dimanche 12 juin 2011

Le monde perdu - sir Arthur Conan Doyle.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres2/LeMondePerdu.jpg
 
 
Lecture en ligne ici (VF) ou ici (VO).
 
 
 


 
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/SSHD/MiniLogoDilettantesBlanc.jpg

 
 
Quatrième de couverture : 


Coûte que coûte, Ned Malone a décidé qu'il arriverait à arracher une interview au professeur Challenger. C'est un savant réputé, mais colérique et redoutable, qui n'a que mépris pour les journalistes. Contre toute attente, c'est lui qui entraînera Ned au coeur de l'Amazonie pour d'inoubliables expériences dans un monde perdu où l'évolution s'est arrêtée des millions d'années plus tôt.



Mon avis :
 

C'est en rééditant mes articles sur Jurassic Park et Le monde perdu de Michael Crichton que j'ai eu l'envie de lire quelque chose sur les dinosaures ; pas une encyclopédie ou un quelconque livre expliquant tout ce qu'il y aurait à savoir sur les dinosaures mais bel et bien un roman, et bien que ce ne soit pas un thème récurrant dans la littérature, j'avais Le monde perdu de Conan Doyle.


Pour l'amour d'une femme qui ne rêve d'épouser que des hommes aventuriers ayant fait quelque chose de palpitant et dangereux, Edward Malone, dit Ned, journaliste irlandais, décide de consacrer son prochain article à une activité dangereuse et intéressante qu'il pourrait tenter. Son patron lui suggère de rencontrer le professeur Challenger, zoologiste célèbre qui serait revenu d'Amérique du sud avec une histoire que personne ne croit et des photos que l'on dit truquées. Il aurait découvert en Amazonie des animaux jamais vus auparavants par des yeux humains, un monde peuplé d'une faune et flore inconnues remontant à l'âge du jurassique. De tels animaux ayant vécu il y a des millions d'années auraient survécu en Amérique du sud. Ned tente d'approcher ce personnage à la langue sarcastique mais au génie reconnu qui se montrerait violent avec les journalistes depuis son expédition. Se faisant tout d'abord passer pour un étudiant, Ned est pourtant vite démasqué mais quelque chose chez lui plaît au professeur qui se décide à révéler une partie de son aventure avant d'annonçer son désir de retenter l'expérience en compagnie de quelques personnes volontaires...


Ce n'était certes pas aussi parfait (si la perfection existe) que Jurassic Park et Le monde perdu de Crichton que j'avais lu et qui m'avaient émerveillé au plus haut point, mais c'était une lecture très satisfaisante. J'appréhendais un peu, j'ignore pourquoi, mais en même temps je souhaitais lire plus de Conan Doyle que son héros célèbre, Sherlock Holmes, bien que je sois une admiratrice du détective anglais. Ici il s'agit d'une aventure du professeur George Challenger, un personnage très particulier. Il est intelligent, passionné, orgueilleux, parfois violent, sarcastique mais génial. Il rappelle un peu Sherlock Holmes par son intelligence et ses paroles ironiques et moqueuses, malgrè toutes les différences entre ces deux personnages géniaux. Il reste un personnage impressionnant. J'ai beaucoup aimé Ned Malone, journaliste de 23 ans, qui parvient à s'approcher suffisament du professeur pour que celui-ci lui fasse quelques révélations et l'invite dans les tréfonds de l'Amérique du sud pour une nouvelle excursion, Ned est une figure sympathique et chaleureuse, il m'a fait pensé, à bien des moments, au docteur Watson. Parfois naïf, sceptique d'abord face à Challenger mais finissant par entrer en admiration devant le génie, courageux, avide d'aventures, pas une lumière mais un conducteur de lumière bien que je trouve franchement idiot de risquer une aventure dangereuse et risquée pour amour pour une femme qui consentira peut-être à vouloir de lui que s'il est célèbre, surtout si sa célèbrité est dûe à quelque chose de dangereux et palpitant qu'il aurait fait. Au final, cette pauvre bonne femme [ ne prend même pas la peine de l'attendre et se marie avec un autre ], encore heureux que ça se finisse quand même bien pour le pauvre Ned.


Niveau personnages, parmi les plus présents se trouvent aussi le professeur Summerlee et ça fait des étincelles avec Challenger ! Les deux professeurs sont rivaux et aussi scientifiques donc experts dans le domaine, et Summerlee est rarement d'accord avec Challenger, dons sceptique à propos du premier voyage de Challenger, il décide de faire parti du groupe pour la seconde excursion, et les piques tombent souvent entre les deux, d'autant plus que Summerlee a la langue acide, un humour sarcastique, ironique et provocateur, comme son rival et il arrive parfois que les deux se chamaillent comme deux gamins pendant les pires moments quand ils ne se taisent pas pour entrer en extase devant la faune et la flore de l'Amazonie. C'est assez comique et dérisoire leurs gamineries ou leurs manies de s'extasier sur les paysages ou créatures même quand le moment est très mal choisi. Ca apporte un peu de légèreté dans le roman, un peu d'humour, et c'est ce que j'ai surtout aimé dans le roman, il y a de l'humour, surtout de l'humour moqueur mais de l'humour, plus que dans Sherlock Holmes.

Sinon, autre personnage important, il y a Lord John Roxton, aventurier et chasseur de grande renommée, avide d'action, cette aventure ne pouvait que lui convenir. C'est un personnage tout aussi sympathique, plutôt attaché à Malone qu'il appelle par des surnoms lui faisant rappeller à quel point Malone est jeune et inexpérimenté dans beaucoup de domaine, comme 'bébé' mais ça c'est dans ma traduction parce que le mot sonne bizarre dans mon ouvrage : dans la VO, Roxton appelle Ned 'young fellah' ou 'sonny' qui pourrait se traduire en 'fiston' ou 'jeune homme' et pas bébé, mais ce n'est que ma traduction, c'est juste qu'appeller quelqu'un 'bébé' sonne bizarre alors que des mots comme 'gamin', 'garçon', 'fiston' ou 'jeune homme' sonne mieux si un homme d'âge mûr veut surnommer un homme plus jeune que lui ayant au moins la vingtaine d'années. Mais Conan Doyle nous offre de bons personnages avec des caractères bien trempés et (pour certains) des égos démesurés mais n'étant pas étranger au mot 'bravoure' ou 'ingéniosité'.

Ensuite... j'ai un certain intérêt pour les dinosaures depuis ma première diffusion de Jurassic Park quand j'étais petite (ça aurait dû me traumatiser avec les tyranosaures et ces saletés de velociraptor... bah non !), aussi j'ai été contente de retrouver ce thème dans la littérature et ce fut satisfaisant dans ce roman. Conan Doyle manie très bien cet univers, ce qui prouve qu'il n'est pas que l'auteur de Sherlock Holmes, il fait dans la diversification ; ici, la science-fiction : dinosaures, créatures exotiques et même hommes-singes en plein coeur de l'Amazonie. Dans une langue simple où il manie aussi l'humour, Conan Doyle nous fait visiter un monde étranger, exotique, c'est très dépaysan ces nombreuses descriptions sur l'Amazonie, l'Amérique du sud avec sa faune et sa flore, les fleuves, les forêts/jungles, les animaux. Loin du Londres de la fin XIXe/début XXe siècle, Conan Doyle nous fait voyager avec une équipe pas commune les fins fonds de l'Amazonie. Et parmi cette ambiance terrible de la jungle equatoriale où vivent des dinosaures se trouve aussi le flegme de Sherlock Holmes avec des personnages hauts en couleur, british, un génie qui ne s'inquiète pas, constate et garde son sang-froid.

J'ignore si Conan Doyle se basait uniquement sur les connaissances sur les dinosaures de l'époque mais disons que certaines descriptions sur certains dinosaures étaient floues, pas grand chose était révélée, pas suffisament pour permettre d'identifier le dinosaure. Je sais qu'au début du XIXe siècle, les scientifiques de l'époque commençaient s'intéresser à ces animaux disparus mais en un siècle, ils ne savaient pas tout, il y a eu d'autres découvertes au XXe siècle et aujourd'hui encore on ignore bien des choses sur ces espèces disparues. Et j'ai un peu tiqué sur ce que l'auteur sous-entendait en écrivant (sous les paroles d'un personnage) que tous les dinosaures avaient la même lueur de cruauté dans le regard (les carnivores, je veux bien... mais les herbivores ? enfin, n'ayant rencontré aucun dinosaure, je me tairais mais bon...) et que s'ils avaient disparu, c'était qu'ils n'étaient pas assez intelligent pour pouvoir survivre et s'habituer au temps qui passe, aux nouvelles modifications de la Terre et des conditions météologiques. Je suppose qu'on ne savait pas grand chose sur ces sujets à l'époque mais j'ai tiqué, certains dinosaures étaient quand même intelligents et jusqu'à présent, rien ne permet de confirmer que la cause de la disparition des dinosaures était leur stupidité, leur incapacité à s'adapter d'accord mais pas la stupidité ! Mais c'était le seul point noir que je pouvais relever car Conan Doyle nous présente des dinosaures tels que le stegosaurus ou l'allosaurus (sorte de Tyranosaure, si vous avez vu Jurassic Park, vous verrez de quoi je parle) ou autres dinosaures ou autres créatures ayant vécu à la Préhistoire ou dans l'ère du Jurassique... et même des hommes-singes, sur le coup, ça m'a paru bizarre. Il y a vraiment tous les ingrédients possibles pour rendre l'atmosphère exotique !

Mais Conan Doyle parvient à rendre crédible un monde où quelque chose (vous le découvrirez en lisant le roman) aurait permi à ces créatures de survivre dans un coin de la Terre et pas ailleurs. Ce roman était une réussite, les fans de l'auteur aimeront sûrement. J'ai beaucoup aimé : l'expédition dans un monde inconnu, les personnages hauts en couleurs, l'humour, les petites ressemblances avec Sherlock Holmes... bref, une lecture satisfaisante :)


Extrait :



M. Hungerton, son père, n'avait pas de rival sur la terre pour le manque de tact. Imaginez un cacatoès duveteux, plumeux, malpropre, aimable certes, mais qui aurait centré le monde sur sa sotte personne. Si quelque chose avait pu m'éloigner de Gladys, ç'aurait été la perspective d'un pareil beau-père. Trois jours par semaine je venais aux Chesnuts, et il croyait dans le fond de son coeur que j'y étais attiré uniquement par le plaisir de sa société.


1. Tout autour de nous, des héroïsmes...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire