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vendredi 26 septembre 2025

Le Loup des Cordeliers (T.1) - Henri Loevenbruck.

Mai 1789, un vent de révolte souffle sur Paris.

Gabriel Joly, jeune provincial ambitieux, monte à la capitale où il rêve de devenir le plus grand journaliste de son temps. un enquêteur déterminé à faire la lumière sur les mystères de cette période tourmentée.

Son premier défi : démasquer le Loup des Cordeliers, cet étrange justicier qui tient un loup en laisse et, la nuit, commet de sanglants assassinats pour protéger des femmes dans les rues de Paris...

Les investigations de Gabriel Joly le conduisent alors sur la route des grands acteurs de la Révolution qui commence : Danton, Desmoulins, Mirabeau, Robespierre, personnages dont on découvre l'ambition, le caractère, les plans secrets.

Alors que, le 14 juillet, un homme s'échappe discrètement de la Bastille, Gabriel Joly va-t-il découvrir l'identité véritable du Loup des Cordeliers, et mettre au jour l'un des plus grands complots de la Révolution française ?


Un cavaliiiieeer qui surgit hors de la nuiiiit !


Comment, ce n’est pas le bon justifier masqué ?


Il y a pourtant bel et bien un justifier masqué et capé qui sévit dans les rues de Paris, accompagné d’un loup en laisse, qui tue tous ceux portant atteinte aux jeunes filles ou aux femmes, marquant le front de ses victimes avec un triangle inversé.


Pour Gabriel Joly, jeune provincial venu travailler à la capitale, enquêter sur ce mystérieux criminel se révèle bien plus stimulant que son travail au journal où il doit parler des derniers spectacles de Paris sans avoir le droit de les critiquer. Et on le comprend !


Le loup des cordeliers et un polar historique que j’ai tout simplement dévoré. L’intrigue est rythmée, la plume est vivante et dégage un tel peps, un tel dynamisme, et les personnages ne sont pas en reste, à commencer par Gabriel Joly, notre jeune détective en herbe qui n’a rien à envier à Sherlock Holmes dont il partage le goût du mystère, le sens de la justice, mais aussi le sens de l’observation et le talent de la déduction. Véritable enfant du siècle des Lumières, il est épris de vérité, de justice et de modernité. Il est plein d’esprit et, s’il ne se débrouille pas toujours très bien à l’épée, sa langue se révèle être une arme redoutable. Ce fut un plaisir de suivre un tel personnage au cours de l’intrigue.


Il fera de nombreuses rencontres, notamment avec un pirate nommé Récif qui se révélera être un allié plein de ressources, le commissaire Guyot, mais aussi un certain Danton, accompagné de Desmoulin, Lafayette, Robespierre, etc.


Ce roman nous plonge dans les premières heures de la Révolution Française, de mai à juillet 1789. Nous sommes témoin des tensions, le peuple qui gronde de colère et de faim, jusqu’aux premières étincelles qui ont mis le feu aux poudres. Puis, c’est l’ouverture des Etats généraux, les débats houleux entre les trois ordres (la noblesse, le tiers-état et le clergé) qui ne mènent nulle part, le Serment du Jeu de paume, la prise de la Bastille, etc. Un véritable tourbillon rythmé qui nous entraîne des bas-fonds de Paris jusqu’au palais de Versailles. C’est l’occasion de rencontrer tous les protagonistes de la Révolution Française : Louis XVI, Marie-Antoinette, les frères du roi, Robespierre, Danton, Desmoulin, Lafayette, etc.


Le récit est parfaitement construit. On sent que l’auteur s’est bien documenté, et il nous rend l’Histoire aussi vivante que possible. Il nous offre une belle description de la société française de l’époque, avec ses idées nouvelles : droits de l'homme, idées féministes, qui font leur chemin et circulent dans divers milieux. On y retrouve aussi la franc-maçonnerie, on découvre la famille royale et ses malheurs (deuil, complots, etc).


Si j’ai parfois déploré que l’Histoire ait pris le pas sur l’histoire, avec l’enquête sur notre loup des cordeliers passé au second plan, je ne nie pas avoir passé un excellent moment de lecture et que je me suis autant régalée de l’aspect historique du roman que de son enquête policière, d’autant que celle-ci ne s’achève pas avec le premier tome et que Gabriel continuera son enquête dans la suite. Là, sur le coup, j’avais une brochette de suspects concernant notre justifier et l’auteur aura réussi à me surprendre. J’avoue être assez déconcertée, mais peut-être la suite me permettra de mieux comprendre.


Le loup des cordeliers est un roman prenant qui manie aussi bien le récit d’enquête que le roman historique, et qui rappelle un peu les romans d’aventure de Dumas. C’est un premier tome que j’ai dévoré, et je retrouverai avec plaisir Gabriel Joly dans la suite de ses aventures.


Votre arme à vous, c'est la plume ! Bien aiguisée, elle est mille fois plus dangereuse que l'épée. Une lame ne peut toucher qu'un seul homme à la fois, quand une plume peut en toucher des milliers !

dimanche 9 juin 2024

Dans les cuisines de l'Histoire - Collectif.


La grande Histoire de la gastronomie française à savourer à travers la petite, servie par une galerie de personnages hauts en couleur. 

Des diktats de l'Église qui régissaient les mœurs alimentaires à l'utilisation des épices venues d'Asie, découvrez la cuisine médiévale, et invitez-vous à la table des Chevaliers !




Nous commençons ce voyage dans le temps culinaire avec le Moyen-Âge où l’Église a dicté très tôt ses règles quant à la consommation alimentaire. L’année était partagée entre les jours maigres et les jours gras et le souhait de manger en bon chrétien. On ne mangeait pas avant d’avoir fait ses prières ou avant d’être allé à l’église (sauf exception). La gourmandise était en effet vue comme un péché, et la croyance voulait que la consommation de viande rouge échauffait le corps et provoquait donc des excès dans le tempérament de celui qui en mangeait. On était alors persuadé que l’alimentation pouvait influer sur le caractère d’une personne ou alors sa santé. Les mères nourricières, par exemple, n’avaient pas le droit à certains aliments (comme l’ail ou les champignons) pour ne pas gâter le goût du lait ou ne pas risquer un empoisonnement


Pendant longtemps, la transmission culinaire s’est faite oralement, les recettes étant partagées de bouche de cuisinier à oreille de cuisinier. Il a fallu attendre le XIIIe siècle pour que les premiers écrits culinaires arrivent, mais ceux-ci restent très évasifs et difficilement fiables et contiennent des erreurs. La plupart des recettes ne donnent aucune indication sur la quantité des ingrédients et les proportions sont laissées au bon vouloir du cuisinier qui adapte selon le nombre de convives.


Parmi les ouvrages les plus connus, il y a Le Viandier, écrit à la fin du XIVe siècle, associé à Guillaume Tirel, dit Taillevent, maître cuisinier des rois de France Charles V et Charles VI ; ou encore Le Mesnagier, rédigé au XIVe siècle et attribué à un bourgeois parisien qui l’aurait écrit à l’intention de sa jeune épouse afin de lui faire connaître la façon de tenir sa maison et de faire la cuisine.


Ce tome nous parle également de l’importance des bonnes manières et des civilités à table. Il était mal vu de se lécher les doigts ou de se précipiter sur son assiette. L’hygiène des mains devait être irréprochable car c’est avec les doigts qu’on mangeait, et il était de mesure de prendre son temps pour manger. On est loin du cliché des gens du Moyen-Âge crasseux et sans aucune manière ! Une autre façon de voir le Moyen-Âge s'offre donc à nous à travers ce premier tome qui ouvre l'appétit !


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La grande Histoire de la gastronomie française à savourer à travers la petite, servie par une
galerie de personnages hauts en couleur. 

Des premiers best-sellers culinaires aux illustres cuisines de Versailles, découvrez la révolution gastronomique qu'a été le Grand Siècle, et invitez-vous à la table du Roi-Soleil !


Dans ce tome, nous entrons à l’époque moderne, celle de Louis XIV. C’est l’époque où de nouveaux aliments et des épices apparaissent en Europe, venus d’Asie ou des Amériques. Nous apprenons ainsi l’histoire des origines du chocolat importé d’Amérique, du café que nous devons aux Turcs, ou encore la création du croissant (nous vient-il vraiment d’Autriche qui aurait crée cette pâtisserie pour commémorer une victoire contre les Turcs ?), mais aussi l’histoire du sorbet.


C’est aussi l’époque où la fourchette se popularise. L’imprimerie, qui se développe, permet également une large diffusion des recettes culinaires. De plus en plus de livres de recettes paraissent et ceux-ci sont nombreux à aborder de plus en plus le lien étroit entre la cuisine et la santé en mettant l’accent sur les bienfaits et inconvénients de certains aliments.


Parmi toutes ces nouveautés, le pain demeure bien-sûr la base de l’alimentation. Ce tome aborde notamment le commerce du pain sous Louis XIV. On marquait les pains de la marque de la boulangerie, pour pouvoir mieux retracer la trace d’éventuels fraudeurs (ceux qui trichent sur la farine, le poids du pain, etc). On découvre aussi le quotidien d’un apprenti boulanger et on apprend notamment qu’un apprenti l’était pendant cinq ans avant de passer un examen pour devenir compagnon, puis devait présenter trois ans après un chef d’œuvre devant un jury chargé de décider d’accorder ou non la licence de boulangerie.


C’est à cette époque que quelques grands noms de la cuisine apparaissent : Cyprien Ragueneau, poète et comédien mais aussi pâtissier, il aurait servi de modèle à Edmond Rostand pour son Cyrano de Bergerac ; François Varel, passé à la postérité en tant qu’organisateur de fêtes et de festins d’exception au château de Vaux-le-Vicomte, puis au château de Chantilly durant le règne de Louis XIV ; François Pierre de La Varenne, cuisinier et auteur du Cuisinier françois, un ouvrage capital qui marque le passage de la cuisine médiévale à la cuisine moderne, et qui contient les premières mentions au mille-feuilles par exemple ; ou encore Jean-Baptiste de La Quintinie, créateur du Potager du roi à Versailles, ce qui n’était pas une mince affaire si on se souvient qu’il a du rendre cultivable un terrain marécageux. Forcément, on ne parle pas alimentation sans évoquer les cultures de ce que nous mangeons, et Louis XIV était notamment particulièrement friand des petits pois.


On en apprend également un peu plus sur Louis XIV mais surtout sa table où le placement des invités est hiérarchisé ; plus on s’éloigne du roi, moins les plats sont élaborés et on peut ainsi savoir si les membres de la famille royale sont en faveur ou non… de quoi alimenter les potins des courtisans en plus de leur appétit !


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La coupe de champagne a-t-elle réellement été moulée sur le sein de la Pompadour, ou était-ce une rumeur visant à moquer sa frivolité ? D'où viennent les épices que nous mangeons, et quand sont-elles apparues ? La pomme de terre, de la nourriture pour les cochons ? 

La grande Histoire de la gastronomie française à savourer à travers la petite, servie par une galerie de personnages hauts en couleurs.



Après Louis XIV, place aux règnes de Louis XV et de Louis XVI ! Ce tome évoque la popularité du champagne à Versailles, grâce à Madame de Pompadour, la plus célèbre des maîtresses de Louis XV, et revient sur l’idée reçue qui dit que la coupe de champagne aurait été modelée sur le sein de La Pompadour.


C’est la période où la pomme de terre fait son apparition dans les assiettes mais elle a bien du mal à conquérir les cœurs, notamment à la cour. C’est Antoine Parmentier, ancien militaire, nutritionniste et hygiéniste français, qui s’est donné pour mission de promouvoir la pomme de terre et de faire reconnaître ses avantages alors qu’elle n’était alors considérée que comme un met pour les pauvres, les prisonniers et les cochons. On a du mal à imaginer, de nos jours, que la pomme de terre ait eu du mal à gagner en popularité !


Le XVIIIe siècle est aussi l’époque où les premiers restaurants commencent à voir le jour à travers des enseignes qui sont à la fois des cafés, restaurants, traiteurs et restaurateurs. C’est aussi durant le siècle des Lumières que les bases de la cuisine française vont s’installer, celle encore pratiquée de nos jours. On assiste à une évolution de la cuisine, on ne retient plus que sept saveurs principales (doux, amer, âcre, âpre, aigre, gras, salé). Si le pain reste la base alimentaire, les légumes et fruits sont désormais définitivement intégrés aux repas


C’est aussi le siècle de la nouvelle cuisine, de la sophistication et du raffinement, avec l’arrivée d’une cuisine plus élégante, plus technique, avec une grande part aux légumes, les sauces sont allégées et devenues plus onctueuses. On assiste aussi à des banquets républicains pour commémorer le 14 juillet.


Marie-Antoinette est également mise à l’honneur, en reprenant une phrase qu’on lui prête à tord (« Qu’ils mangent de la brioche »), mais aussi d’autres personnalités de la cuisine, notamment Alexandre Grimod de la Reynière, considéré comme le père fondateur de la gastronomie et qui a publié l’Almanach des Gourmands, considéré comme l’ancêtre du guide gastronomique.


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Des prémices de la grande distribution à la légendaire gourmandise de Louis XVIII et
d'Alexandre Dumas, découvrez les bouleversements culinaires du XIXe siècle et invitez-vous aux tables de Talleyrand et d'Auguste Escoffier !


On termine avec ce tome qui porte assez mal son nom car il n’y a d’empereur évoqué que Napoléon Ier, et que ce tome couvre une période assez vaste entre le Premier Empire et la Première Guerre Mondiale.


C’est une période de bouleversements en matière de gastronomie et d’alimentation. Elle marque l’apparition des premiers guides et critiques gastronomiques, le développement d’une nourriture gourmande (de nombreux auteurs, comme Émile Zola ou Alexandre Dumas, font régulièrement référence aux restaurants dans leurs ouvrages). C’est la prolifération des restaurants, qui deviennent accessibles au plus grand nombre, et des commerces alimentaires, l’apparition des menus ainsi qu’une évolution de l’art de la table.


L’agro-industrie permet une modernisation de notre mode de consommation (développement des transports des aliments, la mise en conserve, etc), les considérations d’hygiène et de sécurité alimentaire, l’heure des repas qui colle davantage au style de vie de ce siècle (les Français mangeaient alors peu le matin, mais le souper retrouve grâce), c’est aussi l’apparition des soupes populaires, les restes des repas des plus riches sont revendus aux classes plus modestes ou pauvres, etc.


C’est une longue période qui connaît des temps de gastronomie festive, joyeuse et prospère tout comme des temps de misère avec les pénuries de la révolution française, les différentes guerres, le siège de Paris qui a contraint les Parisiens à chasser chats et chiens errants ou manger les animaux des zoos (certains passages ont d’ailleurs été durs pour moi qui suis très sensible dès lors qu’il s’agit de morts d’animaux), ou les récoltes déplorables.


Parmi les célébrités, nous avons Antonin Carême, pâtissier, surnommé « le roi des chefs et le chef des rois », le premier à porter l’appellation de chef, il est considéré comme le fondateur de la haute gastronomie, il était notamment recherché par les cours royales ; Nicolas Appert, non pas un cuisinier mais un inventeur à qui nous devons les boîtes de conserves et la conservations des aliments dans des containers en verre puis en boîtes métalliques ; Auguste Escoffier qui a codifié et modernisé la cuisine raffinée des grands hôtels et autres établissements de prestige, c’est aussi lui qui a développé le concept de brigade de cuisine (répartition des tâches dans l’équipe) et en veillant à l’image de marque du cuisinier (propre, méticuleux, non buveur, non fumeur, ne criant pas) et il a également imposé le service à la russe avec un dressage et service directement à l’assiette.


Le mot de la fin


C’est une bande-dessinée que j’ai découvert par hasard, alors que je cherchais des idées pour ma PAL de l’Ice Cream Summer Challenge, et qui s’est révélée être une bien belle découverte !


Quelle idée originale que de nous apprendre l’Histoire à travers la gastronomie en France et son évolution à travers une large période qui va du Moyen-âge jusqu’à la Grande Guerre. Un véritable voyage dans le temps qui parle boustifaille mais pas que ! Dans les cuisines de l’Histoire parle aussi bien des différents plats et aliments consommés à chaque époque que d’autres sujets comme les différentes façons de cuisiner, la culture des légumes et herbes aromatiques, les différentes techniques de conservation des aliments à travers les siècles, mais aussi les liens étroits entre l’alimentation et la santé, l’hygiène, ou le lien entre l’alimentation et le social (la façon de se tenir à table, la convivialité, la hiérarchisation à table, etc). On y parle ainsi plus que d’aliments mais de tout un ensemble qui a attrait à cet univers.


On en apprend un peu plus sur les œuvres culinaires qui ont traversé les siècles, ces ouvrages et ces personnes qui ont contribué à la révolution culinaire et qui se sont fait un nom dans le milieu gastronomique.


Chaque tome se compose de plusieurs épisodes qui illustrent un propos, c’est tantôt drôle, tantôt touchant, mais toujours instructif, avec des personnages hauts en couleur, et ça met même l’eau à la bouche ! À noter que chaque tome nous propose des recettes d’époque que nous pouvons essayer de reproduire, ce que je trouve très intéressant !


Une bande-dessinée que je conseille et que je classe parmi mes coups de cœur. Un vrai régal !

vendredi 4 mars 2011

Révolution française (T.1) Le peuple et le roi - Max Gallo.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres2/RevolutionFrancaiseT1.jpg





Emprunt médiathèque.

/ ! \ Challenge Histoire. / ! \



Articles connexes :







Quatrième de couverture :

1774. Sous les acclamations, un jeune roi monte sur le trône. "Louis XVI semble promettre à la nation le règne le plus doux et le plus fortuné", lit-on dans les gazettes. Moins de vingt ans après, désormais appelé Louis Capet, il est condamné à mort et guillotiné.

Longtemps, Louis XVI, sincèrement attentif au bonheur de ses sujets, oscille entre fermeté et faiblesse devant le vent de liberté qui souffle sur le royaume. Et le peuple l'aime, mais il a très faim, il est écrasé d'impôts, il ne supporte plus l'arbitraire royal, ni les caprices, bals et folies de la jeune reine Marie-Antoinette. Chaque écu dépensé par frivolité creuse le fossé entre le peuple et le roi.

Face à eux, Voltaire, Mirabeau, Danton, Marat, Robespierre appellent à la justice, à la liberté, puis à l'action et à la révolte s'il le faut. Ils insufflent de l'espoir, ils montrent l'exemple des Etats-Unis d'Amérique tout juste nés qui incarnent l'esprit des Lumières. Peuple, philosophes, bourgeois, clergé, nobles, roi, tous, finalement, seront emportés par la tempête de la violence..
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Mon avis :

Alors, cette fois-ci, ce n'est pas encore un roman jeunesse, mais encore un livre en rapport avec l'Histoire, mais que voulez-vous, c'est tellement passionnant l'Histoire... pourtant, cette fois-ci, j'ai choisi un livre sur un sujet historique que je préfère éviter et qui ne me plaît guère : la Révolution Française. J'ai tendance à éviter ce sujet à cause du côté sanglant et barbare de cet évènement, ce n'était pas un moment glorieux de notre Histoire même si les intentions du peuple étaient bonnes avant de commençer à décapiter Louis XVI. Ils ne voulaient que davantage de liberté, de quoi se nourrir, moins d'impôts, et sans doute une monarchie moins stricte et moins frivole. La liberté, la révolution, ils l'ont eu, mais disons que le peuple s'est... 'un peu' emporté niveau guilottine et des gens suspects d'aimer la monarchie. Autant dire que ce n'était pas la révolution à l'américaine comme les français l'auraient souhaité... Donc malgrè ma récitente à lire quelque chose sur le sujet, j'ai tout de même choisi de lire ce livre, comme je fais confiance aux écrits de Max Gallo après avoir aimé les séries De Gaulle et Napoléon, et comme ce livre s'arrête avant que tout dérape vraiment (la Terreur), j'ai tenté cette lecture.

Dans ce premier tome, nous suivons Louis XVI tout au long du roman qui se termine par sa mise à mort en janvier 1793, nous entrons dans la peau du personnage, sa personne en elle-même plus que l'homme politique, nous apprenons beaucoup de choses de sa vie et aussi un peu sur sa famille (comme Louis XV qui fait une apparition ou encore le méconnu père de Louis XVI qui n'a eu qu'une petite place dans l'Histoire puisqu'il n'a jamais été roi mais dauphin et est mort avant Louis XV), j'ai donc appris pas mal de choses sur Louis XVI, des choses que je savais ou pas du tout, j'ai vu le Louis XVI 'peint' par Max Gallo, et comme pour Napoléon ou De Gaulle, j'ai trouvé que c'était un portrait du roi aussi fidèle que possible, exactement tel que je me l'imaginais. Pauvre roi non destiné à règner, pas intéressé ou doué en politique, personne faible mais attentif, un bon père/mari mais un roi faible pour une époque où les révoltes ont commençé avec Louis XV qui a vu changer son nom "Le Bien-Aimé" en "Le Mal-Aimé", et les nombreuses fêtes données par la Reine et ses nombreuses dépenses ne font qu'agraver les choses, de même que les impôts imposés et la Révolution Américaine qui donne envie au peuple français de se révolter contre les autorités pour un régime moins strict et plus de liberté. C'est toujours l'époque des Lumières qui n'est pas sans rappeller l'Encyclopédie et Voltaire, Rousseau, Diderot et les autres, leurs désirs de liberté d'expression, d'une société plus libre et en harmonie (et c'est là où l'on constate que j'ai toujours de bons souvenirs de mes cours d'Histoire des Mouvements Littéraires xD), l'un des nombreux facteurs de la révolution française.

Si j'ai pris plaisir à suivre Louis XVI (finalement, il reste très sympathique comme personnage historique, je le plains beaucoup, ce n'était certes pas un autre Louis XIV, pas un très bon souverain mais ses intentions étaient bonnes, c'était une bonne personne qui n'était pas née pour être roi), à le suivr een tant que personne, j'ai été un peu déçue de ne pas être si entraînée que ça dans la politique, c'est pas très explicite d'une certaine manière sur les erreurs du gouvernements qui ont poussé le peuple à se révolter, mais puisque l'on suit surtout le Roi qui n'aimait guère se pencher sur la politique, et que cette polarisation sur le roi fait passer un peu la révolution au second plan, je ne me suis pas trop plainte. Après tout, ce premier optus suit surtout le chemin du Roi jusqu'à sa mort et non comment la Révolution est née, même si j'aurais aimé voir plus de détails sur cette naissance. Enfin, je le redis, j'ai aimé suivre Louis XVI, même si je n'en dirais pas autant sur sa femme, un peu étrange vu comme j'avais un peu l'habitude de la plaindre, mais connaissant son destin et ses derniers jours, j'ai du mal à rester fâchée avec elle.

Pour en revenir un peu au livre, ce fut une bonne surprise dans l'ensemble, moi qui évite de lire sur la Révolution, mais malgrè toute mon affection pour Louis XVI dans le livre, j'ai été un peu fatiguée de le suivre tout au long du livre, je m'attendais à voir les grandes figures de la révolution (Robespierre, Saint-Just, Marat...) se réunir, préparer les révoltes et toussa, à voir la célèbre prise de la Bastille, mais comme on suit la perpestive du Roi, autant dire qu'on ne suit pas ces évènements en direct. Certes, il a vécu d'autres évènements, mais le plus important était seulement conté, comme si le roi l'avait juste appris, et ce fut le cas. Après tout, le 14 juillet 1789, n'avait-il pas noté dans son journal intime 'Rien' ? Et il avait cru que la prise de la Bastille n'était qu'une révolte avant qu'on ne le corrige pour lui faire signaler que c'était une révolution. Enfin, peut-être que ce sera autre chose pour le tome 2 puisque Louis XVI n'y sera pas. A moins que l'auteur ne centre son tome sur la Terreur avec un autre personnage ? Ce serait dommage de se baser sur une seule personne. Ce tome aurait été mieux si l'auteur avait divergé les points de vues au lieu de consacrer le livre que les évènements de l'époque perçu par le Roi. Enfin, je peux toujours dire que c'était une autre manière de voir la Révolution. Je suis donc un peu déçue... malgrè tout cela, ça reste quand même un bon récit écrit de manière simple avec de nombreuses citations et des apparitions de figures plus ou moins célèbres de l'époque (Ah, Saint-Just. ^___^ )

Donc... disons que j'aurais aimé, pour cette fois (contrairement aux deux autres séries où j'étais contente de lire le livre uniquement basé selon la perspective de Napoléon/De Gaulle) une divergeance des points de vue afin de mieux lire et comprendre la Révolution Française, histoire que je sois plus intéressée car même si c'était agréable de lire et connaître le Roi, il n'a été que spectateur dans certains évènements importants, dans d'autres non, et j'aurais aimé avoir le point de vue d'autres figures historiques (la Reine, La Fayette, Marat, Robespierre, Saint Just...). Je verrais bien s'il y aura des changements pour le tome 2 que je lirais sans doute un jour...


http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Illustrations/prisedelabastille.jpg
La Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël (1789).

Extrait :

"Un bon roi, écrit-il [Louis XVI], ne doit pas avoir d'autre objet que de rendre son peuple heureux..."
Et pour cela il ne doit pas oublier les droits naturels de ses sujets "antérieurs à toute loi politique et civile : la vie, l'honneur, la liberté, la propriété des biens... Le prince doit donc réduire les impôts autant qu'il peut... Le roi doit être ferme et ne jamais se laisser aller à la faiblesse. Il doit aussi connaître les hommes afin de ne pas être dupe... Le roi tient de Dieu l'autorité souveraine, dont il ne doit compte qu'à Lui, mais s'il asservit son peuple, il est coupable devant Dieu."

1
. Première partie : 1774-1788 'Quel fardeau et on ne m'a rien appris !'.

lundi 21 juin 2010

La rose de Versailles - Riyoko Ikeda.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LaRosedeVersailles.jpg


Article connexe :



Lecture en ligne des premiers chapitres (en anglais) ici.






Quatrième de couverture : 
Au printemps 1770, l’archiduchesse Marie-Antoinette, fille de l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse de la famille des Habsbourg se marie à 14 ans en France avec un Bourbon. Protégée par le capitaine de la garde royale, Oscar François de Jarjayes, qui n’est autre que la fille cadette d’une respectable famille de soldats, Marie-Antoinette se rend un jour à un bal masqué à l’opéra. Elle y rencontre un gentilhomme suédois, Axel de Fersen et en tombe amoureuse. Ils ont tous les trois 18 ans et viennent de faire la rencontre qui va, à jamais, bouleverser le cours de leurs existences.

Mon avis :
J'avais découvert Riyoko Ikeda il y a un an, avec son manga Très cher frère, enfin sorti en France. Un manga pour lequel j'avais eu un gros coup de coeur. J'avais souvent entendu parler d'un autre manga de l'auteur tout aussi bien et bien plus célèbre : La Rose de Versailles, alias Lady Oscar. J'ai pu lire quelques chapitres et visionner quelques épisodes de l'anime, même si je sais en gros l'histoire, mais j'espère toujours me procurer ce manga rare et plutôt cher.

Tout commençe avec le général de Jarjayes qui ne vit que dans l'espoir de que voir naître au sein de sa famille un héritier mâle, pour que celui-ci puisse endosser le rôle que portait chaque homme de la famille : faire parti de la garde royale et la commander. Malheureusement, c'est six filles qui peuplent sa famille. Desespéré, il décide de former sa plus jeune fille comme un garçon en l'initiant aux arts de l'escrime, de l'équitation, en l'habillant comme un homme, pour le plus grand désespoir de la nourrice. Oscar est né(e). Et lorsqu'il est décidé, pour sceller l'union nouvelle de la France et de l'Autriche en mariant l'archiduchesse Marie-Antoinette au dauphin de France, Louis Auguste, d'amener la jeune future dauphine de France dans le royaume des Bourbon, Oscar est assignée pour faire partie de la garde royale. C'est une jeune fille insouciante et pleine de vie qui entre dans le château de Versailles, découvrant la vie de la cours, négligeant ses devoirs de future reine de France. Elle est adulée pourtant, et ne manque pas de charmer la cours et le peuple. Mais elle finit par manquer à ses devoirs, préférant s'amuser, fréquenter des bals. Et, peu à peu, l'ombre de la Révolution commençe à grandir et à grandir, à s'étendre lentement mais sûrement sur le Royaume de France...

Pour le gros que j'ai lu de ce manga, j'ai été emportée par cet univers. J'ai pourtant eu bien du mal à y entrer et je me demandais que diable les autres pouvaient trouver de formidable dans ce manga. Après un petit hiatus dans ma lecture, je l'ai reprise... et engloutis tout le reste. Le style de dessin de l'auteur, quoiqu'un peu vieillot (le style que l'on retrouve dans les mangas des années 70/80), me charme et ne me pose pas de problème, je retrouve même dans les personnages des caractéristiques et ressemblances d'autres personnages du manga Très cher frère. Pour l'histoire... elle se situe bien évidemment au XVIIIe siècle, une des périodes que j'affectionne (en même temps, quelle période de l'Histoire ne me passionne pas, me demandez-vous xD), les décors sont jolis mais pas trop recherchés, on se centre plus sur les personnages. D'abord Marie-Antoinette (sa venue en France, son arrivée à Versailles, son nouvel environnement à la cours, son mari, la maîtresse du roi Louis XV : Madame du Barry et les conflits qu'elle a avec elle, sa rencontre avec le comte Fersen...) puis on se centre sur Oscar, justement, c'est elle qui m'intéresse. Une fille élevée en garçon, une femme dans la garde royale et que ses compétances lui permettent de se prétendre capitaine de la garde royale, chargée de veiller sur Marie-Antoinette. Adulée, admirée par tous. Elle se différencie des autres personnages dans le sens où elle n'est n'y corrompue par les gens de la cours, elle ne désire pas cette vie de rêve qui cache quelque chose de pourri à l'interieur (petit parallèle au Cercle de la Fraternité dans le manga Très cher frère), elle n'est pas influençé par les nobles et cie (comme Marie-Antoinette), elle se montre dure, comme un homme, mais on voit qu'elle est profondément sensible au sort du peuple de France qui vit dans la misère alors que le pays est le plus puissant d'Europe, c'est quelqu'un de concerné, elle a une bonne âme dans le fond, ce n'est pas pour rien que son serviteur et ami d'enfance, André, l'admire et l'aime de loin. On ne peut que s'attacher à elle.

Bon, je me doute que historiquement parlant, tout n'est pas correct (rien que pour La Du Barry, heureusement qu'ils notent le vrai du faux en fin de page). On nage entre réalité et fiction, certaines réactions de Marie-Antoinette, du comte Mercy, de l'impératrice d'Autriche ou de Louis XVI sont un peu exagéré, mais j'imagine que l'auteur voulait mettre quelques élèments comiques dans cet univers froid et impitoyable qu'est la cours à Versailles, un univers dont certains personnages iraient jusqu'au meurtre pour en faire parti, dans un univers qui sera bientôt déchiré par la Révolution. C'est une époque violente, tout en couleur. J'ai vu l'évolution en bien ou en mal de certains personnages, voir leur destin virer au tragique, surtout quand on connaît les destins de personnages historiques comme Louis XVI, Marie-Antoinette, le comte Axel de Fersen...

En bref, un très beau manga, tragique, sensible, fascinant, émouvant, avec des personnages complexes mais attachants, et une aventure qui se déroule au coeur de l'Histoire, à la période la plus tragique de France. C'est réaliste, original, humain. Du sang et des larmes. Maintenant, j'aimerais beaucoup trouver la préquelle : Versailles no Bara, et la suite : La Gloire de Napoléon, mais j'ai moins d'espoir. Les mangas de Riyoko Ikeda ont la fâcheuse manie de se faire rares ou difficiles d'accès.