samedi 20 juin 2026

Projet Dernière Chance - Andy Weir.


Ryland Grace est le seul survivant d'une expédition spatiale de la dernière chance. S'il échoue, c'est le sort de l'humanité et la Terre tout entière qui sera en péril.

Mais pour l'instant, il ignore tout de cela. Il ne se souvient même pas de son propre nom, et encore moins des objectifs de sa mission. Il sait seulement qu'il est resté en sommeil très, très longtemps. Et il vient de se réveiller pour découvrir qu'il se trouve à des millions de kilomètres de chez lui, avec deux cadavres pour toute compagnie.

Ryland se rend compte peu à peu qu'il doit faire face à une tâche impossible. Filant à travers l'espace, il lui faut trouver la clé d'un mystère scientifique insondable... et combattre un fléau qui laisse présager l'extinction de notre espèce.

Alors que chaque minute compte et que des années-lumière le séparent de l'être humain le plus proche, il est seul pour relever cet incroyable défi...

Mais l'est-il vraiment ?


La science-fiction ne fait pas partie de mes genres de prédilection, encore moins les histoires se déroulant dans l’espace, mais il existe quelques exceptions. Projet Dernière Chance en fait partie. Pourtant, jamais je n’aurais touché à ce livre si je n’avais pas vu le film, tout comme je n’aurais jamais vu le film si je n’avais pas entendu tant d’éloges à son sujet, et je peux comprendre pourquoi Projet Dernière Chance, le livre comme le film, est acclamé par la critique.

Ce livre commence de façon énigmatique : un homme se réveille dans un vaisseau spatial, ayant tout oublié : qui il est, ce qui l’a conduit là, et ce qu’il est supposé faire. Il est soigné et surveillé par les bras d’un ordinateur intelligent qui veille à tous ses besoins, et qui semble avoir pris soin de lui tout le temps de son coma. Il constate avec horreur que les deux autres membres de l’équipage sont morts dans leur sommeil, et depuis un moment à en juger par l’état de décomposition de leur corps ! Notre protagoniste est donc le seul survivant d’une expédition spatiale dont il ne sait plus rien. Tandis qu’il prend peu à peu ses repères, sa mémoire qui rappelle par brides ce qui lui est arrivé, et la raison de cette expédition spatiale de la dernière chance… Des formes de vie parasitaires s’en prennent au soleil. Il faut impérativement trouver le moyen de les détruire, sans quoi la Terre sera peu à peu plongée dans une ère glaciaire dont personne n’en rééchappera.

Ce roman fut une merveilleuse surprise. Si j’ai été souvent perdue par les termes scientifiques, ce fut réellement passionnant. Cela aide que la plume est plaisante à lire, avec des touches d’humour, car malgré la situation désespérée dans laquelle il se trouve, notre protagoniste, Ryland Grace, n’a pas perdu son sens de l’humour. C’est un personnage intelligent, et plein de ressources, et il fait beaucoup d’auto-dérision. Il garde la tête sur les épaules même si, et c’est bien compréhensible, il a des moments où il est sujet à la panique. C’est un protagoniste profondément humain et attachant que j’ai pris plaisir à suivre.


Ayant vu le film au préalable, les événements du roman, et donc de la présence de Grace dans l’espace, n’auront pas été une surprise pour moi, mais j’ai redécouvert tout cela avec plaisir. Ce roman se présente comme une énigme, à sa propre façon. Nous sommes amenés à nous interroger sur la raison de Grace en espace, quel danger menace exactement la Terre, comment remédier à ce problème, comment la mission « Dernière Chance » est née avec Grace, Eva Stratt et toute une poignée de scientifiques, toute nationalité confondue, travaillant pour la sauvegarde de la Terre. Nous progressons dans le roman avec des questions en tête : comment Grace en est arrivé là, comment s’est développée cette mission de la dernière chance, quelle est cette menace pour la Terre, vont-ils réussir à sauver notre planète ? Nous sommes tenus en haleine jusqu’au bout.

L’autre force du roman est bien entendu la relation entre Grace et Rocky, un bien étrange alien que Grace a baptisé d’après le célèbre personnage de fiction, qui vont travailler ensemble pour sauver leur planète respective contre le danger qui plane dans l’espace. La part à l’amitié est ici très belle entre ces deux espèces que tout oppose mais qui sont réunies dans un seul et même but, et qui vont devenir coéquipiers, colocataires et des amis proches. J’ai beaucoup aimé les voir se découvrir l’un l’autre, expliquer à l’autre comment fonctionne leur organisme, comment est leur monde, leur façon de dormir ou de manger ou de faire face aux maladies. Il y a beaucoup de curiosité et de fascination mutuelles, et leur rapprochement est à la fois drôle et touchant. Je n’ai pas su rester insensible à l’amitié qui se met en place entre eux, et l’auteur nous offre là un alien bien original, pas dénué d’humour et de répartie.

Le seul bémol reste finalement pour moi l’omniprésence des termes scientifiques qui, s’ils sont logiques ici, m’ont souvent bien perdue dans ma lecture. Pourtant, l’auteur a fait son possible pour nous les rendre accessibles, mais je dois malheureusement admettre ne pas avoir l’esprit scientifique, ainsi, après avoir tenté de comprendre les propos de Grace, j’ai fini par survoler ces passages au fur et à mesure que j’avançais de la fin. Je salue pourtant l’auteur de par ses connaissances maîtrisées sur le sujet, ainsi que sur les longues heures de recherche que cela a dû lui demander.



Fanart de Grace et Rocky (Source)


Malgré tout, ce roman reste – à l’instar de son adaptation – une très belle découverte. Le cœur du roman reste indéniablement pour moi la relation entre Grace et Rocky, mais j’ai également aimé cette aventure interstellaire avec cette course contre la montre pour sauver la Terre, les efforts internationaux pour construire le vaisseau ou pour faire face aux conséquences climatiques du déclin du soleil, l’énigme autour de Grace (qui était-il sur Terre, comment en est-il arrivé là, comment a-t-il contribué à cette mission), tous ces éléments qui font de ce roman un véritable page turner qui tient en haleine, et qui est adoucie par l’auto-dérision de Grace et l’amitié qui se noue entre Grace et Rocky. Vraiment une belle découverte qui me donne encore plus envie de revoir le film !


      — Nous garder unités terriennes. Plus facile pour vous. Combien durer journée terrienne, question ? Combien journées une année terrienne, question ?

      — Une journée terrienne dure 86 400 secondes. Une année terrienne dure 365,25 journées terriennes.

      — Compris. Moi ici quarante-six années.

      — Quarante-six ans ? (J’étais stupéfait). Quarante-six années terriennes ?

      — Moi ici quarante-six années terriennes. Oui.

Il est arrivé dans ce système avant ma naissance.

      — Combien… ? Combien de temps vivent les Eridiens ?

    — Moyenne six cent quatre-vingt-neuf années, répondit-il en agitant une pince.

      — Des années terriennes ?

      — Oui, confirme-t-il un peu sèchement. Toujours années terriennes. Vous mauvais mathématiques. Toujours années terriennes.

J’étais bouche bée.

      — Combien d’années avez-vous vécu ?

      — Deux cent quatre-vingt-onze années. (Il fait une pause). Oui. Années terriennes.

Saperlipopette ! Rocky est plus vieux que les États-Unis. Il est né à la même époque que George Washington.

Et il n’est pas si vieux pour un Eridien. De vieux Eridiens étaient déjà nés lorsque Christophe Colomb a découvert les Amériques. Et les gens qui y habitaient depuis longtemps.

      — Pourquoi tellement surpris, question ? Combien de temps humain vivre, question ?

lundi 15 juin 2026

Les Sœurs du Nil - Rachel Louise Driscoll.

Sœur.
Rivale.
Protectrice.
L'histoire envoûtante d'une déesse oubliée.

En 1887, l'égyptomanie s'est emparée de l'Angleterre victorienne.

Discrète et réservée, Clemmie est l'une des rares femmes à déchiffrer les hiéroglyphes.

Lors d'une soirée consacrée aux reliques égyptiennes, Clemmie lit une inscription sur une étrange amulette et semble ainsi déclencher une malédiction sur toute sa famille.

Cinq ans plus tard, la jeune femme décide d'aller en Égypte pour rendre cette funeste amulette afin de sauver sa sœur, dernier membre vivant de sa famille. Le jeu auquel elle se livrait enfant, mettant en scène les déesses sœurs, Isis et Nephtys, a trouvé un écho dévastateur dans sa vie. Au fil de son voyage sur le Nil, elle croisera des alliés charmants ainsi que des ennemis inattendus, et découvrira que la pire des malédictions n'est pas celle qu'elle croit.


Un roman d’aventure très sympathique qui mêle malédiction, momies, une course contre la montre, égyptologie, mythologie, et lien sororal, et un soupçon de romance. J’ai pris plaisir à découvrir ce roman qui, à l’instar de sa protagoniste, m’aura fait voyager en Égypte, dans cette croisière le long du Nil, à découvrir le Caire et ses souks, Dendérah et ses temples, l’île de Philaé avec ses ruines et son temple. J’ai été dépaysée, d’autant qu’on ne se contente pas de visiter ces lieux, mais on est plongé dans la culture de ses habitants. J’ai vraiment été marquée par les descriptions enchantresses de l’Égypte par l’auteure, le contraste entre la fascination de l’Angleterre victorienne pour l’Égypte antique et la culture vivante de l’Égypte en elle-même.


J’ai également trouvé intéressant que l’auteure parle des conséquences de l’égyptomanie des Occidentaux en Égypte qui est victime de très nombreux pillages qui ont eu lieu pendant cet âge d’or des découvertes égyptologiques, les conséquences de ce pillage culturel, les ventes illégales de momies et d’artefacts égyptiens, les fouilles illégales qui endommagent les sites archéologiques, cela m’a rappelé Sixtine qui évoquait également le sujet. Nous avons ici Clemmie, une passionnée d’égyptologie depuis son plus jeune âge, qui devient sensible à cette cause. C’est d’abord pour réparer un tord et briser une malédiction qu’elle cherche à restituer un bien en Égypte, mais elle va progressivement reconnaître les dérives de sa pratique et changer sa façon de penser et être amenée à voir son père d’une autre façon. Ce sont des thèmes qui restent malheureusement d’actualité, le pillage et le trafic d’antiquités continuant à se faire de nos jours.


Clemmie une héroïne efficace et attachante. Elle est érudite et indépendante pour l’époque, elle est passionnée par l’Égypte et son histoire, a baigné dedans depuis son enfance, en aidant son père, égyptologue, et elle a souffert de ne pas avoir été reconnue par lui comme une partenaire à part entière dans ses affaires. C’est une jeune femme qui sait se débrouiller, et qui porte en elle une lourde solitude. On ne peut qu’être sensible au lien fort qui la lie à sa sœur, Rosetta, et leurs jeux d’enfants dans lesquelles elles jouaient les déesses Isis et Nephtys prendront ici une toute autre dimension, à cause de la malédiction.



Les temples de Philae et de Dendérah

Concernant les autres personnages, ce n’était pas gagné du tout. Ses compagnons de voyage, qui se greffent à elle, m’ont souvent agacé, surtout au début, à insister à faire le voyage avec elle, ne la laissant pas tranquille. Je les ai trouvé insistants, et j’ai eu l’impression que l’auteure forçait vraiment Clemmie dans une dynamique de groupe. Heureusement, j’ai fini par progressivement m’habituer puis à m’attacher à ce petit groupe, mais ce fut laborieux. Bien que cette dynamique ait été forcée, elle fonctionne assez bien. J’ai aussi aimé le fait que le roman alterne entre présent et le passé, pour nous montrer les raisons de la présence de Clemmie en Égypte, sa mission secrète et ce qu’il est advenu de sa famille.


J’ai également trouvé intéressant le fait que le sort de sa famille peut s’expliquer soit par du fantastique (la malédiction), ou par quelque chose de plus rationnel [spoiler] les manigances d’Horatio, le fiancé de Rosetta , ainsi je referme le roman sans être entièrement sûre si la malédiction ou une tierce personne était davantage responsable du sort de la famille Attridge [/spoiler]


J’ai aimé la part belle que faisait le roman à la sororité qui se déploie à plusieurs niveaux, tout d’abord à travers les sœurs mythologiques, les déesses Isis et Nephtys qui servent de cadre et de miroir à la relation entre Clemmie et Rosetta, le lien entre ces deux sœurs est fort, on ne peut y rester insensible. Tout ce que fait Clemmie est pour sa sœur. J’ai également aimé les liens qui se tissent entre Clemmie, Célia et Mariam, qui illustrent comment la sororité peut transcender les barrières culturelles et sociales. J’ai également trouvé intéressant les nombreuses références à la mythologie égyptienne, notamment l’histoire d’Osiris, Isis, Seth et Nephtys, et comment ce roman met en lumière Nephtys, une déesse assez méconnue au final.


Ce roman est une belle découverte, et il aurait presque pu devenir un coup de cœur. Je déplore quelques longueurs, une dynamique de groupe qui a été forcée et qui m’a fait lever les yeux au ciel au 1/3 du roman, et aussi une fin assez précipitée, avec des facilités scénaristiques [spoiler] je m’attendais vraiment à ce qu’Horatio soit plus difficile à vaincre, à la place il est mort hors champs. Je pensais aussi voir les retrouvailles entre Clemmie et sa sœur, et entre Clemmie et Rowland [/spoiler]. Ce sont à cause de ces bémols que ce roman n’est pas un coup de cœur, mais il n’en demeure pas moins une bonne lecture et une belle découverte !


Devant l’entrée, une bouffée de ce qui les attend à l’intérieur leur parvient. Une odeur de renfermé et une chaleur dense, suffocante. Scrutant le couloir enténébré, Celia déclare qu’elle n’entrera pas. Que c’est un endroit à faire des cauchemars.

À faire rêver, aussi. Clemmie imagine les gens qui ont construit cette structure phénoménale, le pharaon momifié qui y a été déposé pour connaître le repos éternel, l’embaumement qui a précédé, tel que conçu par Anubis pour préserver le corps d’Osiris. Chaque livre qu’elle a lu, chaque reconstitution enfantine de ces mythes, chaque soirée de démaillotement et de traduction l’a conduite à ce moment.

dimanche 7 juin 2026

Le Merveilleux restaurant des souvenirs - Yuta Takahashi.



Au menu du jour : vos souvenirs les plus émouvants...

Dans la baie de Tokyo, au bout d'un chemin de coquillages, se dresse le restaurant Chibineko. On dit qu'ici, les plats sont des passerelles vers les âmes disparues. 

Guidée par la promesse d'un dernier instant avec son frère décédé, Kotoko pousse la porte de ce mystérieux restaurant. À l'intérieur, elle est accueillie par Chibi, le chaton tacheté qui veille sur les lieux. Sans même attendre sa commande, Kai, le jeune chef, lui sert un repas qui évoque son enfance - poisson mijoté, riz, soupe miso. Dès la première bouchée, la magie opère, transportant Kotoko vers un passé qu'elle croyait perdu à jamais.




Le Merveilleux restaurant des souvenirs nous emmène au Chibineko, un petit restaurant dans la baie de Tokyo, près de la mer, au bout d’un sentier de coquillage, tenu par le jeune chef Kai, accompagné de Chibi le chaton mascotte de la maison. Sa particularité, en plus de n’être ouvert que jusque 10h du matin, est de proposer des repas du souvenir, pour permettre aux clients ayant perdu un être cher de renouer avec eux, le temps d’un repas. L’occasion de se livrer à des explications, des confidences, ou bien un dernier au revoir.


J’ai beaucoup aimé le concept de ce restaurant et du repas du souvenir. C’est quelque chose qui existe bel et bien et qu’on appelle kage-zen. Le kage-zen peut être un repas préparé à la mémoire d’un défunt et qui est servi pendant des funérailles, ou bien un repas destiné au défunt lui-même, la croyance étant que le défunt pouvait se nourrir de ce plat à travers la fumée qui s’en dégage. J’ai trouvé le concept intéressant et il nous offre de belles histoires à la fois douces et amères.


Le roman contient quatre histoires courtes, avec un schéma similaire, mais qi se rejoignent entre elles. Nous suivons une jeune fille qui a perdu brutalement son frère promis à une brillante carrière d’acteur, et qui est tiraillée entre la tristesse et la culpabilité ; un jeune étudiant qui a perdu une camarade de classe qui était son premier amour, et qui regrette des paroles dures, prononcées sans réfléchir ; un homme en fin de vie qui souhaite revoir sa femme une dernière fois ; et enfin Kai, le jeune chef lui-même, en proie au deuil.


Bien que ce soit un roman propice aux moments tristes et émouvants, cela reste une lecture feel good car il se dégage beaucoup de douceur et de bienveillance, une volonté d’aller de l’avant, sans oublier les disparus, mais de continuer à vivre pour eux, pour les honorer.


C’est une lecture paisible et agréable qui fait du bien à son petit cœur, et qui est également gourmande car le roman évoque l’importance de la nourriture, et surtout le lien que nous pouvons avoir avec une personne disparue à travers un plat qui nous rappelle cette personne et les moments passés avec elle. Le repas du souvenir n’est jamais choisi au hasard, et il est préparé exactement comme le client et son disparu l’ont connu. On y trouvera, au fil des pages, des recettes gourmandes et japonaises, comme un mijoté d’Ainamé, un sandwich aux œufs, du riz aux cacahuètes, du riz aux prunes, ou encore un sukiyaki-don. J’ai d’ailleurs apprécié la présence de recettes à chaque fin d’histoire, nous invitant à recréer quelques-uns de ces plats. En outre, ce roman est une belle petite découverte, une lecture douce et pleine de poésie et de bienveillance. 


Sentant son regard peser sur lui, Taiji redressa la tête. Fumika l’observait. C’était elle qui avait proposé d’attaquer le repas, pourtant elle n’avait pas touché à son assiette. Elle restait assise, immobile face à lui.

— Tu ne manges pas ? s’étonna-t-il.

— Je suis en train de manger.

— Hein ?

— La vapeur. C’est mon repas.

— De quoi ?

— Enfin, les odeurs, pour être plus précise. Quand on est mort, on ne peut plus manger les choses de ce monde-ci.

Elle lui expliqua que c’était la raison pour laquelle on faisait brûler de l’encens sur les autels et les tombes. La fumée qui s’élevait des bâtonnets constituait la nourriture des défunts. Taiji l’ignorait.

— Ah bon ?

— Une fois le plat refroidi, on ne peut plus sentir son odeur. C’est pour ça que je ne peux rester ici que tant que le repas est chaud.

— Quoi ? Mais… ça veut dire que tu vas disparaître ?

— Disons plutôt que je vais retourner dans l’autre monde.

lundi 1 juin 2026

Ice Cream Summer Challenge, édition 2026.

 

Nous sommes le 1er juin, date qui marque habituellement le coup d’envoi du challenge de l’été, sauf que le Ice Cream Summer Challenge ne reprendra pas du service cette année. Souhaitant rester fidèle au challenge et ne pouvant envisager un été sans challenge de lecture, j’ai décidé de suivre la proposition de son organisateur, Kevin, qui suggérait de reprendre les thèmes des années précédentes. J’ai donc choisi de prendre un menu de chaque édition du challenge depuis sa création.


Comme d’habitude, vous pouvez trouver plus de détails concernant ma PAL sur ma liste Livraddict.





Mother of Rome est un roman qui me faisait déjà de l’œil, avec tous ces romans autour de la mythologie grecque, c’est sympa d’en avoir un sur la mythologie romaine, surtout sur une figure oubliée comme Rhéa Silvia. C’est l’un des romans du challenge que je suis le plus curieuse de lire.


J’ai choisi L’amour est au menu parce que je commence à me prendre d’affection pour les histoires autour de la thématique de la nourriture, c’est très cozy et feel good, mais aussi parce qu’on a ici une romance F/F peu conventionnelle. J’ai hâte de m’y mettre.


Un roman que j’avais déjà sélectionné pour une précédente édition du challenge, mais que je n’ai pas eu l’occasion de lire au final. J’ai l’intention de rectifier le tir, ça tombe bien car je commence à m’intéresser de plus en plus aux fictions se déroulant au Far West.





Pompéi est sur ma wish-list depuis un moment. J’avais déjà beaucoup aimé Conclave du même auteur, ainsi je suis curieuse de voir ce que ce roman me réserve, et de voir comment l’auteur s’est approprié l’histoire de la catastrophe de Pompéi.


L’une des catégories pour ce menu était « zone de confort », ce que l’univers de Disney est pour moi, et c’est l’une des bandes-dessinées autour de Mickey et ses amis qui me faisait de l’œil depuis un petit moment déjà.


Un livre à la couverture attrayante qui promet une histoire intéressante et dépaysante qui fait voyager aux États-Unis et en Afrique. Je suis curieuse de voir ce que ça va donner.






Je n’avais pas aimé la BD de l’auteur autour de Van Gogh, mais je suis prête à retenter l’expérience avec cette BD en deux tomes qui semble être d’un autre registre. Du moins, je l’espère. Et l’idée de Mozart en petite souris m’intrigue trop pour ne pas y jeter un œil.


J’ai choisi ce livre pour sa jolie couverture mais aussi parce que j’ai pris l’habitude de caser un livre sur l’Égypte, et surtout l’Égypte ancienne, dans chaque challenge estival que je fais, et la mythologie égyptienne est moins souvent présente dans les romans, donc je suis curieuse de voir comment l’auteure se l’est appropriée.


Un roman autour d’histoires de femmes mais aussi autour d’un navire qui a bien existé mais que je ne connais que de nom, donc ce roman sera vraiment une découverte pour moi.





J’avais déjà lu Le Port des marins perdus il y a quelques années, mais je n’en ai gardé aucun souvenir. Le challenge est une bonne occasion pour moi de m’y replonger, ce sera une belle redécouverte, et l’univers de la mer et les marins colle parfaitement au challenge.


Un petit roman japonais feel good comme je commence de plus en plus à les apprécier. Habituellement, je les réserve au challenge du printemps, mais j’avais encore besoin de rester dans cet univers cozy et asiatique, et la couverture de ce roman me rappelle l’été avec cette maison en bord de plage, et son allée de coquillages.


Ce n’est pas le genre de roman que je réserverais pour un challenge de l’été, mais j’ai vu le film récemment et je suis curieuse de découvrir le roman qu’il adapte. Ce sera une découverte intéressante je pense, d’autant plus que la science-fiction n’est pas un de mes genres de prédilection.





C’est tout pour la PAL.

Un bon challenge à toutes et à tous, et surtout un bel été !


mardi 26 mai 2026

[Bilan] Blossom Spring Challenge 2026.

 

Le mois de juin approche, il fait 30 ° sur le thermomètre et ce n’est qu’avec l’aide précieuse de mon ami de l’été, mon ventilateur, que je parviens à écrire cet article sans transpirer. Car le Blossom Spring Challenge se termine dans quelques jours. Pour ma part, j’ai terminé le challenge ce week-end, l’heure pour moi de dresser mon bilan.




La Volière aux souvenirs de Valérie Weishar Giuliani et Nina Jacqmin : une bande-dessinée douce et émouvante qui nous entraîne dans une histoire transgénérationnelle. À travers la grand-mère, la mère et la fille, c’est une histoire de famille compliquée, entre deuil, dépression, souvenirs et amour familial, et l’importance des origamis porteurs de souvenirs familiaux qui traversent le temps. Une jolie histoire tout en sensibilité, qui a frôlé le coup de cœur.


Complots à Versailles, de Bénédicte Carboneil / Carbone, Giulia Adragna et Annie Jay : Une bande-dessinée jeunesse que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Les aventures proposées, sous fond de complots et poison, sont rythmées et prenantes, avec de très jolis graphismes. Je déplore surtout le fait que les événements s’enchaînent trop vite, surtout dans les premiers tomes.


Les Disparus du Pays Imaginaire, de Aiden Thomas : Une lecture en demi-teinte. Il y a du très bon, comme les thèmes du deuil et du traumatisme décrits avec brio, la revisite du conte de Peter Pan réécrit de manière plus sombre et originale, l’ombre de Peter Pan comme double maléfique, et la relation Peter/Wendy est très touchante. Malheureusement, les aspects négatifs (les longueurs interminables, le manque de magie, le côté moderne) ont entaché mon appréciation. Ce roman ne laissera pas de trace impérissable, et j'en suis la première déçue.




Nos rendez-vous gourmands, de Gengoroh Tagame : Une histoire douce et gourmande, pendant la crise sanitaire, qui nous démontre que la cuisine, ce n’est pas seulement se nourrir, mais c’est aussi un moment convivial et de partage. L’amitié entre nos deux personnages glisse doucement vers la romance, sans tumulte, avec pudeur, comme une évidence. Une petite romance sous fond de gastronomie, un régal ! Cela dit, je reste un peu sur ma faim.


Sherlock Holmes et les ombres du passé de Thierry Niogret : Un recueil de nouvelles sympathiques. J’ai apprécié le schéma de ces nouvelles qui font références à d’anciennes enquêtes et font revenir des personnages rencontrés dans ces dernières. Elles sont assez oubliables, mais restent efficaces et permettent de passer un bon moment. J’ai beaucoup aimé celle avec Stamford, sans qui la première rencontre entre Holmes et Watson n’aurait jamais eu lieu.


Troubadours, princes et chevaliers, de Isabelle Lesteplume : Gros coup de cœur pour ce recueil de contes qui nous propose des histoires rythmées et intéressantes, avec des personnages attachants et des romances que l’on prend grand plaisir à voir se former progressivement.



Le petit guide de Miss Percy, ou comment élever un dragon britannique, de Quenby Olson : Malgré son potentiel, ses bonnes idées et son originalité, ce roman aura été un flop pour moi. Je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire du fait de son rythme et son style d’écriture qui alourdit le récit et a rendu l’intrigue longue… très longue… même la présence de l’adorable dragonnet n’a pas su redynamiser l’intrigue. Dommage…


Histoires de sororité, de Caroline Cohen Ring : Un ouvrage instructif et intéressant qui met en lumière les femmes de notre Histoire, surtout celles qui se sont soutenues, de la Préhistoire jusqu’à nos jours, de différentes façons : développer l’éducation des femmes, lutter pour le droit de vote, se protéger mutuellement, etc, mettant en lumière des figures méconnues de notre Histoire, le tout à travers de jolis dessins aux couleurs pastels.


La petite confiserie de l'allée nocturne, de Hiyoko Kurisu : Un roman doux, une lecture bonbon et feel good que j’ai pris plaisir à découvrir, et qui m’a permis de voyager un peu au Japon et découvrir l’allée nocturne avec ses commerces, ses lampions lumineux, Kogetsu et ses confiseries japonaises. Chaque histoire est bienveillante, avec une petite morale, et permet de passer un agréable moment de lecture.



Les Hauts de Hurlevent, de Emily Brontë : Un roman noir et oppressant. Il prend aux tripes, il ne laisse pas indifférent. C’est beau, poétique et sauvage, violent. Une sacrée découverte ! Pas un coup de cœur, mais indéniablement un roman qui laissera à jamais sa trace sur mon expérience de lectrice ! Je ne regrette pas du tout le voyage dans ces landes sauvages.


Perveen Mistry (T.1) Les veuves de Malabar Hill, de Sujata Massey : Un voyage instructif en Inde mais qui ne manque pas d’indigner concernant la condition de la femme. L’intrigue policière en elle-même était plutôt intéressante, mais je retiendrai surtout le voyage en Inde, ainsi que les flash-back sur la vie de Perveen. Une découverte sympathique, cela dit je ne pense pas lire la suite…


Vincent et Van Gogh, de Gradimir Smudja : Une bande-dessinée très, très, très haut perchée. Si j’ai apprécié la beauté des graphismes et les nombreuses références à la vie et à l’art de Van Gogh, je n’ai pas du tout adhéré à cette bande-dessinée très chaotique et trop déjantée à mon goût.


Les comptes à la loupe


Livres prévus : 12
Livres lus : 12


Le mot de la fin


Une édition un peu chaotique mais que j’ai heureusement pu finir à temps, sans trop changer ma PAL de départ. Il y a eu de belles découvertes, du bon et du moins bon, un seul coup de cœur, mais je reste plutôt satisfaite de l’édition de cette année et serai bien évidemment de la partie pour l’an prochain. À présent, il est temps que je m’attelle à la préparation de ma PAL pour le challenge de l’été.


Mon top 3
 ♥

Troubadours, princes et chevaliersI. LESTEPLUME

La petite confiserie de l’allée nocturneH. KURISU

Les Hauts de HurleventE. BRONTË

lundi 25 mai 2026

La petite confiserie de l'allée nocturne - Hiyoko Kurisu.


Problèmes de cœur ?

Quotidien morose ?

Laissez vos pas vous guider vers La Petite Confiserie Kohaku.

Quand vient le soir, les lanternes s'allument dans l'allée nocturne et attirent les âmes en peine. Les boutiques datent d'un autre âge, comme peuplées de fantômes. Une seule brille d'une lumière chaleureuse. Sur l'enseigne on peut lire : La Petite Confiserie Kohaku. 

Dans ce lieu enchanté, on trouve des bonbons de toute sorte. Le maître des lieux, un charmant jeune homme aux oreilles de renard, promet à tous ceux qui le rencontrent que ces friandises ont le pouvoir de changer leur vie. Une bouchée et... « Achetez, dégustez, vous verrez ! »



Je termine le challenge avec cette petite lecture bonbon et feel good que j’ai pris beaucoup de plaisir à déguster. Ce roman ne proposera rien d’original puisqu’il existe des romans avec un schéma similaire. Ici, nous suivons des personnes qui traversent un moment difficile ou qui ne sont pas bien dans leur peau. Ils tombent par hasard sur une confiserie tenue par un étrange personnage, qui se révèle être un yokai, et qui achètent une confiserie qui changera leur vie, ce qui va leur permettre de voir la vie autrement, voire de surmonter leurs difficultés.


Il y a cinq histoires en tout, ainsi qu’un épilogue.


Dans la première, on suit une lycéenne qui se sent délaissée par son petit-ami, accaparé par ses études. Elle ne veut en aucun cas compromettre ses études, juste un peu d’attention, un signe qu’il tient toujours à elle. Lorsqu’elle tombe sur la confiserie, elle achète des konpeito. Le vendeur la met en garde : en manger un par jour lui donnera un petit bonheur, une bonne nouvelle, mais elle doit prendre garde à ne pas dépasser la dose. La jeune fille est confuse mais suit ses instructions. Sitôt le premier bonbon mangé, son petit-ami la contacte. Elle suit ainsi ses instructions, gagnant chaque jour un petit bonheur. Puis un jour, elle se pose la question : que se passerait-il, si elle venait à en manger plusieurs ?


Dans la seconde histoire, on suit un homme, employé dans la vente, qui est complexé par son physique et ses rondeurs qui sont la source de moqueries quotidiennes. Il aimerait être invisible, pour changer. Alors qu’il tombe sur la confiserie, il y achète des wasanbons, et découvre avec surprise qu’il est devenu invisible aux yeux de ceux qui l’entourent… personne ne le remarque, à moins d’être à proximité de lui. Pour cet homme, c’est miraculeux, mais il découvre peu à peu qu’être invisible n’est pas aussi avantageux qu’il le pensait.


Dans la troisième histoire, on suit une étudiante qui n’ose pas être sincère avec ses amies et partager ses opinions, ni même ses goûts, de crainte de perdre leur amitié. Dans la confiserie, elle achète des monakas à la châtaigne. En les dégustant, elle s’aperçoit à sa grande surprise qu’elle ne peut pas s’empêcher d’être honnête et de dire tout ce qu’elle pense, à la grande surprise de ses amies. Elle découvre également qu’elle n’est pas la seule à cacher ce qu’elle pense.


Dans la quatrième histoire, on suit une lycéenne persuadée d’être suivie par la malchance. Mais voilà, elle doit passer une audition musicale, et il est hors de question d’échouer. Elle s’en va prier au temple, puis tombe sur la confiserie sur le chemin du retour où elle achète des caramels. Est-ce une coïncidence ou non, car elle découvre qu’après en avoir dégusté un, sa malchance tombe sur quelqu’un d’autre.


Enfin, dans la cinquième histoire, on suit une mère au foyer dépassée et fatiguée, avec un bébé aux besoins constants, et un mari devenu distant. À la confiserie, elle achète deux pommes d’amour, une pour elle, une pour son mari. En croquant la sienne, elle découvre avec stupeur des auras éblouissantes entourant ceux qu’elle aime. Au début, elle ne comprend pas ce qui lui arrive, mais elle s’aperçoit que cette lueur, qui change d’intensité, correspond au degré d’amour que ses proches lui portent. Celle de son mari variant, elle décide de redoubler d’efforts pour prendre soin de lui et rendre sa lueur la plus éblouissante possible. Mais elle se rend compte que ce n’est pas suffisant. Elle aimerait que son époux la remarque, elle-aussi.


C’est un roman qui mélange le fantastique et le contemporain. Il y a un peu de magie dans le car le patron de la Petite Confiserie Kohaku est un esprit mi-kitsune, mi-humain qui insuffle un peu de sa magie dans ses confiseries, mais cet aspect de l’histoire ne prend pas le dessus puisque la résolution des problèmes de nos différents personnages ne doit presque rien à la magie. Ce sont simplement eux qui ouvrent enfin les yeux et découvrent qu’avec de la communication, un meilleur jugement ou plus de clairvoyance, leurs problèmes sont peu à peu résolus. Cet aspect ne m’a pas déplu, c’est même réconfortant de savoir qu’il n’y a pas que la magie qui peut résoudre nos problèmes mais que nous en avons aussi le pouvoir, sans avoir forcément besoin de confiserie magique. Chacun peut trouver écho à l’une de ses histoires, ou se reconnaître chez un personnage.


Bien-sûr, les histoires sont romancées et finissent toutes bien, c’est le genre qui veut ça, et c’est bel et bien une lecture feel good. Il n’en reste pas moins que ces différentes histoires donnent à réfléchir, et qu’un peu de douceur fait du bien dans ce monde de brutes. Ça me donne même envie de lire d’autres romans japonais de ce genre.


J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Kogetsu, le patron de la confiserie. Il est en retrait pendant les 3/4 du roman, ce qui renforce l’aspect mystérieux qu’il dégage, et lui donne un côté mystique qui ne m’a pas déplu, mais j’ai tout de même été contente de voir que l’auteur lui a consacré un épilogue, ce qui m’a permis de découvrir comment il en est venu à ouvrir la confiserie.


En résumé, c’est un roman doux, une lecture bonbon et feel good que j’ai pris plaisir à découvrir, et qui m’a permis de voyager un peu au Japon et découvrir l’allée nocturne avec ses commerces, ses lampions lumineux, Kogetsu et ses confiseries japonaises. Chaque histoire est bienveillante, avec une petite morale, et permet de passer un agréable moment de lecture.


I felt a kind of catch in my chest release. I hadn’t even been aware of it before, but now that it was gone, it was as if a pleasant breeze had run through me.

It was good that I’d spoken frankly. It was good that I’d complimented Saya instead of hesitating, even though I wasn’t sure my opinion was worth anything to her. After all, no one minds a compliment.

Still marvelling at Saya’s unexpected reaction, I resolved to put my feelings into words in future.

mardi 19 mai 2026

Troubadours, princes et chevaliers - Isabelle Lesteplume.

Il était une fois…

Un voleur obligé de travailler pour un prince au cœur de pierre.

Un apprenti sorcier visite dans ses rêves par un étrange fantôme.

Un impitoyable chasseur de montres se liant malgré lui à un troubadour.

Une clairière où se reposent trente-et-une roses, veillées par un chevalier maudit.

Qui sait où la magie d’un conte pourrait vous entraîner ?



Je retrouve avec énormément de plaisir la plume et l’imagination d’Isabelle Lesteplume, qui confirme bel et bien sa place parmi mes auteurs préférés, à travers un recueil de quatre contes de fantasy, avec une romance LGBT+.

On commence le recueil avec L’Eau de Vie et de Mort :

Lyoth est un voleur extrêmement doué et insaisissable… Du moins, jusqu’au jour où Tarrek, le prince cadet lui tend un piège. Il lui propose un marché : il lui rendra sa liberté s’il parvient à lui obtenir l’eau provenant de la fontaine de vie et de mort, située dans une forêt gardée par une chimère, un dragon et un lion géant. Le prince cadet ayant une sinistre réputation de sorcier jaloux de son frère, le prince héritier, Hélios, Lyoth craint que le prince Tarrek n’en veuille à la vie de son frère, ainsi il brave les dangers pour le prévenir. À sa grande surprise, il découvre le prince Tarrek veillant Hélios malade et dont les jours sont comptés. L’eau de la fontaine étant le dernier espoir de Tarrek de sauver son frère du mal qui le ronge, Lyoth et les deux princes partent en quête de la fontaine.

Le sorcier, le fantôme et l’apprenti

Liam est un jeune garçon timide, introverti, qui a bien du mal à communiquer. Mais il aime une chose plus que tout : la magie. Il se met en quête d’apprendre tout ce qu’il peut, et cherche à rencontrer ses semblables. Il attire l’attention de Moldros, un sorcier qui fait de lui son apprenti. Il découvre bien vite que Moldros n’est pas celui qu’il pense être alors que, dans le monde des rêves, il rencontre un jeune homme énigmatique. Sen, l’ancien apprenti de Moldros, disparu dans des circonstances mystérieuses.

L’oiseau et le chevalier noir

C’est l’histoire d’un royaume plongé dans un cauchemar sans fin suite à la malédiction lancée par une sorcière. À la nuit tombée, des monstres se relèvent pour semer la panique et massacrer la population. Des survivants se sont retranchés dans une forteresse. Parmi eux, Hesmé, surnommé l’Oiseau pour la douceur de son chant qui est tant chéri par les habitants du château qu’ils font tout pour retenir Hesmé entre ces murs. Hesmé, pourtant, rêve de liberté, malgré le danger qui rode dehors. Ainsi, lorsqu’il rencontre Kéros, un chevalier et tueur de monstre grincheux, il n’hésite pas et décide de partir avec lui découvrir le monde. Qu’il le veuille ou non.

La clairière aux trente-et-une roses

Gem est un jeune prince arrogant, futile et frivole que sa mère peine à lui faire prendre ses responsabilités, et que les courtisans ridiculisent. Lorsque la guerre éclate, il est enchanté. Voilà enfin le début de ses aventures ! L’occasion tant attendue de briller et de revenir auréolé de gloire. Son arrogance et son manque d’expérience lui font subir une cruelle désillusion lorsque Gem et son armée tombent dans une embuscade. Prenant peur face à la dure réalité de la guerre, ayant perdu chacun de ses hommes, Gem fuit le combat, blessé. Il est recueilli par Arkos, un chevalier, dans une forêt où jonchent plusieurs roses protégées par un dôme de verre, qui prend soin de lui et lui conseille de changer son attitude. Cette rencontre laissera Gem bouleversé et transformé. Honteux et coupable, il retourne dans son royaume avec la ferme résolution de changer et de devenir meilleur. Seulement, il ne parvient pas à oublier sa rencontre avec ce chevalier énigmatique et, quand le brouillard tombe sur la forêt, il ne peut s’empêcher de le rejoindre pour en apprendre plus.

***

Coup de cœur pour ce recueil ! Chaque conte a été un régal à lire, et ont même été dévorés en peu de temps. C’est prenant, rythmé, toujours ponctué d’humour, avec des moments de tendresse. J’avais pensé que le format « nouvelles» fasse que les histoires soient expédiées, avec un goût de trop peu, et un manque de développement. Je n’ai pas vraiment eu cette sensation. Certes, certaines histoires auraient pu bénéficier d’un peu plus de développement (surtout la seconde), mais globalement les événements s’enchaînent de façon fluide et à son propre rythme.

J’aime toujours autant les histoires proposées par Isabelle Lesteplume qui, même à travers des histoires courtes, nous propose des histoires fantasy intrigantes qui tiennent en haleine, avec des plots twist intéressant. On retrouve des thématiques chers à l’auteure : des personnages devant mener une quête ensemble et qui est l’occasion pour eux d’apprendre à se connaître et à se rapprocher, un personnage que l’on dit sombre et qui est plus complexe qu’on ne le pense et qui illustre bien l’adage « les apparences sont trompeuses », la sorcière ou enchanteresse responsable d’une malédiction qui n’est pas forcément celle que l’on imagine, une intrigue plus complexe qu’on ne le pense, et des personnages qui sont attachants.

Les romances ne sont pas en reste. Tous nos couples sont attachants et se développent de façon naturelle (à part peut-être dans la seconde histoire où j’ai trouvé le dénouement et la romance un peu trop rapides), et qui prennent le temps de se développer et qui permettent aussi aux personnages d’évoluer en tant qu’individu. Je pense notamment à Gem du quatrième conte qui commence comme étant un prince capricieux et vaniteux et qui évolue pour devenir un bon souverain et une bonne personne.

En résumé, gros coup de cœur pour ce recueil de contes qui nous propose des histoires rythmées et intéressantes, avec des personnages attachants et des romances que l’on prend grand plaisir à voir se former progressivement. Merci à Mme Lesteplume pour cet agréable moment de lecture !


Il inspira profondément pour calmer la panique qui grandissait en lui. Il pouvait le faire. Ça n'était pas si terrible, après tout, les gens posaient des questions tous les jours, et y survivaient généralement. Une interaction sociale n'allait pas le tuer.

Quoique...

samedi 16 mai 2026

Vincent et Van Gogh - Gradimir Smudja.


Monsieur Van Gogh n'a qu'un seul désir dans la vie, devenir un peintre de talent. Mais les avis des experts et (presque) confrères sont unanimes : il est totalement nul ! Un soir qu'il se trouve en Arles à la recherche de l'inspiration, il sauve la vie d'un chat orange... 

Et découvre que ce chat, qui s'appelle Vincent, est un peintre extraordinaire, mais aussi un coureur de jupons invétéré, un cambrioleur de haut vol, un fieffé menteur, bref, une véritable fripouille. 

Van Gogh le convainc très vite de lui apprendre à peindre, et un terrible destin se met alors en marche...


 

Ceci est sans doute la bande-dessinée la plus bizarre que j’aie jamais lue !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une œuvre très déjantée, mais je n’ai malheureusement pas adhéré, ni goûté à l’humour particulier de cette bande-dessinée.

C’est spécial. Trop spécial (au point où je me demande si l’auteur n’a pas bu que de l’eau en pondant cette BD).

J’aurais pu, à la limite, adhérer à l’étrange idée proposée par l’auteur, et qui est de faire de Van Gogh un peintre médiocre, qui cherche le talent sans jamais le trouver, et d’avoir un chat nommé Vincent comme étant le véritable auteur de ses peintures (voire que les œuvres des plus grands peintres, toute époque confondue, viennent d’animaux à qui les « peintres » ont volé la vedette), avec Van Gogh qui s’approprie le travail du chat, tout en développant une étrange relation avec le félin.

Je m’étais même attendue à une histoire d’amitié improbable entre Van Gogh et le chat, mais peut-on vraiment parler d’amitié ? Ils ont une relation de dépendance toxique, basée sur les mensonges, la supercherie et la violence… C’est qu’il a mauvais caractère, ce chat ! D’ailleurs, je dois adresser mes félicitations à l’auteur… Ce doit bien être la toute première fois que je trouve un chat, réel ou de fiction, que je trouve tout bonnement insupportable. Aucune qualité ne le sauve. C’est un Dom Juan, pyromane, mythomane, voleur, tricheur, violent, désagréable. Certes un très bon peintre, mais une saleté de chat !

L’autre souci de cette bande-dessinée, c’est sa trame. Il faut vraiment s’accrocher pour suivre l’histoire, tant l’enchaînement des scènes est chaotique et ne présente aucune logique. C’est vraiment une histoire sans queue ni tête !

Cette bande-dessinée n’a que deux tomes, mais jamais une histoire ne m’a parue aussi LONGUE. Pourtant, j’ai tout fait pour suivre cette BD et lui trouver un intérêt, mais faute est de constater que je ne suis pas le bon public pour cette histoire. Certains apprécieront l’humour déjanté, et l’étrange relation qui lie Van Gogh et le félin, à semer la zizanie. D’autres pourront même y voir un hommage à Van Gogh. Pour ma part, cet hommage, je le cherche encore, et cette histoire est beaucoup trop farfelue et chaotique pour moi. Dommage, parce qu’il y avait de la matière et du potentiel ! Je n’ai tout simplement pas accroché.

Un petit point positif tout de même : le dessin est très joli, j’ai aimé ce style de graphisme qui s’inspire des peintures de Van Gogh, et qui nous présente de nombreuses références à la vie et l’art de Van Gogh, ainsi que ceux de ses peintres contemporains. C’est une belle petite plongée historique dans la France de l’époque puis des artistes des décennies suivantes. C’est la seule qualité de cette BD très haut perchée.

dimanche 10 mai 2026

Le photographe inconnu de l'Occupation - Philippe Broussard.

Apprenant la découverte sur une brocante d’un mystérieux album de trois cent soixante-dix-sept photos prises clandestinement à Paris et en banlieue entre 1940 et 1942, Philippe Broussard, journaliste au Monde, se lance dans une enquête vertigineuse pour tenter d’en identifier l’auteur.

Pendant quatre ans, il scrute le moindre indice, tire le fil de pistes plus ou moins fiables, approchant peu à peu la vérité de cette histoire tragique dont les spécialistes de l’Occupation et de la Résistance ignorent tout.

Le succès des articles qu’il fait paraître, à l’été 2024, relance ses investigations. Philippe Broussard veut aller plus loin : reconstituer la vie de ce héros anonyme, mort en déportation, et de ses proches est devenu pour lui une obsession.

Dans une prose palpitante, il fait ici le récit complet de sa quête en même temps qu’il dévoile une centaine de photos de cet album miraculeusement retrouvé, mémoire matérielle d’un courage bouleversant.


Imaginez une époque où prendre des photos était interdit, et pouvait vous valoir un aller simple dans un camp de travail. Cette époque n’est pas si lointaine. Nous sommes en France, pendant l’Occupation allemande. Une partie du pays (dont Paris) est occupée par les Allemands, tandis que la zone libre est dirigée par le régime de Vichy de Pétain. Les seules photographies autorisées, et qui constituent la majorité des sources visuelles que nous avons de cette époque, viennent de la propagande et montrent une image fausse d’une occupation qui se passe bien, avec des occupants qui respectent le pays et ses habitants, un Paris paisible, loin de toute image de pénurie ou de souffrance.

Prendre des photos, sans autorisation, pouvait coûter très cher.

Pourtant, un jour de brocante, deux passionnés de photographies anciennes tombent sur un album contenant pas moins de trois 177 photos prises clandestinement à Paris et en banlieue au début de l'Occupation, entre 1940 et 1942, la plupart datées et annotées. Un véritable trésor pour ces passionnés, d’autant que ces photographies sont nombreuses, datées et accompagnées de commentaires percutantes et pleines d’ironie, et surtout elles ne proviennent pas de la propagande et montrent ainsi une image beaucoup plus réaliste de cette période.

Qui est ce mystérieux et courageux photographe ? Qu’est-il devenu ? C’est ce à quoi a tenté de répondre Philippe Broussard qui a mené une véritable enquête de quatre ans, scrutant le moindre indice, se lançant sur des pistes incertaines, au gré de lueurs d’espoir et de désillusions.

C’est un véritable travail d’enquête qui se dessine. C’est un travail d’archive, de recherche et de logique long et minutieux. Rien n’est laissé de côté. On recherche des photographies similaires dans des musées ou des archives, au cas-où il y aurait d’autres photographies de ce mystérieux auteur. S’il y a bien des photos, qui était le donateur ? A quelle famille appartenait l’album photo trouvé en brocante ? On analyse les photos et l’écriture. Est-ce une écriture d’homme ou de femme ? Parisien, il l’est assurément, les photos démontrent une excellente connaissance de Paris et ses quartiers. Quel était son métier ? Il devait peut-être se déplacer à moto ou à bicyclette, pour être capable de passer d’un quartier à un autre en si peu de temps. S’il était en moto, il devait faire partie de ces rares privilégiés ayant accès à l’essence. Était-ce un seul photographe ou travaillaient-ils en groupe ?

Que de questions auxquelles Philippe Broussard a tenté de répondre, publiant d’abord l’évolution de son enquête dans une série d’articles dans Le Monde avant de nous présenter ce livre.

C’est une véritable enquête historique qui prend forme devant nos yeux, que j’ai suivi avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. On suit les progressions de Broussard, on espère avec lui, on goûte à ses déceptions et ses désillusions comme si nous avions mené l’enquête avec lui. On espère, à chaque piste, trouver enfin l’identité du photographe. On espère jusqu’au bout découvrir qu’il a survécu à la guerre, pourquoi pas rencontrer ses descendants, car l’enquête ne se termine pas lorsque nous est enfin dévoilée l’identité du photographe. Broussard s’est en effet attelé à nous raconter la vie de cette personne, de ce héro méconnu, tirant de l’oubli ce citoyen comme les autres, entré à sa manière dans la Résistance, à travers des clichés interdits documentant la dure réalité de l’Occupation, celle que l’occupant a cherché par tous les moyens à cacher sous le vernis lisse du mensonge et d’une image idéalisée de Paris.

Ce livre est une véritable enquête historique passionnante, agrémentée des photographies et ses annotations ironiques, qui permet de nous faire sortir de l’oubli ce héro méconnu de la Résistance qui a définitivement laissé sa trace dans l’Histoire à travers ses clichés, témoins d’une époque pas si éloignée de la nôtre qu’il est important de garder en mémoire.


Pour l’immense majorité de la population, la priorité n’est pas de faire acte de présence, encore moins de s’insurger, mais de survivre, d’apprendre « à faire avec ». Les pénuries sont si sévères (lait, beurre, farine, sucre, viande…) que le rationnement est instauré dès le mois de septembre 1940. L’heure est au chômage, au système D, à l’activité économique au service des Allemands. Glaner de quoi manger devient l’urgence quotidienne. Sans parler de l’hiver à venir, annoncé glacial, sans bois ni charbon.

Cette réalité, le photographe ne nous la montre pas vraiment, du moins pas de manière frontale. Disons qu’il la suggère à sa façon. De l’aube au couvre-feu, il est notre œil dans la grisaille, un jour devant l’entrée des Galeries Lafayette, le lendemain aux Tuileries. Dans son objectif, les Allemands occupent l’espace : ils ont leurs restaurants, leurs cinémas, Paris est à eux.