samedi 10 juin 2017

La femme du gardien de zoo - Diane Ackerman.

L'auteur : Née en 1948, Diane Ackerman est une écrivain américaine. Autrefois professeur de littérature, elle est aujourd'hui romancière, poète, essayiste et naturaliste, et collabore à des revues, journaux et publie aussi des livres pour enfants.

Quatrième de couverture :

Jan et Antonina Zabinski dirigent le zoo de Varsovie quand éclate la Seconde Guerre mondiale. La Pologne est envahie et bientôt règne la barbarie.

Les animaux ont été tués sous les bombardements, envoyés à Berlin ou ont servi de gibier aux officiers allemands. Jan et Antonina se mettent alors à élever des porcs – officiellement pour les troupes, officieusement pour nourrir les habitants du ghetto. Surtout, ils profitent d’un réseau de souterrains reliant les cages pour y cacher des juifs et les faire quitter le pays… 

Grâce au courage de ce couple, trois cents d’entre eux seront sauvés. Inspiré du journal intime d’Antonina Zabinski, ce récit retrace le combat d’un couple soucieux de la cause animale qui s’engage dans une lutte secrète contre l’oppression nazie. Un très beau portrait de femme, où l’abnégation et la générosité côtoient la cruauté et l’horreur.

Mon avis :

J'avais beaucoup d'espérance et d'enthousiasme pour ce roman après avoir découvert la bande-annonce du film qui envoyait du pâté ! C'est donc avec beaucoup d'entrain que j'ai débuté la lecture de ce roman... qui m'aura au final déçu.

Je suis pourtant une grande amatrice de livres sur la Première ou la Seconde Guerre mondiale, et après ma lecture du Pianiste, je m'intéresse à la Pologne pendant la période de la seconde guerre. Ce livre avait donc tout pour me plaire, et il n'est pas mauvais pour autant ni dénué de tout intérêt ! Cette lecture fut vraiment intéressante dans l'ensemble, même s'il y a des points négatifs qui ont gâché ma lecture et qui ont fait que je n'ai pas su apprécier ce livre comme je l'aurais fait en temps normal.

J'ai apprécié découvrir la véritable histoire de Jan et Antonina Zabinski, qui dirigeaient le zoo de Varsovie. Un couple courageux, soucieux des animaux, dans leur lutte secrète contre l'oppression nazie en utilisant le réseau de souterrains reliant les cages des animaux pour y cacher des Juifs. Grâce à leur courage, 300 Juifs furent sauvés et leur valurent d'être considérés comme des Justes à la Nation. L'histoire de ce couple est vraiment intéressante, et je serais vraiment curieuse de découvrir le film au cinéma (s'il daigne sortir en France un jour).



L'affiche du film, avec Jessica Chastain
dans le rôle d'Antonina Zabinski.
Cependant, le soucis majeur du livre est le mélange des genres : j'ai trop souvent eu cette impression que l'auteur n'arrivait pas à se décider entre écrire un récit romancé ou un témoignage/une biographie. Le mélange des deux genres fut assez déroutant et m'a empêché d'apprécier totalement l'histoire. L'auteur écrit l'histoire de façon romancée, puis au bout d'un moment on peut lire des "Comme nous pouvions le lire dans le journal d'Antonina" ou alors plusieurs longs paragraphes biographiques sur tel personnage ou sur un événement historique ou sur le contexte historique, pour revenir plus tard au style romancé. Cela m'a pas mal bloqué dans ma lecture et au final, j'avais plus hâte d'en finir avec le livre que de découvrir comment tout s'est terminé pour Antonina et sa famille, ce qui est dommage car de nombreux sujets évoqués dans le roman restent intéressants.

Cependant, le mélange de narration est le seul gros soucis que j'ai à reprocher au livre, car le sujet de base est intéressant : découvrir la Seconde Guerre mondiale sous une autre facette, à travers deux gérants d'un zoo et l'évolution du zoo tout au long de la guerre. Prospère, dynamique et plein de vie avant le conflit, il va connaître une période sombre pendant la guerre alors que les bombardements ravagent la ville et que le zoo est peu à peu démantelé par les soldats allemands qui n'hésitent pas à s'approprier les animaux ou à les tuer sas aucune pitié. Ce roman nous permet aussi de découvrir une facette méconnue de l'idéologie de la race supérieure à travers... les animaux. L'idée de purification et de race supérieure ne s'est en effet pas arrêtée aux hommes car les soldats avaient pour ordre de décimer la flore et la faune de Pologne pour introduire les espèces acceptées par l'Allemagne, et ça va même jusqu'à l'idée de recréer des espèces éteintes ! De plus, on apprend des choses intéressantes sur les divers animaux présents dans l'ouvrage, ainsi que sur la résistance polonaise, la survie dans le ghetto de Varsovie, etc. On sent que l'auteur a fait beaucoup de recherches pour la construction de son livre, et on ne peut pas ne pas apprécier ses efforts.

En somme, un roman assez intéressant dans son ensemble qui nous permet de découvrir la Seconde Guerre mondiale sous une autre facette et à travers un couple altruiste, courageux et attachant, mais malheureusement une narration changeante qui m'a beaucoup dérangé et freiné dans ma découverte et l'appréciation du roman.


Jan Zabinski, posant pour un magazine, en mars 1967.

Ce billet est une participation au :


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire