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vendredi 6 mars 2015

Entretien avec un vampire : L'histoire de Claudia - Anne Rice et Ashley-Marie Witter.

Du même auteur :

Les chansons du Séraphin (T.1) L'heure de l'ange.
- Les chansons du Séraphin (T.2) L'épreuve de l'ange.





Quatrième de couverture :


Vampire, elle n’aurait jamais dû le devenir. Son existence est une abomination pour les créatures de la nuit. Elle chemine entre les ombres d’un monde pour toujours hors de sa portée, prédateur pris au piège dans le corps d’une enfant. À la fois, orpheline, victime et monstre… Voici l’histoire de Claudia.


Mon avis :


À force d'attendre le troisième tome des Chansons du Séraphin, j'en viens presque à oublier mon grand amour... ce qui m'a fait découvrir l'auteur et son univers, La Chronique des Vampires et tout particulièrement Entretien avec un vampire. Les aspects de cette histoire ont été narrés par plusieurs personnages, notamment ceux qui apparaissent dans l'histoire : Louis bien-sûr, mais aussi Lestat son maître-vampire, ou encore Armand. Il ne restait plus que Claudia.

Lestat and Louis : Still a better love story
than Twilight and 50 Shades of Grey.
Claudia. La fille-vampire de Louis et Lestat, que Lestat a vampirisé parce que Louis allait le quitter... vu comme ça, on dirait presque l'histoire d'une fille qui décide de devenir enceinte pour que son petit-ami ne la quitte pas. Mine de rien, on peut considérer ces deux-là comme le premier couple vampire homosexuel à avoir élevé un enfant vampire ! Même si le résultat n'a pas été concluant, si on a lu le livre, ou vu le film, mais qu'importe ! Personnage d'un seul tome, Claudia reste cependant un personnage marquant : à la fois énigmatique, fascinant et terrifiant, qui peut être cruelle comme elle peut être fragile, vulnérable. C'est une vampire, en cet aspect elle est redoutable, affamée, cruelle, qui joue avec ses victimes et ose même se rebeller contre son maître vampire. Mais c'est aussi une femme éternellement coincée dans le corps d'une petite fille, qui sera toujours considérée ainsi à cause de sa petite taille et son apparence de poupée [spoilers] il me semble d'ailleurs, plus je relis Entretien avec un vampire, que Claudia aime Louis d'un amour plus que familial, qu'elle l'aime vraiment, elle l'appelle après tout son amant, son ange ténébreux. Mais Louis ne la voit que comme sa fille, il l'a élevé ainsi avec Lestat, et ça déchire Claudia de voir Louis s'éloigner d'elle lorsqu'ils sont à Paris et que Louis est envoûté par les charmes d'Armand [/spoilers]

On découvre une jeune enfant devenue immortelle, ainsi que son évolution. Elle grandit mentalement mais pas physiquement. Plus le temps passe et plus elle cherche à comprendre sa nature de vampire mais ni Lestat ni Louis ne répondent à ses questions. L'un parce qu'il n'a pas envie de dévoiler les secrets des vampires, et l'autre parce qu'il ignore lui-même les réponses à des questions qu'il s'est déjà posé. Son évolution se fait rapidement. Son amour pour Louis évolue... en même temps que sa haine pour Lestat. On passe quelques pages avec elle, lors de ses premières années de vampire, alors qu'elle a encore l'esprit d'une enfant avant de la découvrir femme.

Personnage marquant mais qui disparaît trop vite, ce manga est une occasion pour nous d'explorer l'histoire de son point de vue, de découvrir sa personnalité, ses pensées, son ressentit, de voir l'histoire à travers elle. Cependant, ce manga ne fait que retracer ce que nous avons vu de l'histoire par Louis, alors que je m'attendais à voir des scènes imaginées par les auteurs, en apprendre davantage sur Claudia, voir des choses non relatées par Louis, avoir droit à des scènes inédites mais celles-ci ne sont pas très nombreuses. Oh, c'est une adaptation fidèle d'Entretien avec un vampire, centrée sur Claudia, mais elle n'apporte pas grand chose de plus à l'histoire d'origine.

Cependant, on voit aborder le ressenti de la femme vampire, ses motivations, ce qu'elle a ressenti lorsqu'elle a vu Louis, Louis qu'elle aime par dessus tout, s'éloigner d'elle, sa haine d'Armand qui tente de lui voler Louis. Peu à peu, la Claudia cruelle et capricieuse s'efface au fil de l'histoire pour laisser apparaître une Claudia vulnérable, fragile, qui ne se sent pas complète car son corps n'est pas à l'image de ce qu'elle est réellement, qu'elle ne peut faire tout ce qu'elle désire dans ce petit corps qui la handicape, et qu'elle est vouée à être toujours dépendante de quelqu'un pour exister, qui ne connaîtra jamais d'amour romantique et passionnel. C'est une Claudia touchante, amère, pleine de rage que l'on apprend à connaître.

Visuellement, c'est très beau ! L'ouvrage en lui-même est un bel objet et la mise en page est superbe. Les illustrations sont très belles. J'avais déjà été très attirée par le graphisme et la beauté de la couverture. Le papier fait un peu style vieux parchemin, vieux papier, avec quelques touches de couleur (comme le rouge, pour le sang, un peu de couleurs sombres aussi), ce qui colle très bien avec l'ambiance et l'époque je trouve, j'ai beaucoup aimé le design de Claudia dont le visage rappelle celui d'une poupée. Ceux de Louis et Lestat sont très réussis eux-aussi, ils ressemblent à peu près à l'image que je me fais d'eux (sauf que j'imagine Louis avec des cheveux plus longs car il a les cheveux longs, sauf vers la fin du T.2 où ses cheveux étaient coupés courts, quel sacrilège !)

Je pense que c'est un livre à découvrir pour les fans d'Anne Rice, et surtout de sa saga sur les vampires. Pour ceux ne connaissant pas l'univers, cela ne risque pas d'être un problème au niveau de la compréhension, mais d'un certain côté, peut-être que ça risque d'être un peu confus si on ne connaît pas déjà un peu la matière, les grands mots de l'histoire. Je pense qu'il faut au moins connaître un peu l'univers, histoire d'avoir les éléments pour bien comprendre, sinon l'histoire pourrait paraître fade ou confuse.

J'ai très apprécié la lecture de ce roman graphique, il m'a permis de me replonger avec plaisir dans l'histoire des vampires d'Anne Rice et me donne même l'envie de relire Entretien avec un vampire pour retrouver les personnages et replonger dans l'histoire.


mercredi 21 mars 2012

Les chroniques des vampires (T.8) Le sang et l'or - Anne Rice.


De tous les vampires imaginés par Anne Rice, Marius est sans doute le plus civilisé, le plus raffiné. 

Philosophe et artiste, mentor de Lestat et Armand qui, comparés à lui, font figure d'enfants turbulents, gardien d'Enkil et Akasha, il émane de lui une sorte de sagesse et de sérénité. Peut-être cela s 'explique t-il par le fait qu'il a été un témoin privilégié de la grandeur et la décadence de l'Empire romain, a assisté à l'épanouissement de Constantinople, puis découvert la Renaissance italienne.

 Mais quelqu'un de cette stature ne peut que se faire des ennemis. Car il y a aussi, parmi les vampires, des barbares, assoiffés de sang, qui commencent à se réclamer de Satan.



 

J'ai terminé ce livre hier soir et je ne pensais pas écrire mon avis aussi vite, j'aurais préféré attendre de lire Pandora, dans le même univers mais ce tome est déjà tellement riche que je ne voudrais pas mélanger les événements du Sang et l'or et de Pandora, je ne veux pas les mélanger et les confondre, donc je préfère écrire mon avis dessus avant d'être encombrée par les événements et mes impressions de Pandora. Ensuite, je remercie Matilda d'avoir eu la gentillesse de me prêter ce tome, bien difficile à trouver. Merci, je me suis régalée devant cette lecture (mais c'était évident, c'est du Anne Rice après tout :p)



Au fur et à mesure que je lisais Les chroniques des vampires, j'en suis venue à m'attacher à plus de vampires que Lestat, Louis et Claudia, the Unholy Family, qui sont mes préférés depuis le début, j'ai appris à mieux connaître les autres vampires, même secondaires car ils ont tous un passé, une histoire, quelque chose à raconter. J'ai mieux fait connaissance avec Armand, avec Daniel, avec David... ici, c'est Marius qui nous conte son histoire, qui choisi de raconter son passé à un autre vampire qu'il a rencontré : Thorne, un vampire ayant vécu à l'époque des vikings et qui a passé de nombreux siècle dans un sommeil de glace. Marius est un personnage intriguant, je l'ai toujours imaginé comme étant un homme très sage, le mentor de beaucoup de vampires, un protecteur silencieux et lire un récit de lui sous son point de vue, sa perspective, découvrir son passé, bien qu'on ait déjà eu un aperçu dans Lestat le vampire quand Marius raconte un peu sa vie à Lestat ; et dans Armand le vampire, Armand ayant vécu à un moment avec Marius donc ces événements sont résumés dans ce tome, l'auteur n'a pas passé son temps à raconter ce qui a déjà été dit, au moindre détail de la vie de Marius, des tomes précédents même s'il va me falloir relire des extraits de Lestat car je n'ai plus trop de souvenirs de la transformation en vampire de Marius. Donc même si chaque tome peut se lire individuellement, il vaut mieux avoir quand même lu les tomes précédent pour mieux comprendre certains événements ou les découvrir plus en détails.


Ce tome est palpitant, excellent ! J'ai apprécié l'univers qui entoure Marius, les époques qu'il traverse. C'est l'un des plus vieux vampires de la saga des Chroniques, vampirisé dans l'Antiquité. J'ai passé des heures merveilleuses entre l'Antiquité romaine, j'ai assisté à la chute de l'Empire Romain et aux invasions barbares qui déferlaient en Europe, j'ai vu la douleur de Rome victime de ces attaques barbares venus conquérir le continent européen, la Rome savante sous les massacres, j'ai vu Constantinople, j'ai vu l'Empire Romain encore existant en Orient, je me suis lentement avancée vers le Moyen-Âge avec ses guerres, ses épidémies de peste, sa culture pour enfin arriver à la Renaissance de Botticelli, puis Venise toujours sous la Renaissance italienne, la belle et rayonnante Venise. Je suis longtemps restée dans cette Venise de la Renaissance jusqu'à la Dresde du XVIIe siècle avant d'enfin revenir au monde moderne. Anne Rice sait vraiment manier toutes les époques historiques ! Et elle ne se contente pas seulement de poser une époque comme décors, elle raconte vraiment ce qu'il s'est passé et l'impact qu'il y a eu chez Marius. Lui qui voue un profond attachement à Rome, sa patrie, est effondré de la voir succomber face aux invasions barbares, ce n'est plus la Rome qu'il connaît, et ce, depuis avant les invasions quand les Empereurs romains se succédaient et mourraient aussitôt à cause de complots, meurtres car la plupart de ces Empereurs pervertissaient Rome ou ne pouvaient la gouverner.


Marius assiste à tout cela, il voyage beaucoup. Il va en France lorsqu'elle était encore la Gaule Romaine, il va jusqu'à Constantinople, en Orient que les barbares n'ont pas encore touché. Il vit le Moyen-Âge et la Renaissance, surtout la Renaissance. Il vit plus que ça : il a vécu la montée en puissance du christianisme en Europe. Il ne porte pas à la religion le même regard que Lestat, Louis ou Armand qui eux, sont né dans une époque où le christianisme avait une grande importance dans la vie des individus et ont, comme qui dirait, vécu une quête spirituelle à un moment de leur vie. Marius a vécu dans la Rome Antique avec leurs Dieux et Déesses greco-romains, sa religion polythéiste et il a du mal à comprendre comment les gens pouvaient tomber dans ce nouveau culte d'un seul et même dieu, que certains allaient même jusqu'à s'isoler dans des grottes pour prier, Marius ne voit pas l'intérêt de prier un Dieu dont il n'a jamais cru l'existence, et voit d'un œil étrange les différents mouvements religieux, il voit les chrétiens persécutés, les icônes des divinités païennes remplacées par des peintures de Saints et Saintes, mais il admet que les représentations artistiques de la Vierge Marie, des anges, des Saints sont aussi belles que les représentations des dieux et déesses greco-romaines, surtout quand il rencontre le célèbre peintre Botticelli, il est envoûté par son art, les couleurs, les formes. Botticelli peint aussi bien la Vierge Marie que la déesse Vénus. Marius voue vraiment une grande admiration, un grand amour pour Botticelli, ça se ressent bien et j'ai très appréciée la présence de Botticelli dans ce tome, c'était risqué que de présenter un personnage historique qui a existé mais Anne Rice s'en est très bien sortie, elle doit elle-aussi admirer ce peintre, comme Marius.


Lorsqu'il s'installe à Venise durant la Renaissance, c'est une grande étape pour lui je dirais. Il n'a jamais cessé de bouger et trouve enfin un point fixe à Venise, il s'installe, prend des élèves, des domestiques. C'était, je pense, une bonne période pour lui, il en avait bien besoin car nous découvrons un Marius qui se dévalorise sans cesse, il se sent obligé d'être seul et de ce fait, il souffre. Il souffre de cette solitude mais parfois, se sentant comme un grand méchant vampire (je ne vois pas en quoi, c'est un citoyen respectueux, sage, intelligent, un peintre de talent et il ne boit le sang que de malfrats, voleurs, assassins afin de ne pas tuer d'innocents) il se dit qu'il vaut mieux qu'il soit seul. Il passe quand même pas mal de temps à gémir sur son sort ou sur Pandora, son enfant vampirique et son amour perdu, il passe bien du temps à pleurer sur elle, le fait qu'il l'a perdue et comme elle lui manque, comme il aimerait la retrouver et oh Pandora, Pandora comme je te regrette, reviens, je t'aime ! C'était un peu agaçant à la longue et je me suis demandée à quel point leur histoire à tous les deux fut forte (si Marius en a parlé dans Lestat le vampire, mea culpa, je ne m'en rappelle plus !), même lorsqu'il est heureux et amoureux avec Amadeo ou encore même Bianca, qu'il admet avoir avec eux une relation stable, sans disputes, sans secrets, dès que Pandora entre en scène, il finit par tout plaquer pour aller la rejoindre. Et sa faiblesse pour Pandora est un de ses défauts qui lui fera tout perdre. Sa faiblesse est son attachement envers ses enfants-vampires en fait et pas seulement Pandora. Heureux avec son Amadeo, il baisse sa garde et devient moins attentif face aux dangers d'autres vampires satanistes voulant sa perte, il laisse tomber son face ce qui fait qu'Amadeo et Bianca, alors qu'ils étaient encore mortels, devinaient que Marius n'était pas humain mais bien plus que ça. Il est si attaché à ses enfants vampiriques qu'il en devient faible, aveugle, moins attentif, ce qui sera sa perte à un moment.


Cela dit j'ai adoré découvrir le point de vue et la vision de Marius sur Amadeo/Armand, comment est-il venu à le découvrir, comment il l'a sauvé d'un destin funeste deux fois de suite, comment il a tenté de lui faire revenir son don pour la peinture qu'il a perdu dans son traumatisme avant d'être découvert par Marius lorsqu'il l'a arraché à ses bourreaux, comment il devient si attaché à Amadeo qu'il considère sérieusement l'idée de le changer en vampire pour qu'il soit son compagnon, alors que depuis Pandora il y a des siècles de cela, il avait juré de ne pas offrir le don du sang à un mortel. On apprend enfin ce qu'il est advenu de Marius après les événements de Venise (je ne spoile rien, mais disons qu'on retrouve cet événement dans Armand le vampire mais ici, on a enfin l'occasion de découvrir ce qui est arrivé à Marius) et comment la courtisane Bianca Solderini l'a aidé à se relever, elle est restée auprès de lui et a partagé sa vie un long moment, elle a vraiment sauvé sa vie, j'ai pris plaisir à découvrir et redécouvrir ce personnage, on fait mieux connaissance avec elle. Je ne sais exactement comment la décrire, toujours est-il qu'elle m'a fait une impression très favorable et que je trouve dommage qu'après qu'elle quitte Marius, on ne sache plus rien d'elle ni ce qu'elle est devenue (Anne Rice avait indiqué sur son Facebook que Bianca 'was still around'). J'ai également aimé retrouver Mael, le vampire-druide qui a vécu en Gaule dans l'Antiquité et qui a crée Marius, ils ont une relation intéressante tous les deux, je ne sais pas trop les impressions de Mael sur Marius mais ce dernier aime Mael comme il le déteste pour ce qu'il lui a fait. J'ai aimé faire la connaissance d'Avicus et Zenobie, le groupe qu'ils ont formé avec Marius et Mael pendant un moment. Je me demande aussi ce qu'il est advenu d'Avicus et Zenobie... il y a des vampires comme ça qui vont et viennent et qui repartent en disparaissant dans la nature sans revenir.


J'ai trouvé incroyable toute la dévotion de Marius envers Enkil et Akasha, le roi et la reine des vampires, les tous premiers vampires ; et en particulier envers Akasha. Il y a comme un culte de ces Parents plongés dans un sommeil profond au fil des siècles, Marius, qui est leur gardien, fait des prières en leur parlant, change ou arrange leurs habits, les orne de bijoux selon la mode du siècle. Il y a un profond amour et une immense dévotion, comme s'ils étaient des dieux et j'ai aimé connaître le point de vue de Marius sur les agissements d'Akasha dans La reine des damnés. J'ai aussi aimé la présence du Talamasca, cette organisation qui se spécialise dans le paranormal et se renseigne sur tout être ou toute créature surnaturelle, en la présence d'un des leurs, Raymond qui va à la rencontre de Marius qui lui révèle - étant sûr que le Talamasca n'était pas dangereux - quelques informations sur les buveurs de sang, devenus plus tard les vampires. J'ai aussi aimé faire la connaissance de Thorne, cet ancien vampire roux de l'époque des Vikings, nommé après le dieu du tonnerre Thor, et j'aime surtout le fait que Santino a enfin eu ce qu'il méritait, au moins Marius pourra être tranquille de ce côté-là.


Assez blablaté ! Inutile pour moi de préciser qu'Anne Rice écrit divinement bien, que ses écrits vampiriques sont envoûtants, qu'elle sait rendre intéressant chacun de ses personnages, qu'elle s'y connaît dans toutes les époques historiques qu'elle évoque, qu'elle nous transmet sa passion de l'art et qu'elle sait très bien parler des diverses mythologies et même la religion chrétienne dans un livre mélangeant luxe, sang, sensualité, vampire et histoire ? Ce fut une très bonne lecture, malgré les lamentations de Marius et je continue de ce pas ma lecture de Pandora afin de mieux comprendre ce personnage et sa relation avec Marius !






La Naissance de Vénus, de Sandro Botticelli (1485).

Extrait : 

Cet esclave [Amadeo] par moi secouru avait en outre été peintre ! Il connaissait la magie de l’œuf et des pigments, de la couleur répandue sur le panneau de bois. Il se souviendrait ; il se rappellerait d'une époque où rien d'autre n'avait compté pour lui. Certes, ç'avait été dans la lointaine Russie, où les artistes œuvraient au fond des monastères, cantonnés au style byzantin que j'avais depuis longtemps rejeté en me détournant de l'Empire grec pour venir m'installer parmi l'agitation occidentale. Mais vois ce qui s'était produit ; l'Occident avait eu sa part de guerre, oh oui ; les barbares l'avaient semblait-il conquis tout entier. Pourtant, Rome s'était relevée grâce aux grands peintres et penseurs des années 1400 ! Je le constatais dans les œuvres de Botticelli, de Bellini, de Filippo Lippi et de cent autres.

XIX.

vendredi 25 novembre 2011

Les chroniques des vampires (T.6) - Armand le vampire - Anne Rice.


Au chevet de leur ami Lestat, plongé dans un profond coma au retour de son voyage aux Enfers, David Talbot, l'archiviste du Talamasca, rencontre Armand, peut-être le plus mystérieux et sans conteste le plus séduisant des vampires. Il entreprend de lui faire raconter l'histoire de sa vie. Une histoire cruelle et flamboyante qui nous mène des steppes de la Russie, où il est enlevé par des marchands d'esclaves, à Constantinople et enfin à Venise, où il est sauvé par Marius, un peintre qui vit avec faste et dont il ignore qu'il s'agit d'un vampire...


Je refais encore un peu de découpage au niveau de la quatrième de couverture, marre des résumés qui révèlent l'intrigue ! Et l'effet de surprise, alors ? Heureusement que malgré les spoilers dans le résumé, cette lecture fut un véritable délice qui me donne envie de relire Anne Rice encore et encore ! Merci à Matilda de m'avoir offert ce volume quasi introuvable (mais elle a un don pour trouver les livres rares, j'imagine qu'elle n'est pas une fée des livres pour rien :D).

Anne Rice est sans conteste la grande prêtresse des vampires, elle m'a charmé avec Entretien avec un vampire, relatant l'histoire de Louis de Pointe du Lac, vampire très humain possédant une très grande profondeur psychologique ; avec Lestat le vampire aussi, contant l'histoire de Lestat de Lioncourt, vampire libertin avec un penchant pour la violation des règles ; avec aussi La reine des damnés, Le voleur de corps, Merrick et enfin Vittorio, vampire de la Renaissance. Ce tome-ci nous conte l'histoire mortelle et vampirique du personnage d'Armand, que nous avons déjà vu dans les premiers tomes et qui est un personnage assez important, l'un de mes préférés aussi. Armand conte son histoire à la demande de David Talbot, enfant vampire de Lestat et qui travaillait dans le surnaturel avant d'être vampirisé. De son enfance en Russie, ses nombreuses années dans la Venise de la Renaissance en compagnie et sous la protection de Marius, peintre vampire tout habillé de rouge, à son entrée dans le monde des vampires, puis l'Europe en France avec le Théâtre des Vampires, et à New York...

Enfin un récit sur Armand le vampire ! Un des vampires clés des Chroniques des Vampires, qui apparaissait et disparaissait au fil des événements, personnage qui m'intriguait déjà depuis le premier tome, vampire mystérieux qu'il est, prenant d'autres dimensions dans les autres tomes et découvrir son histoire permet de lever le voile sur certains mystères, beaucoup de choses s'éclairent et nous permettent de mieux le comprendre : ses relations avec son maître vampire Marius, l'importance de sa rencontre avec Lestat, ses liens et ressentis face aux autres vampires comme Louis (comment se voient-ils depuis le tome un ?) ou Daniel. L'histoire d'Armand nous donne quelques réponses en même temps qu'elle dresse plusieurs questions, notamment sur Marius de Romanus, son créateur, et son histoire car là encore, des événements de l'histoire de Marius (l’événement après Venise par exemple, mais je n'en dirais pas plus, pour ne pas spoiler) restent bien floues, mais là j'espère que le tome consacré à Marius (Le sang et l'or) nous en dira plus, en même temps que deux femmes de la connaissance de Marius : Pandora et Bianca, surtout cette dernière qui laisse un voile de mystère derrière elle après la lecture de Armand le vampire. Bref, bref, le livre est riche en événements étonnants, rebondissements et péripéties ! Le tout, sous plusieurs époques. Comme quoi, Anne Rice sait manier pratiquement toutes les époques. Quand on sait qu'elle nous a fait voyager dans les XVIIIe jusqu'au XIXe siècle, ici c'est la Renaissance en grande majorité !

Toute la beauté de la Renaissance à Venise et à Florence ! Deux belles villes italiennes plongées dans l'art, où l'Antiquité est revisitée, redécouverte, ou tout ce qui était bénéfique dans l'Antiquité est remodelé, repris. Comme dans Vittorio, cette plongée dans la Renaissance ne se fait pas sans une plongée dans l'art. Il y a beaucoup de mentions de Fra Angelico, des peintures d'icônes ou de tableaux représentant des personnages ou scènes bibliques. Marius, qui est un artiste et aussi maître d'Armand, tâche de lui apprendre l'art, lui faire comprendre et ressentir l'art car comme il l'a déjà dit à son cher apprenti : 'Etudier l'art te mènera à étudier l'humanité, étudier l'humanité te conduira à célébrer le monde ou à pleurer sur lui.'. L'histoire de Venise est vraiment très riche et cette richesse est retranscrite dans le roman, c'est la Renaissance italienne comme s'y on y était ! Les peintres italiens et les Médicis, associés à cette époque, sont également mentionnés de nombreuses fois. Ça me rappelle d'une certaine façon l'histoire de Vittorio le vampire que j'ai lu et chroniqué il y a quelques mois déjà.

Armand est vraiment un personnage intriguant et intéressant. Il évolue au fil des pages, des chapitres. C'est un vampire important dans Les Chroniques et ce tome permet vraiment au lecteur de mieux le découvrir. Armand n'a pas toujours été Armand. Longtemps avant d'être l'apprenti de Marius, il fut Andrei et a grandit en Russie, à Kiev [ avant que la famille soit attaquée et qu'il ne fut enlevé, événement que son père Ivan vivra mal, sombrant dans la culpabilité de n'avoir pas pu sauver son fils, noyant son désespoir dans l'alcool ], puis devenu esclave et vendu à Marius qui lui offre protection et foyer, il devient Amadeo, qui signifie 'aimé de Dieu'. Il fut très longtemps Amadeo auprès de Marius pour qui il fut apprenti... et amant. Si les relations homosexuelles étaient des sous-entendus ou implicites dans les premiers tomes, ici on assiste vraiment à l'évolution de la relation entre Armand et Marius, une relation passionnée. Ils sont vraiment très attachés l'un à l'autre, bien qu'Armand ne peut s'empêcher de tenter son maître, de le contrer, de jouer les impertinents, car il veut faire ressortir de son maître toutes sortes d'émotions, il aime le provoquer. Bien que quand je parle de leur relation, je devrais plutôt parler d'Amadeo et non d'Armand car en mon fort intérieure, ce sont deux personnes assez différentes. Je ne doute pas qu'il reste un peu d'Amadeo en Armand mais ce sont deux personnes différentes [ et le fait d'avoir été séparé de Marius un long moment, pendant plusieurs siècles a dû changer Amadeo, le modeler en Armand qui est un nom qui a été choisi pour lui par un groupe de vampires dont il a fait parti à un moment ] mais grâce à ce tome, la scène des retrouvailles de Marius et Armand est plus compréhensive et d'autant plus touchante, on voit bien là toute l'étendue de leur affection.

On comprend mieux les ressentis de Marius et Armand dans La Reine des Damnés, ainsi que certains événements d'Entretien avec un vampire (je n'en dirais pas plus ! mais ceux qui l'ont lu doivent comprendre de quoi je parle), on avait déjà eu le point de vue de Louis et Lestat sur ces événements, maintenant nous avons celui d'Armand, qui nous permet de mieux comprendre ce qu'il s'est passé et ce qu'il a caché à Louis et Lestat au sujet de la petite Claudia, l'enfant vampire. C'est raconté d'une telle manière que ce n'est pas du tout répétitif ou ennuyeux. Et comme pour Lestat et Louis, il y a une vraie quête de spiritualité chez Armand qui est peut-être plus profonde et marquée chez ce personnage qu'elle ne l'a jamais été pour Lestat ou même Louis car la particularité des vampires d'Anne Rice est leur profondeur psychologique : les vampires sont tous des personnages torturés et plongés dans de nombreuses réflexions sur nombre de choses, sans que cela soit gonflant. Car ai-je besoin de préciser à quel point la plume d'Anne Rice est envoûtante ? L'art de parler de sang, d'immortalité, de sexe (car il y a des passages assez... olé-olé comme les scènes avec la courtisane Bianca, l'initiation sexuelle d'Armand, etc.), de religion et spiritualité, et d'Histoire de façon très réaliste, ce qui donne une grande profondeur à l'histoire qui nous paraît plus réelle.

Assez papoté ! Pour résumer, je dirais que c'était un excellent Anne Rice, comme toujours, son univers vampirique et sa plume ont su me charmer dans un récit proposant l'histoire à la fois mortelle et vampirique d'un des personnages clés de la saga, Armand. Histoire, religion, vampirisme, luxure et art sont mélangés dans ce petit bijou écrit d'une main d'or !

Extrait :

Le maître me révéla que sa création en tant que vampire remontait à près de quinze cents ans et qu'on trouvait des êtres de notre sorte par le monde entier. Dissimulés, méfiants, pour la plupart misérablement solitaires, les errants de la nuit, ainsi qu'il les appelait, faisaient de leur existence qu'une longue suite de tristes catastrophes, jusqu'à ce que le désespoir les consumât, les poussant à s'immoler dans un affreux brasier ou à la lumière du soleil.

IX. Première partie : Le corps et le sang.

mardi 4 août 2009

Les chroniques des vampires (T.2) Lestat le vampire - Anne Rice.


Un vampire libertin et impie qui ne croit ni à Dieu ni au diable ? Lestat de Lioncourt, benjamin d'une famille de hobereaux auvergnats minés, a été vampirisé dans sa vingtième année par un démon.

Deux siècles plus tard, en Californie, attiré des profondeurs de la terre par le climat dionysiaque qui règne dans le monde, il lance un défi aux puissances des ténèbres en jouant une musique à réveiller les morts... 

Avec Lestat le vampire, Anne Rice a créé une créature unique et a révolutionné la littérature fantastique. Du San Francisco d'aujourd'hui à la Bretagne druidique en passant par la Venise du XVe siècle et le Paris prérévolutionnaire, un roman admirable et vertigineux, au coeur d'un univers fascinant de sensualité et d'angoisse, peuplé d'êtres mi-anges mi-démons qui nous ressemblent comme des frères...
 
 





J'ai bien dû batailler pour l'avoir, mais je l'ai enfin ce second tome, maintenant je m'arrête un peu au niveau des achats concernant la saga, Anne Rice me coûte trop cher !

Dans ce second tome, Lestat de Lioncourt est la star ! Comme son compagnon perdu, Louis de Pointe du Lac, il se met à raconter sa vie, sa jeunesse de mortel en France, comment il est devenu vampire avant la Révolution Française, son irrépressible quête d'amour et d'attention, sa rencontre avec les autres vampires comme Armand, Marius de Romanus qui lui révèle le secret de l'origine des vampires, puis sa rencontre avec les premiers vampires : Enkil et Akasha... je n'en dis pas plus !

Je dois avouer que si j'avais aimé le personnage de Lestat dans le premier tome, il m'avait bien moins touché que celui de Louis, contrairement à Louis, il est plus artificiel, il est tout ce que Louis n'est pas et on le remarque dans le ton employé dans ce tome : Lestat nous conte tout de façon légère, moins grave, nostalgique, plus cynique, ironique, même s'il y a des évènements plutôt sombres et émouvants dans le roman, touchants [ le moment où il transforme sa mère, mourante, en vampire ; les relations avec son ami Nicolas de Lenfent, son désespoir lorsqu'il se retrouve transformé en vampire, la folie de Nicolas ], Lestat reste un personnage très intéressant à (re)découvrir, on voit une facette plus humaine de lui, très différente de celle d'Entretien avec un vampire. On a l'impression de lire un autre Lestat : loin du vampire froid et cruel du premier tome, Lestat est plus humain, plus vivant, drôle, cynique, touchant, bien toujours cruel et imbu de sa personne parfois mais fascinant, un peu cinglé sur les bords, mais séducteur, charmeur, charmant, assez solitaire au début, défiant toutes les lois et coutournant toutes les règles... combien de fois dans ma lecture je me disais que ce qu'il faisait n'avait aucun sens, avant de finir par éclater de rire ?

J'ai souvent fait la comparaison entre le Lestat du tome un et celui du second, aussi, car même si Louis laissait planer une ombre de mystère sur Lestat dans Entretien avec un vampire, ce sont deux Lestat différents, à croire qu'Anne Rice a changé d'avis en cours de route, ce qui est assez surprenant, déroutant, même si parfois les sentiments de Lestat dans ce tome se réconcilient quelque peu avec son attitude du premier tome. Anne Rice justifie ce fait que dans le premier tome, Louis était amer face à Lestat et qu'il n'était pas tout à fait honnête dans ses descriptions (pourtant, il m'avait semblé lire dans le tome un un certain regret chez Louis d'avoir été si amer avec Lestat), donc... idée de départ modifiée ou pas ? Parce que là, ça fait passer Louis pour un menteur (et Armand qui perd un peu de son aura, il m'a paru assez cinglé, tordu Armand, même si j'ai découvert un visage de lui heu... intéressant dans ce tome !).

Mais sinon, c'était un très bon tome, même si j'aurais préféré que Lestat nous parle plus de Louis (ouioui, j'aime beaucoup ce personnage, je l'attendais impatiemment, dommage qu'il n'apparaisse qu'à la dernière partie du roman) même si c'est clair qu'on sent que Louis était en quelque sorte le grand amour de Lestat, à quel point ils sont attachés l'un à l'autre, combien ces moments entre Louis et Claudia furent chéris, les sentiments de Lestat à l'égard de ses deux enfants vampires sont touchants. J'ai beaucoup aimé lire l'épopée de Lestat dans le monde des vampires. Il vit pleinement chaque nouvelle expérience, va jusqu'à la provocation pour trouver des réponses à ses questions, à attirer l'attention sur lui, décide de ses propres lois, contourne les règles. Sa vie de mortelle, quoiqu'un peu longue lorsqu'elle est relatée dans le roman, s'avère aussi intéressante que sa vie de vampire. Sa vie en Auvergne, sa fuite à Paris, sa rencontre avec les autres vampires : Armand, le sage Marius, les légendes d'Akasha et Enkil... J'ai beaucoup aimé aussi l'atmosphère qui se dégage de ce tome, comme pour la saga, c'est assez facile d'accès, c'est riche, bien recherché, élégant, expressif, l'écriture correspond bien au style et caractère de Lestat, immortel passionné.

Certes il y a eu des moments un peu... too much (je ne m'attendais absolument pas à voir Lestat star du rock, ça faisait un peu trop pour moi, assez ridicule avant que je ne m'habitue à cette idée), il y a eu des moments creux ou longs, mais pas trop, on reste quand même accroché au livre, à l'histoire, c'est très intéressant, fascinant, on a des personnages charismatiques, chacun a quelque chose à nous offrir, ils nous permettent pour la plupart d'en apprendre un peu plus sur l'origine des vampires, et le récit se tient parfaitement. Certaines zones d'ombres du tome un s'éclaircissent ici, surtout concernant les origines des vampires, et la fin de ce tome donne envie de se (re)plonger dans la suite, La reine des damnés. Vraiment un très bon tome.

Extrait :

'Comment va la légende vivante ?' chuhota-t-il (Louis).
J'entendais clairement son accent français, alors que je n'avais jamais pû entendre le mien.
J'oubliai toutes les phrases hargneuses et maussades que je m'étais proposé de prononcer et je le pris dans mes bras.
Nous nous étreignîmes comme nous ne l'avions jamais fait jadis. Je le serrai contre moi comme j'aurais serré Gabrielle, puis je laissai mes mains courir sur ses cheveux, son visage, le dévorant des yeux comme s'il m'appartenait. Il en faisait autant de son côté. Je le sentais déborder d'affection et d'une fièvreuse satisfaction presque aussi violente que la mienne.

 
Dionysos à San Francisco. 1985.

vendredi 24 juillet 2009

Les chroniques des vampires (T.4) Le voleur de corps - Anne Rice.



Vampire impie, ne croyant ni en Dieu, ni au diable, ivre d'amour et de sensualité, Lestat a été pendant des siècles un prince courtisé dans le monde ténébreux et flamboyant des morts vivants. 

Mais aujourd'hui, à l'aube d'un nouveau millénaire, au cœur des jungles de néons de l'Amérique contemporaine ou dans l'immensité désolée du désert de Gobi, le doute le ronge, une obsession le tenaille : redevenir mortel. Regarder le soleil en face. Regarder la mort en face. 

Impossible ? Peut-être pas... C'est du moins ce que prétend le mystérieux inconnu qui se livre avec lui à un diabolique jeu de cache-cache, Miami à Amsterdam, de la Nouvelle-Orléans aux caraïbes.








J'ai trouvé ce tome un peu par hasard, dans une grande surface, et si ce tome ne faisait pas parti de ceux que je recherchais ou voulais lire, j'ai sauté sur l'occasion, d'autant plus que je savais que Lestat et Louis y apparaissaient, et que ce tome s'inscrivait dans la continuité de La Reine des Damnés que j'avais beaucoup aimé.

Ce tome est quelque peu différent des autres : en effet, ici le grand Lestat, vampire et fier de l'être, commence à se lasser de sa vie vampirique et se laisse emporter dans la nostalgie, en pensant à sa jeunesse de mortel. Après une tentative de suicide ratée, un mystérieux inconnu lui offre la possibilité de redevenir un homme mortel en échangeant son corps contre le sien, et ce, pendant 48 heures. Une proposition que Lestat, malgré les risques et les désapprobations de son ami et enfant-vampire Louis, décide d'accepter. Mais voilà, tout ne se passe pas comme prévu : après s'être émerveillé de se retrouver dans une enveloppe mortelle, Lestat fini par regretter son statut de vampire, et se fatigue bien vite de sa vie de mortel. Il souhaite retrouver son ancien corps, redevenir celui qu'il était, et voilà que ce mystérieux voleur de corps n'a pas l'intention de rendre à Lestat son enveloppe corporelle. Ses amis lui tournant le dos, Lestat ne peut que s'adresser au journaliste mortel, spécialisé dans le paranormal, David Talbot...

Ce tome est franchement différent des autres que j'ai pû lire même si globalement, ce ne fut pas une déception et que j'ai passé un bon moment. Enfin bon, après des perles telles que Entretien avec un vampire et La reine des damnés, je m'attendais à mieux, disons que ça parle un peu moins de vampires, ils sont toujours bien présents mais disons que ça m'a étonnée de voir le fier Lestat las de sa vie vampirique, lui qui aimait être vampire, et le voir fatigué de son être vampirique et regretter sa vie de mortel était surprenant, je n'aurais jamais cru cela de Lestat, c'est clair que c'est une autre facette de Lestat que nous découvrons. Lestat fait comme d'autres vampires avant lui et a du mal à supporter le poids du temps qui passe. Heureusement qu'il se rattrape car un bon Lestat est un Lestat vampire (cela dit je n'ai pas lu le second tome consacré à la vie mortelle et vampirique de Lestat).

Mais sinon, si l'écriture a commencé à perdre de sa superbe, la plume d'Anne Rice reste toujours un délice à retrouver, on plonge au plus profond du psyché de Lestat, de ses démons intérieurs, à un point où l'on s'inquiète pour lui. A travers son regard de vampire, on redécouvre ce qu'est l'être humain. Ce livre est donc l'idéal pour les fans de Lestat, le Brat Prince en personne. Malgré quelques longueurs, l'histoire peut s'avérer captivante, haletante, simple et rafraichissante même si c'est clair qu'on est loin de l'atmosphère des premiers tomes. On a quelques nouveaux personnages (secondaires), on fait mieux connaissance avec David Talbot, journaliste spécialisé dans le paranormal, et on retrouve les anciens personnages (aah Louis... dommage qu'on ne le voit pas souvent). L'idée de ramener Lestat à son état de mortel est originale, bien amenée, parfois comique (d'ailleurs, ce tome est sans aucun doute celui qui est le plus imprégné d'humour), même si j'aurais préféré que Lestat se calme un peu dans sa libido, je vais finir par le voir comme Armand : à chaque tome, il lui faut quelqu'un à aimer.

Sinon... ça parle beaucoup dans ce tome, l'ensemble a tendance à être un tout petit peu bavard, et on a tout à fait le droit d'être réfractaire aux débats théologiques, et la fin est quelque peu... convenue, mais émouvante. Donc si je m'attendais à mieux après les tomes un et trois et que ce tome est largement différent et bavard, ce ne fut pas vraiment une déception, j'ai quand même passé un bon moment.



Extrait :


Chaque inspiration me faisait mal, je clignotais au milieu des flocons de neige qui me volaient dans les yeux et j'étais prisonnier de ce corps inconnu rembourré de poids de plomb et de toile à matelas, et l'air glacé me mordait le visage et les mains.
'Bonté divine, Mojo, soufflai-je dans son oreille rose et douce. Bonté divine, ça y est. Je suis un mortel.'


Chapitre 10.

jeudi 16 juillet 2009

Les chroniques des vampires (T.3) La reine des damnés - Anne Rice.


Quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s'improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l'humanité sa condition de mort vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu'il ne leur dit que la vérité. 

Mais, avec sa "musique à réveiller les morts", Lestat ne s'est pas seulement fait des ennemis parmi ses frères qui le considèrent comme un traître et se sont décidés à le détruire, il a aussi arraché à son sommeil millénaire Akasha, la Mère de tous les vampires, la reine des damnés. Akasha qui ne rêve que de régner à nouveau sur les mortels.

 



Dans ce troisième tome de la saga, Lestat de Lioncourt, vampire, est devenu une star du rock et raconte son passé et sa vie de vampire dans ses chansons, ce qui est loin de plaire à tout le monde, notamment des vampires furieux de découvrir leur secret dévoilé dans les chansons de Lestat, mais tel est bien le cadet de leur soucis puisque, contre toute attente, la musique de Lestat a réveillé de son sommeil comateux la plus terrible et puissante des vampires : la reine Akasha, souveraine des non-morts. Enlevant Lestat, elle projette de le séduire et entend accomplir son projet de renverser la société patriarcale pour dominer sur un monde qu'elle façonnera à sa façon, avec Lestat à ses côtés... stupéfiant Lestat et les autres vampires.

Voilà un tome bien particulier ! Passé la surprise de voir Lestat en star du rock, le style d'Anne Rice, bien que toujours plaisant, est très baroque. Il y a de nombreuses digressions, de nombreux flash-back, une multitude de détails dont on ne voit pas nécessairement l'utilité, des phrases longues et ampoulées... Tout cela rend parfois, il est vrai, la lecture laborieuse et le style lourd. Cela dit, ça reste poétique et envoûtant, sans oublier la petite touche d'humour (par exemple, Armand qui réveille son amant en pleine nuit pour voir comment fonctionne le téléphone !)

Toutefois, elle développe bien les pensées de ses personnages, alternant les points de vue, car ils sont nombreux, nos personnages : Outre Lestat et la terrible et énigmatique Akasha, on y retrouve Louis (trop peu présent à mon goût), Armand, Marius le créateur d'Armand, David du Tamalasca (une organisation qui enquête sur le paranormal), Danielle la mère de Lestat, etc. J'ai beaucoup apprécié revoir Louis et Armand, ainsi que Daniel, le journaliste du premier tome et qui est devenu l'amant d'Armand, et faire la rencontre des personnages que je ne connaissais pas. Mais surtout, quel plaisir de revoir le duo Lestat/Louis, ils n'ont pas perdu de leur complicité et de leurs vieilles habitudes et le souvenir de leur fille Claudia reste bien présent en eux.

Avec sa panoplie de personnages, ce tome se présente un peu comme une sorte de grande réunion familiale où les anciens personnages reviennent et des nouveaux complètent le casting, et tout ce beau monde est aux prises avec leurs problématiques personnelles mais aussi un problème commun, à savoir la menace d'Akasha. Ces personnages nous font nous poser des questions sur eux, leur vie, leur lien avec d'autres personnages. Peut-être cela invite-t-il à d'autres tomes qui leur seront consacrés. J'ai déjà hâte !

J'ai donc aimé le choix d'Anne Rice d'alterner les points de vue, on découvre plein de personnages intéressants, bien que Lestat soit au cœur de l'histoire, nous avons une panoplie de vampires puis quelques mortels. Dans cette histoire, on voit des millénaires d'histoire sous les yeux des personnages. Ce tome doit être l'un des sommets des œuvres de l'auteure : véritable voyage dans le temps de l'Egypte ancienne jusqu'à nos jours, conciles vampiriques, noirceur ambiante, meurtres, scènes d'amour à la façon vampire... parce que violence et amour sont de paire avec le vampirisme.

Ce tome entraîne ses lecteurs jusqu'aux sources même de l'Histoire, afin d'y découvrir les origines de la race des vampires, leurs agissements dans l'Histoire, l'espèce en général. Je dois dire que le travail d'Anne Rice pour faire ces origines des vampires est colossal tant la mythologie qu'elle a crée autour de ses vampires est riche et aboutie, elle regroupe beaucoup de théories et d'histoire sur les vampires. Le sujet avait à peine été effleuré dans le tome 1, ici nous sommes servis et quel bonheur ce fut d'avoir la réponse à nos questions et bien plus.

C'est sans doute l'un des romans les plus réussis d'Anne Rice, l'un de mes préférés. Son style et son imagination m'ont encore emballée des heures durant. Toutefois, aussi prenante l'histoire soit-elle, je déconseillerais ce livre pour découvrir un premier Anne Rice, car le style pourrait alors paraître lourd, lassant, spécial. C'est un texte parfois complexe et développé, un peu plus que les autres romans de l'auteure. 



- Lestat !
- Louis ! fis-je en le singeant.
Je me levai et le hissai sur ses pieds, non pas parce qu'il avait besoin qu'on l'aide, mais parce qu'il restait là, à me résister et à se creuser les méninges pour savoir comment me contrer, ce qui constituait une perte de temps totale.
- Lestat, Marius sera furieux si tu fais ça ! me menaça-t-il, les traits tendus, les pommettes plus saillantes que jamais, ses yeux verts pénétrants, la physionomie brillant d'un feu admirable. La règle fondamentale est...
- Là, tu me mets l'eau à la bouche, Louis
.


jeudi 2 juillet 2009

Les chroniques des vampires (T.7) Merrick - Anne Rice.


Parente pauvre du clan des Mayfair, inssue d'une branche afro-américaine de la famille, descendante des sorcières blanches qu'elle connaissait à peine, Merrick était venue voir, vingt ans plus tôt, le Talamasca, s'aventurant dans la maison mère de Louisiane pour dire : 'J'ai entendu parler de vous et j'ai besoin de votre aide. Je vois des choses. Je sais parler avec les morts.' 

Or justement, aujourd'hui, quelqu'un a désespérément besoin de ce talent particulier : Louis de Pointe du Lac, qui sombre peu à peu dans la folie et la détresse, a appris que le fantôme de sa 'fille', la petite Claudia, ne parvient pas à trouver le repos. Etrangement, la rencontre entre le vampire et la sorcière d'une exceptionnelle beauté prend l'allure d'un coup de foudre. mais leur attirance mutuelle ne risque-t-elle pas de les amener à un dénouement tragique ?





J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture envoûtante d'Anne Rice et ses vampires, mais je dois vous avouer ma frustration... Je ne pensais pas que ses livres seraient si difficiles à trouver ! Ils sont pratiquement introuvables en librairies et les prix sur les sites de vente sont souvent onéreux... Seul tome que j'ai pu trouver en médiathèque, Merrick se présente comme un cross-over avec la saga des vampires et une autre saga de l'auteure sur des sorcières.

Je découvre dans ce tome un personnage nommé David Talbot, vampirisé par Lestat dans un tome précédent, qui, pour aider son "frère de sang" Louis de Pointe du Lac, rencontre la sorcière Merrick du clan des Mayfair qu'il avait déjà connu de sa vie de mortel. Sa requête est la suivante : faire appel au fantôme de Claudia, la petite fille vampire qui fut pendant soixante ans la fille de Louis et Lestat de Lioncourt. En effet, Louis est rongé par le passé et par le souvenir de la petite Claudia. Mais cette demande pourrait risquer d'avoir de fâcheuses conséquences, car faire appel aux morts, qui plus est à un vampire mort, n'est pas sans danger...

Je dois avouer avoir eu quelques moments de confusion puisque je suis passée du tome 1 au tome 7 dans ma lecture, ainsi il y a des personnages et références à des événements des tomes précédents, ainsi j'ai eu quelques moments de confusion et d'égarement. Cela dit, j'ai retrouvé l'écriture de l'auteur si belle, envoûtante, riche, sans vocabulaire complexe. Sa plume est belle, les descriptions sont presque magiques, magnifiques, surtout lorsqu'elle décrit la Nouvelle-Orléans, elle donne à ce lieu une atmosphère particulière et attirante.

J'aime vraiment le style de l'auteur qui m'a transporté tout au long du roman, bien que l'intrigue mette du temps à se mettre en place, le vrai point du roman arrive assez tard dans le récit et l'histoire met du temps à décoller. C'est vraiment les derniers chapitres qui m'ont accroché, à savoir la rencontre entre Louis et Merrick, la communication avec les fantômes, l'éveil de Lestat, les états d'âme de Louis, ainsi que d'autres scènes que je ne dévoilerais pas afin de ne pas spoiler.

Mais ce fut un véritable bonheur de retrouver les personnages du tome un comme Louis mon préféré, qu'on voit moins souvent ainsi que le trio Lestat/Louis/Claudia [ bien que Lestat soit affreusement absent et ne revient qu'à la fin et que Claudia soit revenue en fantôme, ou plutôt une version cruelle d'un esprit ressemblant à Claudia ]. On suit également David Talbot qui se révèle être un narrateur plutôt intéressant. 
Il a une vision assez spéciale de certaines choses, ce qui apporte une certaine originalité à l'histoire, mais qu'est-ce qu'il peut radoter parfois ! Concernant Merrick, je suis mitigée. Elle a un côté fascinant mais certaines de ses actions m'ont déplu [ comme manipuler Louis et/ou David, hypnotiser Louis pour être changée en vampire, jouer avec les sentiments de Louis puis préférer David ], mais je ne me fais guère d'opinion sur elle, elle ne m'a pas spécialement marquée mais je dois avouer que le mélange de l'univers des Sorcières Mayfair et des Chroniques des vampires était réussi, cette présence de magie, de surnaturel, d'appel au fantôme, ce voyage dans l'univers des vampires dans la Nouvelle-Orléans... mais je dois dire que ce qui fut le plus intéressant à découvrir était [ la métamorphose de Louis. En buvant le sang de trois vampires dont celui de Lestat qui est vieux et puissant, Louis devient un vampire plus fort, plus puissant et c'est une nouvelle évolution dont on ne sait rien à part que Louis perdra peut-être une partie de son humanité. Mais ce moment-là, l'auteur nous laisse l'imaginer, tout comme les retrouvailles de Louis et Lestat, dommage, dommage... ] Mais ce fut une lecture franchement très sympathique !



 
Je pensai à l'immense amour que j'éprouvais pour Louis depuis que j'étais devenu le novice de Lestat. Je me sentais profondément dépendant de sa présence, j'étais prêt à tout pour lui. Par moments, Lestat et Armand eux-mêmes avaient été handicapés par les sentiments qu'il leur inspirait. Louis n'avait nul besoin de prendre conscience de sa propre beauté, de son charme évident, tellement naturel.

mercredi 27 mai 2009

Les chroniques des vampires (T.1) Entretien avec un vampire - Anne Rice.

 


De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. 


Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire.








Il était temps que je commence à parler d’Anne Rice sur ce blog !

Entretien avec un vampire ne faisait pourtant pas partie de mes projets de lecture, jusqu’à ce que je visionne le film en version originale et, de fil en aiguille, roman comme film sont vite devenus de véritables coups de cœur ! (moi qui ne m’intéressais pas à Tom Cruise… il fait un merveilleux Lestat et m’a amusé autant qu’il m’a enchanté)

 

Livre reçu lundi, dévoré la journée même, installée confortablement dans mon lit, avec Apocalyptica et Mylène Farmer dans les oreilles, à lire attentivement le récit de Louis, sa vie de vampire, les belles descriptions, les personnages... c'était une lecture dont je ne suis pas sortie indemne, ce livre m'a vraiment marqué. Avec Anne Rice, j'ai eu envie de lire d’autres récits sur des vampires, d’écouter la bande-originale du film, de relire Dracula, de découvrir la Nouvelle-Orléans, de revoir Paris, de retrouver Louis, Lestat, Armand... et vouloir me replonger dans ce roman pour mieux savourer ma lecture, prendre mon temps cette fois-ci, m'arrêter sur des paragraphes, me laisser emporter par les mots…

 

Mais, Entretien avec un vampire, qu’est-ce que ça raconte ?

 

Tout commence dans une chambre d’hôtel, à San Francisco. Un journaliste a été convié à écouter l’histoire d’un étrange individu. Sous le magnétophone, il va lui confier une histoire à la fois incroyable et étrange qui est l'histoire de sa vie ; vie qui n'a rien de si banale car l'individu en question de révèle être un vampire depuis plus de 200 ans ! C’est l’histoire de Louis de Pointe du Lac et tout commença en 1791, alors qu’il était encore humain, patron d’une plantation à la Nouvelle-Orléans, fils aîné d'une famille française ayant immigré dans le nouveau monde. Une vie paisible, normale, jusqu’à ce que la mort accidentelle de Paul, le jeune frère de Louis, ne fasse tout basculer. 

 


Anne Rice

Louis sombre dans la dépression, recherche la mort sans avoir le courage de se la donner lui-même, jusqu’à un beau soir… où il se fit attaquer par un vampire, Lestat de Lioncourt, qui lui propose, comme alternative à sa vie, de devenir un immortel et son compagnon. Louis vit alors une vie de faste et de luxure, régie par des chasses à l’homme nocturnes, mais Louis ne parvient pas à s’habituer à sa nouvelle vie de vampire, devant tuer pour survivre, et rejette Lestat qu’il exècre autant qu’il le fascine. Afin de ne pas le perdre et voyant à quel point Claudia, une petite fille orpheline, le touche profondément, Lestat décide d’en faire une immortelle et de la recueillir comme sa fille, proposant à Louis de l’élever avec lui… Commence ainsi la vie de cette étrange petite famille de vampire, mais Claudia grandit… et en vient à détester ce corps de jolie petite poupée quand elle désire plus que tout être une femme, et ne décide de se rebeller contre son créateur… 

 


Entretien avec un vampire, en quelques mots...

Un livre envoûtant, captivant, dérangeant et déroutant.

Je suis tombée sous le charme de la plume d’Anne Rice, ses vampires et leur univers.

 

Anne Rice a su renouveler le vampire, tout en gardant certains codes (le sang comme substance de vie, le cercueil, la nuit, la beauté). Des êtres tourmentés, parfois monstrueux, indifférents à l’ail et aux crucifix. Pourtant, on en sait si peu sur ces vampires et leur univers… Louis étant un nouveau-né dans le monde de la nuit, et son maître vampire étant avare en information, choisissant l’ignorance pour garder son emprise sur Louis, car Louis a beaucoup de mal à s’adapter à sa nouvelle condition, s’harmonier avec sa nouvelle nature de vampire.

 

Louis reste mon personnage préféré dans ce tome. C’est un individu qui ressent les choses si profondément, il est le plus humain de tous les vampires. Il a une telle capacité à souffrir, à ressentir qu'on ne peut s'empêcher d'être touché. Si certains lecteurs se sont lassés ou agacés de ses lamentations, ce ne fut pas le cas pour moi. Louis a une telle profondeur psychologique, des principes moraux qu'il a du mal à suivre avec sa transformation en tant que vampire qui est loin d'entraîner chez lui un changement fixe et stable, tout se fait progressivement, petit à petit. Il va garder longtemps ses principes, ses croyances, sa foi en Dieu si forte, ce qui l'empêchera de vraiment bien plonger dans le monde des vampires, pendant longtemps il sent sur lui le poids de la culpabilité à chaque fois qu'il doit tuer pour se nourrir, et quel sentiment horrible que celui de la faim, la soif de sang qui dévore l'intérieur et consume l'être, c'est une évolution douloureuse de la psychologie que celle de Louis. Et quand enfin il quitte ce stade de culpabilité, c'est pour en rencontrer d'autres. L'existence de Louis est passionnée, mouvementée, violente, brillante, désespérée.

 

J'ai aimé suivre ce jeune homme, ce vampire troublé, humain. Isolé des autres humains depuis sa transformation, vivant avec Lestat, son maître vampire avec qui il aura des relations conflictuelles, ils n'ont pas la même vision du monde, c'est un couple étrange, il y a beaucoup d'ambiguïté. Louis ressent beaucoup de sentiments contradictoires pour Lestat, entre la haine et l’amour, le respect et le dégoût, et Lestat lui-même se fait l’auteur de gestes contradictoires. J'attends de lire le second tome, Lestat le vampire pour mieux comprendre ce personnage intriguant.



Lestat, Claudia et Louis, ou telle que je l'appelle "The Unholy family"
imaginés par Emily sur Tumblr


 

Louis va évoluer dans un monde troublant, sombre, inquiétant, choquant, sensuel et tisser des liens profonds avec les personnages qu’il rencontre : 

 

Lestat, son maître vampire et compagnon dans l’au-delà avec qui il nourrit des sentiments entre amour et haine ; un personnage complexe, vile, joueur, égoïste, cruel, mystérieux... qui dévoile peu à peu ses faiblesses et qui parvient à nous attendrir, malgré tout.

 

Armand, vampire de 400 ans que Louis rencontrera à Paris, gérant le Théâtre des Vampires, où une troupe de vampires s’amuse à se donner en spectacle devant les mortels, et qui éprouvera pour Louis un désir brûlant ; un personnage intriguant, qui va beaucoup apporter à Louis, il m'a beaucoup plu et j'espère en apprendre plus sur lui dans la saga.

 

Claudia, l’enfant vampire, qui éprouve pour Louis des sentiments… troublants, je ne saurais définir exactement cette relation, il y a quelque chose de pervers dans le sens où Claudia l’appelle “son amant” et semble l’aimer plus que comme simple figure paternelle, mais en même temps une affection paternelle, comme un père avec sa fille… c’est une relation des plus ambigües, une relation à la fois père-fille et amant-amante. On ne peut qu'éprouver fascination pour ce personnage. Une vampire redoutable coincée dans un corps de petite fille. Elle mûrit, mais souffre de ne pouvoir connaître les plaisirs adultes.



Un roman de vampires donc, mais pas que... puisque, à travers ses personnages, Anne Rice nous montre les affres de l'âme humaine, la souffrance, la fascination, la perversion, la repentance, mais aussi la quête des origines : qui suis-je ? d'où je viens ? où je vais ? Elle redonne un second souffle à ses vampires. Ils ne sont pas seulement des monstres sanguinaires, mais des personnes à part entière, aux prises avec leurs tourments. Chaque personnage a une psychologie profonde et fascinante.

 

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman, il fait partie de ceux qui m’ont fait vibrer. Il m’a emmené dans un univers à la fois sombre, fascinant, terrifiant mais terriblement attirant et émouvant. Il me tarde que la période du baccalauréat s'achève afin que je puisse continuer sur ma lancée !






Image tirée du film (Neil Jordan, 1994) avec
Brad Pitt dans le rôle de Louis et Tom Cruise dans celui de Lestat





Quand il (Lestat) eut rattrapé l'esclave, il le bâillonna, l'immobilisa et dégagea son cou.
- Allez-y, me dit-il. Vous ne pouvez plus revenir en arrière.
J'obéis, révulsé et impuissant. Je m'agenouillai près de l'homme qui se débattait, plié en deux, et, me cramponnant des deux mains à ses épaules, enfonçait dans son cou mes dents, qui ne faisaient que commencer leur transformation. Je dus déchirer la chair, au lieu de la percer ; mais, la blessure ouverte, le sang coula, et, quand je fus soudé à son cou, que je commençai à boire..., tout le reste disparut.


Première partie.