jeudi 3 février 2011

Watson et Holmes - June Thomson.

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L'auteur :
 
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June Thomson (née en 1930) est une auteur britannique de romans policiers. Ancien professeur, depuis 1990 elle écrit quelques pastiches Sherlock Holmes.

Emprunt de Cécile.


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Quatrième de couverture :

Sherlock Holmes et le Dr Watson : deux personnages mythiques de la littérature policière, mais demeurés mystérieux à bien des égards. Si l'on n'ignore rien des remarquables capacités cérébrales de Holmes, ni de l'indéfectible révérence de Watson pour les aptitudes du grand détective, en revanche, la vie plus intime des deux amis reste une énigme... Endossant à son tour le rôle de détective, June Thomson traque au coeur du « canon », tout indice, aussi ténu soit-il, susceptible de répondre aux questions que se sont toujours posées les amateurs. Elle nous livre ainsi, dans ce roman policier pas comme les autres, quantité d'informations précieuses et de théories passionnantes qui, tout en célébrant les liens qui unissaient les deux hommes, reconstituent de manière convaincante deux existences chargées de mystère.


Mon avis :

Tout d'abord, avant d'entamer cette critique, je voudrais remercier Cécile pour sa gentilesse : en effet, c'est elle qui m'a prêté ce livre qui me faisait envie depuis longtemps, pour les raisons que vous connaissez bien si vous êtes un habitué de ce blog : Sherlock Holmes est l'un de mes grands amours du monde littéraire, et surtout le personnage de Watson et de la si célèbre amitié qui lient ces deux personnages mythiques, alors un essai proposant de commenter sur les deux protagonistes et sur leur amitié, pensez bien que je ne pouvais pas ne pas être intéressée. Je n'aurais pas mis beaucoup de temps à le lire en fin de compte, même si des fois, j'essayais de prendre mon temps pour savourer, et au final, je ressors avec un bilan plutôt positif de cette lecture. J'ai adoré, malgrè quelques points noirs sur lesquels je reviendrais plus tard.

Ce livre, c'est comme un essai, une longue dissertation sur Sherlock Holmes, le docteur John Watson, sur quelques autres personnages même qu'on retrouve souvent dans l'essai (Mrs Hudson, le professeur Moriarty, Mycroft Holmes, l'inspecteur Lestrade...), mais majoritairement sur Holmes et Watson, les liens qui unissent les deux hommes, cette amitié entre deux hommes différents. Le livre est présenté de manière chronologique. Tout d'abord en présentant les deux personnages, leurs caractères, les possibles hypothèses sur leur passé, puis vient le moment de leur rencontre en Janvier 1881, puis ça s'enchaîne toujours chronologiquement, du Signe des Quatre Jusqu'au Problème Final, puis du Grand Hiatus jusqu'au problème de La Maison Vide et ainsi de suite jusqu'à la fin. On a des références constantes sur le canon et les différentes affaires/nouvelles holmesiennes, l'auteur parle de (presque) toutes les enquêtes, des datations (et donc, des problèmes à ce niveau-là), mais un rappel constant au canon de Doyle à un point où j'ai eu envie de me replonger dans certaines de ces enquêtes (comme celle du Pont de Thor Grace Dunbar pourrait être la fameuse seconde Mrs Watson dont beaucoup ont déjà fait allusion. J'avais des doutes sur une possible seconde épouse de Watson, mais le canon n'en a jamais vraiment parlé, l'auteur émet des hypothèses et j'avoue qu'en effet, ça peut être plausible). On lit toute l'histoire de l'amitié et des relations entre Holmes et Watson, en lisant aussi parfois sur d'autres personnages du Canon : les clients comme les personnages que l'on voit (plus ou moins) souvent comme Lestrade, Mary Morstan, Mrs Hudson, Moriarty..., et c'est intéressant, c'est passionnant. J'ai pris plaisir à lire cet essai (d'habitude, je me méfie des essais, mais j'ai fait une exception puisque c'était sur Holmes et Watson), l'auteur expose ses théories, ses hypothèses en se servant du canon, et certaines de ses idées sont plausibles (pas toutes hein !), c'est intéressant et ça donne à réfléchir à notre tour. Elle explique bien, ce n'est pas compliqué, ça va tout seul, elle compare ses propos au canon ou à d'autres propos d'autres individus ayant déjà travaillé le sujet. Elle donne bien son point de vue... non, je n'ai rien à reprocher de ce côté-là. De plus, elle cite d'autres ouvrages qui serait intéressant de découvrir et feuilletter. Par contre, j'avouerais n'avoir pas trop traîné sur le sujet de la chronologie qui m'importait peu pour certains cas, je savais déjà les dates essentielles.

J'ai été ravie de lire sur Watson, apparemment l'auteur doit bien l'aimer, il est présenté fidélement, positivement dans l'ensemble, un bon Watson, le Watson du Canon Doylien et pas le Watson massacré par Hollywood et beaucoup de films où il est vu comme un gros toutou idiot juste bon à suivre Holmes. Certes, il a du mal à suivre Holmes par moment et est déconcerté parfois par son caractère froid, mais il lui est très loyal, a confiance en lui, et est utile dans les enquêtes, notamment en tant que médecin ou pour protéger Holmes (je suis d'accord sur le fait qu'il emporterait toujours avec lui sa trousse de médecin et une arme). Watson est loin d'être idiot et c'est un homme de bon sens à la loyauté inébranlable, chaleureux, bon dans sa profession. Un homme aimable avec ses qualités et ses défauts, un bon personnage quoi. La fan de Watson qui est en moi n'a pas eu à se plaindre donc, de plus, je partage certaines des théories de l'auteur sur Watson (comme quoi il serait Ecossais ou aurait eu de la famille en Ecosse, qu'il serait né en 1852...).

En fait, c'est plutôt au sujet de Holmes que j'ai à me plaindre. Déjà, je n'adhère pas à ses hypothèses sur l'enfance de Holmes. Certes, ça pourrait tenir, mais moi je ne veux pas croire à cette idée où Holmes aurait eu une enfance tragique, malheureuse, dépourvue d'affection maternelle ce qui a conduit à son désintéressement pour les femmes, même de sa froideur à leur égard, et du caractère asocial de Holmes. Tout ça est exagéré selon moi (et le truc 'il voit en la reine des abeilles sa mère' ou 'le pion de la mère dans les echecs' no comment -_- ...), pour moi, Sherlock Holmes a toujours été ce qu'il est sans qu'il y ait eu un quelconque drame ou manque dans son enfance, chacun a son propre caractère, spécial ou pas, qu'il soit venu naturellement ou causé par quelque chose mais pour moi Holmes a toujours été ce qu'il été. Bon en même temps... pourquoi pas ? même si je n'y crois pas, mais il faut avouer que la façon de l'auteur d'expliquer le comportement de Holmes était quand même ridicule. D'ailleurs, j'ai eu souvent l'impression qu'elle s'en prenait à Holmes, on dirait qu'elle n'aime pas trop le personnage ou du moins ses défauts, son comportement. Elle semble froide envers ce personnage. D'accord : il se drogue, il est asocial, des fois sans pitié, il est froid, parfois cruel et égoïste... oui il a des défauts, mais quand même... d'accord, il dépasse les bornes par moments, il y a des fois où il est à baffer (rien que l'aventure du Détective Agonisant) et on comprend que Watson s'indigne par moment du comportement de son ami mais il faut voir les choses en face : Holmes a son caractère comme nous tous, s'il était si asocial que ça, il n'y aurait pas Watson car ces deux-là sont amis, ils sortent voir l'opéra, il l'emmène dans ses enquêtes, ils ont des crises de fous rires par moments, ils partagent des discussions, s'il est égoïste avec Watson, c'est qu'il ne veut pas le voir partir, éloigné de lui, il ne veut pas être seul sans son Boswell, et il lui arrive d'être aimable avec ses clients ou avec Lestrade qui lui arrive souvent de rabaisser. Oui il est parfois sans pitié, froid quand il enquête : mais quand il est à son travail de détective privé, il n'est qu'une machine froide qui laisse place à la logique, pas aux sentiments, pour trouver la solution, il est du genre à ne reculer devant rien et à ne pas penser immédiatement aux conséquences que cela pourrait avoir sur les sentiments de Watson ou Mrs Hudson si jamais ses actes devaient les blesser. Il ne pense pas à mal même si certaines de ses actions (cacher des choses à Watson, se faire passer pour mort pendant trois ans...) sont regrettables. Et si Holmes est ironique dans ses propos, ce n'est pas forçément de la méchanceté mais de la taquinerie, de l'humour 'holmesien'. Moi qui adore utiliser l'humour dans mes écrits ou mes propos, je vois bien une phrase ironique quand j'en lis (ou entends) une la plupart du temps ! J'aime le personnage de Holmes et voir l'auteur s'attaquer ainsi à lui... ça m'a traumatisé !

Mais heureusement, je trouve qu'elle donne justice à l'amitié Holmes/Watson qui me plaît énormément, là-dessus, c'était parfait :) j'ai été servie et j'ai adoré. C'était une lecture satisfaisante, intéressante, passionnantes même malgrè quelques points négatifs sur la perception de l'auteur sur le passé et le comportement de Sherlock Holmes. Une belle découverte sinon, merci
Cécile !



 
Sherlock Holmes et le docteur Watson, illustration de Sidney Paget.

 
Extrait :

Holmes et Watson : leurs noms seront inextricablement liés tant que leur amitié sera connue de par le monde, célébrité pour une grande part imputable à Watson, qui, en tant que chroniqueur de Holmes, devait écrire plus d'un demi-million de mots à propos de leur relation et des aventures qu'ils vécurent ensemble.

1. HOLMES ET WATSON. Leurs débuts dans l'existence.

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