Problèmes de cœur ?
Quotidien morose ?
Laissez vos pas vous guider vers La Petite Confiserie Kohaku.
Quand vient le soir, les lanternes s'allument dans l'allée nocturne et attirent les âmes en peine. Les boutiques datent d'un autre âge, comme peuplées de fantômes. Une seule brille d'une lumière chaleureuse. Sur l'enseigne on peut lire : La Petite Confiserie Kohaku.
Dans ce lieu enchanté, on trouve des bonbons de toute sorte. Le maître des lieux, un charmant jeune homme aux oreilles de renard, promet à tous ceux qui le rencontrent que ces friandises ont le pouvoir de changer leur vie. Une bouchée et... « Achetez, dégustez, vous verrez ! »
Je
termine le challenge avec cette petite lecture bonbon et feel
good que j’ai pris beaucoup de plaisir à déguster. Ce
roman ne proposera rien d’original puisqu’il existe des romans
avec un schéma similaire. Ici, nous suivons des personnes qui
traversent un moment difficile ou qui ne sont pas bien dans leur
peau. Ils tombent par hasard sur une confiserie tenue par un étrange
personnage, qui se révèle être un yokai, et qui
achètent une confiserie qui changera leur vie, ce qui va leur
permettre de voir la vie autrement, voire de surmonter leurs
difficultés.
Il
y a cinq histoires en tout, ainsi qu’un épilogue.
Dans
la première, on suit une lycéenne qui se sent délaissée par son
petit-ami, accaparé par ses études. Elle ne veut en aucun cas
compromettre ses études, juste un peu d’attention, un signe qu’il
tient toujours à elle. Lorsqu’elle tombe sur la confiserie, elle
achète des konpeito. Le vendeur la met en garde : en
manger un par jour lui donnera un petit bonheur, une bonne nouvelle,
mais elle doit prendre garde à ne pas dépasser la dose. La jeune
fille est confuse mais suit ses instructions. Sitôt le premier
bonbon mangé, son petit-ami la contacte. Elle suit ainsi ses
instructions, gagnant chaque jour un petit bonheur. Puis un jour,
elle se pose la question : que se passerait-il, si elle venait à en
manger plusieurs ?
Dans
la seconde histoire, on suit un homme, employé dans la vente, qui
est complexé par son physique et ses rondeurs qui sont la source de
moqueries quotidiennes. Il aimerait être invisible, pour changer.
Alors qu’il tombe sur la confiserie, il y achète des wasanbons,
et découvre avec surprise qu’il est devenu invisible aux yeux de
ceux qui l’entourent… personne ne le remarque, à moins d’être
à proximité de lui. Pour cet homme, c’est miraculeux, mais il
découvre peu à peu qu’être invisible n’est pas aussi
avantageux qu’il le pensait.
Dans
la troisième histoire, on suit une étudiante qui n’ose pas être
sincère avec ses amies et partager ses opinions, ni même ses goûts,
de crainte de perdre leur amitié. Dans la confiserie, elle achète
des monakas à la châtaigne. En les dégustant,
elle s’aperçoit à sa grande surprise qu’elle ne peut pas
s’empêcher d’être honnête et de dire tout ce qu’elle pense,
à la grande surprise de ses amies. Elle découvre également qu’elle
n’est pas la seule à cacher ce qu’elle pense.
Dans
la quatrième histoire, on suit une lycéenne persuadée d’être
suivie par la malchance. Mais voilà, elle doit passer une audition
musicale, et il est hors de question d’échouer. Elle s’en va
prier au temple, puis tombe sur la confiserie sur le chemin du retour
où elle achète des caramels. Est-ce une coïncidence ou non, car
elle découvre qu’après en avoir dégusté un, sa malchance tombe
sur quelqu’un d’autre.
Enfin,
dans la cinquième histoire, on suit une mère au foyer dépassée et
fatiguée, avec un bébé aux besoins constants, et un mari devenu
distant. À la confiserie, elle achète deux pommes d’amour, une
pour elle, une pour son mari. En croquant la sienne, elle découvre
avec stupeur des auras éblouissantes entourant ceux qu’elle aime.
Au début, elle ne comprend pas ce qui lui arrive, mais elle
s’aperçoit que cette lueur, qui change d’intensité, correspond
au degré d’amour que ses proches lui portent. Celle de son mari
variant, elle décide de redoubler d’efforts pour prendre soin de
lui et rendre sa lueur la plus éblouissante possible. Mais elle se
rend compte que ce n’est pas suffisant. Elle aimerait que son époux
la remarque, elle-aussi.
C’est
un roman qui mélange le fantastique et le contemporain. Il y a un
peu de magie dans le car le patron de la Petite Confiserie
Kohaku est un esprit mi-kitsune, mi-humain qui insuffle un
peu de sa magie dans ses confiseries, mais cet aspect de l’histoire
ne prend pas le dessus puisque la résolution des problèmes de nos
différents personnages ne doit presque rien à la magie. Ce sont
simplement eux qui ouvrent enfin les yeux et découvrent qu’avec de
la communication, un meilleur jugement ou plus de clairvoyance, leurs
problèmes sont peu à peu résolus. Cet aspect ne m’a pas déplu,
c’est même réconfortant de savoir qu’il n’y a pas que la
magie qui peut résoudre nos problèmes mais que nous en avons aussi
le pouvoir, sans avoir forcément besoin de confiserie magique.
Chacun peut trouver écho à l’une de ses histoires, ou se
reconnaître chez un personnage.
Bien-sûr,
les histoires sont romancées et finissent toutes bien, c’est le
genre qui veut ça, et c’est bel et bien une lecture feel
good. Il n’en reste pas moins que ces différentes histoires
donnent à réfléchir, et qu’un peu de douceur fait du bien dans
ce monde de brutes. Ça me donne même envie de lire d’autres
romans japonais de ce genre.
J’ai
aussi beaucoup aimé le personnage de Kogetsu, le patron
de la confiserie. Il est en retrait pendant les 3/4 du roman, ce qui
renforce l’aspect mystérieux qu’il dégage, et lui donne un côté
mystique qui ne m’a pas déplu, mais j’ai tout de même été
contente de voir que l’auteur lui a consacré un épilogue, ce qui
m’a permis de découvrir comment il en est venu à ouvrir la
confiserie.
En
résumé, c’est un roman doux, une lecture bonbon et feel
good que j’ai pris plaisir à découvrir, et qui m’a
permis de voyager un peu au Japon et découvrir l’allée nocturne
avec ses commerces, ses lampions lumineux, Kogetsu et
ses confiseries japonaises. Chaque histoire est bienveillante, avec
une petite morale, et permet de passer un agréable moment de
lecture.
I felt a kind of catch in my chest release. I hadn’t even been aware of it before, but now that it was gone, it was as if a pleasant breeze had run through me.
It was good that I’d spoken frankly. It was good that I’d complimented Saya instead of hesitating, even though I wasn’t sure my opinion was worth anything to her. After all, no one minds a compliment.
Still marvelling at Saya’s unexpected reaction, I resolved to put my feelings into words in future.