mardi 20 octobre 2026

Rêve de Fèvre - George R. R. Martin.


Mississippi, 1857.

Quel capitaine de vapeur sensé refuserait le marché de Joshua York ? Cet armateur aux allures de dandy romantique offre des fonds illimités pour faire construire le navire le plus grand, le plus rapide et le plus somptueux que le fleuve ait jamais connu. En échange de quoi ses exigences paraissent bien raisonnables : garder la maîtrise des horaires et des destinations, et, surtout, ne jamais - à aucun prix - être dérangé dans sa cabine hermétiquement close, dont il ne sort qu'une fois la nuit tombée.

Voilà enfin l'occasion qu'attendait le capitaine Marsh, vieux loup de rivière aux proportions gargantuesques, pour relancer sa compagnie en perte de vitesse. Si ce formidable vapeur lui permet de coiffer ses concurrents au poteau, peu lui importe les lubies de l'étrange armateur. Jusqu'au jour où une vague de meurtres sanglants apparaît dans le sillage du Rêve de Fèvre...



En commençant ce roman, je m’attendais à une histoire où un capitaine était confronté à un étrange passager, vivant la nuit et au teint pâle, qui n’allait pas tarder à semer la terreur à bord du navire, et que nous aurions affaire à un huis-clos sur un bateau où les meurtres s’enchaînent, et qu’il devait faire face à cette menace pour l’empêcher de nuire à tout prix.


Rêve de Fèvre nous propose quelque chose de bien différent. Le capitaine Abner Marsh, propriétaire d’une petite compagnie de bateau, fait la rencontre du riche et charismatique Joshua York qui lui propose de construire un bateau à vapeur, le Rêve de Fèvre, qui l’emportera sur tous ses prédécesseurs en matière de magnificence et de vitesse. Ses seules conditions : accepter ses invités à bord, ne pas poser de question ni le déranger le jour. L’affaire semble d’abord louche pour Marsh, avant de se laisser convaincre et de s’associer avec York, avec qui il va naviguer sur le Mississippi en compagnie de l’équipage et des passagers. Cette étrange association se déroule bien, malgré les étranges habitudes de York. Peu à peu, Marsh finit par avoir des soupçons sur son associé.


Joshua York finit par lui avouer sa véritable nature : il est un vampire, et il a conçu un grand dessein pour ses semblables, pour qu’ils puissent vivre en paix parmi les humains. Mais, pour cela, il doit affronter Julian Damon, un vampire redoutable qui sévit à La Nouvelle-Orléans. Mais ce ne sera pas une mince affaire, car Julian a des projets concernant York, Marsh et le Rêve de Fèvre…


Une histoire de vampire qui se démarque de ses semblables, en nous offrant d’abord le cadre de La Nouvelle-Orléans et le Mississippi sur lequel les bateaux à vapeur règnent en maître. L’historique se mêle au fantastique, avec un mythe du vampire revisité et intervenant dans un contexte d’esclavage, où certains vampires trouvent chez les esclaves des victimes toutes désignées, qui ne seront pas recherchées par l’autorité en cas de disparition. J’ai trouvé intéressante la façon de l’auteur de revisiter la figure du vampire, en reprenant quelques caractéristiques bien connues (vivre la nuit, sang comme source de vie, le soleil qui est fatal), et en y apportant les siennes [spoilers] York devenu vampire sans morsure, le concept de fièvre rouge, de maître du sang, etc [/spoilers]


J’ai aimé le cadre des États-Unis de la seconde moitié du XIXe siècle, qui apporte un charme unique au roman, on s’imagine facilement à bord du navire, à naviguer de nuit le long du Mississippi. J’ai appris beaucoup de choses sur la navigation fluviale et sur les bateaux à vapeur.


Notre duo York-Marsh est attachant. Marsh est touchant, il n’est pas défini par son physique ingrat, car c’est un personnage sacrément impressionnant, avec une sacrée force de caractère. Il en a dans la cervelle, ce n’est pas une brute, même s’il se battra s’il le faut ! Et il est avant tout un homme de cœur, intègre et loyal. J’ai été touchée par la loyauté qu’il voue à York. Ils forment un duo touchant et efficace, et l’attachement qu’ils se vouent est palpable. York agit comme le parfait opposé de Marsh. Il est beau, charismatique, charmant, mais sous ce beau vernis se cache une créature assoiffée de sang qu’un manque de contrôle peut transformer en monstre. C’est un duo qui se complète et qui fonctionne bien, malgré les tensions et mises à l’épreuve que leur respect et affection mutuelle leur permettront de surmonter.


Face à eux, comme un effet miroir, nous avons un duo d’antagoniste : le maître de sang Julian Damon et son acolyte humain, Billy l’Aigri, tous les deux effrayants d’une façon différente. L’un est froid, sadique et calculateur, l’autre est davantage une force brutale. Les confrontations entre ces deux duos font donner des rencontres explosives, notamment entre York et Julian qui ont une façon différente de voir le monde : York qui pense que les hommes et les vampires peuvent cohabiter pacifiquement, et Julian pour qui les hommes ne sont ni plus ni moins que du bétail et que York est un fou pour aller à l’encontre de sa propre nature.


Malgré tout, le rythme lent du roman m’a parfois fait décrocher, malgré des moments plus dynamiques qui ont su éveiller de nouveau mon intérêt. Je ne pense pas que ce soit la faite du roman, ceci dit. Je pense que le fait que j’aie dû interrompre ma lecture pendant plusieurs jours et le fait que je n’étais moins dedans lorsque je l’ai reprise, a quelque peu entravé mon appréciation du roman car j’ai souvent eu du mal à avancer et j’ai survolé quelques passages. Je n’étais sans doute plus dans le bon moment pour lire ce livre, ce qui ne lui retire pas ses qualités. Ça reste un bon roman d’action qui mêle historique et fantastique, avec une revisite intéressante du mythe du vampire, et un duo de personnage touchant et qui fonctionne, et un épilogue très beau et poétique. Il faudrait que je le relise un jour, quand je serai dans de meilleures conditions.


- Nul n'est totalement innocent, répliqua Joshua York, mais ce poème me parle pourtant, monsieur Jeffers. La nuit est belle et nous pouvons espérer trouver la paix et la noblesse dans sa sombre splendeur. Trop d'hommes ont peur de l'obscurité en dépit de toute raison.

- Peut-être, dit Jeffers. Il faut parfois la redouter pourtant.

samedi 10 octobre 2026

La Belle et les Bêtes - Soman Chainani.


Vous pensez connaître ces histoires, n'est-ce pas ?

Vous vous trompez.

Vous ne les connaissez pas le moins du monde.

Un prince qui vit un éveil surprenant...

Une belle qui se bat comme une bête...

Un garçon qui refuse de devenir une proie...

Un chemin vers le bonheur qui est perdu... Puis retrouvé.



La Belle et les Bêtes est un recueil d’histoires courtes, et plus exactement une réécriture des différents contes qui ont bercé notre enfance. Pour ma part, ce fut une belle découverte. L’objet-livre en lui-même est très beau, il s’agit d’une édition brochée, et de jolies illustrations agrémentent les différents contes qui nous sont présentés.


Les réécritures de contes se font déjà depuis un bout de temps dans le domaine de la littérature, mais quand une formule fonctionne, ce serait dommage de s’en priver. J’aime beaucoup l’univers des contes, et chaque réécriture peut proposer quelque chose d’intéressant. Ce que j’ai beaucoup apprécié ici, c’est la manière dont l’auteur s’approprie ces histoires pour leur donner un autre souffle et les faire entrer dans l’ère du temps, et donner la part belle à la diversité.


Nous avons des personnages LGBT, des personnages appartenant à des ethnies différentes (et pas uniquement centré en Europe), des personnages féministes… et des histoires mettant en avant des problématiques et thématiques de notre société (la condition de la femme, notamment).


Ainsi, nous avons une version du Petit chaperon rouge plus féministe où le village sacrifie aux loups ses filles les moins belles, mais le chaperon rouge entend ne pas se laisser faire ; une Blanche-Neige à la peau noire comme l’ébène qui résiste contre sa belle-mère ; un Bel au bois dormant qui reçoit la visite d’un être buvant son sang chaque nuit ; une Raiponce qui rêve de liberté mais qui n’entend pas partir avec le premier prince venu ; un Jack considéré comme un bon à rien par sa mère et qui voit sa vie changer grâce à un haricot magique. Ou encore et si Hansel et Gretel se passait en Inde et la sorcière n’est pas celle à laquelle on pense, ou La Belle et la Bête en Chine et l’histoire qui ne se finit pas de la façon qu’on pensait, que Barbe-Bleue ne choisit plus de femmes mais de jeunes garçons de l’orphelinat mais que Pietro entend bien survivre à cette histoire, que Cendrillon se passe en Espagne et qu’elle se soit liée d’amitié avec une drôle de souris, que la sorcière des mers préfère plutôt débattre avec la sirène sur la nécessité d’avoir des jambes et son amour pour le prince, que Rumplestiltskin est le diable en personne, ou que Wendy raconte une toute autre version de Peter Pan.


Les contes n’ont pas provoqué chez moi le même intérêt. J’ai été assez déconcertée et déçue de La Belle et la Bête (mon conte préféré, dommage), j’aurais voulu que celui sur La Petite Sirène ne soit pas aussi court, et je ne suis pas sûre d’avoir compris l’issue de La Belle et la Bête ou du Bel au Bois Dormant. Malgré tout, j’ai apprécié la lecture de chacun d’entre eux. J’ai aimé la diversité de ces contes, les messages véhiculés, et de la façon de l’auteur de les réinventer. J’ai aimé sa plume, son imagination et son originalité. J’ai été particulièrement touchée par sa version de Jack et le Haricot Magique, ou d’Hansel et Gretel alors que ce ne sont pas habituellement les contes que j’aime le plus dans leur version d’origine. J’ai aimé aussi le fait qu’il conserve l’aspect sombre de ces contes. Comme les contes dont il s’inspire, il n’édulcore rien et certains contes ont même une fin douce-amère, mais la plupart des contes finit sur une note heureuse, offrant aux héros un « heureux pour toujours » bien mérité.


En résumé, une très bonne découverte ! En plus d’être un très bel objet, le livre nous propose des réécritures de contes de fées originales, percutantes, parfois sombres, et qui donnent la part belle à la diversité. J’ai passé un très agréable moment de lecture !


Mais bientôt, il sera réveillé par un doux jet de lait, et il réalisera que sa vache a grandi, comme lui, contre toute attente, comme un haricot qui germe dans le ciel, comme un haricot que les gens qualifient de magique, alors que la seule magie dont il ait jamais eu besoin, c'est l'amour.

vendredi 2 octobre 2026

Le Serment maudit - Julie C. Dao.



Elva cache un lourd secret. Depuis sa plus tendre enfance, elle est hantée par des prémonitions, un don qu'elle dissimule, consciente du sort réservé aux sorcières dans son petit village. 

Mais lorsqu'une vision dévastatrice condamne sa famille, la jeune femme n'a d'autre choix que d'accepter ses pouvoirs et de partir à la recherche de la sorcière des bois du Nord, celle que tous haïssent et redoutent. Ensemble, elles pourraient bien changer le cours de l'Histoire... et défier le Temps.

Alors que les aptitudes d'Elva grandissent et que les frontières entre le bien et le mal s'estompent, la jeune femme devra tenter de réparer les erreurs du passé avant que la magie ne détruise son monde.




Lorsque je suis tombée sur ce livre pour la première fois, je m’attendais à une histoire de fantômes (il faut dire que la couverture est trompeuse). Nous avons plutôt affaire ici à une histoire de sorcières, et de malédiction.


Oskar et Agnès forment un jeune couple venant tout juste de s’installer près d’un village dans l’Allemagne de la fin du XIXe siècle. Agnès noue une amitié, d’abord épistolaire, avec Mathilda, qui vit recluse dans la forêt. Consciente des difficultés du couple à concevoir, elle propose son aide à Agnès en échange d’une promesse d’amitié éternelle, ce qu’Agnès accepte avec joie. Mais l’amitié entre les deux femmes est vue d’un très mauvais œil par le village, car Mathilda est considérée comme étant une sorcière. Poussée par son mari et la crainte des « qu’en dira-t-on », Agnès finit par rompre sa promesse à Mathilda. Mais rompre une promesse de magie n’est pas sans conséquence… Après deux grands bonheurs, la famille vit un grand malheur.


Des années plus tard, Elva, la fille aînée d’Agnès, vit avec un don qu’elle cache au village, celui de voir l’avenir lorsqu’elle s’approche de l’eau. Suite à une terrible vision, et dans l’espoir de briser la malédiction autour de sa famille, Elva décide de se mettre en quête de Mathilda afin de tenter de changer le cours du destin… L’occasion pour elle de mieux comprendre ses pouvoirs et de les maîtriser.


Un roman jeunesse sympathique qui présente des clins d’œil aux contes de Grimm mais aussi (rien qu’un peu) au Magicien d’Oz, et qui véhicule de jolis message comme l’amitié (notamment transgénérationnelle), la solidarité, l’acceptation de soi, l’amour familial.


Le roman est porté par deux personnages : Elva et Mathilda, autour de qui va se nouer une relation, d’abord entre mentor-élève, puis une relation d’amitié sincère.


Mathilda est un personnage qui intrigue, nous sommes d’abord amenés à nous demander si elle est bien une sorcière ou si elle est rejetée uniquement parce qu’elle est différente. Elle a un vécu qui nous la rend sympathique. C’est un personnage blessé par la vie, qui s’est forgé une carapace pour ne plus être déçu, car elle a si souvent ouvert son cœur pour finir rejetée, ainsi elle a des réticences à s’attacher à quelqu’un et elle a le réflexe de repousser quiconque voulant s’approcher d’elle, pour s’éviter une nouvelle déception, ce que je conçois tout à fait ! Mais je pense que ses années de solitude et les déceptions l’ont rendu vraiment aigrie et irraisonnable [spoiler] au point de faire la tête à Elva et de lui reprocher le fait qu’elle a privilégié sa famille plutôt qu’elle. Alors, certes, je comprends le désarroi de Mathilda à qui Eva avait promis d’être présente à ses côtés, lors de son procès, mais de là à lui reprocher le fait qu’elle a préféré sauver son petit-frère ? [/spoiler]


Au final, cette jolie amitié intergénérationnelle entre Elva et Mathilda se révèle gâchée par le comportement de Mathilda que, même si je le juge compréhensif, ne m’a pas aidé à m’attacher à ce personnage plus que ça. Alors, certes, peut-être est-ce le but, de nous montrer que Mathilda n’est pas supposée être parfaite, et qu’elle doit tirer une leçon de tout cela, car à force de rejeter tout le monde, elle en subira inévitablement les conséquences, mais cela ne m’a pas aidé à m’attacher au personnage. J’aurais également souhaité que [spoiler] Agnès se rachète auprès de Mathilda, même un peu, même si ça voulait dire que Mathilda refuse quand même de renouer avec elle, au moins un geste d’Agnès pour défendre ou tenter de sauver Mathilda, au lieu de ça, cette belle amitié de début de roman reste à jamais fissurée, ce que je trouve dommage [/spoiler]


Peut-être est-ce l’innocence de la jeunesse, le fait qu’elle n’ait pas connu de déceptions comme Mathilda, mais j’ai préféré Elva, son courage, sa fougue, sa loyauté. C’est une protagoniste très plaisante à suivre, une vraie bouffée d’air frais, et j’ai aimé son évolution tout au long du roman, comment elle se forge elle-même son propre destin, et choisi de vivre comme elle l’entend, tout en continuant d’être loyale à sa famille. Je ne m’attendais pas à une telle fin, cela dit, et je pense que cela va amorcer un second tome, mais ce sera sans moi. Je n’ai pas été plus emballée que ça par ce roman.


En résumé, un roman jeunesse sympathique qui véhicule de jolis messages, avec des clins d’œil aux contes de Grimm qui ne pourra que plaire à ceux et celles qui ont été bercés par cet univers. Malheureusement, ce roman ne s’est pas révélé être ce à quoi je m’attendais. J’ai eu certaines attentes qui ont été concrétisées. Ce n’est qu’un avis purement personnel, et je ne doute pas que ce livre trouvera sans problème son public.


Beaucoup s’imaginent que les enchantements se résument à faire apparaître des choses de nulle part, mais ce qu’il ne comprennent pas, c’est que tout à un prix. Nous ne prenons jamais sans rendre en retour. Nous ne le pouvons pas.

mercredi 2 septembre 2026

Saigneurs - Lou Lubie.



En Transylvanie, pays de vampires, trois colocs humains luttent entre morsures, militantisme et secrets amoureux.

Dans une société dominée par les vampires, Anghel, un jeune humain, est mordu dans la rue. Tandis qu'il lutte contre sa transformation en goule, sa coloc Maggy devient militante pour les droits des humains. Impossible alors pour Iulia, leur troisième amie, d'avouer qu'elle est amoureuse d'une vampire !



L’histoire se déroule en Transylvanie, de nos jours. Vampires et humains cohabitent en parfaite harmonie. Du moins, sur le papier. Anghel, un jeune acteur en herbe, se fait attaquer et mordre par un vampire dans la rue et, lorsqu’il prend le courage d’en parler, reçoit des interrogations et des reproches : « Comment tu étais habillé ? », « Tu n’as pas recouvert ton cou, tu as provoqué le vampire », « Les vampires ont des pulsions, c’est dans leur nature ». Maggy se fait renvoyer de son travail, dominé par des vampires, parce qu’elle « l’ouvre trop » et, révoltée par l’agression d’Anghel, devient militante pour la cause humaine. Iulia, leur troisième colocataire, n’ose pas leur avouer qu’elle sort avec une vampire.


J’aime beaucoup le concept de cette bande-dessinée où Lou Lubie utilise la métaphore du vampire pour parler des inégalités et des violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes dans notre société. Ici, ce sont les humains qui subissent des inégalités et des agressions de la part des vampires, la classe dominante. Les agressions sont minimisées, on dit que c’est leur instinct, qu’ils ont des pulsions qu’ils ne peuvent contrôler, que les victimes veulent se rendre intéressantes. Si le vampire accusé d’agression est célèbre, il sera défendu corps et âme.


Bref, au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, celle-ci nous rappelle très vite les réalités de notre propre société. Certes, ce n’est pas subtil et je pense que cela s’adresse davantage à un public adolescent. Pour ma part, je trouve que c’est intelligent, bien pensé, et que c’est une façon originale de dénoncer les inégalités sexistes et sexuelles que subissent encore les femmes de nos jours. Saigneurs sensibilise avec intelligence et originalité ces sujets durs mais nécessaires de connaître.


Lou Lubie évoque d’autres thèmes tout aussi durs, comme la dépression, le racisme, le harcèlement. Malgré la dureté de ces sujets, il y a tout de même pas mal de passages assez amusants (les jeux de mots dans les publicités, par exemple), mais aussi des moments tendres et émouvants, notamment à travers l’amitié de nos trois personnages qui restent soudés, mais aussi l’amour de Iulia avec Andreea, vampire qui deviendra leur alliée, preuve que tous les vampires ne sont pas à mettre dans le même panier.


Une bande-dessinée originale et percutante. Je pense que je vais me pencher de très près sur les œuvres de Lou Lubie et suivre cette auteure pour ses prochains projets, ayant déjà beaucoup aimé d’elle La fille dans l’écran et Et à la fin, ils meurent : la sale vérité sur les contes de fées.

mardi 1 septembre 2026

Paix à mon âme - Sweeney Boo.


Dans les jours qui précèdent les célébrations de Samhain, le voile séparant le monde des morts et des vivants s’affine. 

Alors que la vie d’Abby suit son cours à l’Académie de sorcellerie de Younwity, Noreen, sa sœur de cœur, se volatilise mystérieusement. Mais les élèves, accaparés par les préparatifs, ne se soucient guère de sa disparition. Le cénacle des sorcières s’en occupe, répètent-ils. 

Seule Abby refuse d’abandonner Noreen. Avec ses amis, la jeune sorcière mène sa propre enquête, qui la pousse à exhumer de lourds secrets enfouis entre les murs de l’école depuis toujours. Jusqu’à la conduire tout droit dans la forêt interdite…


Une histoire de sorcière parfaite pour la saison ! J’ai été embarquée dès les premières pages, d’autant que les graphismes sont d’une beauté. Il y a plein de détails à découvrir, avec une palette de couleurs qui sied bien à l’ambiance automnale mais aussi à la fête d’Halloween, ce qui tombe bien parce que l’intrigue se situe pile dans cette période.


C’est joli, c’est vibrant, c’est coloré. Je ne peux que saluer le travail graphique qui est remarquable. Je me suis très vite retrouvée dans cette ambiance, qui donne envie de découvrir l’univers. J’ignore si cette histoire est un one-shot, car je ne dirais pas non à un autre tome, voire une série, histoire de bien développer l’univers mais aussi les personnages qui sont attachants pour la plupart – élèves comme professeurs – et à qui l’auteure a donné un vécu.


J’ai beaucoup aimé l’ambiance « dark academia » qui se dégage de l’histoire, avec l’école de sorcellerie, les élèves en uniformes et chapeaux pointus, les cours de magie, les personnages qui ont chacun leur familier, un animal qui parle. Bien-sûr, depuis le succès d’Harry Potter, l’histoire ne présente rien d’original mais c’est toujours intéressant de voir ce que d’autres auteurs font avec ce genre.


J’ai aussi aimé que l’histoire nous montre un peu de diversité et représentation LGBTQ+, même si cela reste en surface. Je comprends que ce ne soit pas le sujet de l’histoire, mais je suis restée un peu sur ma faim, à l’image de l’intrigue d’ailleurs.


L’intrigue est efficace, c’est rythmé et prenant, on passe d’un indice à un autre, d’une révélation à une autre, même si elle manque un peu d’approfondissement à mon goût. Le dénouement m’a paru un peu précipité, mais je n’ai pas gâché mon plaisir pour autant. J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire de la disparition d’élèves, la présence d’un mystérieux monstre dans la forêt, le fait que l’enquête trouve un écho à une affaire antérieure, s’étant déroulée des décennies auparavant, et que notre héroïne soupçonne ses professeurs de connaître.


Paix à mon âme ne brille pas par son originalité, mais qu’importe ! J’ai aimé cette ambiance « dark academia », l’immersion totale dans ce monde de sorcellerie, les magnifiques graphismes qui nous plongent, en même temps que l’intrigue, dans une ambiance d’Halloween et purement automnale. C’est magique et spooky à souhait.