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mercredi 6 mai 2026

Les Hauts de Hurlevent - Emily Brontë.



Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. 

Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. 

La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.





Les Hauts de Hurlevent faisait partie de mes objectifs de lecture pour cette année. Pour autant, j’avais quelques appréhensions. À l’instar d’Orgueil et Préjugés, ce roman faisait aussi partie des grands classiques de la littérature acclamés par la critique. Cependant, Orgueil et Préjugés ne fut pas le coup de cœur qu’on m’avait promis, je suis même ressortie mitigée de cette lecture. Heureusement, il en fut autrement pour le présent roman.


Je ne vais pas le cacher, Les Hauts de Hurlevent est un roman long et lent, et les premiers chapitres furent très laborieux, jusqu’à ce qu’on entre véritablement dans l’histoire. Et là, ce fut une véritable plongée dans la lande anglaise, sa nature sauvage, ses collines, ses parcs verdoyants, un village rustique, un manoir isolé, le ciel gris et pluvieux, le vent sauvage, les longues nuits froides. C’est clairement un roman d’ambiance. Les hauts de Hurlevent comme s’y on était !


En commençant le roman, je m’étais attendue à une histoire d’amour tragique. C’en est certainement une, mais pas celle dont je m’étais imaginée. Avec le peu d’informations que je connaissais sur l’histoire, j’avais en tête une histoire d’amour passionnée et tragique dans laquelle Catherine Earnshaw était la malheureuse victime de Heathcliff, un homme jaloux et possessif. Que nenni ! De la passion, il y en a (davantage dans l’intensité et la violence des sentiments que des baisers torrides, n’en attendez pas d’ailleurs), de la tragédie, à la pelle ! Catherine, victime ? Certes non ! Catherine est une jeune fille (puis une femme) sauvage, libre, têtue, égoïste, gâtée, avec un caractère bien trempé et brutalement honnête. Oserais-je le dire ? Elle est aussi dérangée qu’Heathcliff. Ce sont deux êtres qui se sont rencontrés enfants et qui vont très vite tisser des liens forts… trop forts pour que ce soit sain. Ils sont profondément attachés l’un à l’autre, ils ne sont complets que lorsqu’ils sont ensemble. Je citerai Catherine qui dit, dans une scène célèbre, « De quoi que sont faites nos âmes, la mienne et la sienne sont pareilles ».


Heathcliff et Catherine, ce sont deux âmes libres et sauvage qui s’aiment avec intensité, un amour qui vire à l’obsession et englobe tout leur être, qui les consume entièrement, avec possessivité et jalousie. Ils ne font pas dans la demi-mesure, ça c’est sûr ! Leur amour est loin d’être sain et raisonnable, et c’est ce qui rend la chose tellement intéressante ! Ce sont deux individus qui se complètent et ne sont heureux qu’en la présence de l’autre, mais on ne peut aussi s’empêcher de les prendre par pitié.



Tout le beau monde qui peuple ce roman, alias : ça c'est de l'arbre généalogique !
Source : divorcedwife sur Tumblr (cliquez pour voir en grand)


Le poids et les attentes de la société font que Catherine ne se permet pas d’être pleinement avec Heathcliff, vu comme un gitan sans noblesse, et qu’elle essaye de devenir la grande dame respectable qu’on attend d’elle. Elle essaye de se plier à la société, elle qui est un électron libre, quelqu’un d’incontrôlable. Elle choisit d’épouser le respectable fils de bonne famille Edgar Linton, qui l’aime mais qui est voué à ne jamais la comprendre.


« Votre sang toujours calme ne connaît pas les ardeurs de la fièvre, vos veines sont remplies d’eau glacée. Les miennes sont en ébullition et la vue d’une telle froideur les fait bondir. »

Catherine Earnshaw


C’est une histoire d’amour, oui, mais pas dans le sens où l’on l’entend. Il n’y a rien de beau, pur, tendre et sain là-dedans. On est à un autre degré de la romance tragique entre Roméo et Juliette. C’est un amour qui englobe tout, qui est aussi violent et sauvage que la nature dépeinte dans le roman, et, forcément, ça va impacter tout le beau monde qui constitue ce roman. Hindley Earnshaw, le frère de Catherine, Nelly Dean, la gouvernante, Edgar Linton, le prétendant puis mari de Catherine, Isabelle Linton, la sœur d’Edgar… jusqu’à leurs descendants. C’est une histoire d’amour autant qu’une histoire de vengeance. Ce n’est pas beau à voir (ici, c’est un compliment). Loin des machinations intelligentes et la finesse d’Edmond Dantès dans Le comte de Monte-Cristo, Heathcliff fait davantage dans la rudesse et le registre bestial. Il se montre vraiment prêt à tout pour se venger du mal et de l’humiliation que la société lui a causé, et à s’en prendre à ceux qu’il tient pour responsable de l’issue tragique de sa relation avec Catherine. Tel un vampire, il va lentement aspirer la joie chez ses ennemis à petites gorgées, ne leur permettant pas d’être heureux, cultivé ou libre.


Je dois avouer que, même si je n’avais pas été convaincue par la partie de l’histoire consacrée à la troisième génération (donc les enfants de Catherine, Heathcliff et Hindley), j’ai fini par m’intéresser et m’attacher à eux, surtout la fille de Catherine qui montre qu’elle a un caractère aussi solide que celui de sa mère et se lie peu à peu avec son cousin, Hareton, fils de Hindley. Chaque personnage est globalement réussi, dans le sens où ils nous font tous ressentir de l’émotion. Joie, colère, tristesse, empathie. On peine parfois à comprendre leurs décisions, mais ils sont tout simplement humains et on finit même par ressentir un peu de peine pour les personnages les plus sombres, les plus pourris. Mais, qu’on se le dise, aucun d’entre eux n’est un ange de pureté. Tout le monde a besoin de thérapie, dans ce roman. Ils sont tous complexes, et jamais ils ne nous laissent indifférents.


C’est un roman oppressant, parfois violent (attention, il contient une scène de maltraitance animale, mais aussi la maltraitance conjugale est évoquée), avec des personnages imparfaits, dérangés, des relations discutables (outre la violence des sentiments entre Heathcliff et Catherine, on a quand même des mariages entre cousins germains). C’est un roman noir, mais c’est justement ce que j’ai tant aimé. Il prend aux tripes, il ne laisse pas indifférent. C’est beau, poétique et sauvage, violent. Une sacrée découverte ! Pas un coup de cœur, mais indéniablement un roman qui laissera à jamais sa trace sur mon expérience de lectrice ! Je ne regrette pas du tout le voyage dans ces landes sauvages.



Le célèbre roman qui a inspiré cette célèbre chanson de Kate Busch. 
Je ne pouvais pas ne pas en parler !


« Puisse-t-elle se réveiller dans les tourments ! cria-t-il avec une véhémence terrible, frappant du pied et gémissant, en proie à une crise soudaine d’insurmontable passion (…) Où est-elle ? Pas là… pas au ciel… pas anéantie… Où ? Oh ! Tu disais que tu n’avais pas souci de mes souffrances. Et moi, je fais une prière… Je la répète jusqu’à ce que ma langue s’engourdisse : Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la Terre. Sois toujours avec moi… Prends n’importe quelle forme… Rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver Oh ! Dieu ! C’est indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme ! »

dimanche 28 décembre 2025

Snowdonia - Jeremy Angelo.

1899. Laurine, jeune fille originaire d’un petit village au creux des montagnes du Jura, vient tout juste d’avoir 17 ans. Si tous s’attendent à la voir se marier rapidement, elle n’est pourtant pas certaine d’y être prête. Elle aime sa vie telle qu’elle est. Mais tout s’écroule lorsque son père lui annonce qu’il l’envoie vivre au pays de Galles, chez un grand-oncle dont elle ignore absolument tout. Laurine doit donc quitter sa famille, son prétendant, sa terre natale et se résoudre à célébrer Noël loin de chez elle. 

Seule et déboussolée, la jeune fille débarque donc à Conwy, porte d’entrée d’un immense parc naturel nommé Snowdonia, connu pour être un pays quasiment dénué de vie. Laurine y fait la connaissance de Henri Harlington, son grand-oncle, qui l’accueille à bras ouverts, ainsi que celle de Dryston, le jeune majordome du manoir, qui bien que charmant est désagréable à souhait ! Henri devant s’absenter pour affaires, Laurine se retrouve donc en seule compagnie de Dryston, dont la mission est de faire découvrir la région et les coutumes galloises à la jeune fille ! 

Parviendra-t-elle à apprivoiser le majordome afin que son séjour en terre étrangère ne se transforme pas en véritable cauchemar ? Les traditions de ce nouveau pays lui feront-elles quelque peu oublier la tristesse d’être loin de chez elle et de ses proches pour Noël ?


Snowdonia nous emmène en plein cœur du pays de Galles, à la fin du XIXe siècle, pour un petit conte de Noël bien sympathique.


Ce que je retiens essentiellement de ce roman est son cadre qui m’a dépaysé et m’a fait voyager. Ce roman est une lettre d’amour au pays de Galles. L’auteur ne cesse de nous faire découvrir la vie au pays de Galles, ses traditions (celles de la vie de tous les jours, mais aussi les traditions de Noël), sa gastronomie, ses paysages, son sens de l’hospitalité, tant et si bien que Perceval de Kaamelott en serait fier ! J’ai pu apprendre beaucoup de choses sur les coutumes du pays de Galles, des plus belles aux plus étranges, notamment la Mari Lwyd, le lovespoon, les légendes celtiques aussi, le christmas pudding. Il y a aussi des références à Dickens ou à Lewis Carroll. On apprend aussi des expressions locales telles que « affûter les meules », « consoler son café » ou « faire des petits pains ».


Snowdonia est également un lieu que l’on prend plaisir à découvrir. Sa grande étendue sauvage, souvent enneigée, ses paysages entre mer, montagnes et forêts, ses habitants parfois taquins, parfois désagréables mais le plus souvent sympathiques, à commencer par l’oncle Henri, écrivain à ses heures perdues. La plume de l’auteur est d’autant plus jolie que l’on savoure chaque description qu’il nous offre. J’ai beaucoup aimé découvrir le pays de Galles, d’autant plus pendant la période de Noël qui nous rend le voyage encore plus magique, et j’ai beaucoup apprécié découvrir le pays et ses coutumes en même temps que notre héroïne.


Concernant la romance, je n’ai malheureusement pas été entièrement convaincue. Alors, oui, ils sont adorables nos tourtereaux quand ils sont amoureux, quand ils s’échangent des baisers et que l’harmonie bat son plein entre eux. Mais j’ai bien souvent été déconcertée. Je n’ai d’une part pas compris le mépris, sinon l’agacement initial de Dryston envers Laurine (Monsieur avait-il des préjugés sur l’héroïne bien avant son arrivée ?), ou fâché de devoir veiller sur cette parfaite inconnue ? D’autre part, leur attirance mutuelle arrive un peu soudainement, sans que l’on comprenne d’où elle sort et ça se développe un peu trop rapidement à mon goût. Parfois, ils s’aiment, puis parfois Laurine s’emporte ou Dryston devient froid et distant envers elle, se mettant à la rouspéter comme une enfant. C’est une vraie girouette. Il alterne entre le jeune homme doux et prévenant et le type froid et rustre dont la mauvaise humeur tombe quand on ne s’y attend pas. Un petit problème d’hormones, peut-être ? Le fait d'être restreint au point de vue de Laurine n’aide pas. Les émotions et les sentiments sont survolés, et j’aurais apprécié avoir aussi le point de vue de Dryston, au moins pour comprendre son comportement parfois énigmatique.


Au moins on s’éloigne des clichés des romances de Noël, mais malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par le développement de celle-ci. Dommage, ils sont pourtant mignons, nos deux petits amoureux, mais la façon dont s’est mise en place leur romance ne m’a pas toujours paru bien crédible.


Snowdonia reste une lecture sympathique à découvrir pendant la période des fêtes. Si la romance ne m’a pas convaincu, par son manque de crédibilité, j’ai été charmée par ce voyage au pays de Galles et en apprendre davantage sur les coutumes du pays mais aussi ses traditions festives. Un vrai dépaysement !



Une chèvre avec des cornes immenses et recourbées me faisait face. Elle me fixait. Son regard ne ressemblait guère à celui de quelqu’un voulant m’inviter à dîner. Il voulait plutôt dire : Dégage de chez moi ! Apparemment, elle ne devait pas être au courant des règles de l’hospitalité et du savoir-vivre en vigueur dans son pays. Je décidai de les lui rappeler :

— Écoute-moi bien, toi, la bestiole ! Sache que je vais raconter à tout le pays de Galles que tu réserves un très mauvais accueil aux étrangers venus réclamer le droit d’asile, ici-même, dans tes montagnes ! Tu en seras si honteuse que plusieurs générations de chevreaux issus de ta descendance seront encore rongées par l’humiliation pendant des dizaines et des dizaines d’années !

— Bêeeeeeeh ! fit-elle en guise d’unique réponse.

Elle frotta son sabot droit sur le sol, faisant voler des paquets de neige à droite et à gauche, comme pour m’impressionner.

— Très bien, comme tu veux ! Si tu prends ce ton-là, je vais en parler à la reine Victoria ! Elle va te bannir de Snowdonia !

La créature s’en moqua éperdument. Elle n’hésita pas à me charger. J’esquivai son attaque en me déplaçant sur le côté gauche, mais mes pieds dérapèrent sur une plaque de verglas. Je m’écroulai sur le sol gelé et sombrai dans l’inconscience. Les dernières choses que j’aperçus furent des ombres dansantes au-dessus de moi. Je priai intérieurement qu’il n’existe pas une race de chèvres carnivores dans cette région maudite.

vendredi 19 décembre 2025

Christmas Therapy - Caro M. Leene.


Collectionner les calendriers de l’Avent ? Se lever à l’aube pour être aux premières loges de la parade ? Ne jamais sortir sans son serre-tête à bois de renne ? 

Rien de plus normal pour Maureen qui, chaque année, n’est que joie et excitation à l’approche de Noël. Seulement, cette fois, elle risque de perdre son job de coach de vie si elle ne suit pas cette fichue thérapie censée la guérir de son « obsession ». 

Comme si elle souffrait d’une maladie grave ! Si quelqu’un doit se faire soigner, c’est plutôt Logan… Cet homme cynique et désagréable suit le même programme, mais pour se réconcilier avec la période des fêtes qu’il a en horreur. Maureen veut bien prendre sur elle, mais de là à travailler en équipe avec ce mec grognon… On peut dire qu’elle a été gâtée avant l’heure ! À moins que Noël ne lui réserve encore son lot de surprises



Christmas Therapy propose une romance plutôt classique entre une amoureuse de Noël et un Grinch, mais à travers une thérapie autour de Noël, ce qui apporte une certaine touche d’originalité à cette romance de Noël.


Ce n’est pas tant la romance en elle-même que je retiendrai de ce roman, mais plutôt le concept de la thérapie de Noël qui vise à aider les Grinch en puissance à se réconcilier avec Noël, et les addicts de Noël à tempérer un peu leur amour des festivités. J’ai beaucoup apprécié qu’il n’y ait pas de parti pris entre les « deux camps », qu’il n’y ait pas de « team Logan » ou de « team Maureen » … ou alors qu’on peut très bien prendre parti pour les deux à la fois.


On peut en effet juger compréhensible l’envie de Logan de ne pas être envahi par Noël, tout comme son aversion pour la version de Noël devenu trop commercial, tout comme on peut comprendre qu’il n’aime pas Noël car c’est une période difficile pour lui que ça le ramène à des souvenirs amers. On peut juger aussi légitime l’envie de Maureen de revendiquer son amour de Noël, après tout elle a bien le droit d’aimer Noël comme elle l’entend, pourquoi devrait-elle être jugée ? Même s’il y a des excès, qu’elle achète un peu trop de calendriers de l’avent, qu’elle se lève aux aurores pour avoir les meilleures places pour assister à une parade de Noël, tant qu’elle ne fait de mal à personne, qu’on la laisse vivre comme elle le veut !


J’ai également aimé cette notion d’équilibre que la thérapie de Noël veut appliquer. On ne demande pas à Logan d’adorer Noël, mais de ne plus ressentir cette « haine » irascible qui le ronge, mais d’associer à cette fête des traditions et des souvenirs plus positifs, pour compenser au fait que Noël a longtemps été pour lui synonyme de souvenirs douloureux, quitte à ce qu’il fête Noël à sa façon, et à son rythme, sans le brusquer. On ne demande pas non plus à Maureen de ne plus aimer ou de moins aimer Noël, mais de tempérer un peu, de lever le pied, et de prendre conscience que tout le monde n’aime pas Noël autant qu’elle, ou que tout le monde ne le fête pas de la façon dont elle l’entend, la façon qu’elle voit comme traditionnel. Le message qui découle aussi du roman est aussi le fait qu’il n’y a pas une seule bonne façon de fêter Noël mais qu’il y a un Noël différent pour chaque personne, même si pour certains, il s’agit d’aller au pub pour boire une bière devant un match de foot à la télévision, au lieu d’un repas avec une dinde.


« Je vais reformuler vos propos, Maureen, si vous me le permettez : ce n’est pas vraiment l’activité qui vous vient en tête lorsque vous pensez à Noël. J’aimerais vous rappeler une chose à tous. Noël est avant tout un état d’esprit. Noël n’est pas une journée, c’est une période, une saison, et chacun y associe des souvenirs qui lui sont propres. Partant de ce constat, nous pouvons donc affirmer qu’il existe autant de versions de Noël que de personnes. Vous ne pouvez pas vous permettre de juger ce que vos amis, vos voisins, vos collègues, ou encore des inconnus, associent à Noël. »


Concernant nos tourtereaux, même si je n’étais pas convaincue au départ, ils sont plutôt attachants et il y a de l’alchimie entre eux. Cela dit, ce n’est pas de la romance de Noël à me faire soupirer de bonheur et à me faire rêver. Je désespère de trouver un jour la romance de Noël qui saura me conquérir… Peut-être l’an prochain, qui sait !


Toutefois, les personnages principaux sont plutôt plaisants. J’ai bien aimé Maureen, une femme bien dégourdie, qui ne se démonte pas (merci aux grands-frères), qui n’est pas gênée par qui elle est, c’est une jeune femme pleine de vie. Si je l’ai trouvé un peu excessive par moment, dans son amour de Noël, elle évolue et apprend qu’elle ne doit pas imposer sa version de Noël à Logan, mais apprendre à s’adapter, célébrer Noël à la façon de Logan, sans se débarrasser de ses propres traditions. Logan est plutôt aux antipodes, il est ronchon et moqueur, mais il a un bon fond et se prête au jeu, en accompagnant Maureen dans ses sorties de Noël. Je regrette toutefois que sa relation conflictuelle avec sa mère soit si peu exploitée, alors que c’est l’un des aspects centraux du roman, c’est ce qui a poussé Logan à faire cette thérapie. J’ai l’impression que cet aspect, plutôt central, a vite été balayé sur la fin alors qu’il avait enfin commencé à être honnête avec sa mère et expliquer son mal-être.


Concernant les autres personnages, les amis de Logan sont tout simplement infects, Glen étant le pire de tous, à se conduire de manière mesquine (encore heureux que certains se rattrapent sur la fin). Heureusement, les amis de Maureen se rattrapent un peu, avec Aly qui est aussi fan de Noël qu’elle, et prête à la soutenir, mais aussi Evan qui aurait très bien pu être psy pour couple tellement il a été de bons conseils, ne prenant parti ni pour Logan, ni pour Maureen, et en voulant aider l’un et l’autre à mieux se comprendre, pour éviter ou réparer les malentendus, leur permettre d’ouvrir les yeux. Ce qu’il dit est toujours vrai, et la vérité peut faire mal parfois, mais il vise toujours juste, sans jugement. On gagnerait tous à avoir un ami comme Evan !


Bon, avec tout ça, qu’est-ce que je pense globalement de Christmas Therapy ? C’est un roman rythmé, la romance de Noël est classique mais l’idée d’une thérapie de Noël est un concept original et intéressant qui peut offrir une véritable réflexion autour de Noël. Cela dit, ça ne me laissera pas un souvenir impérissable et je n’ai pas trouvé le roman bien transcendant. Cela reste une petite lecture légère et divertissante qui permet de se plonger dans une ambiance festive.


— Est-ce que l’ambiance de Noël vous a pesé ?

— Non, pas spécialement.

— Aucune envie de partir en courant ?

Je me contente de secouer la tête de façon négative.

— Parce que vous étiez dans une représentation de Noël qui vous convenait. Noël était présent par touches et non en abondance. Noël est ce que l’on en fait, les valeurs qu’on y associe. Ce n’est d’ailleurs pas Noël en soi qui vous rebute, mais peut-être l’image ultra-médiatisée et commercialisée qui en est faite. Ce « trop » vous a poussé peu à peu à rejeter cette période.

samedi 13 décembre 2025

Cat café (T.1) Noël au Cat café - Rachel Rowlands.


D’adorables petites boules de poils qui se baladent entre les chocolats chauds couronnés de guimauves et de délicieuses pâtisseries, c’est le quotidien d’Emmie depuis qu’elle travaille chez Chatpuccino, le bar à chats tenu par sa tante Sylvie. Et à l’approche de Noël, alors que guirlandes lumineuses et autocollants de flocons de neige ont rejoint les percolateurs et les arbres à chat, l’ambiance est encore plus magique que d’habitude.


Ce que personne n’avait prévu, c’est que la pire tempête de neige des dix dernières années attendait les fêtes pour frapper ! Coincée dans le café la nuit du réveillon avec un livreur un peu trop charmant et les facétieux chats qui règnent en maîtres sur les lieux, Emmie espère que la situation ne s’éternisera pas. Mais l’électricité est coupée, les entrées bloquées par la neige... et les chats vont peut-être devoir tenir la chandelle plus longtemps que prévu.


Il fallait bien au moins un roman cozy de Noël pour débuter la saison ! Un combo chats, pâtisseries et Noël ne pouvait que me tenter.


Emmie travaille au Chatpuccino, le salon de thé à chats tenu par sa tante Sylvie. Parmi ses passe-temps, elle aime dessiner, surtout des illustrations de chats, mais elle peine à se faire connaître à travers son art, tandis qu’elle entretient des relations houleuses avec son frère victime d’addictologies. De son côté, Jared vit un moment difficile entre sa rupture amoureuse avec une petite-amie qui l’a trompé, et la mort de Poppy, sa chatte et meilleure amie. Alors, lorsqu’il découvre que son nouveau lieu de travail est le Chatpuccino, il prétend être allergique aux chats pour éviter de croiser ces chats qui lui rappellent douloureusement sa Poppy. Mais, à l’approche de Noël, lui et Emmie se retrouvent enfermés dans le Chatpuccino à cause d’une tempête de neige.


J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman cozy. Il s’agit ici d’une romance de Noël mais celle-ci prend le temps de se poser et parvient à éviter la plupart des clichés du genre. Nos deux protagonistes sont plutôt adorables ensemble, ils se plaisent très rapidement mais la relation se met doucement en place, leur permettant d’apprendre à se connaître, les bons côtés comme les douleurs dissimulées, les points communs comme l’amour de l’art ou des chats. Ils sont plutôt touchants en tant que couple mais aussi en tant que personnage, surtout Jared. Il faut dire qu’il a une situation qui m’a beaucoup touchée. J’ai d’ailleurs versé plusieurs fois des larmes, chose à laquelle je ne m’attendais pas en lisant un roman de Noël. Il faut dire que l’un des sujets du roman, à savoir le deuil d’un animal, me touche énormément.


Le roman met vraiment un point d’honneur à nous présenter les chats pas seulement comme des animaux de compagnie, mais un compagnon pour la vie, qui reste dans nos souvenirs et notre cœur même lorsqu’ils ne sont plus là. Ce ne sont pas que des animaux, c’est un ami, un membre de la famille, qui nous réconforte quand ça ne va pas, dont la compagnie est précieuse. J’ai pleuré avec Jared pour Poppy, j’ai eu peur pour Salem, le chat malade du Chatpuccino, et aussi pour le chat errant qu’Emmie tente d’approcher.


J’ai aimé aussi toute la partie sur la tempête de neige qui oblige nos personnages, avec une tierce personne dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler, à rester coincés pour les fêtes dans le Chatpuccino et essayer de passer le temps, de célébrer Noël malgré tout, avec les réserves de nourriture et le chauffage qui commence à manquer. Une occasion pour eux d’apprendre à mieux se connaître, à éclaircir les malentendus, un moment de rapprochement et propice aux confidences. La romance est donc plutôt mignonne et réussie, même si ce n’est pas le point du roman à m’avoir attiré. Elle fonctionne, et c’est l’essentiel. Cela dit, peut-être notre couple a-t-il vécu un peu trop de périphéties à mon goût dans ce roman [spoiler] l’accident de voiture qui emmène Emmie à l’hôpital au 3/4 du roman, alors qu’elle a déjà eu son lot de mésaventures, était-il vraiment nécessaire ? [/spoiler]


J’ai aimé que, bien qu’il s’agisse d’une comédie romantique de Noël, elle aborde des thèmes plus sérieux qui font qu’il ne s’agit pas que d’une comédie romantique. Le roman parle de deuil d’un animal, la difficulté de vivre avec un proche sujet aux addictions, l’émancipation, la dépression, réapprendre à vivre et faire confiance. Il en ressort une ambiance douce-amère, qui penche heureusement davantage sur le doux avec une ambiance qui reste chaleureuse grâce au Chatpuccino et aux chats.


C’est un roman qui m’a fait passer un agréable moment de lecture, ponctué de douceur et d’humour, mais aussi un peu d’amertume qui ne gâche en rien le côté cozy du roman. J’ai aimé qu’il aborde des sujets plus sérieux qui m’ont beaucoup touché et qui font que le roman ne se limite pas à son aspect ‘comédie romantique’. Ce n’était pas un coup de cœur mais ça reste une jolie petite lecture, parfaite pour la saison.


Pour n'importe quel amateur de félins, les chats faisaient partie de la famille.

Il avait eu Poppy lorsqu'elle n’était encore qu'un chaton, dès qu'il était parti de la maison pour emménager dans son tout premier appartement, elle ne l'avait jamais quitté depuis enfin jusqu'à quelques semaines plus tôt.

Elle avait été à ses côtés pour tous les événements marquants. Pendant sa dépression, les fluctuations de sa santé mentale, et lorsqu'il s'était mis à travailler à la maison. D'un bout à l'autre d'une pandémie où tout le monde s'était enfermé chez soi. Elle avait été là sur son lit chaque soir, chaque matin, à ronronner, elle semblait savoir quand il était triste, malade, ou qu'il avait besoin d'elle. Elle était sa petite complice. Avec elle, les mauvaises passes avaient paru plus facile.

dimanche 10 août 2025

Comme dans un roman d'été - Emily Henry.


Ils n'étaient pourtant pas faits l'un pour l'autre. Augustus Everett est un écrivain "sérieux", considéré comme le nouveau génie des lettres américaines. January Andrews ne compte plus les bestsellers publiés, mais dans un tout autre registre : la comédie romantique. Si elle multiplie les happy endings, Augustus réserve à ses personnages des destins épouvantables. Aux antipodes l'un de l'autre, ils vont néanmoins se croiser et se lancer un défi.

Elle passera l'été à écrire un grand roman littéraire, lui s'essayera à une comédie sentimentale. Afin de trouver l'inspiration, January organise pour Augustus des excursions romantiques, et lui l'emmène à la rencontre de personnes à l'existence brisée. Chacun devra achever son roman avant la rentrée et, bien évidemment, aucun des deux n'imagine tomber amoureux. Bien évidemment.



Petite romance de l’été, assez sympathique à lire dans l’ensemble mais qui ne m’aura pas entièrement convaincu et qui ne me laissera pas un souvenir mémorable. À peine terminé, ce sera vite oublié.


Ce qui m’a attiré dans ce roman est le pitch plutôt original qu’il proposait : une auteure de romans sentimentaux qui ne jure que par les happy endings, un auteur de roman qui préfère quand l’histoire se finit mal. Deux parfaits opposés dans leurs romans comme dans leurs tempéraments. Ils se lancent comme défi d’écrire un roman sur le thème de prédilection de l’autre, et bien-sûr ils tombent petit à petit amoureux.


Ce qui m’a donc attiré était de suivre le processus d’écriture d’un roman de nos deux protagonistes qui se retrouvent à écrire sur un genre qui est très loin d’être leur thème de prédilection, ce qui promettait quelque chose d’intéressant (comment écrire un roman, qui plus est un roman qui nous sort de notre zone de confort ?) et de divertissant. Je regrette toutefois que le processus d’écriture prenne finalement trop peu de place à mon goût. Alors certes, January emmène Auguste dans des excursions romantiques pour lui donner de l’inspiration, et Auguste fait rencontrer à January des personnes brisées par la vie pour la même raison, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ces escapades prennent un peu trop de place à mon goût, au détriment de l’écriture car on voit finalement peu nos personnages écrire. Ce n’est peut-être qu’une impression car j’ai déjà vu certaines lectrices reprocher l’inverse, que le processus d’écriture était trop décortiqué. Peut-être que je m’attendais tout simplement à ce qu’il soit présenté autrement.


J’aurais aussi bien voulu que le roman nous partage aussi le point de vue d’Auguste et pas seulement celui de January, car je dois dire m’être un peu plus intéressée à Auguste qu’à January. Nos deux protagonistes ont un passé qui les rendent touchant, mais j’ai davantage apprécié Auguste pour ses multiples facettes et son évolution. Quant aux personnages secondaires, ils sont assez oubliables.


Alors que je n’avais pas été convaincue au départ par la romance, je dois dire que finalement, nos deux personnages ont de l’alchimie. Il y a du peps et beaucoup de dynamisme dans leur relation, de la répartie. Même si leur relation a mal démarré, on a évité le cliché des personnages qui se détestent avant de tomber amoureux (ce que je peux apprécier si c’est bien écrit), mais on a une bonne entente qui s’installe entre nos deux personnages. Leurs échanges sont assez savoureux pour la plupart, et il se dégage parfois même un peu de sensibilité et de moments tendres quand ils dévoilent leurs insécurités. Pas le genre de romance à me rendre folle, mais elle se laissait lire.


Après c’est très cliché par moment, on n’échappe pas à certains clichés et mélodrames classiques du genre. Ce n’est pas un mauvais roman en soi, il y a de l’émotion, de l’humour, de l’amour (c’est un peu le principe…), et il aborde des thèmes comme la reconstruction de soi, le deuil, l’infidélité… Cela dit, j’ai parfois eu du mal à accrocher à l’histoire. Je me suis tantôt ennuyée, tantôt amusée. Certains passages m'ont paru trop longs et certains détails peu utiles à mon sens. Je crois tout simplement que je m’attendais à autre chose en lisant le synopsis. En somme, un roman de plage plutôt divertissant mais qui ne me laissera pas un souvenir mémorable.


J’ai fait ce que n’importe quelle femme adulte responsable aurait fait en se trouvant confrontée à son ancien rival devenu son voisin. J’ai plongé derrière l’étagère la plus proche.

lundi 14 juillet 2025

Reine de l'Ouest - H. Lenoir.



Boston, 1892. Vous incarnez Miss Jones, une jeune fille de bonne famille, curieuse et large d'esprit. Le mariage ? Non merci ! D'ailleurs, le Grand Ouest - et l'indépendance - et l'aventure - vous attendent... 

Entre les faussaires charmeurs, les hors-la-loi rugueux, les mesdames de lupanar, les majors poivre-et-sel, les héritières en fleur et autres rencontres fascinantes, vous aurez joyeusement l'occasion de vous fourrer dans le pétrin. Finirez-vous institutrice ? Chercheuse d'or ? Infirmière ? Trappeuse ? Épouse respectable ? Ou même... Reine de l'Ouest ? 

Dans tous les cas, vous resterez vous-même : brillante, drôle et libre, l'inimitable Miss Jones !




Avec ce livre, je découvre le genre « aventure dont vous êtes le héro/l’héroïne », j’ai trouvé l’expérience très divertissante et intéressante, bien que la lecture fut bien chaotique. Il faut savoir que chaque fin de chapitre nous propose plusieurs chemins différents et, si on veut tenter toutes les options et aventures, il faut s’armer d’un bloc-notes ou bien de marque-pages pour mieux s’y retrouver, tant les options sont nombreuses et la lecture sportive ! Ça n’a donc pas été évident pour moi de repartir en arrière pour tester une autre option, pour découvrir que ce chemin propose aussi différents chemins en fin de chapitre ! Cela dit, écrire ce genre d’histoire force l’admiration car ça ne doit pas être facile à construire.


Nous incarnons donc Miss Jones qui, pour échapper au mariage, est envoyée par son oncle et sa tante dans l’Ouest américain pour gagner sa vie, soit en tant qu’institutrice, soit en tant qu’infirmière, à moins qu’elle ne décide d’être exploratrice ou de faire carrière dans le crime. Les possibilités sont multiples pour Miss Jones qui, peu importe les histoires que nous choisissons de vivre à travers elle, aura une vie bien aventureuse dans l’Ouest mais aussi et surtout muy caliente.


Car oui, les aventures de Miss Jones sont aussi et surtout d’ordre sentimental et sexuel ! Pour une jeune fille de bonne famille, Miss Jones est plutôt libérée sur ce plan, pour son époque, et goûte à tous les plaisirs [spoiler] plan à trois avec des desperados, relation amoureuse avec la tenancière d’un bordel, matinée plaisir avec un sextoy, etc [/spoiler], ce qui m’a plutôt surprise car rien ne l’indiquait dans la quatrième de couverture. Alors que je m’attendais à tomber dans un roman qui me ferait voyager dans l’Ouest, où je choisirais plusieurs destins, entre deux métiers, deux villes… ce qui se dessine surtout, c’est des scénarios épicés pour la plupart d’entre eux, où la protagoniste doit choisir entre plusieurs prétendants et où ça finit toujours par une partie de jambes en l’air.


Autant dire que ce n’est donc pas le genre de récit qui m’attire habituellement. Pourtant, je me suis beaucoup amusée dans la lecture de ce roman. J’ignore si c’est une histoire à prendre au sérieux, je ne l’ai pas pris en tant que tel, cherchant plutôt le divertissement qu’une histoire sérieuse. J’ai également beaucoup aimé le format du roman qui nous propose plusieurs scénarios différents, le décor de l’Ouest américain que j’aime beaucoup, ainsi que l’écriture de l’auteure qui est très drôle, taquine et savoureuse. On sent que l’auteure s’est amusée à écrire toutes ces histoires, et elle le communique. On ne s’ennuie pas, peu importe l’aventure que l’on choisit. Prise d’otage, vie avec deux desperados, attaque dans un train, soigner des patients, enseigner à des enfants comme à des prostituées. Après, j’ai lu l’histoire avec un certain détachement, sans me considérer être l’héroïne mais la voir comme son propre personnage (jamais je ne me sentirais aussi aventureuse qu’elle sur le plan personnel comme sexuel haha).


En résumé, c’est drôle, original et divertissant ! Une agréable surprise car ce n’est habituellement pas le genre de récit (les romances érotiques comme les romans dont nous sommes le héro) qui m’attire, pourtant je me suis beaucoup amusée et je repense encore à Miss Jones et ses aventures. Une découverte plutôt sympathique donc, qui ne se prend pas au sérieux et qui offre plusieurs aventures certes épicées mais jamais ennuyeuses, le tout sous fond de western !


Vous devez prendre une décision : allez-vous accepter leurs avances, bien qu'ils soient deux bandits sans scrupules et - on plaisante, bien sûr que vous allez accepter ! Vous n'êtes pas arrivée jusqu'ici pour baisser les bras à la dernière seconde ! Ça fait plus de deux cents pages que vous leur courez après, en explorant toutes les pistes possibles et en recommençant dix fois l'histoire ! Non mais oh quoi !

vendredi 31 mai 2024

Angels Before Man - Rafael Nicolàs.

A Queer Retelling of Satan's fall that's part cozy coming of age, part fast-paced tragedy, with a little love story in between –

In an eternal paradise, the most beautiful angel, Lucifer, struggles with shame, identity, and timidity, with little more than the desire to worship his creator.

It isn't until the strongest angel, Michael, comes into his life that Lucifer learns to love himself. Along the way, their friendship begins to bloom into something else. Maybe the first romance in the history of everything.

But this God is a jealous one, and maybe paradise is not paradise.


J’aime beaucoup les livres et fictions qui traitent des anges, l’ennui est que je suis très exigeante à ce sujet car j’ai ma propre perception des anges, et tout ce qui sort de cette idée fixe peut facilement me contrarier. Pourtant, lorsque j’ai découvert ce roman, je n’ai pas hésité une seule seconde.


Angels before man est une réécriture de l’histoire de Lucifer depuis sa création jusqu’à sa chute. On y découvre un ange magnifique, parfait en tout point, qui fait la fierté de son divin créateur et qui provoque respect et admiration auprès des autres anges. Lucifer est un ange charmant qui ne tarde pas à se lier avec les autres anges et à participer à la vie dans le jardin d’Eden et au Paradis.


La version de Lucifer que nous propose l’auteur est intéressante, pourtant j’ai bien eu du mal à m’y accoutumer. Je l’avoue, quand je pense à Lucifer, je pense avant tout à l’ange déchu, au diable, à cet ange fier dont l’orgueil a précipité sa chute. Or, Lucifer n’a pas été crée ainsi. Il était autrefois un ange bon et dévoué à son créateur.


Voir ainsi l’auteur l’écrire comme un ange pur, timide, sensible, n’aurait pas du m’étonner, mais il m’a fallu du temps pour m’y habituer. Toutefois, je dois avouer que sa caractérisation de Lucifer est intéressante dans certains de ses aspects. C’est un ange que l’on peut presque considérer comme le préféré du Créateur, qui est très important pour ce dernier, ainsi Lucifer fait tout pour Lui plaire, Le rendre heureux et fier, Le servir au mieux possible, mais il finit par crouler petit à petit sous le poids de cette vision parfaite que son divin père a pour lui. Lucifer est également adulé par les autres anges qui cherchent son contact, n’hésitant pas à l’approcher et le toucher, et Lucifer est parfois intimidé par ces attentions, par leur désir ardent d’être avec lui et de lui plaire.


Si j’ai eu un peu de mal à me faire à un Lucifer qui pleure souvent, qui est timide ou sensible, j’ai eu davantage de mal avec la caractérisation de Dieu, le Créateur, le Père. Il est présenté comme un dieu bon et généreux au tout début, puis on finit par se rendre compte progressivement que son attachement pour Lucifer est plutôt toxique. Il cherche à avoir son attention, à s’attacher sa servitude. Les anges sont là pour Le louer et Le servir (ce qui doit déjà être le cas dans les écrits religieux il me semble), mais Il se montre jaloux, possessif, mais aussi cruel dans sa façon de punir [spoiler] je suis d'ailleurs encore choquée de la scène où il poursuit Lucifer pour ensuite le violer [/spoiler] et montrer de lui l’image d’un despote tyrannique que personne sauf Lucifer, qui passe le plus de temps avec Lui, ne verra.


Il n’y aura vraiment qu’une seule relation dans laquelle Lucifer se sentira à son aise, et c’est avec Michael dont il recherchera le contact et avec qui il va former des liens étroits. C’est assez ambitieux d’écrire une histoire d’amour entre ces deux-là, mais ce serait mentir si je disais que ce n’est pas avant tout ce qui m’a attiré lorsque j’ai choisi ce livre. J’ai aimé voir le développement de leur relation, comment Lucifer a été attiré par Michael dès le début, le recherchant sans cesse du regard et cherchant sa compagnie et s’épanouir et s’affirmer à ses côtés, voir Michael apprendre à Lucifer comment se battre et Lucifer apprenant à Michael comment chanter et danser, les voir passer du temps sur Terre, en compagnie des dinosaures et autres espèces animales la peuplant, avant les hommes.


Nous faisons aussi la connaissance d’autres anges, tels que Gabriel, Uriel, Raphaël (que l’on connaît comme faisant partie des archanges), Rosier, Asmodée, Baal (les futurs anges déchus), qui sont plaisants à suivre pour la plupart, certains avec un vécu et une personnalité qui les rendent complexes et intéressants comme Uriel. Nous observons le quotidien de ses anges qui évoluent au Paradis et participent à la création et à la vie au ciel. Ils ont leur propre maison, ils jouent de la musique, font des spectacles sportifs ou artistiques, ils peuvent manger et dormir, comme nous. Nous avons des petites tranches de vie plutôt sympathiques, mais je dois avouer que ce qui a davantage capturé mon attention était le développement de la relation entre Lucifer et Michael, et le regard des autres sur cette relation, mais aussi et surtout la chute de Lucifer.


J’ai beaucoup aimé voir la lente dégradation de Lucifer, comment il se questionne de plus en plus sur la hiérarchie au Paradis et sur Dieu et Sa place, comment le comportement toxique de son Créateur à son égard et sa cruauté l’éloignent davantage de Lui, comment Lucifer se remet en question, comment il souhaite que le Paradis et les anges soient gouvernés par un autre ange, plutôt que par un créateur si différent d’eux et qui ne peut espérer les comprendre. Nous voyons aussi Lucifer qui découvre des sentiments non propres aux anges comme l’orgueil, la luxure, comment il invente des mots et des actes en rapport avec ces sentiments. Puis, peu à peu, son amour pour Michael se transforme en obsession.


Nous le voyons gagner de plus en plus par la fierté et l’orgueil, ce qui le terrifie au début, avant qu’il ne s’y habitue et que cela fasse entièrement partie de lui, comment il tire avantage de sa beauté et de ses autres qualités, comment il se sert de l’attirance et l’amitié que les autres anges ont à son égard, pour espérer obtenir d’eux leur loyauté et leur obéissance dans sa quête de conquérir le Paradis. Puis, lorsque la séduction ne fonctionne pas chez d’autres anges, lui et ses acolytes se servent de la violence. Certains passages sont d’ailleurs assez choquants  [spoiler] l'auteur nous décrit une orgie où Lucifer s'offre aux autres anges, ou encore la scène où Rosier mutile le corps d'Asmodée, ou encore la scène où les Archanges sont torturés [/spoiler].


Malgré ces passages, j’ai tout de même trouvé intéressant de voir tous ces changements s’opérer chez Lucifer jusqu’à ce que son désir de changement et de désobéissance ne prenne forme et qu’il ne décide de déclencher une rébellion au Paradis en s’attachant la loyauté d’autres anges, et d’attaquer les autres anges et tenter de s’approprier le trône divin… Malgré tout, il persiste une part de naïveté et d’innocence chez Lucifer [spoiler] qui espère jusqu'à la fin avoir la loyauté de Michael et qui s'imagine règner avec lui sur le Paradis, ce qui rend plus douloureux pour lui la confrontation avec Michael et leur combat qui causera sa chute définitive [/spoiler]


Je ne saurais dire si Angels before man est un coup de cœur, ce roman ne m’a pas laissé insensible c’est certain, et j’ai beaucoup aimé la relation Lucifer/Michael ainsi que la chute progressive de Lucifer jusqu’à la rébellion et la guerre céleste. J’ai bien aimé le roman dans son ensemble, bien qu’il y ait des points sur lesquels je n'ai pas adhéré, mais je ne peux pas dire que ce sont des points négatifs car je pense que le fait que j’ai longtemps été croyante fait que ça a influencé ma perception de Dieu, des anges et de Lucifer. Toutefois, ça reste une bonne lecture et je donnerai sa chance à sa suite.


“I want us to be God, to be more than that. I want us to create like Him.” Lucifer, exhilarated, feeling all of himself flush as scorching hot as a sun, dragged his hands down, down Michael’s front, settling palms over his strong chest. “We could do it, everything could be ours — the most perfect of the host. I want to make new things with you, build something better than this mirage of eternal pleasure. Haven’t you ever wondered why Father is so strict about our subservience? It’s because disobedience is creation,” a shivering breath, “create with me, Michael, and let’s call it sin.”

mardi 23 avril 2024

Lore Olympus - Rachel Smythe.


Perséphone, jeune déesse du printemps, est nouvelle au Mont Olympe. Sa mère, Déméter, l'a élevée exprès dans le royaume des mortels, pour la protéger des tentations. Mais après que Perséphone lui a promis de s'entraîner comme vierge sacrée, elle est autorisée à aller à l'université et à vivre dans le monde glamour et trépidant des dieux. Lorsque sa colocataire, Artémis, l'emmène à une fête, sa vie entière change : elle y rencontre Hadès et l'étincelle est immédiate avec le souverain charmant mais incompris des Enfers.

Tout s'accélère alors, Perséphone doit maintenant naviguer entre les jeux stratégiques et les relations déroutantes qui régissent l'Olympe, tout en trouvant sa place et en affirmant son pouvoir.



Avec tout l’engouement dont fait preuve Lore Olympus, il était grand temps que je découvre enfin ce webcomic. J’étais pourtant récalcitrante, au début, à cause du style de dessin. A chaque personnage, sa propre couleur… et pas que les vêtements ! Héra en jaune, Déméter en vert, Zeus qui flirte avec le violet (et avec tout ce qui bouge même), mais aussi Perséphone en rose et Hadès en bleu… Bonjour le cliché ! Le côté contemporain me rendait encore plus récalcitrante, n’étant pas friande des mythes à la sauce contemporaine. Seulement voilà, j’ai été tellement happée par l’histoire que le côté contemporain a fini par me plaire et que j’ai fini par m’habituer aux graphismes.

 

La saga reprend donc sans surprise le mythe d’Hadès et Perséphone sur ses grandes lignes pour mieux les adapter à notre monde moderne et y apporter sa petite touche. Ici, par exemple, c’est bien malgré lui qu’Hadès emmène Perséphone aux Enfers et, gentleman, il se garde bien de la séquestrer chez lui en lui proposant des grains de grenade. Les dieux gardent malgré tout leurs caractéristiques et attributs, et sont bel et bien ancrés dans notre époque. L’occasion de montrer que certains de ces dieux, à qui on vouait un culte jadis, n’étaient pas tout rose et même toxiques.

 

Mais, toxique, la relation entre Hadès et Perséphone ne l’est pas. J’ai beaucoup aimé la façon de l’auteure de peindre leur histoire d’amour, une relation en slow burn, donc qui prend le temps de bien se mettre en place, sans pour autant prendre trop de temps, et qui s’éloigne des clichés de romances style Harlequin ou, pire, les dark romances. C’est une relation saine, basée sur le respect, et qui ne laisse pas la différence de statut social ou d’autres obstacles la mettre à mal. C’est vraiment une bouffée d’air frais face à l’invasion dans nos librairies des dark romances (qui sont, la plupart du temps, des relations bien toxiques). Ils sont dévoués l’un à l’autre, on rit et pleure avec eux, et chaque étape franchie est un triomphe pour eux comme pour nous… Et dieu sait quels obstacles vont se dresser sur leur route !

 

Car, oui, j’ai aimé que Lore Olympus ne soit pas QUE de la romance, bien que la relation Hadès/Perséphone soit le cœur de cette série et qu’elle le porte à merveille. Nous suivons plusieurs sous-intrigues qui vont servir à l’intrigue principale, il y a des épreuves (la scène du procès… je n’en dirai pas plus), des dangers et des menaces (ah, Kronos…), des mystères (notamment sur les déesses fertiles, qui sont-elles, pourquoi ont-elles disparues, etc).

 

C’est aussi une histoire de famille (aussi bien la relation mère-fille compliquée entre Déméter et Perséphone que Zeus et Héra et leurs enfants, par exemple), de traumatismes (aussi bien pour Hadès que pour Perséphone), de justice, d’amour (oui car il n’y a pas que la romance entre Hadès et Perséphone, même si elle est la principale de la saga). Les dieux de l’Olympe, tout comme les nymphes et autres êtres, sont au final comme nous. Ils ont leurs joies, leurs peines, leurs qualités, leurs imperfections, leurs problèmes. C’est facile de s’attacher à eux, de craindre pour eux, de rire et d’espérer avec eux, et c’est l’autre force de Lore Olympus.

 

Lore Olympus nous présente toute une panoplie de personnages auxquels on s’attache, qu’ils soient des personnages principaux, secondaires ou tertiaires. Ils sont attachants pour la plupart, mais tous bien travaillés et ont des relations finement tissées. Ils ne sont pas que noir ou blanc. Même les plus purs ont leur part d’ombre, même les plus imparfaits ont des moments de rédemption ou qui nous montrent juste qu’ils ne sont pas de parfaits salopards. J’aurais bien aimé que Poséidon soit un peu plus exploité, au lieu d'être fréquemment vu comme le frère goofy, car il y a du potentiel puisqu’il a le même traumatisme qu’Hadès car il a aussi été dévoré par Kronos, et que ce traumatisme faisait qu’Hadès et Poséidon se comprenaient mieux que Zeus qui n'a jamais été dévoré, qui n’a jamais eu besoin de s’acclimater à la vie à la surface.

J'aime beaucoup Héra, ce qui change de la vision d’Héra que j'ai souvent vu dans la fiction. Je la trouve vraiment mise en avant et vue de façon plus positive. J'aime aussi que Zeus soit plus complexe qu’il n'y paraît plusieurs de ses décisions sont discutables, il a souvent agi comme un connard et ça aurait été tellement facile de le représenter comme tel, mais c'est un personnage qui tient sincèrement à sa famille, qui essaye de réparer ses tords parfois, de même qu’Arès que j’ai beaucoup aimé aussi, ainsi qu’Éros, Hermès et Artémis. J’aurais bien voulu voir Athéna un peu plus. Par contre, le seul personnage qui n’a aucune qualité pour le sauver, c’est bien Apollon, mais je n’en dirais pas plus…



Une excellente surprise donc que ce webcomic. On alterne entre les moments de calme, avec humour, légèreté et tendresse, et les moments forts, avec de l’action, des rebondissements, de la tension, des révélations inattendues. Les personnages sont bien travaillés et évoluent avec justesse, c’est un plaisir de les voir grandir et évoluer, surtout voir Perséphone gagner en expérience, prendre de plus en plus confiance en elle et s’imposer comme la déesse qu’elle est.

 

En résumé, une bande dessinée contemporaine, à la fois drôle, sensible et décalée. Sous des dehors légers et festifs, Rachel Smythe aborde donc des sujets plus profonds et sensibles tels que, le poids et l'influence de la communauté, le regard des autres, le viol, la maltraitance et les relations toxiques. Bref, Lore Olympus, c’est validé et même un coup de cœur !


lundi 19 février 2024

La dernière Anastasia - Tina Muir.


Il était une fois en Russie, à l’hiver 2018, une jeune femme du nom d'Anna. Son père l'avait emmenée vivre au plus profond de la forêt, dans une maison coupée du reste du monde pour la protéger d'une malédiction de sang pesant sur sa famille depuis des générations. Lorsque toute sa famille fut brutalement assassinée, seule la belle Anna aux cheveux d’or en réchappa, avec l’aide de la plus terrible des marraines, la Baba Yaga en personne…

Mais l’aide de la sorcière légendaire n’est jamais gratuite. Pour percer le secret macabre qui a détruit sa famille, remonter la piste des tueurs et satisfaire sa surnaturelle protectrice, Anna devra compter sur le preux chevalier mit sur sa route par la Baba Yaga. De cette rencontre entre Anna la survivante, ivre de chagrin et avide de réponses, et le beau Jervis, aventurier flegmatique dont l’apparente froideur cache une lourde blessure, naîtra un amour de glace et de feu. Mais seront-ils assez forts pour affronter le plus destructeur des secrets et payer son tribut à la Baba Yaga ?



Roman qui mélange notre époque avec le folklore russe, une histoire de malédiction familiale avec de nombreuses références à l’histoire tragique des Romanov, et la Baba Yaga comme personnage important, La dernière Anastasia avait tous les ingrédients pour me plaire. Pourtant, je ressors de ma lecture extrêmement frustrée et même déçue.



Je vais d’abord commencer par les points positifs. J’ai beaucoup aimé l’histoire autour de la malédiction de sang dont est victime la famille de notre héroïne. L’auteure parvient à maintenir le suspense jusqu’au bout et à nous donner les informations qu’au compte-goutte. Elle a su titiller notre curiosité tout au long de l’intrigue, je peux bien lui reconnaître ce point. Même lorsque tout me semblait ridicule, des personnages jusqu’à la romance, la promesse d’avoir des réponses et un dénouement à cette histoire de malédiction était comme la carotte que me tendait l’auteure pour me forcer à poursuivre ma lecture jusqu’au bout, et je dois dire ne pas avoir été déçue des tenants et aboutissants. J’ai trouvé très intéressant de découvrir les origines de cette malédiction et ses conséquences à travers l’histoire et notamment l’Histoire, qui s’est mêlée à l’histoire tragique des Romanov.



Les références, tout au long du roman, à la famille Romanov, la tragédie de leur assassinat et la Russie du début du XXe siècle avec la révolution était d’ailleurs un des rares bons aspects du roman. Passionnée d’Histoire oblige, je n’y ai pas été insensible, d’autant plus que c’est une partie de l’Histoire qui me passionne et qu’on ne peut rester insensible à la tragédie qu’a vécu cette famille, et le parallèle entre les Romanov et la famille de l’héroïne (dont certains membres partageaient les mêmes prénoms que ceux de la famille du tsar).



J’ai également beaucoup aimé la présence du folklore russe dans l’intrigue et comment l’auteure confronte notre monde moderne aux contes russes, notamment à travers la figure de la Baba Yaga, mais pas que, mais la Baba Yaga s’est offerte ici une place de choix et elle doit bien être le seul personnage du roman que j’ai vraiment apprécié. Cette ancienne et puissante sorcière ne laisse pas indifférent, elle en impose et nous marque à chacune de ses apparitions. On ne sait dire, au début, si elle est bonne ou mauvaise, si ses intentions sont aussi bienveillantes qu’elles en ont l’air, et sa relation avec l’héroïne est plutôt intéressante, officiant auprès d’elle comme une sorte de marraine, de protectrice mais dont il faut se méfier car elle ne fait jamais rien gratuit. J’ai aimé comment la figure de la Baba Yaga s’est inscrite dans l’histoire de la tragédie des Romanov et de la révolution russe, et découvrir ses véritables desseins.



Tout ceci constitue de très bons ingrédients pour une histoire prometteuse, mais de nombreux points noirs ont gâché ma lecture. Je pense notamment aux personnages que je trouve inintéressants. Je n’ai pas su m’attacher à eux. Ni à l’héroïne trop Mary-Sue à mon goût, à Jervis mi-mâle Alpha mi-chevalier servant, au frère de celui-ci et à Joséphine, la femme qu’il aime en secret.



La romance est beaucoup trop omniprésente à mon goût, d’autant plus qu’elle se met en place très rapidement. Nos personnages se connaissent à peine qu’ils sont déjà prêts à tout pour l’autre et se font instantanément confiance. Pour la crédibilité, on repassera. Que dire des nombreuses scènes de sexe que j’ai trouvé ridicules et inutiles, entre Anna qui est vue, par son amoureux, par une Wonder Woman qui fait se lever le soleil et chanter les oiseaux, Jervis qui est vu comme un rapace que l’héroïne a dompté par ses charmes. On retrouve d’ailleurs beaucoup de comparaisons entre nos personnages et des animaux sauvages à dompter. Je n’ai pas non plus été sensible à la romance entre Liam, le frère de Jervis, et Joséphine.



J’ai fini par survoler de nombreux passages concernant nos deux couples, que ce soit la tension amoureuse ou les scènes de cul où l’auteure parle de magnétisme animal, d’instinct masculin ne pouvant résister aux charmes féminins et… *-relis-* de corps qui s’attirent avec un magnétisme irrésistible (dixit le roman qui possède d’ailleurs une panoplie de passages du style : « Il ne fit rien pour s’interrompre ou attraper son tee-shirt. Qu’elle profite du spectacle. Il le lui dédicaçait. [Elle] l’observa. Liam lui offrait une véritable leçon d’anatomie masculine. »). Enfin, dieu merci, on est pas au même niveau qu’Hadès et Perséphone de Scarlett St Clair !



L’intrigue à travers le mystère autour de la mort de la famille de l’héroïne, l’histoire de la malédiction de sang, la Baba Yaga, les références aux Romanov, tout ceci constituent de bons ingrédients et sont les points positifs de l’histoire, malheureusement ces derniers ne parviennent pas à sauver le roman. Je trouve même dommage et frustrant qu’il faille attendre 60 % du roman avant d’entrer enfin dans le vif du sujet, de par des longueurs qui rendent la lecture laborieuse mais surtout le fait que l’intrigue principale est noyée dans deux romances grotesques qui ont trop souvent pris le pas sur l’histoire.



C’est vraiment dommage, car j’aurais vraiment aimé tomber amoureuse de ce roman, car il a énormément de potentiel mais qui a été gâché par des longueurs, des personnages non attachants et des romances qui m’ont fait lever les yeux au ciel plus d’une fois.


— Vous étiez là du temps des Romanov, dit Anna.

— J’ai toujours été là, fillette.

— Vous les regardiez danser de derrière les vitres de leurs palais.

— Ce monde a été englouti depuis. Il ne reste plus que des fantômes. Beaucoup de fantômes.

— Vous n’êtes pas un fantôme, affirma Anna.

— Je suis ce que je suis.