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samedi 3 décembre 2022

Dark Rise - C.S. Pacat.

Une nouvelle ère de Ténèbres se profile…

L’ancien monde n’est plus. Ses héros sont morts, ses châteaux en ruine, et la bataille épique entre l’ombre et la lumière a sombré dans l’oubli. Seuls les Stewards s’en souviennent, et veillent, siècle après siècle, pour protéger l’humanité du retour du Roi obscur.

À Londres, Will est en fuite, pourchassé par les hommes qui ont tué sa mère. Lorsque Violet lui sauve la vie, tous deux se retrouve plongé dans le monde de légendes et de magie des Stewards. Alors qu’ils s’entraînent à leurs côtés, c’est dans le camp opposé que risque de se retrouver Katherine, fille de bonne famille désargentée. Car l’ombre avance ses pions… dont le plus dangereux est le vénéneux James, qui fut étroitement lié au Roi Obscur. Peu à peu les anciennes alliances se reforment, ou sont appelés à être brisées. Dans cette guerre qui menace leur monde, les descendants des combattants des deux camps n’ont d’autre choix que de jouer leur rôle… à moins que tout destin puisse être défié.


Qu’on se le dise, je n’aurais sans doute jamais posé les yeux sur Dark Rise, outre sa jolie couverture qui m’aurait au moins invité à prendre le livre pour y découvrir son résumé, si l’auteure n’avait pas été C.S. Pacat. C’est parce que j’ai beaucoup aimé Prince Captif que j’ai décidé de laisser sa chance au premier tome de sa nouvelle série.

 

L’histoire se déroule en 1821 à Londres, dans un univers dans lequel subsistent quelques reliquats d’une magie longtemps disparue après le combat épique entre un Roi maléfique et une mystérieuse Dame qui l’a jadis aimé avant d’arrêter sa folie. Will Kemper est un orphelin de 16 ans, travaillant comme simple docker lorsque, du jour au lendemain, il se retrouve à fuir des hommes menaçants cherchant à le kidnapper. Tout porte à croire que c’est lié à la mort de sa mère, assassinée pour une raison obscure. Son chemin croise celui de Violet, jeune bâtarde d’une puissante famille d’aristocrates anglais, qui lui sauve la vie. Après bien des péripéties, ils rencontrent et rejoignent les Stewarts, un ordre mystérieux qui travaille à empêcher le retour du Roi Obscur que les fidèles de ce dernier, en la personne de Simon, cherchent à orchestrer… Pour Will, c’est également un moyen de démasquer enfin les meurtriers de sa mère.

 

Si je dois être honnête, le roman ne m’a paru bien transcendant et il m’a fallu attendre la moitié du livre avant de commencer à m’intéresser à l’intrigue. Le début était sympathique mais l’histoire souffre ensuite de nombreuses longueurs, et j’avais bien été tentée de sauter quelques pages pour voir s’il allait arriver quelque chose d’intéressant.

 

Il faut dire que, contrairement à Prince Captif où l’on rentrait directement dans le vif du sujet, l’auteure a pris ici son temps pour poser son histoire, nous faire connaître les lieux et les différents personnages, pour autant je n’ai pas réussi à appréhender l’univers – qui reste assez classique et peu palpitant quand on connaît les codes du genre fantasy/fantastique – et les personnages, mis à part Violet qui a su m’intéresser dès le début… sans oublier James bien-sûr, mais j’y reviendrai. J’ai trouvé que la plupart des personnages manquaient de profondeur et peinaient à se démarquer des autres écrits du genre. Nous avons un roi puissant et maléfique, ses sbires qui jurent de le faire revenir pour qu’il puisse soumettre le monde à sa tyrannie. Nous avons un ordre de gentils « chevaliers » régit par des règles de contrôle, pureté, abstinence, etc, qui combat depuis des lunes pour empêcher ce retour. Nous avons aussi Will, le protagoniste, que l’histoire nous présente comme l’Élu destiné à combattre ce roi maléfique, qui ne possède de sa mère qu’un mystérieux médaillon, qui est le supposé descendant de la Dame, qui va rejoindre l’ordre secret auprès de qui il va s’entraîner pour devenir un combattant hors pair car il est le seul à avoir le pouvoir d’empêcher le retour du roi. Ce roman nous présente tout simplement le combat entre le bien et le mal.

 

Tout ceci paraît donc bien cliché et n’apportait rien de transcendant. Il m’a fallu attendre plus de la moitié de l’intrigue pour découvrir que C.S. Pacat se servait de ces clichés pour mieux les démanteler un à un partir de la seconde moitié du roman et c’est là où ça commençait à devenir intéressant ! Je pense notamment aux Stewarts qui finissent par révéler malgré eux les fissures de leur ordre si parfait et dont certaines actions sont beaucoup moins héroïques qu’ils n’essayent de le faire croire. Il y a également James de St Clair, le bras-droit de Simon, son impitoyable fidèle qui n’est pas un simple antagoniste. Il n’est ni blanc, ni noir, et certaines de ses motivations nous sont révélées, nous apportant plus de profondeur au personnage et plus de sympathie [spoiler] il n’agit au final que pour son intérêt dans le sens où il ne souhaite plus être contrôlé, récupérer le collier pour ne plus être privé de son libre arbitre et choisi de suivre Will par loyauté et non parce qu’il y est forcé [/spoiler]. Et, enfin, il y a Will. Il est l’exemple principal de C.S. Pacat qui détruit les clichés de la fantasy/fantastique, avec un plot twist des plus inattendus [spoiler] à savoir qu’il n’est pas l’élu, mais la réincarnation du Roi Obscur et il a utilisé ces pouvoirs vers la fin du roman, a fait verser le sang. Cela ne fait pas subitement de lui un antagoniste, on ignore encore s’il change réellement de camp, comment cette découverte va bouleverser le personnage et l’intrigue mais en tout cas j’ai hâte de le découvrir [/spoiler]

 

On a donc un vrai décalage entre les deux moitiés du roman et je pense que la première partie me semblerait bien meilleure maintenant en sachant ce qu’il se passe par la suite. Car la lecture de la première moitié de roman fut vraiment laborieuse, ce qui est dommage car, si on passe au-delà de cela, l’univers construit est prometteur, avec une atmosphère assez sombre, une mythologie intéressante et des personnages et relations qui ne demandent qu’à être développés. Malgré les clichés que l’histoire présente, celle-ci se révèle comme bien plus compliquée que cela. Elle repose sur la fatalité. Il est question de réincarnation. De ce fait, le personnage réincarné est-il condamné à répéter l’histoire ou, au contraire, peut-il prendre la main sur sa vie et se forger soi-même sa propre destiné ? Peut-il se libérer des entraves du passé et construire son présent ? Le but de l’intrigue, finalement, est de savoir si le passé est condamné à se répéter ou si on a un choix, si la perception du passé colle bien avec ce qu’il s’est produit, et ainsi de suite. Il y a un personnage principal qui est concerné, et je suis vraiment curieuse de voir ce que C.S. Pacat va faire de ce personnage, mais aussi sur l’autre personnage à m’avoir intrigué dès le début.



Je parle de James St Clair. Il se présente comme l’un des antagonistes, pourtant Will ressent un lien auprès de ce jeune homme qui lui est pourtant inconnu. Il va ressentir de l’intérêt pour James, de l’empathie également et n’est-ce-pas ce que les lecteurs ressentent pour ce personnage ? S’il se dévoile un peu dans ce roman, James reste énigmatique et on finit par découvrir chez lui une volonté d’échapper aux entraves du passé, ne plus être manipulé ou privé de sa volonté mais bien de décider de lui-même de sa propre destiné. Sur la fin, on découvre à qui va sa loyauté, davantage par conviction que par contrainte ou par intérêt. Je suis vraiment curieuse de voir ce que l’auteure nous réserve pour James et comment elle va développer la relation entre Will et James (certains personnages sont LGBTQ+, nous réserve-t-elle une romance entre Will et James ? Affaire à suivre !)

 

En résumé, c’est un roman prometteur malgré une première moitié lente et peu transcendante avec moult clichés, mais Dark Rise présente des éléments prometteurs et intéressants qui compensent la frustration dans laquelle m’a laissé la première partie du roman. Après tout, je n’avais pas été emballée par le premier tome de Prince Captif, mais je lui avais laissé sa chance car j’avais aimé certains éléments de l’intrigue et aussi – mais surtout – le personnage de Laurent… à l’instar d’un autre blondinet arrogant, James.



Si je trouve dommage qu’il y ait un tel décalage entre les deux moitiés du roman, je lirai la suite de cette série, car la seconde partie du roman était bien plus intéressante que la première, et que les dernières informations me donnent envie de voir la façon dont C.S. Pacat va pouvoir développer la suite de son histoire, d’autant plus que sa plume a beaucoup mûri depuis Prince Captif, elle apporte un soin particulier aux descriptions.


Le son nonchalant des talons de bottes vernies foulant les pavés. Un pas après l'autre, James sortit de la pénombre, et le pouls de Will s'emballa. Son adversaire portait une tenue de soirée à la coupe exquise. Tout s'estompa autour de Will, le monde devint insignifiant, James étant désormais le seul être réel à l'habiter. Toi, toi, toi. La beauté extraordinaire de James était un spectacle douloureux - comme un couteau qui le poignardait.

lundi 18 juillet 2016

Prince Captif (T.3) Le roi - C.S Pacat.


Deux princes, une seule guerre.

La vérité a été révélée, et Damen, l’esclave du prince Laurent, doit faire place à Damianos, prince héritier d’Akielos, l’homme que Laurent a juré de tuer.

L’avenir de deux royaumes est en jeu. Cernés par l’armée de Kastor au sud et les forces du régent au nord, Damen et Laurent n’ont d’autre choix que s’allier pour reconquérir leurs trônes respectifs. Mais même si la fragile confiance qu’ils partagent résiste à la révélation de la véritable identité de Damen, celle-ci suffira-t-elle pour venir à bout de la dernière et plus impitoyable manigance du régent ?





J’avais à peine terminé le second tome que déjà, je me mettais en quête du 3e tome. Avec un tel cliffhanger, je ne pouvais pas attendre. Pourtant, quand j’ai reçu le 3e tome, je m’étais dit que j’allais être raisonnable et lire un peu tous les jours pour faire durer le plaisir et avoir ainsi de quoi m’occuper. Lorsque je l'ai commencé, c'était un dimanche et je m'étais tenue à un chapitre. Au final, j’ai englouti le livre entier la même journée !


Il faut dire que c’est un dernier tome très prenant et captivant que nous présente l’auteure. Même si mon préféré reste le 2e tome, ce dernier tome nous offre beaucoup de tension, de révélations et de scènes prenantes !


Nous avions quitté le tome 2 sur un coup de théâtre. Damen a retrouvé les siens, à la surprise de ces derniers. Le prince héritier, que tout le monde croyait mort, est en vie et il s’est allié avec le prince d’une nation ennemie. Parmi les hommes de Damen, il y a des clashs entre ceux qui soutiennent encore Damen et ceux qui soutiennent Kastor, l’usurpateur au trône. Du côté de Laurent, celui-ci est dans la tourmente après que le Régent se soit allié à Kastor et qu’il n’ait décidé de faire passer Laurent pour un traître, dans le but de conserver son emprise sur le trône. Malgré les sentiments qui les lient et la nuit qu’ils ont passée ensemble, des tensions demeurent entre les deux amants. Pourtant, il leur faut plus que jamais s’allier et se faire confiance pour combattre Kastor et le Régent, et récupérer le trône qui leur est dû.


Ce 3e opus est aussi savoureux que les deux premiers, on y suit la confrontation politique entre deux duos, le Régent et Kastor, et Damen et Laurent, sur fond d'une romance qui prend ici un tournant des plus intenses. J’ai aussi beaucoup aimé avancer dans le récit avec des personnages secondaires que nous apprenons à mieux connaître. Alors que le tome deux s’attachait à nous présenter les hommes du camp de Laurent, ici nous faisons un peu plus connaissance avec les hommes d’Akielos et les alliés de Damen, comme Nikandros son bras droit et ami d’enfance, Makedon qui aura vite adopté Laurent, Pallas, etc.



À droite et à gauche, l'édition Bragelonne de 2022 que je trouve sublime
Au centre, l'édition collector de Bragelonne de 2023

Les têtes à têtes entre Laurent et Damen sont toujours aussi intenses et bouleversants, il y a de bonnes scènes entre eux et pas forcément intimes (même si elles sont au programme), entre tendresse hésitante, tensions sous-jacentes, rédemption et espoir d’un futur meilleur. J’ai été surprise de voir un chapitre avec le point de vue de Laurent mais j’ai beaucoup apprécié. Laurent est vraiment mon plus gros coup de cœur de la saga et ce depuis le tome 1. J’aime son intelligence, sa fragilité, son côté sombre comme son côté plus joueur qu’il montre si peu.

 

Quelques petites déceptions néanmoins : j’aurais cru que Jokaste aurait été une épine un peu plus longue et difficile à enlever, même si je suis contente que Laurent ait réussi à la percer à jour et déjouer ses intentions. J’aurais voulu plus de difficultés, voire que [spoiler] son enfant était bien celui de Damen, cela aurait rajouté plus de tensions et de drame dans l’histoire.[/spoiler]

 

J’ai aussi trouvé étrange que [spoiler] le Régent relâche facilement Damen alors qu’il le tenait à sa merci. Au lieu de ça, il se contente de son neveu et pense que Damen n’ira plus l’embêter. Même si Laurent a marchandé avec le diable pour que Damen ait la vie sauve, ça ne ressemble pas au Régent. Si Laurent lui a bien mis des bâtons dans les roues, son autre adversaire est Damen qu’il n'avait pas su prédire en début de série et qu’il n'aurait jamais pensé le voir se ranger auprès de son neveu. Pourquoi le Régent, aussi rusé et fourbe, n’a pas deviné que Damen aimait trop Laurent pour l’abandonner dans les griffes de son oncle ? [/spoiler]


Ajoutons à cela une résolution trop facile et rapide après une montée en puissance efficace et prenante. Cependant, si le récit présente ces défauts et quelques facilités par-ci par-là, ainsi que des moments qui auraient mérités d’être plus approfondis, l’ensemble fonctionne pleinement et me fait pardonner ces désagréments.


J’ai aussi trouvé la fin abrupte. J’aurais bien voulu qu’on s’attarde sur certains points, au lieu que l’auteure nous note juste en quelques lignes la fin où ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps, etc. Cela dit, l’auteure compte écrire quelques nouvelles autour de sa saga, peut-être développera-t-elle certains points !


Et puis, honnêtement, je suis soulagée que nos deux personnages principaux aient pu s’en sortir, après une scène de procès qui m’aura bien tenue en haleine et causé bien d’émotions avec toute cette tension, les faux témoignages, le suspense du verdict, mais aussi la révélation du Régent qui aura confirmé les doutes que j’avais depuis le tome 2 concernant la relation entre le Régent et Laurent. J’aurais toutefois préféré que [spoiler] ce soit Laurent qui ait eu l’opportunité de tuer son oncle, cela aurait eu plus de sens que la victime se venge de son agresseur et cela aurait permis à Laurent de se faire justice lui-même.[/spoiler]


Au final, et malgré les défauts que je lui trouve, ce troisième tome se lit avec beaucoup de plaisir et termine une saga très plaisante et qui m’aura bien rendu accro, et pourtant ce n’était pas donné vu mon avis plus que mitigé que m’avait laissé le premier tome. Je quitte à regret cette saga mais je sais que je la retrouverai avec grand plaisir dans les nouvelles que nous concocte CS Pacat !



Damen songea aux subtils arrangements conclus par Laurent avec les clans vaskiens au cours de leur voyage vers le sud.
- Est-ce que je peux te demander comment Vannes s'est retrouvée dans ton camp ? s'enquit-il.
- Ce n'est pas un secret, répondit Laurent. Elle sera le premier membre de mon Conseil.
- Et Guion ?
- J'ai menacé ses fils. Il a pris cela au sérieux. Peut-être à cause du fait que j'en ai déjà tué un.

Chapitre 5.

lundi 4 juillet 2016

Prince Captif (T.2) Le guerrier - C.S Pacat.


Quatrième de couverture :

Alors que leurs royaumes sont sur le point d’entrer en guerre, Damen et son nouveau maître, le prince Laurent, doivent échanger les intrigues de palais contre la violence ouverte des champs de bataille. Contraint de dissimuler son identité, Damen est de plus en plus attiré par le dangereux et charismatique Laurent. Mais alors que la fragile confiance entre les deux hommes se renforce, les secrets de leurs passés risquent de leur porter un coup fatal…


Emprunt médiathèque.








Mon avis :

Je continue ma lancée sur la série Captive Prince, et j'avoue le faire majoritairement pour les beaux yeux de Laurent. Aussi étrange le premier tome soit-il, et malgré les points intéressants que j'avais relevé, c'est surtout le personnage de Laurent qui me pousse à continuer. Pourtant, il ne s'est pas souvent montré sous un beau jour dans le premier tome : sournois, manipulateur, menteur, cruel envers son esclave, et pourtant il y a un je-ne-sais-quoi chez lui qui m'a plu dès le début. Ce personnage est mystérieux et je veux apprendre tout sur lui.

Verdict suite à ma lecture du second tome ? J'ai été comblée par de nombreux aspects : non seulement ce tome est une occasion pour les lecteurs de découvrir un peu mieux le personnage de Laurent, mais nous assistons aussi au développement de la relation Damen/Laurent, et ce roman offre des scènes intéressantes. Vous aimez les combats, les chevauchées nocturnes, les poursuites sur les toits et les complots ? Ce tome offre tout cela sur un plateau d'argent ! Pourtant, ce roman ne débute pas sous des meilleurs auspices. Damen est toujours l'esclave de ce maître qu'il déteste tant et l'armée que le Régent a confié à son neveu est un cadeau empoisonné : bagarres entre les soldats de Laurent et ceux du Régent, manque de discipline... le Régent a donné à son neveu une troupe de soldats désorganisés et indisciplinés, pour lui mettre des bâtons dans les roues. Seulement, si le Régent sait bien jouer à ce jeu, Laurent a maintes fois l'occasion de nous montrer qu'il est bien capable de se servir des mêmes armes de son oncle pour tenter de le battre. Les intrigues politiques ont des airs de jeu d'échec dans lequel le Régent et Laurent tentent chacun de faire échec au roi et Damen est pris entre les deux. Son camp est pourtant déjà choisi : mieux vaut servir Laurent pour le bien de sa patrie, Akielos, et obtenir sa liberté en contrepartie...

Pendant une bonne partie du roman, nous assistons ainsi aux pièges et obstacles lancés par le Régent à son neveu et Laurent contourner ces pièges et combattre pour gagner, enfin, quelques batailles envers son oncle. Une troupe indisciplinée ? Laurent les force à se mettre au pas. Govart, le capitaine de la garde royale, joue aux insolents et conteste l'autorité de Laurent ? Laurent le provoque en duel et gagne, s'attirant respect et admiration auprès des troupes. Le Régent envoie ses troupes contre celles de son neveu ? Laurent confie ses hommes à Damen, dont le génie militaire et l'esprit stratégiques sont mis au jour dans ce roman. Dans ce roman, l'intelligence de Laurent et le génie militaire de Damen s'allient contre un ennemi commun : le Régent.

On a ainsi peu d'occasion de s'ennuyer ! Ce tome foisonne de combats, de complots, de virées nocturnes pour découvrir des informations, retrouver un informateur ou tenter des alliances politiques. Cela nous donne ainsi l'occasion de voir quelques scènes ma foi fort divertissantes, dont ma préférée : Damen et Laurent devant se cacher derrière une porte pour ne pas être surpris alors qu'ils sont recherchés (et Laurent ayant beaucoup de difficultés à ne pas rire lorsqu'il entend l'un des hommes à leur recherche qualifier Damen d'énorme bestiau, et Damen essayant de contrôler Laurent ET son propre désir naissant !) et la course poursuite sur les toits qui suit [spoiler] je n'en reviens toujours pas d'ailleurs de l'audace de Laurent de faire délibérément tomber une tuile du toit pour qu'ils soient repérés et que commence une course poursuite ; dans un sens, Laurent a tout d'un chat, vicieux, joueur, adorable et dangereux [/spoiler]



J'ai du reblogguer plusieurs versions de la même scène sur tumblr, mais c'est plus fort que moi, j'adore cette scène !
[Source ; ici et là ]



D'ailleurs, on découvre dans ce tome un Laurent faisant preuve de plus de spontanéité. Peut-être est-ce du au fait qu'il est loin de la cour d'Arles et de son oncle, ou peut-être est-ce du au fait qu'il apprend à faire confiance à Damen. Toujours est-il que Laurent arrive à surprendre Damen mais aussi les lecteurs par son comportement. Il y a des scènes qui le rendent totalement touchant ou attachant (la scène où il tente de reproduire un tour qu'il a appris par exemple), des scènes où il fait légèrement tomber son masque dur et froid pour quelques révélations ou des gestes amicaux, et il peut avoir des réparties drôles ou spirituelles. Même s'il a tôt fait de rendosser son masque pour redevenir froid, manipulateur, cruel dans ses mots, on commence à découvrir le vrai Laurent, ce qui ne manquera pas de surprendre Damen, le seul à oser s'opposer à Laurent lorsqu'il est en colère (car le défaut de Laurent est qu'il prend de mauvaises décisions sous la colère, ce que le Régent sait très bien et que Damen a compris).

Avec cette découverte de Laurent, nous avons une évolution de la relation entre Damen et Laurent. Ils sont forcés de se coutoyer tous les jours, de s'allier et de travailler ensemble pour faire tomber le Régent, donc des liens se créent, tout doucement. Vous connaissez l'adage : l'ennemi de mon ennemi est mon ami. C'est ainsi que Laurent et Damen apprennent à mieux se connaître et à se faire confiance mutuellement, même s'ils ont toujours des difficultés pour se comprendre et qu'il peut y avoir des tensions. Mais il y a des (bonnes) surprises et une entente qui se noue. Laurent surprend Damen au fur et à mesure qu'il interagie avec lui, et Damen continue à surprendre Laurent qui considérait Damen et tous les Akielons comme des brutes sans cervelle. J'avais un peu de mal à imaginer ces deux-là dans une relation (dans un sens, je continue encore un peu à avoir du mal, après ce que Laurent a fait subir à Damen dans le premier tome, mais ce serait mentir si j'avouais n'avoir pas attendu le développement de leur relation, ainsi que la scène du premier baiser, on ne se refait pas !). D'ailleurs, les résumés des livres laissent supposer que c'est une relation maître/esclave. Mais j'aurais plutôt tendance à les considérer comme égaux, surtout que Damen ici se fait une place haute dans l'armée et gagne le respect de ses camarades et la confiance de Laurent. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ces scènes où notre petit Damen se faisait une place, devenait un peu moins esclave et prenait part à l'action. J'ai également beaucoup aimé le personnage de Jord, et j'ai eu de la pitié pour lui pendant l'intrigue [spoiler] car je n'aurais jamais imaginé Aimeric comme étant le traître, comme quoi il y a des faux semblants ! ]


 


Autres couvertures réalisées pour le second tome

Plus on découvre Laurent, plus le vrai visage du Régent se révèle les fausses rumeurs qu'il colporte, par la vérité qu'il déforme, par sa manière de pervertir les êtres tout en se faisant passer pour quelqu'un d'immaculé, d'innocent, il reste indemne alors qu'il cause le chaos autour de lui, envoyant ses hommes se battre contre Laurent. Ce qui prouve de plus en plus qu'il n'est pas le souverain bienveillant qu'il cherche à montrer à tous. D'ailleurs, au vu de certaines scènes, et notamment une scène de confrontation entre Laurent et le jeune Aimeric, un doute affreux m'est venu [spoiler] serait-il possible que le Régent ait abusé de Laurent lorsqu'il était jeune ? On connaît le goût du Régent pour les jeunes garçons, et il a été dit que Laurent, adolescent, était très beau, et la confrontation entre Laurent et Aimeric... les paroles de Laurent à Damen après cette confrontation... j'espère me tromper mais je n'en suis pas sûre. Seul le tome 3 le dira ! ]

Ce tome est aussi une occasion d'en apprendre un peu plus sur le frère de Laurent, le défunt Auguste (c'est étrange pour un personnage qu'on ne voit pas et qui est parfois mentionné que je me sois énormément attaché à lui), sur d'autres contrées (dont celle d'un peuple peuplé uniquement de femmes), d'autres lieux, le complot de Kastor et l'implication du Régent. Certaines révélations permettent ainsi de combler quelques trous tandis que d'autres éléments nous apportent de nouvelles questions qui seront, je l'espère, résolues dans le troisième tome !

Extrait :

Plus bas, leurs poursuivants couraient eux aussi, dans des rues lisses, sans tuiles pour les faire trébucher ou tomber. Ils espéraient les prendre en tenaille. Laurent envoya une autre tuile s'écraser dans la rue, en visant, cette fois. Ils entendirent un cri de surprise. Lorsqu'ils atterrirent sur un autre balcon afin de traverser une énième ruelle, Damen renversa un pot de fleurs. A côté de lui, Laurent décrocha du linge qui séchait et le lâcha ; ils virent une silhouette s'empêtrer dans un drap, en contrebas, et se transformer en fantôme affolé.

Chapitre 7.

vendredi 24 juin 2016

Prince Captif (T.1) L'esclave - C.S. Pacat.


L'auteur : C.S. Pacat est une écrivaine australienne, connue pour être l'auteur de la trilogie Prince Captif (en version originale : Captive Prince), série qui débuta d'abord sur le web avant d'être publiée et acclamée par les critiques.

Quatrième de couverture :

Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s'empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.

Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.

Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr...

Mon avis :

Comme souvent à présent, je découvre des livres par le site twitter. Cela faisait des mois que je voyais des fanarts sur cette série, fanarts qui m'avaient l'air très intéressants, avec un des personnages principaux habillé comme s'il sortait de la Grèce antique, et l'autre personnage de la Renaissance. Comme souvent à présent, je n'étais pas tentée plus que ça jusqu'à ce qu'une amie sur ce site ne m'harcèle me prie de tenter la lecture. Les deux premiers tomes étant disponibles à la bibliothèque, je me suis laissée tenter.

Au départ, et pendant une bonne partie de ma lecture, je me suis demandée pourquoi cette série déclenchait autant d'engouement sur le web. Je ne comprenais pas pourquoi, tout me semblait bizarre dans ce premier tome. Déjà, il faut comprendre que cela traite d'esclavage. En effet, Damianos, Prince et héritier au trône d'Akielos, est trahi par son demi-frère, Kastor, qui s'empare du pouvoir et fait de Damianos un esclave qu'il envoie à Vère, la contrée voisine et ennemie d'Akielos, à l'intention de Laurent, Prince héritier de Vère [spoiler] il s'avère aussi que Damianos fut le responsable de la mort du frère de Laurent, Auguste, il y a des années sur un champ de bataille, autant dire que Damianos ne pouvait pas tomber entre de meilleures mains ! *sarcasme on* [/spoiler]. Dépouillé de son identité, Damianos est à présent Damen. Pour survivre, il se fait passer comme un simple soldat capturé et devenu esclave. Car il se trouve en territoire ennemi et que la cour de Vère est aussi dangereuse que débauchée. Et son maître, le prince Laurent, représente tout ce qu'il déteste. Froid, dur, manipulateur et sournois. La cohabitation ne sera pas de tout repos...

CS Pacat

J'ai trouvé, pendant une bonne partie de ma lecture, que ce livre était très étrange, j'avais parfois du mal à croire ce que je lisais. Il faut dire que ce n'est pas un livre que l'on peut facilement recommander à n'importe qui. On ne sait pas trop à quoi s'attendre et la quatrième de couverture est assez trompeuse (car il s'agit d'un roman M/M, soit contenant une ou des relations homosexuelles). Le récit peut être assez dur également, qui contient des scènes violentes, et je ne parle pas forcément de pluie de sang et de cadavres, mais des scènes sexuelles violentes, et parfois non-consentantes, qui sont présentées, voire sous-entendues, et parfois entre un homme et un jeune garçon. A la cour de Vère, les relations hétérosexuelles, si elles produisent un enfant hors mariage, sont très mal vues, et les bâtards encore plus. A moins d'être marié, hommes et femmes de la cour préféreront batifoler, et même se donner en spectacle, avec des personnes du même sexe. C'est abondance de richesses aussi, ainsi que d'esclaves. Les nobles possèdent souvent un esclave, parfois mineur, avec qui ils ont des relations sexuelles. Des scènes de sexes sont parfois mises public, comme en spectacle. On peut comprendre pourquoi Damen est choqué de voir ce qui se trame à la cour.

Concernant l'histoire, je considère surtout ce tome comme une espèce de prologue : l'intrigue se met en place doucement, nous faisons la connaissance des personnages, découvrons l'univers, la politique, les coutumes, etc. La relation M/M n'est pas encore développée, elle est plutôt inexistante. Ce tome met davantage en place les intrigues à la cour et la rivalité entre Laurent et son oncle, le Régent. Il n'y a pas beaucoup d'action, mais des machinations et des fourberies (l'action arrivant surtout vers la fin). En fait, pendant une grosse partie du roman, on découvre comme Damen les affaires à la cour et les intrigues, les personnages. Laurent nous est présenté comme le méchant, et c'est vrai que pendant une bonne partie du roman, il nous donne des bonnes raisons de le détester. Mais peu à peu, on s'interroge. Son oncle, le Régent, qui joue les gentils, les bienveillants,  ne nous semble pas si bienveillant qu'il en a l'air, au fil des pages. On en vient à se demander qui, entre le neveu et l'oncle, est le plus manipulateur... Je regrette un peu le manque d'action. J'avais cru, par exemple, que l'on aurait vu en détail le complot contre Damen jusqu'à sa capture, pas de le voir déjà prisonnier en début de tome, avec juste une scène montrant sa capture.

N'allez pourtant pas croire que je jette ce livre ! Malgré ces étrangetés et scènes
Carte des différents pays de
l'univers
choquantes, le livre a ses bons côtés. J'ai particulièrement apprécié l'univers avec ses mœurs, sa culture, et les différences qu'il peut y avoir entre Vère et Akielos que l'on voit à travers Damen qui découvre Vère, sa cour et ses habitants. Il y a un décalage entre ces deux pays, à de nombreux aspects. Outre le premier chapitre, nous ne visitons Akielos que par l'esprit de Damen. Akielos semble être un pays semblable à la Grèce antique : les noms (Damianos, Kastor, Jokaste, Kastor, Théomède), les vêtements, l'architecture, et Vère sorti des temps de la Renaissance ou de Louis XIV (des châteaux somptueux avec beaucoup de décors, l'utilisation du marbre, les vêtements complexes avec des lacets, ...). J'ai également beaucoup apprécié les personnages. Je ne me suis pas attachée à tous (beaucoup ont juste quelques scènes, on voit davantage Damen, Laurent, le Régent, Govart le capitaine de la garde princière - un homme tellement charmant que je ne lui confierais même pas mes chats - et Nicaise, mignon de la cour à qui ont aimerait pincer les joues tellement qu'il est mignon, physiquement, et donner des claques également. En gros, une adorable petite teigne)


Beaucoup de lectrices avoueraient avoir détesté Laurent dans ce premier tome, pas moi et pourtant Dieu sait qu'il donne de nombreuses raisons de le détester dans ce tome. En réalité, malgré ce qu'il a pu faire de condamnable dans ce tome, Laurent fut l'une des rares choses à m'inciter à lire la suite et à m'intéresser un tant soit peu à l'histoire. Je n'attendais qu'une chose durant ma lecture : les scènes où il apparaissait. Laurent est un personnage complexe et mystérieux. Il a de multiples facettes et il me tarde de découvrir ce personnage davantage ! En plus d'être parfois imprévisible, il est sournois, rusé, manipulateur et intelligent. Il prévoit tout, rien n'est du au hasard dans ce qu'il dit ou fait, et j'attendais souvent de voir ce qu'il manigançait. J'ai eu du mal à le percer et je ne demande qu'à en apprendre davantage sur lui ! Damen, quant à lui, est un personnage relativement attachant. Il montre plus d'humanité que les trois quart des nobles à la cour, et on ne peut que sympathiser quand on lit ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui arrive. Malgré sa carrure imposante, il a un côté humain qui le rend plutôt attachant et une naïveté qui vole parfois en éclat, faisant évoluer le personnage, lorsqu'il découvre que certaines choses à la cour ne sont pas ce qu'elles semblent être. En tout cas, malgré  son statut d'esclave, il est loin d'être soumis. Je me demande comment ce personnage va évoluer, quelles aventures (ou mésaventures) il va rencontrer, en compagnie de son maître, et comment va évoluer sa relation avec Laurent.


Il s'agit d'une relation tendue mais qui peut se révéler intéressante. On a un peu du mal à voir où l'auteur veut en venir avec ces deux-là ; il faut savoir que c'est une M/M série, ce qui implique une relation homosexuelle, ce qui devrait éventuellement venir entre Laurent et Damen. Je dois avouer que, concernant ce premier tome, j'ai beaucoup de mal à les voir tomber amoureux. [ Laurent a humilié plusieurs fois Damen et l'a fait fouetter jusqu'au sang, et Damen ne nous cache pas son dégoût pour Laurent, aussi magnifique cet homme soit-il. Leur relation évoluera sans doute au cours des deux tomes suivants car avec ce seul tome, j'ai du mal à voir comment une romance pourrait voir le jour entre ces deux-là mais je demande à voir ! ]. Je me suis d'ailleurs demandée, à quelques reprises, si Laurent savait exactement qui est Damen. Dans l'ensemble, je pense que non maaaaais certaines scènes me font douter. Affaire à suivre...

Je ne m'attarderais pas davantage sur ce tome, j'ai déjà écrit beaucoup (même s'il me semble avoir écrit beaucoup mais de ne pas avoir dit assez :/). Pour résumer : Un premier tome qui ne m'a convaincu qu'à moitié. Je n'ai pas détesté mais ce ne fut pas un coup de cœur. C'est un récit dur avec des scènes parfois choquantes, l'action est longtemps absente mais les quelques manigances et intrigues qui se trament à la cour rendent le récit intéressant. L'univers inventé par l'auteur semble plutôt intéressant, et rien que pour le personnage de Laurent, je suis prête à découvrir la suite !

Extrait :

Torveld gratifia Laurent d'un de ces longs regards admiratifs dont la fréquence commençait à irriter Damen. Celui-ci se rembrunit. Laurent était un nid de scorpions dans le corps d'un jeune homme. Torveld, en le regardant, voyait un bouton d'or.

Chapitre 7.

dimanche 22 novembre 2009

La voleuse de livres - Markus Zusak.

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L'auteur :

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Markus Zusak, né en 1975, est un auteur australien de romans pour jeunes adultes. Il vit actuellement à Sydney avec sa famille où il enseigne l'anglais.




Quatrième de couverture : 

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux évènements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...

Mon avis : 
Un livre magnifique, comme je n'en avais jamais lu auparavant. Déjà, la couverture est jolie, le titre est intriguant, de même que son sous-titre ! La Mort, narratrice d'une histoire ! Une histoire qui se situe durant la Seconde Guerre Mondiale et le temps noir où le Nazisme régnait. Tous les élèments étaient bon pour que je sois rapidement fascinée. J'ai été piquée de curiosité depuis le début.

C'est l'histoire d'une petite fille, Liesel Meminger, qui a été envoyée par sa mère dans une nouvelle famille d'accueil à cause de la guerre. Et c'est lors d'un enterrement qu'elle commençera sa vocation de voleuse de livre en volant un manuel, bien qu'elle soit illétrée. C'est le début d'une série de vols. Puis, elle trouvera chez les Hubermann sa famille d'accueil avec Hans, peintre en bâtiment et Rosa, mère au foyer ; puis des camarades, comme son voisin Rudy Steiner, fasciné par Jesse Owens, un athlète afro-américain. Avec son père adoptif, Liesel apprendra à jouer de l'accordéron et à lire grâce aux livres volés. Plus le temps passe et plus Liesel apprend à connaître l'univers des livres qu'elle vole ou qu'elle reçoit, elle décidera même d'écrire son propre livre : La voleuse de livres. Liesel apprendra le pouvoir des mots en lisant ses livres à ses proches ou en écrivant le sien, ce pouvoir fabuleux qui aidait à calmer elle et ses proches durant les grondements terribles des bombardements...

L'auteur a une manière d'écrire tellement incroyable, c'est magnifique et fort, c'est profond, c'est beau. Son livre doit être l'un de ceux qui laissent son souvenir encré dans les mémoires des lecteurs, c'est original, rien que par la narratrice très particulière : la Mort. Elle raconte une période marquante de notre Histoire, elle porte son regard sur ce monde qui était alors froid, cruel, inhumain, témoin passif de la folie humaine, mais qui parvient tout de même à nous faire voir le côté beau dans cette histoire, en rajoutant sa touche d'humour et de malheur. Les livres, les mots, les personnages, la force de l'espoir et de l'amitié donnent au livre toute sa magie.

L'histoire est joliment racontée, nous avons une Mort intriguée par les couleurs comme pour un moyen de se détourner de toute la misère qui entourait le monde durant cette triste période de guerre. Comment ne pas s'attacher à Liesel et aux gens qui l'entourent ? Comment rester insensible à cette petite fille qui découvre le plaisir de la lecture, les liens familiaux, l'amitié, la solidarité dans l'adversité ? Je connais pas mal de choses sur la Seconde Guerre Mondiale, l'Allemagne Nazie et toutes les horreurs de la guerres et ce qu'on infligait aux Juifs, mais c'est toujours affreux d'en découvrir plus. Mais ce livre n'est pas choquant. Ce livre est touchant, il nous montre l'horreur et la solidarité, la beauté et la brutalité de l'Humanité, le pouvoirs des mots, des livres, l'amitié dont une grande partie de l'intrigue tourne autour du sujet, moi qui trouve l'amitié une chose belle et incroyable, plus intéressante que l'Amour des couples, plus passionnantes, plus fort... je ne sais même pas si je suis capable de décrire ce livre, car ce que j'ai écrit, j'ai l'impression que c'était très peu pour parler de ce petit bijou. Un livre baigné dans le paradoxal, aussi. Mais ça, c'est à vous de voir quand vous lirez ce livre un jour !

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire l'article Wikipédia. Allez-y, ça en vaut la peine et il y a des extraits ! En deux mots : un livre magnifique, touchant, paradoxal.

Extrait :
« J'aurais aimé parler à la voleuse de livre de la violence et de la beauté, mais qu'aurais-je pu dire qu'elle ne sût déjà à ce sujet ? J'aurais aimé lui expliquer que je ne cesse de surestimer et de sous-estimer l'espèce humaine, et qu'il est rare de je l'estime tout simplement. J'aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants.
Rien de tel n'est sorti de ma bouche. »

Epilogue.