Sherlock Holmes et le Dr Watson : deux personnages mythiques de la littérature policière, mais demeurés mystérieux à bien des égards. Si l'on n'ignore rien des remarquables capacités cérébrales de Holmes, ni de l'indéfectible révérence de Watson pour les aptitudes du grand détective, en revanche, la vie plus intime des deux amis reste une énigme...
Endossant à son tour le rôle de détective, June Thomson traque au cœur du « canon », tout indice, aussi ténu soit-il, susceptible de répondre aux questions que se sont toujours posées les amateurs. Elle nous livre ainsi, dans ce roman policier pas comme les autres, quantité d'informations précieuses et de théories passionnantes qui, tout en célébrant les liens qui unissaient les deux hommes, reconstituent de manière convaincante deux existences chargées de mystère.
Tout d'abord, avant d'entamer cet article, je voudrais remercier Cécile pour sa gentillesse, pour m'avoir prêté ce livre qui me faisait envie depuis longtemps.
Si
vous êtes un habitué de ce blog, vous savez que Sherlock
Holmes est
l'un de mes grands amours du monde littéraire, et surtout le
personnage de Watson et leur amitié, alors un essai proposant de commenter sur les deux protagonistes et
sur leur amitié, pensez bien que je ne pouvais pas ne pas être
intéressée !
Ce livre se présente comme un essai, une
longue dissertation sur Sherlock
Holmes et
le
docteur John
Watson,
sur quelques autres personnages, les liens qui unissent les deux
hommes, cette amitié entre deux hommes différents. Le livre est
présenté de manière chronologique.
Tout d'abord en présentant les deux personnages, leurs caractères, les possibles hypothèses sur leur passé, puis vient le moment de leur rencontre en Janvier 1881, puis ça s'enchaîne toujours chronologiquement, du Signe des Quatre Jusqu'au Problème Final, puis du Grand Hiatus jusqu'au problème de La Maison Vide et ainsi de suite jusqu'à la fin. On a des références constantes sur le canon et les différentes affaires/nouvelles holmesiennes, l'auteur parle de (presque) toutes les enquêtes, des datations (et donc, des problèmes à ce niveau-là), mais un rappel constant au canon de Doyle à un point où j'ai eu envie de me replonger dans certaines de ces enquêtes (comme celle du Pont de Thor où Grace Dunbar pourrait être la fameuse seconde Mrs Watson dont beaucoup ont déjà fait allusion. J'avais des doutes sur une possible seconde épouse de Watson, mais le canon n'en a jamais vraiment parlé, l'auteur émet des hypothèses et j'avoue qu'en effet, ça peut être plausible).
On lit toute l'histoire de l'amitié et des relations entre Holmes et Watson, en lisant aussi parfois sur d'autres personnages du Canon : les clients comme les personnages que l'on voit (plus ou moins) souvent comme Lestrade, Mary Morstan, Mrs Hudson, Moriarty..., et c'est intéressant, c'est passionnant. J'ai pris plaisir à lire cet essai, l'auteure expose ses théories, ses hypothèses en se servant du canon, et certaines de ses idées sont plausibles, c'est intéressant et ça donne à réfléchir à notre tour. Elle explique bien, elle compare ses propos au canon ou à d'autres propos d'autres individus ayant déjà travaillé le sujet. De plus, elle cite d'autres ouvrages qui serait intéressant de découvrir et feuilleter. Par contre, j'avouerais n'avoir pas trop traîné sur le sujet de la chronologie qui m'importait peu pour certains cas, je savais déjà les dates essentielles.
J'ai été ravie de
lire sur Watson,
apparemment l'auteure doit bien l'aimer, il est présenté
fidèlement, positivement dans l'ensemble, un bon Watson,
le Watson du
Canon Doylien et pas le Watson massacré
par Hollywood et beaucoup de films où il est vu comme un gros toutou
idiot juste bon à suivre Holmes.
Certes, il a du mal à suivre Holmes par
moment et est déconcerté parfois par son caractère froid, mais il
lui est très loyal, a confiance en lui, et est utile dans les
enquêtes, notamment en tant que médecin ou pour protéger Holmes (je
suis d'accord sur le fait qu'il emporterait toujours avec lui sa
trousse de médecin et une arme). Watson est
loin d'être idiot et c'est un homme de bon sens à la loyauté
inébranlable, chaleureux, bon dans sa profession. Un homme aimable
avec ses qualités et ses défauts, un bon personnage quoi. La fan
de Watson qui
est en moi n'a pas eu à se plaindre donc, de plus, je partage
certaines des théories de l'auteur sur Watson (qu'il
serait Écossais ou aurait eu de la famille en Écosse,
qu'il serait né en 1852...).
En fait, c'est plutôt au
sujet de Holmes que
j'ai à me plaindre. Déjà, je n'adhère pas à ses hypothèses sur
l'enfance de Holmes.
Certes, ça pourrait tenir, mais moi je ne veux pas croire à cette
idée où Holmes aurait
eu une enfance tragique, malheureuse, dépourvue d'affection
maternelle ce qui a conduit à son désintéressement pour les
femmes, même de sa froideur à leur égard, et du caractère asocial
de Holmes.
Tout ça est exagéré selon moi (notamment : ‘il
voit en la reine des abeilles sa mère’ ou ‘le
pion de la mère dans les échecs’),
pour moi, Sherlock
Holmes a
toujours été ce qu'il est sans qu'il y ait eu un quelconque drame
ou manque dans son enfance, chacun a son propre caractère, spécial
ou pas, qu'il soit venu naturellement ou causé par quelque chose
mais pour moi Holmes a
toujours été ce qu'il été.
D'ailleurs, j'ai eu souvent l'impression que l’auteure s'en prenait à Holmes, on dirait qu'elle lui reproche ses défauts. Ce que j’entends : il se drogue, il est asocial, il est parfois froid et égoïste... oui il a des défauts, mais quand même... d'accord, il dépasse les bornes par moment (rien que l'aventure du Détective Agonisant) et on comprend que Watson s'indigne parfois du comportement de son ami mais il faut voir les choses en face : Holmes a son caractère comme nous tous, s'il était si asocial que ça, il n'y aurait pas Watson car ces deux-là sont amis, ils sortent voir l'opéra, il l'emmène dans ses enquêtes, ils ont des crises de fous rires par moments, ils partagent des discussions, s'il est égoïste avec Watson, c'est qu'il ne veut pas le voir partir, éloigné de lui, il ne veut pas être seul sans son Boswell, et il lui arrive d'être aimable avec ses clients ou avec Lestrade qui lui arrive souvent de rabaisser.
Oui il est parfois sans pitié, froid quand il enquête : mais quand il est à son travail de détective privé, il n'est qu'une machine froide qui laisse place à la logique, pas aux sentiments, pour trouver la solution, il est du genre à ne reculer devant rien et à ne pas penser immédiatement aux conséquences que cela pourrait avoir sur les sentiments de Watson ou Mrs Hudson si jamais ses actes devaient les blesser. Il ne pense pas à mal même si certaines de ses actions (cacher des choses à Watson, se faire passer pour mort pendant trois ans...) sont regrettables. Et si Holmes est ironique dans ses propos, ce n'est pas forcément de la méchanceté mais de la taquinerie, de l'humour 'holmesien'. Moi qui adore utiliser l'humour dans mes écrits ou mes propos, je vois bien une phrase ironique quand j'en lis (ou entends) une la plupart du temps ! J'aime le personnage de Holmes et voir l'auteur s'attaquer ainsi à lui... ça m'a traumatisé !
Mais
heureusement, je trouve qu'elle donne justice à
l'amitié Holmes/Watson qui
me plaît énormément, là-dessus, c'était parfait ! C'était
une lecture satisfaisante, intéressante, passionnantes même malgré
quelques points négatifs sur la perception de l'auteur sur le passé
et le comportement de Sherlock
Holmes.
Une belle découverte sinon, merci Cécile !
Holmes et Watson : leurs noms seront inextricablement liés tant que leur amitié sera connue de par le monde, célébrité pour une grande part imputable à Watson, qui, en tant que chroniqueur de Holmes, devait écrire plus d'un demi-million de mots à propos de leur relation et des aventures qu'ils vécurent ensemble.
1. HOLMES ET WATSON. Leurs débuts dans l'existence.
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