Affichage des articles dont le libellé est Genre : Roman épistolaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Genre : Roman épistolaire. Afficher tous les articles

samedi 31 mai 2025

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.



Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? 

Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». 

De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...



Ceci est la chronique inutile pour un roman qui a été relu et chroniqué des milliers de fois depuis sa sortie. Je n’aurais pas grand-chose à dire qui n’ait déjà été dit par de nombreux lecteurs, mais il était temps que je dépoussière ce roman qui dormait sur mes étagères depuis au moins 2010. Après tout, le ménage de printemps concerne aussi nos PAL !



Sous ce titre très original se cache une histoire qui parle de livres, d’amitié, de Seconde Guerre Mondiale, et d’une charmante île du nom de Guernesey.



Juliet Ashton est une écrivaine londonienne à la recherche d'un sujet pour son prochain livre. Par une heureuse coïncidence, elle reçoit une lettre d’un dénommé Dawsey Adams, habitant de l’île de Guernesey, qui a trouvé un livre ayant autrefois appartenu à Juliet. Il a tant aimé le livre qu’il souhaite en apprendre plus sur la vie et les autres œuvres de l’auteur, ce que Juliet fait avec joie. S’ensuit alors un échange de lettres entre Juliet et Dawsey, où Juliet apprend l’existence d’un cercle littéraire au nom bien original qui s’est crée de façon inattendue pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est en cherchant à en apprendre plus sur l’histoire de ce cercle et de ses membres que Juliet sera amenée à correspondre et à se lier avec chacun d’entre eux…



Il y a plusieurs aspects que j’ai aimé dans ce roman. Déjà le côté épistolaire qui, s’il peut faire fuir certains lecteurs, a ici son charme et nous permet de faire connaissance avec chaque personnage. Les lettres se suivent mais ne se ressemblent pas, les sujets se répondent et rebondissent les uns sur les autres, pour former peu à peu une construction cohérente. L’histoire va à son rythme tranquille, sans pour autant être long. Il prend le temps de se poser et de nous introduire chaque personnage avec fluidité.



Ensuite, on a le contexte historique (et vous connaissez mon goût pour l’Histoire), nous sommes sur une île anglo-normande au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, et le roman pose à la fois de contexte d’après-guerre avec la reconstruction aussi bien psychologique que matérielle, mais aussi le contexte de la guerre car nos personnages reviendront sans cesse sur leurs souvenirs de la guerre et notamment l’occupation allemande de leur île et ce que ça a engendré (les restrictions alimentaires, le couvre-feu, les relations amoureuses avec des soldats allemands, l’évacuation des enfants, la position du Royaume-Uni concernant Guernesey, etc).



J’ai été charmée par l’atmosphère conviviale et bucolique de Guernesey et la chaleur de ses habitants dont j’ai aimé faire la connaissance. Ils ne sont pas seulement des gens habitant un lieu, ils forment une véritable communauté, notamment nos chers membres du cercle littéraire qui sont plus que des voisins et des amis, c’est une famille unie. On ne peut qu’être sensible à la solidarité qui règne entre eux, ainsi qu’aux épreuves qu’ils ont vécues, les proches qu’ils ont perdus, les joies et les drames qu’ils ont partagés. Le caractère de chacun s'affine au fil des lettres et on s’attache petit à petit à eux au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître au fil de leurs lettres, à l’image de notre protagoniste Juliet. J’ai également beaucoup aimé les liens qui se sont tissés entre Juliet et les différents membres du cercle littéraire, et comment elle a été accueillie, d’abord à travers ses lettres, puis lors de son arrivée à Guernesey. On a aussi une romance qui s’installe, certes prévisible mais plutôt mignonne.



Malgré certains sujets graves évoqués au fil de l’histoire (disparition de proches, les camps de concentration, bombardements, etc), il se dégage du récit de la solidarité et de l’optimisme face à l’adversité et l’espoir dans la reconstruction et vers l’avenir. C’est un roman qui traite avec sensibilité et bienveillance à de nombreux thèmes variés autour de l’Histoire, les relations humaines, l’entraide, la reconstruction (de soi comme du foyer) mais aussi sur les bienfaits de la lecture. J’ignore si l’expression « feel good historique existe » mais, comme l’a déjà dit une lectrice sur Babelio, je trouve que ça correspond bien à ce roman. En outre, ce fut une jolie découverte !



Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas.

vendredi 21 mars 2025

Sherlock Holmes et le complot de Mayerling - Nicole Boeglin.



En cet hiver 1889, une jeune femme se présente au 221B Baker Street. La dame de compagnie de l'impératrice Sissi vient, dans la plus grande discrétion, requérir l'aide de Sherlock Holmes. En effet, le fils de l'impératrice a été retrouvé mort dans le pavillon de chasse de la propriété de Mayerling. L'enquête officielle a conclu au suicide. Un peu vite. Holmes et Watson découvrent rapidement des indices pour le moins suspects.

Qui est cette jeune femme retrouvée morte aux côtés du prince et que l'on a enterrée en secret ? Et pourquoi un tableau a-t-il été volé au moment du meurtre ? La mort du prince n'est que la partie émergée d'une vaste affaire. Sherlock va devoir faire appel à toutes ses capacités de déduction pour en démêler les fils...




Ce roman me laisse une impression plus que mitigée…


Pourtant, il avait tout pour me plaire ! Sherlock HolmesSissi, la tragique histoire de Rodolphe de Habsbourg, un polar historique sur l’une des affaires les plus passionnantes et les plus mystérieuses de la fin du XIXe siècle. Tous les ingrédients étaient là, et j’ai commencé ma lecture avec beaucoup d’enthousiasme.


Il faut dire que c’est une affaire encore non élucidée à ce jour, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis 1889. Que s’est-il passé ? Le prince héritier Rodolphe s’est-il réellement suicidé après avoir tué sa jeune maîtresse ? Pour quelle raison ? Sa dépression ou la maladie incurable dont il était atteint ? Ou bien s’agit-il d’un assassinat politique déguisé en suicide ? Plusieurs théories vont se succéder au fil des ans, sans qu’aucune ne soit totalement avérée, d'autant plus que l'enquête a été bâclée et que de nombreuses preuves ont disparu, voire ont été volontairement détruites comme la scène du crime. Avec un tel mystère, pas étonnant que la fiction s’en soit emparée, et pour mon plus grand plaisir !


J’ai retrouvé avec plaisir Holmes et Watson qui sont plutôt fidèles à ceux écrits par Doyle. Je n’aurais pas été contre un Watson plus dans l’action et un petit moins long à la détente, surtout sur des choses qui ont semblé évidentes même à la modeste lectrice que je suis, même si tel est le rôle de Watson. À l’instar du canon, il est perdu, pose de nombreuses questions à Holmes pour nous permettre de mieux comprendre les aboutissants de l’intrigue. Je dois aussi avouer avoir été déconcertée de voir Watson appeler et désigner Holmes par son prénom, chose qu’il n’a jamais faite dans le canon. Vous me direz, je chipote pour un petit détail mais c’est un détail qui a son importance pour moi.


Toutefois, j’ai pris plaisir à suivre Holmes et Watson qui, depuis ma toute première lecture de SH, sont comme des compagnons qui m’accompagnent depuis longtemps et que je prends plaisir à retrouver. J’ai ainsi aimé les suivre dans une nouvelle enquête. Étant fan de l’histoire de Sissi, des Habsbourg et la tragédie de Mayerling, l’enquête ne pouvait que me plaire. Si le récit peut s’alourdir en nous présentant tout l’arbre généalogique des Habsbourg et de voir apparaître plusieurs noms de cette illustre famille et les liens entre eux, ça n’a pas gâché mon plaisir puisque j’étais déjà, de base, très intéressée par tout ça. Sans être une spécialiste, je peux toutefois affirmer que l’auteure s’est basée sur de solides sources et a su reconstituer fidèlement le cadre familial mais aussi socio-politique de l’époque et se réapproprier ces éléments, notamment dans le cadre de l’enquête (l’affaire demeurant irrésolue à ce jour).


J’ai aimé le cadre socio-politique qui se dévoile au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Un jeune prince libéral qui critique la politique conservatrice de son père, des relations fragiles entre l’empire autrichien et le jeune empire germanique qui gagne en puissance, une alliance fragile entre l’Autriche et la Hongrie, sans compter les tensions et secrets au sein de la grande famille des Habsbourg. L’auteure a su nous repeindre fidèlement le portrait du prince Rodolphe, et on en apprend davantage sur lui, ses engagements, son passé difficiles, etc. En bref, je n’ai pas boudé mon plaisir, bien au contraire ! La plume de l’auteure est fluide et on ne peut que féliciter son travail de documentation parfaitement élaboré.


Puis, en plein milieu de roman, nous sommes propulsés dans les années 1990 à suivre la correspondance entre deux jeunes femmes, Tania et Lily, qui enquêtent elles-aussi sur l’affaire Mayerling [spoiler] on apprendra d’ailleurs que l’une est une descendante des Habsbourg et l’autre une descendante d’Irène Adler ; je n’ai pas compris l’intérêt que Tania soit une Adler, comme ça ne sert strictement pas à l’intrigue [/spoiler]. J’ai eu du mal à m’habituer à ce changement de ton soudain puisque le récit se fait plus contemporain et surtout épistolaire. Non pas que les romans épistolaires me déplaisent mais le changement de style m’a dérouté. Surtout, je ne comprends pas ce choix. Pourquoi, dans les années 90, nos deux protagonistes n’auraient pas utilisé le téléphone pour échanger des informations censées être importantes et urgentes concernant leur enquête ? D’autant que certaines lettres faisaient juste du remplissage (par exemple, nous avons une lettre de deux lignes où Machine dit à Trucmuche qu’elle va se promener. C’est tout).


Au cours de leur enquête, l’une sera accompagnée par un journaliste dont nous ignorons l’identité réelle mais qui a des capacités de déduction et une intelligence semblables à celles de Holmes ainsi que des yeux gris… Nous n’avons pas de nom mais on peut imaginer qui était son ancêtre.


Je dois avouer avoir un peu décroché pendant cette seconde partie dont le rythme de lecture a été plus lent. Cette partie n’est pas dénué de qualités et elle se laissait lire bien volontiers mais avec moins d’enthousiasme de mon côté.


Je n’ai réussi à avoir un regain d’intérêt que lorsque nous repartons sur le récit de Watson. J’ai trouvé la résolution de l’enquête (la véritable nature de la mort du prince héritier) et les raisons du silence de Holmes et Watson sur cette affaire plutôt crédibles, le méchant un peu moins [spoiler] le fait de faire de Moriarty un prince de la famille des Habsbourg m’est plus risible qu’autre chose, et que son descendant veuille poursuivre sa vengeance, alors que l’empire austro-hongrois n’est plus et les Habsbourg ayant perdu leur puissance et influence d’antan, pas franchement crédible [/spoiler]. Je dois cependant avouer avoir été frustrée par la fin qui n’en est pas vraiment une pour moi puisqu’elle nous laisse sur un cliffhanger, et je suis laissée frustrée et sur ma faim. Peut-être aura-t-on droit à une suite… Mais si elle se penchera surtout sur Tania et Lily, sans Holmes et Watson, je pense que je passerai ma route…


En conclusion, malgré des ingrédients prometteurs (une enquête historique, plusieurs personnages historiques et notamment présence de Sissi et Franz, la présence de Mycroft, etc), l’ensemble du roman peine à convaincre et me laisse donc un avis mitigé.


L'année 1889 fut chargée. Elle le fut tout particulièrement en cette fin du mois de janvier. J'avais promis à mon ami Sherlock Holmes que tout ce que j'allais écrire sur cette affaire le serait dans le plus grand secret, et que mon récit ne serait jamais publié de notre vivant. Car cette histoire pourrait semer le chaos et la consternation dans les plus hautes sphères de la société, et surtout, mettre l'Europe à feu et à sang. Je n'ai nul besoin de préciser qu'une semblable indiscrétion est impensable et que ces archives seront soigneusement dissimulées. Le monde n'est pas encore prêt.

jeudi 9 décembre 2010

Inconnu à cette adresse - Kathrine Kressman Taylor.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/InconnuaCetteAdresse.jpg
L'auteur :
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/KKTaylor.jpg

Kathrine Kressman Taylor (1903 - 14 juillet 1996/97) est une auteur américaine, surtout connue pour son court roman Address Unknown/Inconnu à cette adresse, écrite à l'aube de la seconde guerre mondiale, afin d'avertir les Américains du danger du Nazisme qui se propageait alors...

/ ! \ Challenge Histoire / ! \




Quatrième de couverture :

Mon cher Max... Mon cher Martin...
Du 12 novembre 1932 au 18 mars 1934, entre l'Allemagne et les Etats-Unis, deux amis s'écrivent. Max, l'Américain, parle de sa solitude depuis le départ de son ami ; Martin, l'Allemand, lui raconte sa nouvelle vie dans une Allemagne qu'il peine à reconnaître tant elle est défigurée par la misère. Au fil des lettres, inexorablement, Martin et Max s'éloignent l'un de l'autre. D'autant que Max est juif...


Mon avis :

J'avais une heure à tuer, alors j'en ai profité pour lire ce petit livre emprunté juste hier à la médiathèque, livre qui était dans ma Wish-List et qui pourra aussi s'ajouter au Challenge Histoire où je participe.

C'est l'histoire de Martin Schulse, allemand, et Max Eisenstein, juif américain, deux galeristes associés aux Etats-Unis, mais plus encore, ils sont amis, et ils sont comme des frères, une grande affection les lie tous les deux. Cette amitié vit encore à travers des lettres échangées entre l'Europe et l'Amérique lorsque Martin retourne vivre dans sa patrie avec sa famille. Une patrie qu'il a bien du mal à reconnaître tant la Grande Guerre changea l'Europe. Le peuple allemand est perdu, désespéré et a besoin de quelqu'un qui lui tend la main pour la secourir. Et il y a justement cet Adolf Hitler, nommé au pouvoir, qui enflamme et captive les foules... Si Martin se méfie d'abord de cet homme, il souhaite avant tout que son cher pays se redresse et que le peuple retrouve son moral, ainsi approuve-t-il le choix de ce Hitler de redresser le pays. Mais Max s'inquiète, les nouvelles d'Allemagne et de cet Hitler à travers les informations ne rassurent guère Max, surtout quand, dans les lettres de son ami, il sent un changement s'opérer... et même l'amitié ne pourra sauver leur lien, car Martin change pour ne plus être le frère que Max aimait...

Ce livre est court, il se finit en une heure à peine. Je me demandais ce que j'allais trouver, au début je croyais que c'était deux adolescents qui s'envoyaient des lettres. Que nenni ! J'aurais du mieux regarder la couverture xD Par le résumé, je m'attendais à un texte du même style que L'ami Retrouvé, et même si je préfère le roman de Fred Uhlman, je dois avouer que celui-ci n'était pas mal non plus. Un peu trop court, c'est vrai, j'aurais aimé qu'il soit plus développé, plus long, qu'on en sache plus sur les deux amis (leur rencontre par exemple, leur vie en tant que galeristes avant le départ en Allemagne de Martin), un peu plus d'informations sur la situation de l'Allemagne au moment de la montée du Nazisme au pouvoir, et ce qu'en pensent les Etats-Unis. J'aurais donc aimé que ce soit un peu plus etoffé.

Mais d'un côté, ce style net, clair et tranchant nous fait couper le souffle. Le changement 'psychologique' de Martin se fait de façon un peu brutale. Certes, il se méfiait d'Hitler au début mais il ne voulait que le bien du pays à l'agonie après la Première Guerre Mondiale, désespéré, perdus et il pensait qu'Hitler pouvait redresser le pays car ses discours enflammaient le peuple, il était acclamé. Malgrè sa méfiance et son doute (car le désespoir nous fait parfois faire des choses inconsidérées et la bêtise est humaine), il finissait par prendre les émeutes dans les rues sur les magasins juifs par l'exubérance d'une foule qui s'enflammait. Mais il a finit par 'tomber dans le piège' lui-aussi car il a finit par adhérer aux idéologies d'Hitler, à l'antisémistisme régnant, il a fait ce qu'un bon nombre (et c'est un euphémisme) d'Allemands ont fait à cette époque. Ce qui est la preuve qu'Hitler, bien qu'étant un beau sal**, était un orateur remarquable car il a sû captiver son audience et les convaincre de ses idées (et comme quoi, six mois de cours de rhétorique, ça s'en va pas facilement...).

On remarque ce changement dans les lettres. Les signatures 'Affectueusement / De tout coeur à toi / Souvenir affectueux' deviennent 'Martin' tout court ou encore 'Cordialement'. Ce changement inquiète Max, la chaleur de l'amitié s'en va peu à peu et pour Martin, Max n'est plus qu'un Juif, et un sentimental lorsque Max tente de maintenir le contact, de lui assurer que ce 'changement' n'est que témporaire. Les lettres de Martin deviennent froides, un peu moqueuses, cruelles (surtout quand il est question de la soeur de Max, là où j'ai eu mal au coeur) et je comprends bien le fait que Max se soit vengé. Les lettres s'arrêtent brusquement en 1934, avec Max [ a-t-il réussi sa vengeance ? Si oui, Martin en est-il mort car les 'fausses' lettres de Max laissaient penser aux autorités allemandes que Martin sympathisait avec l'ennemi et il avait déjà reçu des avertissements... l'auteur nous laisse imaginer, je pense ], la fin d'une amitié déchue, causée par l'antisémitisme et de ce qu'a pu causer le nazisme.

Un texte court, que j'aurais aimé plus ellaboré, mais qui va droit au coeur. En quelques pages à peine, un concentré d'émotion. Je n'ai pas été vraiment déçue, j'ai été contente de découvrir ce petit texte.

Extrait :

Une force vive. Les gens se sentent stimulés, on s'en rend compte en marchant dans les rues, en entrant dans les magasins. Ils se sont débarrassés de leur désespoir comme on enlève un vieux manteau. Ils n'ont plus honte, ils croient de nouveau à l'avenir. Peut-être va-t-on trouver un moyen pour mettre fin à la misère. Quelque chose -j'ignore quoi - va se produire. On a trouvé un Guide ! Pourtant, prudent, je me dis tout va : où cela va-t-il nous mener ? Vaincre le désespoir nous engage souvent dans des directions insensées.
Lettre de Martin Schulse à Martin Eisenstein, datée du 25 mars 1933.

dimanche 22 mars 2009

Les Liaisons Dangereuses - Choderlos de Laclos.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LesLiaisonsDangereuses.jpg
L'auteur :
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/laclos.jpg

Choderlos de Laclos, (18 octobre 1741 - 5 septembre 1803), était un écrivain et officier militaire français, ce qui fit de lui un cas unique dans la littérature française. Il a été longtemps considéré comme un écrivain scandaleux. Son but a toujours été de "faire un ouvrage qui sortît la route ordinaire, qui fît du bruit, et qui retentît encore sur la terre quand [j'y] aurais passé". But accomplit avec succès d'ailleurs, avec ses Liaisons Dangereuses.

Lecture en ligne ici.

Quatrième de couverture : 
La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l'apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d'une infidélité qui lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s'est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la "petite Volanges" et le jeune Danceny.

Mon avis : 
Encore un autre bon livre que je découvre grâce au programme d'études. Je devais lire ce livre pour mon programme de Terminale L, au début j'ai été découragée par le nombre de pages à lire et j'étais sûre que ce livre allait m'ennuyer. Mon Dieu, comme j'ai eu toooord, mais pour cette fois, j'étais bien contente d'avoir tord ! Ce livre... est tout bonnement formidable ! Un vrai monstre ! Un chef-d'oeuvre de la littérature française ! Je suis tombée sous le charme et ne suis pas sortie indemne de cette lecture.

Alors, qu'est-ce que ça raconte ? En fait, Mme de Merteuil et le Vicomte de Valmont s'évertuent à un jeu autant sensuel que sardonique : ils n'ont pour but que de se servir du mal pour en extirper le plaisir. Alors qu'ils étaient amants, le couple décide de sceller un pacte : leur union étant trop fusionnelle, ils ont décidé que le but ultime de leur existence serait de chercher le plaisir là où il y en a. Voilà donc comment tout a commencé. Les deux amants enchaînent les conquêtes sexuelles et crient leur victoire. Mme de Merteuil est vue comme une femme respectable au yeux de la société tandis que le Vicomte possède une bien mauvaise réputation. Un jour Valmont se met en tête de séduire la jeune présidente de Tourvel qui est mariée et revendique sa fidélité éternelle à son mari. Valmont voit là une victoire, certes difficile à gagner mais complète. C'est pourquoi aux dépends de Mme de Merteuil, il va séjourner chez sa tante où la jeune présidente logera pendant quelques temps. De son côté, Mme de Merteuil tente de détruire le bonheur de l'homme qu'elle avait aimé durant des années et qui a l'a quitté avec l'intention d'épouser Cécile de Volanges, jeune fille à peine sortie du couvent par sa mère pour se marier à cet homme qu'elle ne connaît pas. La Marquise de Merteuil charge alors Valmont, qui refuse dans un premier temps, de pervertir Cécile avant ses noces et ensuite fait en sorte que la jeune fille tombe amoureuse de son professeur de son piano, le chevalier Danceny. Alors que le temps passe, les choses changent jusqu'à ce qu'une lutte acharnée s'engage entre Valmont et Mme de Merteuil, conduisant à la mort de certains, et détruisant le bonheur des autres ...

Mais bon sang, comment ai-je pû vivre tout ce temps sans connaître ce fabuleux roman ?? Et l'adaptation filmique est admirable ! Et le livre... le livre..., j'ai vraiment adoré et le style épistolaire ne m'a pas tellement gênée (bien que je suis d'accord que ça peut ennuyer et gêner, je trouve que l'histoire aurait été aussi belle si elle avait été écrite sous forme de roman avec des dialogues, mais l'auteur a choisi cette façon et ça ne m'a pas trop gênée).

Come back to the book. C'est un grand classique, bien-sûr, et chacun ses goûts. Mais j'ai bien aimé, surtout cette ambiance du XVIIIéme siècle. J'ai accroché (c'est surtout grâce au film xD personnellement, je craque devant l'acteur qui joue Valmont, il a fait du bon travail ^.^ ) Tout comme Laclos bien-sûr, j'imagine bien tout le temps et tout le travail qu'il a fallu à l'auteur pour écrire ce roman, mais il a fait un travail extraordinaire sur le livre, pour chaque détail. L'intrigue : rien à redire, c'était très bien. On a ce sentiment de tragédie, de fatalité d'une certaine manière. Et Laclos a vraiment fait un travail admirable sur les personnages. Un très bon choix de personnages. Avec la sage et démoniaque Mme de Merteuil, le beau et dur Valmont, la tendre Mme de Tourvel, ainsi que les autres... en bref, j'ai beaucoup aimé ! Une lecture inoubliable, mon gros coup de coeur de cette année !



Image tirée du film de Stephen Frears (1988), avec John Malkovich dans le rôle de Valmont, et Glenn Close dans le rôle de Mme de Merteuil. Un film grandiose aux trois Oscars, très fidèle au roman, que je conseille vivement !

Extrait :



“J'espère qu'on me comptera pour quelque chose l'aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n'était rien, que d'enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d'en user ensuite tant qu'on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d'embarras ; d'en obtenir ce qu'on n'ose pas même exiger de toutes les filles dont c'est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour... En sorte qu'après ma fantaisie passée, je la remettrai entre les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu'elle se soit aperçue de rien. ”

dimanche 14 décembre 2008

Dracula - Bram Stoker.


Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. 

Malgré  la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les porte de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... 

Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...




C'est suite au visionnage du film de Francis Ford Coppola que j'ai eu envie de découvrir le livre, et donc de me plonger pour la première fois dans la littérature vampirique. Je voulais découvrir la « véritable » histoire de Dracula, entendons par là le roman original de Bram Stoker, qui s’est lui-même inspiré des légendes et de l'histoire de Vald Tepes. Dracula étant la figure du vampire par excellence, je ne pouvais pas passer à côté.


L'histoire de Dracula commence par le voyage de Jonathan Harker, un jeune clerc anglais, fiancé et plein d'avenir, en Transylvanie. Il doit se rendre chez un hôte bien mystérieux, le comte Dracula, pour mener à bien la vente d'une vieille demeure d'Angleterre. Jonathan découvre à son arrivée dans les Carpates un pays pour le moins mystérieux et sauvage, aux forêts ténébreuses, aux montagnes menaçantes, à cette nature indomptée peuplée de loups, un pays où les habitants se signent au nom de Dracula. Tout prête à croire que le terreur règne autour du comte Dracula, et l'on conjure Jonathan de ne pas s'aventurer au château.



Jonathan fait oreille sourde aux avertissements des paysans et décide de continuer la mission qui lui a été confiée. Pourtant, malgré la courtoisie et la bienveillance de son hôte, Jonathan ne peut s'empêcher d'éprouver des doutes de plus en plus grandissants envers ce comte qui semble se rendre maître des loups, qui contrôle son courrier, qui verrouille les portes du château, qui semble être le seul habitant de la demeure, qui n'apparaît jamais le jour, qui se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur, qui ne se reflète pas dans les miroirs, qui ne semble pas se nourrir… Tous ces éléments qui amènent Jonathan à découvrir l'évidence terrible qui fait qu'il est prisonnier de ce château et d'un homme qui ne semble ne pas faire parti du commun des mortels...



De son côté, en Angleterre, Mina Murray est loin de se douter de la situation de son fiancé et profite de son séjour chez son amie Lucy Westenra qui finira par souffrir d'un mal étrange après une nuit mouvementée... qu'arrive donc t-il à sa chère amie ? Et alors que le temps passe, des événements de plus en plus étranges surviennent à Londres. Le docteur John Seward s'active à soigner son amie Lucy, et fait appel pour cela à son maître et vieil ami le professeur Van Helsing qui soupçonnera la véritable origine du mal de Lucy et la cause du mal qui semble rôder en Angleterre... mais tout ne s'arrête pas là, bien au contraire…



Bram Stoker (1847 - 1912)
Je suis ressortie ravie de ma lecture, c'est vraiment mon coup  de cœur de l'année 2008, et il s’offre une place de choix parmi mes livres préférés. Des vampires « classiques » comme je les aime ! Le genre qu’on détruit à coup de pieux, d'eau bénite et de vade retro satanas, ceux qui craignent le soleil, qui ne se reflètent pas dans un miroir. Au niveau du style, le livre est sous forme de journaux intimes, d'extraits de journaux de la presse, de comptes rendus, de carnets de bord, de lettres, de télégrammes mais le tout écrit sous forme de récit. Ce fut parfois laborieux avec quelques longueurs et une sensation de lourdeur dans le récit, mais dans l’ensemble le récit est fluide et très imagé. Dracula est un classique très abordable, très riche, variant les points de vue avec divers personnages tous très sympathiques à suivre. L'alternance des points de vue avec les divers journaux intimes vaut au moins le fait de mieux découvrir en profondeur la plupart des personnages. Chacun nous relate ses peurs, ses angoisses, ses convictions, son quotidien, sa foi, ses raisonnements, ses pensées les plus intimes.



J'ai beaucoup aimé les descriptions de la Transylvanie, des Carpates, de ces lacs froids, ces forêts sauvages, ces paysages sombres, menaçants et inquiétants, des coutumes et mœurs du pays, du château de Dracula, de l'histoire de Dracula, tout est très bien décrit, c'est beau, frais et dépaysant. Il y a un vrai travail de recherche sur ces contrées, sur le personnage de Dracula et de ses ancêtres et leurs histoires. Bram Stoker a fait un bon travail de recherche et nous expose les dernières pratiques et technologies du siècle (chirurgie, psychologie, linguistique, trépanation, médecine, étude des forces occultes et du paranormal, parapsychologie), car certains personnages sont très cultivés : Dracula, Van Helsing, et n'oublions pas John Seward qui travaille en tant que docteur mais aussi dans un asile de fous et ses notes sur un patient qu'il suit sont très intéressantes, il s'agit de Renfield dont l'état psychologique a radicalement changé depuis sa rencontre avec Dracula. Bercé dans sa douce folie, sa dévotion pour son maître, son intérêt chez les insectes qu'il élève ou mange ; la plupart du temps fou et même fou-furieux, il peut devenir bien éduqué, lucide et charmant et l'instant d'après replonger dans sa folie, il reste un cas et donc un personnage très intéressant à exploiter et je comprends l'intérêt de Seward pour lui car il est un personnage clé du roman.



Si vous voulez découvrir Dracula, le vrai, je vous conseille de lire ce livre. Il n’est pas, à l’inverse de nombreux films, le gentleman cultivé amoureux de Mina, torturé par sa condition de vampire, et cela ne peut pas plaire à tout le monde. Ici, Dracula est le mal incarné. On l'aime et on le déteste. Il est à la fois repoussant et ignoble puisqu'il incarne le diable et qu'il est l'auteur de nombreux crimes et des atrocités, mais il est également un homme fascinant, cultivé, rusé, malin, fort, il est la beauté éternelle par excellence. S'il paraît vieux et plutôt laid au début du roman, il se révèle par la suite un prédateur au charme fou, assoiffé de sang et de vengeance. Il a un but à mener et il fera tout pour l'achever. On le hait pour ce qu'il est mais on le plaint pour ce qu'il ne sera jamais : un homme tout simplement. Et seule Mina le comprend alors que tout le reste des personnages ne voit en lui qu'un monstre sanguinaire. Quel merveilleux antagoniste et quel formidable adversaire il est pour nos héros !



Les personnages principaux (minus Dracula), imaginés par Nathan Anderson sur Tumblr
De gauche à droite : Jonathan, Mina, Lucy, Van Helsing, Arthur, Jack et Quincey


Concernant les personnages, comment ne pas tous les aimer ?



Mina Murray est humble, profondément humaine, intelligente, courageuse, pieuse, elle a un grand rôle dans le roman et aidera les hommes à plusieurs reprises dans la traque de Dracula. Une simple femme qui a assez de liberté, d'indépendance, de courage et d'intelligence pour participer activement à la traque de Dracula, même si je regrette qu’elle soit mise de côté par les hommes au bout d’un moment, bien que ce soit pour sa sécurité, et que ces chers messieurs aient mis du temps à se rendre compte du mal qui la rongeait…



Jonathan Harker, qui semble naïf au début pour ignorer tous les avertissements concernant Dracula (cependant, n’oublions pas que les lecteurs de l’époque, et par conséquent l’Angleterre du XIXe siècle, ne connaissent que peu ou pas la figure du vampire), plus intelligent qu’il n’y paraît, avec une force incroyable car il a survécu à Dracula et ses épouses, il ressort traumatisé de sa séquestration au château de Dracula mais participe à sa traque et il est un excellent soutien pour Mina dont l’amour et la dévotion qu’il a à son égard ne peuvent que nous toucher.



J'ai également aimé le docteur Jack (ou John) Seward, l'ancien élève de Van Helsing, médecin travaillant dans un asile de fou, et en particulier le trio qu'il forme avec Quincey Morris, l'américain, et Arthur Holmwood, l'aristocrate anglais et fiancé de Lucy. Trois amis différents réunis pour leur affection profonde pour Lucy, tous trois proches, qui chasseront ensemble le vampire, leur amitié et solidarité seront leur force principale.



Comment oublier la douce Lucy Westenra, pauvre victime dans l'histoire surtout quand on sait ce qui adviendra d'elle.



Mais le personnage qui m'a le plus plu et marqué était sans conteste le professeur Abraham Van Helsing. Un personnage haut en couleur, cultivé, intelligent, déterminé, parfois impétueux, croyant mais savant, très attaché à ses amis et son ancien élève, il y a un véritable combat intellectuel entre lui et Dracula. Le vampire et le chasseur de vampire. Au niveau des personnalités, les personnages sont bien fouillés, tous très intéressants et attachants à leur manière, quoique un peu trop manichéens pour certains mais ça s'arrête là.



J’ai ressenti quelques longueurs vers la fin, fin qui est d'ailleurs plutôt précipitée, ce qui m’a quelque peu déçu, mais j'en ai ressentie un profond soulagement et l'on est enfin délivré de l'atmosphère lourde et inquiétante du récit.


La légende, sa majesté des vampires, incarnée par trois acteurs de légende, eux-aussi :
Christopher Lee, Bela Lugosi et Gary Oldman



Au final, Dracula est un récit gothique, fantastique, qui nous offre des personnages très intéressants et attachants, une intrigue intéressante qui tient en haleine, on découvre le vampire par excellence, c'est plein d'émotion. Le style de Bram Stoker est hypnotisant, et si le roman ne fait pas si peur que ça au final (peut-être était-ce plus effrayant pour l'époque ?), l'histoire est passionnante, bien recherchée, on sent tout de travail de l'auteur, c'est une bonne histoire de vampire de la littérature classique, un bon récit gothique et fantastique qui m'aura enfin permis de découvrir Dracula. Vraiment, c'est un excellent roman, une très bonne surprise !



Avis toutefois à ceux qui ont vu le film de Coppola : ne vous attendez pas à retrouver une histoire d'amour entre Mina et Dracula, sous peine d'être déçu. S'il y a des rencontres entre les deux personnages dans le roman, ils ne sont en aucun cas amants !


Le professeur fut interrompu d'une manière plus que surprenante. Hors de la maison, une détonation creva le silence. La fenêtre vola en éclats et la balle, ricochant sur le haut de l'embrasure, alla frapper le mur du fond. J'ai bien peur de n'être qu'une faible femme, car je me suis mis à hurler. Les hommes bondirent tous sur leurs pieds. Lord Godalming se précipita vers la fenêtre qu'il ouvrit sans hésiter. 
En même temps, nous entendîmes la voix de Mr. Morris : 
- Excusez-moi ! Je crains de vous avoir alarmés. Je monte vous expliquer tout de suite ! 
Une minute plus tard, il rentra dans la pièce et dit : 
- C'était bien idiot de ma part, et je vous prie de m'excuser, Mrs Harker, bien sincèrement ! Je vous ai sans doute terriblement effrayée. C'est sans doute insensé mais, pendant que le professeur nous parlait, une grande chauve-souris est venue se poser sur le rebord de la fenêtre. Depuis ces derniers événements, ces animaux m'inspirent une telle horreur que je ne puis plus les supporter. Je suis donc sorti l'abattre, comme je l'ai fait depuis plusieurs soirées déjà. Vous êtes-vous assez moqué de moi, Art ! 
- L'avez-vous touchée ? demanda le docteur 
- Je ne crois pas, car elle s'est envolée en direction des bois. 
Sans ajouter une parole, il reprit sa place et le professeur poursuivit.
Chapitre XVIII. (Journal de Mina Harker)