vendredi 15 mai 2009

Le dernier jour d'un condamné - Victor Hugo.

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Pour aller plus loin :












Quatrième de couverture :   


"Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !"
Victor Hugo nous donne juger, sans autre dossier qu'un journal intime, la cause d'une main criminelle mais aussi d'un être jeune, impuissant et horrifié face au défi de violence de la guillotine.

Mon avis :  


Je devais être en seconde lorsque j'ai lu ce roman, étudié en classe de français. En toute honnêteté, comme à l'époque j'avais une certaine méfiance au sujet des classiques, je m'attendais à trouver là un roman ennuyeux et de lourd, d'autant plus qu'il n'abordait pas des thèmes bien joyeux. Mais quelle claque j'ai reçu ! Car je suis en fait tombée sur une petite merveille merveilleusement bien écrit, et même plus que ça ! Une plume superbe qui écrit avec beauté et justesse les mots, avec des moments touchants, un peu d'humour noir, d'ironie, une belle histoire racontée simplement, mais qui, en elle-même, est moralisatrice, bouleversante et percutante !

Et pourtant, je dois avouer être bien mitigée sur le sujet de la peine de mort, à la fois favorable et à la fois défavorable, cela n'a pas été aisé de prendre part aux débats lancés en classe de français, alors qu'on étudiait le roman, sur la question, à savoir si on était pour, contre et pourquoi mais il est bien difficile de rester insensible face à ce roman et au malheureux condamné qui est le personnage principal, et pourtant, il est déroutant de savoir que l'on ne sait pratiquement rien du condamné ! On ignore quel crime il a commis, s'il est coupable ou innocent... ce qui est étonnant et frustrant, mais qui est peut-être une démarche volontaire de Victor Hugo. Peut-être qu'en ignorant presque tout du condamné et de son crime, le lecteur ne peut le juger (du genre, "oh, il a fait ça ! alors sa peine est justifiée !"), à la place, il nous fait connaître son malheureux personnage, page après page. 

C'est un homme ordinaire, il n'est ni bête ni intelligent, il est quelqu'un de simple mais qui passe son temps à redouter sa condamnation, d'appréhender sa mort au lieu de se repentir de son crime, même s'il est vrai qu'il n'y a rien de plus terrifiant d'être seul dans l'attente insupportable de la mort et c'est très prenant, il angoisse beaucoup et jusqu'à la fin, il attendra, espérera un miracle qui pourrait le sauver de sa situation, et qui écrit parce que c'est la seule chose qui l'occupe, pour combler l'attente. Ce livre nous fait réfléchir sur la peine de mort et on sent bien l'intention de l'auteur de mettre le lecteur à sa cause, adopter son point de vue, comme dans Claude Gueux, et si ma préférence va à Claude Gueux (en partie parce qu'on connaît mieux le personnage, et aussi pour la narration de l'auteur qui s'attarde plus sur certains éléments, Ldjdc se déroulent en quelques heures et CG en plusieurs mois), ce roman est prenant, le passage qui m'a le plus marqué était lorsque la fille du prisonnier vient lui rendre visite, mais sa fille ne le reconnaît pas. C'était très triste et très dur.

J'ai déjà parlé de l'écriture de Victor Hugo, belle mais simple, et très abordable, presque moderne, j'ai été conquise et c'est un auteur que je lirais à nouveau un jour (en plus des deux titres déjà cités, je possède dans ma bibliothèque Ruy Blas et Notre Dame de Paris). En conclusion, c'est un roman bien déprimant qui prend aux tripes, c'est loin d'être joyeux et vu le thème, c'est compréhensible, c'est prenant, révoltant, à la fin on ne se demande même plus de quel crime le prisonnier est coupable, la vraie question serait plutôt s'il est juste de s'octroyer le droit d'ôter la vie à quelqu'un, d'octroyer le droit de vie ou de mort sur ses semblables.

Victor Hugo.


Extrait : 


Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot, m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.

Chapitre I.

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