mardi 22 mars 2011

Un sac de billes - Joseph Joffo.

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L'auteur :
 
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Joseph Joffo, né en 1931 à Paris, est un écrivain français, de religion juive, connu pour avoir conté son enfance durant l'Occupation Allemande de la France, dans son livre Un Sac de Billes.


Emprunt médiathèque.
/ ! \ Challenge Histoire. / ! \

Quatrième de couverture :

Paris, 1941. Joseph a dix ans. Dans le pays occupé par les Allemands, Joseph et Maurice, son frère, tentent de gagner la zone libre. Un magnifique roman, qui est aussi une belle leçon de courage.


Mon avis :

J'ai entendu parler de ce livre pour la première fois à l'école primaire me semble-t-il, mais n'étant pas encore la férue d'histoire et la dévoreuse de livres que je suis aujourd'hui, je n'ai pas poussé la curiosité plus loin jusqu'à ce que je croise de nouveau ce roman (puis-je vraiment parler d'un roman ?) à la médiathèque. Je l'emprunte et met à profit mes quelques heures de libre à la fac pour entamer et terminer ce livre en deux jours.

Alors, que raconte ce livre en gros ? C'est comme un témoignage, un récit de vie que l'auteur nous offre, il nous conte son enfance juive depuis l'Occupation, à partir de 1941 plutôt, jusque Juillet 1944 et un peu plus après. Joseph Joffo est le fils cadet d'une famille de coiffeur du 18e arrondissement de Paris, et quand survient la guerre, les persecutions contre les Juifs commençent et prennent une ampleur suffisament importante pour que les parents Joffo, inquiets, ne décident d'envoyer leurs deux fils, Maurice et Joseph, à Dax, où se trouvent des gens de leur famille comme Henri et Albert qui hebergent les deux frères en attendant la venue des parents qui doivent les rejoindre. Bien-sûr, tout ne s'arrête pas là, en fait ce voyage Paris jusqu'au Sud de la France à Dax ne s'arrête pas là. C'est le début d'une longue suite de voyages où les deux frères doivent démentir leur indentité juive et se réfugier dans la Zone Libre, occupée par Vichy, en espérant fuir sans cesse les Allemands ou autres qui arrêtent les Juifs sur leur passage. Ils ne doivent jamais rester au même endroit trop longtemps si la situation finit par mal tourner. Dax, Marseille, Lyon, Golfe Juan, Montelimar, Montluçon, Valence... on découvre toutes ces villes à la fois alors qu'on suit Maurice et Joseph de 1941 à 1944. Ils parviennent parfois à mener une vie plus ou moins tranquille pendant quelques temps, sans s'inquièter des Allemands, mais la peur est présente, et je comprends, il en faut du courage pour voyager seuls, sans beaucoup d'argents et de vivres, dans la crainte perpétuelle d'être découvert. Petits boulots, un peu d'école, de vacances au soleil, retrouver la famille oui, mais le répit ne dure jamais longtemps, du jour au lendemain, les Allemands peuvent surgir, surtout depuis l'invasion de la Zone Libre en 1943. Fuir, nier être juif, survivre à la guerre... ce n'est pas facile pour deux jeunes garçons, mais ensembles, ils resteront unis jusqu'à la fin de la guerre.

J'ai aimé ma lecture, je ne me suis pas ennuyée un seul instant, tout ce que je souhaitais était suivre Joseph et son frère dans leur quotidien durant la France des années 1940, leur enfance dans une atmosphère peu favorable pour les juifs. Je ne dirais pas que ce livre m'a beaucoup émue puisqu'en tant que passionnée d'Histoire et en particulier de cette période, j'ai déjà lu au moins une bonne dizaine de témoignage portant sur le sujet. Mais dire que ce livre ne m'a pas touchée du tout serait mentir, bien au contraire, j'ai souvent eu peur pour Joseph, son frère, sa famille, d'autant plus que c'est une histoire vraie, ces personnes ont réellement existé et cela rend le texte plus vivant, plus touchant. J'ai beaucoup aimé l'écriture, selon le point de vue de Joseph, touchant, triste, drôle, l'esprit d'un enfant devant grandir dans un pays occupé par l'ennemi. L'auteur nous raconte tout cela avec beaucoup d'émotion. Certe, il n'a pas vécu l'horreur de centaines de millions de juifs [ tortures, camps de concentration, déportation ], Joseph a eu la chance de vivre le plus normalement possible pendant une guerre mondiale quand le pays qu'on habite est occupé par l'ennemi qui traque les juifs, j'ai été agréablement surprise sur ce coup mais n'allez pas croire que je voulais que pareilles horreurs arrivent, disons que influençée par d'autres récits, je m'attendais presque à [ déportation, camps... ] et j'ai été ravie de voir qu'au moins, ils ont pû y échapper malgrè quelques moments difficiles à vivre [ la peur, la fuite sans cesse, sans compter que les parents ont été emmené par les autorités, et que s'ils ont réussi à s'en sortir, le père finit par mourir alors qu'il a été déporté, et que Joseph et Maurice ont été interrogés plusieurs jours de suite par la Gestapo, je m'attendais presque à ce qu'ils soient découverts en tant que juifs mais même sous pression, jamais ils n'ont avoué qu'ils étaient juifs et durent sans cesse inventer pour se sortir de ce mauvais pas ].

J'ai trouvé que c'était une jolie histoire, parfois dramatique, parfois drôle, contée avec l'innocence d'un enfant, j'admire le courage et la tenacité dont on fait preuve les deux frères, et les aides qu'ils reçurent [ le directeur d'un camp pétainiste, un curé dans le train, un pasteur... ] et qui leur permirent d'échapper à la cruauté des Nazis. Bref, un livre bien sympathique, rempli d'aventure, d'humour et d'émotion. J'ai également aimé les notes de fins, où l'auteur parle à ses lecteurs, réponds à leurs questions, et nous explique des sujets revenants dans son livre, il me semble proche de ses lecteurs et toujours prêt à répondre. J'ai pris plaisir à lire son texte de fin à ses lecteurs, belle initiative ! Je trouve que c'est là un beau livre à faire découvrir aux plus jeunes.

Extrait :

Ce que je comprends le moins, c'est la violence de ce soldat. Sa mitraillette braquée, ses bourrades, ses yeux surtout, j'ai eu l'impression que le rêve de sa vie aurait été de m'enfoncer dans le mur et je me pose la question : pourquoi ?
Je suis donc son ennemi ? On ne s'est jamais vus, je ne lui ai jamais rien fait, et il veut me tuer. [...] Et puis, voilà que cette guerre, voulue, faire par des adultes aux cravates toujours très strictes et aux médailles toujours plus glorieuses, aboutissait en fin de compte à me jeter, moi, un enfant, à coups de crosse, dans une pièce fermée, me privant du jour, de la liberté, moi qui n'avait rien fait, qui ne connaissais aucun Allemand [...]
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8.

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