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samedi 31 mai 2025

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.



Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? 

Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». 

De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...



Ceci est la chronique inutile pour un roman qui a été relu et chroniqué des milliers de fois depuis sa sortie. Je n’aurais pas grand-chose à dire qui n’ait déjà été dit par de nombreux lecteurs, mais il était temps que je dépoussière ce roman qui dormait sur mes étagères depuis au moins 2010. Après tout, le ménage de printemps concerne aussi nos PAL !



Sous ce titre très original se cache une histoire qui parle de livres, d’amitié, de Seconde Guerre Mondiale, et d’une charmante île du nom de Guernesey.



Juliet Ashton est une écrivaine londonienne à la recherche d'un sujet pour son prochain livre. Par une heureuse coïncidence, elle reçoit une lettre d’un dénommé Dawsey Adams, habitant de l’île de Guernesey, qui a trouvé un livre ayant autrefois appartenu à Juliet. Il a tant aimé le livre qu’il souhaite en apprendre plus sur la vie et les autres œuvres de l’auteur, ce que Juliet fait avec joie. S’ensuit alors un échange de lettres entre Juliet et Dawsey, où Juliet apprend l’existence d’un cercle littéraire au nom bien original qui s’est crée de façon inattendue pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est en cherchant à en apprendre plus sur l’histoire de ce cercle et de ses membres que Juliet sera amenée à correspondre et à se lier avec chacun d’entre eux…



Il y a plusieurs aspects que j’ai aimé dans ce roman. Déjà le côté épistolaire qui, s’il peut faire fuir certains lecteurs, a ici son charme et nous permet de faire connaissance avec chaque personnage. Les lettres se suivent mais ne se ressemblent pas, les sujets se répondent et rebondissent les uns sur les autres, pour former peu à peu une construction cohérente. L’histoire va à son rythme tranquille, sans pour autant être long. Il prend le temps de se poser et de nous introduire chaque personnage avec fluidité.



Ensuite, on a le contexte historique (et vous connaissez mon goût pour l’Histoire), nous sommes sur une île anglo-normande au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, et le roman pose à la fois de contexte d’après-guerre avec la reconstruction aussi bien psychologique que matérielle, mais aussi le contexte de la guerre car nos personnages reviendront sans cesse sur leurs souvenirs de la guerre et notamment l’occupation allemande de leur île et ce que ça a engendré (les restrictions alimentaires, le couvre-feu, les relations amoureuses avec des soldats allemands, l’évacuation des enfants, la position du Royaume-Uni concernant Guernesey, etc).



J’ai été charmée par l’atmosphère conviviale et bucolique de Guernesey et la chaleur de ses habitants dont j’ai aimé faire la connaissance. Ils ne sont pas seulement des gens habitant un lieu, ils forment une véritable communauté, notamment nos chers membres du cercle littéraire qui sont plus que des voisins et des amis, c’est une famille unie. On ne peut qu’être sensible à la solidarité qui règne entre eux, ainsi qu’aux épreuves qu’ils ont vécues, les proches qu’ils ont perdus, les joies et les drames qu’ils ont partagés. Le caractère de chacun s'affine au fil des lettres et on s’attache petit à petit à eux au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître au fil de leurs lettres, à l’image de notre protagoniste Juliet. J’ai également beaucoup aimé les liens qui se sont tissés entre Juliet et les différents membres du cercle littéraire, et comment elle a été accueillie, d’abord à travers ses lettres, puis lors de son arrivée à Guernesey. On a aussi une romance qui s’installe, certes prévisible mais plutôt mignonne.



Malgré certains sujets graves évoqués au fil de l’histoire (disparition de proches, les camps de concentration, bombardements, etc), il se dégage du récit de la solidarité et de l’optimisme face à l’adversité et l’espoir dans la reconstruction et vers l’avenir. C’est un roman qui traite avec sensibilité et bienveillance à de nombreux thèmes variés autour de l’Histoire, les relations humaines, l’entraide, la reconstruction (de soi comme du foyer) mais aussi sur les bienfaits de la lecture. J’ignore si l’expression « feel good historique existe » mais, comme l’a déjà dit une lectrice sur Babelio, je trouve que ça correspond bien à ce roman. En outre, ce fut une jolie découverte !



Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas.

lundi 26 mai 2014

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett.

La couleur des sentiments
(The Help)



Kathryn Stockett, née en 1969 à Jackson au Mississippi, est une romancière américaine connue pour son roman The Help, traduit en français sous le titre La couleur des sentiment, et qui a donné lieu à une adaptation cinématographique en 2009. Kathryn Stockett vit actuellement à Atlanta avec sa famille où elle travaille à l'écriture de son deuxième roman.


Emprunt médiathèque.






Quatrième de couverture :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Mon avis :

Comme cela m'arrive souvent, j'ai vu le film avant de lire le livre et sans savoir que c'était tiré d'un livre, or j'avais eu un véritable coup de cœur pour le film, que je trouve plutôt bien fidèle au roman (et les actrices m'ont permis de donner une tête pour la plupart des personnages du roman), et j'ai eu la chance de dénicher le roman à la médiathèque, que j'ai dévoré en quelques jours après la fin de mes partiels de mai.

Pas de grosse surprise pour moi, ayant vu le film avant. Je savais comment allait se dérouler et se terminer l'histoire, il n'empêche que j'ai passé un très bon moment de lecture et que ce roman permet plus d’approfondissement par rapport au film au niveau de l'histoire et des personnages, et qu'il y a de nombreux éléments que le film n'a pas pu représenter ou a simplifié.


Skeeter, incarnée par Emma Stone.
L'un des points forts du roman, c'est d'abord le contexte dans lequel se situe l'histoire. L'action se situe dans la ville de Jackson, au Mississippi, au début des 60's. Le contexte est fort : les lois raciales et la ségrégation font autorité dans les États du Sud, restés très conservateurs ; l'esclavage a été aboli, certes, mais les lois Jim Crow obligent une séparation stricte des races et les Noirs restent exploités par les Blancs. Les Noires se font bonnes chez les Blanches pour gagner leur vie, elles font le ménage, la cuisine, s'occupent des enfants, doivent tenir leur langue, obéir au doigt et à l’œil, être dociles. 


Les domestiques noirs ont des toilettes séparées de celles des Blancs afin de ne pas contaminer les Blancs, ils doivent manger à l'écart des Blancs, ne pas fréquenter les mêmes établissements qu'eux (piscine, bibliothèque, église, école...), comme suivant la loi Jim Crow concernant les Blancs et les Noirs « séparés mais égaux ». Mais les années 1960 voient naître les prémisses de grands changements concernant la condition des Noirs, c'est la décennie qui voit apparaître des militants pour les droits civiques comme Rosa Parks ou Martin Luther King... toutes ces choses apprises pendant mes cours d'Anglais de Licence 2 sur The African American Renognition in the United States et que ce roman m'a permis de revoir.

Affiche du film.
C'est dans ce contexte que se déroule ce roman et que l'héroïne, Eugenia Phelan alias Skeeter, a l'idée d'un projet impossible et audacieux : récolter des témoignages de bonnes noires, leurs expériences, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, leurs employeurs, les enfants dont elles s'occupent et couvrent d'amour jusqu'à ce que l'enfant grandisse et devienne comme les parents, leurs avis sur les lois raciales... Ce projet ne sera pas une mince affaire puisqu'aucune bonne saine d'esprit accepterait de se confier, à une Blanche qui plus est – sans compter que le rapprochement des races est prohibé et puni par la loi, pour les Noirs et les Blancs. Cependant, une bonne – Aibileen – va braver sa peur et ses doutes pour accepter de livrer son histoire à Skeeter. Puis, petit à petit, Aibileen va tâcher d'amener d'autres bonnes à sa cause, dont sa meilleure amie, Minny, une forte tête bien sceptique quant au projet de Skeeter mais qui va pourtant finir par se confier... ainsi que d'autres bonnes qui, suite aux violences qui se font à l'égard des leurs et au fur et à mesure que leur situation va empirer, vont prendre le courage de livrer leurs témoignages.

C'est pourtant principalement Skeeter, Aibileen et Minny que nous suivons. Elles sont les trois narratrices de ce roman et nous offrent trois voix différentes. C'est avec beaucoup d'intérêt et d'émotion que j'ai suivi ces personnages, chacun est différent mais attachant. Aibileen est bonne chez Elizabeth Leefolt, une amie de Skeeter, c'est une femme mûre, sage, maternelle, elle éprouve un réel attachement pour la fille d'Elizabeth : Mae Mobley, qu'elle surnomme affectueusement Baby Girl, que sa mère délaisse trop souvent. C'est la bonne sage, qui dénonce sans se plaindre, et qui tente souvent le calmer un peu le feu qui réside en Minny, sa meilleure amie et bonne, d'abord chez Miss Hilly (autre amie de Skeeter) et sa mère miss Walters, qui est une vraie tête brûlée, elle a une grande gueule et ne peut pas s'empêcher de dire ce qu'elle pense, ce qui lui causera bien des soucis dans son travail ! Elle a un fort caractère mais elle est parfois touchante, d'autant plus que sa situation personnelle n'est pas facile.

Skeeter – alias Eugenia Phelan – est une jeune femme, grande par rapport aux autres de son âge avec des cheveux frisés indomptables, fraîchement diplômée de l'université. Elle est intelligente, travailleuse et ambitieuse, elle aspire à travailler dans le journalisme puis de devenir écrivain. C'est quelqu'un d'indépendante, elle ne ressent pas le besoin de se caser et de faire des enfants contrairement à ses amies. Elle se concentre sur ses projets d'écriture tandis que sa mère s'inquiète de son célibat et de l'état de ses vêtements. La voir évoluer tout au long du roman, s'acharner pour rendre vie à son projet et découvrir ce que c'est de vivre une relation amoureuse avec ses hauts et ses bas... j'ai vraiment aimé ce personnage. Elle se différencie de ses amies. Elle a beau avoir été élevée par une bonne, Constantine qu'elle a aimé et qui l'a aidé à se forger, elle parvient à rester elle-même, libre et honnête dans un entourage conservateur. J'ai aimé qu'elle ne soit pas trop jolie, inexpérimentée dans le domaine de l'amour mais non prude et innocente, qu'elle soit intelligente et pleine de ressource, qu'elle ait des relations cordiales et amicales avec des Noires. Le défi qu'elle se lance est tout simplement incroyable, audacieux et risqué mais elle va y parvenir et à contribuer au long cheminement pour la reconnaissance des Noirs. Pourtant, elle a décidé de ce projet presque sur un coup de tête et sans être consciente, au départ, des risques énormes que cela représentait pour elle et les bonnes.

Skeeter et Aibeleen, puis ensuite Minny et d'autres, vont ainsi se réunir dans la plus grande discrétion, malgré les risques, pour aboutir à cet audacieux et impossible projet. Cela va donner lieu à des moments forts, drôles, émouvants. Des relations se tissent peu à peu, des relations d'amour, de méfiance, de crainte, de haine, d'amitié. Le roman ne tourne pas uniquement autour de l’élaboration du roman de Skeeter. C'est aussi comment évolue Aibileen chez sa patronne et sa relation très touchante avec Baby Girl et comment elle vit les lois raciales et comment elle essaye d'apprendre à Baby Girl que Noirs et Blancs ne sont pas différents. 

Extrait du film, Aibileen et Mae Mobley.
"Tu es intelligente, tu es gentille, tu es importante."


C'est aussi comment évolue Skeeter qui commence des petits boulots pour parvenir à son rêve, devenir écrivain, sa première expérience romantique, l'évolution des relations avec ses amies et comment elles vont changer au fur et à mesure que Skeeter se prend de sympathie pour la condition des Noirs qu'elle cherche à améliorer, ce qui ne sera pas facile car Jackson est très conservateur et Miss Hilly se bat pour séparer les races, notamment en rendant obligatoire les toilettes séparés tandis qu'elle organise un repas de charité pour aider les enfants d'Afrique qui meurent de faim (ce qui est assez ironique quand on y pense), après Miss Hilly, bien que peste, n'est pas foncièrement méchante, on voit dans le roman que c'est une bonne maman, elle est adorable avec ses enfants, juste qu'elle reste conservatrice et que c'est une bourgeoise blanche pourrie gâtée et élevée dans un environnement où les Noirs étaient vus comme rien de plus que des domestiques devant obéir et pour elle, les choses doivent rester tel quel.

Ensuite, Minny elle-même, dont la situation chez elle n'est pas facile, se met au service de Celia Foote, fraîchement débarquée à Jackson et dénigrée par Miss Hilly qui fera tout pour que Celia reste à l'écart. Celia Foote est un personnage que j'ai beaucoup apprécié, elle paraît folle et étrange au départ, Minny répète souvent qu'elle est cinglée, elle est parfois naïve et enfantine mais, à l'instar de Skeeter, elle ne suit pas les lois raciales et traite Minny comme son égale. C'est Minny elle-même qui doit souvent lui rappeler de se conduire comme une vraie patronne blanche. Mais Celia est adorable et vulnérable aussi, cachant en elle une profonde détresse. Bref, Celia est loufoque, vulnérable, adorable, unique.

J'ai beaucoup aimé aussi découvrir le Mississippi, l'auteur elle-même est originaire de cet Etat et cela se ressent dans l'écriture, je félicite aussi sa capacité de se mettre dans la peau d'une domestique noire et de la rendre crédible. Elle-même fut élevée par une bonne noire. En effet, beaucoup d'Américains venant des États du Sud du début XXe siècle ont été élevés par une bonne noire, elle nous montre à travers ce roman que même s'il y avait la ségrégation, toutes les bonnes ne vivaient pas une situation désastreuses en étant employée chez une famille blanche, il y a parfois un attachement fort, une reconnaissance, souvent contrarié par l'obéissance aux règles anti-intégrationnistes encore en vigueur dans la constitution américaine et dans les mentalités. Tout noir ou blanc qui enfreint les règles risque beaucoup, souvent c'est une amende, parfois c'est la prison, le lynchage. 

Extrait : 

Parfois, quand je m'ennuie, je ne peux m'empêcher de penser à ce que serait ma vie si je n'avais pas écrit ce livre. Le lundi, je jouerais au bridge. Et demain soir j'irais à une réunion de la Ligue et je rédigerais la Lettre. Puis, vendredi soir, Stuart viendrait me chercher pour aller dîner et nous resterions éveillés très tard, et le lendemain je serais fatiguée pour mon cours de tennis du samedi. Fatiguée et contente, et... frustrée.

Parce que cet après-midi-là j'aurais écouté Hilly traiter sa bonne de voleuse sans dire un mot ni faire un geste. Parce qu'Elizabeth aurait tiré trop brutalement le bras de son enfant et que j'aurais regardé ailleurs comme si je n'avais rien vu. Et, étant fiancée à Stuart, je ne porterais pas de jupes courtes, les cheveux courts seulement, et ne pourrais me livrer à aucune activité dangereuse comme d'écrire un livre sur les domestiques noires. J'aurais trop peur qu'il ne désapprouve. Certes, je ne me mentirai jamais à moi-même en prétendant avoir changé la mentalité de personnes comme Hilly et Elizabeth, mais au moins n'ai-je pas à faire semblant d'être d'accord avec elles.

Chapitre 33. (Miss Skeeter)

jeudi 4 avril 2013

Le liseur - Bernhard Schlink.




L'auteur :



Né en 1944, Bernhard Schlink a étudié le droit et enseigne le droit public et la philosophie du droit à Berlin. Il est également un écrivain allemand, ayant débuté sa carrière d'écrivain avec des romans policiers, mais c'est Le Liseur (Der Voleser en version originale), roman partiellement autobiographique, qui devient l'un, si ce n'est le, de ses romans les plus connus, devenant rapidement un best seller traduit en 37 langues et ayant fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec Ralph Fiennes et Kate Winslet.






Quatrième de couverture :

A quinze ans, Michaël fait la connaissance d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain. Il la revoit une fois, des années plus tard. Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui.


Mon avis :


Il se peut que ma critique ne soit pas aussi structurée que je le voudrais, j'ai lu ce roman il y a un petit moment déjà et il est fort probable que j'ai oublié certaines choses que je voulais dire à ce sujet. Sinon, une fois n'est pas coutume, j'ai fait un peu de découpage avec la quatrième de couverture qui, dans son intégralité, révélait les trois quart du livre bien que pour moi, ce ne fut pas une surprise de découvrir ce roman ou de lire son résumé car j'ai vu et revu le film il y a plusieurs mois, néanmoins malgré cela, j'ai beaucoup aimé cette lecture qui me donne envie de revoir le film.

Michaël est un jeune étudiant de quinze ans lorsqu'il fait la connaissance d'une femme de 35 ans, il est malade et elle prend, l'espace de quelques instants, soin de lui. Cette femme, jamais Michaël ne l'oubliera, et très vite elle hante son esprit et, une fois guérit, Michaël ne tarde pas à aller à sa rencontre pour la remercier mais très vite, ces visites prennent une autre allure alors que cette femme, cette Hanna, se rend compte qu'elle l'attire, qu'il la désire. Le temps de plusieurs mois, ils deviennent amants et leurs rendez-vous prennent une forme de rituels. A chacun de leurs rendez-vous, il lui fait la lecture, lui lit quelques pages avant ou après l'acte. Mais un jour, Hanna disparaît sans laisser de trace.

Résumé quelque peu vague il est vrai mais je ne vois pas comment résumer cet ouvrage. C'est tant de chose. C'est l'histoire d'un jeune garçon qui vit sa première histoire d'amour avec une femme de 35 ans, une femme parmi tant d'autres sans doute mais qui pourtant le marquera à vie, même lorsqu'il deviendra un homme. C'est l'histoire d'une initiation amoureuse, Michaël se découvre à travers Hanna, il découvre l'amour et le plaisir et Hanna découvre quelques pages de grands classiques comme l'Odyssée d'Homère, que lui lit Michaël et en redemande, elle découvre la lecture, partage ses impressions. C'est aussi une histoire qui fait remonter à la seconde guerre mondiale, une histoire sur les choix, la culpabilité, les responsabilités, le pardon, la rédemption, c'est... c'est assez difficile à expliquer comme cela, mais ce n'est pas juste une histoire d'amour, c'est bien plus que cela.



Bien-sûr, comme je connais le film, découvrir les événements du livre ne fut pas une surprise mais ce fut tout de même intéressant de découvrir le livre, surtout qu'il permet de mieux se pencher sur la vie et la famille de Michaël, et sur les scènes du procès. Ce livre était sans doute moins exceptionnel par rapport au film et avoir vu le film d'abord enlève toute la magie, et... disons qu'il n'y a pas la même magie, les mêmes émotions que dans le livre mais il est certain que c'est un livre qui marque sous certains aspects, que c'est rapide à lire, c'est plus qu'une histoire d'amour, c'est un ouvrage plein de réflexion et emprunt de l'histoire, celle de l'Allemagne quelques années après la seconde guerre mondiale, avec la jeune génération honteuse de celle qui a participé d'une façon ou d'une autre à la guerre, c'est une période de procès aussi, contre ceux qui ont commis des crimes pendant la période du Troisième Reich.



Car Le Liseur fait également référence aux événements de la seconde guerre mondiale, particulièrement du côté allemand, et plus précisément sur les gardiennes de camps de concentration mais malgré cela, ce livre n'est pas exactement un livre sur la seconde guerre mondiale, malgré le fond historique, c'est plutôt une réflexion sur la justice, sur la culpabilité, sur la difficulté de "se réparer". C'est aussi le récit d'une initiation à l'amour, au plaisir, l'histoire d'un premier amour, un amour qui marque à vie et qui laisse des répercussions sur la vie entière de Michaël qui, malgré tout, se souviendra toujours d'Hanna qui a marqué sa vie à tout jamais, d'une façon ou d'une autre. C'est aussi à propos des choix à prendre, qu'ils soient bons ou mauvais, qui peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les autres comme pour soi-même, l'histoire d'Hanna et son "honteux petit secret" en est le parfait exemple. A cause de ce qu'elle a et qu'elle s'efforce de cacher, elle fera des choix qui aura des conséquences fâcheuses pas seulement pour elle mais pour les autres. Il y a ce côté très philosophique dans ce roman qui m'a beaucoup plu. C'est réfléchir sur soi-même, sur les autres, sur les choix qu'on peut faire, c'est essayer de comprendre les autres. L'auteur enseigne la philosophie, et cela se ressent dans ce roman, il s'y connaît et les interrogations, la philosophie présente dans cet ouvrage a été intéressant à découvrir.

Sans doute moins magique que l'adaptation cinématographique, ce récit reste pourtant puissant, fort, violent, avec des réflexions intéressante et une histoire d'amour peu habituelle mais forte car Hanna est en Michaël et jamais il ne s'en remettra. J'aurais d'ailleurs aimé avoir un peu le point de vue d'Hanna mais le récit est du point de vue de Michaël uniquement, et pour avoir certaines scènes sous le regard d'Hanna, il reste le film. L'histoire est donc intéressante, à couper le souffle, et l'intrigue est bien menée, la façon d'écrire de l'auteur (enfin, plus la traduction en fait) permet bien de rendre compte les diverses émotions des personnages. La romance entre Michaël et Hanna est bien menée également, malgré la différence d'âge, c'est mené naturellement, sans que ce soit vulgaire ou romantique à l'extrême et ce, même après les procès et que Michaël passe à l'âge adulte. La place de la lecture est intéressante et touchante ici, la littérature qui fait parti des rituels du couple, qui fait parti des choses qui les lient.

C'est une histoire d'amour peu ordinaire, déjà au départ elle peut gêner à cause de la différence d'âge : Michaël a 15 ans et Hanna en a 35, elle peut donc paraître malsaine mais l'écriture de l'auteur emmène au-delà des préjugés, surtout qu'on a du mal à cerner le personnage d'Hanna, tantôt froide et dure, elle peut devenir touchante et faible, je me visualisais très bien Kate Winslet dans le rôle d'Hanna. Elle est froide, mystérieuse mais elle sait se montrer touchante face à celui qu'elle nomme "garçon", elle est presque inaccessible mais elle sait nous émouvoir. Les sentiments sont très bien décrits aussi, même les "non-sentiments" lorsque Michaël est "anesthésié" de tout sentiment après la fuite d'Hanna, plus jamais il ne sera le même après ce premier amour. Sa relation avec elle l'a changé, il devient plus instruit, plus sûr et confiant autour des autres et en connaîtra plus jamais une intimité et un amour semblable à ceux qu'il avait avec Hanna avec d'autres filles. Il ne parviendra jamais à l'oublier et ce, même après les événements après le procès.

J'ai encore tant d'autres choses à dire sur ce livre mais je préfère m'arrêter là et ne pas trop m'étendre là-dessus, ce serait dur d'en dire plus sans trop révéler du livre ou du secret d'Hanna, et puis il y a tant d'autres critiques sur le net sur ce livre qui parlent bien mieux que moi de ce livre. Tout ce que j'ai à retenir de ce livre est que ce fut une lecture intéressante par ses thèmes et son côté philosophique, rapide à lire, et puissant par son récit.





Image tirée de The Reader, l'adaptation cinématographique, 
avec Kate Winslet et David Cross (Michaël jeune), 
et Ralph Fienne (Michaël adulte) dans les rôles principaux.



Extrait :

C'était une auditrice attentive. Son rire, ses soupirs de dédain et ses exclamations indignées ou enthousiastes ne laissaient aucun doute : elle suivait l'action avec passion, et considérait les deux héroïnes comme de petites dindes. L'impatience qu'elle mettait parfois à me demander de continuer tenait à ce qu'elle espérait que ces personnages allaient enfin, nécessairement, arrêter leurs bêtises. "Non, mais ce n'est pas possible !". Quelquefois, j'avais moi-même très envie de poursuivre la lecture. Quand les jours allongèrent, je lus plus longtemps, pour être au lit avec elle au moment du crépuscule. Lorsqu'elle s'était endormie sur moi, que la scie dans la cour s'était tue, que le merle chantait et que, dans la cuisine, il ne restait plus que la couleur des objets que des tons de gris plus ou moins clairs ou sombres, j'étais parfaitement heureux.

9. (Première partie)

samedi 13 octobre 2012

Good Morning England.

Good morning England/The Boat that Rocked,
film de Richard Curtis.
135 minutes/Deux heures.
Sorti en 2009.





Avec : Tom Sturridge, Philip Seymour Hoffman, Emma Thompson, Bill Nighty, Rhys Ifans, Nick Frost, Talulah Riley, Tom Brooke, Ralph Brown, Jack Davenport, Katherine Parkison... et bien d'autres !




Emprunt médiathèque
.





Synopsis :

En 1966, en plein âge d'or de la pop britannique, la BBC ne diffusait en tout et pour tout que deux heures de rock par semaine. Cependant, une radio pirate émettait du rock et de la pop depuis la haute mer 24 heures sur 24, rassemblant chaque jour plus de 25 millions d'auditeurs - plus de la moitié de la population de la Grande-Bretagne... Carl vient de se faire renvoyer du lycée et sa mère a décidé qu'il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain, Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé d'un équipage éclectique de DJ's rock and roll.



Mon avis :

Lorsque ce film a été diffusé à la télévision il y a quelques mois, j'avais décidé de mettre ce film en bruit de fond, en écoutant un peu de temps en temps, sans savoir exactement à quoi m'attendre. Je n'avais pas lu le synopsis et les extraits vus ne m'avaient pas fait grande impression et pourtant... j'avais beaucoup aimé ce film, et lorsque je l'ai emprunté, il y a quelques semaines, à la médiathèque et revisionné... ce fut le coup de foudre ! L'un des meilleurs films que j'aie jamais vu ! C'est clair, ce film, il me le faaauut ! Rien que pour pouvoir regarder les jours où le moral est au plus bas car ce film est un vrai concentré de bonne humeur ! Avis aux amateurs des années 1960/1970, plus particulièrement la musique de cette époque, ce film est fait pour vous !


Pour avoir été pris en train de se droguer, le jeune Carl est renvoyé de son lycée. Sa mère a décidé de l'envoyer auprès de Quentin, son parrain, pour qu'il puisse réfléchir à son avenir et repenser à ses actes. Seulement, c'est au bord d'un bateau en pleine mer du Nord que Carl trouve son parrain, et pas sur n'importe quel bateau ! Car Quentin est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui diffuse du rock illégalement 24h/24 sur ce fameux bateau qui abrite un équipage DJ's rock hors du commun. Entre rock, sexe, alcool et fêtes, pas sûr que le jeune Carl ait trouvé l'endroit idéal pour "se repentir" et réfléchir à son avenir... pas que cela lui déplaise, car la vie en mer du Nord est mouvementée et riche en évènements !


En 1966, le rock'n roll et le pop sont à leur apogée, et pourtant, la BBC n'en diffuse que 40 minutes par jour, ce qui n'est pas assez pour satisfaire les fans britanniques. Heureusement pour eux, des radios pirates en diffusent, eux, 24h/24 sur leurs bateaux. De quoi satisfaire tous les britanniques amateurs de rock et pop qui peuvent ainsi profiter de cette folle liberté... ce qui a le don d'énerver le gouvernement britannique très conservateur qui n'auront de cesse d'essayer d'éradiquer ces radios-pirates. Scénario simple qui parle d'une époque que les moins de 40 ans ne peuvent connaître mais ne chipotons pas ! Ce film est une vraie perle, un concentré de bonne humeur avec des acteurs sympathiques, à fond dans leurs rôles, avec une bande-son d'une réelle splendeur, de belles images, un humour british parfait, des personnages attachants... bref, un film qui restera inoubliable pour moi <3 C'est vraiment un très beau hommage au rock et à la pop, surtout ceux des années 1960, une époque qui ne connaissait ni le sida et ni les messages 'anti-fumeur' sur les paquets de cigarettes.


Nous avons une panoplie de personnages attachants, il y a bien-sûr le jeune Carl qui ne savait pas du tout ce qui l'attendait sur le navire mais qui découvre avec plaisir, en plus d'avoir sa première amourette sur le bateau  se lie avec certains de l'équipage qui forme une famille. Nous avons Le Comte, le seul américain qui endosse le rôle de star DJ, qui se dit Comte du Cool, une langue bien pendue avec une affection toute particulière pour les "fuck/fucking" ; il y a Quentin, le patron raffiné de Radio Rock qui gère finances, relations avec l'extérieur, avec l'équipe technique ; puis Gavin Kavanagh, l'excentrique qui aime les femmes et dire des commentaires plus ou moins explicites à la radio ; Dr Dave, un autre DJ, sarcastique, intelligent et très populaire parmi la gente féminine malgré sa surcharge pondérale ; Simon le Simple, un DJ adorable à la recherche du grand amour ; Félicity, la seule femme de l'équipage qui peut se permettre de faire partie d'un équipage composé majoritairement d'hommes parce qu'elle est lesbienne, elle-même n'est pas toujours considérée comme une femme par ses collègues, elle est la chef cuisto du groupe ; Mark le Noctambule est un grand homme ténébreux et très séduisant qui ne dit jamais rien mais qui parvient tout de même à séduire les femmes, sans un mot, ce qui déconcerte ses confrères ; John est le plus sérieux du groupe, présentateur de la météo et des informations, il est souvent moqué pour son sérieux et son absence de vie sexuelle ; Bob est un mystérieux hippie qui est présentateur la nuit jusque tôt le matin, qui ne sort jamais de sa cabine, si bien que les autres membres ne savent même pas qu'il existe ; passons ensuite à Kevin le Cerveau qui est en fait l'homme le plus stupide du navire, le genre qui ne sait même pas qui est Jésus à part un homme qui s'habille comme une fille à cause de sa toge blanche, et qui est du genre à s'habiller en lapin de Pâques le jour de Noël.


Cette joyeuse troupe ne fait pas le bonheur de Dormandy et de Mr Troudebal (Mr Twatt en anglais qui veut dire soit benêt, soit con mais dans le sens "sexe féminin"), des représentants ultra-rigides du gouvernement qui ont juré la perte de Radio Rock, dans une Angleterre puritaine qui censure malgré une société qui rêve de davantage de liberté. Car ce film n'est pas seulement un hommage au rock et à la pop, c'est aussi une hymne à la liberté, au bonheur et à l'espoir d'une société qui désire être plus libre. Car le rock et la pop se font des fans chez des auditeurs de tout âge : femme enceinte, couple de retraités, groupe d'étudiantes, jeunes infirmières dans un hôpital, jeunes enfants, couple marié qui a la trentaine... ce sont d'étonnantes ondes positives qui émanent de ce film !


Il y a aussi un sacré contraste : d'un côté, nous avons ces membres du gouvernement, stricts, habillés de façon nette, propre, ordonnée, se tenant bien droit, qui sont rigides, stricts et de l'autre, les DJs de Radio Rock, décontractés dans leurs vêtements et /ou tempéraments (je mets aussi 'ou' car Quentin porte des costumes impeccables mais a une attitude qui sied bien avec celle de son équipage ; tout en étant le chef responsable, il est libre, zen, décontracté). C'est vraiment un film de "potes", on fait la connaissance d'une brochette gratinée de chouettes copains, des personnages déjantés, complètement dingues et fous... de rock et pop, qui diffusent leur passion à la radio, qui s'adressent à leurs auditeurs comme à des amis, que ces membres soient timides ou dévergondés, ils sont tous attachants à leur propre manière qu'on aurait presque envie de découvrir les années 60 et de rejoindre cette troupe déjantée sur le bateau pour vivre cette aventure.


Ce film est purement anglais avec son humour décalé, ses situations ubuesques qui se succèdent à un rythme effréné, une bonne humeur qui se propage, des acteurs de qualité... un film assez décalé, mais une comédie anglaise purement géniale, quoi ! Un excellent film qui donne envie de (re)découvrir cette époque : musique, vêtements, ambiance... tout est là ! Ce film était vraiment une bonne surprise et sans fausses notes pour ma part.





Quelques membres de l'équipage, dont - de gauche à droite - Le Comte (joué par Philipp Seymour Hoffman) et le Dr Dave (incarné par Nick Frost).



Extrait/Citation :



QUENTIN : Ah-ah ! Carl. Mon filleul préféré. Nous sommes-nous déjà vu ?
CARL : Heu... je... je ne crois pas.
QUENTIN : Non. J'ai eu un petit passage en ville il y a dix ans, donc je vérifie à chaque fois. Comment va ta mère ?
CARL : Oh, elle va bien. On est pas... en très bons termes, en ce moment.
QUENTIN : Elle est très séduisante, cette femme.
CARL : Oui enfin... c'est-à-dire...
QUENTIN : Non, sérieusement, c'est vrai quoi... c'est ta maman mais pour les hommes de mon âge, c'est un symbole sexuel. Donc, viré du bahut ?
CARL : ... exactement.
QUENTIN : Et pourquoi ?
CARL : Oh, je suppose que... fumer a été le déclencheur.
QUENTIN : Drogue ou cigarette ?
CARL : Ho... un peu les deux.
QUENTIN : Bravo mon garçon ! C'est bien, je suis fier de toi. Alors comme ça, ta mère t'envoie ici dans l'espoir qu'un peu d'air marin pourrait t'aider à t'en sortir ?
CARL : A peu près, oui.
QUENTIN : Pfft ! Bourde monumentale ! Mais si tu ne finis pas noyé, nous pourrons tout de même t'aider à ne plus fumer de la drogue et tout ça, c'est ce que j'ai fait et je me sens tellement mieux, si tu savais, piouf ! ... Cigarette ?

vendredi 14 mai 2010

De Gaulle et Churchill : La mésentente cordiale - François Kersaudy.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/DeGaulleChurchill.jpg
Churchill : ... De Gaulle, un grand homme ! Il est arrogant, il est égoïste, il se considère comme le centre de l'univers... il est... vous avez raison, c'est un grand homme ! ...


De Gaulle : Pauvre Churchill ! Il nous a trahit, et il nous en veut d'avoir à nous trahir...


Lorsque s'affrontent les deux plus grands hommes d'Etat du XXe siècle, il faut bien s'attendre à des gerbes d'étincelles... Ayant consulté vingt fonds d'archives et interrogé de nombreux témoins, François Kersaudy reconstitue plus de trente rencontres entre le Premier ministre britannique et le chef de la France libre. Un livre véritablement unique, puisque c'est le seul ouvrage qui soit exclusivement consacré aux relations d'amour et de haine entre les deux hommes... L'ayant refermé, le lecteur considérera nécessairement d'un autre œil les Mémoires de guerre du général de Gaulle et ceux de Winston Churchill...


Voici une de mes lectures coup de 
cœur, l'un des livres chéris de ma bibliothèque !
Il s'agit d'un document historique sur les relations d'amour et de haine entre deux grands personnages historiques qui me fascinent, un petit pavé sur les rencontres mouvementées de deux grandes figures de notre histoire : Winston Churchill, que l'on connaît surtout pour avoir été le premier ministre de la Grande-Bretagne durant la seconde guerre mondiale, et Charles de Gaulle, célèbre général français qui s'est surtout illustré par son appel du 18 juin, par ses actions pour la Résistance et qui fut aussi un de nos présidents de la cinquième république. 

Deux hommes que tout oppose mais qui sont partagés par le même amour d'un même pays, la France. Petite surprise de ce côté-là, ce livre m'aura appris tout l'amour et l'attachement que Churchill portait à notre pays, sans cela, De Gaulle aurait vraiment eu du mal à s'occuper de la Résistance Extérieure, Churchill a vraiment aidé De Gaulle de ce côté-là... à soutenir le général contre vents et marées... avant que Roosevelt ne fourre son nez dans l'affaire et n' 'oblige' Churchill à voir De Gaulle comme le président américain le voyait, il faut dire que Roosevelt ne portait pas vraiment De Gaulle dans son cœur... et qu'il a bien fait savoir à Churchill que l'Angleterre était l'allié majeur de l'Amérique et il a voulu qu'il partage son opinion de De Gaulle, il a réussi dans un certain temps, les relations entre Churchill et De Gaulle ont souvent été mouvementées, leur amitié testée...

On voit De Gaulle seul, exilé, méprisé par les Américains, malmené par Churchill, s'imposer contre vents et marées. Il a des exigences. Il parvient à faire représenter la France parmi les Grandes Puissances qui cosignent la paix en 1945... L'exploit n'est pas mince. On découvre également les arcanes d'une politique étrangère américaine bien ambiguë, en tous cas ouvertement anti-gaulliste. Roosevelt, en politique soucieux de sa réélection à la présidence, flatte le gouvernement de Vichy et n'ose pas parier sur un De Gaulle qui se prétend la France à lui seul. Puis, on nous montre le soutien du Parlement anglais, de la presse et du peuple britannique envers le Général et ses quelques Français. Encore une surprise de ce côté-là. On découvre aussi des personnages « secondaires » comme Anthony Eden qui soutient De Gaulle et tente d'arrondir les angles avec Churchill.

C'est une drôle de relation, celle entre De Gaulle et Churchill, surtout que De Gaulle se méfiait un peu de la "Perfide Albion", de l'Angleterre, mais il n'y a pas eu que des mauvais moments, Churchill a porté beaucoup d'espoir en De Gaulle, surtout en 1940, et leur relation tantôt houleuse tantôt amicale est une "histoire" qui se finit bien, quelques années après la fin de la guerre, les rancœurs se sont calmées et les deux hommes partagent une amitié au-delà de la politique, jusqu'à leur mort, parfois c'était touchant, j'avais un grand sourire idiot collé sur ma figure. Mais honnêtement, j'ai dévoré jusqu'à la fin, un très bon livre sur Churchill et De Gaulle, leur relation, et toutes ces choses qui nous permettent d'en savoir plus et même de mieux comprendre les événements de la Seconde Guerre Mondiale... finalement, Churchill, c'est vraiment une personnalité intéressante à étudier.


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Sir Winston Churchill et le général Charles de Gaulle durant la Seconde Guerre Mondiale.


'Alors que je traversais le couloir plein de monde qui menait à la cour, écrira Churchill, je vis le général de Gaulle qui se tenait près de l'entrée, immobile et flegmatique. Le saluant, je lui dis à mi-voix, en français : "L'Homme du Destin". Il resta impassible.' 
L'aide de camp du Général, qui se tient à ses côtés, n'entendra pas ces paroles prophétiques. Et de Gaulle, lui, a-t-il entendu ? "Non, je n'ai pas entendu", dira plus tard le Général. Et il ajoutera : "Vous savez, Churchill, c'est un romantique."
3. Naufrage.