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jeudi 30 janvier 2020

La Légende de Klaus.

Jesper, qui s'est distingué comme le pire élève de son école de facteurs, écope d'une mission sur une île enneigée, au nord du Cercle arctique. Là-bas, les habitants ne s'entendent pas et ne se parlent presque jamais. Autant dire qu'ils n'entretiennent pas non plus de correspondance ! 

Alors que Jesper est sur le point d'abandonner, il trouve une alliée en la personne d'Alva, l'institutrice de l'île, et fait la connaissance de Klaus, mystérieux menuisier qui vit seul dans son chalet regorgeant de jouets artisanaux.


La Légende de Klaus a fait entendre parler de lui le mois de sa sortie, se présentant comme un film d’animation sur noël et plus exactement le Père Noël. 

Ce n’est pourtant pas avec le Père Noël que nous commençons l’histoire, mais avec Jesper, postier à l’Académie postale royale. Gâté et paresseux, il se distingue comme le pire élève de l’académie. S’il était un simple postier, il aurait été aisé de le renvoyer ! Seulement, Jesper se révèle être le fils du directeur de l’Académie. Face à la paresse et la négligence de son fils, il décide de l’envoyer travailler comme facteur sur l’île gelée et reculée de Smeerensburg avec comme ultimatum d’affranchir 6 000 lettres en un an sinon il lui coupera les vivres. Désireux de retrouver son train de vie confortable, Jesper se rend compte que la tâche sera plus ardue qu’il ne pensait, car Smeerensburg est divisée entre deux familles rivales qui se détestent depuis des siècles et qui ont coupé les enfants de l’école pour que soit perpétuée la haine ancestrale. A quoi cela sert d’envoyer des lettres alors que la population passe son temps à se battre et que la plupart ne sait ni lire, ni écrire. Coincé sur une île misérable sans travail, Jesper est sur le point d’abandonner lorsqu’il rencontre Klaus, un vieil homme menuisier reclus dans les bois et que, suite à cette rencontre, un malentendu prend forme et se développe à Smeerensburg chez les enfants : si on écrit à Klaus, celui-ci leur offrira un jouet dans leur sommeil…


Cette histoire se présente comme un film de noël mais sans les clichés et stéréotypes que l’on peut trouver dans ce genre de film. L’idée d’un personnage égoïste/paresseux qui doit prouver sa valeur n’est pas inédite, mais la magie fonctionne très bien avec beaucoup de légèreté, de magie et de surprises. Ce n’est pas sur noël que le récit se concentre mais sur le personnage principal et les habitants de l’île. L’homme qu’il rencontre, Klaus, n’est pas le père Noël avec ses elfes et ses cadeaux mais un vieil homme vivant seul dans les bois. C’est un malentendu qui va amener Jesper à distribuer des jouets aux enfants, en échange d’une lettre à affranchir, tout comme ce sont des malentendus qui font croire aux enfants que c’est Klaus qui distribue les jouets, passe par la cheminée et utilise un traîneau volant, et qui choisit d’offrir du charbon aux enfants pas sages. Les bases qui font le Père Noël sont soit l’objet d’un malentendu ou l’œuvre de Jesper qui décide de collaborer avec Klaus.

C’est une jolie histoire, très drôle, très touchante. Elle fait ressentir la magie de noël sans que cela tombe dans les clichés, les paillettes et la guimauve. Ça fait chaud au cœur, ça fait sourire, ça émeut. J'ai souri, j'ai eu la larme à l’œil, je me suis sentie comme une enfant à l'approche de Noël. C'est un très bon film à voir à l'approche de Noël et entrer dans cette magie de Noël, c'est vraiment un film "feel good" sans niaiserie, juste de la magie ! 
J'ai été attirée par l'univers de ce film, qui part d'abord sur quelque chose de sombre et morne avec une île brumeuse et nuageuse pour passer petit à petit au féerique avec les lumières, la neige, ce qui illustre bien le changement qui s'opère à Smeerensburg avec ses habitants fermés et hostiles qui, contaminés par l'enthousiasme des enfants, s'ouvrent un peu plus les uns les autres. L'univers du film est d'autant plus sublimé par l'animation et les graphiques qui sont tout simplement sublimes. Chaque scène est un plaisir pour les yeux avec ses couleurs et ses jeux de lumière.



J'ai beaucoup aimé les personnages également, notamment Jesper. S'il n'apparaît pas comme sympathique au début du film, c'est un personnage qui va grandir tout au long de l'histoire et vraiment s'impliquer dans son travail. Ce qui était pour lui une mission pour quitter l'île au plus vite est devenue une mission pour redonner de la joie aux enfants et apaiser les conflits entre les habitants, en collaboration avec Klaus, et faire revivre l'île. Les enfants retournent à l'école, d'abord pour apprendre à écrire des lettres pour Klaus, et sympathisent entre eux, ce qui amènera les parents à en faire de même, bien qu'il y ait encore des fortes têtes qui ne veulent pas voir disparaître la haine ancestrale et faire partir Jesper. Pour en revenir à ce personnage, il est le cœur du film et il le porte très bien. Si Klaus est un personnage tout aussi important qui va entretenir une profonde amitié et complicité avec Jesper, ce dernier est le moteur de ce film car Klaus vivait en ermite dans les bois et Alva n'était qu'une ancienne institutrice désabusée qui avait perdu foi en sa vocation, et c'est à travers Jesper que ces personnages vont aussi évoluer. J'avoue aussi avoir aimé le personnage de Morgens, l'une des touches d'humour du film, qui prend plaisir à se moquer gentiment de Jesper.

Pour résumer : La Légende de Klaus est LE film de Noël de cet hiver. J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce film que je ne manquerai pas de revisionner avec plaisir !



Cold Winter Challenge

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La magie de Noël 
(Noël / Nouvel An / Avent)

dimanche 3 décembre 2017

Coco.

Fiche technique :

Réalisation : Lee Unkrich et Adrian Molina.
Scénario : Adrian Molina et Matthew Aldrich.
Société de production : Walt Disney Pictures, Pixar Animation Studios
Durée : 1h40
Sortie : 21 novembre 2017 (USA), 29 novembre 2017 (France)

Avec les voix de :

- VO : Anthony Gonzalez (Miguel), Gael Garcia Bernal (Hector), Benjamin Bratt (Ernesto de la Cruz), Alanna Ubach (Mama Imelda), Ana Ofelia Murguia (Mama Coco), etc.
- VF : Andrea Santamaria (Miguel), Ary Abittan (Hector), Bernard Gabay (Ernesto de la Cruz), Brigitte Virtudes (Mama Imelda), Evelyne Grandjean (Mama Coco), etc.



Synopsis :

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d'événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L'action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Mon avis :

Au départ, je n'étais pas emballée par ce film après visionnage de la bande-annonce, les avis enthousiasmes m'ont cependant fait changer d'avis et m'ont fait comprendre pourquoi le dernier Disney-Pixar est tant aimé par les critiques et les fans. Sans crier au chef d'oeuvre, Coco s'est révélé être une bonne surprise et un film très sympathique, mais aussi émouvant, à regarder. Mon avis est donc d'aller au-delà de la bande annonce car elle ne peut résumer, au risque de spoiler, tout ce que représente réellement le film car il s'agit plus qu'un film sur un petit garçon amoureux de la musique, mais empêché par la tradition familiale, et se retrouvant par inadvertance au royaume des morts.

Affiche teaser du film.
Les débuts de Coco n'ont pourtant pas été faciles, nombreux sont à avoir hurlé "appropriation culturelle" et "copier-coller de La Légende de Manolo", et il est vrai que ce fut un pari risqué de produire un film animé sur une tradition et fête religieuse célèbre au Mexique, pourtant les productions Disney et Pixar sont parvenus à reproduire fidèlement, sans dénaturer, le Mexique, ses traditions, son atmosphère et ses couleurs ; et si ce film présente quelques similitudes avec La Légende de Manolo (personnage aimant la musique mais pas sa famille, le contexte del Dia de los Muertos), les ressemblances s'arrêtent là, et Coco se présente comme un film avec une histoire différente.

Nous suivons le jeune Miguel, petit garçon Mexicain de 12 ans, vibrant pour la musique mais qui doit garder cette passion secrète, notamment auprès de sa famille qui, suite à une mauvaise expérience, a banni cet art il y a des décennies. Désintéressé par le métier de cordonnier, pratiqué depuis des générations par sa famille, Miguel ne rêve que de suivre les pas de son idole, Ernesto de la Cruz, musicien, chanteur et acteur de talent qui ne s'est arrêté à rien pour devenir quelqu'un. Cette passion pour la musique et son idole conduira Miguel par inadvertance au pays des morts lors du Jour des Morts, capable de voir les défunts venus rendre visite à leur famille. Profitant de cet incroyable coup du sort, Miguel se met en quête pour s'affranchir des traditions familiales et tracer son propre chemin...

Ce film nous fait voyager littéralement au Mexique et nous fait découvrir le pays et ses traditions jusqu'au plus petit détail : les décors avec par exemple les papel picado (ornements suspendus en papier coloré utilisés lors de célébrations), Flor de Muertos, les ofrendas laissées sur les autels pour les morts ; les personnages avec les musiciens Mariachi, Frida Kahlo qui nous apparaît lors de quelques scènes, même le chien Dante que vous pouvez voir sur l'affiche est un chien dit xoloitzcuintle, ou chien nu du Mexique, une race de chien très rare et ancienne originaire du Mexique qui, selon la légende, est supposé nous conduire dans le territoire des morts (et qui accompagne Miguel dans son aventure au territoire des morts ? Le chien). C'est un monde tout en couleur, on en prend plein les yeux, et notamment lors de notre découverte du royaume des morts : c'est vivant, coloré, musical, où les morts dont la mémoire est entretenue vivent une seconde vie. Mais il y a aussi les morts que l'on oublie, ceux qui ne peuvent se rendre auprès de leur famille encore en vie lors del Dia de los Muertos, et ceux qui sont voués à disparaître, nous présentant une dualité dans ce monde des esprits.

J'ai trouvé très intéressant que Disney et Pixar sortent des terrains battus pour se pencher sur une culture que nous Occidentaux ne connaissons peu sinon pas du tout. C'est dépaysant et vraiment très sympathique à découvrir, et cela ne s'arrête pas au niveau des graphismes, mais aussi du langage : ceux ayant étudié l'espagnol reconnaîtront quelques mots prononcés par les personnages (le dialogue n'est bien-sûr pas en espagnol, mais quelques mots espagnols se glissent par-ci par-là dans les paroles des personnages) et dans les chansons. La différence avec les autres Disney, c'est qu'aucun personnage ne chante pour expliquer un contexte ou sa situation (comme Ariel dans 'Partir là-bas', ou encore Raiponce dans 'Où est la vraie vie'), les chansons ici s'inscrivent dans un autre contexte : lors d'un concert, des membres de la famille chantant ensemble une mélodie familiale, ou lors d'une fête, et chaque chanson s'inscrit dans son univers, celui du Mexique. Il y a de très belles chansons, notamment La Llorona, Un Poco Loco ou Remember MeLe Mexique et ses traditions ont été très bien respectées ; bon après je ne suis ni une experte, ni d'origine Mexicaine mais je pense que Disney et Pixar s'en sont bien sortis, qu'ils ont fait du beau travail de recherche, allant même jusqu'à engager un dessinateur mexicain très critique.


Miguel devant l'autel de sa famille avec les ofrendas et flores de muertos.

Rien à redire au sujet de la bande-son et des graphismes, visuellement c'est super, on nous en met plein la vue et ça nous fait surtout penser à la mort sous un autre aspect ! Même si ce fut intéressant de voir abordé le sujet des morts dont le souvenir parmi les vivants commence à faiblir jusqu'à s'éteindre définitivement, et les morts qui n'ont pas leur photo sur des autels pour les ofrendas, et ce qu'il advient de ces morts. Mais sinon, au sujet de l'histoire ? Le thème passion du héros non approuvée par les membres de sa famille, ça n'a rien de nouveau et ici c'est assez exagéré 

[spoiler]

Genre, un membre de la famille ne veut plus entendre parler de musique depuis qu'un musicien de la famille est parti loin de la famille sans revenir... et tous les membres, même des générations suivantes, suivent le mouvement, sans avoir eu eux-mêmes de mauvaises expériences avec la musique ?? ça apporte certes des moments comiques que j'ai moi-même apprécié, surtout au travers du personnage d'Abuelita, mais il faut avouer que ça reste un peu exagéré surtout que ; outre le "dédain" pour la musique et leur respect des traditions, la plupart des membres de la famille de Miguel ne se démarquent pas trop...


 [/spoiler]

Sinon, c'est un beau film sur le thème des traditions et de l'importance de la famille sans pour autant dénigrer l'importance d'avoir une passion et de s'y consacrer, car ce film c'est aussi une histoire d'amour sur la musique, aussi bien que sur l'importance de chérir la mémoire de nos ancêtre, d'aimer nos proches. Pour parler rapidement de nos protagonistes, ils sont réussis dans l'ensemble. Si Miguel n'est pas, pour moi, le plus inoubliable, il reste sympathique à suivre et à découvrir. C'est un jeune garçon plein de courage et de détermination, créatif et passionné de musique, mais aussi très attaché à sa famille. Hector, qui le guidera au travers du royaume des morts, s'est révélé être une figure très attachante et sympathique, et bien plus qu'un comic relief avec un vécu le rendant tragique et attachant. Je parlerais bien des autres personnages, mais ce serait spoiler le film.

L'histoire est intéressante dans l'ensemble et aborde des thèmes à la fois universels et personnels, plus matures, comme la mémoire, la transmission des valeurs, la mort, la généalogie, l'importance de nourrir sa passion et de tracer son propre chemin sans pour autant dénigrer ce qui est important. Il y a du rose dans cette odyssée mais aussi du gris, voire même du noir, même si j'ai fini par deviner certains plot twists [spoiler] Pour être honnête, je m'y attendais dès le départ qu'Ernesto ne serait pas tout blanc et cacherait une part plus sombre sous les paillettes et la célébrité ; puis c'est progressivement que j'ai fini par me rendre compte qu'en fait, l'ancêtre de Miguel n'est pas Ernesto comme on le croyait... mais Hector. Comme quoi, on croyait qu'Ernesto comme ancêtre de Miguel était le plot twist, mais en fait non ! [/spoiler], l'histoire ne manque pas de qualité, et ne s'adresse pas qu'aux plus jeunes mais à tous... En somme, une belle découverte !


Manolo (Book of Life / Légende de Manolo) et Miguel.
(Source)

vendredi 15 mai 2015

La légende de Manolo.

La Légende de Manolo / The Book of Life,

Réalisé par Jorge R. Gutierrez
1h35min
Sorti en 2014.


Avec les voix de :

- VO : Diego Luna (Manolo), Zoe Saldana (Maria), Channing Tatum (Joaquin), Kate del Castillo (La Muerte), Ron Perlman (Xibalba), etc.
- VF : Benjamin Pascal (Manolo), Ingrid Donnadieu (Maria), Emmanuelle Rivière (La Muerte), Philippe Dumond (Xibalba), ??? (Joaquin), etc.

Emprunt médiathèque.


Synopsis :

Le jeune Manolo est tiraillé entre les attentes de sa famille et ce vers quoi son cœur le porte. Il embarque pour une incroyable aventure, qui le conduit dans trois mondes fantastiques, où il lui faudra affronter ses plus grandes peurs.

Mon avis :

Ce film me faisait de l’œil depuis un moment, sans que j'ai eu la chance d'aller le voir au cinéma. Heureusement, Dieu inventa les médiathèques où j'ai pu avoir la surprise de le trouver et donc de pouvoir l'emprunter et de le visionner fissa. Alors, verdict ?

Un petit résumé du film tout d'abord, parce que le synopsis ne résume pas tout à fait le film. Une jolie employée de musée raconte à des écoliers plutôt farceurs et turbulents l'histoire de trois amis qui ont vécu il y a des années à San Angel, une ville du Mexique, que l'on dit être le centre du monde. Trois amis inséparables : Manolo, Maria et Joaquin. Les deux garçons, très amoureux de Maria, se jurent de la conquérir mais les amis se retrouvent vite séparés dès leur enfance alors qu'une énième bêtise de Maria – militante pour la cause animale – force son père à l'envoyer dans un couvent en Espagne. Alors que Maria est éduquée en Espagne, Joaquin s'entraîne pour devenir le général qui pourra défendre San Angel des malfrats tandis que Manolo s'entraîne pour devenir matador, alors qu'il cache à son père son désir de devenir musicien. Puis un beau jour, Maria revient et cela donne l'occasion aux garçons, devenus des jeunes hommes, de tout faire pour la conquérir. Mais La Muerte et Xibalba veillent car ils ont fait un pari pour savoir quel garçon va remporter le cœur de Maria...



La Muerte (La Mort en espagnol)
Jusqu'ici, ça ressemble à une histoire de triangle amoureux et ça en est une, sans que ce triangle accapare tout le film. La Légende de Manolo, ce n'est pas QUE de savoir QUI va conquérir le cœur de Maria, c'est diverses choses à la fois. Car, au travers du triangle amoureux, le film fait passer un message sur des valeurs telles que l'importance de la famille, de l'amitié, du comportement social, l'acceptation de soi, le droit de mener sa vie tel qu'on l'entend, etc. C'est Manolo qui doit faire un choix entre être lui-même ou devenir ce que sa famille souhaite qu'il soit, et sa famille de le renier ou d'apprendre à l'accepter tel qu'il est, c'est Joaquin qui doit apprendre à ce qui est important entre posséder une force surnaturelle et ses deux amis et posséder, c'est l'histoire d'une amitié qui doit survivre plusieurs épreuves.


Les personnages sont bien travaillés, modernes, sympathiques, touchants, surtout les trois personnages principaux : Manolo, un brun à la bouille d'ange, musicien de talent, pacifiste; Maria, jolie brune avec un cœur d'or, un caractère trempé, un peu turbulente, féministe avant l'heure, loin d'être potiche entre ses deux prétendants ; et enfin Joaquin, orphelin, roux, ne rêve que de gloire, parle beaucoup de ses conquêtes, cherche à marcher sur les pas de son père et devenir un général fort et respecté qui protège la ville. Tous trois sont touchants dans leur amitié, différents et pourtant similaires parce qu'ils font face au même problème : les attentes qu'ont les autres envers eux. Manolo doit devenir le plus grand matador du pays, comme ses ancêtres, mais c'est un pacifiste qui ne veut aucun mal aux animaux et préfère se consacrer à sa passion, la musique ; Joaquin veut devenir le meilleur soldat possible comme son père avant lui ; enfin, Maria se doit de faire le meilleur choix possible concernant l'homme qu'elle veut épouser, en choisissant de suivre ses sentiments ou l'avis de son père... et de la ville entière !

Les autres personnages ne sont pas en reste, notamment les Sanchez (la famille de Manolo donc, les vivants comme les défunts), ainsi que La Muerte (soit La Mort en espagnol) une jolie brune vêtue d'une robe rouge et de bougies, qui est faite en sucre candy ; ainsi que Xibalba, fait de toutes les matières écœurantes de ce monde. Au début du film, on est amené à connaître notre trio, leur caractère, leurs rêves, leur séparation puis le pari entre La Muerte et Xibalba et pour quelle raison ils font ce pari. J'ai trouvé l'idée d'une confrontation entre ces deux déités mexicaines et les trois personnages héros du film très intéressante et amène des situations bien trouvées ainsi des scènes d'émotions clairement intenses autour de la mort, thème principal du film.

Je trouve ce dessin-animé moderne et à la fois original. Moderne par les thèmes que l'on peut retrouver (acceptation de soi, Maria un peu féministe sur les bords et assez militante pour la cause animale), original par le fait que le « méchant » de l'histoire EST bien l'antagoniste mais ce n'est pas le genre de méchant pourri jusqu'aux os [spoilers] il reste l'époux de La Muerte et il se rachète pour elle parce qu'ils s'aiment [/spoilers], que si ça ne fait aucun de doute quant au garçon que Maria choisit à la fin, l'autre garçon ne devient pas méchant/amer/possessif, les trois restent de très proches amis. Bref, ce sont des valeurs qui sont intéressantes à transmettre aux plus jeunes.


Les trois mousquetaires Maria, Joaquin et Manolo.


C'est aussi original par le cadre = c'est assez rare de trouver des dessins-animés se situant au Mexique ou dans un pays hispanique mais ce film nous offre un aperçu de la culture mexicaine, ce que je trouve assez exotique. Ainsi, nous découvrons des éléments de cette culture comme le jour des morts (loin de la Toussaint, c'est très coloré, les tombes éclairées et joliment décorées avec des fleurs, des bougies, du pain, le tout pour honorer les morts de sa famille afin de ne pas les oublier), les différents royaumes des morts = Le Royaume des Âmes Chéries, dirigé par La Muerte, un monde où tout n'est que fête et explosion de couleurs, où reposent les défunts honorés par leur famille ; et le Royaume des Âmes Oubliées, où les défunts dont personne ne se souvient sont condamnés à errer et disparaître, assez sombre, macabre, et qui est régit par Xibalba. Par amour pour Maria, Manolo voyagera à travers ces deux royaumes et y rencontrera de nombreuses personnes de sa famille qui l'aideront dans sa quête. On retrouve aussi divers éléments de cette culture : la corrida (rassurez-vous, ça finit bien pour le taureau), les torero, la musique, etc.

L'originalité passe aussi dans le design, les dessins, qui rappellent un peu le style de Tim Burton qu'on retrouve dans Les Noces Funèbres ou encore L'étrange Noël de Monsieur Jack, notamment pour le design des personnages défunts : squelettes habillés, avec des motifs sur leurs os. L'ambiance du royaume des morts, très coloré et animé, rappellera aussi l'au-delà représenté dans Les Noces Funèbres. J'ai trouvé les graphiques et dessins bien faits et plutôt original par rapport à ce qu'on voit d'habitude dans les films d'animation.

En bref : Un film d'animation réussi avec une belle histoire, un univers bien construit, intéressant et exotique, des personnages sympathiques et touchants, ainsi que des musiques non niaises et agréables et un style graphique unique. Je recommande !


La Muerte et Xibalba.

dimanche 20 avril 2014

Un monstre à Paris.

Un monstre à Paris
Réalisé par Bibo Bergeron
82 min/1h30min
Sorti en 2011.



Avec les voix de : Vanessa Paradis (Lucille), M (Francoeur), Gad Elmaleh (Raoul), Sébastien Desjours (Emile), Ludivine Sagnier (Maud), François Cluzet (préfet Maynott), Philippe Peythieu (Narrateur/Inspecteur Paté)









Synopsis :

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable... Et si la meilleure cachette était sous les feux de "L'Oiseau Rare", un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Mon avis :

Un film vu par curiosité et parce que j'avais été séduite par les graphismes et que je ne demandais pas mieux qu'une petite virée dans le Paris du début XXe siècle.

Le film se présentait (du moins, dans la description) comme un remake du Fantôme de l'opéra, si cette histoire peut en effet présenter quelques similitudes avec la célèbre histoire de Gaston Leroux, souvent romancée avec un Erik devenu souvent par miracle séduisant, ne serait-ce que par la présence d'une belle chanteuse et d'un individu à l'aspect monstrueux qui se découvrent et s'entendent pas le biais de la chanson, les ressemblances s'arrêtent là. D'une part, nous sommes dans le Paris du début XXe siècle, en 1910 pour être exacte, nous sommes en plein Paris dont une partie est victime de la crue de la Seine (événement qui s'est bel et bien produit) et plus exactement à Montmartre. Une jeune chanteuse fait la renommée d'un petit cabaret bien sympathique, une visite d'un timide projectionniste et de son exubérant ami dans une serre du Jardin des Plantes en plein cœur de la nuit tourne à la catastrophe, et le préfet de Paris, qui se soucie davantage de ses propres ambitions que du bien être des Parisiens, cherche à grimper les échelons et à remporter les élections.


J'ai regardé ce film en ayant d'abord en tête que cette histoire était un remake du Fantôme de l'opéra, autant dire que j'étais déconcertée au début et que je ne voyais pas venir le sujet du fameux « Fantôme » et comment ce sujet allait être abordé car les choses s'installent à leur rythme, on entre doucement et sûrement dans l'histoire avant d'entrer dans le vif du sujet et qu'après, tout s'accélère, ce qui est un peu dommage. Visuellement, le film est beau. J'ai loin d'avoir eu la « claque visuelle » mais j'ai aimé le décors, les dessins, j'ai été séduite par l'ambiance de l'ancien Paris qui est plein de charme. Les musiques sont également très jolies. Je connaissais déjà la chanson La Seine de Vanessa Paradis et de M avant de découvrir ce film, mais les autres – bien que peu nombreuses (on est très loin de Frozen/La Reine des Neiges sur ce coup-là !) - sont cependant jolies. Les voix de M et de Vanessa Paradis se mêlent harmonieusement et, découvrant la voix de M via ce film, j'ai bien apprécié sa voix, très douce, très belle.

Mis à part l'antagoniste, le préfet Maynott, fourbe, ambitieux et hypocrite, les personnages sont assez attachants, en particulier l'exubérant Raoul, livreur à Paris avec son véhicule baptisé Catherine, exubérant, taquin mais bien sympathique. Émile, le timide et gentil projectionniste qui en pince pour la caissière du cinéma, et qui a parfois du mal à gérer Raoul tant les tempéraments sont différents. Lucille, la chanteuse de talent, avec un caractère bien trempé, qui n'hésite par à balancer des piques à Raoul, son ami d'enfance, sans oublier Francoeur, le « monstre » de Paris. J'avoue avoir été surprise d'apprendre ce qu'il était vraiment mais pour un monstre, il est attachant, fragile, sensible, il a bien du mal à se faire à notre société, mais il a une jolie voix, et le goût pour la musique ! Il a trouvé en Lucille une amie loyale et un bon compagnon de chant.

L'histoire en elle-même se laisse suivre et regarder, c'est loin d'être quelque chose de extra-supra-fantastique ou d'original, mais elle reste sympathique, j'ai pris plaisir à la suivre. Cependant, j'aurais préféré plus de profondeur dans les liens et l'histoire entre Lucille et Francoeur, j'ai l'impression qu'ils n'avaient pas assez de scènes pour leur faire justice. Ça reste quand même une belle histoire et j'ai aimé suivre les différents personnages, même le pauvre flic qui – au final – ne savait plus que faire du préfet Maynott, qui avait un côté assez comique au fond. J'ai aimé ce charme français qui se dégage de ce film d'animation. Ce n'est certes pas un film exceptionnel mais c'est un petit bijou agréable à regarder et une bonne production française (il faut bien être chauvin parfois...). Bref, le rythme est parfois un peu lent et l'histoire manque d'originalité mais le film se rattrape par ses beaux graphismes, sa bande-son, ses personnages.

Lucille et Francoeur.

vendredi 28 février 2014

Mon voisin Totoro.

Mon voisin Totoro/My neighbor Totoro,
Réalisé par Hayao Miyazaki
1h26min
Sorti en 1998 (Japon) / 1999 (France)


Avec les voix de :

- VO : Noriko Hidaka (Satsuki), Chika Sakamoto (Mei), Shigesato Itoi (Tatsuo, le père), Hitoshi Takagi (Totoro et le chat-bus), Tanie Kitabayashi (Grand-mère), Toshiyuki Amagasa (Kanta)...

- VF : Mélanie Laurent (Satsuki), Marie-Charlotte Leclaire (Mei), Thierry Ragueneau (le père), Colette Venhard (Grand-mère), Donald Reignoux (Kanta)...




Synopsis :

Deux petites filles viennent s'installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l'hôpital ou séjourne leur mère. Elles vont découvrir l'existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les totoros. Le totoro est une créature rare et fascinante, un esprit de la forêt. Il se nourrit de glands et de noix. Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques. Il peut voler et est invisible aux yeux des humains.


Mon avis :

Depuis Le château ambulant, j'ai vu trois autres films de Miyazaki, celui-ci est le plus récent que j'ai visionné. Je crois que vous allez bouffer du Miyazaki sur ce blog...

Dernière découverte en date donc, je choisi les films en fonction de mon intérêt par rapport à la lecture du synopsis et éventuellement la découverte de quelques extraits. Je connaissais déjà le personnage de Totoro sans jamais avoir vu le film, à présent que c'est chose faite, je peux d'ores et déjà dire que le film est à l'image même de Totoro : simple mais mignon. C'est ainsi que j'ai trouvé le film, mignon, irrésistible, adorable, avec un scénario simple : pas de tragédie, pas d'histoire complexe, juste un père de famille qui part s'installer dans la campagne japonaise avec ses deux petites filles, Mei et Satsuki, pour mieux se rapprocher de l'hôpital dans lequel sa femme est en convalescence. Dans cette jolie campagne paisible, les filles feront la rencontre de trois créatures peu ordinaires : les Totoros.

Le scénario est vraiment simple et l'histoire ne va pas au-delà des interactions des filles avec les Totoros, en ajoutant à cela quelques moments en famille. Autant dire qu'il n'y a pas vraiment d'histoire, le scénario est assez simplet mais je suis retournée dans mon enfance. Le film a très bien su retranscrire l'enfance dans son essence simple et les enfants et leurs réactions, leur façon de vivre. Mei et Satsuki représentent l'enfance à l'état pur, elles sont innocentes, gentilles, adorables, elles se disputent comme des sœurs à la manière des enfants tout comme elles ont leurs moments de complicité et d'entente. Ce film retranscrit très bien cela, et les réactions que peuvent avoir les enfants face à des situations qu'ils ne peuvent pas comprendre ou réagir de la même façon qu'un adulte, comme la maladie de leur mère. Mais cette histoire est mignonne. Les décors, fidèles à Miyazaki, sont d'une simplicité mais aussi beaux dans cette simplicité. J'ai beaucoup aimé les graphismes, surtout concernant la campagne japonaise avec les champs, les cours d'eau, la forêt avec l'immense arbre des Totoros. C'est une nature très belle mais simple, on a envie de tremper ses pieds dans l'eau, courir dans les bois avec l'ombre des feuilles sur la peau, cueillir des fleurs, grimper dans les arbres, le tout sous un magnifique ciel ensoleillé.



Outre la nature, Mei et Satsuki découvriront, grâce à Totoro, un monde qui - sans quitter le cadre de la campagne japonaise - suscite le rêve et l'émerveillement, il y a une certaine magie qui émane de Totoro, notamment quand il se rend "maître" de la nature ou qu'il fait appel au Chat-Bus. Outre cet étrange Chat-Bus, nous avons les noiraudes que les deux sœurs rencontrent souvent en partant explorer leur nouvelle maison de campagne, une maison japonaise traditionnelle, ces noiraudes sont des espèces de boules de suie humanoïdes timides ou bien alors facilement apeurée, ainsi que deux autres Totoro, le Totoro à l'affiche est le plus grand soit le O-Totoro. Il est parfois accompagné de Chu-Totoro (un Totoro de taille moyenne, bleu et blanc) et Chibi-Totoro (le plus petit Totoro, de couleur blanche mais qui peut se rendre invisible s'il le souhaite), je regrette d'ailleurs un peu que ces deux derniers n'apparaissent pas aussi souvent que le O-Totoro, il aurait été intéressant de voir comment ils auraient été exploités, ce qu'ils auraient pu apporter au film.

Cependant, j'ai beaucoup aimé les scènes avec le grand Totoro, ces créatures ne parlent pas vraiment, hormis une espèce de cri, mais ce sont des créatures adorables, serviables, des espèces d'esprit de la forêt, sensible aux enfants, et très amusante, il suffit de voir la scène où, Satsuki ayant prêté son parapluie à Totoro une nuit de grande averse, sous les arbres de la forêt, Totoro soit interloqué par le bruit des gouttes tombant sur le parapluie et qu'il aime tellement ces bruits qu'il fait un grand bond pour recevoir sur son parapluie toute l'eau de pluie des arbres et feuilles et qu'il soit aux anges en attendant le bruit de toute l'eau sur son parapluie. D'ailleurs, voici une image de cette scène :


Totoro n'ayant qu'une feuille pour se protéger, Satsuki va lui prêter son parapluie
pour qu'il puisse se protéger de la pluie.


Ce sont des grosses boules de poils très expressives, surtout au niveau du sourire et surtout concernant le grand Totoro, des gardiens bienveillants de la forêt non mis en danger par l'homme car seules les deux petites filles font sa connaissance (je me demande même s'il n'y a que les enfants qui ont la capacité de les voir, avec leur cœur innocent), des créatures inoffensives qui dorment le jour et voyagent en Chat-Bus. On peut reprocher à ce film la simplicité, sinon le manque d'histoire, mais ce film dans toute sa simplicité est attachant par ses personnages, et magnifique par son graphisme et sa musique, c'est comme une douce et amusante fable à raconter pour petits et grands... et qui plaira aisément aux plus jeunes. Une jolie histoire sur l'enfance, la beauté de la nature et son rapport avec l'homme, avec des moments touchants en famille ou avec les Totoros. Un joli film que je revisionnerai sans aucun doute un jour !


Totoro et le Chat-Bus (avec Satsuki portant Mei sur son dos, sur le côté)

samedi 22 février 2014

Le Château Ambulant.

Le château ambulant/Howl's Moving Castle,
Réalisé par Hayao Miyazaki
1h59min
Sorti en 2004 (Japon) / 2005 (France)


Avec les voix de :

- VO : Chieko Baisho (Sophie), Takuya Kimura (Hauru), Akihiro Miwa (la sorcière des Landes), Tatsuya Gashuin (Calcifer), Ryunosuke Kamiki (Marco)...

- VF : Frédérique Cantrel et Laura Préjean (Sophie), Rémi Bichet (Hauru), Catherine Sola (la sorcière des Landes), Thierry Leroux (Calcifer), Simon Koukissa (Marco)...


Synopsis :

La jeune Sophie, âgée de 18 ans, travaille sans relâche dans la boutique de chapelier que tenait son père avant de mourir. Lors de l'une de ses rares sorties en ville, elle fait la connaissance de Hauru le Magicien. Celui-ci est extrêmement séduisant, mais n'a pas beaucoup de caractère... Se méprenant sur leur relation, une sorcière jette un épouvantable sort sur Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans. Accablée, Sophie s'enfuit et erre dans les terres désolées. Par hasard, elle pénètre dans le Château Ambulant de Hauru et, cachant sa véritable identité, s'y fait engager comme femme de ménage. Cette " vieille dame " aussi mystérieuse que dynamique va bientôt redonner une nouvelle vie à l'ancienne demeure. Plus énergique que jamais, Sophie accomplit des miracles. Quel fabuleux destin l'attend ? Et si son histoire avec Hauru n'en était qu'à son véritable commencement ?

Mon avis :

Inutile que je résume l'histoire, le synopsis le fait très (trop) bien à ma place, il est même un peu trop révélateur à mon goût, ça ne laisse pas beaucoup de suspense à découvrir pour le début du film, néanmoins ça faisait déjà un petit moment que j'avais envie de découvrir les productions d'Hayao Miyazaki, ce fameux producteur japonais qui a réalisé quelques perles, dit-on...


Ce film d'animation apporte son lot de personnages, tous attachants, pas forcément marquants, mais attachants, même le simple épouvantail mouvant baptisé Navet par Sophie. Nous avons bien-sûr Sophie, pas trop niaise, adorable, serviable, patiente, douce, elle ne sombre jamais face à l'adversité, je trouve même qu'elle ne se désespère pas vraiment lorsqu'elle est sous l'emprise du sortilège de la sorcière des Landes. Certes, elle est surprise, choquée et effrayée au début, et va jusqu'à fuir le foyer familial, de peur d'être surprise sous cette apparence par les membres de sa famille mais après cela, elle semble plutôt bien s'accommoder de sa nouvelle apparence, ne se plaint pas trop et ne se pousse pas trop pour remédier à sa situation, du moins c'est comme ça que je l'ai senti. J'ai été un peu surprise et déçue de ce côté-là, j'aurais cru que Sophie, qui passe de 18 à 90 ans, ait plus de mal à s'accommoder à son corps devenu plus vieux, plus fragile, et que par conséquent ses mouvements seraient plus lents et douloureux, mais ce genre de scènes sont rares, voire inexistantes.


Sophie et monsieur Navet.

Néanmoins, qu'elle ait 18 ou 90 ans, Sophie reste un personnage plutôt plaisant à suivre. Après elle vient ensuite le magicien Hauru, qui change parfois d'apparence, qui paraît un peu narcissique au début (allant jusqu'à clamer : à quoi beau vivre si l'on est pas beau ?), manquant même de caractère sous son charisme, se révélant même un peu lâche. Bref, il se révèle assez vaniteux et immature au départ, mais on le connaîtra sous un nouveau jour au fur et à mesure du film. Au contact de Sophie, il apprendra peu à peu à changer et se révélera un homme courageux et avec d'honnêtes intentions au fur et à mesure qu'on apprend à mieux le connaître. D'autres personnages sont présents, comme Calcifer, qui est le feu parlant et possédant des yeux, qui nourrit le Château Ambulant d'Hauru, et qui lui permet de fonctionner. Calcifer paraît un peu farouche, mais c'est juste quelqu'un qui aime jouer les gros durs sans en être un ; sans oublier le petit Marco, le jeune apprenti d'Hauru pour qui Sophie se prend d'affection, affection réciproque d'ailleurs. J'ai beaucoup aimé cette espère de petite famille qu'ils formaient tous au château ambulant.



Hauru et Sophie.
Le château est d'ailleurs un autre élément qui a attiré mon attention. Il n'a rien d'un château tel qu'on se l'imagine, un château d'aspect médiévale ou plus moderne comme celui de Versailles. C'est une espèce de grande demeure qui se déplace avec des pattes d'acier et qui possède plusieurs cheminées, et qui peut changer d'apparence. Hauru ayant même fait changer le château niveau intérieur pour qu'elle ressemble plus à une maison conviviale, rien que pour Sophie. Ce château possède aussi une porte d'entrée qui, avec un système mécanique plutôt simple mais que j'aurais du mal à expliquer avec mes mots, donne accès à divers endroits si on actionne une manette. C'est une demeure originale, assez loufoque, mais qui présente un aspect assez convivial et Sophie ne met pas beaucoup de temps pour s'habituer au château et ses habitants. L'univers dans lequel prend place l'histoire est aussi particulier. Ce n'est pas dans notre monde, c'est certain. On a affaire à une espèce de mélange entre Jules Verne et l'ère victorienne. Au niveau des habitations et des vêtements, nous sommes dans le passé mais la présence de magiciens et d'une guerre impliquant des magiciens place cette histoire dans un univers imaginaire. J'ai beaucoup aimé les représentations des bâtiments, surtout du magnifique palais royal, et le contexte d'une guerre impliquant des sorciers rend l'histoire intéressante et intrigante. Ce monde est parfois étrange et mystérieux, mais intéressant, j'aurais aimé en savoir plus.

Au niveau de l'animation et du dessin, rien à dire, sans être un style à couper le souffle, les dessins sont beaux, doux et agréables à regarder. Il y a un certain aspect magique, rien que de voir le château se mouvoir, c'est quelque chose ! La force du film reste aussi les personnages, en plus de l'histoire et des graphismes, les personnages sont empreint d'une humanité touchante. Malgré le contexte d'une guerre, les sentiments passent en premier, il y a des relations touchantes. La bande-son est belle et agréable à écouter, aussi. Ce n'est certainement pas le film de l'année, je n'ai pas eu "the" révélation, mais je me suis laissée facilement porter par ce film d'animation plein de poésie et de légèreté et puis, j'ai tellement d'autres productions de Miyazaki à découvrir, j'aurais forcément un coup de cœur pour l'un d'entre eux, j'espère.


Je termine avec une représentation du fameux château ambulant d'Hauru :)