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mercredi 8 juin 2022

L'île au trésor - Robert Louis Stevenson


Tout va changer dans la vie du jeune Jim Hawkins le jour où le « capitaine », un vieux forban taciturne et grand amateur de rhum, s'installe dans l'auberge de ses parents. Jim comprend vite qu'il ne s'agit pas d'un client ordinaire. 

Ses soupçons se confirment lorsqu'un effrayant aveugle vient apporter au marin la tâche noire, symbole des pirates et synonyme de mort. Le jeune garçon se lance alors dans une périlleuse chasse au trésor.



Yoho, Yoho, a pirate's life for me ! 

... comment, c'est pas la bonne fiction ? 


Pour quelqu'un qui dit aimer la mer et s'intéresser aux histoires de pirates, je n'ai étonnamment rien lu à ce sujet jusqu'à présent, et je suis heureuse que le Ice Cream Summer Challenge m'ait motivé à découvrir enfin ce classique. Ce fut une belle surprise et une bien sympathique lecture ! J'écume les magasins et les sites internet à la recherche d'une adaptation de ce roman à me mettre sous la dent, après en avoir visionné quatre jusqu'à présent, pour dire à quel point je me suis attachée à l'histoire !


L'histoire nous est narrée par le jeune Jim Hawkins qui gère l'auberge L'Amiral Benbows tenue par ses parents et chez laquelle un vieux marin nommé Billy Bones a trouvé refuge. Méfiant et paranoïaque, il semble redouter l'arrivée d'un homme à une seule jambe et demande au jeune Jim de garder l'œil en échange d'un peu d'argent. Si aucun unijambiste ne vient perturber son séjour, Billy Bones est pourtant retrouvé par ses anciens camarades, dont un vieil aveugle qui lui remet la tâche noire, signe de mort chez les pirates. Son effroi face à ce macabre présent et une santé déjà fragilisée par une surconsommation d'alcool ont vite raison de Bones.


En fouillant dans les affaires du mort, Jim découvre une carte au trésor et comprend vite que des personnages bien plus sinistres que l'aveugle comptent retrouver Billy Bones et récupérer la carte par tous les moyens. Fuyant l'auberge avec sa mère, Jim trouve protection auprès du docteur Livesey et de Trelawney, le châtelain, qui s'intéresse de près à la carte de l'île sur laquelle le célèbre pirate, feu capitaine Flint, aurait dissimulé son trésor après avoir tué une partie de son équipage pour garder le secret. Désirant partir à la recherche de ce trésor, Trelawney s'entoure du docteur Livesey et fait de Jim un mousse, et décide de mettre tout en œuvre pour trouver un navire et composer une équipe pour partir à l'aventure... mais Trelawney ne sait pas tenir sa langue et très vite, la nouvelle d'une expédition pour le trésor de Flint parvient à des oreilles indiscrètes, notamment celles de pirates ayant fait partie de l'équipage de Flint...


Carte de l'île au trésor
(Cliquez ici pour une meilleure qualité)



J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, même si rien ne le présageait au départ, notamment avec ses quelques longueurs (notamment au début). C'est un véritable roman d'aventure sur fond d'histoire de pirates et de chasse au trésor. C'est le dépaysement assuré avec son île au sable chaud et doré, son soleil brûlant, les oiseaux qui hurlent, des squelettes qui s'accompagnent au paysage, sans oublier le vocabulaire marin et de la piraterie. 


Cette histoire nous est contée par notre protagoniste, Jim Hawkins, relayé parfois par le docteur Livesey quand Jim n’assiste pas à des évènements nécessaires à l’avancée du récit. Pourtant, j’ai senti une réelle différence. Là où Jim offrait un récit rythmé, cette deuxième voix narrative a quelque peu alourdi le récit. Si les péripéties ne manquaient pas, il me tardait de retrouver la voix de Jim.






Si l'intrigue est assez simple, à savoir la chasse au trésor, elle reste assez plaisante pour qu'on s'intéresse à l'histoire et que les pages se tournent avec plaisir. J'ai aimé cette histoire de trésor, caché par le capitaine Flint, qui est mort sans avoir livré son secret, et voir d'autres pirates, anciens compagnons de Flint, traquer ce trésor tout en étant hantés par le souvenir de Flint qui plane comme un spectre au-dessus de leurs têtes sitôt ils ont posé un pied sur l'île. R.L. Stevenson n'est pas avare en scènes d'action : mutinerie, combat entre l'équipage du navire et les pirates qui s'y sont infiltrés, course poursuite sur le navire ou sur l'île hostile, les efforts déployés pour survivre sur une île quand on est acculé par des pirates, la chasse au trésor bien-sûr, etc.


Les personnages ne sont pas en reste. Long John Silver est, de loin, le meilleur personnage du roman, celui qui m'a le plus passionné. Son comportement toujours ambigu, son courage, sa soif d'or, sa violence de pirate, mais ses codes d'honneur, sa sagesse, son intelligence, ses qualités d'orateur se mêlant à son vocabulaire de marin et de pirate, sa ruse. Il est roublard, trompeur mais tellement charismatique et sympathique, si bien qu'on espère qu'il s'en sorte, bien qu'il soit pirate. J'ai beaucoup aimé sa relation avec Jim Hawkins, le début d'amitié qu'ils tissent avant que tout ne bascule, et malgré la méfiance que Jim lui porte par la suite, il lui reconnaît ses qualités, sait qu'il ne peut compter que sur lui lorsqu'il se retrouve en compagnie des pirates, et souhaite même qu'il échappe à la justice.


Le protagoniste, Jim, n'est pas en reste. C'est un personnage plaisant à suivre, débrouillard, sensible, qui brave les dangers malgré ses peurs et qui mûrit au fil des pages. Je regrette qu'il n'ait rien dévoilé sur son devenir à la fin du roman, et qu'il s'est contenté de raconter ce qu'il était advenu des autres personnages, bien qu'il révèle être toujours hanté par l'île et ses fantômes. Les autres personnages sont corrects dans l'ensemble, se révélant plein de ressources, tels le capitaine Smollett, le Dr Livesey ou encore Trelawney, bien qu’ils auraient mérité un peu plus de développement afin qu’on puisse mieux s’attacher à eux.



Long John Silver, par Lorenzo Nuti sur Tumblr (Lien)


Les rebondissements ne manquent pas, des secrets se dévoilent, l'action est au rendez-vous, l'humour aussi ! Je repense encore à la scène où [spoiler] le capitaine Smollett prétend ne pas connaître le capitaine Silver, tout en sachant très bien que le pirate a pris sa place de capitaine, ou lorsque Silver se tire d'un mauvais pas parce que les pirates ont arraché la page d'une Bible [/spoiler]


Si je devais reprocher quelque chose au roman, outre quelques longueurs, c’est le vocabulaire de la marine et des pirates qui est parfois un peu complexe sans parler de l'emploi du subjonctif et autres temps littéraires. Le livre est supposé être un roman d’aventure pour la jeunesse, mais la lecture peut s’avérer laborieuse pour un jeune public. Même du haut de ma petite trentaine d’années, j’ai eu un peu de mal par moment, mais on ne peut pas nier que les aventures proposées ne peuvent que plaire à un jeune public.


Pour résumer : un bon roman d'aventure avec des pirates, une île mystérieuse et une chasse au trésor qui s'annonce comme la lecture idéale pour tout friand d'aventure, de pirates ou tout simplement pour bien se préparer pour l'été.


Je te le dis, je n'ai encore rien vu de bien sortir de la bonté. Celui qui frappe le premier a raison. Les morts ne mordent pas.


samedi 21 novembre 2020

La Petite Boulangerie du Bout du Monde - Jenny Colgan.

Quand son mariage et son entreprise familiale font naufrage, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Elle s'installe seule dans un minuscule appartement situé au-dessus d'une boutique laissée à l'abandon. Pour se remonter le moral, elle se consacre à son plaisir favori : fabriquer du pain. Alors qu'il n'y a plus dans le village qu'une boulangère irascible au pain sans saveur, les arômes de levain qui s'échappent de chez elle attirent très vite la curiosité et la sympathie des habitants. 

Petit à petit, d'échanges de services en petits bonheurs partagés, elle ravive l'esprit d'entraide et de partage dans le village. Au fil des rencontres farfelues (un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands) et au gré des événements heureux ou tragiques qui touchent la communauté, ce qui ne devait être qu'un simple " break " devient l'entreprise de sa vie. Polly se révèle enfin à elle-même : une femme déterminée et créative, prête à mordre dans la vie comme dans une mie de pain chaude et croustillante. 


Sans aller jusqu’à dire qu’il y a des mois que j’aime et d’autres que j’aime moins, je dois avouer ne pas trop aimer le mois de Novembre que je trouve long, gris et déprimant, la situation actuelle n’arrange rien. C’est pourquoi j’avais envie d’une lecture plus légère, surtout après ma lecture précédente, chaleureuse, un roman « feel good », qui fait du bien… sans aller dans la guimauve, ceci dit. Ce roman me faisait envie depuis un petit moment déjà, j’ai pensé que si je devais me mettre à lire un roman « feel good », ce devait être celui-là.


L’histoire débute assez mal pour notre héroïne, Polly. L’entreprise qu’elle a mené avec son compagnon a fait faillite, elle n’a plus les moyens de vivre dans son appartement et, en conséquence de ces événements, son couple bat de l’aile et son fiancé (et non pas son mari, comme annoncé dans la quatrième de couverture), Chris, décide de mettre un terme à leur relation et de retourner vivre chez sa mère. Déprimée et presque sans rien, Polly décide de prendre le large. Vu son petit budget, elle ne peut s’offrir que la location d’un appartement en piteux état à Mount Polbearn, une île dans les Cornouailles qui se révèle être un coin totalement perdu de l’Angleterre, avec peu de commerces et de divertissements. Heureusement, il y a une boulangerie, une aubaine pour Polly qui adore tout simplement le pain… Malheureusement pour elle, Mrs Manse, la boulangère et également la personne qui lui loue l’appartement, est une vieille dame acariâtre dont le caractère est aussi mauvais que son pain et ses pâtisseries. Polly se sent seule et désespère de remonter la pente, dans son petit appartement froid. Heureusement, elle se lie d’amitié avec les pêcheurs du coin, ainsi qu’avec un tout jeune macareux qui s’est inopinément retrouvé chez elle en pleine nuit, pendant une tempête. Et puisqu’elle ne trouve pas le pain local à son goût, elle décide de renouer avec son ancienne passion : faire du pain… sans se douter une seule seconde qu’elle allait attirer des curieux, des curieux affamés qui vont vite tomber sous le charme de ses préparations culinaires !


Le schéma de l’intrigue reste assez classique, on le retrouve facilement dans plusieurs fictions et notamment les films de noël : le personnage principal est au plus bas, il perd son emploi, conjoint, domicile ou autre, il déménage ailleurs pour changer d’air et changer de vie, il déprime, se remet en question, fait des rencontres, commence à aller mieux, se prend en main, trouve un emploi où il se sent épanoui, il se peut même qu’il rencontre l’amour de sa vie, la communauté dans lequel il est venu habiter est chaleureux, il y a de l’amitié et de l’entraide… Le roman reprend nombre de ces points, mais l’histoire reste assez plaisante pour qu’on ne s’en formalise pas. J’ai pris plaisir à suivre Polly tout au long de l’histoire, même si j’ai trouvé le début un peu long, son arrivée sur l’île, son emménagement, sa découverte des environs. J’ai beaucoup aimé la voir se lier d’amitié avec les pêcheurs du coin, tous les plus sympathiques les uns que les autres, et aussi sa rencontre avec un petit macareux qu’elle nommera Neil, qui aime suivre Polly partout et surtout manger ce qu’elle confectionne !


C’est un roman qui donne faim ! Le pain est l’élément moteur de cette histoire. Du pain, du pain et encore du pain. Polly voue presque un culte au pain, si bien qu’elle aurait très bien pu emménager en France, elle y aurait trouvé son bonheur, car elle ne le trouve pas auprès de la boulangerie de l’île. Polly en profite donc pour mettre la main à la pâte, et de redécouvrir une ancienne occupation qu’elle adorait : confectionner du pain. Il y en a pour tous les goûts ! Pain blanc, bagel, beignets au maïs, petits pains à la cannelle, etc. C’est à nous mettre l’eau à la bouche, on imagine presque l’odeur du pain chaud et croustillant qui sort du four et plus on avance dans le livre, plus on a désespérément envie de manger du pain. Polly adore le pain et c’est très communicatif ! Je la jalouse presque de ce talent ainsi que de sa chance de se remettre sur pied et de la voir trouver un emploi qui lui plaît et des amis !


Couverture des éditions Folio
que j'aime beaucoup

La gourmandise tient donc une grande place dans ce livre (au point où l’héroïne participe, sans l’avoir imaginé au départ, à un trafic secret de ses pains !) , ainsi que les paysages de l’île. Une ville, presque un village, où tout le monde se connaît, une vie près de la mer… c’est une ode aux choses simples de la vie, comme s’asseoir face à la mer tout en dégustant une brioche, confectionner une mie de pain, rendre visite aux commerçants, aller voir ses amis pêcheurs et leur apporter une boisson chaude et des pâtisseries et discuter autour de cette collation. C’est un livre qui fait l’éloge des choses simples, avec Polly découvrant qu’elle n’a pas d’autre choix que de se contenter du minimum, mais prend goût peu à peu à sa nouvelle vie.


Les personnages sont plaisants à suivre, pour la plupart. Je me suis attachée à ce groupe de marins pêcheurs, notamment Tarnie, marin taciturne un peu brut mais sympathique, et Jayden, jeune pêcheur qui n’aime pas la pêche. Kerensa, la meilleure amie de Polly, était plutôt pétillante et pleine d’entrain, et une vraie citadine qui, si elle ne comprend pas le changement de vie de Polly, est toujours là pour elle. Huckle, l’Américain qui a changé de vie pour être apiculteur, est plutôt sympathique dans l’ensemble, bien qu’un peu distant. Quant à l’héroïne, j’ai pris plaisir à la suivre sans l’adorer ni la détester. J’ai aimé sa passion pour le pain, sa capacité à se relever, son courage pour tout reprendre à zéro avec peu de moyens, sa bonne humeur… et surtout son petit macareux !! J’ai aimé son évolution (et j’ai été un peu jalouse, avouons-le, c’est le genre d’évolution heureuse qu’on souhaiterait vivre) et la voir se familiariser avec une île qui lui paraissait d’abord sombre et hostile et la voir comme son chez soi, un lieu apaisant, simple et chaleureux, avec une communauté sympathique dans laquelle l'océan tient une place prépondérante.


La Petite Boulangerie est un roman sympathique, distrayant et qui détend bien, ce dont j’avais besoin. Je déplore toutefois certaines situations peu crédibles et rocambolesques [spoiler] je n’ai pas été convaincue par la relation Polly/Huckle, et le coup classique de la femme qui part retrouver son aimé à l’autre bout du monde pour le convaincre de revenir. Je n’ai pas non plus été convaincue par la romance rapide entre Kerensa et Reuben qui a donné lieu à un mariage, alors qu’ils ne connaissaient à peine [/spoiler] ainsi que certaines facilités scénaristiques : Polly travaille en tant que boulangère, oui pourquoi pas, sauf que l’auteure idéalise un peu trop le métier de boulanger et néglige de parler de l’aspect financier, l’organisation, la vente, et les nombreux aléas du métier. Sans doute parce que c’est un livre feel good, même si cela n’a pas empêché l’auteure de mettre en scène un drame au cœur de son roman.


Malgré tout, le charme du récit opère, et ce roman se révèle être croustillant et chaleureux, l’idéal pour se détendre, sans besoin de réfléchir ou d'analyser, juste le plaisir de se laisser porter par l'odeur de l'iode et du pain, la pluie, le vent, les bons sentiments. J’ai fini par m’attacher à cette petite île, son port de pêche, ses habitants, son mode de vie, son isolement, ses paysages et, bien sûr, sa petite boulangerie. Malgré les petits défauts, j’ai pris plaisir à lire ce roman, c’est une histoire qui fait du bien, comme un chocolat chaud alors qu’il pleut et fait gris à l’extérieur, j’ai aimé ces habitants sympathiques et j’ai envié Polly. J’ai également apprécié l’initiative de l’auteure, en petit plus, de mettre en fin de roman les recettes que Polly utilise tout au long du roman. De quoi donner envie de les reproduire chez soi...


Polly entretenait un rapport très particulier avec le pain. En fait, elle lui vouait un véritable culte. Et il en avait toujours été ainsi. Quand il était de bon ton d'en manger, comme l'inverse, enfant comme adulte. C'était d'ailleurs ce qui faisait sa joie, au restaurant. Elle l'aimait grillé, aussi bien que nature. Elle l'aimait sous toutes ses formes, bagels, tartines gratinées au fromage, ou encore pain d'épices, ou pain tressé à l'italienne.

vendredi 13 novembre 2020

Agatha Raisin enquête (T.1) La quiche fatale - M.C. Beaton.


Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.



Depuis ces dernières années, les tomes de la saga d’Agatha Raisin envahissent les rayons des librairies françaises, il était ainsi difficile de ne pas passer à côté ! Avec de magnifiques couvertures et des romans promettant une intrigue policière bien british avec des airs à la Agatha Christie, j’ai fini par me laisser pousser par la curiosité.

Après avoir mené d’une main de maître sa carrière à travers son entreprise de relations publiques, Agatha Raisin décide de prendre une retraite anticipée dans un charmant petit village de la campagne anglaise. Elle s’y installe mais, très vite, l’ennui se fait ressentir chez cette femme autrefois très active. Dans l’espoir de se faire remarquer et de s’intégrer parmi les habitants, Agatha décide de s’inscrire à un concours de quiche. Ne sachant pas cuisiner car adepte aux plats à faire réchauffer, Agatha décide tout bonnement d’acheter une quiche aux épinards en magasin et de la faire passer comme sienne devant le jury du concours ! Non seulement, Agatha ne remporte pas le prix tant convoité, mais sa quiche a empoisonné l’un des juges. Pas de doute, Agatha Raisin s’est faite remarquer… mais pas de la façon dont elle l’espérait.

M.C. Beaton nous offre une enquête criminelle sur un ton léger et humoristique. Si vous vous attendez à une enquête complexe au suspense insoutenable, ce ne sera sans doute pas votre tasse de thé. L’enquête reste assez simple et classique qui va à son propre rythme, et qui est souvent entrecoupée de scènes du quotidien de l’héroïne, entre Londres et son petit village sur fond de tapisseries fleuries, de napperons et de commérages. Ne vous attendez pas à une traque sans merci du criminel ou de la recherche d’empruntes. Il s'agit avant tout d'un livre qui nous raconte un petit village anglais et sa face cachée, ce qui peut se trouver derrière les apparences idylliques, le tout raconté avec légèreté et humour. Toutefois, l’enquête reste assez divertissante et intéressante à suivre. De quoi se méfier des quiches aux épinards…

Le bémol de ce roman a été, pendant un temps, l’héroïne. Agatha Raisin est, en effet, une femme arrogante, antipathique, sans-gêne et rentre-dedans. Cela s’explique beaucoup au fait qu’elle n’a pas l’habitude de se lier avec des personnes, et que ses rapports avec le monde ont été majoritairement dans le cadre de son travail : caressante avec les clients, autoritaire avec ses collègues, impitoyable face à ses concurrents. La vie à la campagne ne se présente pas encore comme la retraite rêvée et elle s’ennuie vite. Quelque peu irritée de ne pas être remarquée, Agatha a l’idée de participer à un concours… et a l’audace d’acheter sa quiche au lieu de la préparer, de prétendre qu’elle l’a préparée, s'insurge lorsqu'elle perd, et persiste dans son mensonge devant la police ! Voilà qu’elle, jadis femme d’affaire à succès, peine à trouver sa place, multiplie les idées, frasques et gaffes et passe par toutes les humeurs.. Cependant, Agatha devient presque attachante au fil des pages et nous devient légèrement plus sympathique et même vulnérable – quoique, selon les pensées de son voisin, complètement cinglée – et cela laissera place à un progressif développement de personnage au fil des tomes au fur et à mesure qu’Agatha va s’habituer dans sa nouvelle vie et qu’elle va se dévoiler à nous.

J’ai bien aimé l’ambiance du roman. L’auteure nous plonge dans un petit village anglais typique, avec de l’humour potache, british, avec des habitants sympathiques ou antipathiques, qui ont leurs petites habitudes et secrets, avec ses commérages, des paysages vallonnés, des maisons pittoresques habitées par des personnages so british et suintant de secrets inavouables. Parmi les habitants, j’ai bien apprécié la femme du pasteur et surtout l'officier Bill Wong qui s’est pris de sympathie pour cette drôle de dame et qui lui a souvent rendu visite, et ce serait plaisir de les retrouver dans les prochains tomes, de même que Roy, l’ancien collègue d’Agatha. On retrouve également quelques clins d’œil, par-ci par-là, à Agatha Christie. D’abord l’héroïne, en plus de porter le même prénom, lit ses romans à plusieurs reprises.

Si je n’ai pas eu le même engouement des foules pour ce premier tome, j’ai tout de même passé un agréable moment avec ce premier tome, assez pour envisager de lire la suite et, pourquoi pas, toute la série en picorant une enquête en passant. En choisissant ce livre, je cherchais avant tout un petit polar léger, sans prise de tête, agréable à lire, divertissant, avec un ton bien British et Agatha Raisin est la recette parfaite pour ce genre de littérature ! Je retenterai donc l'expérience avec cette drôle de dame, détective amatrice à en devenir, avec le prochain tome bientôt...


Agatha rentra chez elle d'un pas lent. Elle prit son petit déjeuner et essaya de se plonger dans la lecture d'un Agatha Christie, mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Quel était l'intérêt d'une énigme policière imaginaire, quand il y en avait une bien réelle dans son village ? Mrs. Cumming-Browne avait-elle estourbi son mari en assenant un coup de tisonnier sur le sommet de son crâne pointu ?

mercredi 23 septembre 2020

L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde - Robert Louis Stevenson.


Comment l'excellent docteur Jekyll, éminent scientifique et membre de la meilleure société londonienne, a-t-il pu se lier avec M. Hyde, un homme violent et sans éducation ?

Ses amis s'inquiètent : n'a-t-on pas vu le sinistre M. Hyde se glisser, aux petites heures du matin, chez le docteur, en utilisant sa propre clef ?

Il ne fait aucun doute que le docteur Jekyll cache un effroyable secret...



Ce roman s'est toujours présenté comme l'une de ces célèbres histoires que je me devais de découvrir un jour, sans avoir eu la motivation pour le faire. Je profite du Pumpkin Autumn Challenge pour découvrir enfin ce classique, ce dernier me paraissant approprié pour le sous-menu "Métamorphose".

L'histoire commence avec Gabriel Utterson, un notaire londonnien, qui se promène un soir avec son cousin éloigné Enfield. Alors qu'ils passent devant une étrange demeure, Enfield raconte à Utterson une histoire dont il fut le témoin : alors qu'il rentrait chez lui, Enfield aperçoit une petite fille courant dans la rue ainsi qu'un homme d'aspect répugnant qui finissent par se heurter. Simple accident, sauf que l'homme piétine la fillette sans pitié avant de poursuivre sa route, sauf que l'événement finit par attirer la foule, dont fait partie les parents de la fillette. L'individu, qui s'est présenté comme étant Edward Hyde, décide de rentrer chez lui avant d'offrir un chèque de dédommagement aux parents. Utterson reconnaît avec stupéfaction la maison comme étant celle de son ami, le Dr Henry Jekyll. Troublé par cette histoire, il décide de relire le testament que Jekyll lui avait donné et constate que tous les biens du docteur, s'il venait à lui arriver quelque chose, seraient restitués à Edward Hyde. Utterson s'inquiète face à cette étrange association entre son ami, un homme irréprochable, et un homme aussi violent que ce Mr Hyde et s'interroge : son ami serait-il victime du chantage et des mauvaises mœurs de Hyde ? Utterson décide d'en savoir plus sur cette sombre affaire et mène une enquête personnelle...

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde est une histoire que nous connaissons pratiquement tous et toutes sans l'avoir nécessairement lu. C'est un récit culturellement reconnu depuis le début (la première adaptation date de 1908 !). J'avais en tête l'image du Dr Jekyll buvant le contenu d'une fiole avant de se transformer en homme d'apparence monstrueuse. Cependant, j'ignorais la structure fantastique de l'histoire, ses personnages (outre le docteur et son alter-égo), le suspense ainsi que l'idée philosophique impliantque nous avons tous et toutes un Mr Hyde en nous (et pas juste mes agaçants voisins et certains membres de ma famille. Ahem).

Robert Louis Stevenson | Wiki Littérature | Fandom
Robert Louis Stevenson
Nous avons donc affaire à un chef d'œuvre de la littérature, l'un des exemples les plus connus de la littérature gothique, ce qui fait que la révélation de l'histoire nous est déjà connue ! Le Dr Jekyll et Mr Hyde ne forment qu'une seule et même personne ! J'ai regretté connaître cette révélation car, comme Utterson et l'entourage du Dr Jekyll, j'aurais aimé ne découvrir le fin mot qu'à la fin de l'histoire, être prise par surprise et choquée, comme la célèbre révélation que Dark Vador fait à Luke Skywalker dans Star Wars. Toutefois, le fait de connaître ce plot twist ne gâche que peu le plaisir, qui se trouve davantage dans la manière de RL Stevenson de traiter le sujet et les révélations finales du Dr Jekyll.

Si le thème n'est pas inédit, le roman est l'exemple le plus connu traitant de la dualité entre le bien et le mal, qui est au cœur de la nature humaine. Fasciné par la question des personnalités multiples, ou plutôt de la multiplicité au sein d'une même personne, RL Stevenson nous raconte les expériences menées par le Dr Jekyll. Ce personnage est conscient d'avoir une part sombre et malfaisante en lui et il est partagé entre la fascination et la répulsion de cet autre lui ; il prépare alors une formule scientifique à base de poudres chimiques pour tenter de dissocier son côté bon de son côté mauvais, de faire tomber cette barrière entre le bien et le mal, en pensant être pleinement lui et se débarrasser des mauvais actes que son bon côté désapprouve. 

Sa préparation scientifique fonctionne au-delà de toute espérance et donne à son mauvais côté la forme d'Edward Hyde, un petit homme dénué de conscience et dont l'apparence répugnante reflète la laideur de son âme. Seulement, au fil du temps, Hyde finit par échapper au contrôle du docteur et commet des actes irréparables, mettant Jekyll au pied du mur car Hyde a été aperçu avec les clés de sa maison dans laquelle il entre et sort à sa guise. La situation empire alors que Hyde commence à se faire connaître de la police et que Jekyll s'aperçoit qu'il a besoin de sa formule non plus pour se transformer en Hyde mais pour tenter de redevenir Jekyll, ses transformations en Hyde devenant de plus en plus incontrôlable. Ne pouvant plus maîtriser ses transformations et les actes de Hyde devenant irréparables, la santé du Dr Jekyll se dégrade, et qu'il commence une longue descente aux enfers. Mais tout cela, nous le découvrons que vers la fin du roman.

Tout au long de l'histoire, nous suivons l'avoué Utterson qui s'interroge sur cet étrange Mr Hyde qui le répugne par sa violence, et son association avec son très estimé ami, Henry Jekyll. Mauvaise compagnie ? Chantage ? Poussé par ses inquiétudes et son amitié pour Jekyll, Utterson mène sa propre enquête personnelle alors que Hyde continue à faire parler de lui, terrorisant d'abord le personnel du docteur puis la population de Londres. J'ai aimé suivre cette histoire à travers les yeux d'Utterson. S'il paraît être un peu froid de prime abord, je n'ai pu m'empêcher d'être touchée par l'amitié sincère qui le lie à Jekyll et qui le fait mener l'enquête sur Hyde, pour délivrer Jekyll de ce poids, et qui cherche jusqu'au bout à aider son ami, jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Jekyll-mansfield.jpg
Richard Mansfield dans son rôle
de Jekyll/Hyde dans la pièce de 1887/1888
Ce roman a un aspect fantastique que j'ai beaucoup aimé, à travers les recherches scientifiques de Jekyll pour dissocier sa part sombre de son bon côté, jusqu'à ce qu'il trouve la formule qui le transforme en Mr Hyde, il y a un petit côté horrifique dans cette idée de transformation, et tout le processus de métamorphose que subit le Dr Jekyll. À travers cette transformation, l'auteur aborde un sujet universel : le propre de l'humain est de reconnaitre le bien du mal et on peut être tenté par la part la plus sombre.

Le fait que l'action de cette histoire se déroule dans le Londres de l'époque victorienne n'est pas anodin. En effet, cette société est reconnue pour être un exemple de rigidité en terme de code de conduite et d'un certain puritanisme de façade chez les classes privilégiées. Le Dr Jekyll fait partie d'une classe privilégiée et il est ainsi soumis aux règles rigides et contraignantes de la société dans laquelle il vit. Conscient de la présence de son côté sombre qui le répugne et le fascine, il décide de dissocier les deux. Edward Hyde serait ainsi libre d'exprimer ses désirs, même les plus sombres, sans qu'Henry Jekyll n'en soit inquiété et continue à faire preuve de bonté. Hyde serait ainsi le masque pour assouvir ses désirs sans risquer d'être jugé par la bonne société victorienne et tout en conservant les avantages de son rang. On peut d'ailleurs voir en Hyde un clin d'œil, puisque son nom ressemble au verbe "hide" en anglais qui signifie "se cacher" ou ce qui est caché.

Penser que Jekyll et Hyde sont deux personnalités différentes serait se tromper. Si Mr Hyde ne reconnaît pas les limites imposées par la société et agit selon son bon vouloir, Jekyll n'est pas innocent dans cette affaire. Il ne ressent, au départ, aucune culpabilité face à cette expérience qui va contre les lois de la nature et de la science, ce qui lui vaudra d'être fâché avec son collègue Lanyon, et il se sent libéré lors de sa première transformation, laissant Hyde agir comme il le souhaite, tant que Jekyll peut échapper aux conséquences : ce que fait Hyde ne concerne que lui et le docteur n'a pas à s'en inquiéter. C'est lorsque Hyde commence à commettre l'irréparable et que Jekyll se rend compte qu'il ne peut plus le contrôler qu'il réalise tout le problème de cette transformation. Hyde l'arrange, jusqu'à ce que les actions de son alter-ego vont trop loin pour son propre code moral. Il est coupable de cette création et en ayant laissé s'échapper volontairement son côté sombre. Toutefois, RL Stevenson ne conclut pas son roman sur une note sombre car [spoiler] Jekyll comme Hyde ont choisi d'écouter leur conscience, le bon côté [/spoiler]

On pourrait se dire que les scènes de violence ne sont finalement pas si nombreuses pour un être aussi horrible que Hyde, il s'avère que le récit n'est que la seconde, sinon troisième version. Le premier récit, inspiré d'un cauchemar de l'auteur, aurait tant révulsé sa femme par la crudité et la violence du texte qu'il partit en fumée. Et puis, je trouve que ce roman a le charme qu'on trouve dans les romans de la fin du XIXe siècle, qui me plaît beaucoup. Ce roman fut une expérience littéraire intéressante, qui force à réfléchir et dont le souvenir va m'accompagner pendant des jours, voire des semaines. Un récit gothique court mais intéressant dans lequel RL Stevenson nous pose des questions sur la nature humaine, en gardant bien de nous donner des réponses !


Jour après jour, à la fois par le côté moral et le côté intellectuel de mon esprit, je m'acheminais régulièrement vers cette vérité dont la découverte partielle allait me condamner à un si terrible naufrage. L'homme, en arrivais-je à conclure, n'est pas un être unique, mais un être double [...] 
Je me disais : "Si chacun d'entre eux pouvait être localisé dans une personnalité distincte, la vie serait libérée de tout ce qui nous est insupportable ; le méchant suivrait sa voie sans crainte, délivré des aspirations et des remords de sa meilleure conscience ; et le juste s'avancerait fermement et sûrement sur le chemin de la perfection, faisant le bien dans lequel il trouve son plaisir et sans s'exposer davantage à la honte et aux remords par les actes de son mauvais génie. C'était le fléau de l'humanité que ces deux fagots de bois différents fussent attachés ensemble et que, dans l'angoisse qui fait le fond de notre conscience, ces deux frères ennemis dussent toujours et constamment lutter entre eux. Mais voilà ! Comment les dissocier ? 
10. Le Dr Jekyll s'explique.

dimanche 6 janvier 2013

Ma vie aventureuse - sir Arthur Conan Doyle.

"Que reste-t-il aujourd'hui d'Arthur Conan Doyle lorsque l'on cesse d'évoquer cette part de son oeuvre qui, jusqu'à la fin des temps, escamotera son nom au profit de celui qui lui survit avec infiniment plus d'aplomb et de caractère ?"

Cette phrase, par laquelle François Rivière ouvre la préface à Ma Vie aventureuse, exprime l'incontournable nécessité de découvrir qui était réellement - selon lui, il est vrai... - l'immortel père de Sherlock Holmes et de son biographe, le docteur Watson.

Derrière une personnalité hors du commun marquée par la présence indissociable de « ma'am », comme il surnommait sa mère, Arthur Conan Doyle avait choisi de vivre sa vie comme une aventure. Son embarquement sur un baleinier dans l'océan Arctique, ses voyages en Suisse, en Afrique de l'Ouest ou en Égypte, son engagement durant la guerre des Boers en Afrique du Sud, voire son entrée en politique, toutes ces étapes de sa vie, Arthur Conan Doyle les vécut sous le signe de l'Aventure héroïque.

Il ne nous reste plus qu'à suivre cette « vie aventureuse » et de glaner, çà et là, les clefs pour comprendre le créateur d'un mythe littéraire immortel et hors du temps.


A ceux me suivant depuis suffisamment longtemps pour connaître mes goûts littéraires, mon amour envers Sherlock Holmes n'est plus un secret ; il fait, après tout, parmi de mes premiers coups de cœur littéraires, ce qui m'a donné envie d'en savoir plus sur ce personnage de fiction et m'a conduit à m'intéresser de près à l'auteur qui est loin d'avoir eu une vie bien ennuyeuse et banale ! Cet ouvrage à caractère autobiographique m'a, un jour, été présenté par Matilda qui en avait fait la critique sur son blog et j'ai eu la chance, bien plus tard, de tomber dessus par hasard à la médiathèque. C'était une occasion à ne pas louper !

Nous connaissons tous Sherlock Holmes pour la plupart, mais la triste réalité est que nous ne connaissons que trop peu son auteur, étouffé par son personnage mythique. Ce qui est dommage car, à travers son écriture, sa voix, sa vie, on se rend compte qu'on a vraiment loupé quelque chose et que le Monsieur s'avère plutôt sympathique et a eu une vie, comme l'indique si bien le titre, aventureuse. Et c'est pourquoi cette autobiographie est intéressante : pour découvrir l'homme au-delà de son oeuvre ; bien que Sir Doyle ne pouvait pas parler de sa vie sans évoquer son oeuvre, que ce soit Sherlock Holmes ou ses autres écrits. En soi, Conan Doyle se révèle être un homme droit, intelligent, et sympathique. Bref, il nous donne envie de l'avoir connu. (même si, évidemment, quand on écrit sa propre vie, on a tendance à vouloir se montrer sous un jour favorable ; Sir Doyle a au moins le mérite de nous faire part de ses défauts). Et si j'ai trouvé quelques défauts dans cette autobiographie (vous verrez quoi plus bas), je pense que tout holmesien qui se respecte doit lire cet ouvrage, ne serait-ce que pour mieux découvrir la vie du Monsieur. Donc, avis à mes lecteurs, je risque de pondre pas mal sur ce livre et vous risquez d'avoir une petite indigestion Doylienne (et pourquoi pas d'époque victorienne) !

Petit schéma classique : Doyle débute très bien en commençant son récit à partir de sa naissance et son enfance avec un père poète, rêveur, assez mal dégourdit, laissant à sa femme le soin de faire toutes les tâches et d'essayer de subvenir aux besoins d'une famille nombreuse. De son enfance, nous passons à sa scolarité chez les jésuites, les cours, sa prise de conscience au niveau de la religion : Doyle est d'un caractère rationnel, ainsi bien que la religion ait tenu une place dans sa vie, il s'est rendu compte de l'incompatibilité de son caractère rationnel avec les croyances mais, sans être devenu agnostique, il est devenu athée (ne croyant donc pas en Dieu mais croyant tout de même qu'il existe comme une puissance supérieure que l'on ne peut expliquer) jusqu'à ce que plus tard, déçu par la religion catholique, il ne se mette à rechercher une autre religion. Doyle ne tarit pas d'éloges sur sa mère, nous donnant d'elle l'image d'une femme avec un caractère fort, brave, toujours là pour ses enfants. J'ai particulièrement aimé les nombreux efforts que Doyle fournissait pour qu'elle et le reste de la famille ne soient jamais dans le besoin ; j'ai également aimé son récit de ses études de médecine : les cours, les expériences professionnelles en travaillant d'abord comme assistant auprès de médecins consultants et ce qu'il en a tiré, et notamment sa rencontre avec le docteur Joseph Bell.

L'ouvrage commençait alors très bien, je passais mes soirées en décembre à lire les chapitres un à un. Certes, parfois Sir Doyle se perdait dans de longues descriptions, des détails inutiles, mais Dieu que c'était passionnant ! Je me plaisais à découvrir sir Arthur Conan Doyle mais voilà, le hic étant que s'il se perd dans les détails ou décrit longuement certains moments de sa vie, il ne le fait pas toujours pour les chapitres les plus intéressants de sa vie, un peu comme Joseph Bell. J'attendais avec impatience le moment où Doyle nous parlerait de son mentor, l'homme qui lui a inspiré Sherlock Holmes et si ce que Doyle nous dit du docteur Bell est intéressant, il ne s'étend pas assez sur le sujet et pourtant je rêve d'en savoir plus sur lui ! De même, son mariage avec sa première femme, la maladie de celle-ci, la naissance de ses enfants, la mort de sa femme, puis son remariage avec sa seconde épouse, ses expériences dans le spiritisme (Doyle, comme beaucoup d'auteurs européens du XIXe siècle, s'est essayé à ce genre de pratique très à la mode à cette époque)... Doyle en parle ou n'en parle pas, quand il en parle, ça n'est pas assez), de même il parle beaucoup de ses écrits... pour la plupart. Il ne parle guère des aventures de son professeur Challenger et parle vaguement des cris du public, de ses lecteurs pour faire revivre Sherlock Holmes.

Donc oui, Doyle peut être passionnant lorsqu'il raconte sa vie (rien que ses aventures sur un baleinier, les membres de l'équipage, les lieux qu'il a vu et visité ; son voyage en Egypte, en Afrique, puis en Europe... c'est qu'il en a vu des pays, le Monsieur !), mais parfois, il peut être bien bref ou se révéler parfois assommant quand il raconte certains menus détails de sa vie. Mais n'allez pas croire que cet ouvrage a été une déception ! En tant que Française, j'aime bien râler des fois ; mais j'ai trouvé pas mal d’éléments positifs dans cette autobiographie, surtout que Doyle sait être passionnant quand il veut et que j'en ai appris des choses sur lui : ses aventures sur un baleinier, ses nombreux voyages, sa famille en Ecosse, ses études en médecine, ses nombreuses rencontres avec James Barrie, auteur de Peter Pan, et qui était un bon ami de Doyle, lui ayant même écrit un pastiche sur Sherlock Holmes, un récit court et assez moqueur, et original : les deux clients de Sherlock Holmes ne sont autres que Barrie et Doyle eux-même ! Doyle nous fait même partager cette pastiche avec nous ; il nous relate aussi ses rencontres avec Oscar Wilde dont il avait une opinion très positive, en parlant avec respect ( "il joignait le tact à la délicatesse des sentiments" ) même s'il termine son portrait de monsieur Wilde de façon... assez étrange, notamment lorsqu'il parle de son procès. Preuve d'une possible homophobie de Doyle ?



Rien ne ressemblait moins à son premier naturel d'homme bien élevé. Je pensais alors, je continue de penser que la monstrueuse transformation survenue chez lui pour son malheur était toute pathologique, et que son cas relevait de l'hôpital plus que des tribunaux.

Chp 8. Mes premiers succés littéraires.


La consolation est que, malgré cette remarque, Conan Doyle parle toujours d'Oscar Wilde avec respect, au niveau de son tempérament et son oeuvre. Les chapitres sur son œuvres littéraires sont aussi passionnants : d'abord un hobbie, un passe-temps agréable qui l'apaisait, l'écriture est devenue un métier. Il est singulier de découvrir que Sherlock Holmes ne fut pas ses premiers écrits et qu'Une Etude en Rouge ne rencontrât qu'un succès mitigé... et que, sans ce fameux dîner organisé par le manager d'un magazine américain qui a encouragé certains auteurs britanniques à écrire un livre, Le Signe des Quatre n'aurait jamais été rédigé... puisque Doyle ne prévoyait pas de suite à la première aventure de Sherlock Holmes !

Tient, puisque je parle de Mister Holmes, nous connaissons bien tout... l'amour que Doyle a envers son personnage de fiction. Étouffé par Holmes, Doyle verra ses autres écrits oubliés ou moins lu par rapport aux récits sur le détective, au grand désarroi de Doyle qui ne voyait ses récits sur Holmes que comme un passe-temps, un divertissement quelconque. Allant de surprise en surprise lorsque des individus de tous genres, croyant dur comme fer que Sherlock Holmes était un individu en chair et en os, se mettaient à lui écrire des lettres à l'attention de Holmes ou même du docteur Watson : lettres exposant un problème, messages codés à déchiffrer et j'en passe des meilleures. Et lorsque je lis des pastiches ou fanfics sur Sherlock Holmes peu fidèles à l'univers, dénaturant totalement les personnages, je ne peux même plus dire "Conan Doyle se retournerait dans sa tombe si jamais il lisait ça"  puisque Doyle écrit, je cite :



Il va de soi qu'empruntant mes personnages et, dans quelque mesure, mes idées, Gillette [William Gillette, auteur et comédien américain] m'intéressait à l'entreprise, qui fut très heureuse. "Puis-je marier Holmes ?" me câbla-t-il un jour [...] "Vous pouvez le marier, le tuer, en faire ce qu'il vous plaira", lui répondis-je cordialement.

Chp 11. Sur Sherlock Holmes.

Mais, loin d'être un ingrat, Doyle est loin de détester son Sherlock Holmes qui l'aura accompagné pendant bien des années, avouant que sans lui, il ne serait jamais sorti de ses difficultés financières. Sans toujours rabaisser Holmes, il lui reconnaît des choses positives, nous révélant comment il s'y prenait pour écrire ses aventures (même si parfois, il choisissait de parler d'un sujet dont il n'avait que peu de connaissances (je prends l'exemple de Silver Blaze, dont le mystère repose sur les entraînements et courses de chevaux alors que Doyle n'y connaissait rien en cette matière !), parlant avec amusement ou consternation de l'influence de Holmes chez ses contemporains. Outre son célèbre détective, il nous parle de ses autres œuvres, ce qui m'a rendu très curieuse et m'a donné envie de les découvrir un jour.

En somme, j'ai beaucoup aimé découvrir cet ouvrage et ce, malgré les défauts que j'ai pu remarquer. Tout Holmesien qui se respecte trouvera cette autobiographie instructive et très intéressante ; j'espère néanmoins trouver, un jour, une biographie complète sur l'auteur, qui parlera des moments de la vie de Doyle que celui-ci n'a pas parlé ou alors que brièvement. Mais c'est un bon ouvrage qui m'a permis de connaître davantage Doyle à travers lui, que je ne regrette absolument pas d'avoir lu. (et maintenant, sus à l'autobiographie d'Agatha Christie!!)



Et, bien-sûr, écrire un billet sur l'autobiographie de sir Arthur Conan Doyle ce jour-ci n'a rien d'hasardeux car j'ai choisi expressément cette date pour cela. Aujourd'hui, 06 Janvier, je dis : Happy birthday, Mister Sherlock Holmes !




Périodiquement reviennent dans les journaux, avec la régularité d'une comète, certaines histoires de Sherlock Holmes, apocryphes, je n'ai pas besoin de le dire. 
L'une est celle de ce cocher de fiacre qui, à Paris, pendant qu'il me mène à mon hôtel, s'écrie tout à coup, en me regardant au fond des yeux : "Docteur Doyle, je vois que vous êtes allé récemment à Constantinople. J'ai aussi quelque raison de croire que vous avez passé à Budapest, et je gagerais que vous avez dû, à un moment donné vous trouver très près de Milan." "Merveilleux ! lui dis-je. Cinq franc si vous me donnez le secret de votre découverte." "Eh bien, j'ai lu les étiquettes de vos bagages, me répond l'astucieux collignon."


Chapitre 11. Sur Sherlock Holmes.

mercredi 28 juillet 2010

La pensionnaire voilée - sir Arthur Conan Doyle.


En vingt-trois années d'activité, Sherlock Holmes a résolu des centaines d'énigmes. Des archives constituées au fil du temps - et qui contiennent, souligne le malicieux médecin, de quoi tenir en respect pas mal de monde... - Watson extrait ici une demi-douzaine d'histoires. Par la variété de leur inspiration et l'ingéniosité de leur construction, ces Nouvelles Archives appartiennent au meilleur de l'œuvre de Conan Doyle.







Et voilà terminée ma lecture du canon holmesien avec ce recueil qui présente les dernières nouvelles qui me restaient à lire. Ça me fait tout bizarre je l'avoue, et je ne suis pas rassasiée pour autant ! Il ne me reste plus qu'à rechercher des pastiches...

Dans ce recueil se trouvent six nouvelles :

La pensionnaire voilée, Sherlock Holmes reçoit la visite d'une logeuse qui a une locataire bien singulière : en effet, son visage est caché, bien à l'abri des regards sous un voile. Cette logeuse, Mrs Merrilow, a croisé accidentellement ce visage, et il était affreusement mutilé ! Qu'a-t-il bien pû se passer pour cette femme d'habitude si calme, qui se met maintenant à hurler chaque nuit 'C'est un meurtre ! Un assassinat !' et 'Bête féroce ! Monstre !'. Sa santé dépérit, c'est pourquoi Mrs Merrilow vient voir le détective en urgence...

Le problème du pont de Thor, afin de laver tout soupçons qui planent sur la gouvernante de ses enfants, coupable du meurtre de sa femme, Neil Gibson rend visite à Sherlock Holmes. Mais il s'avère que cet ancien sénateur a eu un mariage plutôt malheureux avec sa femme avec qui il était violent, et qu'il s'est vite prit d'affection pour la gouvernante. Pourtant, lorsque Mrs Gibson fut retrouvée baignant dans un bain de sang, la note près d'elle était signée de la main de la nurse. Et une des armes du crime, un révolver faisant partie d'une paire de deux, est introuvable...

L'homme qui marchait à quatre pattes, le professeur Presbury est fiancé à une jeune femme, la fille d'un collègue, et bien que le professeur ait déjà 61 ans, l'annonce du mariage n'a pas fait scandale, bien que ce ne soit pas le problème de son secrétaire, Mr Trévor Bennet, lui-même fiancé à la fille du professeur. Mais après quelques évènements, il ne peut s'empêcher de s'inquiéter et d'aller consulter Sherlock Holmes : en effet, le professeur disparait plusieurs jours sans raison, sans donner de nouvelles, sans compter que son fidèle chien se met soudainement à l'attaquer, son propre maître, et puis il y a ces lettres que Mr Bennet a interdiction d'ouvrir...

La crinière du lion, Holmes, en pleine retraite dans le Sussex, reçoit la visite d'un vieil ami, Harold Stackhurst, qui est directeur d'une école préparatoire. Pas plus tard après leur rencontre, ils tombent sur le professeur de science de Harold, titubant et agonisant, portant seulement un manteau et un pantalon. Il parvient à laisser échapper quelques mots avant de mourir, quelque chose à propos d'une crinière de lion. Peu après, c'est au tour du professeur de mathématiques de débarquer !

L'aventure de Shoscombe Old Place, John Mason, un entraîneur de Shoscombe Old Place, d'un stade de courses de chevaux, vient consulter Sherlock Holmes, concerné à propos de son maître, Sir Robert Nobertson. Il pense que celui-ci est devenu fou. Mason n'est pas vraiment sûr s'il veut voir Holmes enquêter sur cette affaire, mais il y a tout de même des choses qui le rendent perplexes, concernant Sir Robert, sa soeur Lady Beatrice... et ces os humains découverts dans les fourneaux de Shoscombe Old Place...

L'aventure du marchant de couleurs qui s'était retiré des affaires, Sherlock Holmes est engagé par un marchant de couleur du Lewisham à la retraite, au sujet de la disparition de sa femme. Elle serait partie avec un voisin, emportant une assez grosse quantité d'argent. Ce marchant, Josiah Amberley, veut les traquer à tout prix. Holmes se retrouve quelque peu occupé pour le moment avec une autre affaire, ainsi il envoie le docteur Watson en observation à Lewisham. Watson remarque alors l'étrange manie d'Amberley à toujours mettre en peinture sa maison...

C'était formidable de retrouver Sherlock Holmes, le docteur Watson dans de nouvelles enquêtes, bien qu'on sent quand même, via l'écriture et en comparant les premières nouvelles/romans, qu'on approche des dernières nouvelles écrites par l'auteur (bien que j'ai toujours l'espoir fou que l'on retrouve un jour, dans un lieu bien caché, d'autres nouvelles Holmesiennes de Doyle... c'est beau de rêver, non ?), mais bon, j'ai tout de même encore et toujours appréçié cette (re)lecture, comme lors de la prmeière lecture, j'ai essayé de trouver le coupable avec Holmes (ne me souvenant plus trop de la tournures des évènements), j'ai quelques fois réussi, mais j'ai aussi surtout cherché les moments où Watson apparaissait, que voulez-vous ! C'est mon personnage préféré, et il n'y a que dans une nouvelle où il est absent : La crinière du lion, via la perpesctive de Holmes, agréable changement, quand on est habitué à suivre les aventures du détective sous le regard du bon docteur.

Agréable lecture, que voulez-vous que je vous dise de plus ? Il faut lire les nouvelles (et les romans) pour vraiment apprécier le Maître, alias Sherlock Holmes, et de partir avec lui à la chasse aux indices et aux criminels avec le docteur Watson.



- Watson, me dit-il [Holmes], il me semble me rappeler que vous êtes toujours armé quand nous partons en promenade ?
Il était bien heureux qu'il en fût ainsi ! Car il se souciait si peu de sa propre sécurité quand son esprit l'absorbait dans un problème que plus d'une fois mon révolver s'était avéré un ami sûr. Je ne me gênai nullement pour le lui rappeler.
- Oui, oui ! Je suis légèrement distrait pour ces sortes d'affaires. Mais vous avez bien un revolver sur vous ?
Je le tirai de ma poche : c'était une arme courte, maniable, petite, mais très utile. Il mit le cran de sûreté, fit tomber les cartouches et l'examina avec soin.
 
Le problème du pont de Thor.

samedi 19 juin 2010

Son dernier coup d'archet - sir Arthur Conan Doyle.


Chacun sait que lorsque Sir Arthur Conan Doyle voulut faire mourir son héros, le désarroi et la colère de ses admirateurs furent tels qu'il dut s'arranger pour le ressusciter... Qu'on se rassure : le dernier coup d'archet que donne ici le plus célèbre violoniste de la littérature policière - également opiomane, botaniste, criminologue... - le laisse en parfaite condition pour de nouvelles enquêtes.

Dans les huit nouvelles de ce volume, son extraordinaire aptitude à la décision imprévisible et raisonnée lui permet de faire la lumière - entre autres - sur les menées d'un dictateur sud-américains en fuite ou les agissements de la mafia napolitaine à New York, aussi bien que de donner un sérieux coup de main, à la veille de la Première Guerre mondiale, au contre-espionnage britannique.

Comme il se doit, la brume londonienne enveloppe ces affaires ténébreuses, contées par l'indispensable Dr Watson avec l'art de la mise en scène et le sens du suspense qui ont fait du Signe des Quatre ou du Chien des Baskerville des classiques de la littérature mondiale.




Cela faisait un bout de temps que je n'avais pas parlé de Sherlock Holmes dans ce blog, maintenant c'est chose faite.

Ces nouvelles doivent faire partie des dernières publiées par Doyle, car on apprend dans la dernière nouvelle que Holmes se retire de sa carrière de détective, et d'ailleurs, ce récit se situe la veille de la première guerre mondiale, autant dire qu'on est loin des premières aventures du détective, ils ont vieillis et prennent leur retraite. Non pas que cela gâche les nouvelles, j'aime toujours autant retrouver Sherlock Holmes et le docteur Watson dans de nouvelles aventures, de nouvelles enquêtes tout aussi bien les unes que les autres. Ce n'est pas la même atmosphère qu'un roman holmesien, mais qu'importe, quel agréable moment de lecture !

L'aventure de Wisteria Lodge : Sherlock Holmes reçoit la visite d'un gentleman assez perturbé, John Scott Eccles, qui souhaite lui parler de quelque chose de "grotesque". Pas plus tard après son arrivée chez le détective que les inspecteurs Baynes et Gregson débarquent, souhaitant la déposition de Eccles au sujet d'un meurtre datant de la nuit dernière. En effet, une note trouvée dans la poche de la personne assassinée annonçait la venue d'Eccles dans le foyer de la victime la nuit dernière. Il est vrai qu'Eccles a passé la nuit chez la victime à Wisteria Lodge, mais à son réveil, il s'était retrouvé seul dans la maison. Le propriétaire et ses domestiques, partis... 

La boîte en carton, Miss Susan Cushing est troublée après avoir reçu, un jour, une boîte cartonnée contenant deux oreilles humaines. L'inspecteur Lestrade croit à une mauvaise plaisanterie de la part d'étudiants dans la médecine, mais Holmes pense différemment. ces oreilles proviennent peut-être d'une personne de l'entourage de Miss Susan. C'est pourquoi Holmes s'en va questionner la sœur de Susan...

L'aventure du cercle rouge, Mrs Warren, une logeuse, consulte Sherlock Holmes car elle doute de celui qu'elle loge : un jeune homme étranger mais parlant anglais qui lui offre le double pour le loyer ; ce mystérieux individu sort souvent, rares sont ceux qui le croisent. Ses requêtes sont envoyées sur papier, il mange peu, et reçoit peu de visiteurs ! 

Les plans du Bruce-Partington, la monotonie de Londres est chamboulée par la soudaine visite de Mycroft, le frère aîné de Sherlock Holmes, qui vient voir son cadet et Watson au sujet de plans secrets : sept pages sur dix manquent, et elles ont été retrouvées avec un cadavre, celui d'Arthur Cadogan West, un jeune clerg du gouvernement... 

L'aventure du détective agonisant, nous avons une Mrs Hudson très inquiète au sujet de monsieur Holmes qui n'a rien mangé et bu depuis trois jours, apparemment souffrant d'une rare maladie asiatique. Elle fait donc appel au docteur Watson, choqué de n'avoir rien su de la grave maladie dont est victime son ami. Celui-ci a un drôle de comportement, il refuse que Watson ne l'approche, et lui fait de drôles de demandes...

La disparition de Lady Frances Carfax où Holmes envoie Watson en Lausanne pour enquêter sur la disparition de Lady Carfax, femme célibataire, non mariée, Holmes étant étant trop occupé à Londres. Cette femme n'a jamais pu avoir accès à son héritage, à cause de son sexe, mais elle possède beaucoup de bijoux. Son ancienne gouvernante, Miss Dobney, avait l'habitude de recevoir du courrier d'elle chaque semaine, or, plus une lettre n'a été envoyée depuis cinq semaines... 

L'aventure du pied du diable, le docteur Watson emmène son ami pour un séjour aux Cornouailles, afin qu'il puisse changer d'air et se reposer, mais leurs vacances sont interrompues par un événement insolite : deux personnes du coin racontent l'étrange cas de deux frères devenus fous et de leur sœur décédée le temps de quelques heures. Melodrame, un gentleman nommé Tregennis déclare que c'est là, l'œuvre du Diable.  

Son dernier coup d'archet qui se situe à l'aube de la première guerre mondiale, un agent allemand s'apprête à quitter l'Angleterre, sa femme et son domestique étant déjà partis, il reste seul avec son logeur et sa collection de "secrets militaires britanniques", attendant un chauffeur pour le conduire à Berlin...

J’ai passé un bon moment avec ces nouvelles, comme toujours. J’ai retrouvé avec plaisir Mycroft Holmes et mon seul regret est que le grand-frère d’Holmes n’apparaisse pas aussi souvent car c’est un personnage intéressant.


Mes nouvelles préférées doivent être Son dernier coup d'archet et L'aventure du pied du diable, dans celle-ci, l'enquête est la plus intéressante et il y a un moment d'amitié entre Holmes et Watson lorsque l'enquête les met en danger, cela rattrape un peu l'attitude de Holmes envers Watson dans Le détective agonisant qui m'a fâché, j'aurais aimé que Watson soit un peu plus fâché, mais il n'a pas un caractère rancunier, je pense qu'il doit comprendre que Holmes se s'arrête à rien lorsqu'il enquête et que dans ce cas-là, il est comme une machine froide mais efficace. Et puis, j'ai particulièrement aimé Le pied du diable, je trouve que c'est là qu'on découvre la force mentale de Watson et la profondeur de son affection pour Holmes. En gros, un recueil de nouvelles Sherlock Holmes qui se laisse lire avec plaisir...




Madame Hudson, la logeuse de Sherlock Holmes, était une femme durement éprouvée. Non seulement l'appartement de son premier étage était envahi à toute heure par des cohortes de personnages singuliers et souvent indésirables, mais son remarquable occupant faisait preuve d'une excentricité et d'une irrégularité de vie qui avait sans doute mis sa patience à rude épreuve. Son incroyable désordre, son penchant pour la musique aux heures les plus étranges, sa pratique occasionnelle du revolver en chambre, ses expériences scientifiques bizarres et souvent malodorantes, et l'atmosphère de violence et de danger qui l'entourait en faisait de loin le pire locataire de Londres. D'un autre côté, il payait rubis sur l'ongle. Je ne doute pas que la maison aurait pu être achetée pour le prix que Holmes paya pour ses pièces pendant les années que j'ai passées avec lui.
 
L'aventure du détective agonisant.