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mardi 26 juin 2012

L'auberge de l'Ange Gardien - La comtesse de Ségur.






Du même auteur  :







Quatrième de couverture :

Deux enfants dorment au bord d'une grande route, sous un vieux chêne touffu... Il fait froid. Ils n'ont rien à manger. Leur mère est morte, leur père a été emmené par les gendarmes... Si le début de cette histoire paraît triste, il n'en va pas de même pour la suite, car le hasard veut qu'un brave sergent démobilisé passe sur la route. Délaissant l'auberge Bournier, dirigée par un couple cupide, c'est vers l'auberge de l'Ange-Gardien qu'il dirigera ses protégés et ni eux ni ses lecteurs n'auront à s'en plaindre.

Mon avis :

Vers les premières semaines de Juin, j'ai retrouvé l'envie soudaine de relire les livres de la comtesse de Ségur que je connaissais déjà. En quelques après-midi sont passés en relectures François le bossu, Après la pluie le beau temps, Les malheurs de Sophie, Les petites filles modèles, Les vacances, Quel amour d'enfant, les contes écrits par la comtesse... mais ce n'était pas suffisant ! Déjà surprise par la vitesse à laquelle j'avais englouti ces bouquins, il m'en fallait encore mais j'avais déjà relu ceux que je connaissais, alors j'ai pioché dans ma bibliothèque un des livres d'elle encore inconnus et j'ai choisi ce titre dont le titre et la couverture me tentaient. Cette période Relisons-la-Comtesse-de-Ségur s'en est allée avec mes nombreuses révisions et examens et maintenant qu'ils sont terminés, je suis plus dans une période Relisons-les-mangas-bien-tragiques-et-ambigüs-de-Riyoko-Ikeda (Très cher frère, La rose de Versailles, La fenêtre d'Orphée...), donc malgré tout ça, j'espère avoir encore assez de souvenirs pour faire un billet complet de ce volume !


Ce roman débute sur une note tragique : deux enfants, Jacques et son petit frère Paul, seuls et perdus, victimes du froid et de la faim, qui n'ont trouvé qu'un vieux chêne comme lieu de repos. Leur mère est morte et le père a été emmené par des gendarmes. Leur famille étant pauvre, ils n'ont nulle part où aller. Un jeune soldat, démobilisé après une guerre, et son chien tombent sur les deux enfants. Le soldat ne peut se résoudre à les laisser à leur triste sort et décide de les emmener à l'auberge la plus proche afin qu'ils puissent se restaurer. Il trouvera bien vite l'auberge de l'Ange-Gardien, tenus par deux sœurs : Elfy et madame Blidot, qui porte très bien son nom... Un lieu chaleureux, de rencontres, d'amour, d'amitié, de tolérance et de bonne humeur.


Ça fait du bien de relire un classique de temps en temps, même si c'est un classique jeunesse. On est plongé dans une autre époque, on voit toute la différence avec les romans d'aujourd'hui. On voit bien la nette évolution. Je l'ai bien remarqué en lisant, les mentalités ont changé depuis le XIXe siècle. Mais ça fait plaisir de se plonger dans la littérature jeunesse, de permettre soi-même de rajeunir, de se retrouver un peu en enfance. Les deux enfants, Jacques et Paul, sont adorables, serviables, courageux face à l'adversité, proche et loyaux envers l'autre. Ils trouveront en Elfy et madame Blidot deux mères adoptives adorables et aimantes, un ami très cher en Moutier, le soldat qui les a trouvé, mais aussi en la personne du général Dourakine, malgré ses défauts. Nous avons des personnages attachants pour la plupart : Moutier, le jeune soldat bon et courageux ; Elfy, la jeune sœur, un peu inconsciente mais aimante et douce ; madame Blidot ; le général Dourakine, un homme colérique, têtu, qui a tendance à tirer des conclusions un peu trop rapidement, un peu changeant, mais bon malgré tout, courageux, un brave homme qui saura se repentir de ses fautes ; Dérigny ; le curé et les autres...


C'est un peu gnan-gnan, il faut dire, c'est plein de bon sentiments, les gentils sont récompensés, les méchants finissent par se repentir ou par être punis, on a le happy ending pour la plupart des personnages, c'est assez prévisible, c'est plein de bonté, d'entraide, de charité à offrir sans rien à attendre en retour... comme dans la plupart des livres de la comtesse de Ségur. Dans ses œuvres, les bons sentiments sont mis en avant, les gentils sont récompensés ou sortis de leur triste situation, les méchants, quand ils ne se repentissent pas, sont punis pour leurs mauvaises actions. Il y a de la bonté, de la charité, on vit d'amour et d'eau fraîche, d'amitié, de loyauté. Mais dans ce monde de brute dans lequel nous vivons, ça fait du bien de lire de genre de chose, d'en retrouver même si c'est dans la littérature. Et puis, le livre est ancré dans son époque, après tout, les valeurs de l'époque et de l'auteur sont véhiculées dans cette oeuvre. Ainsi, les enfants doivent être bons, bien élevés, sages et obéissants ; la religion tient une place très importante, le curé est un personnage important dans le village, il faut prier le bon Dieu et la Sainte Vierge Marie pour une personne ou lorsque l'on est dans une triste situation, il faut savoir donner une seconde chance, pas de violence gratuite ; le patriotisme est important aussi, la fierté nationale, le devoir à son pays...


Donc, cette oeuvre a beau être un peu naïve, gnan-gnan, prévisible, il faut savoir qu'elle véhicule les valeurs de l'auteur et son époque, que les livres de la comtesse se ressemblent tous dans le fond (la bonté, l'amour, amitié et loyauté glorifiés, la place de la religion, des études, du patriotisme, les gentils récompensés, les méchants punis...), mais ce genre de chose se perd dans la littérature, tout cela fait la force des œuvres de la comtesse. Des livres comme elle en a fait, on en retrouve plus des comme ça, et si c'est parfois naïf et gnan-gnan, ça fait du bien d'en lire parfois. Pour retrouver un peu de tendresse dans ce monde de brute, de chaleur dans ce monde froid, pour comprendre les mentalités de l'époque et ses valeurs, pour comprendre l'auteur. Donc si ce n'est pas mon livre préféré de la comtesse de Ségur, ça reste un livre bien sympathique, tendre, abordable, avec plein de bons sentiments, de tolérance et de l'humour parfois (rien qu'avec le général Dourakine, et ses changements d'humeurs brusques parfois risibles), ça fait du bien de lire le quotidien de cette heureuse bande au sein de l'auberge et du village, leurs aventures, leurs rencontres... Je lirais sans doute la suite, Le général Dourakine, un jour, par curiosité et pour retrouver les protagonistes...



Extrait :


LE GÉNÉRAL.
Il faut donc bien du temps en France pour tout cela [les préparations de mariage] ! Chez nous, en Russie, ça va plus vite que ça. Ainsi, je vois Mme Blidot ; vous me convenez, je vous conviens ; nous allons trouver le pope qui lit des prières en slavon, chante quelque chose, dit quelque chose, vous fait boire dans ma coupe et moi dans la vôtre, qui nous promène trois fois en rond autour d'une espèce de pupitre, et tout est fini. Je suis votre mari, vous êtes ma femme, j'ai le droit de vous battre, de vous faire crever de faim, de froid, de misère.

MADAME BLIDOT, riant.
Et moi, quels sont mes droits ?

LE GÉNÉRAL.
De pleurer, de crier, de m'injurier, de battre les gens, de déchirer vos effets, de mettre le feu à la maison même dans les cas désespérés.

MADAME BLIDOT, riant.
Belle consolation ! A quel sort terrible j'ai échappé !

LE GÉNÉRAL.
Oh ! mais moi, c'est autre chose ! Je serais un excellent mari ! Je vous soignerais, je vous empâterais ; je vous accablerais de présents, de bijoux ; je vous donnerais des robes à queue pour aller à la cour, des diamants, des plumes, des fleurs !

Chapitre XX. Première inquiétude paternelle.

dimanche 10 avril 2011

Nouveaux contes de fées - La comtesse de Ségur.


Du même auteur :

- Les malheurs de Sophie.
- L'auberge de l'ange gardien.
- Après la pluie, le beau temps.


Note : La couverture affichée n'est pas celle de mon exemplaire, celle-ci étant introuvable (de bonne qualité) en image sur le net, ainsi dès que j'aurais plus de temps, je photographierais mon exemplaire pour l'afficher sur ce billet. Sachez que ma couverture représente Blondine en robe bleue sur le dos d'une tortue traversant un paysage ensablé et provient de l'édition Hachette : Bibliothèque rose.



Quatrième de couverture :
 

L'excellente grand-mère que fut la comtesse de Ségur savait mieux que personne inventer des contes pour ses petits-enfants.

L'Histoire de Blondine nous emmène au coeur d'une forêt merveilleuse en compagnie d'une petite fille qui fait, dans le monde féerique de la nature et des animaux, l'apprentissage de la gratitude.
La Petite Souris grise est une mauvaise fée enfermée dans une cabane enchantée. Elle sera délivrée par une enfant trop curieuse qui se repentira bien vite de son initiative.
L'Ourson est un petit garçon très laid dont tout le monde a peur. Il est victime d'un mauvais sort ; seule l'affection d'un autre enfant pourrait le sauver...

Aujourd'hui, on ne croit plus aux fées mais on aime toujours autant le talent et le charme de Mme de Ségur..
.



Mon avis :


Me voilà de retour avec un nouveau livre de Mme de Ségur. L'auteur et ses livres ont berçé mon enfance, donc c'est bien probable que je continue à présenter d'autres livres de la dame. Aujourd'hui, j'attaque avec ce recueil de contes de fées. Ces contes se retrouvent aussi dans un autre livre de la Ségur mais avec un autre conte en bonus. Ce conte Le bon petit Henri se trouve dans La Cabane Enchantée donc, qui reprend les mêmes contes que Nouveaux Contes de Fées mais sans l'histoire d'Ourson. Voilà pour la précision.


Un rapide résumé des contes ? Alors... L'histoire de Blondine, Bonne-Biche et Bon-Minon raconte l'histoire de Blondine, jeune et jolie princesse blonde, orpheline de sa mère, vivant avec son père le roi Bénin qui s'est remarié avec la princesse Fourbette, douce et gentille en apparence mais vouant une jalousie maladive envers Blondine, et si le roi défend à sa nouvelle femme d'approcher sa fille, la nouvelle reine parvient à se débarrasser de la princesse en menaçant le page de Blondine, Gourmandinet (j'admire les noms...), de le priver de bonbons s'il ne laissait pas Blondine seule et perdue dans la forêt aux Lilas. Seule et abandonnée, loin de chez elle, la petite fille parvient à croiser le chemin d'une biche et d'un chat qui parlent et l'hébergent chez eux. Blondine s'attache à ses nouveaux amis et grandit en leur compagnie, devenant une belle jeune fille, mais Blondine manque terriblement à son père le roi...


La Petite Souris Grise est le récit de Rosalie, jeune fille dont le plus terrible défaut est la curiosité, et ce défaut pourrait très bien signer sa perte lorsque, malgrè les conseils de son père Prudent, la curiosité prenant le dessus, elle ouvre la porte d'une cabane afin de voir ce qu'il s'y cache, voyant son père y aller souvent. Cette cabane était la prison d'une fée maléfique qui lui révélera des choses sur son père, en plus de lui causer du tord et de narguer la pauvre Rosalie, la suivant partout afin qu'elle réussisse son pari de faire tenter trois fois Rosalie à succomber à sa curiosité. A cause de cette souris-fée, Rosalie fuit sa demeure et personne ne veut l'accueillir tant que cette souris sera à ses côtés. Désespérée, Rosalie s'endort dans un bois, jusqu'à ce qu'un prince nommé Gracieux la découvre... mais la curiosité est un vilain défaut dont il est difficile de se débarrasser, et la fée-souris compte bien user du défaut de Rosalie pour être libéré de l'enchantement qui l'a enfermé sous sa forme de rongeur...


Et enfin, Ourson, raconte le malheur d'une femme maudite par une fée, sous forme d'un crapaud. Son châtiment pour l'avoir contrariée sera de donner naissance à un enfant couvert de poils, telle une bête. Mais une autre fée, sous forme d'une alouette, lui promet que le charme sera rompu si l'enfant se fait aimer d'un autre enfant. Des années passent et les gens fuient Ourson comme la peste, mais un jour, il tombe sur le visage endormi (décidément, les jolies filles/princesses de ces contes sont souvent endormies dans les bois lorsque vient le gentil prince/garçon !) d'une fille nommée Violette, une jeune princesse perdue dans les bois. Si Ourson l'effraye tout d'abord, Violette finira par s'attacher à Ourson, mais rien n'est si simple...


Avec ces contes, on sait où on va avec les personnages, rien qu'avec les noms : le Prince Gracieux, la Fée Detestable, la Reine Doucette, le veuf Prudent... c'est très moralisateur, un brin naïf (par rapport à la société d'aujourd'hui), manichéens, nous avons les personnages plein de bonté et doux (Blondine par exemple), ceux trop curieux et parfois désobéissants qui finissent par se repentir (Rosalie dans La petite souris grise), toujours cette notion de repentir, de bonté qui triomphe toujours et du mal et des méchants qui finissent par avoir ce qu'ils méritent, les gentils enfants sont tous récompensés, les méchants punis comme dans beaucoup de contes... et dans la plupart des oeuvres de la Comtesse, comme un enseignement à la morale en plus de divertir. Si ça peut en agaçer certains, moi qui ait grandit avec ces histoires, je les trouve très plaisantes à lire malgrè tout, et même si on peut être un peu déçue, notamment chez certains personnages ou élèments de l'histoire, il ne faut pas oublier que ce livre fait parti des tout premiers de la Dame de Ségur et que ça reste malgrè tout une bonne lecture qui nous replonge dans la nostalgie de l'enfance.


Ces contes sont un véritable régal, j'ai grandi avec eux (dans l'édition Bibliothèque rose, mes exemplaires sont vieux et les pages jaunies et presque décolées, il faut dire que ces bouquins sont passés entre les mains de la grand-mère et la mère, et moi je désespère de les faire lire à ma soeur cadette), donc c'est toujours un plaisir de les relire, je me souviens presque de tout à chaque relecture. Parfois fleur-bleu mais pas guimauve, c'est profond, parfois tristes, dramatiques mais comme la plupart des contes il y a le prince charmant et le happy-ending, la fameuse fin heureuse, le heureux pour toujours pour reprendre les films Shrek. Sans (trop) reprendre les autres contes de fées (Perrault, Andersen, Grimm), ces contes ont un style incomparable bien qu'ils s'adressent aux enfants et en particuliers aux petites filles. Mais c'est un classique que chacun peut lire (plus les filles que les garçons en fait). C'est divertissant, inventif, on est plongé dans une atmosphère féerique, propre aux contes, d'une autre époque où cohabitent et interviennent les créatures magiques dans notre monde.




Extrait :
 

Blondine pénétra dans le vestibule de marbre blanc et rare ; toutes les portes s'ouvrirent seules comme la première, et Blondine parcourut une suite de beaux salons. Enfin, elle aperçut, au fond d'un joli salon bleu et or, une biche blanche couchée sur un lit d'herbes fines et odorantes. (...)
- Soyez la bienvenue, Blondine ; il y a longtemps que moi et mon fils Beau-Minon nous vous attendons
.

Histoire de Blondine, de Bonne-Biche et Bon-Minon.

samedi 23 octobre 2010

Les malheurs de Sophie - La comtesse de Ségur.






>> Lecture en ligne.




Quatrième de couverture : 


Qu'est-ce qui amuse le plus la petite Sophie ? Désobéir à sa maman ! Les bêtises sont si tentantes : mettre au soleil sa belle poupée de cire qui a froid, manger le pot de crème fraîche qui lui fait tant envie avant le dîner, se mouiller les cheveux pour les faire friser... Hélas, même avec les meilleures intentions du monde, les bêtises finissent mal, et sont toujours découvertes !

 


Mon avis :

Je viens de me rendre compte que parmi les livres de la comtesse de Ségur que j'ai publié sur ce blog, aucun d'entre eux ne parlait des Malheurs de Sophie, ou encore des Petites Filles Modèles, franchement, c'est une honte de ma part, surtout quand les livres et le dessin animé, c'est toute mon enfance en plus des Disney ! J'ai donc décidé de remédier à ça.

Sophie est une petite fille qui a tout pour être heureuse : elle vit dans un grand château, elle a des amies aimantes comme Camille et Madeleine, un cousin nommé Paul qui la défend toujours, une bonne qui est aux petits soins pour elle, des parents qui l'aiment et qui ne veulent que son bonheur tout en lui donnant une éducation digne de ce nom... on aurait pû croire que Sophie est la petite fille modèle dont tous les parents rêvent. Mais voilà, la petite Sophie n'est pas parfaite, elle n'en fait qu'à sa tête et, qu'elle le veuille ou non, elle accumule les bêtises au grand desespoir de son entourage. Qu'elle veuille bien faire ou pas, ses brillantes idées finissent souvent en catastrophe, et il est souvent difficile pour elle de camoufler ses défauts tels que la gourmandise, la paresse ou le mensonge. Mais sa mère ne l'entend pas de cette oreille ! Désireuse d'inculquer à sa fille une éducation parfaite, elle doit souvent sévir avec sa petite fille, et ce n'est pas toujours facile pour Sophie que d'assumer la conséquence de ses actes et de tirer une leçon de ses erreurs, tout en essayant de s'y retrouver sur le chemin de la vertu...

Qui ne connaît pas les Malheurs de Sophie, franchement ? Les diverses péripéties de cette petite fille qui accumule les bêtises, dont les idées se terminent mal (comme le thé qu'elle a voulu préparer), ses disputes avec son cousin Paul et j'en passe. Ces histoires sont indémodables ! Pour moi, ce n'est pas un "livre gnangan et moraliste essayant de faire croire aux enfants que les vilains deviennent bons en grandissant" comme certains disent, c'est vrai qu'il y a une morale, qui ne ferait pas de mal à certain même. Ce livre, c'est toute mon enfance, c'est les souvenirs, c'est la nostalgie, c'est le récit d'une enfance, des histoires que l'on lit avec plaisir, cette petite fille qu'on aime retrouver comme une vieille amie. Des livres jeunesses que même les plus vieux peuvent dévorer. Sophie est certes ecervelée, faisant des bêtises parfois incroyables ou tout simplement stupides, et elle n'est pas gâtée avec les défauts qu'elle a : paresseuse, menteuse, gourmande, colérique, mais d'une certaine façon, elle reste attachante, on voit bien qu'elle n'est pas mauvaise dans le fond, elle finit par se repentir, et on voit qu'elle aime sa famille et sa bonne, elle a un bon fond.

C'est frais, divertissant, un classique qui se dévore. Le texte est espacé, ça ressemble un peu à une pièce de théâtre vu comme c'est organisé, car il y a surtout du dialogue et pas beaucoup de description, comme beaucoup de livres de la comtesse, d'ailleurs. Mais ça ne me gêne pas, je suis habituée à lire les livres de la comtesse depuis toute petite. C'est simple, avec plein de rebondissement, avec de bonnes valeurs, de belles morales toujours d'actualité aujourd'hui.

Que dire de plus, à part que c'est un chef d'oeuvre, un classique à lire, lire et relire avec toujours autant de plaisir ? Et quel plaisir de retrouver Sophie, Paul, Mme de Fleurville, Camille et Madeleine, Lucie la bonne. On passe du rire aux larmes. C'est juste un livre inoubliable, quoi.
 


- Générique du dessin animé -


Extrait :


La poupée vécut très longtemps bien soignée, bien aimée ; mais petit à petit elle perdit ses charmes, voici comment.
Un jour, Sophie pensa qu'il était bon de laver les poupées, puisqu'on lavait les enfants ; elle prit de l'eau, une éponge, du savon, et se mit à débarbouiller sa poupée ; elle la débarbouilla si bien qu'elle lui enleva toutes ses couleurs : les joues et les lèvres devinrent pâles comme si elle était malade, et restèrent toujours sans couleur. Sophie pleura, mais la poupée resta pâle. [...]
Chapitre 1. La poupée de cire.

samedi 20 décembre 2008

François le bossu - La comtesse de Ségur.

 
Du même auteur :



>> Lecture en ligne du roman.




Quatrième de couverture :

À la suite d'une chute, François est devenu bossu. Depuis, tout le monde se moque de lui et le pauvre garçon n'a plus d'amis. Un jour, il rencontre la petite Christine des Ormes : négligée par ses parents, maltraitée par sa bonne, la fillette connaît elle aussi la souffrance. Ensemble, les deux enfants se consolent de leur malheur : ils deviennent inséparables. Mais voilà que l'odieuse Mme des Ormes décide de quitter la campagne pour s'installer à Paris. Aura-t-elle la cruauté d'éloigner Christine de son cher petit bossu ?


Mon avis :
 
Je continue à vous présenter des livres de la comtesse, je risque de le faire souvent d'ailleurs, c'est une auteur que j'affectionne beaucoup. Aujourd'hui, je reviens avec l'un de mes livres préférés de la comtesse de Ségur.

Christine des Ormes est une petite fille qui n'a pas une vie facile avec une mère occupée par ses toilettes et la vie mondaine qui la laisse aux mauvais soins de sa bonne Mina qui la délaisse souvent, et si son père a quelques éclairs de tendresse envers sa fille, il est un homme faible qui se plie souvent à sa femme. Heureusement pour Christine qu'il lui reste l'amitié et l'affection chaleureuse de ses cousins, Gabrielle et Bernard, c'est d'ailleurs chez ces derniers que Christine rencontre Mr de Nancé qui est très paternel avec elle, et son fils François devenu bossu suite à une chute, qui lui-aussi n'a pas eu une vie facile, souvent rejeté par les autres à cause de sa bosse. Devenant très vite amie avec François et son père, Christine rencontrera aussi Paolo qui se propose de devenir son instructeur et ami dévoué. Ensemble, les deux enfants se consolent de leur malheur et deviennent inséparables, mais Mme des Ormes, désirant une vie plus mondaine à Paris, désire quitter la campagne pour aller s'installer à la capitale...

C'est un bon roman, bien que souvent jugé comme l'un des plus noirs de la comtesse car [ de nombreux événements dramatiques ponctuent la narration que beaucoup d'adultes jugent trop durs pour de jeunes lecteurs : le sort du jeune Maurice, le persécuteur de François ] . Comme bon nombre des romans de la comtesse, celui-ci est consacré à une critique de l'éducation, opposant d'un côté les enfants trop gâtés, délaissés ou maltraités aux enfants qui grandissent dans un milieu qui sait faire la part de l'affection et de la fermeté. Je dois avouer que les ouvrages de la comtesse m'ont bien aidé quand on a abordé la morale en philosophie ! Sinon, je dirais en somme que c'est un bon livre, touchant, moralisateur (avec le terme repris : l'apparence n'est rien). Ce livre est facile à lire. Mr de Nancé est le père qu'on voudrait tous avoir, une figure paternelle douce et chaleureuse, rassurante, forte. L'amitié entre François et Christine est adorable, si forte que... mais je vais me taire là-dessus ;) bien que le happy-end soit appréçiable, j'ai trouvé trop cliché le fait que [ François, devenu jeune homme, ait subi une opération chirurgicale pour se voir enlever sa bosse, certes c'est heureux pour lui mais ça aurait tout été bien que lui et Christine se marient malgré la difformité du mari, ainsi ça renforcerait l'adage que les apparences ne sont rien, la vraie beauté vient du cœur. ] malgré tout, j'ai beaucoup aimé ce roman plein de tendresse, d'amitiés, de leçons de vies et de morales, très abordable, fluide, agréable à lire.


Extrait :
 
Enfin, Mme des Ormes fit son apparition au salon dans une toilette resplendissante qui surprit toute la société, elle provoqua les compliments, fit remarquer ses beaux bras (trop courts pour sa taille), sa peau blanche (blafarde et épaisse), sa taille parfaite (grâce à une épaule et à un côté rembourré), ses beaux cheveux (crépus et d'un noir indécis). Mr et Mme de Cémiane souffraient du ridicule qu'elle se donnait ; les autres s'en amusaient et s'extasiaient sur les beautés qu'elle leur signalait et qu'ils n'auraient pas aperçues sans son aide.

Chapitre V. Attaque et défense.

mercredi 17 décembre 2008

Après la pluie, le beau temps - La comtesse de Ségur.


Du même auteur :






Quatrième de couverture : 

Geneviève est un cœur d'or : chacun trouve grâce à ses yeux. Même le cousin Georges, qui l'entraîne dans bien des bêtises, même M. Dormère, son oncle, qui a la faiblesse de trouver que Georges est le plus parfait des garçons. Car les cœurs sont aveugles parfois...

Mon avis :

Voici un nouveau billet sur un roman de la comtesse de Ségur, l'un de mes préférés malgré quelques éléments clichés et prévisibles, c'était une agréable lecture, comme toujours.

Geneviève Dormère est une fille avec un cœur d'or et dotée d'une incroyable gentillesse  Malheureusement, ses qualités ne touchent pas son cousin Georges, et son oncle Mr Dormère, père de Georges, chez qui elle vit depuis la mort de ses parents. Georges accumule les bêtises et les méchancetés, et laisse accuser sa cousine, profitant de l'amour aveugle que Mr Dormère lui voût. Et ce dernier punit toujours sa nièce, sourd à ses explications, et place son fils sur un pied d'estale. Heureusement que Geneviève peut encore compter sur Pégalie, sa bonne ; Jacques, son ami d'enfance ainsi que d'autres amis. Puis, un brin d'espoir survient lorsque le dernier lien des parents de Geneviève : leur ancien domestique nègre Rame, la retrouve et décide de rester aux côtés de sa 'petite maîtresse' et lorsque Mlle Primerose décide de prendre en charge l'éducation de Geneviève et de la défendre contre toutes les injustices qu'elle subit, faisant en sorte que ses malheurs ne durent pas. Ne dit-on pas qu'après la pluie vient le beau temps ?

Fidèle à elle-même, la comtesse nous offre une histoire mettant en scène des enfants, soit pourris gâtés soit délaissés par certaines figures adultes, l'enfant délaissé vit une vie misérable mais il a des amis puis il rencontre des personnes qui vont l'aider à se sortir de cette situation malheureuse, les gentils triomphent, les méchants finissent par avoir une vie malheureuse, ils sont punis ou finissent par se repentir. Il y a des méchants et des gentils, la bonté des gentils est récompensé et la méchanceté des malhonnêtes est punie, c'est assez manichéen, tout est blanc ou noir. Ça peut être lassant ou agaçant si on a pas l'habitude, c'est stéréotypé. Geneviève est un peu trop bonne et sage pour être vraie mais elle est très humaine et sensible, attachante, trop bonne même, c'est sa faiblesse, heureusement qu'il y a Jacques et Primerose qui sont un peu plus rancunier et qu'ils savent quand trop c'est trop. Enfin, rappelons que les livres de la comtesse de Ségur prennent place au XIXème siècle, et que ses livres étaient aussi destinés à l'éducation des jeunes filles, on devait leur apprendre à être bonnes, sages, polies, de parfaites futures femmes et maman, les livres de Ségur montraient l'exemple : il faut être bon, sage, gentil ; la méchanceté et la bêtise sont punies.

Néanmoins, on a des personnages attachants, une sorte d’ode à l'amitié et à la solidarité, une leçon de morale sur l'éducation des enfants, la faiblesse des parents. On maudit Georges et la faiblesse du père à l'égard du fils. Certains personnages sont drôles (Mlle Primerose est assez comique), attachants. Et de plus, c'est facile à lire, mais je conseillerai plutôt aux enfants de plus de neuf ans au cas-où.


Extrait :

Mademoiselle Primerose
Je parie que M. Dormère va faire comme toujours ; il lui dira à la doucette : "Mon Georges, tu as eu tort. Tu me fais de la peine, mon ami. Je t'aime tant, mon petit Georges. Sois sage à l'avenir ; ne recommence pas, mon chéri". Et voilà la seule réprimande qu'il aura. Et moi je veux le punir. Je veux vous emmener chez Mme de Saint-Aimar pour qu'il ne nous trouve pas. Dépêchons-nous ; marchons un peu rondement ; il ne pourra pas nous trouver ; il n'osera pas aller chez les Saint-Aimar ; il cherchera, il pestera, il sera furieux ; ce sera une juste et trop légère punition de son horrible conduite.

Jacques trouva l'idée excellente et doubla le pas tout en encourageant Geneviève, qui s'apitoyait sur Georges. Mlle Primerose, enchantée de son invention pour punir Georges, marchait aussi vite qu'elle pouvait, et se retournait souvent pour voir si elle ne l'apercevait pas. Bientôt ils furent hors de vue et ils ne tardèrent pas à arriver à Saint-Aimar, où ils furent reçus avec des cris de joie : les enfants étaient très contents de voir Jacques et Geneviève.


Chapitre XIV. Seconde sortie de Georges et de Jacques.

dimanche 14 décembre 2008

Quel amour d'enfant ! - La comtesse de Ségur.


L'auteur :
 

Sophie Rostopchine (19 juillet 1799 - 9 février 1874), née Sofia Fedorovna Rostoptchina, plus communément appelée la comtesse de Ségur, est une femme de lettres française, d'origine russe. S'étant mise à l'écriture des romans très tard, elle en publia néanmoins beaucoup et elle est l'auteur des célèbres Malheurs de Sophie ou des Petites filles modèles, elle écrivit également des contes de fées et des récits moraux en plus de livres pour les enfants.

>> Lecture en ligne du roman.



Quatrième de couverture :
 

Selon M. et Mme de Gerville, leur fille Giselle est sans conteste une enfant délicieuse, un amour d'enfant. Selon M. Tocambel, selon son oncle Pierre, ses tantes Noémi et Laurence, ses cousins Georges et Isabelle, selon Mme de Monclair ou Mlle Rondet, bref selon tous ceux qui ne sont pas ses parents, Giselle fait plutôt figure de calamité familiale. On se dit que Giselle ne sera jamais autrement que méchante... Jamais, vraiment ?

Mon avis :

Je ne pouvais pas avoir de blog littéraire sans parler une seule fois de la comtesse de Ségur ! C'est une auteur qu'on m'a fait découvrir quand j'étais petite, j'ai lu plusieurs livres de la comtesse étant enfant (l'un des rares livres que je me rappelle avoir lu étant enfant, quand j'étais gamine j'étais surtout cantonnée aux bandes-dessinées et peu de romans), c'est ma mère qui m'a fait découvrir cette auteur mythique, elle-même l'ayant découverte et lu grâce à sa propre mère. Les livres de la comtesse sont passés de mère en fille et c'était mon tour, je n'ai pas encore tout lu mais de ce que j'ai déjà lu, c'était de belles histoires qui ont bercé mon enfance et aujourd'hui je choisi de parler d'un des livres.

Monsieur et Madame de Gerville ont une petite fille de six ans nommée Giselle, et selon ses parents, elle est sans conteste un ange, une enfant absolument délicieuse, vraiment un amour d'enfant ! ... et selon son oncle, ses tantes, ses cousins et cousines, les amis de la famille et les autres, Giselle est plus une calamité familiale qu'autre chose, une vraie petite diablesse ! On se dit que Giselle ne changera jamais et qu'elle demeurera cette peste de petite fille accumulant les bêtises et les mensonges, mais qui sait ? Peut-être qu'avec l'aide de la famille et de ce charmant garçon nommé Julien, que Giselle pourrait avoir une chance de venir sur le droit chemin...

C'est un livre divertissant qui prête à réfléchir sur l'éducation des enfants, si la façon dont les parents se comportent avec leur enfant peut influencer le caractère de l'enfant. Ici Giselle est une vraie peste, elle ment, elle fait des bêtises, elle insulte, n'a aucun respect, elle joue la comédie... on la plaint et on la déteste, on a de la pitié pour elle parfois ou on compati avec la famille et les amis qui supportent tant bien que mal Giselle car ses bêtises manquent parfois de faire déchirer les relations familiales. Mais on s'amuse aussi des différents caractères des personnages, de la naïveté des parents. Et si l'histoire peut paraître un peu longue et lourde à force avec toutes les bêtises de Giselle, ça reste divertissant, ça offre des leçons de morale, ça nous fait réfléchir, Giselle a quand même un happy-end, elle parvient à nous surprendre agréablement.

- Portrait de l'auteur -

Extrait :


Léontine embrassa son frère, quoiqu'elle fût contrariée de son jugement sur sa charmante fille et revint s'asseoir dans son fauteuil ; elle réfléchit quelques instants : petit à petit son visage s'assombrit.

'C'est triste, pensa-t-elle, de voir toute ma famille tomber sur ma pauvre Giselle ! Parce que, mon mari et moi, nous l'avons peut-être un peu gâtée dans sa petite enfance, on se figure qu'elle doit être insupportable... Pauvre ange ! Elle est si gentille !'


Chapitre 1. Giselle est un ange.