A Queer Retelling of Satan's fall that's part cozy coming of age, part fast-paced tragedy, with a little love story in between –
In an eternal paradise, the most beautiful angel, Lucifer, struggles with shame, identity, and timidity, with little more than the desire to worship his creator.
It isn't until the strongest angel, Michael, comes into his life that Lucifer learns to love himself. Along the way, their friendship begins to bloom into something else. Maybe the first romance in the history of everything.
But this God is a jealous one, and maybe paradise is not paradise.
J’aime
beaucoup les livres et fictions qui traitent des anges, l’ennui est
que je suis très exigeante à ce sujet car j’ai ma propre
perception des anges, et tout ce qui sort de cette idée fixe peut
facilement me contrarier. Pourtant, lorsque j’ai découvert ce
roman, je n’ai pas hésité une seule seconde.
Angels
before man est une réécriture de l’histoire de Lucifer
depuis sa création jusqu’à sa chute. On y découvre un ange
magnifique, parfait en tout point, qui fait la fierté de son divin
créateur et qui provoque respect et admiration auprès des autres
anges. Lucifer est un ange charmant qui ne tarde pas à se
lier avec les autres anges et à participer à la vie dans le jardin
d’Eden et au Paradis.
La
version de Lucifer que nous propose l’auteur est
intéressante, pourtant j’ai bien eu du mal à m’y accoutumer. Je
l’avoue, quand je pense à Lucifer, je pense avant tout à
l’ange déchu, au diable, à cet ange fier dont l’orgueil a
précipité sa chute. Or, Lucifer n’a pas été crée ainsi.
Il était autrefois un ange bon et dévoué à son créateur.
Voir
ainsi l’auteur l’écrire comme un ange pur, timide, sensible,
n’aurait pas du m’étonner, mais il m’a fallu du temps pour m’y
habituer. Toutefois, je dois avouer que sa caractérisation de
Lucifer est intéressante dans certains de ses aspects. C’est
un ange que l’on peut presque considérer comme le préféré du
Créateur, qui est très important pour ce dernier, ainsi Lucifer
fait tout pour Lui plaire, Le rendre heureux et fier, Le servir au
mieux possible, mais il finit par crouler petit à petit sous le
poids de cette vision parfaite que son divin père a pour lui.
Lucifer est également adulé par les autres anges qui
cherchent son contact, n’hésitant pas à l’approcher et le
toucher, et Lucifer est parfois intimidé par ces attentions,
par leur désir ardent d’être avec lui et de lui plaire.
Si
j’ai eu un peu de mal à me faire à un Lucifer qui pleure
souvent, qui est timide ou sensible, j’ai eu davantage de mal avec
la caractérisation de Dieu, le Créateur, le Père. Il est présenté
comme un dieu bon et généreux au tout début, puis on finit par se
rendre compte progressivement que son attachement pour Lucifer
est plutôt toxique. Il cherche à avoir son attention, à s’attacher
sa servitude. Les anges sont là pour Le louer et Le servir (ce qui
doit déjà être le cas dans les écrits religieux il me semble),
mais Il se montre jaloux, possessif, mais aussi cruel dans sa façon
de punir [spoiler] je suis d'ailleurs encore choquée de la scène où il poursuit Lucifer pour ensuite le violer [/spoiler] et montrer de lui l’image d’un despote tyrannique que personne
sauf Lucifer, qui passe le plus de temps avec Lui, ne verra.
Il
n’y aura vraiment qu’une seule relation dans laquelle Lucifer
se sentira à son aise, et c’est avec Michael dont il
recherchera le contact et avec qui il va former des liens étroits.
C’est assez ambitieux d’écrire une histoire d’amour entre ces
deux-là, mais ce serait mentir si je disais que ce n’est pas avant
tout ce qui m’a attiré lorsque j’ai choisi ce livre. J’ai aimé
voir le développement de leur relation, comment Lucifer a été
attiré par Michael dès le début, le recherchant sans cesse
du regard et cherchant sa compagnie et s’épanouir et s’affirmer
à ses côtés, voir Michael apprendre à Lucifer comment
se battre et Lucifer apprenant à Michael comment
chanter et danser, les voir passer du temps sur Terre, en compagnie
des dinosaures et autres espèces animales la peuplant, avant les
hommes.
Nous
faisons aussi la connaissance d’autres anges, tels que Gabriel,
Uriel, Raphaël (que l’on connaît comme faisant
partie des archanges), Rosier, Asmodée, Baal
(les futurs anges déchus), qui sont plaisants à suivre pour la
plupart, certains avec un vécu et une personnalité qui les rendent
complexes et intéressants comme Uriel. Nous observons le
quotidien de ses anges qui évoluent au Paradis et participent à la
création et à la vie au ciel. Ils ont leur propre maison, ils
jouent de la musique, font des spectacles sportifs ou artistiques,
ils peuvent manger et dormir, comme nous. Nous avons des petites
tranches de vie plutôt sympathiques, mais je dois avouer que ce qui
a davantage capturé mon attention était le développement de la
relation entre Lucifer et Michael, et le regard des
autres sur cette relation, mais aussi et surtout la chute de Lucifer.
J’ai
beaucoup aimé voir la lente dégradation de Lucifer, comment
il se questionne de plus en plus sur la hiérarchie au Paradis et sur
Dieu et Sa place, comment le comportement toxique de son Créateur à
son égard et sa cruauté l’éloignent davantage de Lui, comment
Lucifer se remet en question, comment il souhaite que le
Paradis et les anges soient gouvernés par un autre ange, plutôt que
par un créateur si différent d’eux et qui ne peut espérer les
comprendre. Nous voyons aussi Lucifer qui découvre des
sentiments non propres aux anges comme l’orgueil, la luxure,
comment il invente des mots et des actes en rapport avec ces
sentiments. Puis, peu à peu, son amour pour Michael se
transforme en obsession.
Nous
le voyons gagner de plus en plus par la fierté et l’orgueil, ce
qui le terrifie au début, avant qu’il ne s’y habitue et que cela
fasse entièrement partie de lui, comment il tire avantage de sa
beauté et de ses autres qualités, comment il se sert de l’attirance
et l’amitié que les autres anges ont à son égard, pour espérer
obtenir d’eux leur loyauté et leur obéissance dans sa quête de
conquérir le Paradis. Puis, lorsque la séduction ne fonctionne pas
chez d’autres anges, lui et ses acolytes se servent de la violence.
Certains passages sont d’ailleurs assez choquants [spoiler] l'auteur nous décrit une orgie où Lucifer s'offre aux autres anges, ou encore la scène où Rosier mutile le corps d'Asmodée, ou encore la scène où les Archanges sont torturés [/spoiler].
Malgré
ces passages, j’ai tout de même trouvé intéressant de voir tous
ces changements s’opérer chez Lucifer jusqu’à ce que son
désir de changement et de désobéissance ne prenne forme et qu’il
ne décide de déclencher une rébellion au Paradis en s’attachant
la loyauté d’autres anges, et d’attaquer les autres anges et
tenter de s’approprier le trône divin… Malgré tout, il persiste
une part de naïveté et d’innocence chez Lucifer [spoiler] qui espère jusqu'à la fin avoir la loyauté de Michael et qui s'imagine règner avec lui sur le Paradis, ce qui rend plus douloureux pour lui la confrontation avec Michael et leur combat qui causera sa chute définitive [/spoiler]
Je
ne saurais dire si Angels before man est un coup de cœur, ce
roman ne m’a pas laissé insensible c’est certain, et j’ai
beaucoup aimé la relation Lucifer/Michael ainsi que la chute
progressive de Lucifer jusqu’à la rébellion et la guerre céleste.
J’ai bien aimé le roman dans son ensemble, bien qu’il y ait des
points sur lesquels je n'ai pas adhéré, mais je ne peux pas dire
que ce sont des points négatifs car je pense que le fait que j’ai
longtemps été croyante fait que ça a influencé ma perception de
Dieu, des anges et de Lucifer. Toutefois, ça reste une bonne lecture
et je donnerai sa chance à sa suite.
“I want us to be God, to be more than that. I want us to create like Him.” Lucifer, exhilarated, feeling all of himself flush as scorching hot as a sun, dragged his hands down, down Michael’s front, settling palms over his strong chest. “We could do it, everything could be ours — the most perfect of the host. I want to make new things with you, build something better than this mirage of eternal pleasure. Haven’t you ever wondered why Father is so strict about our subservience? It’s because disobedience is creation,” a shivering breath, “create with me, Michael, and let’s call it sin.”