mercredi 26 août 2026

[Bilan] Ice Cream Summer Challenge 2026.

 

Mother of Rome, de Lauren J. A. Bear : une histoire prenante et addictive qui réécrit l’histoire de Rhéa Silvia et nous plonge aux racines même de la mythologie romaine. Un récit féministe qui donne la part belle aux femmes, à la sororité, à la maternité, avec des personnages qui ne laissent pas indifférents. Vraiment une belle découverte !


L'amour est au menu, de Sakaomi Yuzaki : Un manga tranche de vie doux et bienveillant qui fait du bien à son petit cœur tant la romance est mignonne et l’amitié entre ces femmes touchantes, mais qui ne laisse pas l’estomac indifférent, tant on crie famine en voyant les séquences autour de la nourriture. C’est une lecture doudou, qui se déguste comme un bonbon, et un manga que je suivrai indéniablement avec plaisir !


Outlaws, de Lena Shartiaud : Un roman d’aventure qui se dévore, offrant donc mal d'action, entrecoupé de moments d’amitié sympathique, sans oublier la relation amoureuse qui se tisse peu à peu entre Lloyd et Morrison. Une plongée dans le Far West avec les clichés du genre mais qui fonctionnent toujours autant chez moi. Une sympathique découverte !



Pompéi, de Robert Harris : Ce n’est pas le roman policier que je pensais lire, et c’est encore moins un roman à suspense. On est davantage ici sur du roman historique qui cherche davantage à mêler Histoire et fiction. Cela dit, j’ai aimé cette plongée dans l’Antiquité romaine, être témoin de la catastrophe du Vésuve. L’immersion est totale, et malgré une fin plutôt rapide, cela n’a pas entaché mon appréciation du roman qui reste une sympathique lecture !


Mickey et l'océan perdu, de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni : Disney version steampunk ! Voilà qui aurait pu me plaire mais… hélas non. J’avoue ne pas avoir compris grand-chose à l’intrigue, surtout à cause des propos des personnages qui s’apparente à du charabia, un jargon scientifique très technique et pointu que je n’ai pas compris. Je me suis ennuyée. Les dessins sont très jolis mais l’histoire manque de peps. Bref, une lecture décevante… dommage.


Sur la route de San Diego, de Lynda Rutledge : Ce roman est à la fois un roman d’aventure, un road-trip, un récit d’apprentissage et un vibrant hommage aux animaux. Toutefois, je déplore certaines longueurs, et je n’ai pas été plus attachée que ça aux personnages. C’était une découverte sympathique mais qui ne laissera pas un souvenir mémorable.



Mausart, de Thierry Joor et Gradimir Smudja : une bande-dessinée en deux tomes très divertissante qui imagine Mozart en souris et Salieri en loup, j’ai aimé suivre les aventures et mésaventures de Mausart au fil des pages qui nous font voyager entre l’Autriche et l’Italie. L’ensemble reste divertissant avec de jolis graphismes. Un sympathique moment de lecture.


Les Sœurs du Nil, de Rachel Louise Driscoll : Un roman d’aventure très sympathique, qui a failli devenir un coup de cœur. Si je déplore quelques longueurs, une fin précipitée et une dynamique de groupe forcée, j’ai aimé l’intrigue, le cadre de l’Égypte et la part belle donnée à la mythologie égyptienne ainsi qu’à la sororité. Un roman qui m’aura fait voyager en Égypte !


Les femmes du France, de Zoe Brisby : Un récit fluide qui nous happe vite, et nous offre une belle lecture pleine de rebondissements et de faits historiques, mis en valeur par une plume vive et directe. J’ai aimé l’intrigue autour de la disparition d’Alice mais aussi voyager à bord du France et en découvrir un peu plus sur ce célèbre navire.



Le Port des marins perdus, de Teresa Radice et Stefano Turconi : Une belle aventure maritime emprunt de surnaturel, avec des personnages attachants pour la plupart, une histoire douce-amère qui traite de deuil, de famille, de perte, de voyage en mer, de courage. Une belle redécouverte !


Le Merveilleux Restaurant des souvenirs, de Yuta Takahashi : Un récit doux et plein de poésie et de bienveillance. Une lecture paisible et agréable qui fait du bien à son petit cœur, et qui est également gourmande. C’est un roman que l’on peut peut qualifier de feel good, bien qu’il soit question de deuil et de reconstruction après la mort d’un être cher.


Projet Dernière Chance, de Andy Weir : Un très bon roman page turner qui tient en haleine, et qui malgré l'aspect un peu apocalyptique, est adoucie par l’auto-dérision de Grace et l’amitié qui se noue entre Grace et Rocky. On est tenu en haleine jusqu’au bout pour en savoir plus sur la mission de la dernière chance et comment nos héros vont s’en sortir.


Les comptes à la loupe

Livres prévus : 12

Livres lus : 12


Le mot de la fin

Malgré un été bien instable et surtout effroyablement chaud, avec ces canicules à répétition, entre quelques brèves périodes de fraîcheur, qui m’aura causé bien d’éco-anxiété, le challenge dans son ensemble s’est plutôt très bien passé. J’ai fait plusieurs belles découvertes, si bien que j’ai eu du mal à me départager pour mon top 3. Cet été fut vraiment une bonne année pour le challenge estival, à défaut de l’avoir été au niveau de la météo. Je ressors satisfaite de cette édition où j’ai vraiment aimé la quasi-totalité de ma PAL. J’espère retrouver Kevin l’an prochain pour une nouvelle édition du challenge. En attendant, place au Pumpkin Autumn Challenge.


Mon top 3

- Projet Dernière Chance, A. WEIR

- L’amour est au menu, S. YUZAKI

- Outlaws, L. SHARTIAUD

Pumpkin Autumn Challenge, édition 2026.

 

Le mois d’août touche doucement à sa fin. Fidèle au poste, Guimause Terrier nous a concocté, tout droit sorti de ses chaudrons bouillants, la nouvelle édition du Pumpkin Autumn Challenge, prêt à nous accueillir pour cet automne. Après un été qui a enchaîné canicule sur canicule, je pense que, exceptionnellement, je ne serai pas trop triste de voir arriver l’automne (on en reparlera en octobre ou novembre, quand les jours courts m’auront achevé haha), ainsi j’accueille la fraîcheur et le challenge avec grand plaisir.


Comme à l’accoutumée, le challenge se déroulera du 1er septembre au 30 novembre 2026.


Comme d’habitude, pour en savoir plus sur le fonctionnement du challenge, je vous laisse découvrir la vidéo de présentation avant d’enchaîner sur ma PAL.









J’ai choisi La belle et les bêtes pour sa couverture qui me semblait propice au challenge, et parce qu’il propose une réécriture de plusieurs contes de fées que je serai curieuse de découvrir.


Après Reine de l’Ouest lu l’an dernier, j’ai très envie de retenter l’expérience des « livres dont vous êtes le héros », et celui-ci nous permet d’incarner un fantôme en quête de vérité sur ses origines et sa mort, parfait pour la saison.


Je ne peux pas envisager un Pumpkin Autumn Challenge sans dents longues, ce roman me fait de l’œil depuis un petit moment et devrait me permettre de renouer avec la littérature vampirique. Ce sera aussi l’occasion pour moi de découvrir cet auteur.


Des vampires, encore une fois ! Mais quand on aime, on ne compte pas. J’ai déjà eu l’occasion de lire Lou Lubie dont j’apprécie les bande-dessinées, ainsi je suis curieuse de voir ce qu’elle nous réserve dans Saigneurs.






Je ne sais pas encore si je lirai la novélisation du film, mais je lirai indéniablement la suite imaginée par l’auteur.e. Je ne peux pas envisager la saison d’Halloween sans mon trio de sorcières préféré, Hocus Pocus étant vraiment le classique que je revisite à chaque Halloween.


Ce roman graphique me faisait de l’œil depuis un moment de par sa couverture très jolie et ce qu’il nous propose comme récit, de plus cela s’inscrit très bien dans la saison automne / halloween.


Je ne sais pas si je lirai le roman ou son adaptation en bande-dessinée (ou les deux), mais c’est un récit qui colle bien à la catégorie « Les fourberies de Goupil », on verra bien ce qu’il me réserve.


Ce livre me tente depuis un moment déjà, et je voulais absolument l’incorporer au challenge. La couverture est très jolie et me faisait penser à une histoire de fantômes, mais il me semble qu’il me fera plus côtoyer les sorcières, je suis très curieuse de voir ce que ce roman me réserve !






Un roman que je me réserve pour le mois de Novembre puisqu’il flirte entre Halloween et Noël, et dont le titre offre un clin d’œil amusant à « L’étrange Noël de Monsieur Jack ». Je serai curieuse de découvrir cet univers où chaque fête a son représentant.


J’ignore encore si je lirai ce livre en format roman ou son adaptation en bande-dessinée, bien que la couverture semble promettre de très jolis dessins, et j’ai envie de découvrir une série jeunesse autour d’une école de sorcellerie, histoire de voir ce qu’il se fait en dehors d’Harry Potter.


Une bande-dessinée qui met à l’honneur la Bretagne et la mythologie celte, avec de jolis dessins, et qui colle au thème proposé.


Comme à mon habitude, je me réserve toujours un tome de L’épouvanteur pour chaque Pumpkin Autumn Challenge. C’est un peu devenu ma tradition et le résumé de ce tome me semble bien alléchant.



Un bon challenge à toutes et à tous !


lundi 24 août 2026

Les femmes du France - Zoe Brisby.


Sur ce paquebot, personne n'est ce qu'il prétend être.

Septembre 1974, le France effectue sa dernière traversée. Les marins, qui refusent son démantèlement, organisent une mutinerie, prenant en otages équipage et passagers.

À bord, trois femmes avancent dans la tourmente. Jane, passagère de Première classe. Charlie, coiffeuse sur le navire. Rose, femme de chambre. Elles ont embarqué en secret pour retrouver Alice, mystérieusement disparue à bord.

Dans cette poudrière qu'est devenu le France, la quête de vérité a un prix, et fait ressurgir les ombres du passé.

Sur fond d'histoire vraie, Zoe Brisby livre un roman haletant sur la mémoire, la justice et la reconstruction.



Je ne connaissais pas grand-chose du France, à part la célèbre chanson de Michel Sardou. Zoé Brisby m’aura fait découvrir et voyager à bord de ce célèbre paquebot et, même si je connaissais déjà l’issue de celui qui fut un monument national, je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer une issue plus heureuse.


Ce roman aborde deux histoires à la fois : celle de la dernière traversée du France, jusqu’aux mutineries de l’équipage et aux grèves pour tenter de le sauver, puis celle de trois amies d’enfance. Elles se nomment Jane, Rose et Charlie. L’une est l’épouse malheureuse et battue d’un riche homme d’affaire américain, l’autre est coiffeuse au bord du paquebot, et l’autre est femme de chambre du France. Toutes les trois viennent du même orphelinat où elles se sont connues, et sont réunies à bord du France pour tenter de percer un mystère : qu’est-il arrivé à Alice, leur quatrième amie, elle-aussi employée à bord du France, qui a disparu sans laisser de trace ?


Nous vivons en compagnie de nos protagonistes les derniers jours du France, son dernier voyage, puis la mutinerie du personnel à l’annonce du démantèlement du navire par le gouvernement, car le France n’est pas qu’un paquebot. C’est un symbole, une fierté nationale qui fait rayonner à l’international le luxe et le savoir-faire français, dans lequel se coutoient Français et Américains. C’est aussi le gagne-pain de tout l’équipage mais aussi de la ville du Havre, port d’attache du paquebot. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt et d’émotion l’histoire de ce géant des mers, et l’attachement des personnages envers ce navire. Le France est ici son propre personnage et le roman une lettre d’amour à ce paquebot disparu.



SS France moored in Le Havre, 1978 (Source : Wikipédia)


Concernant la seconde intrigue, je l’ai également suivie avec intérêt, désireuse de savoir, à l’instar de nos héroïnes, ce qu’il était advenu d’Alice. Si le fin mot de l’histoire ne m’a finalement pas surprise, un élément du roman ayant fini par me mettre la puce à l’oreille au milieu de l’intrigue, j’ai suivi l’enquête des amies avec intérêt, d’autant plus qu’une personne mystérieuse sait qu’elles enquêtent et n’hésitera pas à envoyer des lettres de menaces… jusqu’à exécution de ces dernières.


On apprend au fil de l’enquête davantage sur le passé de ces jeunes femmes à l’orphelinat, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est tout simplement révoltant [spoiler] avis aux âmes sensibles, il est question ici de pédophilie et viol sur mineures [/spoiler]. Les thématiques abordées sont parfois sombres et nous permettent d’apprécier davantage la force de ces femmes et d’être émue face au lien qui uni les trois amies, comme des sœurs, soudées à la vie, à la mort, et qui se re-familiarisent avec ce lien au fur et à mesure qu’elles se côtoient et se redécouvrent. Petite mention à Jane alias Jeanne alias Doudou qui fut ma préférée.


Le récit est fluide et nous happe vite, et nous offre donc une belle lecture pleine de rebondissements et de faits historiques, mis en valeur par une plume vive et directe. Une sympathique découverte !


– Pendant que vous êtes avec nous, qui pilote le bateau ?


Le commandant Deslice plaque sur son visage un sourire poli. Combien de fois a-t-il dû répondre à cette question stupide ? Dix, cent, mille peut-être ! À chaque traversée, c’est la même chose. (...) Cette fois-ci, son Sherlock Holmes du dimanche est une femme. Une dame au visage rond encadré de frisettes blondes. Elle lui fait penser à Nellie Oleson, ce personnage odieux dans la nouvelle série télévisée qui vient de diffuser ses premiers épisodes aux États-Unis : La Petite Maison dans la prairie.


Le commandant pourrait partir dans une explication didactique sur la composition de l’état-major pont. Lui rétorquer qu’heureusement, il n’est pas le seul à tenir la barre. Il pourrait énumérer le personnel de la passerelle : le commandant adjoint, le second capitaine, l’officier de navigation, les six lieutenants et les quatre élèves officiers… Mais il n’a pas envie de faire dans la dentelle. Il n’en a pas l’énergie, pas aujourd’hui. L’annonce du démantèlement prochain du paquebot lui donne mal au ventre. La nouvelle ne sera dévoilée officiellement que ce soir, mais la rumeur est déjà en train de contaminer le bateau.


(...)  – Personne. Nous fonçons droit sur un iceberg.


Le silence glace la table. Les convives sont tétanisés. Il faut dire qu’une référence au Titanic sur un paquebot qui emprunte le même tracé est pour le moins osée. Les passagers restent muets jusqu’à l’éclat de rire de la jeune femme à côté du commandant. Son rire, aussi transparent que du cristal, fait immédiatement baisser la pression et tous les dîneurs l’imitent.

samedi 15 août 2026

Mother of Rome - Lauren J. A. Bear.

The names Romulus and Remus may be immortalized in map and stone and chronicle, but their mother exists only as a preface to her sons’ journey, the princess turned oath-breaking priestess, condemned to death alongside her children.

But she did not die; she survived. And so does her story.

Beautiful, royal, rich: Rhea has it all—until her father loses his kingdom in a treacherous coup, and she is sent to the order of the Vestal Virgins to ensure she will never produce an heir.

Except when mortals scheme, gods laugh.

Rhea becomes pregnant, and human society turns against her. Abandoned, ostracized, and facing the gravest punishment, Rhea forges a dangerous deal with the divine, one that will forever change the trajectory of her life…and her beloved land.

To save her sons and reclaim their birthright, Rhea must summon nature’s mightiest force – a mother’s love – and fight.


Mother of Rome est un roman, malheureusement non traduit en français, qui reprend le mythe de Rhéa Silvia, figure méconnue pour ceux et celles qui sont moins familiers avec la mythologie romaine. Pourtant, Rhéa Silvia n’est pas n’importe qui !


Princesse, prêtresse vestale, amante du dieu Mars, mère de Remus et Romulus qui devinrent les mythiques fondateurs de Rome, et épouse du dieu de la rivière Tibre. Il y a de quoi raconter sur cette dame !


Princesse déchue lorsque son oncle Amulius trompa son frère, le roi Numitor, pour prendre le trône, il fit de Rhéa une vestale, prêtresse vouée au culte de la déesse Vesta et devant faire vœu de renonciation au mariage et à la maternité, pour s’assurer de l’absence de descendance venant de sa nièce. Rhéa reçut pourtant la visite du dieu Mars dont elle tomba enceinte, une grossesse dangereuse puisqu’un châtiment terrible attend les vestales qui fautent. Découverte, elle est pourtant sauvée et finit par épouser le dieu Tibérinus.



Mars et Rhéa Silvia par Rubens (1617)

Figure emblématique de l’histoire des origines de Rome, nous savons finalement peu de choses sur Rhéa Silvia, ainsi j’ai trouvé intéressant que l’auteure se consacre à elle et à son histoire. Il s’agit ici d’une réécriture et d’une interprétation libre. L’auteure a pris ici le parti de faire de la relation entre Mars et Rhéa une relation consentie, avec de l’attachement, de la passion, la rencontre entre deux êtres libres et passionnés. S’il ne s’agit pas d’une grande histoire d’amour, le dieu Mars a une place de choix dans ce roman, ainsi qu’à d’autres divinités qui font leur apparition dans le roman, notamment Cybèle, Aphrodite, Tibérinus ou encore Vesta. Le roman fait la part belle à la mythologie romaine, et nous sentons les prémisses de ce que sera Rome, ce que j’ai beaucoup apprécié.


J’ai aimé les changements que l’auteur a apporté dans sa version de l’histoire de Rhéa [spoiler] notamment le fait qu’elle fut la louve qui s’occupa de Remus et Romulus bébés, ce qui lui permis de rester dans la vie de ses fils [/spoiler], sa relation proche avec sa cousine Antho qui est elle-aussi un personnage inoubliable. Là où Rhéa est plus indomptable, têtue, libre, effrontée et passionnée, Antho est d’abord la princesse douce, docile, soumise, effacée qui va peu à peu gagner en assurance, prendre des risques, et se lier avec ses serviteurs pour s’affirmer et jouer un rôle clé dans l’histoire.


Ce roman nous offre une panoplie de personnages qui ne laissent pas indifférents. Rhéa a ses défauts, elle fait des erreurs, elle est têtue, désespérée, effrontée, libre, passionnée, elle est complexe et j’ai beaucoup aimé suivre son histoire ainsi que celle de sa cousine. Je déplore juste que cela ne se termine avec Remus et Romulus fondant Rome et le point de vue de Rhéa sur le futur de ses fils, même si je comprends que le roman se consacre à Rhéa et non à ses fils, et surtout au statut de la femme à l’époque. C’est un roman féministe qui donne la part belle aux femmes, à la sororité, la beauté et les sacrifices de la maternité, la force et la détermination des femmes, celles qui refusent de se soumettre, celles qui veulent être libres d’aimer, celles qui essayent de se donner les moyens d’être ce qu’elles sont.


Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un coup de cœur, mais ce roman ne m’a pas laissé indifférente. Les premières pages ont été éprouvantes mais je suis contente d’avoir persévéré, sans quoi je serais passée à côté d’une excellente lecture. Ce roman m’a fait ressentir plusieurs émotions à la fois, je ne pouvais plus lâcher le livre que j’ai littéralement dévoré en trois jours. Vraiment une très belle découverte !



La célèbre sculpture représentant la louve avec les jumeaux Remus et Romulu
s


LAVINIA. This is the first lesson, Rhea. Men think they create the empires, but both are born of women. You will be a mother of kings.

RHEA (aside, more to herself). I said as much to my uncle once.

XANTHE. Which leads us to the second lesson, my lesson. Ilia, my sons put you here, not Mars. Be careful how you raise your boys. We worry too much about our daughters, ensuring they are pretty and polite, virtuous and hard-working. I should have expected more of my sons.

dimanche 9 août 2026

Sur la route de San Diego - Lynda Rutledge.


Âgé de cent cinq ans, Woodrow Wilson Nickel sait qu’il sera le prochain à s’éteindre dans l’hôpital pour vétérans où il vit. Mais il est bouleversé quand il apprend que les dernières girafes risquent de disparaître avant lui.

Car près de quatre-vingt-dix ans plus tôt, en 1938, le jeune Woody s’est lié d’amitié avec deux girafes rescapées, comme lui, du grand ouragan de Nouvelle-Angleterre. Ingénieux et sans attaches, il s’est vu confier le rôle de chauffeur du convoi qui allait conduire ces surprenantes passagères du port de New York au zoo de San Diego, où elles étaient attendues. Une aventure de douze jours et un inoubliable voyage initiatique à travers l’Amérique de la Grande Dépression, qui a fait de lui l’homme qu’il est devenu.

Woody ne peut laisser son histoire se perdre avec lui. Avant de disparaître à son tour, il doit raconter...

Inspiré d’une histoire vraie, un roman d’apprentissage universel et plein d’humanité porté par les souvenirs empreints de nostalgie du vieux Woodrow Nickel et par la profonde et touchante amitié qu’il a nouée avec les girafes.


Aussi connu sous le titre « L'étonnant voyage du garçon qui parlait aux girafes », Sur la route de San Diego est un roman d’aventure qui nous fait voyager à travers les longues routes des États-Unis en compagnie de compagnons de voyage bien singuliers, deux jeunes girafes !


Nous suivons Woody Nickel, orphelin suite à la Grande Dépression, un jeune homme ingénieux et débrouillard qui survit dans les rues de Nouvelle-Angleterre qui a été dévastée après un terrible ouragan. Il y fera une rencontre qui bouleversera sa vie à tout jamais : deux jeunes girafes rescapées du désastre que l’on doit conduire depuis New York jusqu’au zoo de San Diego où elles sont attendues en grande pompe. Rêvant de rejoindre la Californie, Woody saute sur l’occasion, quitte à mentir et prétendre être ce qu’il n’est pas, et se propose comme chauffeur pour conduire celles qui sont affectueusement nommées « les chéries » par Riley Jones, nommé « le Vieux », le gardien des girafes.


Nous suivons donc Woody, le Vieux et les deux girafes dans un road-trip de douze jours à travers les États-Unis. Ils y croiseront également Red, une journaliste et photographe souhaitant suivre le parcours des girafes, ainsi que des figures variées qui aideront nos personnages ou, au contraire, seront guidées par des intérêts et des intentions plus obscures concernant les girafes, notamment un cirque, des chasseurs, etc.


Le récit nous plonge dans un road-trip divertissant qui nous fait voyager à travers les États-Unis, tout en nous présentant le contexte historique d’époque, notamment les conséquences de la crise de 1929, la Grande Dépression, les prémices de la Seconde Guerre Mondiale, la ségrégation…


C’est aussi et surtout une belle histoire d’amitié qui se noue entre l’homme et l’animal, entre Woody et les girafes. Woody ayant grandi avec un père considérant les animaux comme du bétail ou des créatures sans âmes, Woody est pourtant subjugué par les girafes, des créatures élégantes mais aussi imprévisibles, attachantes et dangereuses à la fois. Ces animaux ont beau être herbivores, ils n’en demeurent pas moins des animaux sauvages qu’il faut traiter avec précaution, et protéger à tout prix. La présence des girafes marque un tournant dans la vie de Woody qui comprend que les girafes ne sont pas que des animaux mais des êtres à part entière, qui vont l’aider indirectement à prendre la bonne direction dans sa vie, qu’un autre chemin est possible pour lui, malgré les tragédies de sa vie. Avec les girafes, Woody découvre le monde autant qu’il se découvre lui-même, et qui fait également de ce roman un récit d’apprentissage.


J’ai aussi aimé la relation qui se tisse entre Woody et Riley Jones qui constituera un père de substitution pour notre héro. C’est un personnage d’expérience qui, après une méfiance bien compréhensive, finit par lui donner sa chance et faire partie de son parcours de vie et qui contribue à faire de Woody l’homme qu’il deviendra.



Ce roman est à la fois un roman d’aventure, un road-trip, un récit d’apprentissage et un vibrant hommage aux animaux qui font partie de notre vie et qu’il faut protéger. Un roman divertissant, qui ne laisse pas insensible, surtout lorsquil traite de la cause animale et de l’importance des animaux dans notre vie, et la beauté de la relation qui lie l’Homme et les animaux. Toutefois, je déplore certaines longueurs, j’ai eu un peu de mal à accrocher au roman jusqu’au moment où Woody fait vraiment partie du convoi. Je n’ai pas été plus attachée que ça aux personnages. C’était une découverte bien sympathique mais qui ne laissera pas un souvenir mémorable.


— Les gens nous considèrent bizarrement quand on parle de ce qu’on peut ressentir pour les animaux. On nous dit qu’ils n’ont pas d’âme, pas le sens du bien et du mal, qu’ils ne valent rien à côté des humains. Je n’en sais rien. Parfois je pense que les animaux devraient parler de nous ainsi.

Il a secoué la tête.

— Les animaux peuvent te briser le cœur. Ils peuvent te blesser. Ils peuvent te tuer par instinct et reprendre leur balade la minute suivante comme si rien ne s’était passé. Mais au moins, on connaît les règles de base avec les animaux. On sait ce que cela coûte quand on ne respecte pas ces règles. On ne sait jamais avec les gens. Même les personnes bonnes peuvent te faire très mal, et les mauvaises, eh bien, elles te font vraiment mal.

Il a laissé tomber son bras de la fenêtre pour frotter sa main noueuse.

— C’est pour ça que je choisirai toujours les animaux. Même si cela me tue un jour. C’est ce qui arrivera probablement.