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lundi 18 mai 2020

La Forme de l'Eau / The Shape of Water.

LA FORME DE L'EAU
1963 sur fond de Guerre Froide. Elisa, modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, mène une existence morne et solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. 

Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres, un homme amphibie...







La Forme de l'Eau est un film dont j'attendais la sortie avec impatience de part l'originalité qu'il présente : une héroïne handicapée, l'exploitation le monstre du lac des films des années 1950 tout en lui donnant des émotions et des pouvoirs divins, mais également de présenter une histoire d'amour entre le monstre et l'héroïne. Avouez qu'on ne retrouve pas ce genre de romance tous les jours ! Ce film est d'autant plus signé Guillermo del Toro, réalisateur à qui l'on doit Blade, Hellboy et notamment Le Labyrinthe de Pan que j'avais découvert il y a plusieurs années.

Nous sommes au début des années 1960, l'Amérique est en lutte avec les Soviétiques, qui envoient leurs espions en Amérique, pour la conquête de l'espace. Notre héroïne se nomme Élisa Esposito, orpheline solitaire et muette qui compte, comme amis, son voisin de pallier, Giles, et Zelda, sa collègue. Les deux femmes travaillent comme femmes de ménage au sein d'un laboratoire gouvernemental, géré par le colonel Strickland, un homme brutal et imbu de lui-même qui vient de ramener d'Amérique du Sud une chose top secrète qu’Élisa découvre, en faisant le ménage, être une créature humanoïde amphibienne que les autochtones d'Amazonie vénéraient comme un dieu et que le colonel malmène. Poussée par la curiosité, Élisa cherche à s'introduire clandestinement dans la pièce où se trouve la créature. Fascinée et prise de sympathie pour la créature prisonnière, Élisa établit le contact avec lui, lui apportant de la nourriture et de la musique et lui apprenant la langue des signes avec laquelle ils communiquent. Las de devoir surveiller la créature, Strickland obtient de son supérieur la permission d'effectuer une vivisection sur l'amphibien, ce qui scandalise le Docteur Hoffstetler, lui-aussi fasciné par la créature et désirant l'étudier vivante, mais qu'il ne peut empêcher. Apprenant cela, Élisa, désespérée, tente le tout pour le tout et décide de mettre en place, avec la complicité de Giles, son voisin, Zelda et le Docteur Hoffstelter. Ils installent la créature dans la baignoire d’Élisa, en attendant de pouvoir le relâcher, lors de la prochaine pluie, dans un canal communiquant avec la mer. Cependant, Strickland, furieux, mène sa propre enquête pour découvrir les responsables de l'évasion...

La forme de l'eau en streaming direct et replay sur CANAL+
Elisa (Sally Hawkins) et la créature (Doug Jones).

Une histoire d'amour entre l'héroïne et une créature aquatique ! À priori, si cette histoire peut sembler étrange, elle n'en reste pas moins visuellement crédible dans la mesure où Guillermo del Toro prend bien son temps pour nous la raconter, en procédant étapes par étapes : il plante d'abord le quotidien d’Élisa, l'arrivée de la créature d'abord tenue secrète, puis la rencontre entre nos deux personnages, l'apprivoisement mutuel, l'amitié débouchant sur l'amour naissant puis tout s'accélère lorsque la vie de l'amphibien est en danger et qu’Élisa organise son évasion et le cache chez elle, en attendant de le libérer. En dehors du laboratoire qui le gardait prisonnier, l'amphibien bénéficie de plus de liberté alors qu’Élisa et lui se rapprochent. C'est ainsi que Guillermo del Toro prend son temps pour raconter son histoire, en alternant entre les temps morts (les scènes d'amour, de réflexion et de tendresse) et les temps forts (le colonel à la poursuite de la créature, l'évasion de la créature puis les plans pour la relâcher, par la suite, dans la nature, les soupçons du colonel, etc).

La Forme de l'Eau se présente comme une version moderne du conte de La Belle et la Bête où, comme dans le conte, la beauté de la belle est davantage intérieur qu'extérieure (non pas que Sally Hawkins ne soit pas une femme dénuée de charme, mais je trouve son personnage éloigné des canons féminins de notre société) et la bête plus humaine que l'homme qui l'a capturé. Élisa est, en effet, un personnage altruiste, très expressive malgré son handicap, parfois espiègle, douce, forte, fragile. L'amphibien, quant à lui, monstre, oscille entre la faiblesse et la majesté d'un dieu, entre violence et douceur. Il dégage de lui quelque chose d'impressionnant comme une certaine candeur (par exemple, la scène où il découvre la musique). On peut se demander ce que ces deux êtres peuvent bien se trouver et comment ils sont attirés l'un à l'autre, mais le réalisateur parvient à nous rendre cette relation crédible et touchante (Trois mots : You... and me... Together).

La forme de l'eau - Guillermo del Toro - Babelio
Le roman, écrit par Daniel Kraus.
Il y a d'ailleurs un rapport intéressant entre Élisa et l'eau. Son rêve, au début du film, l'illustre bien, c'est aussi un personnage qui cuisine avec l'eau (les œufs), se masturbe dans l'eau, ... comme s'il s'agissait d'une façon de sous-entendre qu’Élisa est profondément liée à l'eau, que [ c'est dans l'eau où elle va vivre désormais ] et que c'est peut-être dans l'eau qu'elle est née, car il y a un mystère qui entoure Élisa, sans que le réalisateur nous l'explique, ce sont ses cicatrices au niveau du cou, qu'elle a depuis la naissance et qui font évoquer des branchies, comme si sa rencontre avec l'amphibien était justement bien tombée. Peut-être que le livre étoffera plus certains aspects de son film et approfondira l'histoire de nos personnages. J'espère pouvoir le lire un jour.

L’intrigue comporte beaucoup de fantaisie et de poésie, avec quelques airs à la Amélie Poulain., mais ce n’est pas un conte de fées. Le monde décrit est violent et injuste, d'autant plus qu'il est situé dans un contexte historique tendu, à savoir les Etats-Unis du début des années 1960, alors que la guerre froide était à son paroxysme, et c'est cet élément fantastique, à travers le personnage de la créature, qui va donc exacerber les pires comme les meilleures attitudes humaines. Ce film se présente d'autant plus comme une dénonciation à la discrimination (racisme contre les Noirs, l'homophobie, etc), une ode à la différence. Nos principaux protagonistes sont des personnes faisant partie d'une minorité, toutes désocialisées à leur façon : l'handicapée, une femme de couleur, un homosexuel, ce qui est d'autant plus intéressant dans ce film.

J'avoue cependant ne pas avoir accroché à certaines scènes (et non, il ne s'agit pas de la scène intime entre Élisa et la créature haha), notamment la scène où Élisa s'imagine danser avec la créature, en robe de soirée ; j'aurais également aimé être avertie de quelques scènes peu ragoûtantes, dont une en particulier [spoiler] quand la créature dévore un des chats de Giles, c'est une scène qui a heurté ma sensibilité car, comme beaucoup, je déteste de voir des scènes de mort ou de maltraitance animale sur écran [/spoiler]. Le film n'est pas non plus exempt de tout reproche, l'intrigue est parfois prévisible et des personnages sont assez clichés (le méchant homme blanc, le scientifique que personne n'écoute, ... ).

Je n'ai pas les compétences pour parler des plans et de la photographie du film en détail, mais le film est sans conteste très beau visuellement. Le réalisateur nous en met plein la vue, accompagné de la bande-son d'Alexandre Desplat dont les qualités de compositeurs ne sont plus à refaire, ainsi que la présence de quelques chansons de Jazz.

S'il n'est pas sans défauts, le film présente de nombreuses qualités : il est visuellement magnifique, avec une bande-son irréprochable, des personnages très bien interprétés, une histoire prenante et parfois originale. En bref, La Forme de l'Eau se présente comme un joli moment de cinéma, émouvant et réflexif.


http://www.lebleudumiroir.fr/wp-content/uploads/2017/10/featured_the-shape-of-water-1050x700.jpgThe Shape of Water' is a fantastic fantasy | The Daily Gazette

Elisa (Sally Hawkins) avec Giles (Richard Jenkins) et Zelda (Octavia Spencer)

dimanche 25 novembre 2018

Bohemian Rhapsody


Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.


On ne présente plus Queen, ce groupe britannique de rock devenu culte, ni son chanteur, le si flamboyant Freddie Mercury qui nous a quitté il y a 27 ans hier. Quand on y pense, que cette célèbre personnalité et au groupe auquel il a appartenu aient droit à leur propre film, ça n'a rien de surprenant en soi.

Bohemian Rhapsody est donc un biopic retraçant l'histoire du groupe, et plus particulièrement celle de son chanteur. Les grandes étapes de sa vie sont évoquées : la vie avant Queen lorsqu'il n'était que Farrokh Busara ; sa rencontre avec Brian May et Roger Taylor, alors musiciens dans un groupe de musique pour étudiants et l'appropriation de ce groupe qui donnera naissance à Queen ; les premiers succès du groupe, rejoint par son dernier membre, John Deacon ; son baptême autoproclamé en Freddie Mercury ; sa relation avec Mary Austin son premier amour ; comment il a révolutionné le monde de la musique à l’époque, son insolence assumée devant les pontes des maisons de disques, les hauts et les bas de la gloire, sa sexualité, sa rencontre avec Jim Hutton, celui qu'il considérera comme son mari, ses nombreux chats, etc. C'est l'histoire d'un Freddie flamboyant, terriblement doué et audacieux, mais parfois seul...

Lorsque je suis allée voir ce film pour la première fois, je ne connaissais que très peu de choses sur Queen mais j'appréciais assez ce groupe, et surtout son chanteur, pour être attirée par l'idée de ce biopic. Puisque je n'étais pas une puriste, j'ai été éblouie par le film, et ignorante des changements décidés par les producteurs. J'avais été si conquise par ce film qu'en sortant de la salle de cinéma, je n'avais qu'une envie : en apprendre le plus possible, et écouter encore une fois leurs chansons pour rêver à nouveau. Maintenant que j'en sais un peu plus sur le groupe, je suis allée revoir le film avec un œil plus critique, et assez déroutée par les différences par rapport à la réalité historique. Le personnage de Mary Austin, notamment, dont le rôle a été magnifié à l'extrême et à qui les producteurs ont donné beaucoup plus d'importance que nécessaire. Je peux comprendre l'intérêt de montrer l'importance de Mary dans la vie du chanteur, et l'attrait pour le trope "Derrière chaque grand homme, il y a une femme", mais je trouve déroutant l'importance accordée à Mary et le fait que nous voyons un Freddie pathétique car encore jaloux et possessif envers la jeune femme, alors que dans la réalité, ils sont restés de très bons amis.



Freddie Mercury au concert de
Madison Square Garden le
27 juillet 1983.

Les producteurs ont également cherché à ajouter du drame en faisant se séparer le groupe à un moment de leur carrière, lorsque Freddie a souhaité faire une carrière solo. S'il est vrai que Freddie Mercury a bien tourné quelques albums solo, il n'est ni le seul, ni le premier membre du groupe à l'avoir fait et cela n'a certainement pas fait se séparer le groupe qui, malgré des brouilles et des disputes, ne s'est jamais séparé. Cependant, les producteurs ont du décider de faire ce choix pour ajouter du drame à l'intrigue, tout comme leur choix d'avancer la date où Freddie a découvert être atteint du SIDA (il a été diagnostiqué en 1987, mais deux ans avant dans le film).


Je déplore également le fait que le personnage de Jim Hutton soit minime, puisqu'il est le dernier compagnon dans la vie du chanteur et que leur histoire d'amour était telle qu'ils se considéraient comme mariés. De ce point de vue, je partage l'avis de Rami Malek qui avait souhaité explorer davantage cet aspect de la vie du célèbre chanteur, et l'importance de la relation entre les deux hommes. Je déplore donc beaucoup de changements qui ont été fait dans ce film, même si c'était surtout pour ajouter du drame à l'histoire. J'admets néanmoins qu'adapter l'histoire de Queen, et plus particulièrement de son chanteur Freddie Mercury, est un projet ambitieux sur lequel il aurait été facile de se casser les dents, tant la vie du chanteur a été riche et flamboyante. Il y a tant à dire et seulement deux heures pour raconter le plus possible. Forcément, cela paraît peu et des éléments ont du être écartés, modifiés, sinon évoqués de façon superficielle.

Malgré ces libertés et incohérences qui me chagrinent, je trouve que Bohemian Rhapsody est un biopic relativement réussi dans l'ensemble, et que Rami Malek mérite définitivement un Oscar pour son rôle tant il a été spectaculaire ! Il a fait un travail remarquable, on voit qu'il y a mis tout son cœur et son âme et qu'il a fait du travail de recherche et s'est adapté à son look pour reprendre les faits et gestes ainsi que la façon de parler de Freddie à la perfection. Il admire énormément cet homme et ça se voit, ça se sent, et on ne peut que s'incliner face au talent de l'acteur. C'est une performance parfaitement réussie, mais les autres acteurs ne sont pas non plus en reste (notamment avec Ben Hardy qui joue Roger Taylor).

Si l'on choisit d'ignorer les incohérences prises dans le film, l'histoire est prenante. On rit et on pleure en suivant Freddie Mercury. Les chansons qui accompagnent l'histoire rythment le film et nous donne plus qu'envie d'écouter leurs chansons pour s'en imprégner encore et raviver des souvenirs grandioses de ce groupe mythique. On est vraiment pris dans l'histoire, et réécouter ces chansons est un pur plaisir !




Scène de l'enregistrement de la chanson Bohemian Rhapsody, dont le
film tire son titre. Cette chanson, que l'on disait qu'elle serait invendable à cause
de sa durée (six minutes !) est devenue l'un des plus grands succès du groupe.

Il me reste toutefois un dernier regret concernant l'histoire (attention, spoilers !) :

J'aurais voulu que le film se termine avec le groupe enregistrant The Show Must Go On, l'une des dernières chansons, la plus culte,  de Freddie Mercury et la réaction des fans écoutant ce dernier morceau, car Freddie a mis tout son cœur pour cette chanson considérée comme son testament musical. La chanson est présente uniquement dans le générique de fin, alors qu'elle aurait mérité d'avoir sa place dans ce film. 

Ce choix peut cependant s'expliquer par le fait que Freddie était déjà bien malade lors de l'enregistrement de cette chanson, et que ce biopic n'avait pas pour ambition de montrer explicitement sa maladie et ses dernières années, mais d'être une célébration de sa vie et que montrer un Freddie mal en point en train d'enregistrer sa dernière chanson aurait été contradictoire.

Je trouve cependant dommage que le film s'achève sur le triomphe de Queen lors du concert caritatif de Life Aids, alors que ce n'est pas l'apogée du groupe, et qu'il y avait encore tant à montrer ! Je peux comprendre le désir de ne pas montrer les dernières années de la vie du chanteur, mais je pense que montrer sa force de caractère lorsqu'il a fallu faire les derniers enregistrements  pour terminer sur l'enregistrement de The Show Must Go On aurait été une façon parfaite de conclure ce film.

Malgré tout, Bohemian Rhapsody est un biopic relativement réussi, malgré les nombreuses libertés prises et les incohérences par rapport à la réalité historique. Il ne faut pas oublier que, biopic ou pas, cela reste un film romancé, et qu'il ne faut pas prendre comme parole d'évangile. Malgré mes reproches et mes regrets, je reconnais que c'est un film avec de nombreuses qualités, et il ne saurait en être autrement puisqu'il a été produit avec l'aide de Brian May et Roger Taylor, tous deux membres de Queen. Malgré tous les défauts que je peux trouver à ce biopic, je ne peux nier que c'est ce film qui m'a fait redécouvrir Queen et qui m'a fait véritablement tomber amoureuse de ce groupe et de son exceptionnel chanteur...

Bref, on en prend plein la vue au niveau des costumes, des décors, de la performance des acteurs et surtout de la musique ! C'est un film qui sent bon le rock, et qui reprend la plupart des hits du groupeDans la salle de cinéma, les gens ont ri et pleuré, j'ai rarement vu ça pendant une séance et c'était une expérience merveilleuse à vivre. Est-ce un film que je recommande ? Oui, très certainement ! En gardant toutefois à l'esprit que c'est une histoire qui a été romancée et qu'il ne faut pas croire que tout ce que dit ce film est réalité ;) cependant, Queen méritait bien son biopic, et les fans apprécieront !

dimanche 25 septembre 2016

Le Bal des Vampires.

Fiche technique :

Titre : Le Bal des Vampires (VF) ; The Fearless Vampire Killers (VO)
Réalisation : Roman Polanski.
Scénario : Gérard Brach et Roman Polanski.
Société de production : Cadre Films et Filmways Pictures
Durée : 1h08
Genre : Comédie
Sortie : 13 novembre 1967 (USA), 1er avril 1968 (France)

Avec la participation de :

Roman Polanski (Alfred), Sharon Tate (Sarah Shagal), Jack MacGowran (Professeur Abronsius), Ferdy Mayne (Comte von Krolock), Iain Quarrier (Herbert von Krolock), Alfie Bass (Yoine Shagall), Jessie Robins (Rebecca Shagall), Terry Downes (Koukol), Fiona Lewis (Magda), ...



Synopsis :

La Transylvanie. Une terre désolée et hostile où se terre tout un peuple maudit. Le professeur Abronsius et son acolyte Alfred poursuivent les vampires dans une traque sans relâche qui les mène jusqu’à une auberge éloignée de tout. Sauf du château du comte Von Krolock… 

Mon avis :

Le Bal des vampires s'intéresse à l'histoire du professeur Abronsius et de son jeune assistant, Alfred, deux chasseurs de vampires à en devenir qui se rendent dans un petit village de Transylvanie dans l'espoir de trouver la créature qu'Abronsius cherche depuis si longtemps. Sitôt arrivé au village, Abronsius constate l'abondance d'ail dans la taverne et il est persuadé d'être arrivé à bon port ! Cependant, du côté des villageois, personne n'ose avouer aux visiteurs la présence d'un vampire hantant les lieux... il sera néanmoins difficile pour eux de dissimuler l'existence de leur vampire local, surtout quand celui-ci organise un bal.

Film devenu un classique du cinéma, j'ai un certain attachement pour ce film en grosse partie du à la comédie musicale qui en a découlé plusieurs années après. Ce n'est pas, pour moi et malgré son statut de classique, un film exceptionnel. Cependant je l'apprécie en tant que film qui a servi de base à une comédie musicale que j'adore, et en tant que satire des films sur les vampires.

Autre affiche du film.
Car en effet, ce film se présente comme une satire des films sur les vampires en reprenant les clichés attendus d'un film de vampire : château lugubre, toiles d'araignées à gogo, vampires qui organisent un somptueux bal, le vieux savant un peu loufoque qui cherche à contrer le vampire local, un peu à la Van Helsing ; un vampire en Transylvanie, etc. Il y a aussi une certaine moquerie des chasseurs de vampires qui se révèlent ici un peu casse-tout et donc ridiculisés par leurs faux pas [spoiler] Le professeur Abronsius coincé dans la crypte, Alfred qui a trop peur pour oser tuer les vampires, Abronsius qui se ridiculise un peu en cherchant à mentir sur le motif de sa visite au comte vampire, Alfred en qui sommeille un petit pervers, etc [/spoiler], mais aussi une moquerie des vampires ! Car oui, même ces créatures majestueuses et sanguinaires en prennent pour leur grade ; la plupart sont loin d'être des canon de beauté, se révèlent parfois aussi ridicules que nos chasseurs de vampires, ajoutons à cela [spoiler] la façon peu élégante de Krolock de débarquer dans la salle de bain pour attaquer Sarah, son fils Herbert se présentant comme le cliché prototype du jeune éphèbe homosexuel, Chagal transformé en vampire qui n'a rien de séduisant et charismatique, la vieille vampire sourde au bal, etc [/spoiler]. C'est un humour absurde; ça peut faire sourire comme ça peut faire lever les yeux au ciel. Dans tout les cas, ce n'est pas un film à prendre au premier degré !

Pour ma part, si je ne considère pas ce film comme exceptionnel, j'aime le côté complètement barré du professeur Abronsius, le charisme de la jeune Sarah, le personnage d'Alfred, un grand dadet timide et un peu maladroit mais qui veut bien faire. Les paysages sont magnifiques, la musique souvent rythmée, les situations angoissantes sont désamorcées efficacement avec un humour burlesque (sans spoiler, j'ai beaucoup aimé la scène de course poursuite du milieu du film, un pur délice). Si le personnage de Sarah incarné par Sharon Tate reste au final assez discret, il reste qu'elle apporte un petit quelque chose d’envoûtant et sensuel qui est propre au monde des vampires !

Si le film peut s'avérer long, les choses s'accélèrent lorsque le vampire entre en jeu [spoiler] en commençant par le kidnapping de Sarah [/spoiler] et l'histoire prend une tournure plus intéressante. L'intrigue en elle-même est classique mais efficace, et sait malgré tout faire preuve de rebondissements appréciables. Il est aussi intéressant de noter que, malgré l'aspect comique du film, il présente quelques côtés dramatiques [spoiler] Le fait que l'histoire ne termine pas bien pour les héros notamment : Sarah, la fille à sauver, est devenue vampire malgré les efforts des héros et Alfred a été mordu par elle et donc transformé à son tour [/spoiler], ce qui en fait un film assez intéressant à visionner !


Quelques mots sur la comédie musicale :



Si j'ai connu le film avant la comédie musicale, c'est sous cette dernière que je suis tombée sous le charme ! Le Bal des vampires est une comédie musicale de Jim Steinman et Michael Kunze, tirée du film réalisé par Roman Polanski en 1967. Le musical a été créé le 4 octobre 1997, et mis en scène par Roman Polanski pour la première fois à Vienne. Le spectacle s'est produit ensuite en Allemagne, à Stuttgart, Hambourg et Berlin. Puis ils 'est progressivement produit à Varsovie, Budapest et Belgique. Le musical connut sa version française en 2014 mais ne fut produit qu'à Paris au théâtre Mogador et, malgré les retours enthousiastes, aucun CD ou DVD ne fut produit pour les fans français (je rage rien qu'en tapant ces mots sur le clavier).

Je n'ai jamais eu la chance de voir le musical dans sa version française, et j'ai essentiellement découvert sa version originale, Tanz der Vampire, avec des sous-titres. Si je pleurerais à jamais le fait que je n'aurais jamais la chance de voir ce spectacle, c'est avec plaisir que j'ai visionné la version originale. On retrouve la même histoire, avec quelques différences, et en plus captivante... voire même mordante ! On constate une amélioration au niveau des personnages : finie la Sarah discrète, elle devient un personnage qui s'impose sur la scène, Krolock prend ici un coup de jeune et se révèle plus complexe et charismatique que dans le film ; il se révèle plus qu'un suceur de sang. Herbert est davantage caricaturé, mais toujours un personnage plaisant et hilarant. Abronsius se transforme en un Van Helsing ne jurant que par la logique et la science, et je reste toujours autant attachée à Alfred, jeune assistant parfois maladroit, qui prend souvent peur mais fait toujours de son mieux, et qui ne manque pas de courage et de loyauté. D'autres personnages sont également plus mis en avants, chacun a sa façon de briller.

Ajoutons à cela de magnifiques costumes (je suis toujours en admiration sur les costumes du comte, et sur la robe de bal de Sarah), des décors spectaculaires (notamment le château von Krolock dans son ensemble : de la crypte à la salle de bal !), on s'y croit d'emblée ! Les chansons sont captivantes pour la plupart, un réel plaisir aux oreilles, et la mise en scène sublime et magistrale haut en couleur, et qui nous en met plein la vue (ma scène préférée restera celle du rêve d'Alfred lors de sa première nuit au château dans Carpe Noctem). C'est un véritable plaisir de regarder et écouter ce musical qui ne brille pas que par ses chansons et son ambiance, mais par son intrigue, son humour, et ses moments sentimentaux voire dramatiques. Un vrai plaisir !

Petite anecdote intéressante : une des chansons les plus célèbres et thème récurrent de la comédie musicale, Totale Finsternis (Eclipse totale) correspond à la chanson Total Eclipse of the Heart, de Bonnie Tyler !


dimanche 26 juin 2016

Le Roi danse

Le Roi Danse,


Réalisé par Gérard Corbiau
1h55
Sorti en 2000


Avec : Benoît Magimel (Louis XIV), Boris Terral (Jean-Baptiste Lully), Tchéky Karyo (Molière), Colette Emmanuelle (Anne d'Autriche), Cécile Bois (Madeleine), Claire Keim (Julie), Johan Leysen (Robert Cambert), Idwig Stéphane (Le Prince de Conti), Caroline Veyt (Armande Béjart), Ingrid Rouif (Madame de Montespan), ...







Synopsis :

A quatorze ans, Louis XIV sait qu'il régnera un jour mais sait aussi que l'on fera tout pour l'empêcher de gouverner. Il en est complexe. Par la danse, ou le jeune roi excelle, et grâce a la musique qu'il compose pour lui, Lully le révèle a lui-même puis au monde. Louis devient le Roi-Soleil. Lully et Molière sont les grands ordonnateurs de la magie de son règne. Mais Lully aime le roi d'un amour fou et platonique et croit que celui-ci ne peut se passer de lui. Son aveuglement le perdra et Lully, après Molière, basculera dans la nuit

Mon avis :

Ce film me faisait déjà de l’œil depuis un petit moment. Friande de films historiques et toujours prête à en découvrir davantage, je ne pouvais pas passer à côté !

Ce film est une adaptation du livre de Philippe Beaussant, Lully ou le Musicien du Soleil. Qui est Lully ? Jean-Baptiste Lully, de son nom complet, est un grand personnage de son époque, celle du Roi Soleil, Louis XIV. Compositeur et violoniste d'origine italienne, Lully est le surintendant de la musique de Louis XIV. Son influence musicale fut grande et domina toute l'Europe. Son histoire est liée à celle du fameux Opéra de Paris. Il fut également l'un des principaux promoteurs de plusieurs formes de musique qu'il conçut comme : la tragédie en musique, le grand motet, l'ouverture à la française. Il travailla régulièrement avec Molière avec qui il conçut la comédie-ballet. Le Roi Danse propose de retracer la vie de cet homme qui marqua à la fois la musique et qui fut l'un des personnages de l'entourage du Roi Soleil.

Né dans un milieu modeste, son talent pour la musique lui a permis de monter les échelons et d'acquérir une réputation de violoniste et de compositeur. Sous Louis XIV, il devient surintendant et compositeur de musique, c'est le début d'une carrière fulgurante, et Lully, collaborant avec Molière, s'active à l'élaboration de l'opéra français. Ce film, c'est aussi l'histoire de l'homme dans le privé : de son mariage tantôt heureux, tantôt malheureux, de ses aventures bisexuelles avec des hommes ou des femmes, que n'approuve pas Louis XIV, de ses tourments, de sa crainte de perdre les faveurs et l'affection du roi, ...

Quelques petites infidélités historiques que je ne peux m'empêcher de soulever, ou plutôt quelques anachronismes (blâmez l'étudiante en histoire que j'ai été et qui refuse de s'en aller) : contrairement à ce que laisse entendre le film, Louis et sa mère n'ont jamais eu de relations houleuses et ne l'a jamais empêché ou gêné dans les affaires du royaume; Louis n'est jamais tombé dans un marécage, ce qui l'a rendu malade (petite confusion au niveau des dates); et contrairement au film et à la légende, Molière n'est jamais mort sur scène, en pleine représentation du Malade Imaginaire. Il a bien joué cette scène et dissimulé sa maladie, mais il est mort chez lui. Outre ces petites libertés, je n'ai pas grand chose à reprocher à ce film.

Je ne retiendrais pas ce film comme étant un film historique exceptionnel, il reste tout de moins plutôt plaisant à visionner et à écouter. Des passionnés de Louis XIV et son époque y trouveront leur compte et malgré les libertés prises par rapport à l'Histoire, c'est un film qui a bien été étudié et surtout : les costumes, la musique, la danse, le jeu des acteurs. Certaines scènes sont magnifiques : la première danse du jeune Louis déguisé en soleil qui est assez exceptionnelle avec la musique, les décors et costumes, les gestes de Louis lorsqu'il danse; Lully qui joue à la porte de la chambre du Roi alors que celui-ci est gravement malade, jouant toute la nuit, et la fièvre du roi qui est retombée au matin; le chagrin de Louis à la mort de sa mère; la scène de la réalisation de la toile représentant un champ de bataille avec, en fond la musique de Lully et les bruits d'une bataille; les scènes d'amitié entre Lully et Molière étaient également divertissantes à voir, et le rire de Molière semble presque contagieux. Plus que tout, ce que j'ai aimé découvrir était la relation entre le roi, Lully et Molière, et comment elle a évolué dans le temps.

Ce film ne me laissera pas une grande marque dans mon esprit, mais il fut intéressant à visionner, d'autant plus que Lully est un personnage que je ne connais que très peu et que ce film fut une occasion de le connaître, connaître ses malheurs, ses bonheurs, sa musique, son amitié avec le Roi et avec Molière, et de plonger dans l'époque du Roi Soleil.

La Belle et la Bête


La Belle et la Bête,


Réalisé par Christophe Gans
1h52
Sorti en 2014


Avec : Léa Seydoux (Belle de Beaufremont), Vincent Cassel (La Bête), André Dussollier (Mr de Beaufremont), Eduardo Noriega (Perducas), Nicolas Gob (Maxime de Beaufremont), Jonathan Demurger (Jean-Baptiste de Beaufremont), Louka Meliava (Tristan de Beaufremont), Sara Giraudeau (Clotilde de Beaufremont), Audrey Lamy (Anne de Beaufremont), Myriam Charleins (Astrid), Yvonne Catterfeld (La Princesse), ...




Synopsis :

1720. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

Mon avis :

La Belle et la Bête doit être mon conte favori, d'ailleurs j'attends avec impatience le nouveau film Disney de 2017 qui reprendra le classique de 1991, avec Emma Watson dans le rôle de Belle. Afin de patienter jusque mars 2017, et histoire de me replonger dans l'univers et l'histoire de la Belle et la Bête, j'ai décidé de découvrir ce film.

La Belle et la Bête m'aura laissé un sentiment mitigé. Visuellement, le film est très beau. J'ai rarement vu un film français aussi beau : les décors (la forêt enchantée, le château de la Bête, les étendues vertes et sauvages autour du château, le manoir des Beaufremont, ...), les costumes, les couleurs, l'omniprésence des roses, la musique baroque, également les effets spéciaux, les prises de vues et mouvements de caméra. Une vraie réussite au niveau visuel ! J'ai été éblouie, transportée dans un autre siècle !


Léa Seydoux dans le rôle de Belle
Cependant, si le film est visuellement magnifique, le film souffre de par son scénario moins convaincant, ce qui est dommage car ce conte est une histoire magnifique et qu'avec un scénario mieux exploité, ce film aurait pu être parfait. On a, par exemple, du mal à comprendre l'attirance amoureuse de la Belle envers la Bête. Pendant une bonne partie du film, leur relation n'avance guère. On voit beaucoup la Belle résister, tenir tête, gronder, fuir, être insolente envers la Bête. Les seuls moments d'intimité entre eux se résument à deux scènes : la scène de la danse et la scène où Belle veille sur la Bête, mourante. Il n'y a pas d'évolution dans leur relation, ou plutôt si mais c'est vite exploité, à un point où l'on ne comprend pas ce changement de sentiments. Même la scène de danse était plutôt une chose que Belle a bien voulu accorder à la Bête, en échange de quelques jours avec sa famille, pas parce qu'elle le désirait vraiment. On a également l'impression que si Belle revient à la fin vers la Bête (après que celle-ci ait accepté qu'elle retourne quelques jours dans sa famille), c'était plus par culpabilité (car des gens peu honnêtes se sont infiltrés dans le château par la faute de ses frères). Lorsque Belle voit la Bête mourante, lorsqu'elle voit ses frères transporter la Bête, mortellement blessée, lorsqu'elle lui avoue l'aimer, je n'ai ressenti aucune émotion, rien qui ne me paraisse sincère ou vibrant. Juste des paroles répétées. Je n'ai rien vu de convaincant dans ses émotions (ou le peu d'émotions, c'est comme ça que je l'ai ressenti) sur l'expression de son visage. Il y a déclaration d'amour de Belle mais elle semble sortir de nulle part, comme si les scénaristes venaient de se rappeler que la Belle devait être amoureuse. Quant à la Bête, s'il semble vouloir que les choses évoluent entre lui et Belle, on a parfois l'impression que c'est pour mettre un terme à la malédiction qui le pèse, qu'il voit en Belle sa femme décédée, qu'il aime toujours sa femme. Leur amour, leur romance demeurent quasi-inexpliqués, et c'est dommage.

Cette faiblesse scénaristique, pourtant, ne concerne que la relation Belle/Bête car le début de l'histoire jusqu'à l'arrivée de Belle dans le château de la Bête, ainsi que les flash-back sur le passé de la Bête sont réussis et captivants. Ce fut intéressant de voir la déchéance des Beaufremont au début du film alors qu'ils doivent s'adapter à une vie plus modeste, de connaître cette famille dans laquelle Belle vit, tout comme ce fut intéressant de connaître la vie de Bête, avant sa transformation. Même si j'avoue que la partie de l'histoire sur la famille de Belle et sur les flash-back de la Bête prennent une grande partie du scénario, au détriment de l'histoire d'amour censée se mettre en place. Le film a tendance à plus montrer tout ceci plutôt que d'accentuer sur la relation Belle/Bête et l'évolution de leurs sentiments, ce qui est quand même le cœur de l'histoire. Mais j'ai beaucoup apprécié connaître la vie passée de la Bête, comprendre le pourquoi du comment. Voir la Bête, ce beau jeune homme plein de vitalité et de fougue, fou amoureux de sa femme, obsédé à l'idée de capturer la biche dorée qui hante ses forêts [spoilers] au final, j'ai été surprise, bien que je n'aurais pas du l'être car biche dorée = fée ou personnage enchanté, que la biche dorée soit la princesse/épouse de la Bête et que sa mort accidentelle, par la main de son époux, ait déclenché la malédiction de la Bête. Cette version de la malédiction de la Bête est originale et bien trouvée ! [/spoilers]

Vincent Cassel dans le rôle de la Bête

Concernant les personnages, pas grand chose à dire, les sœurs de Belle sont sans profondeur, les frères quant à eux m'ont paru sans intérêt jusqu'à ce qu'ils remontent dans mon estime vers la fin du film, les personnages de Belle et la Bête souffrent beaucoup de leur manque d'histoire d'amour, sans ça l'idée d'une Belle un peu rebelle, insolente envers la Bête, plus modeste dans ses goûts, moins frivole, et d'une Bête qui souffre, un peu moins menaçante et têtue, aurait pu être intéressante. Sinon, des scènes d'action appréciables, et même réussies, notamment avec la scène de l'attaque au château de la Bête [ l'idée des compagnons de la Bête, transformés en statues de pierre géantes, qui protègent le château contre les intrus, c'était bien trouvé ! ]

Malgré l'énorme défaut du film qui est l'absence d'émotion et d'une histoire amour sincère qui évolue, ce film reste agréable à regarder, d'autant plus qu'il est visuellement réussi, et que c'est quand même beau de voir qu'en France, on ne produit pas que des comédies ou des polars, mais que l'on touche aussi au fantastique.

mardi 3 février 2015

Certains l'aiment chaud


Certains l'aiment chaud / Some Like It Hot,

Réalisé par Billy Wilder.
Durée : 1h56min.
Sorti en 1959.


Avec : Tony Curtis (Joe / Joséphine / Junior), Jack Lemmon (Jerry / Daphné), Marilyn Monroe (Sugar Kane Kowalcyk), George Raft (Colombo), Joe E. Brown (Osgood Fielding III), Pat O'Brien (Mulligan), Joan Shawlee (Sue), etc.







Synopsis :

Témoins inopinés d'un règlement de compte perpétré par la Mafia, deux musiciens de Chicago, Joe et Jerry, se voient contraints d'intégrer un groupe de jazz féminin sous les traits de Joséphine et Daphné. Leur couverture est parfaite jusqu'à ce que "Joséphine" tombe amoureuse d'une chanteuse, Sugar, qu'un ancien playboy s'éprenne de "Daphné" et qu'un parrain de la Mafia décide de les éliminer !

Mon avis :

À l'instar de M le Maudit, j'ai découvert ce film grâce à mes cours à la fac car lui-aussi a été l'objet d'un exposé, et ce fut une excellente découverte et Certains l'aiment chaud a rapidement gagné sa place parmi mes classiques préférés.


Tony Curtis et Jack Lemmon.
L'histoire commence d'abord à Chicago, en 1929. C'est le temps de la prohibition, l'alcool et autres produits prohibés se passent sous le manteau, les clans rivaux s'exterminent les uns les autres. Joe et Jerry, deux amis et musiciens de jazz (Joe est saxophoniste et Jerry est contrebassiste) sont les témoins involontaires du fameux massacre de la Saint-Valentin. Découverts par un des clans, ils se retrouvent contraint de fuir la ville afin de ne pas passer l'arme à gauche eux-aussi ! Afin de ne pas être reconnus, ils décident de se travestir en femmes. Ainsi débutent les (més)aventures de Josephine et Daphné, deux musiciennes se faisant engager dans un orchestre féminin en route vers la Floride !

Si l'histoire semble commencer de manière dramatique, on abouti vite à la comédie. Tout le long de l'histoire, il y a une espèce de mélange entre l'humour (les péripéties de Joe et Jerry, déguisés en femmes, qui jouent la comédie pour tenter de sauver les apparences) et le meurtre (puisqu'ils sont poursuivi par Spats Colombo, chef de bande particulièrement cruel, qui n'a de cesse de les traquer pour éliminer ces témoins gênants), ce que je trouve plutôt intéressant ; même si le film penche beaucoup du côté de la comédie, notamment avec le travestissement de nos deux héros, car comment ne pas passer à côté de cet élément sans jouer sur l'aspect comique de la situation ?

Le travestissement n'est pas nouveau, c'est un thème qui a déjà été exploité avant la sortie du film donc celui-ci ne se démarque pas par cet aspect. Cependant, ce qui est original, c'est qu'il joue sur le travestissement pour approcher des thèmes comme le sexe et l'homosexualité, avec subtilité, en utilisant la comédie afin que cela ne choque pas à l'époque et que le film ne soit censuré. Le titre parle déjà de lui-même : Certains l'aiment chaud/Some Like It Hot : chaud qui peut faire référence au soleil de Floride, le jazz (décrit comme hot, dans le sens où ça va vite), les connotations sexuelles. Et, bien-sûr que le travestissement allait être utilisé pour jouer un maximum dans le comique, mais il ne sert pas qu'à la comédie et joue un rôle à part entière dans l'intrigue. L'un des personnages finit par se confondre dans son travestissement, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de limite, de barrière entre l'homme et son déguisement féminin :

[spoiler]

Je parle bien-sûr de Joe/Daphné qui finit par prendre goût à sa nouvelle vie de femme et même à succomber aux charmes d'Osgood Fielding, un riche senior, à qui ça ne gênera pas plus que ça de voir à la fin du film que sa dulcinée possède des attributs on ne peut plus masculins, comme traduit dans cette célèbre réplique : "Nobody is perfect / Personne n'est parfait" ; quant à Joe, lui-même tire une expérience de son travestissement car, en se déguisant en femme, il vient à mieux les comprendre et à être moins macho.

[/spoiler]

Je ne peux pas parler du film sans mentionner au moins Marilyn Monroe, qui joue Sugar, jeune musicienne sentimentale et déçue de ses expériences amoureuses, notamment avec des saxophonistes auxquels elle ne peut résister. Ici, l'actrice est semblable au personnage qu'elle joue, dans le sens où elle est ce qu'on appelle un sex-symbol, mais elle est également tourmentée, fragile, alcoolique. Cependant, elle n'est pas un personnage tragique puisqu'elle, comme nos personnages principaux, ont un happy-ending, et son personnage de Sugar (Alouette en français) est tout simplement adorable, à sympathiser avec nos deux héros devenus héroïnes, et au cœur d'artichaut, à la fois séduisante et innocente.

Je n'ai pas grand chose à redire sur ce film, et mes critiques négatives ne sont pas nombreuses. Le film est un peu long à démarrer et je n'ai réussi à m'y intéresser pleinement que lorsque nos deux héros sont contraints de se travestir. J'ai eu un peu de mal avec le son, devant souvent augmenter puis baisser régulièrement le son, et si l'image en noir et blanc n'est pas dérangeante, j'aurais voulu (peut-être même préféré) découvrir le film en couleurs, voir ce que ça pouvait donner... Sinon, c'est un classique qui a bien vieilli, avec des dialogues piquants et amusants comme il faut !

samedi 17 janvier 2015

M le Maudit

M le MauditM – Eine Stadt sucht einen Mörder


Réalisé par Fritz Lang.
Durée : 1h57 (version initiale)
1h30 (version de 1960)
1h50 (version numérique, restaurée en 2014)
Sorti en 1931.


Avec : Peter Lorre (M/Hans Beckert), Ellen Widmann (Mme Beckmann), Inge Landgut (Elsie Beckmann), Otto Wernicke (Inspecteur Karl Lohmann), Theodor Loos (Inspecteur Groeber), Gustaf Gründgens (Schränker, chef de la pègre), etc.




Synopsis :

Berlin au début des années 30. Un tueur d'enfants vient de faire une nouvelle victime. La police multiplie alors les rafles dans les bas-fonds. Gênée par toute cette agitation, la pègre décide de retrouver elle-même le criminel...

Mon avis :

Film découvert à l'occasion de mes cours à la fac, où il a fait l'objet d'un exposé. L'analyse de ce film a attisé ma curiosité, ainsi j'ai pris un peu de temps pour moi un soir pour le visionner. Au vu de sa date de sortie, on peut facilement trouver ce film sur internet; pour ma part, j'ai pu le visionner sur YouTube. Avant de commencer ce billet, je tiens à vous avertir : je spoile des éléments du film, donc si vous voulez découvrir ce film, je vous conseille de survoler ce billet (j'ai d'ailleurs pris un autre synopsis, celui qui est courant spoile un peu les éléments du film)

Dans le Berlin des années 1930, un assassin sème la terreur, et en particulier chez les mères car ce sont les enfants que cet assassin vise et plus particulièrement les petites filles qu'il aborde dans la rue avant de les tuer après leur avoir offert un jouet ou une friandise. Ces crimes répétés plongent la ville dans la peur et la tourmente. La police multiplie les rafles et va jusqu'à mener l'enquête du côté de la pègre berlinoise, en pensant que le criminel pourrait en faire partie. Cela gêne les activités des criminels de la pègre qui décident de traquer l'assassin eux-mêmes. Alors que l'assassin rôde, à la recherche d'une nouvelle victime, pègre et police enquêtent chacune de leur côté, avec leurs propres méthodes (méthodes scientifiques et modernes pour la police, délation et aide des mendiants pour la pègre). La pègre propose un stratagème : sitôt l'assassin repéré, il faudra le marquer de la lettre "M" pour qu'il soit ainsi visible aux yeux de la pègre et des habitants...


Une des premières apparitions de "M"
M le Maudit n'est certes pas le film le plus connu de Fritz Lang, grand réalisateur de la période, mais c'est un film qu'il est intéressant de visionner et même d'analyser, d'autant plus que la fascination des gens pour les meurtres ou affaires criminelles présente dans les années 1930 est encore présente de nos jours, ce qui a permis à ce film d'avoir un certain succès lors de sa sortie, et de connaître encore aujourd'hui un certain intérêt; d'autant plus que Fritz Lang a utilisé des méthodes de réalisations particulières pour rendre son film réaliste et de susciter l'émotion, ce qui nous donne un film à la fois remarquable et dérangeant.

Il y a en effet un travail de recherche et de réalisme dans M le Maudit. Fritz Lang nous présente en premier lieu un portrait réaliste d'une métropole contemporaine dans les années 1930, dans l'Allemagne de la République de Weimar (soit après l'abdication de l'empereur allemand après Première Guerre Mondiale et avant l'avènement d'Hitler) où Lang nous décrit l'appareil d'Etat de cette République, le Ministère de l'Intérieur, la préfecture de police... ainsi que la société berlinoise, les classes sociales, et la société des brigands avec ses syndicats (les cambrioleurs, faussaires, proxénètes, etc), une pègre aussi organisée que la société officielle. C'est le portrait d'une période difficile où l'Etat présent ne convainc pas et manque d'autorité. En effet, au vu des crimes présents dans le film, il est difficile de croire en à crédibilité de l'Etat, d'autant plus que ce ne sont pas les figures d'autorités qui parviennent à retrouver et à attraper l'assassin, puis à le juger mais plutôt la pègre des criminels de la ville ! L'ordre social est menacé et les rôles inversés puisque ce sont les criminels eux-mêmes qui, avec l'aide des mendiants, traquent et font justice eux-même... jusqu'à ce que la police ne découvre leur stratagème et décide d'interrompre le procès de M fait par les criminels, et que la loi de l'autorité ait le dernier mot.

Le désir de réalisme de Lang l'a poussé à consulter des psychiatres et a réunir une importante documentation, pour le personnage de M. Son but n'était pas seulement de nous offrir le portrait d'un assassin terrifiant, mais aussi à nous marquer en nous présentant un assassin qui est un Monsieur tout le monde, un homme à la personnalité double, et à chercher à nous faire comprendre comment un homme peut en arriver au meurtre. M est un Monsieur tout le monde, il peut être n'importe qui ! Il faut le marquer (la marque du fameux M fait à la craie) pour le reconnaître. Après, loin de moi de dire que M est un pauvre homme qui n'a rien fait de mal, après tout c'est un tueur d'enfants, ni ne pense à justifier ses actes. Mais Lang nous montre comment un homme peut en arriver au meurtre et dans le cas de M, la personnalité double, sa personnalité cachée, d'autant plus que Peter Lorre incarne son personnage avec un tempérament timide et réservé, il n'a rien des apparences des tueurs en série ! Bref, c'est un peu comme une sorte de docteur Jekyll et Mister Hyde. Ce thème revient d'ailleurs souvent dans le film, notamment à travers les miroirs. Le but de Lang concernant M est de susciter de l'intérêt, de la sympathie et du dégoût pour ce personnage. On ne sait pas s'il est vraiment responsable de ses actes ou s'il est malade psychologiquement, victime de sa folie, qu'il ne peut pas se contrôler.

Hans/M, découvrant qu'il a été marqué.

Ce film est aussi une réflexion sur la nature humaine : ce n'est pas manichéen où tout le monde est blanc ou noir, gentil ou méchant comme dans les productions américaines. Lang nous montre que chacun a une part d'ombre, de gris. Après, le film ne joue pas sur la surprise : on voit tout de suite la silhouette de l'assassin et il se fait reconnaître facilement par son sifflement (un air de musique que M siffle lorsqu'il s'apprête à tuer un enfant), cependant par un subtile stratagème d'ombre et de lumière, d'apparition et de dissimulation, son visage nous est progressivement révélé et l'un des points forts du film est la traque. La traque de M est quelque chose d'angoissant et de passionnant à assister. Police comme criminels sont à sa recherche, tous le traquent, mais M se fond très bien dans la foule. L'ironie est que c'est un mendiant aveugle, vendeur de ballons, qui va le reconnaître à cause de l'air que M siffle (un air qui restera gravé dans ma mémoire tant les scènes où M le siffle sont prenantes, mais aussi parce que le garçon de ma classe à avoir fait cet exposé l'a sifflé pendant plusieurs semaines ;p)

Bref, je ne m'étendrais pas là-dessus davantage. J'ai beaucoup décrit le film, concernant mes impressions, je dirais que M le Maudit est un film intéressant à regarder et à contempler (dans le sens, analyser). C'est une histoire assez prenante, qui suscite l'intérêt, l'émotion. D'autres aspects comme le jeu des miroirs, le parallèle entre la pègre et la police, la traque de l'assassin, ... font de ce film un film remarquable et intéressant à visionner.

jeudi 31 juillet 2014

Le discours d'un roi.

Le discours d'un roi/The King's Speech


Réalisé par Tom Hooper
Durée : 1h58min
Sorti en 2010 (USA) / 2011 (FR)



Avec : Colin Firth (Bertie/George VI), Geoffrey Rush (Lionel Logue), Helena Bonham Carter (Elizabeth), Michael Gambon (George V), Jennifer Ehle (Myrtle Logue), Guy Pearce (Edward VIII), Eve Best (Wallis Simpson), Derek Jacobi (archevêque Cosmo Langi), Timothy Spall (Winston Churchill), ...




Synopsis :

La véritable histoire du père de l'actuelle Elisabeth d'Angleterre qui deviendra, contraint et forcé, le Roi George VI. Malgré son bégaiement, il parviendra, avec l'aide de sa femme et d'un thérapeute peu conventionnel, à vaincre son handicap et faire de son empire le premier rempart contre l'Allemagne nazie...

Mon avis :

Ce film revient sur l'histoire méconnue du père de la reine d'Angleterre, George VI, que rien ne destinait à devenir roi mais qui l'est devenu suite à l'abdication de son frère aîné, qui a préféré suivre l'amour d'une femme mariée à l'exercice du pouvoir. D'apparence fragile, plutôt introverti, incapable de s'exprimer en public à cause de son handicap, il a peine à prononcer ne serait-ce qu'un discours. Ses médecins sont impuissants et celui qui est affectueusement surnommé Bertie par ses proches, ne sait vers qui se tourner. Il finit par s'adresser à un médecin australien bien étonnant, d'autant plus par ses méthodes peu conventionnelles pour l'aider à surmonter son handicap, que par ses manies de traiter Bertie comme Bertie et non comme un membre de la famille royale d'Angleterre. À la veille de la seconde guerre mondiale, alors que la menace de l'Allemagne nazie gronde, Bertie, devenu le roi George VI, saura-t-il surmonter son handicap et être le roi dont sa nation a besoin pour faire face à cette épée de Damoclès et faire le discours de sa vie, pour rassurer sa nation et l'inciter à la résistance ?

La réussite du film tient en partie à son casting qui est de taille. Le roi George, alias Bertie, interprété brillamment par Colin Firth qui fera de son personnage une figure exceptionnelle de courage, de grandeur. Interpréter une figure historique est toujours un défi, encore plus quand ce personnage souffrait d'un handicap, mais Colin Firth a su nous offrir un personnage émouvant et exceptionnel, qui a du braver bien des épreuves pour venir à bout de son handicap. Geoffrey Rush offre une touche bien british, et interprète un Lionel Logue un peu gauche, mais robuste, profondément humain et touchant, qui sera être pour le Bertie de Colin Firth un véritable point d'appui, et qui usa d'exercices étranges pour les médecins de l'époque pour soigner le roi. Le duo Firth-Rush fonctionne à merveille, on peut sentir la complicité, une amitié naissant petit à petit entre deux hommes que tout oppose mais qui vont finir par oublier leur statut social pour se parler comme à des amis, se rapprocher, se livrer l'un à l'autre. Il est d'ailleurs amusant et intéressant de voir que Lionel n'est pas impressionné par le protocole et les personnes de pouvoirs, même pas des hommes d'église (du genre, mais oui, je m'assoie sur le trône dans l'église où va se passer le sacre, et alors ? Personne ne va dedans !)


Photographie du roi George VI,
prise dans les années 1940
Vient ensuite Helena Bonham Carter, déjà connue pour de nombreux rôles, et qui a ici endossé le rôle de la femme de Bertie, qui saura être un énorme soutient pour son mari, et qui se retrouvera reine du jour au lendemain, mais qui tâche d'exercer avec dignité sa fonction. Il y a beaucoup d'humanité et de tendresse entre Elizabeth et George, on sent que cette femme est prête à tout pour aider son mari, quitte à se prêter elle-même aux exercices de Lionel Logue. Autre acteur britannique notoire, le fameux Derek Jacobi (qui a joué le professeur Yana dans Doctor Who, notamment), Timothy Spall qui endosse les habits de Churchill, Michael Gambon le roi George V..., bref des acteurs britanniques connus et dont le talent n'est plus à prouver !

Le film se distingue aussi par son histoire, l'histoire méconnue mais exceptionnelle du roi George VI, un roi à la santé fragile, introverti si l'on peut dire, touché par un bégaiement qui lui complique la vie, qui se retrouve roi contre toute attente, suite à la mort de son père puis l'abdication de son frère. La situation est délicate: un roi qui n'était jamais destiné à régner, souffrant d'un handicap l'empêchant de parler correctement, incapable de gouverner convenablement, à la veille de la seconde guerre mondiale. Pourtant, petit à petit, sans pour autant réussir à le vaincre, George VI parviendra à améliorer sa prononciation, assez pour parler convenablement, grâce au soutien et aux soins de Lionel Logue. C'est aussi l'histoire d'une famille unie (Bertie et sa famille), d'une amitié naissante (Bertie et Lionel), avec un drame historique comme contexte (l'avènement d'un nouveau roi en Angleterre, la seconde guerre mondiale qui se prépare), mais pas dépourvu d'humour anglais pour autant!


Après, certes, niveau véracité historique, il se peut que le film ne soit pas entièrement fidèle (il y avait moins de familiarité entre Lionel et George VI dans la vraie vie, et jamais Lionel n'a appelé le roi « Bertie » et l'adressait plutôt avec le titre d'usage « Votre Majesté ») mais qu'importe! Ça reste de la fiction, et ce film est plus un film dont l'accent se porte sur les rapports humains et la complexité humaine que sur la véracité historique, même si le contexte historique est bien présent, il n'est pas massacré. C'est très humain, car on a un personnage victime d'un handicap et il essaye de le surmonter, c'est un problème que beaucoup connaissent. Qu'il soit physique ou mental, chacun a un handicap à vaincre pour continuer à avancer, à vivre, on a un côté assez universel et humain dans ce film, et c'est ça aussi qui fait la beauté de la chose, du film. Il nous donne une belle leçon de courage, de persévérance. On se sent proche du roi, on peine avec lui, on a envie de le voir réussir et mon dieu, quel crescendo au moment de son fameux discours, et la musique aide beaucoup ! Et ce nationalisme anglais, le peuple derrière son poste de radio, à écouter le discours du roi, qui m'a un peu rappelé ce téléfilm qu'ils ont fait sur l'appel du 18 juin, lorsque De Gaulle fait son discours et qu'en même temps que le général prononce son discours, il y a des Français qui l'écoutent et se taisent.

En résumé, Le discours d'un roi est une petite perle, un magnifique film qui nécessite que l'on prépare des mouchoirs, une histoire d'amitié, de persévérance, une histoire très humaine, un drame historique touchant, bien que l'accent soit davantage mis sur le côté humain qu'historique. Un film que je conseille !