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dimanche 7 juin 2026

Le Merveilleux restaurant des souvenirs - Yuta Takahashi.



Au menu du jour : vos souvenirs les plus émouvants...

Dans la baie de Tokyo, au bout d'un chemin de coquillages, se dresse le restaurant Chibineko. On dit qu'ici, les plats sont des passerelles vers les âmes disparues. 

Guidée par la promesse d'un dernier instant avec son frère décédé, Kotoko pousse la porte de ce mystérieux restaurant. À l'intérieur, elle est accueillie par Chibi, le chaton tacheté qui veille sur les lieux. Sans même attendre sa commande, Kai, le jeune chef, lui sert un repas qui évoque son enfance - poisson mijoté, riz, soupe miso. Dès la première bouchée, la magie opère, transportant Kotoko vers un passé qu'elle croyait perdu à jamais.




Le Merveilleux restaurant des souvenirs nous emmène au Chibineko, un petit restaurant dans la baie de Tokyo, près de la mer, au bout d’un sentier de coquillage, tenu par le jeune chef Kai, accompagné de Chibi le chaton mascotte de la maison. Sa particularité, en plus de n’être ouvert que jusque 10h du matin, est de proposer des repas du souvenir, pour permettre aux clients ayant perdu un être cher de renouer avec eux, le temps d’un repas. L’occasion de se livrer à des explications, des confidences, ou bien un dernier au revoir.


J’ai beaucoup aimé le concept de ce restaurant et du repas du souvenir. C’est quelque chose qui existe bel et bien et qu’on appelle kage-zen. Le kage-zen peut être un repas préparé à la mémoire d’un défunt et qui est servi pendant des funérailles, ou bien un repas destiné au défunt lui-même, la croyance étant que le défunt pouvait se nourrir de ce plat à travers la fumée qui s’en dégage. J’ai trouvé le concept intéressant et il nous offre de belles histoires à la fois douces et amères.


Le roman contient quatre histoires courtes, avec un schéma similaire, mais qi se rejoignent entre elles. Nous suivons une jeune fille qui a perdu brutalement son frère promis à une brillante carrière d’acteur, et qui est tiraillée entre la tristesse et la culpabilité ; un jeune étudiant qui a perdu une camarade de classe qui était son premier amour, et qui regrette des paroles dures, prononcées sans réfléchir ; un homme en fin de vie qui souhaite revoir sa femme une dernière fois ; et enfin Kai, le jeune chef lui-même, en proie au deuil.


Bien que ce soit un roman propice aux moments tristes et émouvants, cela reste une lecture feel good car il se dégage beaucoup de douceur et de bienveillance, une volonté d’aller de l’avant, sans oublier les disparus, mais de continuer à vivre pour eux, pour les honorer.


C’est une lecture paisible et agréable qui fait du bien à son petit cœur, et qui est également gourmande car le roman évoque l’importance de la nourriture, et surtout le lien que nous pouvons avoir avec une personne disparue à travers un plat qui nous rappelle cette personne et les moments passés avec elle. Le repas du souvenir n’est jamais choisi au hasard, et il est préparé exactement comme le client et son disparu l’ont connu. On y trouvera, au fil des pages, des recettes gourmandes et japonaises, comme un mijoté d’Ainamé, un sandwich aux œufs, du riz aux cacahuètes, du riz aux prunes, ou encore un sukiyaki-don. J’ai d’ailleurs apprécié la présence de recettes à chaque fin d’histoire, nous invitant à recréer quelques-uns de ces plats. En outre, ce roman est une belle petite découverte, une lecture douce et pleine de poésie et de bienveillance. 


Sentant son regard peser sur lui, Taiji redressa la tête. Fumika l’observait. C’était elle qui avait proposé d’attaquer le repas, pourtant elle n’avait pas touché à son assiette. Elle restait assise, immobile face à lui.

— Tu ne manges pas ? s’étonna-t-il.

— Je suis en train de manger.

— Hein ?

— La vapeur. C’est mon repas.

— De quoi ?

— Enfin, les odeurs, pour être plus précise. Quand on est mort, on ne peut plus manger les choses de ce monde-ci.

Elle lui expliqua que c’était la raison pour laquelle on faisait brûler de l’encens sur les autels et les tombes. La fumée qui s’élevait des bâtonnets constituait la nourriture des défunts. Taiji l’ignorait.

— Ah bon ?

— Une fois le plat refroidi, on ne peut plus sentir son odeur. C’est pour ça que je ne peux rester ici que tant que le repas est chaud.

— Quoi ? Mais… ça veut dire que tu vas disparaître ?

— Disons plutôt que je vais retourner dans l’autre monde.

samedi 17 janvier 2026

Quand j'ai froid - Valentine Choquet.


C’est l’hiver. Louise mène un quotidien calme, un peu solitaire et rythmé essentiellement par ses études. Un jour, frissonnante, elle rencontre sa voisine d’immeuble, une petite mamie qui a la bougeotte, le sourire aux lèvres et une myriade d’histoires à raconter. Des histoires de patins à glace et d’écharpes réconfortantes, des histoires de fleurs symboliques et de grand amour, des histoires de vélo et d’enfant qui grandit… Mois après mois, saison après saison, les deux femmes partagent de doux moments présents et des souvenirs passés, des souvenirs néanmoins de moins en moins précis…


“Il fait froid dehors ! Vous ne trouvez pas. Et moi quand j'ai froid… je rétrécis !”


Je n’attendais pas grand-chose de cette bande-dessinée, à part de m’occuper pendant une heure et de passer un bon moment de divertissement. Au final, je referme ce livre, les yeux rougis par les larmes que cette histoire m’a fait verser. Quand j’ai froid est le coup de cœur auquel je ne m’attendais pas.


On pourrait s’attendre à une histoire banale. Louise est une étudiante solitaire dont les journées sont rythmées par ses études puis les moments de calme dans son appartement qu’elle partage avec son chat. Les jours se suivent et se ressemblent, en pleine saison hivernale, jusqu’au jour où Louise fait la rencontre d’Andrée, sa voisine d’immeuble, une petite mamie pleine de vie, malicieuse et avec plein d’histoires à raconter. Une amitié va se nouer entre ces deux femmes de générations différentes, et qui vont trouver en l’autre exactement ce dont elles avaient besoin.


Je me suis identifiée en Louise, jeune fille timide et renfermée qui n’ose pas aller vers les autres, et qui mène un quotidien solitaire. J’ai pris plaisir à la voir évoluer au fil de l’histoire. Son amitié avec Andrée va apporter de la couleur dans sa vie, de la compagnie mais aussi lui donner l’assurance d’aller voir ses camarades et de lier des liens d’amitié avec eux. Ainsi, son petit appartement solitaire va devenir plein de vie, et son mur s’orner de photos de plus en plus nombreuses de Louise et son chat, ses amies et bien entendu Andrée.


Andrée est une pétillante petite mamie, certes âgée mais pleine de vie, et son amitié avec Louise est touchante, et peut nous rappeler notre relation avec notre propre grand-mère, apportant ainsi douceur et nostalgie. J’ai aimé découvrir, en même temps que Louise, ses souvenirs de jeunesse, sa rencontre avec son mari, des anecdotes de son enfance, sa passion pour le cyclisme et le tour de France. J’ai aimé l’usage de la couleur sépia pour les flash-back du passé d’Andrée, il apporte un côté désuet, qui rappelle un peu des anciens films.


Cette bande-dessinée a réussi le pari de rendre touchante une histoire sans dialogue (juste une bulle au début et une à la fin), uniquement avec des gestes et des expressions qui transmettent très bien les idées et les sensations. Tout l’émotion du récit passe par les dessins. C’est une histoire poignante sur la solitude, l’importance des souvenirs mais aussi la mémoire (plus particulièrement la perte de mémoire et l’impact sur le quotidien). Il y a quelque chose de poétique et de déchirant chez cette petite dame qui se remémore son passé tout en s’apercevant qu’elle oublie petit à petit des pans de sa vie.


Quand j’ai froid est une histoire émouvante sur une amitié intergénérationnelle touchante, très douce-amère alors qu’elle aborde des thèmes tantôt doux et chaleureux (l’amitié, le partage de souvenirs, l’ouverture au monde), tantôt triste et déchirant (la perte de mémoire, la solitude, la vieillesse). Coup de cœur absolu et inattendu pour cette BD qui m’aura fait sourire autant qu’elle m’aura fait pleurer.

vendredi 19 décembre 2025

Christmas Therapy - Caro M. Leene.


Collectionner les calendriers de l’Avent ? Se lever à l’aube pour être aux premières loges de la parade ? Ne jamais sortir sans son serre-tête à bois de renne ? 

Rien de plus normal pour Maureen qui, chaque année, n’est que joie et excitation à l’approche de Noël. Seulement, cette fois, elle risque de perdre son job de coach de vie si elle ne suit pas cette fichue thérapie censée la guérir de son « obsession ». 

Comme si elle souffrait d’une maladie grave ! Si quelqu’un doit se faire soigner, c’est plutôt Logan… Cet homme cynique et désagréable suit le même programme, mais pour se réconcilier avec la période des fêtes qu’il a en horreur. Maureen veut bien prendre sur elle, mais de là à travailler en équipe avec ce mec grognon… On peut dire qu’elle a été gâtée avant l’heure ! À moins que Noël ne lui réserve encore son lot de surprises



Christmas Therapy propose une romance plutôt classique entre une amoureuse de Noël et un Grinch, mais à travers une thérapie autour de Noël, ce qui apporte une certaine touche d’originalité à cette romance de Noël.


Ce n’est pas tant la romance en elle-même que je retiendrai de ce roman, mais plutôt le concept de la thérapie de Noël qui vise à aider les Grinch en puissance à se réconcilier avec Noël, et les addicts de Noël à tempérer un peu leur amour des festivités. J’ai beaucoup apprécié qu’il n’y ait pas de parti pris entre les « deux camps », qu’il n’y ait pas de « team Logan » ou de « team Maureen » … ou alors qu’on peut très bien prendre parti pour les deux à la fois.


On peut en effet juger compréhensible l’envie de Logan de ne pas être envahi par Noël, tout comme son aversion pour la version de Noël devenu trop commercial, tout comme on peut comprendre qu’il n’aime pas Noël car c’est une période difficile pour lui que ça le ramène à des souvenirs amers. On peut juger aussi légitime l’envie de Maureen de revendiquer son amour de Noël, après tout elle a bien le droit d’aimer Noël comme elle l’entend, pourquoi devrait-elle être jugée ? Même s’il y a des excès, qu’elle achète un peu trop de calendriers de l’avent, qu’elle se lève aux aurores pour avoir les meilleures places pour assister à une parade de Noël, tant qu’elle ne fait de mal à personne, qu’on la laisse vivre comme elle le veut !


J’ai également aimé cette notion d’équilibre que la thérapie de Noël veut appliquer. On ne demande pas à Logan d’adorer Noël, mais de ne plus ressentir cette « haine » irascible qui le ronge, mais d’associer à cette fête des traditions et des souvenirs plus positifs, pour compenser au fait que Noël a longtemps été pour lui synonyme de souvenirs douloureux, quitte à ce qu’il fête Noël à sa façon, et à son rythme, sans le brusquer. On ne demande pas non plus à Maureen de ne plus aimer ou de moins aimer Noël, mais de tempérer un peu, de lever le pied, et de prendre conscience que tout le monde n’aime pas Noël autant qu’elle, ou que tout le monde ne le fête pas de la façon dont elle l’entend, la façon qu’elle voit comme traditionnel. Le message qui découle aussi du roman est aussi le fait qu’il n’y a pas une seule bonne façon de fêter Noël mais qu’il y a un Noël différent pour chaque personne, même si pour certains, il s’agit d’aller au pub pour boire une bière devant un match de foot à la télévision, au lieu d’un repas avec une dinde.


« Je vais reformuler vos propos, Maureen, si vous me le permettez : ce n’est pas vraiment l’activité qui vous vient en tête lorsque vous pensez à Noël. J’aimerais vous rappeler une chose à tous. Noël est avant tout un état d’esprit. Noël n’est pas une journée, c’est une période, une saison, et chacun y associe des souvenirs qui lui sont propres. Partant de ce constat, nous pouvons donc affirmer qu’il existe autant de versions de Noël que de personnes. Vous ne pouvez pas vous permettre de juger ce que vos amis, vos voisins, vos collègues, ou encore des inconnus, associent à Noël. »


Concernant nos tourtereaux, même si je n’étais pas convaincue au départ, ils sont plutôt attachants et il y a de l’alchimie entre eux. Cela dit, ce n’est pas de la romance de Noël à me faire soupirer de bonheur et à me faire rêver. Je désespère de trouver un jour la romance de Noël qui saura me conquérir… Peut-être l’an prochain, qui sait !


Toutefois, les personnages principaux sont plutôt plaisants. J’ai bien aimé Maureen, une femme bien dégourdie, qui ne se démonte pas (merci aux grands-frères), qui n’est pas gênée par qui elle est, c’est une jeune femme pleine de vie. Si je l’ai trouvé un peu excessive par moment, dans son amour de Noël, elle évolue et apprend qu’elle ne doit pas imposer sa version de Noël à Logan, mais apprendre à s’adapter, célébrer Noël à la façon de Logan, sans se débarrasser de ses propres traditions. Logan est plutôt aux antipodes, il est ronchon et moqueur, mais il a un bon fond et se prête au jeu, en accompagnant Maureen dans ses sorties de Noël. Je regrette toutefois que sa relation conflictuelle avec sa mère soit si peu exploitée, alors que c’est l’un des aspects centraux du roman, c’est ce qui a poussé Logan à faire cette thérapie. J’ai l’impression que cet aspect, plutôt central, a vite été balayé sur la fin alors qu’il avait enfin commencé à être honnête avec sa mère et expliquer son mal-être.


Concernant les autres personnages, les amis de Logan sont tout simplement infects, Glen étant le pire de tous, à se conduire de manière mesquine (encore heureux que certains se rattrapent sur la fin). Heureusement, les amis de Maureen se rattrapent un peu, avec Aly qui est aussi fan de Noël qu’elle, et prête à la soutenir, mais aussi Evan qui aurait très bien pu être psy pour couple tellement il a été de bons conseils, ne prenant parti ni pour Logan, ni pour Maureen, et en voulant aider l’un et l’autre à mieux se comprendre, pour éviter ou réparer les malentendus, leur permettre d’ouvrir les yeux. Ce qu’il dit est toujours vrai, et la vérité peut faire mal parfois, mais il vise toujours juste, sans jugement. On gagnerait tous à avoir un ami comme Evan !


Bon, avec tout ça, qu’est-ce que je pense globalement de Christmas Therapy ? C’est un roman rythmé, la romance de Noël est classique mais l’idée d’une thérapie de Noël est un concept original et intéressant qui peut offrir une véritable réflexion autour de Noël. Cela dit, ça ne me laissera pas un souvenir impérissable et je n’ai pas trouvé le roman bien transcendant. Cela reste une petite lecture légère et divertissante qui permet de se plonger dans une ambiance festive.


— Est-ce que l’ambiance de Noël vous a pesé ?

— Non, pas spécialement.

— Aucune envie de partir en courant ?

Je me contente de secouer la tête de façon négative.

— Parce que vous étiez dans une représentation de Noël qui vous convenait. Noël était présent par touches et non en abondance. Noël est ce que l’on en fait, les valeurs qu’on y associe. Ce n’est d’ailleurs pas Noël en soi qui vous rebute, mais peut-être l’image ultra-médiatisée et commercialisée qui en est faite. Ce « trop » vous a poussé peu à peu à rejeter cette période.

samedi 13 décembre 2025

Cat café (T.1) Noël au Cat café - Rachel Rowlands.


D’adorables petites boules de poils qui se baladent entre les chocolats chauds couronnés de guimauves et de délicieuses pâtisseries, c’est le quotidien d’Emmie depuis qu’elle travaille chez Chatpuccino, le bar à chats tenu par sa tante Sylvie. Et à l’approche de Noël, alors que guirlandes lumineuses et autocollants de flocons de neige ont rejoint les percolateurs et les arbres à chat, l’ambiance est encore plus magique que d’habitude.


Ce que personne n’avait prévu, c’est que la pire tempête de neige des dix dernières années attendait les fêtes pour frapper ! Coincée dans le café la nuit du réveillon avec un livreur un peu trop charmant et les facétieux chats qui règnent en maîtres sur les lieux, Emmie espère que la situation ne s’éternisera pas. Mais l’électricité est coupée, les entrées bloquées par la neige... et les chats vont peut-être devoir tenir la chandelle plus longtemps que prévu.


Il fallait bien au moins un roman cozy de Noël pour débuter la saison ! Un combo chats, pâtisseries et Noël ne pouvait que me tenter.


Emmie travaille au Chatpuccino, le salon de thé à chats tenu par sa tante Sylvie. Parmi ses passe-temps, elle aime dessiner, surtout des illustrations de chats, mais elle peine à se faire connaître à travers son art, tandis qu’elle entretient des relations houleuses avec son frère victime d’addictologies. De son côté, Jared vit un moment difficile entre sa rupture amoureuse avec une petite-amie qui l’a trompé, et la mort de Poppy, sa chatte et meilleure amie. Alors, lorsqu’il découvre que son nouveau lieu de travail est le Chatpuccino, il prétend être allergique aux chats pour éviter de croiser ces chats qui lui rappellent douloureusement sa Poppy. Mais, à l’approche de Noël, lui et Emmie se retrouvent enfermés dans le Chatpuccino à cause d’une tempête de neige.


J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman cozy. Il s’agit ici d’une romance de Noël mais celle-ci prend le temps de se poser et parvient à éviter la plupart des clichés du genre. Nos deux protagonistes sont plutôt adorables ensemble, ils se plaisent très rapidement mais la relation se met doucement en place, leur permettant d’apprendre à se connaître, les bons côtés comme les douleurs dissimulées, les points communs comme l’amour de l’art ou des chats. Ils sont plutôt touchants en tant que couple mais aussi en tant que personnage, surtout Jared. Il faut dire qu’il a une situation qui m’a beaucoup touchée. J’ai d’ailleurs versé plusieurs fois des larmes, chose à laquelle je ne m’attendais pas en lisant un roman de Noël. Il faut dire que l’un des sujets du roman, à savoir le deuil d’un animal, me touche énormément.


Le roman met vraiment un point d’honneur à nous présenter les chats pas seulement comme des animaux de compagnie, mais un compagnon pour la vie, qui reste dans nos souvenirs et notre cœur même lorsqu’ils ne sont plus là. Ce ne sont pas que des animaux, c’est un ami, un membre de la famille, qui nous réconforte quand ça ne va pas, dont la compagnie est précieuse. J’ai pleuré avec Jared pour Poppy, j’ai eu peur pour Salem, le chat malade du Chatpuccino, et aussi pour le chat errant qu’Emmie tente d’approcher.


J’ai aimé aussi toute la partie sur la tempête de neige qui oblige nos personnages, avec une tierce personne dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler, à rester coincés pour les fêtes dans le Chatpuccino et essayer de passer le temps, de célébrer Noël malgré tout, avec les réserves de nourriture et le chauffage qui commence à manquer. Une occasion pour eux d’apprendre à mieux se connaître, à éclaircir les malentendus, un moment de rapprochement et propice aux confidences. La romance est donc plutôt mignonne et réussie, même si ce n’est pas le point du roman à m’avoir attiré. Elle fonctionne, et c’est l’essentiel. Cela dit, peut-être notre couple a-t-il vécu un peu trop de périphéties à mon goût dans ce roman [spoiler] l’accident de voiture qui emmène Emmie à l’hôpital au 3/4 du roman, alors qu’elle a déjà eu son lot de mésaventures, était-il vraiment nécessaire ? [/spoiler]


J’ai aimé que, bien qu’il s’agisse d’une comédie romantique de Noël, elle aborde des thèmes plus sérieux qui font qu’il ne s’agit pas que d’une comédie romantique. Le roman parle de deuil d’un animal, la difficulté de vivre avec un proche sujet aux addictions, l’émancipation, la dépression, réapprendre à vivre et faire confiance. Il en ressort une ambiance douce-amère, qui penche heureusement davantage sur le doux avec une ambiance qui reste chaleureuse grâce au Chatpuccino et aux chats.


C’est un roman qui m’a fait passer un agréable moment de lecture, ponctué de douceur et d’humour, mais aussi un peu d’amertume qui ne gâche en rien le côté cozy du roman. J’ai aimé qu’il aborde des sujets plus sérieux qui m’ont beaucoup touché et qui font que le roman ne se limite pas à son aspect ‘comédie romantique’. Ce n’était pas un coup de cœur mais ça reste une jolie petite lecture, parfaite pour la saison.


Pour n'importe quel amateur de félins, les chats faisaient partie de la famille.

Il avait eu Poppy lorsqu'elle n’était encore qu'un chaton, dès qu'il était parti de la maison pour emménager dans son tout premier appartement, elle ne l'avait jamais quitté depuis enfin jusqu'à quelques semaines plus tôt.

Elle avait été à ses côtés pour tous les événements marquants. Pendant sa dépression, les fluctuations de sa santé mentale, et lorsqu'il s'était mis à travailler à la maison. D'un bout à l'autre d'une pandémie où tout le monde s'était enfermé chez soi. Elle avait été là sur son lit chaque soir, chaque matin, à ronronner, elle semblait savoir quand il était triste, malade, ou qu'il avait besoin d'elle. Elle était sa petite complice. Avec elle, les mauvaises passes avaient paru plus facile.

dimanche 10 août 2025

Comme dans un roman d'été - Emily Henry.


Ils n'étaient pourtant pas faits l'un pour l'autre. Augustus Everett est un écrivain "sérieux", considéré comme le nouveau génie des lettres américaines. January Andrews ne compte plus les bestsellers publiés, mais dans un tout autre registre : la comédie romantique. Si elle multiplie les happy endings, Augustus réserve à ses personnages des destins épouvantables. Aux antipodes l'un de l'autre, ils vont néanmoins se croiser et se lancer un défi.

Elle passera l'été à écrire un grand roman littéraire, lui s'essayera à une comédie sentimentale. Afin de trouver l'inspiration, January organise pour Augustus des excursions romantiques, et lui l'emmène à la rencontre de personnes à l'existence brisée. Chacun devra achever son roman avant la rentrée et, bien évidemment, aucun des deux n'imagine tomber amoureux. Bien évidemment.



Petite romance de l’été, assez sympathique à lire dans l’ensemble mais qui ne m’aura pas entièrement convaincu et qui ne me laissera pas un souvenir mémorable. À peine terminé, ce sera vite oublié.


Ce qui m’a attiré dans ce roman est le pitch plutôt original qu’il proposait : une auteure de romans sentimentaux qui ne jure que par les happy endings, un auteur de roman qui préfère quand l’histoire se finit mal. Deux parfaits opposés dans leurs romans comme dans leurs tempéraments. Ils se lancent comme défi d’écrire un roman sur le thème de prédilection de l’autre, et bien-sûr ils tombent petit à petit amoureux.


Ce qui m’a donc attiré était de suivre le processus d’écriture d’un roman de nos deux protagonistes qui se retrouvent à écrire sur un genre qui est très loin d’être leur thème de prédilection, ce qui promettait quelque chose d’intéressant (comment écrire un roman, qui plus est un roman qui nous sort de notre zone de confort ?) et de divertissant. Je regrette toutefois que le processus d’écriture prenne finalement trop peu de place à mon goût. Alors certes, January emmène Auguste dans des excursions romantiques pour lui donner de l’inspiration, et Auguste fait rencontrer à January des personnes brisées par la vie pour la même raison, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ces escapades prennent un peu trop de place à mon goût, au détriment de l’écriture car on voit finalement peu nos personnages écrire. Ce n’est peut-être qu’une impression car j’ai déjà vu certaines lectrices reprocher l’inverse, que le processus d’écriture était trop décortiqué. Peut-être que je m’attendais tout simplement à ce qu’il soit présenté autrement.


J’aurais aussi bien voulu que le roman nous partage aussi le point de vue d’Auguste et pas seulement celui de January, car je dois dire m’être un peu plus intéressée à Auguste qu’à January. Nos deux protagonistes ont un passé qui les rendent touchant, mais j’ai davantage apprécié Auguste pour ses multiples facettes et son évolution. Quant aux personnages secondaires, ils sont assez oubliables.


Alors que je n’avais pas été convaincue au départ par la romance, je dois dire que finalement, nos deux personnages ont de l’alchimie. Il y a du peps et beaucoup de dynamisme dans leur relation, de la répartie. Même si leur relation a mal démarré, on a évité le cliché des personnages qui se détestent avant de tomber amoureux (ce que je peux apprécier si c’est bien écrit), mais on a une bonne entente qui s’installe entre nos deux personnages. Leurs échanges sont assez savoureux pour la plupart, et il se dégage parfois même un peu de sensibilité et de moments tendres quand ils dévoilent leurs insécurités. Pas le genre de romance à me rendre folle, mais elle se laissait lire.


Après c’est très cliché par moment, on n’échappe pas à certains clichés et mélodrames classiques du genre. Ce n’est pas un mauvais roman en soi, il y a de l’émotion, de l’humour, de l’amour (c’est un peu le principe…), et il aborde des thèmes comme la reconstruction de soi, le deuil, l’infidélité… Cela dit, j’ai parfois eu du mal à accrocher à l’histoire. Je me suis tantôt ennuyée, tantôt amusée. Certains passages m'ont paru trop longs et certains détails peu utiles à mon sens. Je crois tout simplement que je m’attendais à autre chose en lisant le synopsis. En somme, un roman de plage plutôt divertissant mais qui ne me laissera pas un souvenir mémorable.


J’ai fait ce que n’importe quelle femme adulte responsable aurait fait en se trouvant confrontée à son ancien rival devenu son voisin. J’ai plongé derrière l’étagère la plus proche.

jeudi 3 juillet 2025

Conclave - Robert Harris.



Le pape est mort.

Derrière les portes closes de la Chapelle Sixtine, cent dix-huit cardinaux venus des quatre continents vont participer à l'élection la plus secrète qui soit.

Ce sont tous des hommes de foi. Mais ils ont des ambitions. Et ils ont des rivaux.

En secret, les alliances se préparent.

Ce n'est plus qu'une question d'heures... L'un de ces cardinaux va devenir la figure spirituelle la plus puissante au monde. Sur la place Saint-Pierre, deux cent cinquante mille chrétiens attendent de voir la fumée blanche apparaître.




En avril, l’annonce de la disparition du Pape et le conclave à venir m’ont plongé dans le visionnage de nombreux films et documentaires, parmi eux le film Conclave qui aura bien fait parler de lui. Le visionnage de ce dernier m’a poussé par la suite à découvrir le roman dont il s’inspire.


Le Pape est mort, vive le Pape !


Le cardinal Lomeli (Lawrence dans le film), le doyen du collège des cardinaux, est chargé d’organiser le conclave qui élira le prochain à siéger sur le trône de Saint Pierre. Les cardinaux du monde entier se retrouvent pour voter et cohabiter ensemble. Lomeli entend bien que ce conclave se déroule dans les meilleures conditions possibles, mais il découvre bien vite que des mystères entourent la mort du Pape et que les cardinaux ont tous des secrets et des scandales qu’ils tentent de cacher. Entre les jeux de pouvoirs et les manigances, qui sera le nouveau pape ? Jusqu’où l’ambition des cardinaux peut-elle aller ?


J’ai beaucoup aimé ce huis-clos, dans lequel nos cardinaux sont enfermés et coupés du reste du monde. Ici, point de cadavre mais des magouilles, des scandales et secrets bien gardés, des révélations inattendues et des complots déjoués. Ce huis-clos devient plus plus oppressant au fur et à mesure que l’élection se poursuit, qui ravive peu à peu les tensions au fur et à mesure que les scandales et les secrets sont dévoilés. Les favoris des premiers scrutins tombent en disgrâces et de nouvelles figures de proues se dévoilent, certaines étant même assez inattendues.


Il s’agit ni plus ni moins qu’un thriller politique où les ambitions de chaque cardinal sont dévoilées petit à petit. Chacun clame vouloir servir l’Église et les hommes, mais l’Église n’en reste pas moins une puissance politique mondiale que chaque cardinal entend obtenir pour sa propre ambition. Comme dans chaque élection, il y a des jeux d’alliances, des intérêts qui guident dans l’ombre certains électeurs, des coups bas également pour affaiblir la crédibilité d’autres candidats.


Les cardinaux ne sont certes pas présentés comme des Saints mais ils ne sont pas des démons non plus, ce sont tout simplement des hommes avec leurs secrets, des ambitions, des qualités comme des défauts, quel que soit leur niveau de spiritualité ou leur rang ecclésiastique. J’ai même apprécié certains d’entre eux, notamment notre personnage principal, Lomeli, qui devient enquêteur malgré lui, et que chaque secret, chaque scandale découvert, a mis sa foi en l’homme et en l’Église à rude épreuve, ainsi que le cardinal Bellini et le cardinal Benitez, crée in pectore par le Saint Père. Et, bien qu’elle ne soit pas cardinal, Sœur Agnès en impose !


J’ai beaucoup aimé cette intrigue, pourtant rien ne le prédisait au départ. Je trouvais même l’histoire un peu longue, elle se laissait lire mais sans plus. Sans doute le roman aurait gagné en intensité avec quelques coupes et un rythme plus soutenu car l’intrigue a souvent été alourdie par de nombreuses descriptions. J’ai souvent eu l’envie de survoler certains passages. Cependant, j’ai persévéré et c’est progressivement que l’intrigue a capté mon intérêt et qu’elle est devenue un véritable coup de cœur. Ayant déjà vu le film, les rebondissements et la révélation finale sur l’identité du nouveau Pape ne m’auront pas surprise, cependant j’ai redécouvert l’histoire avec un réel plaisir, même si ce fut long au démarrage, mais mieux vaut tard que jamais !


C’était comme un roman policier où notre protagoniste principal enquête pour découvrir, bien malgré lui, les secrets de ses collègues cardinaux, le tout dans le contexte d’un conclave où les cardinaux électeurs sont tous enfermés pendant plusieurs jours en vue d’élire le prochain pape. À première vue, ça ne semble pas très palpitant, mais le conclave est un événement en lui-même que je trouvais déjà fascinant de prime abord. Je me rappelle avoir longuement scruté la cheminée, dans l’attente d’une fumée, en me demandant à quoi toute cette élection pouvait bien ressembler et l’auteur a fait un sacré travail de recherche, s’étant même rendu jusqu’au Vatican et interrogeant des cardinaux pour avoir le plus de détails possible et nous offrir un roman réaliste.


Ce scénario se déroule dans un contexte, encore d’actualité, d’attentats terroristes et de persécutions religieuses dans le monde. Il est aussi question de modernité dans l’Église avec, notamment, le sujet du divorce, de l’homosexualité, ou de la place de la femme, là où certains cardinaux souhaiteraient un retour aux traditions, au conservatisme d’antan avec les messes en latin ou un schéma plus traditionnel de la famille, ce qui nous pousse à réfléchir aux contractions d’une Église, une institution ancienne, confrontée au monde moderne.


Conclave est donc un thriller bien construit, qui sait maintenir en haleine, qui est brillamment construit, avec un travail de recherche remarquable pour nous rendre l’histoire la plus réaliste possible. Le conclave comme si on y était ! J’aurais tant aimé découvrir ce livre pendant le vrai conclave de mai 2025, mais ce livre était déjà emprunté à ce moment-là, victime de son succès… et de l’actualité ! Robert Harris a donc su faire mouche avec son Conclave, je serais tentée de découvrir ses autres romans dans le futur, notamment son Pompéi qui me fait de l’œil… histoire de rester encore un peu en Italie !


Ô Seigneur, Tu m’as chargé de l’organisation de ce très saint conclave… mon devoir est-il simplement de m’assurer du bon déroulement des délibérations de mes confrères, ou ma responsabilité m’oblige-t-elle à intervenir et à influencer l’issue du scrutin ? Je suis Ton serviteur et tout entier soumis à Ta volonté… Quelles que soient les mesures que je prendrai, l’Esprit-Saint ne manquera pas de nous orienter vers un pontife digne… Guide-moi, Seigneur, je T’en supplie, dans l’accomplissement de Tes désirs… Serviteur, tu dois trouver seul ton chemin…

Par deux fois, il [Lomeli] se leva de son lit et s’approcha de la porte, et par deux fois, il retourna s’allonger. Évidemment, il savait bien qu’il ne recevrait aucune révélation fulgurante, qu’il ne serait envahi par aucune certitude soudaine. Il n’attendait rien de tel. Dieu ne s’exprimait pas de cette façon. Il lui avait envoyé tous les signes dont il avait besoin. C’était à présent à lui d’agir. Et peut-être s’était-il toujours douté qu’il devrait en arriver là, ce qui expliquait pourquoi il n’avait pas rendu le passe et l’avait gardé dans le tiroir de sa table de chevet.


jeudi 29 mai 2025

Le restaurant des recettes oubliées - Hisashi Kashiwai.


Caché dans les ruelles de Kyoto se trouve le petit restaurant des Kamogawa d’où s’élèvent d’exquises odeurs de riz cuit, de nabe et de légumes sautés. En plus de savoureux repas faits maison, Nagare et sa fille Koishi proposent une expérience qui sort de l’ordinaire : reproduire un plat que leurs clients ont en mémoire, mais dont la recette est depuis longtemps oubliée. 

Nabeyaki udon, sushis au maquereau, tonkatsu ou spaghettis à la napolitaine... pour chaque nouveau plat, la famille Kamogawa enquête et propose à ses convives de déguster une nouvelle fois les délicieux mets qui ont marqué leur vie. 

Et grâce à un soupçon de magie, ces saveurs perdues enfin retrouvées permettent de rêver à de nouveaux départs.



Lecture non prévue et de dernière minute pour boucler le Blossom Spring Challenge, Le restaurant des recettes oubliées n’en demeure pas moins une petite découverte sympathique.


Le roman propose un concept intéressant dans lequel nos protagonistes principaux, un père et sa fille, tiennent un restaurant mais aussi une agence d’enquêteurs gastronomiques. En plus de servir des repas faits maison, ils proposent à leurs convives de reproduire un plat qui les a marqué, qu’il s’agisse d’un repas de leur enfance, d’un met concocté par un être cher, ou qui est lié à un souvenir ou une personne.


Le roman est composé de six histoires dont le schéma reste le même. Le client trouve le restaurant, mange ce qui lui est proposé, puis le client est interrogé sur le plat qu’il souhaite retrouver. Origine des produits, temps de cuisson ou de préparation des ingrédients, lieu où le plat a été dégusté, en quelle compagnie, à quelle période de l’année, etc. Chaque détail, même minime, a son importance pour pouvoir recréer le plat. Ensuite, nos deux protagonistes donnent rendez-vous au client 15 jours après. Ensuite, le client revient, goûte le plat qu’il désirait et qui a été préparé par nos restaurateurs et ces derniers expliquent comment le cuisinier a mené son enquête et est parvenu à recréer le plat en question.


Le schéma répétitif des histoires peut déplaire. Pour ma part, comme il ne s’agissait que de six histoires, et que chaque plat et chaque client étaient différents, cela ne m’a pas gêné. Je regrette cependant de ne pas voir Nagare enquêter et que celui-ci se contente juste de raconter à ses clients son procédé. De ce fait, nous ne sommes que de distants spectateurs dans ce roman.


Je trouve aussi le concept du restaurant en lui-même étrange. C’est un restaurant caché, il n’a pas d’enseigne et ne dispose que d’une seule publicité qui en dit peu, et qui se revendique comme difficile à trouver et s’y complaît, ne désirant pas recevoir beaucoup de clients et semblant se contenter d’une petite poignée de clients, voire un à la fois. Koishi et Nagare imposent aussi le plat au client s’il vient pour la première fois et, seulement si le plat lui plaît et si le client décide de revenir une nouvelle fois, il sera servi le plat de son choix. Ça me semble bizarre et peu crédible mais, après tout, peut-être existe-t-il des restaurants avec le même concept.


Certains lecteurs ont déploré le peu d’informations sur Koishi et son père Nagare, ce ne fut pas mon cas. Je n’ai pas réussi à m’attacher à eux, je les ai même trouvé un peu antipathiques. Ils râlent souvent sur leur chat, Roupillon, parce qu’il agissait comme un chat et père et fille (mais surtout la fille) avaient parfois un comportement sec ou colérique envers les clients, surtout Koishi envers son propre père ou lorsqu’elle interrogeait les clients et qu’elle était frustrée ou irritée de leur réponse.


Cela dit, la force du roman ne repose pas tant sur les personnages mais sur son concept (retrouver des plats disparus de la même façon qu’une enquête policière) mais aussi son ambiance très dépaysante qui nous fait voyager au Japon, et qui nous fait découvrir davantage sa culture mais aussi et surtout la gastronomie (à noter que ce roman parle aussi de plats occidentaux). Et, ce qu’on peut dire, c’est que ça donne faim ! Chaque chapitre nous donne envie de nous replonger dans les plats de notre enfance ou bien de déguster de bons plats japonais et, là, je vous avoue, j’ai très envie de gyozas au poulet et de karaage, mais je m’interroge tout de même : si je pouvais déguster un plat associé à un souvenir, lequel choisirais-je ?


Ce que je retiendrais donc surtout du roman, c’est son ambiance japonaise dépaysante et son concept original qui permet, à chaque chapitre, de replonger dans le passé de chaque client et de lui faire revivre les émotions qui accompagnent la dégustation d’un plat qui l’a marqué et qui était préparé par un être cher. C’est la preuve qu’un plat est plus qu’un moyen de se nourrir, c’est vecteur de souvenirs, de nostalgies. On peut rattacher un plat à une personne, à un lieu, à un souvenir, quelque chose de très cher. Un plat peut nous rappeler un premier rendez-vous galant, notre enfance, un parent.


C’est très doux-amer car, dans ces histoires, il y a parfois un goût de regret. Une personne à jamais disparue, un plat que l’on mange pour la dernière fois avant de changer de vie, quelque chose d’inachevé. J’ai bien aimé l’histoire du client qui veut manger une dernière fois au plat de son épouse décédée avant de mener une nouvelle vie dans une autre région et avec sa nouvelle compagne, mais aussi l’histoire du business man qui veut retrouver le ragoût au bœuf de sa mère, et sa relation avec sa belle-mère.


En somme, un roman court et sympathique qui se lit avec fluidité, avec un concept original et une ambiance dépaysante. Je trouve cependant dommage qu’on ne s’attache pas aux personnages et qu’on ne soit que des spectateurs distants car il n’y a pas réellement d’enquête à suivre, on se contente juste d’attendre que Nagare explique son procédé à ses clients. Ça reste une petite lecture sympathique et qui ouvre l’appétit !


Les gens prennent facilement les choses pour acquises. Même s’ils jugent qu’un nouveau plat est bon, peu à peu, cela devient banal. Il ne faut jamais oublier son premier ressenti.

vendredi 20 décembre 2024

Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? - Carène Ponte.


Victoria Delmas, trente-cinq ans, dirige d'une main de fer son agence de publicité. Dans son quotidien réglé comme une horloge, aucune place n'est laissée à l'improvisation, et encore moins aux relations humaines qu'elle considère comme une perte de temps pure et simple.

Jusqu'à un matin de décembre où sa vie bascule. Renversée par un bus, Victoria sombre dans le coma et atterrit dans un... centre de réhabilitation de Noël ! Cette mystérieuse organisation lui propose un marché : pour se voir accorder une seconde chance, elle devra se racheter auprès d'une personne qu'elle a fait souffrir par le passé, et ce avant le 26 décembre, minuit.

Une mission qui risque de lui donner du fil à retordre. Car si Victoria excelle dans son métier, nouer des liens avec ses semblables n'est pas son fort.

Mais s'il y a bien un moment de l'année où l'on peut espérer un miracle, c'est à Noël !


Après Embarquements immédiats pour Noël que j’avais beaucoup aimé, je me suis laissée tenter par un autre roman de Noël de l’auteure avec ce titre qui me paraissait bien prometteur.


Nous suivons deux femmes très différentes. Nous avons Victoria, une femme d’affaire ambitieuse qui ne vit que par et pour son travail, et qui doit être allergique au code du travail et à toute forme de divertissement. Elle tient d’une main de fer son entreprise et ne laisse aucune place dans son agenda pour les plaisirs, les loisirs ou l’amour. Puis, nous avons Dakota, orpheline qui vit avec sa grand-mère, et qui anime une émission de radio. C’est une jeune femme au grand cœur, tournée vers les autres, qui prend grand soin de sa grand-mère avec qui elle fait de nombreuses activités, et qui en pince pour un de ses auditeurs.


De façon paradoxale, j’ai préféré suivre Victoria que Dakota. En tant que personnage, j’ai trouvé que Victoria avait plus de peps et de saveur, et elle est assez amusante. Même si, avouons-le, avoir une cheffe comme elle serait un véritable cauchemar et on remercie le ciel qu’elle ne soit qu’un personnage fictif. J’espère en mon fort intérieure que l’auteure a bien poussé l’exagération même si je pense qu’il existe malheureusement des patrons comme ça.


Victoria tient vraiment d’une main de fer son agence de pub, et ne laisse aucune place au sentimentalisme, au lâcher-prise et à la convivialité. Elle interdit à ses employés de mettre des objets personnels sur leur bureau comme des photos de famille ou de leur animal de compagnie. Fêter Noël au bureau à travers un repas ou une réunion ? Il faudra lui passer sur le corps ! Un employé a de la fièvre et souhaite se reposer chez lui ? Qu’il prenne un paracétamol et vienne bosser ! D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à elle, elle interdirait les fenêtres dans les bureaux de ses employés, car ils seraient tentés de regarder par la fenêtre et cela les distrairait, et ça nuirait à la productivité ! Elle n’écoute que des podcasts sur la réussite professionnelle. Travail, productivité, rentabilité, voilà tout ce qui compte pour Victoria, qui doit très certainement avoir un compte LinkedIn et détester devoir dormir la nuit car cela fait des heures de travail en moins.


Bref, l’auteure fait tout pour nous la rendre détestable, mais elle est drôle par ces aspects (en tant que personnage j’entends, si elle existait vraiment, ce serait un cauchemar de patronne !)


Dakota est… sympathique, sans plus. Je m’attendais tout de même à ce que les deux jeunes femmes se lient davantage, car si Victoria tisse vraiment un lien avec quelqu’un, c’est avec son frère Austin qui ne la laisse pas indifférente, mais surtout Antoinette, dite « Mounette », la grand-mère de Dakota. Cela dit, on peut comprendre pourquoi. Mounette est hilarante, pétillante, même si elle commence à souffrir de troubles de la mémoire. C’est une bulle d’air frais et de bonne humeur, cette petite dame. On gagnerait tous à avoir une Mounette dans sa vie ! J’ai beaucoup aimé les interactions entre Victoria et Mounette, deux forces de la nature qui se rencontrent, pour former des étincelles. Là où Mounette ne jure que par des marathons de films Sissi pour Noël (la base), Victoria, elle, préfère encore Les Gremlins comme film de Noël.


C’est un roman de Noël divertissant qui fait passer le temps, il y a des répliques piquantes, des situations savoureuses. Sous couvert d’humour et de légèreté, l’auteure évoque des thèmes comme la solitude, la vieillesse, la réussite sociale, l’empathie. C’était intéressant de voir le développement de personnage de Victoria, dont on apprend qu’elle n’a pas toujours été ainsi mais qu’elle a été conditionnée par un père qui ne jure que par la réussite professionnelle et le travail, et qui l’a éduqué dans ce sens, en bannissant toute forme de divertissement.


Cela dit, je trouve à ce roman moins de saveur que Embarquements immédiats pour Noël que j’avais adoré. Je l’ai trouvé avec moins de mordant et de piquant que d’habitude avec des personnages un peu plus lisses, mais aussi une fin trop brutale à mon goût. La conclusion aurait mérité un peu plus de développement. En résumé, un bon petit roman de Noël qui ne me laissera pas un souvenir mémorable.


- Allons-y ! Et on les mangera devant Sissi !

- Tu veux encore regarder ce film ? me lamenté-je aussitôt.

- C’est une tradition de Noël ! Chaque année, juste avant de décorer le sapin, on regarde Sissi. Une tradition est une tradition, pas question d’y déroger.

- Tu aurais dû proposer ça à Lucienne hier soir.

- Pour qu’elle gâche tout ? Certainement pas ! Si tu veux mon avis, elle est encore pire que l’archiduchesse Sophie. C’est la belle-mère de Sissi, mais avec des hémorroïdes en plus !

jeudi 7 mars 2024

Changer l'eau des fleurs - Valérie Perrin.


Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.



Changer l’eau des fleurs était l’un des romans que j’avais le plus hâte de lire pour le Blossom Spring Challenge, ainsi je n’ai pas tardé à l’emprunter le plus vite possible à la médiathèque pour le lire.



Que dire, à part : quel ENNUI total et Dieu merci, je n’ai pas dépensé un seul centime pour ce livre !


L’histoire est celle de Violette Toussaint (nommée ainsi car sa peau était de cette couleur quand la sage femme l’a trouvé à la naissance, si, si), garde-cimetière dans une ville de Bourgogne, une femme abîmée par la vie mais qui continue à prendre la vie comme elle vient, à chérir son travail, son quotidien, sa petite maison, ses amis. Elle a pris l’habitude de recevoir les gens de passage ou les habitués du cimetière dans sa maison, à leur prêter une oreille attentive, découvrir leur histoire et celle du défunt que ces gens viennent voir. Petit à petit, nous sommes amenés à découvrir la vie de Violette, les drames qui ont parsemés sa vie, comment elle est devenue ce qu’elle est, etc.


Il m’est rapidement devenu évident que l’histoire allait être longue, et ça ne va pas en s’arrangeant. Tout continue à aller à un rythme lent, j’ai d’ailleurs fini par survoler des pages sur la fin. Si le « mystère » autour d’Irène Fayolle et pourquoi elle veut reposer auprès d’un autre homme que son mari ne m’a fait ni chaud ni froid, j’ai eu un semblant d’intérêt pour l’affaire autour de [spoiler] la mort de la fille de Violette et comment son père cherche à découvrir la vérité [/spoiler], et la thématique autour du deuil d’un enfant était vraiment touchante. Il y a aussi eu quelques petites rencontres sympathiques parmi les gens que Violette est amenée à rencontrer, et le petit groupe gravitant autour de Violette forme une dynamique plutôt sympathique (les employés du cimetière et des pompes funèbres notamment).


Ce qui m’a sauté aux yeux était aussi l’omniprésence des histoires d’amour, et par n’importe lesquelles. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que la quasi totalité des histoires d’amour n’était que l’objet d’une tromperie. Nous n’avons pas UN SEUL personnage, surtout féminin, qui ne trompe pas son conjoint ou qui n’est pas la maîtresse, sans que ces femmes veuillent quitter leur mari pour autant, sans doute pour ajouter de la tragédie à ces histoires d’amour, d’autant plus que ces femmes trouvent rarement leur grand amour auprès de leur mari mais toujours auprès de l’autre homme avec qui elles trompent leur conjoint. Qu’est-ce que je dois en déduire ? Qu’on ne peut connaître l’amour véritable qu’en trompant son conjoint et en allant coucher ailleurs ? Vu la panoplie de personnages et les histoires qu’ils racontent sur eux et sur le défunt qui leur est cher, je ne m’étonne pas de trouver des histoires de tromperie… mais enfin, quand c’est la quasi totalité des personnages, on est quand même en droit de penser que c’est exagéré, et que c’est romancer les histoires d’infidélité au maximum. À croire que l’auteure est allergique aux histoires d’amour sans infidélité.


Enfin… est-ce que je peux parler d’histoires d’amour quand il s’agit plus exactement d’une sorte d’« amour passion » qui est complètement déconnecté de la réalité, une sorte de folie qui prend chacun de ces personnages sans qu’on en perçoive la chaleur ou l’alchimie, d’autant que certaines de ces relations sont très discutables (un demi frère et une demi sœur, une tante et son neveu, etc), des viols banalisés, etc.


Le concept était pourtant intéressant. Notre personnage principal qui exerce le métier peu commun de gardienne de cimetière, découvrir davantage ce métier méconnu, les rencontres que Violette fait à travers son métier, découvrir ces personnes et leur histoire ainsi que l’histoire du défunt. L’occasion de découvrir une panoplie de vies différentes et passionnantes… mais la plupart de ces histoires ne sont que des romances et des infidélités. Pour l’originalité et la diversité, on repassera…


Ajoutez à cela des phrases dites à la Anna Gavalda, c’est-à-dire avec des métaphores qui ne tiennent pas debout, des phrases qui se veulent poétiques ou philosophiques mais qui sonnent très étranges. Vous voulez des exemples ?


« Je suis gardienne de cimetière, je ne bois que des larmes »
« Quand une femme perd son mari, on l'appelle une veuve. Mais quand une femme perd son amant, comment l'appelle-t-on ? Une chanson ? »
« L'automne est une berceuse pour la vie à revenir. »
« 
Mon mari avait 10 ans de plus que moi quand je l'avais rencontré. Cette différence d'âge lui donnait de la hauteur. J'avais l'impression d'être un papillon qui regarde une étoile »


De façon paradoxale, d’autres dialogues sont écrits avec une certaine vulgarité, notamment les scènes de sexe (et il y en a…), par exemple « Il m'a retournée. Sans me regarder. Il a baissé ma culotte, il a écarté mes cuisses. Pas de caresses. Pas de mots du tout. Il m'a baisé par derrière sans me regarder, me faisant pousser des cris de truie qu'on égorge » (très romantique tout ça…), ce qui ne colle pas avec l’ambiance générale du livre qui baigne le plus souvent dans le pathétisme et le tragique. Nous avons donc affaire soit à des dialogues crus, des longueurs, des répétitions, ou bien des phrases incompréhensibles dans leur poésie ou philosophie… Personne ne se parle comme ça dans la vraie vie, ce n’est vraiment pas crédible !


Concernant les personnages, je ne les ai trouvé ni attachants ni mémorables, y compris l’héroïne que j’ai trouvé insipide, apathique et manquant cruellement de caractère ou encore son mari qui est passé de salaud à victime le plus simplement du monde. Il y a quelques personnages comme LéonineSasha et Célia qui sauvent un peu les meubles, mais sans plus.


Bref, c’est un roman avec un concept de départ intéressant, il y a de bonnes idées, quelques passages sympathiques mais ça reste un pêle-mêle d’histoires sans queue ni tête, un roman composé à 99 % d’histoires de tromperies, avec une écriture déconcertante. Ce roman n’était vraiment pas fait pour moi. Après, je ne juge pas ceux qui l’ont adoré, à chacun ses goûts… Il faut dire que l’histoire a un vrai potentiel sympathique, mais je m’attendais à quelque chose de différent. J’admets ne pas être le bon public pour ce roman et je le laisse volontiers à d’autres lecteurs/trices plus enthousiastes que moi.


En général, les visiteurs aiment se prendre les pieds dans les chats du cimetière. Beaucoup d'entre eux se disent que leur défunt se sert des félins pour leur faire un signe. Sur la tombe de Micheline Clément (1957 - 2013) il est écrit : "Si paradis il y a, paradis ne sera que si j'y suis accueillie par mes chiens et mes chats."

samedi 13 janvier 2024

Our dining table - Ori Mita.



Yutaka est un jeune salarié qui a excessivement de mal à tisser des liens avec ses collègues. Très introverti, il se retrouve toujours seul lors de ses pauses déjeuner. Mais allez savoir pourquoi, il est un jour invité chez Minoru et Tane, deux frères croisés dans un parc, pour leur enseigner sa recette des onigiri. 

Depuis, Yutaka mange de plus en plus souvent avec eux, et progressivement finit par attendre ces rendez-vous avec beaucoup d’impatience. 

Ces moments de convivialité lui permettront-ils de s’ouvrir un peu plus au monde qui l’entoure ?



C’est l’histoire d’une rencontre de deux êtres solitaires et marqués par la vie. Nous avons Yutaka, jeune homme introverti, sans attache, qui a pris l’habitude de manger seul depuis son enfance. Puis, nous avons Minoru, qui élève son petit frère Tane avec son père depuis la mort de leur mère. Alors que Yutaka dégustait son onigiri dans le parc, il y fait la rencontre de Tane à qui il offre son plat et qui tombe amoureux de la cuisine du jeune homme. Tout ceci conduit Minoru à demander à Yutaka son aide pour l’aider à préparer de bons petits plats qui conviendraient mieux à un petit garçon en pleine croissance que les repas de fast food ramenés par leur père. Au fil du temps, Yutaka se met à attendre avec de plus en plus impatience ces rencontres et retrouver cette petite famille dans lequel il semble s’être trouvé une place.



Ce manga est une bulle de douceur et de gourmandise, une histoire d’apparence simple mais chaleureuse. Une lecture cocooning parfaite pour l’hiver, voire pour le reste de l’année mais qui donne aussi faim… terriblement faim ! Car le thème de cette histoire, c’est la nourriture. La mangaka démontre bien qu’un repas n’est pas uniquement le moment de la journée où l’on se restaure, c’est un véritable moment de convivialité, dans lequel on se retrouve. On retrouve la notion de partage et d’échange, que ce soit pendant la préparation des repas ou lorsqu’on se retrouve pour manger et qu’une bonne compagnie peut rendre la nourriture encore plus savoureuse et apporter une ambiance très chaleureuse. Yutaka le sait mieux que quiconque, lui dont les tragédies de la vie l’ont amené à manger en solitaire et qui a perdu le goût des ambiances de repas chaleureuses et conviviales. Et, mine de rien, qu’est-ce que les différents plats japonais présents dans ce manga donnent envie !!



Yutaka, introverti et solitaire, re-goûte donc à la joie de préparer des repas et de manger en communauté en compagnie de Minoru et de Tane. Tane est une adorable petite pile d’énergie et Minoru, sous ses airs un peu grognon, est un grand frère dévoué qui a tout abandonné pour se consacrer à sa famille. Aucun personnage ne laisse indifférent et c’est avec plaisir qu’on les suit dans ce one-shot et les voir passer du temps ensemble.




C’est un manga qui aborde également plusieurs thèmes comme le deuil, la solitude, l’abandon, le rejet, le manque de confiance en soi, mais qui reste très optimiste et chaleureux car on y parle également de cuisine comme lien social (bon après les visuels des différents plats donnent très envie, je l’avoue), du don de soi, d’épanouissement, de liens qui se tissent. La romance entre Yutaka et Minoru arrive doucement et de façon naturelle, et reste douce et pudique (donc si vous cherchez quelque chose de mature et d’explicite, ce manga ne correspondra pas à vos attentes). Nous avons Yutaka qui s’épanouit en trouvant sa place dans cette petite famille, comme s’il en avait toujours fait partie, accueilli avec plaisir par Minoru, Tane et leur père, si bien que la romance entre Minoru et Yutaka semble naturelle. C’est plus qu’une romance, c’est notre protagoniste qui apprend à faire partie d’une famille sans que cela se fasse uniquement dans un sens car Yutaka apporte aussi beaucoup à cette famille.



Si je devais chipoter, je dirais que certaines choses se font un peu trop rapidement, qui pourrait trouver crédible que Minoru demande à un parfait inconnu des cours de cuisine, uniquement parce que son petit-frère est tombé amoureux de la cuisine de Yutaka, ou qu’un petit garçon aille quémander à un inconnu son repas et que le dit-inconnu accepte de lui donner l’intégralité de sa nourriture, ou que Tane s’attache bien vite à Yutaka, mais c’est une histoire qui fait du bien donc je suis prête à laisser passer ces détails.



Our dining table est un manga doux et chaleureux autour du thème de la cuisine comme moment de partage et de convivialité, avec des personnages attachants, une petite romance tout en douceur, des moments de convivialité autour d’une petite famille. Je remercie Anders de me l’avoir recommandé et que je conseille aussi de découvrir ! Une lecture doudou pour réchauffer nos cœurs en cette période de froid.

mercredi 6 décembre 2023

Embarquements immédiats pour Noël - Carène Ponte.


Les jumelles Carpentier sont aussi proches que différentes. Et la période de Noël ne fait pas exception : la première ne rêve que de chalet sous la neige et de feux de cheminée ; la seconde, de sable fin et de cocktails rafraîchissants. Aussi, quand leurs parents décident de leur offrir à chacune un voyage surprise, Margot et Maggie ont pour mission de boucler leurs valises avec un seul indice, la garde-robe adéquate. 

Mais le jour du départ, elles découvrent avec horreur que l'agence de voyages a inversé leurs billets. L'erreur est humaine, paraît-il...

Margot et ses maillots de bain et robes légères s'envolent donc pour la Laponie, tandis que Maggie, bottes de neige aux pieds, débarque aux Seychelles.

Et si la magie de Noël était capable de faire aimer l'impossible ?



Je débute cette nouvelle édition du Cold Winter Challenge avec cette petite comédie de Noël très sympathique, signée Carène Ponte, que j’avais eu l’occasion de découvrir lors du Ice Cream Summer Challenge de 2022 avec Et que quelqu’un vous tende la main.



Maggie et Margot sont deux sœurs jumelles (mais pas nées sous le signe des Gémeaux), très proches mais aussi différentes que le jour et la nuit. Maggie est une véritable fanatique de Noël, s’attelant chaque année à donner le meilleur d’elle-même en ce qui concerne les cadeaux et la décoration. Pour elle, Noël ne peut qu’être synonyme de neige, de sapin, de chalet, de rennes, etc. Quant à Margot, la vision de son Noël idéalisé réside plutôt sur une île paradisiaque, à se dorer la pilule au soleil tout en sirotant un cocktail devant de belles eaux turquoises. Alors que les jumelles s’apprêtent à fêter Noël avec leurs parents, ces derniers lui font une révélation fracassante : il n’y aura pas de Noël en famille cette année. Les parents projettent en effet de réveillonner au cours d’un safari en Afrique, et ont décidé d’offrir aux jumelles un voyage pour Noël. Maggie s’envolera donc vers la Laponie pour vivre au maximum l’expérience de Noël tandis que Margot pourra enfin vivre son Noël idéal aux Seychelles. Les jumelles sont enthousiastes jusqu’à ce qu’elles s’aperçoivent, le jour du décollage, qu’il y a eu confusion dans les billets…



Maggie et Margot vont dons devoir affronter leur déception et faire contre mauvaise fortune bon cœur. Bien entendu, chaque jumelle est persuadée qu’elle va passer le pire Noël de sa vie mais, au gré de leurs rencontres et de leurs activités, leurs vacances vont prendre une tournure différente de ce qu’elles avaient imaginé au départ. Elles vont même prendre plaisir à fêter Noël différemment et voir changer leur vision de la vie.



Le pitch de départ est assez simple et l’histoire ne brille pas par son originalité. On voit arriver gros comme une maison la tournure de l’intrigue. Cependant, la formule reste efficace, et le roman est très divertissant, donc pourquoi s’en priver ? Je ne recherche pas la complexité dans une comédie de Noël, juste à me détendre et à passer un bon moment. Objectif réussi pour ce roman de Noël. C’était divertissant de voir nos jumelles sortir de leur zone de confort et découvrir une différente façon de vivre et de célébrer Noël.



J’avoue me reconnaître davantage en Maggie, qui est fan de Noël et qui est exigeante, voire méfiante envers les hommes. Pourtant, alors que je pensais m’attacher davantage à elle, c’est Margot que j’ai préféré suivre, à la fois parce que le Noël en Laponie me semble plus idyllique pour se mettre dans l’ambiance de Noël mais également parce que c’est un personnage qui m’a touché. C’est un personnage avec ses insécurités, qui se voit comme la fille ratée, à l’inverse de sa sœur, la fille brillante qui a fait des études de médecine et qui est devenue pédiatre. Elle ne se sent pas à la hauteur, est persuadée au fond d’elle que ses parents préfèrent Maggie de par sa réussite professionnelle alors que Margot est divorcée et qu’elle doit vivre chez sa sœur en attendant de se remettre sur pied. Bien qu’elle adore sa famille qui l’adore en retour, cela n’empêche pas ses insécurités. Ses failles nous rendent Margot touchante, et j’ai aimé suivre ses mésaventures en Laponie mais surtout comment elle a mis tout en œuvre pour aider Tanya, une jeune fille venant de perdre sa mère. Je remercie d’ailleurs l’auteure de ne pas avoir fait de romance de Noël entre Margot et le père de Tanya. Cela aurait été de mauvais ton, alors que cette petite famille vient juste de perdre leur mère et épouse, et puis on a bien besoin de romans de Noël qui soient autre chose que des romances.



À l’inverse de sa sœur, l’évolution de Maggie est moins nette, plus restreinte. Ses insécurités sont moins nettes par rapport à celles de sa sœur et, s’il y a évolution, elle nous marque moins que celle de Margot. Elle est moins pertinente [spoiler] sortir de sa zone de confort pour accepter les relations sans lendemain, juste pour prendre du bon temps, au lieu d’être restrictive en choix d’homme et d’attendre le bon pour se mettre en relation [/spoiler] et ne m’a pas touché. Toutefois, j’ai tout de même apprécié suivre ce personnage, son amitié naissante avec Sophia, et découvrir les Seychelles et leur façon de fêter Noël, ce qui était dépaysant et offre un sacré contraste avec ce que vit Margot en Laponie. C’était donc intéressant de voir une autre façon de célébrer Noël, et que Noël sous le soleil pouvait être tout aussi magique tout en gardant les fondamentaux de cette fête, à savoir le partage et l’amour.



L’autre point fort du roman, c’est son humour qui est omniprésent, à la fois par la plume de l’auteure mais aussi les réflexions de nos jumelles, surtout lorsqu’elles sont confrontées à ces lieux touristiques où elles n’imaginaient pas voyager un jour. Nous avons des situations cocasses et amusantes mais également des pointes d’émotion rendant le récit humain et bienveillant. C’est un roman drôle, ampli d’amitié et d’amour familial. Tout ceci me fait demander, quel Noël m’aurait fait le plus vibrer, où j’aurais souhaité fêté Noël (j’avoue que le Noël en Laponie m’attire davantage, mais je suis une grosse frileuse donc je ne sais pas si j’aurais apprécié tout ce froid haha).



« - Je rentre demain, déjà… Je vais retrouver ma sœur et mon quotidien. Mais jamais je n’oublierai ces quelques jours ici. J’étais persuadée que j’allais passer le pire Noël de ma vie, que je ne réussirais pas à me mettre dans l’ambiance avec tout ce soleil et ces plages paradisiaques. Grâce à toi, Sophia, j’ai découvert que l’esprit de Noël pouvait se trouver n’importe où. Peu importe le décor ou la température, ce qui compte c’est l’amour qui unit les gens, le plaisir qu’ils ont à partager ensemble ces moments précieux. Je n’ai pas vu de rennes, ni rencontré le Père Noël, mais je repars riche de plein d’autres choses. »