ici, les héros de l'histoire, ce sont : Hector, Achille, Ajax, Patrocle majoritairement ainsi que les divinités qui sont omniprésentes. Il y a celles qui défendent les Grecs (Héra et Athéna, parce que Pâris ne leur a pas donné la pomme, donc les deux vengeresses veulent lui faire la peau, Poséidon aussi à un moment met en déroute les Troyens) et celles qui défendent les Troyens (Apollon, Aphrodite parce que elle, elle a eu la pomme), et Zeus dans tout ce bazar qui espère être neutre mais qui penche parfois en fonction d'un camp à la demande d'un personnage, même si la vérité c'est que tout est déjà prévu d'avance pour lui. Il sait qui va mourir, qui va faire quoi... donc s'il intervient, c'est pour s'assurer du bon déroulement des choses. Car tout est prévu d'avance !

Mais bon, autant dire que c'est un joyeux bordel et que, même si les hommes se battent, tout vient de la volonté des dieux. Au fur et à mesure que je lisais les combats, il me paraissait de plus en plus clair que c'étaient les dieux qui menaient la danse. L'un pouvait ramollir le courage d'un soldat, l'autre pouvait exciter un autre soldat à la bataille, ou lui souffler quoi faire, ou dévier un javelot de sa trajectoire d'un souffle. J'ai souvent eu l'image de dieux se servant des soldats comme de poupées avec lesquelles on joue à la guerre avec d'autres personnes et qui essayait de gagner. Les dieux se battent entre eux, et la guerre de Troie est leur champ de bataille. S'ils cherchent à faire gagner un camp, ce n'est pas pour les hommes, c'est pour eux-même. Héra et Athéna cherchent à se venger, Apollon et Aphrodite veulent protéger leurs chouchous, et Héra et Athéna ne manquent pas d'ardeur, et Héra est rusée et cruelle, capable de jouer des tours, pour tromper son mari qui veille à ce que tout se déroule comme prévu. Puis d'un côté, c'est amusant de les voir se disputer, c'est comme une dispute de famille mais en pire. Athéna fait pleurer Artémis qui va pleurer sur les genoux de papa, Athéna est furieuse parce qu'elle n'est plus la préférée de papa, Arès et Athéna se disputent comme frère et sœur, disputes conjugales entre Zeus et Héra... un joyeux capharnaüm chez cette famille très dysfonctionnelle!

Pour revenir aux mortels, arrogants et belliqueux comme les dieux, certains se révèlent
Couverture de l'édition
jeunesse, que  j'aime beaucoup.
être des êtres hors du commun (Hector, Achille, Patrocle...), ils ont des caractères et des qualités très humaines, mais il y a chez eux quelque chose de divin qui fait qu'ils dépassent les autres hommes, par leur force, leur ingéniosité... Patrocle, alors absent sinon discret pendant la première partie du livre, se révèle être un homme qui possède l'amitié et l'extrême confiance d'Achille, le seul que le héros grec voudra bien écouter, mais qui est aussi un combattant hors pair et très efficace [ il faut plusieurs divinités pour permettre à Hector de le tuer, c'est pour dire ! ], Achille s'est révélé être quelqu'un d'attachant, et de sensible, mais aussi redoutable. Hector m'a parfois semblé arrogant mais il est difficile de rester de marbre quand on voit quel brillant chef de guerre il fait, et son attachement à sa famille, malgré les bêtises de Pâris. Ah, en revanche, aucune sympathie pour Pâris, surtout au début du livre... et je déplore le peu de présence d'Ulysse, mais il se rattrape dans l'Odyssée, et malgré leurs défauts j'ai bien aimé Ménélas et Agamemnon, ainsi que ce pauvre roi Priam, ainsi qu'Andromaque. Hélène m'a laissé parfaitement indifférente.


J'ai été agréablement surprise par l'écriture d'Homère au fur et à mesure de ma lecture car Homère a une écriture très imagée. Il peut parler des éléments (une tempête par exemple) ou d'animaux violents ou majestueux pour comparer, pour refléter l'intensité d'un combat, les gestes d'un personnage, la violence des combats, la mort... c'est très intéressant et poétique à la fois, ce qui devait être très bien rendu à l'oral, et je me demande si je vais retrouver cette même écriture imagée dans L'Odyssée. Voici d'ailleurs un exemple :


Comme l'eau de la mer, enflée par les vents qui soufflent avec véhémence du milieu des nuées, assiège une nef rapide et la couvre tout entière d'écume, tandis que le vent frémit dans la voile et que les matelots sont épouvantés, parce que la mort est proche ; de même le cœur des Achéens se rompait dans leurs poitrines.
(Chant XVI)

Il est d'autant plus intéressant de voir que de nombreux personnages sont suivis par un qualificatif : Héra aux bras blancs, l'ingénieux Ulysse, Athéné aux yeux de chouette, Achille aux pieds agiles, Diomède le dompteur de chevaux, Hélène à la chevelure dorée... J'ai été donc charmée par l'écriture, en même temps que l'histoire. Pourtant, Dieu sait à quel point ce livre a exigé de moi une bonne dose de concentration et de patience, surtout quand Homère nous raconte la (longue) généalogie d'un personnage, et les combats sont nombreux aussi.


Ce qui est logique car l'Iliade, ça parle de la guerre et pas n'importe laquelle, la guerre de Troie, mais pas que ! L'Iliade ne se limite pas qu'à raconter des batailles, car c'est aussi une histoire de soldats et des codes d'honneurs de la guerre et des règles à respecter : par exemple, quand un soldat en tue un autre, il prend son armure et ses armes comme trophées, mais il laisse le corps tranquille pour permettre aux camarades du défunt d'emporter le corps pour lui réserver les funérailles qu'il mérite car le respect aux morts et les funérailles sont très important dans le monde grec. Ne serait-ce que pour permettre au défunt d'entrer en un seul morceau dans le monde des morts, mais aussi parce que les Grecs organisent des fêtes, des jeux et des banquets en l'honneur du défunt [ exemple des funérailles de Patrocle ], mais le deuil est aussi assez spectaculaire : on s'arrache les cheveux, on pleure, on hurle, on se tape la poitrine... comme cela se faisait dans l'Antiquité grecque. Ce livre, c'est donc un moyen de comprendre un peu les mœurs du monde grec, même si ici c'est à la guerre et dans la mort, et aussi un peu la religion car les divinités sont omniprésentes et que les hommes les respectent et les craignent et font de nombreux sacrifices et offrandes. C'est donc aussi une histoire d'hommes (et femmes aussi) qui aiment et qui souffrent à cause de la guerre, qui sont confrontés à la perte d'un être cher [ Achille vis à vis de Patrocle, Priam et Andromaque pour Hector... ] Une véritable épopée tragique dans laquelle la destinée des hommes est tracée dès le début...

En résumé : Il m'a fallu beaucoup de patience et de concentration pour avancer dans cette épopée et l'apprécier, cette histoire s'est révélée être une véritable épopée tragique mais intéressante, avec des personnages et des héros hors du commun, qui aiment, qui combattent, qui souffrent. L'écriture d'Homère est très imagée et très appréciable, et nous permet, à travers son histoire, de nous révéler un peu du monde grec. Après, j'essaierai de voir vers quelle oeuvre me tourner pour lire la fin de la guerre de Troie, ainsi que l'épisode du cheval. Je terminerais mon avis avec cette citation que j'ai trouvé et qui, je trouve, résume bien l'oeuvre : "Pour vaincre à la guerre, il faut savoir tuer. Quant aux dieux, qu’ils prennent plutôt pitié des hommes et les laissent vivre en paix."

Extrait :

[...] La noire nuée de la douleur enveloppa Achille, et il saisit de ses deux mains la poussière du foyer et la répandit sur sa tête, et il en souilla sa belle face ; et la noire poussière souilla sa tunique nektaréenne ; et, lui même, étendu tout entier dans la poussière, gisait, et des deux mains arrachait sa chevelure. Et les femmes, que lui et Patrocle avaient prises, hurlaient violemment, affligées dans leur cœur ; et toutes, hors des tentes, entouraient le belliqueux Achille, et elles se frappaient la poitrine, et leurs genoux étaient rompus. Antiloche aussi gémissait, répandant des larmes, et tenait les mains d'Achille qui sanglotait dans son noble cœur.
Et le Nestôride craignait qu'il se tranchât la gorge avec l'airain.

Chant XVIII.


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vendredi 13 juin 2014

La Grèce ancienne : La vie privée des hommes - Pierre Miquel.

Comment vivaient les habitants de ce pays montagneux et morcelé ? Quelles ont été leurs croyances ? En quoi leur civilisation a-t-elle marqué aussi fortement le monde occidental ? Plongez dans la vie de vos ancêtres grâce à de superbes reconstitutions historiques illustrées et découvrez tous les détails de leur quotidien.

Collection dirigée par Pierre Miquel, professeur émérite de la Sorbonne.





Seconde contribution au challenge « Grèce Antique », cette fois-ci avec un petit livre documentaire. La quatrième de couverture annonce « À partir de huit ans », cependant je ne pense pas qu'il faille s'arrêter à l'âge et penser que c'est un livre éducatif pour enfants car je pense que n'importe qui, peu importe son âge, peut apprendre des choses intéressantes dans ce bouquin.

Quand on entend « Histoire », en général on a tendance à penser à une série d'événements et de dates, mais ce n'est pas que ça. Les auteurs prennent comme cadre l'aspect social de la Grèce antique, et se rapproche plus du côté des hommes, des coutumes, des mœurs, et d’événements plus sociaux comme les différents métiers, la vie à la ville, le mariage, la religion, etc, au temps de la Grèce antique, ce que je trouve intéressant à exploiter. Plus que les événements historiques, j'aime apprendre comment vivaient hommes, femmes et enfants à cette période, les vêtements qu'ils portaient, comment s'éduquaient-ils, comment se déroulaient les pratiques matrimoniales ou religieuses, la vie à la ville, leurs divertissements, ce qu'ils cultivaient, et si l'on s'est inspiré de certaines choses au fil des siècles.


Image représentant la préparation d'un sacrifice pour
une cérémonie religieuse.


Et c'est très intéressant à feuilleter ! Dans de courts chapitres joliment illustrés, les auteurs abordent sept différents thèmes. Le premier chapitre est consacré à un exemple en particulier, celui d'Athènes. Ils nous exposent la vie à Athènes : Athènes telle qu'elle était au Ve siècle av JC. Avant d'être la belle et grande Athènes qui attira penseurs et artistes, Athènes était un espace réduit composé d'une population nombreuse qui s'entassait dans des maisons, qui n'avaient pas forcément toutes des fenêtres. La ville était mal alimentée en eau, les Athéniens se lavaient dans des bains publics. Les rues sont sales et tortueuses, les routes étroites, les détritus jetés dans les caniveaux et ramassés après par des esclaves mais mouches, rats et puces sont tout de même au rendez-vous.



Gravure d'un hoplite,
nom du soldat grec
Du côté des habitants, les plus riches donnent des banquets pour montrer leur prestige, leurs richesses, ils ornent leurs murs de mosaïques. La vie de la famille est placée sous l'autorité du père et suit des rites et des traditions, les enfants gardent leurs cheveux longs jusqu'à l'adolescence. Avant son mariage, la jeune fille abandonne aux dieux des objets de son enfance. Quand un enfant naît, la nourrice ou le père porte le nouveau-né autour du foyer afin de signifier qu'il est reconnu parmi les siens. Si c'est un garçon, on suspend une couronne d'olivier et une touffe de laine si c'est une fille. Les auteurs nous parlent aussi des Athéniens en tant que citoyens, et de la démocratie athénienne, soit un gouvernement du peuple par le peuple, une assemblée de citoyens nommée l'ecclésia, des magistrats composés d'archontes (pour les fonctions civiles) et les stratèges (qui commandent l'armée et la flotte). Dès son plus jeune âge, l'Athénien est initié à la vie civile et politique de la cité. Un citoyen qui ne prend pas part à cela est considéré comme inutile. 

Le second chapitre est consacré aux différents métiers : les marchands, qui font commerce à l'agora qui est le centre de la vie sociale, et y proposent leurs produits : la céramique, très prisée, les paysans proposent vin, huile, fromage, céréales, l'alimentation habituelle. La viande est rare et donc chère, mais le poisson est abondant et fort prisé des Athéniens, car les Grecs sont avant tout un peuple de la mer. Les artistes, très sollicités pour des temples, sanctuaires, monuments, des écoles d'art permettent de former peintres et sculpteurs mais l'éducation est pour tout citoyen d'Athènes. Son éducation commence à sept ans et s'achève à ses 18 ans : il doit apprendre à lire, écrire, compter, la musique et le chant, pratiquer plusieurs activités physiques. Ce sont généralement des esclaves ou des pédagogues qui font la classe mais des philosophes vont parfois de ville en ville partager leur savoir et enseigner. Le troisième chapitre nous parle de divinités et des différentes cérémonies religieuses comme les célèbres Panathénées en hommage à Athéna, déesse protectrice de la cité. Dionysos est aussi vénéré et on déroule en son honneur de grands concours de poésie, de tragédie, de comédie mais les autres dieux étaient également fêtés à Athènes, de sorte qu'il y avait des cérémonies toute l'année, les Athéniens cultivant aussi la passion du jeu et des loisirs : théâtre, équilibristes, jongleurs, musiciens, marionnettiste, chasse... les Athéniens ne manquaient pas de divertissement ! Les plus célèbres étant le théâtre, et les jeux du stade où tous les sales coups étaient permis !


(désolée pour la mauvaise qualité de l'image)
Les archers scythes tenaient des cordes, enduites de peinture rouge, près de l'Agora, lors de la réunion où les citoyens traitent des affaires de la cité. Le citoyen en retard devait enjamber cette corde et avoir des traces sur les vêtements, pour signaler les retardataires qui étaient alors obligés de payer une amende.



Le chapitre suivant parle, en quelques pages, des différentes ressources du Grec : ressources de la mer, ressources agricoles (souvent pauvre, la Grèce étant un pays essentiellement montagneux, il était difficile d'avoir des terrains agricoles), les ressources des mines, puis la monnaie. On passe ensuite au chapitre consacré à la guerre et cette fois-ci, les auteurs se penchent sur Sparte, réputée cité guerrière et très exigeante. Les jeunes Spartiates mobilisés subissent, de 18 à 20 ans, une formation intensive avant d'être incorporé dans l'armée où ils restent jusqu'à 30 ans. Les Athéniens subissent eux-aussi un entraînement poussés, même si la force d'Athènes est davantage sa flotte et le commerce. On en apprend aussi, dans ce chapitre, les différentes techniques militaires, l'équipement, les différents grades dans l'armée, le déroulement d'une bataille, le tout joliment illustré. Un dernier chapitre est consacré à l'Iliade et l'Odyssée d'Homère.

En résumé, un livre court mais intéressant, il ne faut pas s'arrêter à l'âge prescrit sur la quatrième de couverture car chacun, peu importe l'âge, peut y apprendre des choses intéressantes, surtout s'il s'intéresse à l'Antiquité grecque et, plus précisément, au côté plus "humain", davantage basé sur la société et la vie des individus de l'époque. Le tout joliment illustré et raconté de façon simple mais captivante.


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