vendredi 20 décembre 2024

Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? - Carène Ponte.


Victoria Delmas, trente-cinq ans, dirige d'une main de fer son agence de publicité. Dans son quotidien réglé comme une horloge, aucune place n'est laissée à l'improvisation, et encore moins aux relations humaines qu'elle considère comme une perte de temps pure et simple.

Jusqu'à un matin de décembre où sa vie bascule. Renversée par un bus, Victoria sombre dans le coma et atterrit dans un... centre de réhabilitation de Noël ! Cette mystérieuse organisation lui propose un marché : pour se voir accorder une seconde chance, elle devra se racheter auprès d'une personne qu'elle a fait souffrir par le passé, et ce avant le 26 décembre, minuit.

Une mission qui risque de lui donner du fil à retordre. Car si Victoria excelle dans son métier, nouer des liens avec ses semblables n'est pas son fort.

Mais s'il y a bien un moment de l'année où l'on peut espérer un miracle, c'est à Noël !


Après Embarquements immédiats pour Noël que j’avais beaucoup aimé, je me suis laissée tenter par un autre roman de Noël de l’auteure avec ce titre qui me paraissait bien prometteur.


Nous suivons deux femmes très différentes. Nous avons Victoria, une femme d’affaire ambitieuse qui ne vit que par et pour son travail, et qui doit être allergique au code du travail et à toute forme de divertissement. Elle tient d’une main de fer son entreprise et ne laisse aucune place dans son agenda pour les plaisirs, les loisirs ou l’amour. Puis, nous avons Dakota, orpheline qui vit avec sa grand-mère, et qui anime une émission de radio. C’est une jeune femme au grand cœur, tournée vers les autres, qui prend grand soin de sa grand-mère avec qui elle fait de nombreuses activités, et qui en pince pour un de ses auditeurs.


De façon paradoxale, j’ai préféré suivre Victoria que Dakota. En tant que personnage, j’ai trouvé que Victoria avait plus de peps et de saveur, et elle est assez amusante. Même si, avouons-le, avoir une cheffe comme elle serait un véritable cauchemar et on remercie le ciel qu’elle ne soit qu’un personnage fictif. J’espère en mon fort intérieure que l’auteure a bien poussé l’exagération même si je pense qu’il existe malheureusement des patrons comme ça.


Victoria tient vraiment d’une main de fer son agence de pub, et ne laisse aucune place au sentimentalisme, au lâcher-prise et à la convivialité. Elle interdit à ses employés de mettre des objets personnels sur leur bureau comme des photos de famille ou de leur animal de compagnie. Fêter Noël au bureau à travers un repas ou une réunion ? Il faudra lui passer sur le corps ! Un employé a de la fièvre et souhaite se reposer chez lui ? Qu’il prenne un paracétamol et vienne bosser ! D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à elle, elle interdirait les fenêtres dans les bureaux de ses employés, car ils seraient tentés de regarder par la fenêtre et cela les distrairait, et ça nuirait à la productivité ! Elle n’écoute que des podcasts sur la réussite professionnelle. Travail, productivité, rentabilité, voilà tout ce qui compte pour Victoria, qui doit très certainement avoir un compte LinkedIn et détester devoir dormir la nuit car cela fait des heures de travail en moins.


Bref, l’auteure fait tout pour nous la rendre détestable, mais elle est drôle par ces aspects (en tant que personnage j’entends, si elle existait vraiment, ce serait un cauchemar de patronne !)


Dakota est… sympathique, sans plus. Je m’attendais tout de même à ce que les deux jeunes femmes se lient davantage, car si Victoria tisse vraiment un lien avec quelqu’un, c’est avec son frère Austin qui ne la laisse pas indifférente, mais surtout Antoinette, dite « Mounette », la grand-mère de Dakota. Cela dit, on peut comprendre pourquoi. Mounette est hilarante, pétillante, même si elle commence à souffrir de troubles de la mémoire. C’est une bulle d’air frais et de bonne humeur, cette petite dame. On gagnerait tous à avoir une Mounette dans sa vie ! J’ai beaucoup aimé les interactions entre Victoria et Mounette, deux forces de la nature qui se rencontrent, pour former des étincelles. Là où Mounette ne jure que par des marathons de films Sissi pour Noël (la base), Victoria, elle, préfère encore Les Gremlins comme film de Noël.


C’est un roman de Noël divertissant qui fait passer le temps, il y a des répliques piquantes, des situations savoureuses. Sous couvert d’humour et de légèreté, l’auteure évoque des thèmes comme la solitude, la vieillesse, la réussite sociale, l’empathie. C’était intéressant de voir le développement de personnage de Victoria, dont on apprend qu’elle n’a pas toujours été ainsi mais qu’elle a été conditionnée par un père qui ne jure que par la réussite professionnelle et le travail, et qui l’a éduqué dans ce sens, en bannissant toute forme de divertissement.


Cela dit, je trouve à ce roman moins de saveur que Embarquements immédiats pour Noël que j’avais adoré. Je l’ai trouvé avec moins de mordant et de piquant que d’habitude avec des personnages un peu plus lisses, mais aussi une fin trop brutale à mon goût. La conclusion aurait mérité un peu plus de développement. En résumé, un bon petit roman de Noël qui ne me laissera pas un souvenir mémorable.


- Allons-y ! Et on les mangera devant Sissi !

- Tu veux encore regarder ce film ? me lamenté-je aussitôt.

- C’est une tradition de Noël ! Chaque année, juste avant de décorer le sapin, on regarde Sissi. Une tradition est une tradition, pas question d’y déroger.

- Tu aurais dû proposer ça à Lucienne hier soir.

- Pour qu’elle gâche tout ? Certainement pas ! Si tu veux mon avis, elle est encore pire que l’archiduchesse Sophie. C’est la belle-mère de Sissi, mais avec des hémorroïdes en plus !

dimanche 15 décembre 2024

Le Voleur de Noël - Isabelle Lesteplume.

Et si vous passiez les fêtes avec les personnes les plus fortunées de la planète?

Shadow, gentleman cambrioleur hors pair, réussit à se faire inviter chez le Duc de Canterville pour les vacances de Noël. Une occasion rêvée de dérober l’Escarboucle Bleue, un bijou légendaire qu’il convoite depuis longtemps. Il en viendrait presque à aimer les fêtes de fin d’année !

Mais est-ce réellement une bonne idée de se rapprocher de l’héritier du duc, le bel Angelo, pour accomplir sa mission ?

Il ne manquerait plus que le voleur se fasse dérober son cœur…


Le Voleur de Noël était l’un des écrits d’Isabelle Lesteplume que j’attendais avec le plus d’impatience. Une romance de Noël M/M sous fond d’enquête et un protagoniste qui s’inspire d’Arsène Lupin. Ça ne pouvait que m’intéresser !



Notre protagoniste, c’est Léo. Ce jeune homme a de multiples talents mais surtout de multiples identités. À l’image d’Arsène Lupin dont il a dévoré les aventures, Léo s’est fait un nom en tant que Shadow, gentleman cambrioleur et insaisissable qui dérobe bijoux et autres biens précieux. Son objectif actuel : voler l’Escarboucle Bleue, chez un Duc mystérieux qui a invité famille, amis et connaissances pour une semaine de jeux et festivités à l’approche de Noël ! Léo s’y rend sous une fausse identité et se mêle aux invités qu’il sait charmer avec brio, tout en préparant le vol de l’Escarboucle Bleue, et pourquoi pas séduire Angelo, le charmant petit-fils de son hôte. Après tout, il n’y a aucun mal à mélanger plaisir et travail…. Cependant, tout ne se passera pas comme prévu et il devra s’allier à Angelo pour percer le mystère de l’Escarboucle Bleue !



J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l’écriture fluide et addictive de l’auteure. Bien que nous sommes ici dans une romance de Noël, elle ne prend pas pour autant le pas sur l’enquête et les deux sont au final plutôt bien dosées. On appréciera les petits clins d’œil à Sherlock Holmes et à Arsène Lupin. Si l’issue de l’affaire du vol de l’Escarboucle ne m’aura pas surprise, cela ne m’a pas empêché d’apprécier le plot twist pour autant, et je ne cherchais pas spécifiquement de la complexité dans une romance de Noël, même si celle-ci contient une enquête.



Concernant la romance, elle démarre un peu trop rapidement à mon goût, encore que je ne peux pas vraiment parler de romance. La relation entre Shadow (ou Léo) et Angelo ne s’est pas définie comme romance au départ. S’ils ont ressenti très rapidement une attirance mutuelle, c’est plutôt une relation sur le plan physique qui s’est mise en place au départ. En effet, l’auteure nous l’avait averti avant parution, mais Le Voleur de Noël est une histoire plus mature que ses précédents romans. On y retrouvera beaucoup de scènes explicites, et celles-ci ne sont pas mal décrites. On pourrait cependant reprocher le fait qu’il y en ait trop, mais heureusement, leur relation n’est pas restée que sur le plan physique car des sentiments ont commencé à se mettre en place entre nos deux personnages. Bien que Shadow/Angelo ne fasse pas partie des couples de l’auteure à m’avoir le plus marqué dans ses écrits, ils restent très appréciables et sympathiques à suivre. J’ai beaucoup aimé suivre cette aventure à leurs côtés et être témoin de l’évolution de leurs sentiments.



Les autres personnages ne sont pas si mal et suivent bien leur rôle, sans être mémorable. Je retiendrais surtout Pétunia qui a plus d’un tour dans son sac, mais aussi Angelo et sa passion pour les pulls de Noël et qui est plus qu’une jolie bouille d’ange. Sinon, je n’ai pas grand-chose à dire concernant cette histoire qui se révèle être une lecture de Noël très appréciable, et que j’aime toujours autant la plume et l’imagination de l’auteure.


- Moi, je n'ai pas arrêté de penser à ce vol ! Tu imagines, juste sous nos yeux ?! Mon grand-père doit friser l'apoplexie ! Qui a bien pu faire une chose pareille ?! J'ai établi une liste de suspects, et si nous vérifions leurs alibis, nous pourrions...

Je l'interrompis en levant la main, amusé.

- Attends, attends... Tu te prends pour Sherlock Holmes ?

- Je te laisserai être Watson, si tu veux ! répondit-il avec entrain.

- Je ne suis pas certain que notre relation soit aussi professionnelle que la leur.

- Des décennies de fanfictions sont là pour te contredire, répliqua-t-il, amusé.