mercredi 7 septembre 2016

Les Combustibles - Amélie Nothomb.

Du même auteur :


Emprunt médiathèque.

Quatrième de couverture :

La ville est assiégée. Dans l'appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l'étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres...

Tout le monde a répondu une fois dans sa vie à la question : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? Dans ce huit clos cerné par les bombes et les tirs des snipers, l'étincelante romancière du Sabotage amoureux pose à ses personnages une question autrement perverse : quel livre, quelle phrase de quel livre vaut qu'on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ?

Mon avis :

De retour avec un Amélie Nothomb, une sorte de huis clos cette fois-ci. Je dois cependant avouer qu'il ne s'agit pas du meilleur Amélie Nothomb que j'ai lu, heureusement le livre est court et se lit sans qu'on ait à se forcer. 

Comme la plupart de des écrits de l'auteur, l'histoire consigne des longs dialogues, des affrontements oraux entre les personnages, des répliques cinglantes ou cyniques, des débats presque philosophiques avec des questions existentielles. Malgré le sujet et mon amour pour des œuvres de Nothomb présentant ces mêmes caractéristiques, je n'ai pas trop accroché et j'ai lu les dialogues sans m’appesantir sur les réponses philosophiques et questions existentielles. Ce qui est dommage car le cadre de l'histoire est prometteur : dans une ville assiégée, victime de la guerre, trois personnages sont reclus dans une pièce vide de tout meuble, sauf d'une chaise et de livres. Ces personnages : un professeur, son assistant Daniel et sa petite-amie Marina (j'ai été légèrement surprise du choix des prénoms, l'auteur est plus ou moins connue pour donner des prénoms originaux à ses personnages). La pièce est sombre et froide. Tous les meubles ont été utilisés pour se chauffer. Ne restent plus que les livres du professeur érudit. Pour survivre, il faut brûler des livres ! Oui, mais lesquels ? Est ainsi mis en place un long débat sur les livres à conserver et les livres à brûler. Quels livres méritent d'être sauvés et pourquoi ? Quels livres sacrifier ? Qu'est-ce qui fait qu'on accorde une importance à un livre ?

Bien qu'il s'agisse d'un débat intéressant, je n'ai pas réussi à m'y intéresser d'autant plus que l'auteur a évoqué de nombreux livres que je ne connais pas. Non, je n'ai pas réussi à trouver ces débats intéressants, il manquait de profondeur, de plus d'éléments, que certaines choses soient plus développées. Cependant, l'auteur - il me semble - écrit ce livre au début de sa carrière, cela peut expliquer un manque de maturité ou tout simplement ce manque que j'ai ressentis au cours de ma lecture, car je n'ai pas ressenti ce problème chez les autres livres, plus récents, de l'auteur. Le sujet du livre est toutefois bien trouvé ! Cela vaut quand même que l'on se pose ces questions soi-même (ça ferait même un bon sujet pour le bac philo d'ailleurs !), donc ce livre a au moins de mérite de soulever ces interrogations et que l'on se pose ces questions et se fasse notre propre réflexion !

Concernant les personnages, peu de choses à dire : Daniel est sans saveur (en tout cas, il ne m'a pas marqué plus que ça ce garçon !), en revanche les deux stars de l'histoire sont sans conteste Marina et le Professeur. Ce dernier est un homme odieux, cynique, un peu misogyne sur les bords, qu'on adore détester. Marina, tout aussi piquante, n'hésite pas à répliquer et montre bien qu'elle ne se laissera jamais faire face à lui, donc du coup ça donne lieux à des dialogues plutôt divertissants. Lui est l'universitaire qui ne vit que pour ses livres, Marina elle cherche à répondre à son instinct de survie en cherchant par tous les moyens à se réchauffer, et Daniel est le jeune homme marqué par la guerre, qui cherche à survivre tout en conservant ses idéaux jusqu'au bout.

Comme je l'ai dit, le cadre est intéressant : un huis-clos dans une pièce sombre et froide tandis que la ville est assiégée et bombardée. Cependant, par choix, l'auteur reste vague sur le contexte : on ignore pourquoi il y a la guerre, qui sont ces envahisseurs nommés Barbares, dans quelle ville ou dans quel pays se situe l'histoire, qu'en est-il du reste de la population, depuis quand la guerre dure, etc. Ce qui est assez dommage d'ailleurs, on ne peut que supposer. J'ai toutefois apprécié la fin de l'histoire. Elle n'est certes pas joyeuse [spoiler] le Professeur brûle les derniers livres, Marina sort dans l'espoir d'être vue et tuée par les envahisseurs car il n'y a plus rien pour se chauffer, en apprenant cela Daniel va la rejoindre. A la fin du feu, le Professeur fera de même ] mais elle sous-entend qu'après avoir détruit les livres (donc la littérature, ce qui fait la culture, la richesse de l'homme), l'homme s'autodétruit, tout simplement, car l'homme n'est rien sans la culture. Sans la littérature, l'homme est insignifiant. Cela clos donc bien l'histoire.

Extrait :

LE PROFESSEUR. Je n'ai plus de combustible. regardez, toutes les tables y sont passées, et même le secrétaire en marqueterie. Brûler les chaises serait une erreur : nous aurions encore plus froid si nous étions assis par terre. Savez-vous pourquoi il fait plus chaud à l'Université ? Parce qu'elle est bombardée sans cesse. A chaque bombardement, vous avez des planchers détruits à brûler. Si les Barbares torpillaient davantage mon quartier, je pourrais vous offrir un gîte plus tempéré.

DANIEL. Ça, c'est ce que j'appelle de l'humour à froid.

LE PROFESSEUR. Mais bravo, Daniel ! Vous voyez bien que la guerre peut rendre spirituel.

DANIEL. Si seulement j'avais l'impression d'être en guerre ! La guerre, c'est se battre, et nous ne nous battons pas. Nous sommes assiégés.

LE PROFESSEUR. Je ne suis pas d'accord. Vous vous battez. Pour nous autres, professeurs, continuer à donner cours, c'est nous battre. Et pour nos étudiants, continuer, en dépit des bombes, à s'intéresser à la place de l'adverbe dans les subordonnées chez les poètes romantiques, c'est se battre.

DANIEL. Je me demande si ça les intéresse. Je les soupçonne de venir au cours parce que l'Université est encore chauffée.

LE PROFESSEUR. Chauffée mais bombardée : ils y risquent leur vie. Ne diminuez pas leur mérite.

5 commentaires:

  1. un poétique bonjour en passant par ici Marion
    A+ du troubadour Emmanuel

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  2. coucou Marion
    comment vas tu ?
    passant prendre de tes nouvelles
    A+ du troubadour Emmanuel

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  3. coucou bonsoir Marion
    je passe prendre de tes nouvelles, en espérant que tu vas bien .
    de mon côté çà va , j'ai crée mon nouveau site musical , si çà te dis d'aller le découvrir , voir sur mon blog dans les liens celui "Emmanuel Férel site"
    t' y trouveras (l'écoute d'extraits de chansons, des vidéos ---)

    bises et A+ du troubadour Emmanuel

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  4. coucou Marion
    te souhaitant un festif et joyeux w end de Noël
    poétiques bises et A+ du troubadour Emmanuel

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  5. bonjour Marion
    passant te souhaiter un bonne année 2017
    bises et A+ du troubadour Emmanuel

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