mardi 26 mai 2026

[Bilan] Blossom Spring Challenge 2026.

 

Le mois de juin approche, il fait 30 ° sur le thermomètre et ce n’est qu’avec l’aide précieuse de mon ami de l’été, mon ventilateur, que je parviens à écrire cet article sans transpirer. Car le Blossom Spring Challenge se termine dans quelques jours. Pour ma part, j’ai terminé le challenge ce week-end, l’heure pour moi de dresser mon bilan.




La Volière aux souvenirs de Valérie Weishar Giuliani et Nina Jacqmin : une bande-dessinée douce et émouvante qui nous entraîne dans une histoire transgénérationnelle. À travers la grand-mère, la mère et la fille, c’est une histoire de famille compliquée, entre deuil, dépression, souvenirs et amour familial, et l’importance des origamis porteurs de souvenirs familiaux qui traversent le temps. Une jolie histoire tout en sensibilité, qui a frôlé le coup de cœur.


Complots à Versailles, de Bénédicte Carboneil / Carbone, Giulia Adragna et Annie Jay : Une bande-dessinée jeunesse que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Les aventures proposées, sous fond de complots et poison, sont rythmées et prenantes, avec de très jolis graphismes. Je déplore surtout le fait que les événements s’enchaînent trop vite, surtout dans les premiers tomes.


Les Disparus du Pays Imaginaire, de Aiden Thomas : Une lecture en demi-teinte. Il y a du très bon, comme les thèmes du deuil et du traumatisme décrits avec brio, la revisite du conte de Peter Pan réécrit de manière plus sombre et originale, l’ombre de Peter Pan comme double maléfique, et la relation Peter/Wendy est très touchante. Malheureusement, les aspects négatifs (les longueurs interminables, le manque de magie, le côté moderne) ont entaché mon appréciation. Ce roman ne laissera pas de trace impérissable, et j'en suis la première déçue.




Nos rendez-vous gourmands, de Gengoroh Tagame : Une histoire douce et gourmande, pendant la crise sanitaire, qui nous démontre que la cuisine, ce n’est pas seulement se nourrir, mais c’est aussi un moment convivial et de partage. L’amitié entre nos deux personnages glisse doucement vers la romance, sans tumulte, avec pudeur, comme une évidence. Une petite romance sous fond de gastronomie, un régal ! Cela dit, je reste un peu sur ma faim.


Sherlock Holmes et les ombres du passé de Thierry Niogret : Un recueil de nouvelles sympathiques. J’ai apprécié le schéma de ces nouvelles qui font références à d’anciennes enquêtes et font revenir des personnages rencontrés dans ces dernières. Elles sont assez oubliables, mais restent efficaces et permettent de passer un bon moment. J’ai beaucoup aimé celle avec Stamford, sans qui la première rencontre entre Holmes et Watson n’aurait jamais eu lieu.


Troubadours, princes et chevaliers, de Isabelle Lesteplume : Gros coup de cœur pour ce recueil de contes qui nous propose des histoires rythmées et intéressantes, avec des personnages attachants et des romances que l’on prend grand plaisir à voir se former progressivement.



Le petit guide de Miss Percy, ou comment élever un dragon britannique, de Quenby Olson : Malgré son potentiel, ses bonnes idées et son originalité, ce roman aura été un flop pour moi. Je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire du fait de son rythme et son style d’écriture qui alourdit le récit et a rendu l’intrigue longue… très longue… même la présence de l’adorable dragonnet n’a pas su redynamiser l’intrigue. Dommage…


Histoires de sororité, de Caroline Cohen Ring : Un ouvrage instructif et intéressant qui met en lumière les femmes de notre Histoire, surtout celles qui se sont soutenues, de la Préhistoire jusqu’à nos jours, de différentes façons : développer l’éducation des femmes, lutter pour le droit de vote, se protéger mutuellement, etc, mettant en lumière des figures méconnues de notre Histoire, le tout à travers de jolis dessins aux couleurs pastels.


La petite confiserie de l'allée nocturne, de Hiyoko Kurisu : Un roman doux, une lecture bonbon et feel good que j’ai pris plaisir à découvrir, et qui m’a permis de voyager un peu au Japon et découvrir l’allée nocturne avec ses commerces, ses lampions lumineux, Kogetsu et ses confiseries japonaises. Chaque histoire est bienveillante, avec une petite morale, et permet de passer un agréable moment de lecture.



Les Hauts de Hurlevent, de Emily Brontë : Un roman noir et oppressant. Il prend aux tripes, il ne laisse pas indifférent. C’est beau, poétique et sauvage, violent. Une sacrée découverte ! Pas un coup de cœur, mais indéniablement un roman qui laissera à jamais sa trace sur mon expérience de lectrice ! Je ne regrette pas du tout le voyage dans ces landes sauvages.


Perveen Mistry (T.1) Les veuves de Malabar Hill, de Sujata Massey : Un voyage instructif en Inde mais qui ne manque pas d’indigner concernant la condition de la femme. L’intrigue policière en elle-même était plutôt intéressante, mais je retiendrai surtout le voyage en Inde, ainsi que les flash-back sur la vie de Perveen. Une découverte sympathique, cela dit je ne pense pas lire la suite…


Vincent et Van Gogh, de Gradimir Smudja : Une bande-dessinée très, très, très haut perchée. Si j’ai apprécié la beauté des graphismes et les nombreuses références à la vie et à l’art de Van Gogh, je n’ai pas du tout adhéré à cette bande-dessinée très chaotique et trop déjantée à mon goût.


Les comptes à la loupe


Livres prévus : 12
Livres lus : 12


Le mot de la fin


Une édition un peu chaotique mais que j’ai heureusement pu finir à temps, sans trop changer ma PAL de départ. Il y a eu de belles découvertes, du bon et du moins bon, un seul coup de cœur, mais je reste plutôt satisfaite de l’édition de cette année et serai bien évidemment de la partie pour l’an prochain. À présent, il est temps que je m’attelle à la préparation de ma PAL pour le challenge de l’été.


Mon top 3
 ♥

Troubadours, princes et chevaliersI. LESTEPLUME

La petite confiserie de l’allée nocturneH. KURISU

Les Hauts de HurleventE. BRONTË

lundi 25 mai 2026

La petite confiserie de l'allée nocturne - Hiyoko Kurisu.


Problèmes de cœur ?

Quotidien morose ?

Laissez vos pas vous guider vers La Petite Confiserie Kohaku.

Quand vient le soir, les lanternes s'allument dans l'allée nocturne et attirent les âmes en peine. Les boutiques datent d'un autre âge, comme peuplées de fantômes. Une seule brille d'une lumière chaleureuse. Sur l'enseigne on peut lire : La Petite Confiserie Kohaku. 

Dans ce lieu enchanté, on trouve des bonbons de toute sorte. Le maître des lieux, un charmant jeune homme aux oreilles de renard, promet à tous ceux qui le rencontrent que ces friandises ont le pouvoir de changer leur vie. Une bouchée et... « Achetez, dégustez, vous verrez ! »



Je termine le challenge avec cette petite lecture bonbon et feel good que j’ai pris beaucoup de plaisir à déguster. Ce roman ne proposera rien d’original puisqu’il existe des romans avec un schéma similaire. Ici, nous suivons des personnes qui traversent un moment difficile ou qui ne sont pas bien dans leur peau. Ils tombent par hasard sur une confiserie tenue par un étrange personnage, qui se révèle être un yokai, et qui achètent une confiserie qui changera leur vie, ce qui va leur permettre de voir la vie autrement, voire de surmonter leurs difficultés.


Il y a cinq histoires en tout, ainsi qu’un épilogue.


Dans la première, on suit une lycéenne qui se sent délaissée par son petit-ami, accaparé par ses études. Elle ne veut en aucun cas compromettre ses études, juste un peu d’attention, un signe qu’il tient toujours à elle. Lorsqu’elle tombe sur la confiserie, elle achète des konpeito. Le vendeur la met en garde : en manger un par jour lui donnera un petit bonheur, une bonne nouvelle, mais elle doit prendre garde à ne pas dépasser la dose. La jeune fille est confuse mais suit ses instructions. Sitôt le premier bonbon mangé, son petit-ami la contacte. Elle suit ainsi ses instructions, gagnant chaque jour un petit bonheur. Puis un jour, elle se pose la question : que se passerait-il, si elle venait à en manger plusieurs ?


Dans la seconde histoire, on suit un homme, employé dans la vente, qui est complexé par son physique et ses rondeurs qui sont la source de moqueries quotidiennes. Il aimerait être invisible, pour changer. Alors qu’il tombe sur la confiserie, il y achète des wasanbons, et découvre avec surprise qu’il est devenu invisible aux yeux de ceux qui l’entourent… personne ne le remarque, à moins d’être à proximité de lui. Pour cet homme, c’est miraculeux, mais il découvre peu à peu qu’être invisible n’est pas aussi avantageux qu’il le pensait.


Dans la troisième histoire, on suit une étudiante qui n’ose pas être sincère avec ses amies et partager ses opinions, ni même ses goûts, de crainte de perdre leur amitié. Dans la confiserie, elle achète des monakas à la châtaigne. En les dégustant, elle s’aperçoit à sa grande surprise qu’elle ne peut pas s’empêcher d’être honnête et de dire tout ce qu’elle pense, à la grande surprise de ses amies. Elle découvre également qu’elle n’est pas la seule à cacher ce qu’elle pense.


Dans la quatrième histoire, on suit une lycéenne persuadée d’être suivie par la malchance. Mais voilà, elle doit passer une audition musicale, et il est hors de question d’échouer. Elle s’en va prier au temple, puis tombe sur la confiserie sur le chemin du retour où elle achète des caramels. Est-ce une coïncidence ou non, car elle découvre qu’après en avoir dégusté un, sa malchance tombe sur quelqu’un d’autre.


Enfin, dans la cinquième histoire, on suit une mère au foyer dépassée et fatiguée, avec un bébé aux besoins constants, et un mari devenu distant. À la confiserie, elle achète deux pommes d’amour, une pour elle, une pour son mari. En croquant la sienne, elle découvre avec stupeur des auras éblouissantes entourant ceux qu’elle aime. Au début, elle ne comprend pas ce qui lui arrive, mais elle s’aperçoit que cette lueur, qui change d’intensité, correspond au degré d’amour que ses proches lui portent. Celle de son mari variant, elle décide de redoubler d’efforts pour prendre soin de lui et rendre sa lueur la plus éblouissante possible. Mais elle se rend compte que ce n’est pas suffisant. Elle aimerait que son époux la remarque, elle-aussi.


C’est un roman qui mélange le fantastique et le contemporain. Il y a un peu de magie dans le car le patron de la Petite Confiserie Kohaku est un esprit mi-kitsune, mi-humain qui insuffle un peu de sa magie dans ses confiseries, mais cet aspect de l’histoire ne prend pas le dessus puisque la résolution des problèmes de nos différents personnages ne doit presque rien à la magie. Ce sont simplement eux qui ouvrent enfin les yeux et découvrent qu’avec de la communication, un meilleur jugement ou plus de clairvoyance, leurs problèmes sont peu à peu résolus. Cet aspect ne m’a pas déplu, c’est même réconfortant de savoir qu’il n’y a pas que la magie qui peut résoudre nos problèmes mais que nous en avons aussi le pouvoir, sans avoir forcément besoin de confiserie magique. Chacun peut trouver écho à l’une de ses histoires, ou se reconnaître chez un personnage.


Bien-sûr, les histoires sont romancées et finissent toutes bien, c’est le genre qui veut ça, et c’est bel et bien une lecture feel good. Il n’en reste pas moins que ces différentes histoires donnent à réfléchir, et qu’un peu de douceur fait du bien dans ce monde de brutes. Ça me donne même envie de lire d’autres romans japonais de ce genre.


J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Kogetsu, le patron de la confiserie. Il est en retrait pendant les 3/4 du roman, ce qui renforce l’aspect mystérieux qu’il dégage, et lui donne un côté mystique qui ne m’a pas déplu, mais j’ai tout de même été contente de voir que l’auteur lui a consacré un épilogue, ce qui m’a permis de découvrir comment il en est venu à ouvrir la confiserie.


En résumé, c’est un roman doux, une lecture bonbon et feel good que j’ai pris plaisir à découvrir, et qui m’a permis de voyager un peu au Japon et découvrir l’allée nocturne avec ses commerces, ses lampions lumineux, Kogetsu et ses confiseries japonaises. Chaque histoire est bienveillante, avec une petite morale, et permet de passer un agréable moment de lecture.


I felt a kind of catch in my chest release. I hadn’t even been aware of it before, but now that it was gone, it was as if a pleasant breeze had run through me.

It was good that I’d spoken frankly. It was good that I’d complimented Saya instead of hesitating, even though I wasn’t sure my opinion was worth anything to her. After all, no one minds a compliment.

Still marvelling at Saya’s unexpected reaction, I resolved to put my feelings into words in future.

mardi 19 mai 2026

Troubadours, princes et chevaliers - Isabelle Lesteplume.

Il était une fois…

Un voleur obligé de travailler pour un prince au cœur de pierre.

Un apprenti sorcier visite dans ses rêves par un étrange fantôme.

Un impitoyable chasseur de montres se liant malgré lui à un troubadour.

Une clairière où se reposent trente-et-une roses, veillées par un chevalier maudit.

Qui sait où la magie d’un conte pourrait vous entraîner ?



Je retrouve avec énormément de plaisir la plume et l’imagination d’Isabelle Lesteplume, qui confirme bel et bien sa place parmi mes auteurs préférés, à travers un recueil de quatre contes de fantasy, avec une romance LGBT+.

On commence le recueil avec L’Eau de Vie et de Mort :

Lyoth est un voleur extrêmement doué et insaisissable… Du moins, jusqu’au jour où Tarrek, le prince cadet lui tend un piège. Il lui propose un marché : il lui rendra sa liberté s’il parvient à lui obtenir l’eau provenant de la fontaine de vie et de mort, située dans une forêt gardée par une chimère, un dragon et un lion géant. Le prince cadet ayant une sinistre réputation de sorcier jaloux de son frère, le prince héritier, Hélios, Lyoth craint que le prince Tarrek n’en veuille à la vie de son frère, ainsi il brave les dangers pour le prévenir. À sa grande surprise, il découvre le prince Tarrek veillant Hélios malade et dont les jours sont comptés. L’eau de la fontaine étant le dernier espoir de Tarrek de sauver son frère du mal qui le ronge, Lyoth et les deux princes partent en quête de la fontaine.

Le sorcier, le fantôme et l’apprenti

Liam est un jeune garçon timide, introverti, qui a bien du mal à communiquer. Mais il aime une chose plus que tout : la magie. Il se met en quête d’apprendre tout ce qu’il peut, et cherche à rencontrer ses semblables. Il attire l’attention de Moldros, un sorcier qui fait de lui son apprenti. Il découvre bien vite que Moldros n’est pas celui qu’il pense être alors que, dans le monde des rêves, il rencontre un jeune homme énigmatique. Sen, l’ancien apprenti de Moldros, disparu dans des circonstances mystérieuses.

L’oiseau et le chevalier noir

C’est l’histoire d’un royaume plongé dans un cauchemar sans fin suite à la malédiction lancée par une sorcière. À la nuit tombée, des monstres se relèvent pour semer la panique et massacrer la population. Des survivants se sont retranchés dans une forteresse. Parmi eux, Hesmé, surnommé l’Oiseau pour la douceur de son chant qui est tant chéri par les habitants du château qu’ils font tout pour retenir Hesmé entre ces murs. Hesmé, pourtant, rêve de liberté, malgré le danger qui rode dehors. Ainsi, lorsqu’il rencontre Kéros, un chevalier et tueur de monstre grincheux, il n’hésite pas et décide de partir avec lui découvrir le monde. Qu’il le veuille ou non.

La clairière aux trente-et-une roses

Gem est un jeune prince arrogant, futile et frivole que sa mère peine à lui faire prendre ses responsabilités, et que les courtisans ridiculisent. Lorsque la guerre éclate, il est enchanté. Voilà enfin le début de ses aventures ! L’occasion tant attendue de briller et de revenir auréolé de gloire. Son arrogance et son manque d’expérience lui font subir une cruelle désillusion lorsque Gem et son armée tombent dans une embuscade. Prenant peur face à la dure réalité de la guerre, ayant perdu chacun de ses hommes, Gem fuit le combat, blessé. Il est recueilli par Arkos, un chevalier, dans une forêt où jonchent plusieurs roses protégées par un dôme de verre, qui prend soin de lui et lui conseille de changer son attitude. Cette rencontre laissera Gem bouleversé et transformé. Honteux et coupable, il retourne dans son royaume avec la ferme résolution de changer et de devenir meilleur. Seulement, il ne parvient pas à oublier sa rencontre avec ce chevalier énigmatique et, quand le brouillard tombe sur la forêt, il ne peut s’empêcher de le rejoindre pour en apprendre plus.

***

Coup de cœur pour ce recueil ! Chaque conte a été un régal à lire, et ont même été dévorés en peu de temps. C’est prenant, rythmé, toujours ponctué d’humour, avec des moments de tendresse. J’avais pensé que le format « nouvelles» fasse que les histoires soient expédiées, avec un goût de trop peu, et un manque de développement. Je n’ai pas vraiment eu cette sensation. Certes, certaines histoires auraient pu bénéficier d’un peu plus de développement (surtout la seconde), mais globalement les événements s’enchaînent de façon fluide et à son propre rythme.

J’aime toujours autant les histoires proposées par Isabelle Lesteplume qui, même à travers des histoires courtes, nous propose des histoires fantasy intrigantes qui tiennent en haleine, avec des plots twist intéressant. On retrouve des thématiques chers à l’auteure : des personnages devant mener une quête ensemble et qui est l’occasion pour eux d’apprendre à se connaître et à se rapprocher, un personnage que l’on dit sombre et qui est plus complexe qu’on ne le pense et qui illustre bien l’adage « les apparences sont trompeuses », la sorcière ou enchanteresse responsable d’une malédiction qui n’est pas forcément celle que l’on imagine, une intrigue plus complexe qu’on ne le pense, et des personnages qui sont attachants.

Les romances ne sont pas en reste. Tous nos couples sont attachants et se développent de façon naturelle (à part peut-être dans la seconde histoire où j’ai trouvé le dénouement et la romance un peu trop rapides), et qui prennent le temps de se développer et qui permettent aussi aux personnages d’évoluer en tant qu’individu. Je pense notamment à Gem du quatrième conte qui commence comme étant un prince capricieux et vaniteux et qui évolue pour devenir un bon souverain et une bonne personne.

En résumé, gros coup de cœur pour ce recueil de contes qui nous propose des histoires rythmées et intéressantes, avec des personnages attachants et des romances que l’on prend grand plaisir à voir se former progressivement. Merci à Mme Lesteplume pour cet agréable moment de lecture !


Il inspira profondément pour calmer la panique qui grandissait en lui. Il pouvait le faire. Ça n'était pas si terrible, après tout, les gens posaient des questions tous les jours, et y survivaient généralement. Une interaction sociale n'allait pas le tuer.

Quoique...

samedi 16 mai 2026

Vincent et Van Gogh - Gradimir Smudja.


Monsieur Van Gogh n'a qu'un seul désir dans la vie, devenir un peintre de talent. Mais les avis des experts et (presque) confrères sont unanimes : il est totalement nul ! Un soir qu'il se trouve en Arles à la recherche de l'inspiration, il sauve la vie d'un chat orange... 

Et découvre que ce chat, qui s'appelle Vincent, est un peintre extraordinaire, mais aussi un coureur de jupons invétéré, un cambrioleur de haut vol, un fieffé menteur, bref, une véritable fripouille. 

Van Gogh le convainc très vite de lui apprendre à peindre, et un terrible destin se met alors en marche...


 

Ceci est sans doute la bande-dessinée la plus bizarre que j’aie jamais lue !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une œuvre très déjantée, mais je n’ai malheureusement pas adhéré, ni goûté à l’humour particulier de cette bande-dessinée.

C’est spécial. Trop spécial (au point où je me demande si l’auteur n’a pas bu que de l’eau en pondant cette BD).

J’aurais pu, à la limite, adhérer à l’étrange idée proposée par l’auteur, et qui est de faire de Van Gogh un peintre médiocre, qui cherche le talent sans jamais le trouver, et d’avoir un chat nommé Vincent comme étant le véritable auteur de ses peintures (voire que les œuvres des plus grands peintres, toute époque confondue, viennent d’animaux à qui les « peintres » ont volé la vedette), avec Van Gogh qui s’approprie le travail du chat, tout en développant une étrange relation avec le félin.

Je m’étais même attendue à une histoire d’amitié improbable entre Van Gogh et le chat, mais peut-on vraiment parler d’amitié ? Ils ont une relation de dépendance toxique, basée sur les mensonges, la supercherie et la violence… C’est qu’il a mauvais caractère, ce chat ! D’ailleurs, je dois adresser mes félicitations à l’auteur… Ce doit bien être la toute première fois que je trouve un chat, réel ou de fiction, que je trouve tout bonnement insupportable. Aucune qualité ne le sauve. C’est un Dom Juan, pyromane, mythomane, voleur, tricheur, violent, désagréable. Certes un très bon peintre, mais une saleté de chat !

L’autre souci de cette bande-dessinée, c’est sa trame. Il faut vraiment s’accrocher pour suivre l’histoire, tant l’enchaînement des scènes est chaotique et ne présente aucune logique. C’est vraiment une histoire sans queue ni tête !

Cette bande-dessinée n’a que deux tomes, mais jamais une histoire ne m’a parue aussi LONGUE. Pourtant, j’ai tout fait pour suivre cette BD et lui trouver un intérêt, mais faute est de constater que je ne suis pas le bon public pour cette histoire. Certains apprécieront l’humour déjanté, et l’étrange relation qui lie Van Gogh et le félin, à semer la zizanie. D’autres pourront même y voir un hommage à Van Gogh. Pour ma part, cet hommage, je le cherche encore, et cette histoire est beaucoup trop farfelue et chaotique pour moi. Dommage, parce qu’il y avait de la matière et du potentiel ! Je n’ai tout simplement pas accroché.

Un petit point positif tout de même : le dessin est très joli, j’ai aimé ce style de graphisme qui s’inspire des peintures de Van Gogh, et qui nous présente de nombreuses références à la vie et l’art de Van Gogh, ainsi que ceux de ses peintres contemporains. C’est une belle petite plongée historique dans la France de l’époque puis des artistes des décennies suivantes. C’est la seule qualité de cette BD très haut perchée.

dimanche 10 mai 2026

Le photographe inconnu de l'Occupation - Philippe Broussard.

Apprenant la découverte sur une brocante d’un mystérieux album de trois cent soixante-dix-sept photos prises clandestinement à Paris et en banlieue entre 1940 et 1942, Philippe Broussard, journaliste au Monde, se lance dans une enquête vertigineuse pour tenter d’en identifier l’auteur.

Pendant quatre ans, il scrute le moindre indice, tire le fil de pistes plus ou moins fiables, approchant peu à peu la vérité de cette histoire tragique dont les spécialistes de l’Occupation et de la Résistance ignorent tout.

Le succès des articles qu’il fait paraître, à l’été 2024, relance ses investigations. Philippe Broussard veut aller plus loin : reconstituer la vie de ce héros anonyme, mort en déportation, et de ses proches est devenu pour lui une obsession.

Dans une prose palpitante, il fait ici le récit complet de sa quête en même temps qu’il dévoile une centaine de photos de cet album miraculeusement retrouvé, mémoire matérielle d’un courage bouleversant.


Imaginez une époque où prendre des photos était interdit, et pouvait vous valoir un aller simple dans un camp de travail. Cette époque n’est pas si lointaine. Nous sommes en France, pendant l’Occupation allemande. Une partie du pays (dont Paris) est occupée par les Allemands, tandis que la zone libre est dirigée par le régime de Vichy de Pétain. Les seules photographies autorisées, et qui constituent la majorité des sources visuelles que nous avons de cette époque, viennent de la propagande et montrent une image fausse d’une occupation qui se passe bien, avec des occupants qui respectent le pays et ses habitants, un Paris paisible, loin de toute image de pénurie ou de souffrance.

Prendre des photos, sans autorisation, pouvait coûter très cher.

Pourtant, un jour de brocante, deux passionnés de photographies anciennes tombent sur un album contenant pas moins de trois 177 photos prises clandestinement à Paris et en banlieue au début de l'Occupation, entre 1940 et 1942, la plupart datées et annotées. Un véritable trésor pour ces passionnés, d’autant que ces photographies sont nombreuses, datées et accompagnées de commentaires percutantes et pleines d’ironie, et surtout elles ne proviennent pas de la propagande et montrent ainsi une image beaucoup plus réaliste de cette période.

Qui est ce mystérieux et courageux photographe ? Qu’est-il devenu ? C’est ce à quoi a tenté de répondre Philippe Broussard qui a mené une véritable enquête de quatre ans, scrutant le moindre indice, se lançant sur des pistes incertaines, au gré de lueurs d’espoir et de désillusions.

C’est un véritable travail d’enquête qui se dessine. C’est un travail d’archive, de recherche et de logique long et minutieux. Rien n’est laissé de côté. On recherche des photographies similaires dans des musées ou des archives, au cas-où il y aurait d’autres photographies de ce mystérieux auteur. S’il y a bien des photos, qui était le donateur ? A quelle famille appartenait l’album photo trouvé en brocante ? On analyse les photos et l’écriture. Est-ce une écriture d’homme ou de femme ? Parisien, il l’est assurément, les photos démontrent une excellente connaissance de Paris et ses quartiers. Quel était son métier ? Il devait peut-être se déplacer à moto ou à bicyclette, pour être capable de passer d’un quartier à un autre en si peu de temps. S’il était en moto, il devait faire partie de ces rares privilégiés ayant accès à l’essence. Était-ce un seul photographe ou travaillaient-ils en groupe ?

Que de questions auxquelles Philippe Broussard a tenté de répondre, publiant d’abord l’évolution de son enquête dans une série d’articles dans Le Monde avant de nous présenter ce livre.

C’est une véritable enquête historique qui prend forme devant nos yeux, que j’ai suivi avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. On suit les progressions de Broussard, on espère avec lui, on goûte à ses déceptions et ses désillusions comme si nous avions mené l’enquête avec lui. On espère, à chaque piste, trouver enfin l’identité du photographe. On espère jusqu’au bout découvrir qu’il a survécu à la guerre, pourquoi pas rencontrer ses descendants, car l’enquête ne se termine pas lorsque nous est enfin dévoilée l’identité du photographe. Broussard s’est en effet attelé à nous raconter la vie de cette personne, de ce héro méconnu, tirant de l’oubli ce citoyen comme les autres, entré à sa manière dans la Résistance, à travers des clichés interdits documentant la dure réalité de l’Occupation, celle que l’occupant a cherché par tous les moyens à cacher sous le vernis lisse du mensonge et d’une image idéalisée de Paris.

Ce livre est une véritable enquête historique passionnante, agrémentée des photographies et ses annotations ironiques, qui permet de nous faire sortir de l’oubli ce héro méconnu de la Résistance qui a définitivement laissé sa trace dans l’Histoire à travers ses clichés, témoins d’une époque pas si éloignée de la nôtre qu’il est important de garder en mémoire.


Pour l’immense majorité de la population, la priorité n’est pas de faire acte de présence, encore moins de s’insurger, mais de survivre, d’apprendre « à faire avec ». Les pénuries sont si sévères (lait, beurre, farine, sucre, viande…) que le rationnement est instauré dès le mois de septembre 1940. L’heure est au chômage, au système D, à l’activité économique au service des Allemands. Glaner de quoi manger devient l’urgence quotidienne. Sans parler de l’hiver à venir, annoncé glacial, sans bois ni charbon.

Cette réalité, le photographe ne nous la montre pas vraiment, du moins pas de manière frontale. Disons qu’il la suggère à sa façon. De l’aube au couvre-feu, il est notre œil dans la grisaille, un jour devant l’entrée des Galeries Lafayette, le lendemain aux Tuileries. Dans son objectif, les Allemands occupent l’espace : ils ont leurs restaurants, leurs cinémas, Paris est à eux.