Rivale.
Protectrice.
L'histoire envoûtante d'une déesse oubliée.
En 1887, l'égyptomanie s'est emparée de l'Angleterre victorienne.
Discrète et réservée, Clemmie est l'une des rares femmes à déchiffrer les hiéroglyphes.
Lors d'une soirée consacrée aux reliques égyptiennes, Clemmie lit une inscription sur une étrange amulette et semble ainsi déclencher une malédiction sur toute sa famille.
Cinq ans plus tard, la jeune femme décide d'aller en Égypte pour rendre cette funeste amulette afin de sauver sa sœur, dernier membre vivant de sa famille. Le jeu auquel elle se livrait enfant, mettant en scène les déesses sœurs, Isis et Nephtys, a trouvé un écho dévastateur dans sa vie. Au fil de son voyage sur le Nil, elle croisera des alliés charmants ainsi que des ennemis inattendus, et découvrira que la pire des malédictions n'est pas celle qu'elle croit.
Un roman d’aventure très
sympathique qui mêle malédiction, momies, une course contre la
montre, égyptologie, mythologie, et lien sororal, et un soupçon de
romance. J’ai pris plaisir à découvrir ce roman qui, à l’instar
de sa protagoniste, m’aura fait voyager en Égypte, dans cette
croisière le long du Nil, à découvrir le Caire et ses souks,
Dendérah et ses temples, l’île de Philaé avec ses ruines et son
temple. J’ai été dépaysée, d’autant qu’on ne se contente
pas de visiter ces lieux, mais on est plongé dans la culture de ses
habitants. J’ai vraiment été marquée par les descriptions
enchantresses de l’Égypte par l’auteure, le contraste entre la
fascination de l’Angleterre victorienne pour l’Égypte antique et
la culture vivante de l’Égypte en elle-même.
J’ai
également trouvé intéressant que l’auteure parle des
conséquences de l’égyptomanie des Occidentaux en Égypte qui est
victime de très nombreux pillages qui ont eu lieu pendant cet âge
d’or des découvertes égyptologiques, les conséquences de ce
pillage culturel, les ventes illégales de momies et d’artefacts
égyptiens, les fouilles illégales qui endommagent les sites
archéologiques, cela m’a rappelé Sixtine qui évoquait
également le sujet. Nous avons ici Clemmie, une passionnée
d’égyptologie depuis son plus jeune âge, qui devient sensible à
cette cause. C’est d’abord pour réparer un tord et briser une
malédiction qu’elle cherche à restituer un bien en Égypte, mais
elle va progressivement reconnaître les dérives de sa pratique et
changer sa façon de penser et être amenée à voir son père d’une
autre façon. Ce sont des thèmes qui restent malheureusement
d’actualité, le pillage et le trafic d’antiquités continuant à
se faire de nos jours.
Clemmie
une héroïne efficace et attachante. Elle est érudite et
indépendante pour l’époque, elle est passionnée par l’Égypte
et son histoire, a baigné dedans depuis son enfance, en aidant son
père, égyptologue, et elle a souffert de ne pas avoir été
reconnue par lui comme une partenaire à part entière dans ses
affaires. C’est une jeune femme qui sait se débrouiller, et qui
porte en elle une lourde solitude. On ne peut qu’être sensible au
lien fort qui la lie à sa sœur, Rosetta, et leurs jeux
d’enfants dans lesquelles elles jouaient les déesses Isis
et Nephtys prendront ici une toute autre dimension, à cause
de la malédiction.
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Les temples de Philae et de Dendérah |
Concernant
les autres personnages, ce n’était pas gagné du tout. Ses
compagnons de voyage, qui se greffent à elle, m’ont souvent agacé,
surtout au début, à insister à faire le voyage avec elle, ne la
laissant pas tranquille. Je les ai trouvé insistants, et j’ai eu
l’impression que l’auteure forçait vraiment Clemmie dans
une dynamique de groupe. Heureusement, j’ai fini par
progressivement m’habituer puis à m’attacher à ce petit groupe,
mais ce fut laborieux. Bien que cette dynamique ait été forcée,
elle fonctionne assez bien. J’ai aussi aimé le fait que le roman
alterne entre présent et le passé, pour nous montrer les raisons de
la présence de Clemmie en Égypte, sa mission secrète et ce
qu’il est advenu de sa famille.
J’ai
également trouvé intéressant le fait que le sort de sa famille
peut s’expliquer soit par du fantastique (la malédiction), ou par
quelque chose de plus rationnel [spoiler] les manigances d’Horatio,
le fiancé de Rosetta , ainsi je referme le roman sans être
entièrement sûre si la malédiction ou une tierce personne était
davantage responsable du sort de la famille Attridge [/spoiler]
J’ai
aimé la part belle que faisait le roman à la sororité qui se
déploie à plusieurs niveaux, tout d’abord à travers les sœurs
mythologiques, les déesses Isis et Nephtys qui servent
de cadre et de miroir à la relation entre Clemmie et Rosetta,
le lien entre ces deux sœurs est fort, on ne peut y rester
insensible. Tout ce que fait Clemmie est pour sa sœur. J’ai
également aimé les liens qui se tissent entre Clemmie,
Célia et Mariam, qui illustrent comment la sororité peut
transcender les barrières culturelles et sociales. J’ai également
trouvé intéressant les nombreuses références à la mythologie
égyptienne, notamment l’histoire d’Osiris, Isis, Seth et
Nephtys, et comment ce roman met en lumière Nephtys, une
déesse assez méconnue au final.
Ce
roman est une belle découverte, et il aurait presque pu devenir un
coup de cœur. Je déplore quelques longueurs, une dynamique de
groupe qui a été forcée et qui m’a fait lever les yeux au ciel
au 1/3 du roman, et aussi une fin assez précipitée, avec des
facilités scénaristiques [spoiler] je m’attendais vraiment à ce
qu’Horatio soit plus difficile à vaincre, à la place il est mort
hors champs. Je pensais aussi voir les retrouvailles entre Clemmie et
sa sœur, et entre Clemmie et Rowland [/spoiler]. Ce sont à cause de
ces bémols que ce roman n’est pas un coup de cœur, mais il n’en
demeure pas moins une bonne lecture et une belle découverte !
Devant l’entrée, une bouffée de ce qui les attend à l’intérieur leur parvient. Une odeur de renfermé et une chaleur dense, suffocante. Scrutant le couloir enténébré, Celia déclare qu’elle n’entrera pas. Que c’est un endroit à faire des cauchemars.
À faire rêver, aussi. Clemmie imagine les gens qui ont construit cette structure phénoménale, le pharaon momifié qui y a été déposé pour connaître le repos éternel, l’embaumement qui a précédé, tel que conçu par Anubis pour préserver le corps d’Osiris. Chaque livre qu’elle a lu, chaque reconstitution enfantine de ces mythes, chaque soirée de démaillotement et de traduction l’a conduite à ce moment.