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samedi 15 août 2026

Mother of Rome - Lauren J. A. Bear.

The names Romulus and Remus may be immortalized in map and stone and chronicle, but their mother exists only as a preface to her sons’ journey, the princess turned oath-breaking priestess, condemned to death alongside her children.

But she did not die; she survived. And so does her story.

Beautiful, royal, rich: Rhea has it all—until her father loses his kingdom in a treacherous coup, and she is sent to the order of the Vestal Virgins to ensure she will never produce an heir.

Except when mortals scheme, gods laugh.

Rhea becomes pregnant, and human society turns against her. Abandoned, ostracized, and facing the gravest punishment, Rhea forges a dangerous deal with the divine, one that will forever change the trajectory of her life…and her beloved land.

To save her sons and reclaim their birthright, Rhea must summon nature’s mightiest force – a mother’s love – and fight.


Mother of Rome est un roman, malheureusement non traduit en français, qui reprend le mythe de Rhéa Silvia, figure méconnue pour ceux et celles qui sont moins familiers avec la mythologie romaine. Pourtant, Rhéa Silvia n’est pas n’importe qui !


Princesse, prêtresse vestale, amante du dieu Mars, mère de Remus et Romulus qui devinrent les mythiques fondateurs de Rome, et épouse du dieu de la rivière Tibre. Il y a de quoi raconter sur cette dame !


Princesse déchue lorsque son oncle Amulius trompa son frère, le roi Numitor, pour prendre le trône, il fit de Rhéa une vestale, prêtresse vouée au culte de la déesse Vesta et devant faire vœu de renonciation au mariage et à la maternité, pour s’assurer de l’absence de descendance venant de sa nièce. Rhéa reçut pourtant la visite du dieu Mars dont elle tomba enceinte, une grossesse dangereuse puisqu’un châtiment terrible attend les vestales qui fautent. Découverte, elle est pourtant sauvée et finit par épouser le dieu Tibérinus.



Mars et Rhéa Silvia par Rubens (1617)

Figure emblématique de l’histoire des origines de Rome, nous savons finalement peu de choses sur Rhéa Silvia, ainsi j’ai trouvé intéressant que l’auteure se consacre à elle et à son histoire. Il s’agit ici d’une réécriture et d’une interprétation libre. L’auteure a pris ici le parti de faire de la relation entre Mars et Rhéa une relation consentie, avec de l’attachement, de la passion, la rencontre entre deux êtres libres et passionnés. S’il ne s’agit pas d’une grande histoire d’amour, le dieu Mars a une place de choix dans ce roman, ainsi qu’à d’autres divinités qui font leur apparition dans le roman, notamment Cybèle, Aphrodite, Tibérinus ou encore Vesta. Le roman fait la part belle à la mythologie romaine, et nous sentons les prémisses de ce que sera Rome, ce que j’ai beaucoup apprécié.


J’ai aimé les changements que l’auteur a apporté dans sa version de l’histoire de Rhéa [spoiler] notamment le fait qu’elle fut la louve qui s’occupa de Remus et Romulus bébés, ce qui lui permis de rester dans la vie de ses fils [/spoiler], sa relation proche avec sa cousine Antho qui est elle-aussi un personnage inoubliable. Là où Rhéa est plus indomptable, têtue, libre, effrontée et passionnée, Antho est d’abord la princesse douce, docile, soumise, effacée qui va peu à peu gagner en assurance, prendre des risques, et se lier avec ses serviteurs pour s’affirmer et jouer un rôle clé dans l’histoire.


Ce roman nous offre une panoplie de personnages qui ne laissent pas indifférents. Rhéa a ses défauts, elle fait des erreurs, elle est têtue, désespérée, effrontée, libre, passionnée, elle est complexe et j’ai beaucoup aimé suivre son histoire ainsi que celle de sa cousine. Je déplore juste que cela ne se termine avec Remus et Romulus fondant Rome et le point de vue de Rhéa sur le futur de ses fils, même si je comprends que le roman se consacre à Rhéa et non à ses fils, et surtout au statut de la femme à l’époque. C’est un roman féministe qui donne la part belle aux femmes, à la sororité, la beauté et les sacrifices de la maternité, la force et la détermination des femmes, celles qui refusent de se soumettre, celles qui veulent être libres d’aimer, celles qui essayent de se donner les moyens d’être ce qu’elles sont.


Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un coup de cœur, mais ce roman ne m’a pas laissé indifférente. Les premières pages ont été éprouvantes mais je suis contente d’avoir persévéré, sans quoi je serais passée à côté d’une excellente lecture. Ce roman m’a fait ressentir plusieurs émotions à la fois, je ne pouvais plus lâcher le livre que j’ai littéralement dévoré en trois jours. Vraiment une très belle découverte !



La célèbre sculpture représentant la louve avec les jumeaux Remus et Romulu
s


LAVINIA. This is the first lesson, Rhea. Men think they create the empires, but both are born of women. You will be a mother of kings.

RHEA (aside, more to herself). I said as much to my uncle once.

XANTHE. Which leads us to the second lesson, my lesson. Ilia, my sons put you here, not Mars. Be careful how you raise your boys. We worry too much about our daughters, ensuring they are pretty and polite, virtuous and hard-working. I should have expected more of my sons.

lundi 15 juin 2026

Les Sœurs du Nil - Rachel Louise Driscoll.

Sœur.
Rivale.
Protectrice.
L'histoire envoûtante d'une déesse oubliée.

En 1887, l'égyptomanie s'est emparée de l'Angleterre victorienne.

Discrète et réservée, Clemmie est l'une des rares femmes à déchiffrer les hiéroglyphes.

Lors d'une soirée consacrée aux reliques égyptiennes, Clemmie lit une inscription sur une étrange amulette et semble ainsi déclencher une malédiction sur toute sa famille.

Cinq ans plus tard, la jeune femme décide d'aller en Égypte pour rendre cette funeste amulette afin de sauver sa sœur, dernier membre vivant de sa famille. Le jeu auquel elle se livrait enfant, mettant en scène les déesses sœurs, Isis et Nephtys, a trouvé un écho dévastateur dans sa vie. Au fil de son voyage sur le Nil, elle croisera des alliés charmants ainsi que des ennemis inattendus, et découvrira que la pire des malédictions n'est pas celle qu'elle croit.


Un roman d’aventure très sympathique qui mêle malédiction, momies, une course contre la montre, égyptologie, mythologie, et lien sororal, et un soupçon de romance. J’ai pris plaisir à découvrir ce roman qui, à l’instar de sa protagoniste, m’aura fait voyager en Égypte, dans cette croisière le long du Nil, à découvrir le Caire et ses souks, Dendérah et ses temples, l’île de Philaé avec ses ruines et son temple. J’ai été dépaysée, d’autant qu’on ne se contente pas de visiter ces lieux, mais on est plongé dans la culture de ses habitants. J’ai vraiment été marquée par les descriptions enchantresses de l’Égypte par l’auteure, le contraste entre la fascination de l’Angleterre victorienne pour l’Égypte antique et la culture vivante de l’Égypte en elle-même.


J’ai également trouvé intéressant que l’auteure parle des conséquences de l’égyptomanie des Occidentaux en Égypte qui est victime de très nombreux pillages qui ont eu lieu pendant cet âge d’or des découvertes égyptologiques, les conséquences de ce pillage culturel, les ventes illégales de momies et d’artefacts égyptiens, les fouilles illégales qui endommagent les sites archéologiques, cela m’a rappelé Sixtine qui évoquait également le sujet. Nous avons ici Clemmie, une passionnée d’égyptologie depuis son plus jeune âge, qui devient sensible à cette cause. C’est d’abord pour réparer un tord et briser une malédiction qu’elle cherche à restituer un bien en Égypte, mais elle va progressivement reconnaître les dérives de sa pratique et changer sa façon de penser et être amenée à voir son père d’une autre façon. Ce sont des thèmes qui restent malheureusement d’actualité, le pillage et le trafic d’antiquités continuant à se faire de nos jours.


Clemmie une héroïne efficace et attachante. Elle est érudite et indépendante pour l’époque, elle est passionnée par l’Égypte et son histoire, a baigné dedans depuis son enfance, en aidant son père, égyptologue, et elle a souffert de ne pas avoir été reconnue par lui comme une partenaire à part entière dans ses affaires. C’est une jeune femme qui sait se débrouiller, et qui porte en elle une lourde solitude. On ne peut qu’être sensible au lien fort qui la lie à sa sœur, Rosetta, et leurs jeux d’enfants dans lesquelles elles jouaient les déesses Isis et Nephtys prendront ici une toute autre dimension, à cause de la malédiction.



Les temples de Philae et de Dendérah

Concernant les autres personnages, ce n’était pas gagné du tout. Ses compagnons de voyage, qui se greffent à elle, m’ont souvent agacé, surtout au début, à insister à faire le voyage avec elle, ne la laissant pas tranquille. Je les ai trouvé insistants, et j’ai eu l’impression que l’auteure forçait vraiment Clemmie dans une dynamique de groupe. Heureusement, j’ai fini par progressivement m’habituer puis à m’attacher à ce petit groupe, mais ce fut laborieux. Bien que cette dynamique ait été forcée, elle fonctionne assez bien. J’ai aussi aimé le fait que le roman alterne entre présent et le passé, pour nous montrer les raisons de la présence de Clemmie en Égypte, sa mission secrète et ce qu’il est advenu de sa famille.


J’ai également trouvé intéressant le fait que le sort de sa famille peut s’expliquer soit par du fantastique (la malédiction), ou par quelque chose de plus rationnel [spoiler] les manigances d’Horatio, le fiancé de Rosetta , ainsi je referme le roman sans être entièrement sûre si la malédiction ou une tierce personne était davantage responsable du sort de la famille Attridge [/spoiler]


J’ai aimé la part belle que faisait le roman à la sororité qui se déploie à plusieurs niveaux, tout d’abord à travers les sœurs mythologiques, les déesses Isis et Nephtys qui servent de cadre et de miroir à la relation entre Clemmie et Rosetta, le lien entre ces deux sœurs est fort, on ne peut y rester insensible. Tout ce que fait Clemmie est pour sa sœur. J’ai également aimé les liens qui se tissent entre Clemmie, Célia et Mariam, qui illustrent comment la sororité peut transcender les barrières culturelles et sociales. J’ai également trouvé intéressant les nombreuses références à la mythologie égyptienne, notamment l’histoire d’Osiris, Isis, Seth et Nephtys, et comment ce roman met en lumière Nephtys, une déesse assez méconnue au final.


Ce roman est une belle découverte, et il aurait presque pu devenir un coup de cœur. Je déplore quelques longueurs, une dynamique de groupe qui a été forcée et qui m’a fait lever les yeux au ciel au 1/3 du roman, et aussi une fin assez précipitée, avec des facilités scénaristiques [spoiler] je m’attendais vraiment à ce qu’Horatio soit plus difficile à vaincre, à la place il est mort hors champs. Je pensais aussi voir les retrouvailles entre Clemmie et sa sœur, et entre Clemmie et Rowland [/spoiler]. Ce sont à cause de ces bémols que ce roman n’est pas un coup de cœur, mais il n’en demeure pas moins une bonne lecture et une belle découverte !


Devant l’entrée, une bouffée de ce qui les attend à l’intérieur leur parvient. Une odeur de renfermé et une chaleur dense, suffocante. Scrutant le couloir enténébré, Celia déclare qu’elle n’entrera pas. Que c’est un endroit à faire des cauchemars.

À faire rêver, aussi. Clemmie imagine les gens qui ont construit cette structure phénoménale, le pharaon momifié qui y a été déposé pour connaître le repos éternel, l’embaumement qui a précédé, tel que conçu par Anubis pour préserver le corps d’Osiris. Chaque livre qu’elle a lu, chaque reconstitution enfantine de ces mythes, chaque soirée de démaillotement et de traduction l’a conduite à ce moment.

dimanche 1 février 2026

Ce que les corbeaux nous laissent - Sophie Leullier.



Dans les contrées normandes du IXe siècle, Tarik et Adalrik grandissent aux côtés de leur maman Galwinthe. 

Lorsque qu'Adalrik est assassiné, Tarik se mure dans le silence. Hanté par le fantôme de son frère, il grandit à la recherche d'une vengeance qu'il espère salvatrice. Noyant son chagrin dans l'alcool et les arnaques, il est convaincu que retrouver les coupables l'aidera à faire son deuil. Bercée par les croyances celtes et vikings, Galwinthe se réfugie dans l'étude de parchemins pour trouver comment guider Adalrik dans le royaume des morts.

Ensemble, ils vont découvrir que le sort d'Adalrik était scellé depuis des années. Depuis un événement dramatique lié à Galwinthe...



Dans les contrées normandes du IXe siècle, Galwinthe est une sorcière et soigneuse en exil, jouissant d’une vie paisible avec ses deux garçons, Adalrik et Tarik… jusqu’à ce que son passé la rattrape et que sa famille n’en paye le prix. La petite famille se retrouve brisée à jamais lorsque le fils aîné meurt assassiné. Témoin de la scène, le jeune frère n’aura de cesse de ruminer ses rêves de vengeance tandis que la mère tente à tout prix de reproduire les rites pour permettre de revoir son fils une dernière fois avant de lui assurer le repos éternel, car son esprit rode toujours…


Ce que les corbeaux nous laissent est un récit fort et poignant, sous fond de décors viking et médiéval, qui raconte les différentes phases d’un deuil suite à une mort survenue brutalement et soudainement, de la lente et difficile période de reconstruction, mais aussi de vengeance et du prix que cela demande. Galwinthe se plonge dans le travail et se réfugie dans ses croyances, tout en se coupant du reste du monde, dans le but de retrouver le corps de son fils pour faire son deuil, et lui donner une sépulture pour lui permettre de reposer enfin en paix. Quand à Tarik, il est ombrageux et est rongé par la vengeance qui le consume à petit feu, sourd à sa mère et aux conseils bien avisés de son employeur, tandis qu’il se retrouve également hanté par le fantôme de son frère, et qu’il culpabilise de n’avoir su le sauver. Noyant son chagrin dans l’alcool et les arnaques, il est convaincu que retrouver les coupables l’aidera à faire son deuil.



À travers cette histoire, on fait également face à la condition des femmes, accusées en premier des maux qui s'abattent sur une communauté. On suit également une mère et son fils, survivants d’une tragédie brutale, et le chemin choisi face au deuil. C’est une histoire pleine d’émotion qui parle de deuil et de vengeance, mais qui est également douce-amère avec Aldarik qui s’adresse à son frère et tente de le déguiser, la lente reconstruction de Tarik et sa mère. J’ai aimé que le récit mélange les croyances celtes et vikings et nous fasse naviguer entre le monde des morts et celui des vivants. C’est une lecture poignante, parfois violente, mais qui se termine avec un peu d’espoir et de couleur. J’ai bien aimé les graphismes et les couleurs, certaines pages rappellent les enluminures des ouvrages médiévaux.


En résumé, une bande-dessinée poignante et brutale, qui mélange les croyances celtes et vikings, avec une atmosphère mythique et mystique, une histoire aux tons doux et amers qui ne laisse pas indifférent.


dimanche 23 avril 2023

Hadès & Perséphone (T.1) A touch of darkness - Scarlett St. Clair.


Après s'être installée à Nouvelle Athènes, la jeune déesse Perséphone espérait mener une vie discrète, dans la peau d'une journaliste mortelle. Tout change lorsqu'elle s'assied pour jouer une partie de cartes avec un étranger hypnotique et mystérieux, dans une boîte de nuit branchée.

Après sa rencontre avec Hadès, Perséphone se retrouve liée par un contrat avec le dieu des Ténèbres, dont les conditions sont impossibles : Perséphone doit créer la vie dans le monde souterrain ou perdre sa liberté à jamais.


Alors qu'elle s'efforce de semer les graines de sa liberté, son amour pour Hadès grandit, un amour à la fois envoûtant et interdit.



Imaginez une rencontre entre la mythologie grecque et 50 nuances de Grey.



Voici leur bébé.



J’avais pourtant, au préalable, lu quelques critiques négatives de ce roman, extraits à l’appui, mais j’étais tout de même curieuse de le découvrir pour m’en faire ma propre idée, désireuse de comprendre l’engouement général et notamment celui de ma sœur qui me l’a chaudement recommandé, et aussi car je suis attachée à la mythologie grecque et plus particulièrement l’histoire d’Hadès et Perséphone.



Quelle lecture longue et laborieuse ce fut !



Les personnages sont creux et inintéressants, à commencer par les protagonistes. Perséphone est le cliché de la jeune femme qui n’est « pas comme les autres filles », qui est une déesse mais se fait passer pour une mortelle par envie de liberté et rébellion envers sa mère. Elle est cruche, ne sait pas ce qu’elle veut et ne sait pas se décider concernant Hadès, entre le considérer comme un salaud de la pire espèce ou un pauvre bisounours incompris. Hadès est le cliché du mec beau, ténébreux, mystérieux et torturé. Il est hautain et arrogant mais, au fond de lui, il se soucis de ses sujets et a bien des blessures dans son âme tourmentée. Déméter est présentée comme une mère tyrannique qui ne voit sa fille que comme une possession, qui mettrait des caméras dans sa chambre et un bracelet électronique autour de sa cheville si elle le pouvait. Lexa est le cliché de la meilleure amie fêtarde et fashionista qui traîne Perséphone en boîte et veut la dévergonder. Hermès est le cliché du gay efféminé qui devient pote avec l’héroïne et veut des détails croustillants sur sa vie amoureuse et sexuelle. Hécate ne m’a pas laissé grande impression, et quasiment la totalité des personnages hurlent « NOTRE REINE » quand Perséphone respire en direction d’Hadès, insinuant à tout bout de champ que c’est sa destinée de devenir son épouse et reine, et pourquoi pas lui faire des bébés, c’était pénible. Mais, grosso modo, les personnages secondaires ont un rôle de figurants et ne servent quasiment à rien dans l’histoire.



Je n’ai pas non plus été convaincue par la relation entre Hadès et Perséphone, qui réunit tous les pires clichés et ingrédients du genre New Romance. Leur relation n’a aucune tension amoureuse, aucun développement, tout se passe très vite, la seule chose qui lie nos personnages, c’est le sexe. Ils se connaissent à peine que hop, ils sont déjà dans les bras de l’autre. Ajoutons à cela des scènes de cul comme s’il en pleuvait, Hadès qui nous sort des « chérie » hautains et condescendants à tout bout de champ, des scènes plus que douteuses avec Hadès avec un consentement de Perséphone parfois très douteux, une infantilisation de la femme, des gestes et paroles supposées nous faire pâmer mais qui sont très cringe [spoiler] Perséphone qui se réveille nue dans le lit d’Hadès et, lorsqu’elle lui demande s’ils ont couché ensemble, il lui répond « Quand je te baiserai, tu t’en souviendras », ou encore lorsqu’il se frotte contre Perséphone endormie [/spoiler]



Ajoutons à cela que la plupart des interactions entre Hadès et Perséphone manquent de cohérence avec les disputes qui n’en sont pas vraiment puisqu’ils ne s’en tiennent pas rigueur bien longtemps, Perséphone qui se répète qu’elle le déteste, qu’il est ignoble, et au final un seul regard de braise fait s’effondrer tous ses principes et la fait tomber dans ses bras et oh mon dieu il est horrible, je le déteste, et oh la laaaaa il est trop beau, le souffle me manque, ma poitrine me fait souffrir… Ok ma chérie, je crois qu’à force de ressentir tout ça quand tu le vois, tu fais une réaction allergique ou une crise cardiaque.



On peut reprendre le mythe d’Hadès et Perséphone de plusieurs façons, mais on sent clairement ici que l’auteure a repris 50 nuances de Grey. Une étudiante en journalisme qui doit interviewer beau mâle sombre et ténébreux, les deux personnages liés par un contrat, les scènes de cul à répétition, merci mais non merci. Qu’on soit bien clair, les scènes de sexe ne me dérangent pas, encore faut-il savoir bien doser le nombre de scènes et surtout savoir bien les écrire.



Il y a tout de même quelques points positifs, même s’ils ne sont pas nombreux et ne suffisent pas à sauver ce monument de nullité. Le mélange entre notre monde moderne et la mythologie est intéressant, il apporte un nouveau souffle aux mythes anciens et c’est une appropriation moderne plutôt intéressante, mais hélas trop peu exploité au profit de la romance… Les scènes avec Cerbère m’auront quand même arraché un sourire, et Perséphone a tout de même quelques moments où elle déchire, c’est rare mais ça arrive sur la fin [spoiler] lorsqu’elle utilise ses pouvoirs [/spoiler]. J’ai également trouvé intéressant l’aspect véritable des divinités et ce qu’ils choisissent de dissimuler et de montrer au commun des mortels.



J’ai aussi été intriguée par le fait que Perséphone, pourtant déesse du printemps et fille de Déméter, soit incapable de faire pousser fleurs et plantes… qui meurent à son contact, ce qui m’a fait m’interroger sur le pourquoi et le comment, et comment les choses allaient évoluer, d’autant plus que son contrat avec Hadès stipule qu’elle doit lui créer un jardin. Malheureusement, on la voit trop peu à l’œuvre et, tenez-vous bien, ce qui l’aide à créer ce jardin et récupérer ses pouvoirs c’est… [spoiler] une partie de jambe en l’a… l’amouuuuuuur. Donc si je comprends bien, elle avait juste besoin de… TOMBER AMOUREUSE pour récupérer ses pouvoirs ?? S’émanciper, devenir puissante et tout le tralala ? Tu parles d’un message ! [/spoiler]. C’est vraiment dommage car si cette partie ainsi que l’aspect mythologique avec les différents dieux dans notre société avaient été plus développés, cela aurait rendu le roman un tantinet plus intéressant. Bref, du potentiel mais très mal et même trop peu exploité.


En résumé, des personnages creux et inintéressants, une « romance » qui réunit tous les pires clichés du genre New Romance, un aspect mythologie/modernité trop peu exploité, beaucoup trop de scènes de sexe. Une lecture longue et laborieuse, qui n'a d'enfer que ce qu'elle m'a fait subir. Je ne suis clairement pas le bon public pour ce roman et le laisse volontiers à d'autres plus enthousiastes ! Pour ma part, c’est un flop et je ne lirais pas la suite…


Sur ce, je m'en vais retrouver le seul et unique Hadès, l'icône indémodable qui ne déçoit jamais.



Ceci a été mon ressenti sur une bonne partie du roman, pour le reste j'ai
plutôt pleuré de rire tant ça frisait le ridicule