Qu'est-ce que ce manuscrit inédit du docteur Watson, le fameux
confident de Sherlock Holmes, parvenu un jour sur le bureau d'Ellery Queen ? Une
énigme vieille de près d'un siècle ! En 1888, une trousse chirurgicale a mis
Holmes sur la piste du plus grand criminel de tous les temps : l'ignoble Jack
l'Éventreur. Aussi, suivi de son fidèle Watson, plongera-t-il dans les bas-fonds
de Londres de cette fin de siècle où, dans l'épaisseur du fog, se dissimule la
misère la plus noire. Mais les pièces du puzzle ne se trouvent pas que dans les
taudis et l'insaisissable Jack l'Éventreur tiendra plus d'une fois le célèbre
détective en échec.
Je découvre Ellery Queen avec ce pastiche holmesien où notre célèbre détective est confronté à l'un des plus célèbres criminels, Jack l'Eventreur !
C'était assez différent de ce à quoi je m'attendais, il nous présente un double récit pour une double enquête entre Ellery Queen, détective, qui cherche à savoir qui lui a fait parvenir le manuscrit de Watson, ne croyant pas à l'authenticité du document, et Watson qui nous relate la traque de Jack l'Eventreur par Sherlock Holmes.
Ellery Queen se met donc en quête de l'expéditeur du manuscrit tandis que Holmes, des décennies plus tôt, reçoit lui-aussi un étrange colis contenant une trousse de chirurgien à qui il manquerait un instrument : le
scalpel. J'ai plutôt bien aimé ce jeu
d'alternance, d'autant plus que ça ne dure jamais longtemps, on a pas le temps
de s'ennuyer avec Ellery Queen ou d'être frustré d'avoir été
coupé du récit de Watson, et on repart bien vite dans l'enquête
de Sherlock Holmes. Ma préférence va bien-sûr à l'enquête de Holmes, d'une part parce que l'affaire Jack l'Eventreur m'intéressait davantage, et parce que j'étais plus attachée aux personnages, d'autant plus qu'Ellery Queen est plutôt en retrait ici donc on en sait pas plus sur lui...
Le décors est bien posé, on passe d'une ambiance à une autre en même temps que les personnages. Le Londres de la fin du XIXe siècle est bien retranscrit, l'ambiance, l'atmosphère, les personnages, les rues de Londres sombres et malfamées. L'enquête est tout ce qu'il y a de plus classique avec beaucoup de dialogues et d'action. S'y ajoute, à ma grande surprise, un respect des personnages de Conan Doyle. Sherlock Holmes est fidèle à lui-même, un vrai détective au sang froid indomptable, à l'intelligence aiguisée, aux déductions surprenantes, son calme et son flegme britannique ainsi que le docteur Watson, la touche humaine et chaleureuse du duo, la tête foncée mais le cœur grand, il y a cette solidarité et ce respect mutuel entre les deux, l'un s'inquiète pour l'autre et aussi vice-versa et il y aura de quoi s'inquiéter dans ce roman puisque le Maître finit par s'intéresser au grand criminel qui ait jamais hanté les ruelles de Londres : Jack l'Eventreur. Mais parfois Holmes est dur et froid avec Watson qui parfois lui en veut mais est incapable de garder sa rancœur bien longtemps.
J'ai d'ailleurs eu l'impression de lire du Doyle, Ellery Queen ont construit leur roman comme un roman holmesien de Doyle, un véritable plaisir, aucune infidélité à l'œuvre de Doyle, les auteurs se sont voulus le plus fidèle possible. Ils posent bien le décors, l'ambiance de ce Londres assombri, inquiétant sous l'ombre de l'Eventreur. On passe du confort et de la chaleur de Baker Street aux rues menaçantes du Londres de l'ère victorienne, à la recherche de Jack l'Eventreur, avec une enquête bien ficelée et menée, malgré des éléments parfois tirés par les cheveux. La lecture fut sympathique, le roman se lit avec plaisir et rapidité, mais bien que lu il y a seulement quelques jours, le souvenir s'en estompe déjà. Dommage...
(...) - Cet après-midi, si vous êtes libre, nous irons voir mon frère Mycroft à son club. Je crois qu'une consultation nous serait salutaire. A certains points de vue, les talents analytiques de mon frère sont supérieurs aux miens.
- Je sais la grande estime que vous avez pour lui.
- Evidemment, il est ce qu'on pourrait appeler un talent sédentaire, en ceci qu'il a horreur de se déplacer. Si l'on inventait une chaise roulante capable de transporter les gens de chez eux à leur bureau et de leur bureau chez eux, Mycroft en serait le tout premier acheteur.5. Le club Diogène.
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