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dimanche 25 octobre 2020

Le fantôme de Canterville (et autres contes) - Oscar Wilde.


Lorsque Mr Hiram B. Otis, le ministre américain, acheta le domaine de Canterville Chase, tout le monde lui dit qu'il faisait une folie car il n'y avait pas le moindre doute que le manoir fût hanté. Mais le ministre américain et sa famille n'ont pas vraiment peur des apparitions nocturnes du spectre des lieux. Les jumeaux Otis lui jouent des tours, et les parents ont l'outrecuidance de lui offrir de l'huile pour graisser ses chaînes. Pauvre de lui, jadis si redouté, et désormais dépourvu de toute crédibilité !



C'est l'histoire d'un fantôme bien malheureux depuis que le domaine de Canterville a été acheté par des créatures les plus étranges qui soient dans ce monde... des Américains ! Lui qui fut le fléau de tous les anciens propriétaires qu'il a effrayé au point de les faire chasser, le voilà mis en déroute par une famille américaine qui ne réagit pas comme il l'aurait espéré de ses tours de fantômes. Le ministre et sa femme lui proposent de l'huile pour graisser ses chaînes, la tâche de sang qu'il laisse est systématiquement lavé comme si de rien n'était, et ces affreux jumeaux ne cessent de lui jouer des tours ! Lui ! Le fantôme ! Mais où va le monde ? Déconcerté mais pas découragé, le fantôme va essayer de tout mettre en œuvre pour se montrer effrayant et chasser ces malotrus !

Des cinq nouvelles présentes dans ce recueil, Le fantôme de Canterville reste ma préférée, d'autant plus qu'elle est la plus longue. C'est léger, drôle, divertissant. On sent qu'Oscar Wilde a du s'en donner à cœur joie dans l'écriture de cette histoire. L'humour repose en grande partie sur les différences culturelles entre l'Angleterre et les Etats-Unis, entre les Américains terre-à-terre, consuméristes, égalitaires et les Anglais, aristocrates, influençables, et pince-sans-rire. L'auteur s'amuse de ces préjugés, et porte un jugement sarcastique sur les Anglais, leurs superstitions et traditions, ainsi que les Américains, leur incompréhension de la culture européenne, leur rationalisme dépourvu d'imagination... du moins pour cette famille. Ce fantôme n'aurait pas plus mal tombé, faisant les frais du modernisme et du rationalisme de ces Américains fraîchement débarqués en Europe !

C'est particulièrement amusant de voir Oscar Wilde reprendre des éléments des histoires fantastiques de son époque pour y mettre une touche plus humoristique face à une famille particulièrement terre-à-terre, où c'est le fantôme qui vit des mésaventures au lieu des personnes qu'il est supposé hanter. Ses petits tours n'ont pas l'effet escompté et c'est plutôt lui qui est victime de tours ! Ce ton drôle et léger continue jusqu'à la fin de l'histoire, avec cependant une partie plus classique lorsque le fantôme se dévoile à Virginia, la fille du ministre et la seule à ne pas se moquer du spectre. À l'inverse de sa famille, elle va chercher à le comprendre et à l'aider à passer dans l'au-delà. On glisse ainsi vers le merveilleux avec une touche de surnaturel, presque mélancolique.

Mon édition était complétée par quatre contes : "Le prince heureux", "Le géant égoïste", "L'ami dévoué" et "Le rossignol et la rose". Ces quatre contes se ressemblent en reprenant des éléments classiques des contes (des animaux parlants, êtres surnaturels et une morale) mais se révèlent divertissants et touchants, voire tristes, même si je les ai trouvé moins inoubliables par rapport au Fantôme de Canterville qui se présente comme l’histoire la plus divertissante, légère et drôle par rapport aux autres qui sont plus touchantes et tristes. J’ai toutefois bien aimé Le géant égoïste qui se présente comme un conte touchant dans lequel un géant s’adoucit en se liant d’amitié avec un jeune garçon.


"Cher monsieur, dit Mr. Otis, permettez-moi d'insister auprès de vous pour que vous huiliez ces chaînes: je vous ai apporté à cette fin un petit flacon de lubrifiant. On le dit totalement efficace dès la première application. (...) Sur ces mots, le ministre des Etats-Unis posa le flacon sur une table et, fermant sa porte, se retira dans sa chambre.

Un instant, le fantôme de Canterville demeura absolument immobile, dans un accès d'indignation bien naturelle; puis, ayant lancé violemment le flacon sur le parquet poli, il s'enfuit le long du couloir, en poussant des gémissements sourds et en émettant une lueur verdâtre et fantomatique. 

samedi 1 octobre 2011

Salomé - Oscar Wilde.

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Articles connexes :

- Le portrait de Dorian Gray.
- L'importance d'être Constant.
- Le fantôme de Canterville (et autres contes).




Emprunt médiathèque fac.
Lecture en ligne ici (en VF) et ici (en VO).







Quatrième de couverture :

A la fin du XIXe siècle, le mythe de Salomé suscite chez les artistes une fascination à nulle autre pareille : la princesse de Judée, qui incarne la femme "naturelle, c'est-à-dire abominable" selon le mot de Baudelaire, devient une figure majeure de l'imaginaire décadent, inspirant indifféremment peintres, poètes et romanciers. De cette danseuse fatale, Wilde donna dans Salomé l'une des interprétations les plus marquantes de l'histoire de la littérature. La tension croissante de ce drame en un acte traduit la montée du désir monstrueux de Salomé, la fille d'Hérodias, pour le prophète Iokanaan. Cruauté, sacrilège, étrangeté et érotisme se mêlent dans cette pièce dont Mallarmé salua les perpétuels traits éblouissants et dont Pierre Loti a pu dire : "C'est beau et sombre comme un chapitre de l'Apocalypse".


Mon avis :

Finalement, je n'aurais pas beaucoup attendu pour tenter un autre Oscar Wilde, ici j'ai décidé de découvrir une de ses pièces de théâtre : Salomé, et je dois avouer que je ne connaissais absolument le mythe de Salomé avant de lire la pièce de Oscar Wilde, qui m'a poussé à découvrir en détail cette histoire. Je me coucherai moins bête ce soir.

Salomé est en fait un personnage dans la Bible chrétienne, dans un épisode des Evangiles de Matthieu et Marc. Elle est la fille d'Hérodias (ou Hérodiade selon les versions), princesse juive qui a quitté son mari pour épouser le frère de celui-ci, Hérode, qui est tétrarque de Galilée. Iokanaan (ou Jean-Baptiste selon les versions) dénonce ce mariage quasi incestueux et se retrouve vite arrêté puis enfermé dans un puit, ses propos ne plaisant pas à Hérode, d'autant plus que la foule en est venue à considérer Iokanaan comme un prophète. Oscar Wilde reprend donc cette histoire. Salomé quitte le festin que donne son beau-père et se met soudain à entendre la voix de Iokanaan et se retrouve envoûtée par cet homme, ne désirant qu'une chose : l'embrasser. Je pense que c'est à partir de là que l'auteur se démarque du récit biblique : Salomé tombe amoureuse de Iokanaan. Je ne révèle pas plus de la pièce ou même du récit de la Bible, je ne veux pas gâcher la surprise.

C'est comme une sorte de tragédie antique tirée de la Bible. J'ai eu l'impression de lire une pièce de théâtre antique mais reprenant un mythe biblique. Cette pièce de théâtre est très courte et elle n'est certainement pas la pièce la plus intéressante que j'ai pû lire jusqu'à présent, mais ça se lit vite et bien et ça reste intéressant. Elle m'a fait découvrir un récit biblique jusqu'alors inconnu pour moi, en se centrant plus sur le personnage de Salomé, une jeune femme belle, douce mais à la fois perverse et haïssable sous certains aspects. Dès le début, l'auteur nous fait sentir une atmosphère pesante, malsaine, le climat est lourd, la lune paraît menaçante et étrange, des cris résonnent... et les personnages ne savent pas ce qu'il va se passer, ils ont peur mais ignorent de quoi, comme une espèce de pressentiment. Il y a Hérode qui regarde sans cesse sa belle-fille et Hérodias, sa femme, le prie de cesser de fixer sa fille, qu'il ne faut pas la regarder, les gardes qui fixent amoureusement Salomé et Salomé elle-même qui se prend d'amour et de passion pour le prophète enfermé qui espère voir cette femme fatale loin de lui. Ces thèmes reviennent très souvent, certaines phrases sont même assez répétitives, mais ce n'est pas dérangeant, ça ne fait que renforcer l'atmosphère pesante et lourde.

Meutre, sang, perversité, luxure, amour, haine et sans cesse la lune étrange qui ressemble à une femme... il y a tout ça dans cette pièce, elle a un petit quelque chose de malsain et dérangeant. Autant dire que je n'ai pas reconnu le style de Wilde, mais peut-être est-ce dû au fait qu'il reprend un récit des Evangiles et que vu comment s'est présenté le récit, il n'a pas pû ajouter la touche d'ironie que je lui connaissais dans les oeuvres d elui que j'ai pû lire avant ? Dans un tel récit, il ne pouvait ajouter sa touche. Pour moi (mais peut-être est-ce aussi dû au fait que je ne connais les oeuvres d'Oscar Wilde que depuis peu et que je ne suis pas si familière que ça à son style), cette pièce aurait pû être de la plume d'un autre auteur, ça n'aurait fait aucune différence. Ne voyez pas ça comme un reproche, mais comme une remarque innocente ! Salomé reste une pièce poétique, envoûtante, dérangeante et intéressante même si pas si inoubliable que ça. J'ai quand même aimé, l'ambiance est bien rendue, les illustrations offertes par l'édition GF Flammarion sont intéressantes, ainsi que la préface que je conseille de lire après lecture de la pièce, sous risque d'avoir la lecture gâchée, spoilée car elle révèle pas mal d'élèments et de scènes de l'oeuvre donc l'effet de surprise risque d'être gâchée (Dieu merci, je lis rarement les préfaces et si c'est le cas, le plus souvent en fin de lecture !).

Salomé est une pièce pas forçément inoubliable ou extraordinaire, du moins pour moi, mais elle n'en est pas moins inintéressante. C'est un classique où se mêlent la luxure, la cruauté, la séduction, la beauté, elle m'a fait découvrir un récit biblique que je ne connaissais pas. Bref, une pièce intéressante à découvrir ! Même si les scènes ne sont pas numérotés, il n'y a pas de Acte n°untel et Scène n°untel, ce qui nous oblige à lire la pièce d'un coup, heureusement qu'elle est courte. Mais, bon sang de bon soir, quel fin glauque et perverse !

Extrait :

(Une grande terrasse dans le palais d’Hérode donnant sur la salle de festin. Des soldats sont accoudés sur le balcon. À droite il y a un énorme escalier. À gauche, au fond, une ancienne citerne entourée d’un mur de bronze vert. Clair de lune.)


LE JEUNE SYRIEN
Comme la princesse Salomé est belle ce soir !

 

LE PAGE D’HÉRODIAS
Regardez la lune. La lune a l’air très étrange. On dirait une femme qui sort d’un tombeau. Elle ressemble à une femme morte. On dirait qu’elle cherche des morts.

 
LE JEUNE SYRIEN
Elle a l’air très étrange. Elle ressemble à une petite princesse qui porte un voile jaune, et a des pieds d’argent. Elle ressemble à une princesse qui a des pieds comme des petites colombes blanches… On dirait qu’elle danse.

mardi 20 septembre 2011

Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde.

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'Vows are spoken to be broken
Feelings are intense, words are trivial
Pleasure remain, so does the pain
Words are meaningless and forgettable.'

- Enjoy the silence, Depeche Mode -
 
 
Articles connexes :
- Le fantôme de Canterville (et autres contes).


Lecture en ligne
ici (en VF) ou ici (en VO).




Quatrième de couverture :

'Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune fomme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.' Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et, de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian.


Mon avis :

J'avais d'abord prévu de découvrir, il y a plusieurs mois, Oscar Wilde avec ce titre, mais finalement je me suis dit que ce serait commençer gros, alors j'ai décidé de commençer petit en attaquant quelques contes puis une pièce de théâtre avant de me décider à découvrir ce titre célèbre de l'auteur. Je ne vois pas pourquoi je me suis inquiètée, c'est un classique très abordable, simple et agréable à la lecture. Certes pas un coup de coeur, mais une lecture agréable et intéressante, je ne regrette pas la découverte de ce grand classique, ça me donne encore plus envie de découvrir l'auteur et ses oeuvres.

Le livre s'ouvre sur le peintre lui-même, Basil Hallward, qui termine de peindre ce qu'il dit être l'oeuvre de sa vie. Fasciné par le modèle lui-même, Basil parle de ce fameux Dorian Gray à son ami Lord Henry, ainsi de ce que représente pour lui cette muse si exceptionnelle qui a capté son regard dès le début. Devant tant d'enthousiasme, Lord Henry se retrouve frappé par la curiosité et se retrouve bien vite intéressé par ce jeune homme d'une beauté rare et extraordinaire, semblant être à l'apogée de la jeunesse de Dorian. Et alors que Basil continue de peindre Dorian, Lord Henry attire l'attention du jouvenceau naïf en lui parlant de sa beauté exceptionnelle et que de ce fait, tout lui appartient car il possède la jeunesse et la beauté, mais qu'il doit chérir ce temps tant qu'il en est encore temps car la jeunesse est chose éphémère. Il conseille donc à Dorian de profiter de sa jeunesse le temps qu'elle dure, avant qu'il ne vieillisse et que sa beauté ne se fane avec le temps et que, par conséquent, Dorian perdra tout. Frappé par ces paroles, Dorian prend en considérations les dires de Lord Henry, préoccupé, désespéré par cette nouvelle réalité qui le frappe soudain à la figure. Pris de panique, une partie de sa naïveté s'en est allé avec le discours d'Harry/Henry, il prend conscience de sa jeunesse et sa beauté, deux choses qui l'ont béni et soudain la peur de les perdre le désespére profondément. Lorsqu'il voit enfin le chef d'oeuvre de Basil terminé, il émet le souhait de rester jeune à jamais, comme l'est son portrait. Si seulement, se dit-il, il pouvait rester jeune et beau tandis que le Dorian du tableau vieillira à sa place, inversant ainsi les rôles : le modèle restera jeune et le portrait subira les dommages du temps et de la vieillesse.

L'écriture de Oscar Wilde est vraiment un délice, et la traduction était simple, je n'ai eu aucun problème de vocabulaire. On retrouve dans cette oeuvre nombre de citations devenues célèbres de l'auteur (comme le 'Le meilleur moyen de résister à la tentation est d'y succomber'), mais il y a aussi panoplie de réflexions qui prêtent à réfléchir, rien que sur les femmes via les paroles de Lord Henry qui reste quand même un personnage assez intéressant et inoubliable : les propos sur les femmes sont certes un peu misogyne mais parfois débordants d'une étonnante vérité. Il y a aussi cette description de la société anglaise du XIXe siècle assez moqueuse et ironique, l'auteur nous peint d'une façon plaisante et intéressante la société dans laquelle il a vécu, avec ses codes et ses règles... et ses gens qui passent leur temps à les enfreindre joyeusement et à suivre la mode, comme Lord Henry et son épouse : ils ont beau être mariés, ils vivent leur vie séparément.

Ce livre est aussi un vrai questionnement sur l'importance de la beauté et de la jeunesse, jusqu'à quel point une personne est prête pour retarder sa vieillesse, pour rester jeune et belle le plus longtemps possible, un problème qui reste encore d'actualité. Ici, Dorian fait le voeu de rester jeune et beau tandis que son portrait vieillira à sa place et son souhait se réalise. Et alors que même à 30 ou 40 ans, Dorian reste jeune, ses amis vieillissent, prennent des rides mais son âme devient vieille, laide et noire. C'est après une histoire d'amour ayant mal finie que Dorian se rend compte que les conséquences de ses actes se reflètent sur son portrait qui s'enlaidit à chaque fois que Dorian commet un acte irréparrable. La question est jusqu'où il serait capable d'aller sans devoir répondre de ses actes, il a ce refus de vieillir et il est prêt à n'importe quoi pour garder son enveloppe jeune et belle à jamais. Souhaiterons-nous aussi de rester jeune et beau, du moment qu'un portrait de nous vieillira à notre place ? Combien seraient prêts à vendre leur âme pour l'éternelle jeunesse ? Comme Faust, pourrions-nous nous condamner nous-même en échange de la satisfaction de nos désirs ? On a donc beaucoup de réflexions, sur l'éternelle jeunesse et beauté, sur la société anglaise et même sur l'art, beaucoup de paragraphes consacrés à l'art, ce qui a changé ma façon de percevoir l'art. Oscar Wilde consacre beaucoup de pagaraphes pour toutes ces réflexions à travers les découvertes de Dorian, donc oui, ça se perd en blabla et parfois je me dis 'c'est bien intéressant tout ça mais ça traîne en longueur' ça commençait à devenir un peu ennuyeux mais heureusement, ça n'a pas duré.

L'auteur nous offre des personnages haut en couleur et très intéressants. Prennez Dorian par exemple : il a, au début du roman, toute la naïveté de la jeunesse, il est timide, discret, il ne ferait pas de mal à une mouche mais au contact de Lord Henry, cette naïveté qui le rendait innocent s'en va vite. D'abord effrayé devant les paroles d'Harry, il finit par être d'accord avec lui et il change à cause de cette nouvelle fréquentation. Sa naïveté qui faisait pitié au lecteur s'en va alors que Dorian change et qu'il prend conscience de sa beauté et de sa jeunesse et à quel point ces deux atouts peuvent lui servir et lui apporter bien des avantages : le monde peut lui appartenir, les gens tomberont à ses pieds ! Dorian prend alors une fascination presque obsessionnelle pour sa beauté et sa jeunesse. Il commet parfois des actes odieux, méprise certaines personnes, devient excécrable, vaniteux et on le déteste pour ça (bien que 'détester' est un mot bien fort), mais en même temps, on le voit en proie à diverses émotions qui contredisent son être : il peut penser A puis penser B la minute suivante, tout en étant en proie à des doutes, il se prend à avoir peur, à regretter mais ignore comment se racheter. Tantôt bouleversé d'une action mauvaise qu'il aurait faite, il peut devenir indifférent après. Il n'y a pas un seul Dorian Gray, il y a plusieurs facettes de lui, c'est un personnage assez ambigü, ambivalent, confus. Il est intéressant à exploiter en fait, je n'éprouve pas de haine envers lui, je trouve qu'il est intéressant, j'ai pitié de lui parfois.

D'un côté, il a provoqué tant de drames, il en est l'auteur, il est fautif, tantôt blanc tantôt noir mais d'un autre côté, c'est aussi la faute de Lord Henry qui l'a involontairement poussé à faire ces actes. Les paroles de Lord Henry, toutes ces conversations ont influençé Dorian, l'ont changé profondément. Lord Henry considère Dorian comme une expérience, c'est un jouvenceau qu'il se plaît à voir se modifier, voir à quel point ses paroles ont eu un impact sur Dorian qui est jeune et influencable. Il modofie Dorian à sa manière, il est fasciné par ce jeune dandy, mais pas de le même manière que Basil car Basil prend les intérêts de Dorian à coeur, il l'admire et le respecte profondément. Il est un peu la bonne influence que Dorian aurait pû avoir si seulement il s'en était donné la peine mais malgrè toute l'amitié que Dorian avait envers le pauvre Basil, il préfère encore la compagnie de Lord Henry qui est diaboliquement ironique, moqueur et machiavélique. J'aurais aimé aussi que l'auteur s'attarde plus sur certains personnages ou moments : sur Alan Campbell par exemple qu'on voit peu mais que j'ai adoré tout de suite, j'aurais aimé savoir comment il en est venu à rencontrer Dorian, à tomber dans ses griffes, à éxécuter (bien qu'à contre coeur) ce que Dorian exigeait de lui ; ou les moments où James Vane et sa mère [ apprennent le suicide de Sybil Vane, le chagrin de la mère et le désir de James de venger sa soeur, les années de traque de James pour retrouver celui qui avait brisé sa soeur : Dorian ], je m'attendais aussi à ce qu'il y ait plus de méfaits de Dorian, à voir plus de sa déchéance, j'aurais presque souhaité que le livre dure plus longtemps... mais quelle fin, n'empêche !

Un classique bien intéressant, passionnant, offrant des personnages haut en couleur, j'aurais presque voulu que la lecture dure plus longtemps et voir certaines scènes, malgrè les longs monologues et les réflexions sur l'art qui traînent parfois en longueur, c'est un très bon roman qui a sû me captiver, et qui donne matière à réflexir, surtout que les maux et questionnements de ce livre sont encore d'actualité. Machiavélique et formidable, parfois malsain mais toujours aussi intéressant, c'est un classique qui vieillit bien, je comprends son succès même si je n'ai pas découvert ce livre avec le même enthousiasme que d'autres lecteurs. Ce n'était pas une lecture inoubliable, mais j'ai franchement adoré, je voudrais lire plus de l'auteur car il est sûr que l'auteur m'a captivé.

Extrait :

Il [Dorian] se jeta dans un fauteuil et médita. Soudain, ce qu'il avait dit dans l'atelier de Basil Hallward le jour où ce tableau avait été achevé lui revint à l'esprit. Oui, il s'en souvenait parfaitement. Il avait exprimé un souhait insensé : que lui-même restât jeune tandis que le portrait vieillirait ; que sa propre beauté demeurât sans tache, tandis que le visage sur la toile payerait le prix de ses passions et de ses péchés ; que l'image peinte fût marquée au fer de la souffrance et de la pensée, tandis que lui garderait la délicate efflorescence et la joliesse de la juvénilité dont il venait de prendre conscience. Ce n'était tout de même pas son souhait qui avait été réalisé ? De telles choses n'arrivent pas. Ne fût-ce qu'y penser semblait monstrueux. Et pourtant, le tableau était là, devant lui, avec cette touche cruelle dans la bouche.

7.

jeudi 27 janvier 2011

L'importance d'être Constant - Oscar Wilde.

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 Lecture en ligne ici.
Emprunt bibliothèque fac.



Articles connexes :

- Le portrait de Dorian Gray.
- Le fantôme de Canterville (et autres contes).








Quatrième de couverture :

Dernière pièce d'Oscar Wilde, L'Importance d'être constant brille des feux d'un langage habité par la grâce : s'y manifestent la puissance et la modernité de la réflexion de l'auteur sur la fiction, mais aussi son inventivité subversive et satirique, son esprit généreux et étincelant d'élégance et de drôlerie.


Mon avis :

C'est rare que je retienne et note autant d'extrait pour un livre, mais c'était si difficile de choisir un extrait préféré et beaucoup étaient si inoubliables que j'ai préféré en noté plusieurs pour m'en souvenir encore et encore et ne pas les oublier. Je crois que je commençe à beaucoup m'attacher à Monsieur Wilde. Après avoir lu quelques contes et nouvelles, j'ai décidé de m'attaquer à une de ses pièces de théâtre, d'abord en anglais puis en français car je me disais depuis un temps que c'était une honte que de ne pas découvrir et lire plus d'Oscar Wilde, et je m'étais dit que ce serait bien que cette année, je lise plus de pièce de théâtre et de classique que de littérature jeunesse (vais-je réussir ? C'est mal parti xD)

Comme la quatrième de couverture ne dit rien de l'histoire, je vais vous offrir un résumé (pas de moi) : Jack Worthing, aristocrate et dandy, s'est inventé un frère, prénommé Constant, sous l'identité duquel il accumule à Londres dettes et plaisirs. Courtisant Gwendoline Fairfax sous ce nom déguisé, il est bien loin de se douter de l'importance qu'elle attache à son prénom... Au même moment, son ami Algernon Moncrieff, bien décidé à séduire Cecily Cardew, la pupille de Jack, se rend à la campagne où celle-ci réside. Il se présente comme le frère de Jack, Constant. Un prénom que la jeune fille trouve aussi très à son goût...

Même si j'ai, en quelque sorte, peur des classiques (surtout ceux imposés par l'école), certains m'ont agréablement surprise et L'importance d'être Constant fut de ceux-là, je me suis follement amusée à lire et relire cette comédie. N'étant pas une habituée de Wilde, je n'ai pas pû comparé ses oeuvres à celle-ci qui était sa dernière, il n'empêche que j'ai beaucoup aimé cette lecture. Tout tourne autour du langage, Oscar Wilde s'amuse en jouant avec les mots et les phrases, il multiplie des fausses pistes pour nous égarer. Ca se lit facilement, c'est très abordable, c'est divertissant, drôle, l'auteur est un véritable virtuose des mots, l'ironie est présente à chaque page. C'est l'histoire de deux amis, deux fausses identités, une imposture tellement dérisoire et comique, je ne me lasse pas de relire tout ça. C'est une comédie tout simplement succulente avec un humour inégalable, une critique moqueuse des coutumes et institutions de la haute société anglaise de l'époque victorienne avec la superficialité, l'hypocrisie, la religion, la famille et les mariages ! C'est à la fois drôle et absurde, à prendre au second degrès, mais tout est excellent : la plume de l'auteur, la finesse des dialogues, les reflexions sur le mariage, l'humour... bref, tout. J'ai adoré et ça ne fait que m'encourager encore et encore à découvrir plus d'Oscar Wilde :D

 
Extrait :

Algernon : Ce départ est pour moi une vraie douleur.
Cecily : Une douleur insoutenable, quand il s'agit de quitter quelqu'un que l'on connaît à peine.
Algernon : Merci ! J'espère ne pas vous offenser, Cecily, en vous jurant que vous incarnez la perfection absolue.
Cecily : Je vous en remercie infiniment, Constant. Permettez-moi de le noter immédiatement dans mon journal.
Elle va vers la table et l'écrit dans son carnet.
Algernon : Vous tenez vraiment un journal ? Je donnerais tout pour être autorisé à le lire. Je peux ?
Cecily : Oh, non. Ce ne sont que des émotions de jeune fille, destinées un jour à la publication. Quand cela paraîtra, j'espère que vous l'achèterez.

Acte II.