jeudi 14 novembre 2013

Les chroniques de Kane (T.1) La pyramide rouge - Rick Riordan.


Du même auteur :


- Le fils de Sobek. (à venir)









Quatrième de couverture :

Les pharaons ne sont pas tous morts. Et les dieux d'Egypte non plus !
C'est ce que Sadie et Carter Kane découvrent, en apprenant qu'ils sont eux-mêmes les descendants de puissants magiciens. C'est sur eux que repose la responsabilité d'empêcher Seth, le dieu du Chaos, de revenir sur Terre. Ils ne seront pas seuls pour accomplir leur mission : la déesse Isis et son fils Horus vont leur prêter main forte !

Mon avis :

Je vous avais déjà parlé un peu de Rick Riordan sur ce blog il y a environ deux ans, après avoir dévoré sa saga Percy Jackson qui était un délicieux mélange de mythologie grecque et de notre monde moderne, saupoudré d'humour, enrobé d'action à la ricaine avec un zeste de drame et de romance. Le tout donnant une sympathique saga jeunesse qui a le mérite d'être divertissante et de nous offrir une histoire qui se laisse lire... ou dévorer. Férue de mythologie, j'ai rapidement succombé à Percy Jackson et ai placé Rick Riordan sur la liste des auteurs-pas-encore-en-phase-d'être-un-de-mes-auteurs-préférés-mais-est-prometteur-et-donc-susceptibles-d'être-mon-prochain-auteur-chouchou. Ces derniers temps, son écriture et ses romans mélangeant la mythologie et la littérature jeunesse me manquaient beaucoup, ainsi j'ai pris le seul livre de lui qui était dans ma PAL.

Carter et Sadie Kane sont frère et sœur, pourtant, rien ne le laisse paraître. Tant par la différence physique qu'au niveau du tempérament ou du mode de vie. Orphelins très tôt de leur mère, les grands-parents maternels obtiennent la garde de Sadie - 12 ans, une rebelle aux cheveux blonds et au franc parler - qui passe sa vie en Angleterre pour ne voir son père et son frère que deux fois par an ; tandis que Carter - 14 ans, afro-américain, passionné d'Egypte et de mythologie égyptienne, calme et sérieux - reste auprès de son père, Julius Kane, égyptologue de renom, qui voyage à travers le monde, de pays en pays. Alors que Julius et Carter se rendent en Angleterre pour voir Sadie, à l'occasion de noël, et qu'il les emmène au Bristish Museum, Julius tente une expérience peu orthodoxe et énigmatique sur la Pierre de Rosette et relâche involontairement des individus peu ordinaires... avant de disparaître de façon très étrange !



Carter Kane.

Comme certains d'entre vous peuvent le savoir, je suis une férue de mythologie. Ma préférée depuis l'école primaire, c'est la mythologie grecque, mais le crush, avant, c'était la mythologie égyptienne et les romans/livres/documents sur l'Egypte Ancienne en général, ainsi j'ai été ravie que Rick Riordan s'essaye à la mythologue égyptienne, un peu de la même façon qu'avec Percy Jackson et si pour ce premier tome, je n'ai pas rencontré le coup de cœur que j'ai eu pour Percy Jackson, j'ai passé un très bon moment et ai englouti le roman en peu de temps. Ici, le roman est narré par deux personnages : Sadie et Carter, avec un changement de narrateur tous les deux chapitres. J'ai bien aimé ce procédé, les deux personnages ont une voix forte, qui sont attachants et ont plein de ressources ; même si j'avoue que ma préférence va à Carter qui est beaucoup plus calme, plus réfléchi et crédible que sa sœur qui, elle, est une vraie bombe à retardement, qui fait tout d'instinct et qui a son franc-parler. 


Carter est plus crédible dans le sens où Sadie croit rapidement en l'existence de divinités égyptiennes et trouve tout cela logique alors que Carter, malgré toutes les choses étranges qui se sont déroulées, a du mal à y croire et prendre cela au sérieux et met plus de temps à y croire. Tout comme je trouve incroyable que Sadie - en plus de croire rapidement que les dieux d'Egypte existent et qu'il existe aussi des magiciens égyptiens - a un pouvoir plus conséquent et qu'elle semble plus importante que son frère. J'imagine que je suis frustrée car on accorde un peu moins d'importance à Carter qui a moins de facilité à manier ses pouvoirs. Cependant, j'ai beaucoup aimé l'évolution de leur relation : au départ, ce sont des étrangers l'un pour l'autre, autant dire qu'ils s'entendent aussi bien que chat et chien et que Sadie ne peut pas s'empêcher de balancer des piques désagréables à son frère, mais au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, ils doivent travailler en équipe et apprennent peu à peu à se faire confiance, à lire sur le visage de l'autre, à s'inquiéter pour l'autre, même à deviner les intentions de l'autre et au final, même s'ils s'envoient toujours des piques de temps en temps, il y a un lien qui existe entre eux et une entente qu'il n'y avait pas avant. J'ai aussi apprécié le fait que l'un comme l'autre est persuadé que c'est l'autre qui a eu la meilleure vie : Carter aurait aimé une vie tranquille, sans avoir à bouger partout dans le monde, il aurait voulu avoir des racines dans un lieu, avoir des amis, aller à l'école, être comme les jeunes de son âge, réagir comme un jeune de son âge au lieu de devoir être mature avant l'heure ; Sadie, elle, aurait aimé passer toute l'année avec son père, voyager dans le monde, découvrir des pays, s'échapper de Londres où elle est vue comme hors-norme.

La mythologie égyptienne est bien exploitée : ni trop peu, ni pas assez. Nous avons l'occasion de rencontrer des dieux tels qu'Isis, déesse magicienne, son fils Horus, dieu de la guerre et un peu imbu de sa personne mais assez attachant dans un sens, Thot, dieu nerd, inventeur du langage et de l'écriture, Bastet, déesse chat très protectrice de ses deux chatons (à savoir Carter et Sadie) et amatrice d'armes tranchantes, Seth, dieu du chaos avec une personnalité intéressante et juste hilarante par moment ("Maintenant, faites un vœu !" et pouf ! Osiris out !), Anubis, dieu des morts, présenté sous les traits d'un jeune homme séduisant et ténébreux, et encore d'autres présents ou mentionnés comme Geb, Nout, Apophis, Osiris, Nephtys, Sekhmet, Sobek... On fait la connaissance de plusieurs divinités, dont certaines intéressantes, avec une histoire et des liens familiaux intéressants à exploiter, notamment entre Isis, Horus et Seth. J'ai aussi eu le plaisir de lire deux scènes de la mythologie égyptienne sous la plume de l'auteur, notamment celle où Seth piège Osiris dans un sarcophage.

Comme pour ses autres romans, Rick Riordan a une écriture très vivante, très dynamique. L'action démarre dès les premières pages et ne faiblit pas tout au long de l'intrigue, on a même un peu trop d'action, presque à chaque chapitre il se passe quelque chose et les personnages doivent fuir ou se battre, je suppose que c'est typiquement américain de saupoudrer une histoire d'une tonne d'action ? J'aurais voulu un peu moins d'action, même si je dois avouer qu'on ne s'ennuie pas. Suspense et rebondissements sont au programme, avec quelques petites révélations. Le dénouement est plutôt satisfaisant, bien que je commencer à me douter qu'un certain personnage se serait pas le grand méchant loup de la série. Néanmoins, je crois pouvoir affirmer que Rick Riordan fait preuve d'un certain génie lorsqu'il s'agit de raconter des histoires reprenant les mythologies anciennes et de les mélanger à notre monde moderne et d'en faire une histoire drôle, dynamique, riche en détails amusants et intéressants, bien construite, avec plein de rebondissements, de révélations et retournements de situation !

On notera bien-sûr qu'il utilise à peu près la même recette que dans Percy Jackson, cependant, j'ai plaisir à voir qu'il n'a pas cherché à renouveler et de céder à la facilité en faisant la même chose que pour ses autres romans, par exemple ici, il n'y a pas d'enfants demi-dieu, né d'un(e) mortel(le) et d'une divinité. Ça fonctionne chez Percy Jackson car les dieux grecs sont connus pour faire des gosses à droite à gauche, et qu'ils ont déjà engendré des demi-dieux, ce qui n'est pas le cas dans la mythologie égyptienne où ici on aura plutôt des magiciens utilisant de la magie comme pratiquée dans l'ancienne Egypte avec quelques modifications, et des magiciens qui sont parfois des hôtes à des dieux. Donc, ça a beau ressembler un peu à Percy Jackson, je pense qu'on sent quand même un travail de recherche avec de bonnes références, et une passion de l'auteur pour la mythologie. Sinon, ce fut une lecture bien satisfaisante et je lirai sans peine la suite un jour (... dès que le tome deux sortira en version poche !)


Extrait :

Il faut te dire que papa n'a le droit de la voir [Sadie] que deux jours par an, un en été, un en hiver. Tout ça parce que nos grands-parents le détestent. Quand maman - leur fille - est morte, ils ont engagé une bataille judiciaire contre lui. Après avoir usé six avocats, deux explications à coups de poing et une agression à la spatule qui aurait pu être fatale (crois-moi, mieux vaut ne pas connaître les détails), ils ont obtenus le droit de garder Sadie. Elle avait six ans, moi huit. Ils ne pouvaient pas nous élever tous les deux - enfin, c'est ce qu'ils ont raconté. Aussi, à elle la vie tranquille en Angleterre pendant que je faisais le tour du monde avec papa. Donc, on voyait Sadie deux fois par an, et ça m'allait très bien comme ça.

1. L'aiguille de la mort.

Ce billet est une participation au challenge :


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