lundi 26 mars 2018

L'adoption (T.1) Qinaya - Zidrou et Arno Monin.


Les auteurs : Zidrou, de son vrai nom Benoît Drousie, né en 1962, est un scénariste belge de bandes dessinées, qui a collaboré sur de nombreuses bandes-dessinées (Ducobu, Tamara, Boule à zéro, Léonard, etc). Arno Monin est un dessinateur de bande-dessinée français, il a notamment travaillé sur L'Envolée Sauvage, ou L'Enfant Maudit.


Quatrième de couverture :

Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.


Mon avis :

J'ai longtemps été dans une période où j'étais incapable de me concentrer sur un roman, et donc de me replonger pleinement dans la lecture après des mois sans avoir touché un livre. Pour ne pas perdre cette habitude, je me suis penchée sur les bandes-dessinées et j'ai sélectionné plusieurs titres sur Livraddict, dont celui-ci.

Je ne regrette pas cette découverte, même si je n'ai pas encore lu le second et dernier tome, ce premier tome fut une agréable découverte. Nous faisons la connaissance de Qinaya, jeune péruvienne de quatre ans, ayant perdu sa famille et sa maison dans un terrible tremblement de terre ayant sévi dans la ville où elle a vécu. Elle est vite adoptée par une famille française qui tombe très rapidement sous le charme de la petite fille. Tout le monde… sauf le grand-père qui voit d'un œil surpris l'arrivée de cette petite étrangère et accepte, malgré lui, cette nouvelle situation qui bouleverse son quotidien. Cependant, au fil des pages, on voit ce grand-père un peu grognon mais pas dénué de cœur s'attacher peu à peu à sa petite-fille et à la faire entrer dans son quotidien… et son cœur.

Qinaya. Étrange petit œuf de pâques, couvé tout là-bas, au pays des condors, que deux gentilles cloches auront rapporté ici… au pays dont l'emblème est le coq. Quand tu as vu tous ces gens dans le hall de l'aéroport, des larmes te sont venues. Trop d'amour. Trop d'amour d'un seul coup, je veux dire. Trop d'amour tout court ? Qui inventera une échelle pour mesurer l'amplitude des émotions dans le cœur d'une petite fille de quatre ans ?

La bande-dessinée se penche donc sur le thème de l'adoption, mais de façon assez originale car les auteurs ont adopté le point de vue du grand-père, plutôt que des parents ou de l'enfant comme cela se fait d'habitude, et de l'autre car l'enfant est adoptée non pas parce que les parents désirent un enfant mais ne peuvent en concevoir un, mais pour offrir amour et foyer à une petite fille étrangère qui a tout perdu, après une catastrophe dans son pays.

De l'autre, ce qui est attachant et intéressant est la façon dont l'humain est représenté. C'est tellement familier et juste, les auteurs ont repris avec justesse ce qu'on peut ressentir et vivre. Lorsqu'on apprend qu'une catastrophe s'est produite dans un autre pays, on pense « C'est terrible, pauvres gens ! » mais au final, on finit par s'en désintéresser car nous ne sommes pas directement concernés et que cela s'est passé à l'autre bout de la planète. Mais on nous présente aussi une famille, ressemblant à tant d'autres, avec les réunions et les dîners, des grands-parents et leur quotidien, la ville où ils vivent. Il y a le grand-père, un ancien boucher qui a confié sa boutique à un Arabe qui a tout appris de lui, il y a la Sénégalaise qui tient un restaurant dans lequel Gabriel et ses amis se réunissent, il y a Gabriel qui rencontre ses amis un jour qu'il a baptisé le jour des Gégés car lui et ses amis ont tous un nom commençant par G, et que lui et ses amis tenaient autrefois un commerce dans la même rue. 

Un quotidien, une vie, qui ressemblent à tant d'autres et qui sont pourtant attachants car c'est réconfortant, c'est juste. Nous avons une tranche de vie peinte avec tellement de justesse qu'on peut s'y reconnaître, s'identifier, ou que ça peut nous apporter des souvenirs. La manière de raconter l'histoire est naturelle et touchante. Les dialogues sont à la fois touchants et plein d'humour :

« Tu avoueras tout de même qu'elle est mignonne comme un cœur. »
« On voit bien que tu n'as jamais vu de cœur de près, ma chérie ! Parole de boucher ! »
 
« Écoute-moi bien, Gabriel. Qinaya est ta petite-fille et pour un paquet d'années encore ! Il va falloir que tu t'y fasses ! Désormais, elle fait partie de ta vie ! »
« Comme mon arthrose, tu veux dire ? »
 
« Quinoa ? Comme les espèces de graines pour piafs que ma femme essaye de me faire avaler à chaque repas ? »
« Pas Quinoa, Qinaya ! »
 
« Mama Boubou possède le dictionnaire magique pour se faire comprendre de tous les enfants de la terre ! … La carte des desserts ! »

Le point fort, c'est évidemment la relation naissante et grandissante entre Gabriel et Qinaya. Ce grand-père a tout d'abord du mal à s'habituer à l'arrivée de cette petite au sein de sa famille, il a du mal à accepter cette étrangère, il est un peu bougre et maladroit, et pas vraiment à l'aise, mais il se prendra pourtant vite d'affection car, en voyant cette adorable petite bouille et ce sourire, comment résister à cette tendresse et cette sensibilité enfantines ? À travers Qinaya, Gabriel rajeunit et découvre en même temps ce qu'est être grand-père. C'est aussi l'histoire de Gabriel et sa femme, qui s'aiment tendrement depuis des années, entre Gabriel et son fils pour qui il a été un père absent à cause de son travail (ce qu'il rattrape avec Qinaya), entre Gabriel et ses amis, Qinaya et ses parents, Qinaya et ses ressentis par rapport à la catastrophe qui lui a pris beaucoup au Pérou.

Je n'ai rien à redire sur les dessins d'Arno Monin. Le dessin et les couleurs sont douces et agréables à l’œil et le dessin se complète très bien avec les textes de Zidrou. J'ai beaucoup apprécié découvrir un petit cahier graphique à la fin de ce tome, nous présentant plusieurs dessins représentant Qinaya et son grand-père.

Pour résumer : un premier tome touchant et plein de douceurs, sous la magnifique plume de Zidrou et les dessins de Monin, et qui traite de l'adoption sous un angle différent. La fin se révèle un peu grise, et il me tarde de lire le second tome afin de voir comment tout cela va aboutir !


2 commentaires:

  1. re coucou Marion
    en lisant ton article , j'imagine une sympathique bande dessinée .
    bon w end et A+ , bises du troubadour Emmanuel

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    1. Re-bonsoir Emmanuel :)

      Oui il s'agit effectivement d'une sympathique bande-dessinée, drôle et touchante, que je recommande vivement !

      A très bientôt !

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