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dimanche 30 août 2015

Odd et les géants de glace - Neil Gaiman.


Dans un village nordique isolé, vit Odd, douze ans, un garçon à qui la chance ne sourit guère : son père n’est jamais revenu d’une expédition viking, et un arbre a écrasé sa jambe, le laissant boiteux. Cette année, l’hiver glacial ne se termine pas, rendant les villageois bougons et méfiants. Un aigle, un ours et un renard apprennent à Odd pourquoi l’hiver a envahi le pays : les géants de glace l’ont givré. Seul un garçon très spécial, malin, optimiste et à l’éternel sourire serait en mesure de ramener l’ordre chez les dieux, et la chaleur chez les hommes…



Dans un hiver qui n'en finit pas, Odd, fuyant son beau-père, décide de se réfugier dans l'ancienne cabane de son père. Sur sa route, le jeune Odd croise un ours dont la patte est coincée dans un tronc d'arbre. Bien que les ours peuvent être imprévisibles et violents, le jeune garçon décide de lui venir en aide. Au lieu de l'attaquer, l'ours décide de le suivre. Sur le chemin, ils tombent sur un aigle borgne et un renard rusé qui décident à leur tour de suivre cet étrange duo. Ils se rendent dans la cabane qui appartenait au père de Odd où ils passent la nuit. Cette fameuse nuit, Odd surprend une conversation (dispute est plutôt le mot exact) entre ses étranges camarades. Pris en flagrant délit, les animaux décident de révéler la vérité à Odd : bien qu'ils aient l'apparence d'animaux, ils ne sont pas des bêtes mais des dieux ! Et pas n'importe lesquels ! Thor, Loki et Odin, tous les trois victimes et prisonniers d'un enchantement, après une confrontation avec un géant des glaces qui est aussi la cause de l'hiver éternel. Pour les aider à retrouver leurs apparences et à chasser l'hiver éternel, Odd va devoir affronter les géants de glace. 

Cette histoire se présente donc un peu comme une sorte de quête pour aider trois dieux du panthéon nordique, et présente même quelques similitudes avec La Reine des Neiges (ne serait-ce que pour l'hiver éternel qu'il faut chasser, sauf que les géants de glace ne se mettent pas à chanter "Libéré, délivré" !). C'est un conte pour enfants, illustré, facile et rapide à lire. Rien de bien exceptionnel, mais une première approche sympathique pour faire connaître à petits (ou grands) les légendes nordiques et sur les vikings, même si j'ai eu un goût de trop peu. Je regrette que l'intrigue soit un peu trop simple, mais c'est un livre jeunesse et je ne fais plus partie du public visé, donc ceci explique cela. 

Ça reste une jolie histoire, et l'auteur a le mérite de s'être penché de près sur les Vikings et la mythologie nordique, qu'on ne retrouve que peu dans le domaine de la littérature moderne (je ne compte pas les Marvel), avec les dieux Thor, Loki, Odin, et des références comme Asgard, le marteau de Thor ou mon histoire préférée dans la mythologie nordique, celle où Thor et Loki se déguisent en femmes pour récupérer le marteau de Thor. Donc cette histoire est une bonne introduction sur ces deux sujets et nous présente un héros sympathique, Odd, à qui la vie n'a pas sourit puisqu'il a perdu son père, que son beau-père n'est que peu sympathique, et qu'il est devenu boiteux depuis qu'un arbre lui est tombé sur le pied. Il est, d'autant plus, trop petit et maigre pour faire un bon Viking, mais c'est un jeune garçon qui reste souriant, optimiste et courageux, qui refuse de se laisser abattre ou gagner par le désespoir.

Pour conclure sur ce court roman : c'est un conte plutôt mignon avec une quête, et un héros attachant. L'écriture de l'auteur est fluide et l'histoire se lit rapidement. Il ne faut pas attendre  grand chose de ce conte. Au vu des nombreux avis positifs, j'avais beaucoup d'attentes, ce qui fait que j'ai été légèrement déçue. Je mets ça aussi sur le compte que je ne fais pas partie du public visé et que j'aurais sans doute mieux apprécié ce récit plus jeune. Cependant, adapté en dessin-animé ou en petit film animé, ce récit pourrait être bien sympathique à visionner !


L'hiver, quand la neige épaisse empêchait tout voyage, le père d'Odd restait auprès de l'âtre pour s'adonner à la sculpture : il taillait dans le bois des visages, des jouets, des timbales, des bols, pendant que sa mère cousait et cuisinait et, toujours, chantait. 
Elle avait une très belle voix. 
Odd ne comprenait pas les paroles de ses chansons, mais elle les lui traduisait après les avoir chantées, et la tête du garçon s'emplissait de beaux seigneurs chevauchant leur superbe destrier, un noble faucon au poing, toujours accompagnés d'un chien fidèle trottinant à leur côté, qui allaient se fourrer dans toutes sortes d'ennuis : combattre des géants, secourir des damoiselles en détresse, libérer les opprimés de la tyrannie. 
Après la mort du père, sa mère chanta de moins en moins. 
Mais Odd souriait toujours, et cela rendait les villageois fous de rage. Il continua de sourire même après l'accident qui lui estropia la jambe droite.

Chapitre 1 - ODD.

mercredi 25 janvier 2012

Des choses fragiles : Une étude en vert - Neil Gaiman.


L'éventreur frappe à Londres et seul le plus grand détective du monde saura l'arrêter !
Face à un étrange assassinat d'horreur cosmique, un détective de génie et son partenaire sont appelés à l'aide. Dans un monde où Sherlock Holmes et Chtulhu cohabitent, ce mystère surnaturel conduira les deux enquêteurs de Baker Street jusqu'au Palais de la Reine afin de résoudre un meurtre transcendant le genre humain.

/ ! \ Attention : spoilers. / ! \




Une étude en vert (ou en émeraude selon les versions) est un pastiche sur Sherlock Holmes qui mélange l'univers holmesien de Doyle et de Lovecraft, tout en essayant de rendre justice aux deux auteurs respectifs. Mélange assez étonnant car Doyle utilise la science, la déduction, le rationnel quand il écrit Sherlock Holmes, or Lovecraft est tout ce qui est irrationnel, et pourtant, je crois pouvoir dire que Neil Gaiman s'en est sorti avec brio. Il a réussi à m'étonner et à m'impressionner ! Après m'avoir fait rêver dans L'étrange vie de Nobody Owens et m'avoir fait rire avec Terry Pratchett dans De bons présages, j'ai été déconcertée par Une étude en vert pour au final être impressionnée.

Une étude en vert est un clin d'œil à Une étude en rouge, la toute première aventure qui voit apparaître Sherlock Holmes et le docteur Watson, comment ils se rencontrent, emménagent ensemble, se découvrent l'un l'autre, comment Holmes fait entrer Watson dans son univers d'enquêtes criminelles et de science de la déduction. La nouvelle commence de la même façon : le narrateur est un vétéran de la guerre d'Afghanistan qui vient tout juste de rentrer en Angleterre à cause de ses blessures qui ne lui permettaient pas de rester sur le front. Le narrateur tombe en pleine dépression et cherche un logement, qu'il trouvera à Baker Street qu'il viendra à partager avec un homme fort intelligent, un détective consultant utilisant la déduction et dont les services sont requis par l'inspecteur Lestrade. Cet homme, rencontré grâce à une connaissance commune, devient très vite son ami qui conduit un beau jour notre cher narrateur sur une crime de scène où un noble aurait été assassiné. Sur le mur est inscrit en lettres de sang le mot Rache...

Jusqu'ici, ça ressemble très fortement au roman Une étude en rouge et l'on pense tout naturellement que Neil Gaiman reprend à sa manière le roman de Doyle. Même si aucun nom n'est donné au début pour le narrateur et son ami détective, le lecteur devine que ces personnages peuvent être le docteur Watson et Sherlock Holmes, tout naturellement. Un Holmes et Watson revisités, peut-être, à la façon de Gaiman, même s'il y a de quoi se poser des questions [ le narrateur a suivi le même parcours que Watson mais il a été tireur d'élite puis capturé et torturé en Afghanistan, Watson non. L'ami détective dit ronfler, Holmes non ] mais cela ressemble énormément à Une étude en rouge, au début, que les questions ne se posent plus. Jusqu'à ce qu'on avance dans le récit et que la fin soit un vrai coup qui réveille tout le monde ! Du moins, ce fut le cas pour moi. Après, ça devient flou, déconcertant, surprenant, le moment où l'irrationnel apparaît [ les étranges accents des membres de la famille royale, et surtout la reine Victoria qui guérit d'une seule main l'épaule endommagée du narrateur qui nous a décrit la reine comme étant celle qui 'nous avait vaincus sur le champ de bataille 700 ans plus tôt' et que c'était pourquoi on l'appelait Victoria, qu'elle était aussi appelée la Reine parce que 'les bouches humaines n'étaient pas formées pour leur permettre de prononcer son véritable nom' ]

J'avoue que j'ai dû relire la nouvelle plus d'une fois car le côté fantastique m'échappait un peu, j'avais un peu du mal à saisir cet aspect du texte, mais je pense avoir mieux saisi, ça reste quand même assez étrange mais je crois que j'ai eu tendance à oublier que le texte avait son côté irrationnel et pas seulement que son aspect policier. D'ailleurs, ces notions de Great Old Ones que l'on trouve dans la nouvelle fait parti de l'univers de Lovecraft. Très vite aussi, on se rend compte des différences avec Une Etude en Rouge, je ne m'inquiète pas puisque j'ai pensé que l'auteur remaniait à sa façon. La famille royale est impliquée dans la nouvelle ? Très bien, pourquoi pas ? 

On croit encore suivre Holmes et Watson dans leur enquête mais le doute s'installe : le détective et le vétéran vont au théâtre et rencontrent un acteur nommé Sherry Vernet. Le prénom ressemble déjà assez à celui de Sherlock et pour ceux qui s'y connaissent suffisamment bien dans le canon holmesien, Vernet est un français, aussi membre plus ou moins proche de la famille Holmes. Cet acteur, Vernet, est en compagnie d'un autre homme qui boîte et qui serait médecin comme le narrateur. Vernet est susceptible d'être le coupable de cette affaire et échappe Lestrade et ses hommes, lui-aussi étant remarquablement intelligent. Même avec tous ces indices, j'avoue n'avoir su le fin mot de l'histoire qu'en lisant la lettre d'un certain Rache qui explique tout et qu'apparaisse le nom de John Watson, que le narrateur pense avoir croisé en Afghanistan...

Et là, coup de bluff ! L'évidence tombe, Vernet est Sherlock Holmes, sans aucun doute et son compagnon, le docteur Watson et ils seraient tous deux des anarchistes, des criminels. C'est le renversement de situation complet ! Et c'est une perspective intéressante : Holmes et Watson, des criminels et partenaires dans le crime. Cela m'a un peu rappelé la nouvelle de Charles Auguste Milverton Holmes et Watson se font cambrioleurs le temps d'une nuit et où Holmes se dit que s'il n'avait pas choisi le métier de détective, il aurait sans doute fait un excellent criminel, en toute modestie. 

La question qui se pose est : qui sont le narrateur et son ami détective, dans ce cas ? C'est là que je me rappelle que le détective avait présenté son ami comme étant Monsieur Sebastian, mais j'ai cru que c'était un nom qu'il avait inventé comme il s'était présenté lui-même sous une autre identité car ils étaient face à Vernet. Puis les initiales du narrateur à la fin : Major S... M... qui pourraient tenir avec Sebastian Moran, le bras droit du professeur James Moriarty, Némésis de Sherlock Holmes dans l'œuvre de Conan Doyle. Cette nouvelle offre donc un renversement de situation : Holmes et Watson sont les criminels (Holmes étant surtout le cerveau et Watson exécutant les crimes, étant médecin il sait où frapper pour tuer ou blesser) et Moran et Moriarty, le détective intelligent et son fidèle compagnon.

Intéressante perspective qui m'a bluffé ! Belle initiative de l'auteur que j'approuve ! Bien que déconcertante quand même. J'aurais pu me rendre compte plus tôt des véritables identités des personnages, mais comme Watson, I saw but did not observe et je suis ensuite impressionnée par quelque chose qui n'est pas si compliqué que ça au final, comme Watson, impressionné par les déductions de Holmes et qui s'aperçoit que c'était pourtant si simple... Je ne suis pas très futée, mais il n'empêche que cette nouvelle était très bien, vraiment. je prends plaisir à la relire plusieurs fois. Dans un Londres inquiétant mais terriblement familier où un criminel s'en prend aux têtes couronnées, c'est un univers tellement singulier, parfois les mots me manquent. Mais les personnages sont très bien représentés et j'aime beaucoup ce renversement de situation qui s'est révélé aussi surprenant que séduisant.



'Vous êtes sûr de vouloir que je vous accompagne ?'
En réponse, mon ami me fixa sans ciller. 'J'ai le sentiment, dit-il, que nous sommes faits pour être ensemble. Que nous avons combattu pour la bonne cause côte à côte dans le passé ou dans le futur, je l'ignore. Je suis un homme rationnel, mais je connais la valeur d'un bon compagnon, et dès l'instant où mes yeux se sont posés sur vous, j'ai su que je pouvais me fier à vous comme à moi-même. Oui, je veux que vous m'accompagniez.'
Je rougis et balbutiai des mots sans suite. Pour la première fois depuis l'Afghanistan, il me semblait avoir ma place en ce monde
.

samedi 13 novembre 2010

De bons présages - Neil Gaiman et Terry Pratchett.

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 Les auteurs :


http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/GaimanPratchettHC725803.jpg

Neil Gaiman (né le 10 novembre 1960) est un auteur britannique de fantasy et de bande-dessinée résidant aux Etats-Unis. Sir Terence David John Pratchett, (né le 28 avril 1948) plus communément appelé Terry Pratchett, est un écrivain britannique, auteur connu des Annales du Disque-Monde.



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Quatrième de couverture :

L'Apocalypse ! Depuis le temps qu'on en parle... Eh bien, c'est pour demain. Enfin, dans onze ans, très exactement. Depuis que Dieu a créé le monde et Satan l'enfer, chacun des deux cherche à tirer la couette à lui. Pour défendre leurs intérêts respectifs, ils ont leurs envoyés spéciaux sur terre. Côté Bien : Aziraphale (ange de son état, bibliophile et libraire à mi-temps). Côté Mal : Rampa (démon, lunettes noires et boots en peau de serpent, propriétaire d'une Bentley). Et l'Apocalypse, ça ne les arrange pas du tout. Parce que, vous savez ce que c'est, quand on vit quelque part depuis des siècles, on a ses petites habitudes. Alors ange et démon vont doubler leurs patrons et tout mettre en oeuvre pour faire capoter l'Apocalypse.




Mon avis :

Je ne sais franchement plus de comment je suis tombée sur ce livre sur le net, toujours est-il qu'il me faisait envie et qu'il a été dans ma wish-list sur Livraddict un bon moment avant d'avoir eu la chance de le trouver. Sitôt acheté, sitôt lu. Hop ! Même pas passé par la casse départ... la PAL ! J'avais déjà fait connaissance avec Neil Gaiman avec ma lecture de L'étrange vie de Nobody Owens que j'avais adoré, et depuis j'étais tentée de découvrir plus de livre du Monsieur, en revanche, si je connais Terry Pratchett de nom, je n'ai jamais lu ses livres, mais c'est déjà chose faite depuis ma lecture de De Bons Présages, alias Good Omens. Alors, que dire, que dire ?

Tout d'abord, rapide résumé de l'histoire : La date de l'Apocalypse a enfin été fixée par les forces du Bien et du Mal, cela a été décidé lors de la naissance de l'Anté-Christ : lorsque celui-ci atteindra l'âge de 11 ans, le chien des enfers ira rejoindre son maître, l'Anté-Christ lui-même et lui-seul a le pouvoir de décider de la victoire du Bien ou du Mal, tout se décidera selon sa volonté. Lui seul sera le vecteur de la fin du monde. L'Enfer et le Paradis annoncent donc à leur envoyé sur Terre respectif 'l'heureuse' nouvelle. Mais voilà, ces deux envoyés - l'ange Aziraphale, collectionneur de vieux livres, libraire et anglais, ainsi que le démon à lunettes noires conduisant une Bentley, Anthony J. Crowley (je préfère la version originale du nom, plutôt que la VF qui est Terence Rampa :/) - ne sont pas franchement ravis de cette nouvelle. Pensez donc ! Lorsqu'on a passé plus de 6 000 ans sur Terre, forcement, on finit par avoir des habitudes et à aimer cette bonne vieille planète bleue. Crowley et Aziraphale décident donc de pactiser : ensemble, ils assureront l'éducation de l'Anté-Christ jusqu'à ses 11 ans en tant que parrains, afin d'éviter l'Apocalypse. Ainsi, il ne sera tenté ni par le Bien ni par le Mal et aura une éducation normale. Mais voilà, ce que Crowley et Aziraphale n'ont pas prévus était que l'enfant qu'ils ont surveillé n'était pas le bon : des bébés ont été échangés à la naissance, et le fameux Anté-Christ répond au doux nom d'Adam Young. Maintenant, l'ange et le démon n'ont plus que quelques jours pour essayer de le trouver et de stopper le véritable Anté-Christ avant que ne débute l'Apocalypse...

Ne vous attendez pas à un livre d'action et de drame/tragédie tout simplement parce que ça parle d'une Apocalypse à venir, ça n'a rien à voir avec les films catastrophes sur une possible fin du monde comme en 2012 (où vont-ils chercher tout ça ?), il n'est pas non plus question de parler Dieu, religion, et toussa, ce livre n'est pas fait pour ça. Il est fait pour divertir, amuser, faire rire. On retrouve bien là dans ce livre cet humour so british que j'aime tant. En fait c'est ça : le livre est surtout truffé d'humour qu'autre chose, c'est une tout autre façon de voir l'Apocalypse : rien qu'à voir les quatre cavaliers de l'Apocalypse devenus les quatre motards de l'Apocalypse, mais j'imagine qu'il faut bien suivre le mouvement dans la modernisation, vous vous attendriez à voir le serpent qui a tenté Eve devenir humain puis conduire une Bentley en écoutant du Queen, vous ? C'est ce qu'est devenu Crowley. Et il est croustillant ce personnage, de même que l'ange Aziraphale qui me fait un peu penser à Remus Lupin, libraire mais qui refuse ab-so-lument de vendre ses livres car c'est les siens et que la boutique est juste une excuse pour avoir la place qu'il faut pour sa collection de livres datant de l'époque où l'on a sû publier des histoires jusqu'à aujourd'hui. Et si quelqu'un veut acheter l'un de ses livres, il les en dissuade. Pas très angel-like de sa part mais Aziraphale n'est pas comme les autres anges, c'est peut-être pour ça qu'un démon comme Crowley aime passer du temps avec lui. Après tout, quel ange digne de ce nom contesterait les ordres du Tout-Puissant sur l'Apocalypse ?

Aah, oui, les moments entre Crowley et Aziraphale sont croustillants et drôles, surtout quand ils sont saouls, lorsqu'ils se disputent en voiture et nourrissent les canards au Saint James' Park. Ce sont ces moments que j'ai le plus adoré dans ce roman, de même du caractère de Mr Shadwell, vieux grognon assez spécial dans son genre se spécialisant dans le paranormal, et ses boutades avec Madame Tracy (et l'image d'une dame en rose criant "Banzaaii", avec un vieux grincheux, sur une moto n'a rien d'insolite pour eux). Les quatre motards de l'Apocalypse (Guerre, Pollution, Mort et Famine) et le groupe des Eux ne m'ont pas fait grande impression mais c'était toujours 'sympa' de lire leurs aventures. Le récit est vivant et accrocheur au niveau de la narration, le seul bémol est que je doute à classer ce livre en roman. Ce n'est pas vraiment un roman pour moi, on a une histoire coupé en plusieurs récits ou morceaux plus ou moins longs où l'on passe d'un personnage (ou plusieurs) à l'autre sans cesse, avec comme sujet de fond l'Apocalypse à venir et l'Anté-Christ. J'ai eu du mal à m'y faire, malgré tout, j'ai aimé ce roman. Mais sachez que ce roman a un style particulier, il faut un temps d'adaptation. C'est difficile de trouver un fil conducteur durant les 100 premières pages, on peut trouver quelques longueurs, mais petit à petit, ça se dessine et on s'attache aux personnages, à l'humour des deux auteurs, monstres de la littérature britannique.

Situations incongrues, humour anglais... ce n'est pas l'histoire le plus important en fait (enfin pour moi surtout), mais surtout les personnages intéressants, loufoques, drôles, insolites mais si attachants, je pense surtout à Crowley (Celui-Qui-Terrorise-Ses-Plantes) et à Aziraphale. Ils ont beau être complètement opposés, avoir des camps différents : Enfer vs Paradis, Démon vs Ange, et malgré cela, ils ne sont pas si manichéens que ça. Et les autres personnages secondaires sont aussi intéressants à lire, surtout ceux avec les noms à coucher dehors, genre : Bière-sans-Alcool, Cruauté envers les animaux, Messages sur le répondeur, un ex-Tous les étrangers surtout les français, censés être des Maux pour l'Apocalypse comme Famine ou Guerre.

Et les notes en fin de page... si insignifiantes, mais si drôles. En gros, c'est un livre que j'ai bien aimé dans l'ensemble, mais pour une fois, je vous dirais de ne pas prendre en compte mon avis si vous êtes intéressés par ce livre car critiquer ce livre est quelque chose de périlleux. Le lire, c'est comme une expérience à part. Il faut lire et juger par soi-même, et ne pas trop se laisser influencer par les avis des autres. Ce livre, soit on l'aime, soit on le deteste car il a vraiment un style particulier qui ne peut pas plaire à tous... c'est tellement spécial que tandis que certains adoreront, d'autres détesteront. Comment parler comme il faut d'un tel livre dans une critique ? Pour ma part, j'ai aimé, ce livre regorge de bonnes choses même s'il est loin d'être parfait, j'aime assez pour me ranger près des amoureux de Good Omens (mais en fait... Crowley et Aziraphale y sont pour beaucoup xD), et maintenant, c'est sûr et certain, je veux lire plus de Neil Gaiman !




Edit août 2012 :  Good Omens/De bons présages sera adaptée en une série tv de quatre parties par la BBC dès 2013.




Extrait :

Il y eut un vrombissement, un cri, un choc sourd. La voiture s'arrêta. Aziraphale cligna des yeux, baissa les mains et ouvrit précipitamment la portière.
- Tu as heurté quelqu'un, annonça-t-il [à Rampa/Crowley]
- Pas du tout. C'est quelqu'un qui m'a heurté.
(...) - Vous rouliez tous feux éteints, attaqua Anathème.
- Vous aussi, répliqua Rampa, pris en faute. Un prêté pour un rendu.



Mercredi.

jeudi 8 juillet 2010

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman.

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L'auteur :

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Neil Gaiman, né le 10 novembre 1960, est un auteur britannique de romans et de scénarios de bande-dessinée, vivant aux Etats-Unis. Il s'est spécialisé dans le fantastique depuis sa célèbre série Sandman publiée par DC Comics dans les 90's.




Quatrième de couverture : 

Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...

L'Étrange Vie de Nobody Owens est un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond. La grâce absolue de Neil Gaiman, de retour après son livre-culte, Coraline.

Mon avis : 

Depuis hier, j'ai le moral au plus bas, et dans ces cas-là, je m'absente d'internet et je lis. Beaucoup. J'ai engloutis Le Garçon en Pyjama rayé, Fantastique Maître Renard et L'étrange vie de Nobody Owens. Ce livre-là est mon petit coup de cœur, il m'a rendue un peu mieux, j'ai eu du mal à le lâcher, je l'ai lu hier après-midi et vient juste de le terminer. Je suis sous le charme, j'ai été enchantée dans ma lecture, j'ai été fascinée par ce monde et ses personnages si particuliers... si les livres de Neil Gaiman ressemblent à celui-là, aussi loufoques, fantastiques, je veux découvrir les autres livres de l'auteur !

Le Jack est un criminel, il s'est vu confier une mission : celle de tuer une famille de quatre membres, les parents et les enfants, la sœur de 7 ans et le bébé, un garçon de deux ans. Sa tâche est accomplie... mais non ! Il manque le bébé ! Où est-il, celui-là ? Il fait tâche sur ce qu'il devait être la satisfaction d'un travail bien fait ! Mais... que fait-il au cimetière ? Et comment a-t-il fait pour disparaître ? Si seulement le Jack savait... s'il savait qu'un couple de fantôme, vieux de quelques siècles, les Owens, ont pris sous leurs ailes ce petit bébé orphelin après avoir su qu'il était en danger... il n'y a plus grand choix, à présent : l'enfant ne doit pas quitter le cimetière, pas avec ce meurtrier toujours en liberté, caché dans l'ombre, attendant de finir son oeuvre. Les morts du cimetière accordent donc au bébé la citoyenneté du cimetière, c'est une exception ! Car les vivants ne peuvent demeurer chez les morts... Ce bébé sans nom : Nobody, alias Personne, alias Nobody Owens grandit dans un cadre peu singulier et plutôt insolite : dans un grand et mystérieux cimetière, parmi les morts, les fantômes avec qui il peut communiquer, appeler, toucher, voir... élevé par un couple de fantôme, protégé par son tuteur bien-aimé, Silas, étrange être ni mort ni vivant. En compagnie des morts qui lui feront office d'amis et même de professeur... qui aurait pu croire que la vie au cimetière serait aussi vivante ? Des Goules, une sorcière, des morts célèbres, Silas, les vivants, les morts, les Jack...

C'est un livre original, qui m'a fait un peut penser à la série tv Ghost Whisperer où à la chanson L'Horloge de Mylène Farmer. L'histoire a l'air plutôt simple, en elle-même, mais tous les éléments qui l'accompagnent donnent à l'histoire une touche qui fait le petit plus, l'étincelle de l'histoire. Nous avons une touche de surréalisme, les images qui accompagnent le récit qui sont jolies, on dirait presque qu'elles viennent d'un manga. C'est original, surprenant, parfois drôle, malgré parfois le manque d'explications sur certaines choses, comme la confrérie des Jack, j'ai attendu longtemps avant de savoir pourquoi ils voulaient tuer Nobody, et même la raison ne me suffit pas, j'en attendais plus, je m'attendais à quelque chose de plus gros, de plus surprenant. Comment j'en attendais plus sur Silas, disons que j'aime ce personnage, il donne confiance, force, une force calme et protectrice, j'aime beaucoup cette image de lui et j'aurais aimé en savoir plus sur lui, comme sur les Chiens de Dieux, l'auteur laisse certaines choses dans le vague, et c'est dommage.

C'est un drôle d'univers, pas autant noir et macabre que ça, car cette population de morts s'avère plutôt vivante. Des fantômes que Nobody peut voir, toucher, parler, comme s'ils étaient des êtres vivants, normal avec ça qu'il ne craint pas la mort. Nous avons des morts de toute époque, mais surtout de l'époque victorienne, nous avons une sorcière, des goules se donnant des noms de gens célèbres qui m'ont paru un peu fofolles. Nous avons Silas, nous avons Miss Lupescu, un Chien de Dieu (lycantrophe, apparement), nous avons quelques vivants. J'ai adoré lire les phrases sur les pierres tombales, certaines étaient drôles ('Machin, morte le ..., jeune fille irréprochable. Lecteur, puisses-tu en dire autant'). Ce monde plutôt macabre et pas-si-glauque-que-ça m'a fasciné, autant que ses habitants qui vivent en démocratie dans le cimetière, ils sont attachants et drôles pour la plupart, pour des morts, ils sont étonnamment vivants. L'histoire est savoureuse (j'ai adoré les scènes où des fantômes se mobilisaient pour faire l'école à Nobody et certains ne comprenaient pas pourquoi il n'arrivait pas à disparaître, comme eux, et les cours qu'ils donnent sont si différents de ce qu'on apprend, de ce qu'on a), l'écriture de l'auteur est appréciable, on ne tombe pas dans le grotesque, les situations sont bien amenées et plausibles, avec un rythme soutenu qui fait qu'on a pas le temps de s'ennuyer, l'intérêt reste en éveil. Rien d'étonnant, après tout, j'ai toujours pensé que les britanniques avaient un don pour raconter des histoires pour enfants, qui allaient dans l'étrange, dans le fantastique.

La fin m'a fait un peu mal au cœur et m'a fait pensé à Peter Pan : Nobody, ou Bod, grandit, et au fur et à mesure qu'il quitte le monde de l'enfance, il voit moins les morts et eux-mêmes se conduisent différemment avec lui bien qu'ils conservent leur affection pour ce vivant qu'ils ont accueillit et aimé. C'est Silas qui lui conseillera... eh bien, de vivre, tout simplement. C'est une histoire pittoresque, agréable, elle se laisse lire à tout âge et ça me donne envie de découvrir plus Neil Gaiman. Et puis aussi, la couverture est très jolie, elle attire le regard et donc le lecteur, j'aime beaucoup, elle a un style très beau esthétiquement et qui a un certain charme.

Extrait : 

Ils la connaissaient, ceux du cimetière, car chacun d'entre nous, à la fin de ses jours, rencontre la Dame au cheval blanc, et nul ne l'oublie.
Le cheval s'arrêta près de l'obélisque. A l'est le ciel blanchissait légèrement, une luminescence nacrée d'avant l'aube qui mettait ceux du cimetière mal à l'aise et leur donnait envie de regagner le confort de leur logis. Pourtant aucun d'entre eux ne bougea. Ils regardaient la Dame au cheval blanc, et tous étaient mi-excités, mi-effrayés. Les morts ne sont pas superstitieux en général, mais ils la regardaient comme un augure romain aurait scruté les cercles de corbeaux sacrés, à la recherche de la sagesse, à la recherche d'un indice.
Et elle leur parla.
D'une voix semblable au carillon de cent minuscules clochettes d'argent, et elle prononça ces simples mots :
- Les morts doivent être charitables.
Et elle sourit.
(...) Le sujet était clos, et, sans même un vote à main levée, la décision fut prise. L'enfant Nobody Owens serait nommé citoyen libre du cimetière.


Chapitre un. Comment Nobody vint au cimetière.