Alors que les aptitudes d'Elva grandissent et que les frontières entre le bien et le mal s'estompent, la jeune femme devra tenter de réparer les erreurs du passé avant que la magie ne détruise son monde.
Lorsque je suis tombée sur ce livre pour la première fois, je m’attendais à une histoire de fantômes (il faut dire que la couverture est trompeuse). Nous avons plutôt affaire ici à une histoire de sorcières, et de malédiction.
Oskar et Agnès forment un jeune couple venant tout juste de s’installer près d’un village dans l’Allemagne de la fin du XIXe siècle. Agnès noue une amitié, d’abord épistolaire, avec Mathilda, qui vit recluse dans la forêt. Consciente des difficultés du couple à concevoir, elle propose son aide à Agnès en échange d’une promesse d’amitié éternelle, ce qu’Agnès accepte avec joie. Mais l’amitié entre les deux femmes est vue d’un très mauvais œil par le village, car Mathilda est considérée comme étant une sorcière. Poussée par son mari et la crainte des « qu’en dira-t-on », Agnès finit par rompre sa promesse à Mathilda. Mais rompre une promesse de magie n’est pas sans conséquence… Après deux grands bonheurs, la famille vit un grand malheur.
Des années plus tard, Elva, la fille aînée d’Agnès, vit avec un don qu’elle cache au village, celui de voir l’avenir lorsqu’elle s’approche de l’eau. Suite à une terrible vision, et dans l’espoir de briser la malédiction autour de sa famille, Elva décide de se mettre en quête de Mathilda afin de tenter de changer le cours du destin… L’occasion pour elle de mieux comprendre ses pouvoirs et de les maîtriser.
Un roman jeunesse sympathique qui présente des clins d’œil aux contes de Grimm mais aussi (rien qu’un peu) au Magicien d’Oz, et qui véhicule de jolis message comme l’amitié (notamment transgénérationnelle), la solidarité, l’acceptation de soi, l’amour familial.
Le roman est porté par deux personnages : Elva et Mathilda, autour de qui va se nouer une relation, d’abord entre mentor-élève, puis une relation d’amitié sincère.
Mathilda est un personnage qui intrigue, nous sommes d’abord amenés à nous demander si elle est bien une sorcière ou si elle est rejetée uniquement parce qu’elle est différente. Elle a un vécu qui nous la rend sympathique. C’est un personnage blessé par la vie, qui s’est forgé une carapace pour ne plus être déçu, car elle a si souvent ouvert son cœur pour finir rejetée, ainsi elle a des réticences à s’attacher à quelqu’un et elle a le réflexe de repousser quiconque voulant s’approcher d’elle, pour s’éviter une nouvelle déception, ce que je conçois tout à fait ! Mais je pense que ses années de solitude et les déceptions l’ont rendu vraiment aigrie et irraisonnable [spoiler] au point de faire la tête à Elva et de lui reprocher le fait qu’elle a privilégié sa famille plutôt qu’elle. Alors, certes, je comprends le désarroi de Mathilda à qui Eva avait promis d’être présente à ses côtés, lors de son procès, mais de là à lui reprocher le fait qu’elle a préféré sauver son petit-frère ? [/spoiler]
Au final, cette jolie amitié intergénérationnelle entre Elva et Mathilda se révèle gâchée par le comportement de Mathilda que, même si je le juge compréhensif, ne m’a pas aidé à m’attacher à ce personnage plus que ça. Alors, certes, peut-être est-ce le but, de nous montrer que Mathilda n’est pas supposée être parfaite, et qu’elle doit tirer une leçon de tout cela, car à force de rejeter tout le monde, elle en subira inévitablement les conséquences, mais cela ne m’a pas aidé à m’attacher au personnage. J’aurais également souhaité que [spoiler] Agnès se rachète auprès de Mathilda, même un peu, même si ça voulait dire que Mathilda refuse quand même de renouer avec elle, au moins un geste d’Agnès pour défendre ou tenter de sauver Mathilda, au lieu de ça, cette belle amitié de début de roman reste à jamais fissurée, ce que je trouve dommage [/spoiler]
Peut-être est-ce l’innocence de la jeunesse, le fait qu’elle n’ait pas connu de déceptions comme Mathilda, mais j’ai préféré Elva, son courage, sa fougue, sa loyauté. C’est une protagoniste très plaisante à suivre, une vraie bouffée d’air frais, et j’ai aimé son évolution tout au long du roman, comment elle se forge elle-même son propre destin, et choisi de vivre comme elle l’entend, tout en continuant d’être loyale à sa famille. Je ne m’attendais pas à une telle fin, cela dit, et je pense que cela va amorcer un second tome, mais ce sera sans moi. Je n’ai pas été plus emballée que ça par ce roman.
En résumé, un roman jeunesse sympathique qui véhicule de jolis messages, avec des clins d’œil aux contes de Grimm qui ne pourra que plaire à ceux et celles qui ont été bercés par cet univers. Malheureusement, ce roman ne s’est pas révélé être ce à quoi je m’attendais. J’ai eu certaines attentes qui ont été concrétisées. Ce n’est qu’un avis purement personnel, et je ne doute pas que ce livre trouvera sans problème son public.
Beaucoup s’imaginent que les enchantements se résument à faire apparaître des choses de nulle part, mais ce qu’il ne comprennent pas, c’est que tout à un prix. Nous ne prenons jamais sans rendre en retour. Nous ne le pouvons pas.




.png)
.png)
.png)
.png)



