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jeudi 4 mai 2023

L'Ickabog - JK Rowling.



La Cornucopia est un petit pays prospère gouverné par le naïf roi Fred. Mais ce pays coloré vit sous la menace d'un monstre : l'Ickabog. Un monstre devenu légende, que personne n'a jamais vu mais que le roi va décider de poursuivre afin de satisfaire ses sujets. Arrivé dans les Marécages, rien ne se passe comme prévu et cette quête est le début de nombreux problèmes qui va résulter à la lente descente aux enfers du pays.




C’est bien la première fois que je ne suis pas emballée par un récit de JK Rowling… La lecture fut bien laborieuse et il m’a fallu un moment avant d’entrer vraiment dans l’histoire et celle-ci était un peu longuette. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, ce qui ne m’a pas aidé à entrer dans le livre. Les personnages sont corrects, ils remplissent bien leur rôle, mais je ne les ai pas trouvé bien mémorables ou attachants. Il n’y a vraiment que le personnage de l’Ickabog qui s’est démarqué par son originalité.


Le roman reprend les bases du conte : un royaume idyllique (ici fait de fromage, charcuteries et pâtisseries), des gentils bons et courageux, des méchants sournois et perfide, un monstre terrible, une morale. Ajoutons-y un roi faible et sans volonté, Fred Sans Effroi que ses deux conseillers cupides et perfides, Lord Flapoon et Lord Crachinay, vont réussir à amadouer. Comment ? En utilisant l’Ickabog, bien-sûr. Ce monstre, que personne n’a vu, cause bien des tracas à la populace de Cornucopia. Le roi, qui cherche à tout prix bien se faire voir de son peuple, se laisse ainsi manipulé en mettant en place une série de lois destinées à tuer l’Ickabog, en apparence du moins car, en réalité, les deux conseillers mettent à profit ces lois pour s’enrichir et éliminer les personnes ayant découvert leur stratagème. Morts et prisonniers se multiplient au sein du royaume. Autrefois idyllique, Cornucopia se transforme en tyrannie. Deux enfants, Bert et Daisy, vont devoir faire preuve de discrétion et d’ingéniosité pour s’en sortir…


Donc, des gentils très gentils et des méchants très méchants, point de nuance mais c’est un conte donc je laisse passer. L’auteure nous prouve une nouvelle fois son talent pour développer des intrigues ingénieuses, en dénonçant ici l’abus de pouvoir caractéristique des politiciens avec leurs manipulations et leurs mensonges et fake news.


On retrouve également des thèmes chers à l’auteure (l’amitié, la famille, le courage, …) et j’ai beaucoup aimé l’Ickabog, mais je ne m’épancherai pas sur lui pour éviter de spoiler. J’ai également apprécié trouver des dessins d’enfants illustrer le récit en fin de roman, c’était une initiative très sympathique.


Toutefois, malgré son côté satyre politique intéressant et un Ickabog fort bien sympathique, la lecture fut laborieuse, j’ai trouvé le récit long et mollasson jusqu’au moins la moitié du roman. Ce n’est pas un mauvais roman, mais JK Rowling m’avait habitué à mieux. Au final, je n’en garderai pas un souvenir mémorable. Dommage…


Au nom d'un pauvre vieux berger puant et de son misérable vieux cabot, lui, le roi Fred Sans Effroi, partait à la chasse à l'Ickabog ! D'accord, l'Ickabog n'existait pas, mais c'étai quand même drôlement gentil et noble de sa part de traverser tout le pays, à cheval, en personne, pour le prouver !

dimanche 27 novembre 2022

Nouvelles de Poudlard - J.K. Rowling.


Les nouvelles sur l'héroïsme, les tribulations et les passe-temps dangereux dressent le portrait de deux des personnages les plus courageux et emblématiques de la saga : Minerva McGonagall et Remus Lupin. J.K. Rowling vous emmène également en coulisses, à la découverte du passé de Sibylle Trelawney et de Silvanus Brûlopot, professeur téméraire et amoureux des créatures magiques. 

Le second recueil de nouvelles sur le pouvoir, la politique et les esprits frappeurs enquiquinants vous donne un aperçu du côté obscur du monde de la magie. Découvrez le sombre passé du professeur Ombrage, apprenez toute la vérité sur le ministère de la Magie et l’histoire de la prison d’Azkaban. Profitez d’une rétrospective sur les premières années d’enseignement de Horace Slughorn, maître des potions à Poudlard, et sur la relation qu’il entretenait avec Tom Elvis Jedusor. Et enfin, le guide pas complet et pas fiable du tout de Poudlard vous emmène à la découverte de l’école de sorcellerie de Poudlard.


Ces trois recueils regroupent des histoires courtes sur l’univers d’Harry Potter qui étaient à l’origine publiées gratuitement sur le site interactif Pottermore. Le site a, par la suite, changé son design et sa navigation pour s’éloigner complètement du concept de départ. Ainsi les histoires ont disparu pour revenir à la publication en e-books.



Ainsi pour certaines personnes, ces histoires n’auront rien d’inédit j’avoue qu’il est exagéré de devoir payer pour avoir accès à des histoires qui étaient antérieurement en libre accès. Malheureusement, tout est profit et Harry Potter n’échappe pas à la règle. Toutefois, ils nous permettent de replonger dans l’univers avec plaisir.



Le premier recueil « Héroïsme, tribulations et passe-temps dangereux » parle de sujets comme : les Animagus (où l’on apprend enfin comment le devenir) avec, comme exemple, la biographie de l’une des plus célèbres d’entre eux, Minerva McGonagall ; les loups-garous et comment ils sont traités dans la société des sorciers, en suivant par la biographie de notre loup-garou préféré, Remus Lupin ; les voyants dans le monde d’Harry Potter avec la biographie de Sybille Trelawney, professeur de divination et voyante qui s’ignore ; pour finir avec Silvanus Brûlopot, ancien professeur de Soins aux créatures magiques que nous ne connaissions alors que de nom.



Le second recueil « Pouvoir, politique et esprits frappeurs enquiquinants » aborde donc le Ministère de la Magie et les différents ministres depuis sa création jusqu’à nos jours, qui ils étaient et ce qu’ils ont contribué au monde des sorciers ; la prison d’Azkaban, ce que ce bâtiment était avant d’être une prison, comment elle est devenue une prison et ce qu’elle est devenue après la guerre ; les potions et les chaudrons ainsi que le Polynectar. Les propos s’accompagnent des biographies de Dolores Ombrage, Horace Slughorn, Quirinus Quirell et enfin Peeves, l’esprit frappeur de Poudlard.



Enfin, le dernier recueil « Poudlard : Le guide pas complet et pas fiable du tout » reprend des éléments que nous connaissions déjà, tout en ajoutant quelques explications. Ainsi, nous « apprenons » comment se rendre à Poudlard avec l’histoire de la gare King’s Cross, la voie 9 3/4 et le Poudlard Express, la cérémonie de répartition (l’histoire du Choixpeau magique et les cas de Chapeauflou, c’est-à-dire quand le Choixpeau a du mal à choisir la bonne maison pour un élève) ; nous en apprenons un peu plus sur le château de Poudlard et le parc environnant, la carte du Maraudeur et sa conception, le lac de Poudlard, et la salle commune des Poufsouffle, la seule jamais visitée au cours de la saga. Les cours à Poudlard sont également évoqués ainsi que les habitants du château, et notamment les fantômes et les portraits. On en apprend un peu plus sur les retourneurs de temps, le miroir du Risèd, la chambre des secrets, la pierre philosophale, la pensine et l’épée de Gryffondor.



Ce sont des recueils courts et qui se lisent donc vite et qui peuvent nous laisser sur notre faim. J’ai toutefois pris plaisir à retrouver ces histoires et les redécouvrir, car avec le temps j’avais oublié de nombreux éléments. Ainsi, j’ai redécouvert avec plaisir l’histoire de certains personnages comme le professeur Minerva McGonagall et Remus Lupin. Quand on y pense, si l’on connaît bien certains de ces personnages, ils étaient restés assez mystérieux aux yeux des lecteurs car nous ne connaissions pas leur passé et qu’une seule partie de leur histoire qui nous avait été dévoilée, parfois au compte-goutte, à travers la saga. Parfois, on découvre certains personnages sous un autre jour, sous un aspect que l’on aurait jamais imaginé (sauf Ombrage qui est toujours aussi détestable).



Les sujets abordés sont variés et nombreux, ainsi nous n’avons pas le temps de nous ennuyer au cours de la lecture. J.K Rowling nous démontre encore une fois à quel point elle a travaillé son univers tant nous y trouvons des détails et des anecdotes, et c’était intéressant de voir comment elle a trouvé l’inspiration pour certains lieux et personnages.



En résumé, c’est une lecture rapide et amusante, il ne faut pas en attendre plus mais tout amateur de l’univers devrait pouvoir y trouver son bonheur et ça complète bien la saga !


Plusieurs tentatives furent entreprises au fil des siècles pour expulser Peeves de Poudlard. Toutes se soldèrent par de cuisants échecs. 
La dernière, et la plus désastreuse de toutes, fut élaborée en 1876 par un concierge du nom d’Aygron Carpet. Ce dernier avait mis au point un piège très ingénieux composé d’une grosse cloche en verre enchantée, renforcée par plusieurs sortilèges de Maintien, qui devait s’abattre sur Peeves dès que celui-ci s’approcherait du dispositif. Pour appâter Peeves, Carpet avait également placé une collection d’armes en tout genre à côté du piège. Non seulement Peeves parvint à s’évader de la cloche géante en la pulvérisant en mille morceaux, mais il réussit aussi à désactiver le piège de Carpet à l’aide des sabres, des arbalètes, des tromblons et du canon miniature mis à sa disposition. Le château dut être immédiatement évacué tandis que Peeves s’amusait à tirer des boulets de canon par les fenêtres, menaçant tout-venant d’une mort certaine. 
Au bout de trois longs jours de siège, la directrice de l’époque, Eupraxia Mole, accepta de signer un contrat concédant à Peeves certains privilèges supplémentaires comme l’autorisation de se baigner une fois par semaine dans les toilettes des garçons du rez-de-chaussée, le droit de sélectionner les meilleurs morceaux de pain rassis dans les cuisines du château pour agrémenter sa collection de projectiles, et l’achat d’un nouveau chapeau, spécialement conçu pour lui par la célèbre créatrice parisienne, Madame Bonhabit. 
Aygron Carpet prit, quant à lui, une retraite anticipée pour des raisons de santé. Plus personne ne tenta jamais de débarrasser Poudlard de son résident le plus indiscipliné.

vendredi 24 décembre 2021

Jack et la grande aventure du cochon de Noël - JK Rowling.

Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu'à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu ! 

Mais la nuit de Noël n'est pas une nuit comme les autres : c'est celle des miracles et des causes perdues, où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le Cochon de Noël - une peluche de remplacement un peu agaçante - embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des Choses perdues. Jusqu'où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?


Avec le temps, j’ai perdu l’habitude des achats compulsifs lorsqu’il s’agit des livres, mais il y a quelques exceptions à la règle… Ainsi, lorsque j’ai découvert que JK Rowling avait publié un nouveau roman jeunesse, je l’ai acheté sans me poser de question (en plus, une histoire de Noël mise en vente à l’approche de Décembre… ils savent ce qu’ils font, à Gallimard Jeunesse)


Jack est très attaché à Lo Cochon, le cochon en peluche qui l’accompagne depuis toujours. Doudou et petit garçon sont inséparables et ont vécu bien des choses ensemble, des jeux, des aventures, des joies et des tristesses. Lo Cochon est le seul constant dans la vie de ce petit garçon qui a vu ses parents se séparer et sa mère se remettre en ménage après avoir déménagé. Lorsque son cochon disparaît lors d’un malheureux événement, sa famille tente de réconforter Jack en lui offrant une peluche similaire à Lo Cochon, mais Jack est inconsolable et rejette Cochon de Noël, refusant de remplacer LC et jurant de le retrouver. C’est justement la veille de Noël, une nuit magique durant laquelle les objets prennent vie. Lorsque Cochon de Noël propose à Jack de l’accompagner au Pays des Choses perdues afin de retrouver LC, l’enfant n’hésite à aucun moment. Ensemble, Cochon de Noël et Jack se lancent dans l’aventure. Mais il y a un hic : il faut à tout prix éviter le Grand Perdeur et revenir avant que ne sonnent les douze coups de minuit, sous peine de ne jamais rentrer à la maison…


C’est un joli conte de Noël que l’on aimerait voir adapté en dessin-animé pour mieux le savourer, et qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes. JK Rowling nous prouve une nouvelle fois son talent de conteuse ainsi que son incroyable imagination. Elle a su mettre en scène un monde fantastique dans lequel Jack évolue et est témoin de bon nombre de péripéties et de rencontres hors du commun. J’ai trouvé fascinant et original le monde imaginé par JK Rowling dans lequel les objets perdus se retrouvent et évoluent en fonction de leur statut. Il y a par exemple la salle des égarés, où les objets récemment perdus se retrouvent ; Jetables-City où se retrouvent les objets dits « bon marché », sans grande valeur matérielle ; Zutcéouça où sont regroupés les objets dont les propriétaires sont conscients d’avoir perdus et qu’ils cherchent ; la cité des regrettés réservée aux objets de grande valeur matérielle ou sentimentale, dont la perte est déplorée par les propriétaires ; l’île des bien-aimés où les objets chéris finissent leurs jours, et bien d’autres lieux aux décors et habitants divers et nombreux.


Lo Cochon


À travers ce monde des objets perdus, JK Rowling nous donne à réfléchir sur la manière dont on considère les objets qui nous entourent ainsi que l’importance que nous leur accordons. Les objets que l’on perd ou que l’on jette parce qu’ils ne fonctionnent plus ou sont abîmés, mais aussi les objets qui sont facilement remplaçables, ceux qui ont plus de valeur, qu’il s’agisse du poème de son premier petit-ami, son doudou, un bijou, un livre, … Nous possédons tellement que nous ne faisons plus attention à ce qui est perdu ou pas, sauf lorsqu’on en a besoin. C’est une réflexion intéressante sur le consumérisme, ainsi notre façon de consommer et ses conséquences en terme écologique tout en invitant à réfléchir à l’utilité de toutes ces choses qui nous font envie.


Il est également intéressant de remarquer que ce monde n’abrite pas que des objets perdus mais aussi des choses moins concrètes, comme des idées, des sentiments comme l’espérance, l’ambition. Une politicienne qui a perdu son ambition après avoir perdu des élections, une personne faussement emprisonnée qui perd l’espoir. C’est un concept que j’ai trouvé très intéressant et original !


Outre l’univers, j’ai beaucoup aimé tout l’attachement et la dévotion de Jack à Lo Cochon, les aventures qu’il est prêt à vivre et les dangers qu’il est prêt à courir pour le retrouver. J’ai également aimé l’amitié qui naît entre Jack et Cochon de Noël. Leur relation n’est certes pas partie sur de bonnes bases, mais au fil des pages, ils vont se soutenir l'un l'autre quoi qu'il arrive et j’ai beaucoup aimé la conclusion de cette aventure et ce qu’elle apporte aux personnages. C’est un voyage initiatique au cours duquel le jeune héros prend conscience que toute vie a une fin. Accepter la perte fait parti des étapes qui amène à grandir, un thème récurant dans les romans de l’auteure, mais c’est également un conte de Noël, synonyme d’espoir et d’amitié.

Jack et Cochon de Noël

La lecture est fluide et agréable. Les événements s’enchaînent, on n'a pas le temps de s'ennuyer une et dans chaque partie du pays des Choses perdues, on va faire des rencontres qui vont permettre à Jack de voir petit à petit la vie différemment. Si je devais exprimer une critique sur ce roman, c’est que la quête pour LC est plutôt longue et que l’on nous présente l’antagoniste, le Grand Perdeur, comme une menace qui plane sans cesse sur la tête de nos héros. C’est celui qui règne sur le pays des choses perdues, c’est lui qui fait se perdre certains objets, c’est lui qui embrouille les esprits en leur faisant oublier où sont les objets perdus et c’est lui qui traque Jack en apprenant sa venue dans ce monde où il ne devait jamais venir. Pourtant, l’affrontement entre notre jeune héro et l’antagoniste se révèle un peu trop court, rapide et facile. J’aurais apprécié que le final soit plus long.


Pour résumer, si le roman n’est pas exceptionnel en soi, l’histoire remplit parfaitement son rôle. C’est une jolie fable de Noël qui véhicule des valeurs importantes et qui oscille entre ombre et lumière. La plume et l’imagination de JK Rowling sont toujours aussi magiques, et elles sont accompagnées de jolies illustrations qui se marient très bien avec le récit. Une lecture parfaite pour Noël ! Même si, maintenant, je ne verrai plus les objets perdus de la même manière !


LC aimait faire exactement les mêmes choses que Jack : ramper sous des buissons pour disparaître dans une bonne cachette et aussi être lancé en l'air, Jack par son père et LC par Jack. LC s'en fichait de se salir, ou de retomber accidentellement dans une flaque d'eau, du moment que Jack et lui pouvaient s'amuser ensemble. [...]

Toutes ces péripéties avaient donné à Lo Cochon cette odeur si originale que Jack aimait beaucoup. C'était un mélange de tous les endroits où LC avait vécu ses aventures, et de la caverne tiède et sombre qui se formait sous les couvertures de Jack.

vendredi 7 août 2015

Le ver à soie (T.2) - Robert Galbraith.

Quatrième de couverture :

Quand l'écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu'il est simplement parti s'isoler quelques jours comme cela lui est déjà arrivé par le passé, elle ne demande à Strike qu'une seule chose : qu'il le retrouve et le lui ramène. Mais, sitôt lancée l'enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme.

Le romancier vient en effet d'achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence. Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier un tueur impitoyable, tel qu'il n'en a encore jamais rencontré dans sa carrière, Strike va devoir d'abord percer à jour ses motivations profondes.


Mon avis :

Cela fait un bon bout de temps que j'ai lu ce livre, donc j'ai oublié pas mal de choses mais je tâcherais quand même de faire une bonne chronique ! Alors, les œuvres de Robert Galbraith sont des livres que je n'aurais jamais touché et encore moins fait attention s'il n'avait pas été révélé au grand jour que Robert Galbraith est en fait une femme répondant au doux nom de JK Rowling... Mais je remercie le responsable pour sa petite bourde qui aura révélé au monde que sous ce pseudonyme se cachait la célèbre auteur d'Harry Potter car je serais passé à côté de livres fort prometteurs et intéressants ! Je ne l'aurais pas cru au départ, mais je me suis attachée à Cormoran Strike, sa jeune secrétaire Robin et les enquêtes criminelles concoctées par notre chère Jo qui ne manquent jamais de me passionner.

Dans cette nouvelle aventure, nous quittons le monde impitoyable de la mode pour entrer dans le monde tout aussi tumultueux de l'écriture ! Cormoran Strike est en effet chargé de retrouver Owen Quine, écrivain qui a tout bonnement disparu sans laissé de trace. Alors que tout laissait penser que l'écrivain est parti pour s'isoler, plus on s'enfonce dans l'enquête et plus les personnages découvrent que cette disparition est plus inquiétante qu'on ne le présageait au départ (les personnages en tout cas, les lecteurs savent très bien qu'une banale histoire de disparition, sans rebondissement, ne donne pas un roman à 739 pages). Le romancier avait en effet de publier un manuscrit, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes auprès de ses connaissances en dressant d'elles un portrait loin d'être flatteur ! Ce manuscrit polémique, s'il venait à être publié, mettrait dans l'embarras tout l'entourage de l'écrivain. De nombreuses personnes auraient intérêt à ne pas voir le texte publié et à faire disparaître l'écrivain, et l'affaire prend une tournure plus macabre et inquiétante lorsque l'écrivain est retrouvé...

Prenante et sordide. Ce sont les mots qui me viennent à l'esprit en me remémorant l'affaire Bombyx Mori. Cette enquête me fascina et m'intrigua plus que celle de L'Appel du Coucou, peut-être parce que je préfère le monde de l'écriture à celui de la mode, ou que je préfère mes enquêtes policières sombres ? Car il faut savoir que le contexte de l'enquête est malsain, voire assez gore (je pense notamment au moment où l'on retrouve le corps de l'écrivain dans des circonstances... peu appétissantes, et non ce n'est pas spoiler car les éditions Grasset l'ont fait dans la quatrième de couverture !). Attention aux âmes sensibles donc, car il y a des détails qui peuvent choquer ou dégoûter à la lecture, y compris des extraits du fameux roman d'Owen Quines ! N'allez pourtant pas croire que j'aime quand c'est gore, juste que j'ai trouvé cette enquête plus sombre que la précédente et plus prenante, et qu'il me tardait de découvrir pourquoi (Bombyx Mori bien-sûr, mais quoi d'autre ?), comment et qui pouvait être aussi dérangé et acharné pour commettre de telles choses. Et Jo nous mène bien par le bout du nez entre fausses pistes et informations données au compte goûte... assez pour qu'on se fasse une idée mais peu à la fois pour que le grand final nous soit véritablement dévoilé le moment venu ! Il faut donc, comme pour chaque enquête de notre bon vieux Strike, aimer les policiers avec minuties, ne pas être pressé car nous avons le suspense jusqu'au bout (et surtout que Cormoran opère un peu "à l'ancienne" dans le sens où ce n'est pas Les Experts Ajouter-Un-Nom-de-Ville-Américaine, NCIS ou autres séries policières où les protagonistes utilisent la technologie pour avoir des indices, dans les enquêtes concoctées par Jo, ce qui compte surtout est le sens de la déduction et les capacités d'analyse) !

Cormoran et Robin
[ Source ]


Les tracas et aventures personnels des personnages principaux apportent cependant un côté léger au roman, et contrebalancent un peu le côté sombre et sordide de l'enquête. Robin est de plus en plus mise en avant, elle prend plus d'assurance et d'importance dans cette histoire, ce qui m'a beaucoup plu. Elle veut montrer qu'elle n'est pas que la secrétaire et qu'elle veut participer à l'action ! Nous assistons également au développement de la relation entre Robin et Cormoran, qui me fait me poser des questions (une romance, ou du moins des sentiments naissants chez l'un ou l'autre, ou les deux, ou simplement un lien platonique qui grandit et se renforce ? Résoudre des enquêtes ensemble et tomber sur des cadavres, peut-être qu'il n'y a rien de tel pour renforcer les liens !). En bref, leur relation ne cesse de s'étoffer et si pour le moment, nous voyons entre eux une complicité professionnelle et une amitié sincère qui grandit au fur et à mesure des jours et des épreuves, il y aura toujours en moi un gros point d'interrogation sur la nature de leur relation et surtout de la façon dont elle va évoluer (il y a une différence d'âge entre Cormoran et Robin, mais ce n'est pas ça qui a déjà empêché JKR par le passé, il suffit de voir Remus et Tonks dans Harry Potter qui ont au moins une dizaine d'années de différence !)

Ce roman ouvre aussi la porte dans l'intimité de Cormoran en introduisant sa famille, ses tracas sentimentaux avec une ex qu'il aime toujours et va se marier mais qui reprend contact avec lui, notamment. Ce roman est donc aussi une occasion pour nous de mieux découvrir ses personnages et notamment les principaux. Jo excelle dans la psychologie de ses personnages, elle leur donne beaucoup de profondeur. Le personnages bien décrits et la psychologie bien détaillée, même les personnages secondaires ou tertiaire peuvent devenir attachant, je pense notamment à la jeune Nina qui ne trouve qu'il n'y a rien de plus excitant que les détectives ronchons et de connaître les détails les plus intéressants dans une enquête criminelle.

Ce livre nous offre également une plongée dans le monde fermé et mystérieux de l'écriture, de l'édition et des cercles littéraires, en nous présentant une image peu reluisante de ce monde qui est parfois caricaturé par l'auteur au vu de certains clichés : les auteurs frustrés et avides de gloire, les auteurs à succès, les éditeurs scrupuleux, ... un monde que JKR connaît bien, mais que j'espère rendu dur et cynique pour les besoins du roman !

Extrait :

« Vous êtes Cormoran Strike ? Demanda la voix d'une jeune fille de bonne famille, à neuf heures moins vingt le lendemain matin.
- En effet.
- Je suis Nina. Nina Lascelles. Dominic m'a donné votre numéro.
- Ah oui. »
Strike se tenait torse nu devant le petit miroir qu'il suspendait généralement près de l'évier de la cuisine, la salle de bains étant trop sombre et exiguë pour qu'il s'y rase. D'un geste de l'avant-bras, il essuya la mousse autour de sa bouche avant de poursuivre :
« Vous a-t-il expliqué de quoi il s'agit, Nina ?
- Oui, vous voulez infiltrer la fête d'anniversaire de Roper Chard.
- « Infiltrer » … le terme est un peu fort.
- Mais il rend la chose beaucoup plus excitante.
- Je vous l'accorde, dit-il en souriant. J'en conclus que vous êtes partante ?
- Plutôt deux fois qu'une. Trop marrant. Puis-je vous demander pourquoi vous voulez les espionner ?
- Encore un mot excessif...
- Cessez de gâcher mon plaisir. Je crois que j'ai deviné.
- Dites toujours », fit Strike en sirotant son thé, les yeux tournés vers la fenêtre. Après une fugace apparition du soleil, le brouillard était revenu.
« Bombyx Mori. J'ai raison ? J'ai raison, n'est-ce pas ? Dites !
- Oui. »
Nina poussa un petit cri de ravissement.

11.

mercredi 30 juillet 2014

L'appel du coucou - Robert Galbraith.



L'auteur :


Robert Galbraith est le nom de plume de JK Rowling pour ses romans policiers, centrés sur le détective Cormoran Strike. Ce nom d'auteur n'est pas anodin puisqu'il signifierait "Famous stranger", soit "Célèbre inconnu"










Quatrième de couverture :

Une nuit d'hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu'au jour où l'avocat John Briscow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.

Strike est au bout du rouleau : ex-lieutenant dans l'armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée un naufrage. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l'Internet, Strike est chargé d'enquêter sur la mort de Lula.

De boîtes de nuit branchées en hôtels pour rock-stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et le manoir où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis :

Il y a un an, j'ai été surprise d'apprendre que JK Rowling avait publié un roman policier sous un autre nom d'auteur, et comme je suis prête à lire tout ce qu'elle écrit, je me suis littéralement jetée sur le livre à sa sortie, mais je ne me suis pas jetée dessus pour le lire, et j'ai laissé passer un an après la sortie du bouquin dans sa version originale avant de m'attaquer enfin à ce roman, admirez la logique.



The Silkworm (Le ver à soie)
2nd tome de la série.
J'étais d'humeur à lire du policier plus... moderne que ceux que j'ai l'habitude de lire, je me suis dit que L'appel du coucou ferait l'affaire. Si je suis entrée sans trop de soucis dans ce livre, la poursuite fut laborieuse (écrit celle qui décrit la lecture de ce roman comme l’ascension du Mont Blanc), j'ai souvent eu du mal à accrocher, je décrochais souvent de ma lecture car je m'ennuyais et que j'avais du mal à rester attentive et intéressée à l'histoire, je la trouvais lente, sans aucun élément intéressant pour faire rebondir l'intrigue, bref je m'ennuyais, et ça, c'était le drame ! Beaucoup disaient du bien de ce roman auquel je ne trouvais aucun intérêt particulier, et JK Rowling est mon auteur préférée, j'avais l'impression d'être un monstre de ne pas aimer un de ses romans, et d'être insensible à cette histoire alors que tout le monde semblait l'avoir adoré. Néanmoins, j'ai persévéré, je me suis fixée 100 pages à lire tous les jours, je me suis obligée à lire tous les jours pour ne plus perdre le fil de l'histoire et en espérant, qu'en avançant, j'allais le trouver intéressant... Heureusement pour moi, ce fut le cas ! Plus j'avançais dans l'histoire, plus, finalement, j'arrivais à m'intéresser à l'enquête et à m'attacher un peu plus aux personnages, je pense surtout au détective Strike et à sa jeune secrétaire, Robin, que je me représentais physiquement et psychologiquement au personnage de Cornelia Hale de la bande-dessinée W.I.T.C.H.

La force des personnages, c'est l'un des points favorables de ce roman car, même lorsque j'avais du mal à accrocher au roman, les personnages m'avaient plu dès le départ, surtout Strike et Robin. Cormoran Strike, vétéran de guerre, cynique, endommagé à la fois physiquement et psychologiquement, qui vit une phase difficile de sa vie. Il n'a aucun client, l'argent manque cruellement, a des relations familiales et amoureuses assez compliquées, il est obligé de vivre dans sa propre agence, il a du mal à survivre financièrement, jusqu'à ce que – miracle – John Briscow, le frère d'un de ses anciens amis fait appel à lui pour enquêter sur la mort de sa sœur adoptive, la splendide mannequin Lula Landry.

Au fil du roman, on apprend à connaître davantage Strike sa vie, sa famille, sa situation amoureuse désastreuse. On s'aperçoit qu'il n'a pas eu une vie facile, mais qu'il est robuste, que malgré son apparence peu engageante, il peut être généreux. Il est aussi très observateur, il a l’œil pour les détails, rien ne lui échappe, il est très minutieux dans son investigation, prend des notes, classe ses notes, observe, le moindre détail – même minime – peut avoir son importance, alors que d'autres passeraient à côté. JK Rowling parvient à nous le rendre très humain au fil du roman et on finit par s'attacher à lui, ainsi que sa secrétaire temporaire, la jeune Robin. C'est une jeune femme rafraîchissante et très attachante. Je l'ai trouvé intelligente, indépendante et pleine de ressources. D'abord dubitative et peu convaincue face à Strike, elle finira par découvrir, derrière l'ours bourru, un homme intelligent et attachant, et elle va prendre beaucoup de plaisir à travailler avec lui. Matthew, cependant, ne semble pas partager l'enthousiasme de sa fiancée, ni son attachement au détective qu'il considère comme louche. J'ai lu qu'il y avait une rencontre entre ces deux-là dans le tome deux, ça promet d'être une rencontre glaciale...

Robin et Strike se retrouvent donc mêlés à l'affaire Lula Landry, morte tragiquement un soir d'hiver, défenestrée. La presse et la police sont persuadés qu'il s'agit d'un suicide. Cependant, John Briscow est persuadé que sa sœur a été assassinée, d'autant plus qu'elle entretenait une relation malsaine avec son ex peu recommandable, et que la voisine du top model jure avoir entendu un homme se disputer avec Lula avant qu'elle ne soit défenestrée. Cependant, la voisine ayant pris de la drogue, elle conclu que la voisine a du halluciner. L'affaire est close, et la police refuse toute nouvelle enquête, persuadée de la thèse du suicide. Strike décide, cependant à la demande de son client, de se pencher sur l'affaire et il se retrouve ainsi plongé dans le milieu de la mode, dans un milieu de gens riches, de paparazzis. Il interroge chaque personne ayant connu Lula, qu'il s'agisse de la famille, de son couturier, de ses amies mannequin, ou du petit ami. Chacun dresse un portrait d'elle différent de ceux de ses autres proches. Pour quelques-uns, c'était une pauvre fille qui avait des soucis, pour d'autres une gamine pourrie gâtée, pour d'autres une fille gaie et plein de vie, pour d'autres encore une victime des médias et de son petit ami... chacun dresse un portrait différent de Lula, si bien qu'on a du mal à cerner son état d'esprit le jour de sa mort.

Strike va interroger de nombreux personnages, voir ce qui correspond, essaye de dessiner le portrait de Lula, comprendre mieux les membres de sa famille, comment Lula est perçue, comment a été vécue son arrivée dans sa famille adoptive, sa décision de se lancer dans la mode... Il cherche à retracer ses derniers jours, à comprendre le point de vue des proches de Lula sur la famille de Lula, sur Lula elle-même... même les simples vendeuses du magasin de vêtements où Lula faisait ses achats ont leur importance. Strike ne laisse rien à côté, il ne délaisse rien, il va vraiment dans le détail.

L'intrigue est classique : un suicide qui est en fait un meurtre, le détective qui récolte témoignages, essaye d'y voir clair..., c'est monnaie courante dans le policier, cependant j'ai été surprise par l'identité du meurtrier, je ne m'y attendais pas du tout, et c'est toujours intéressant de voir comment le détective s'y prend pour mener ses interrogatoires, dénicher des indices et tirer des conclusions... et pourtant, même si l'on suit essentiellement Strike, on ne découvre l'identité de l'assassin que lorsque Strike dévoile son identité, un peu comme Hercule Poirot. Tout est dévoilé au fur et à mesure, il n'y a pas un trop plein d'informations. Malgré les lenteurs que j'ai pu ressentir, je dois admettre que JK Rowling a bien ficelé son enquête et que le dénouement m'a surpris ! Quelques lenteurs, mais pas une enquête désagréable à suivre. Je n'ai ressenti aucun suspense, hormis une curiosité modérée de découvrir le dénouement de l'enquête. J'ai néanmoins aimé suivre les témoignages de certains personnages, dont le couturier Guy Sommé qui fait vraiment office de la figure typique du couturier homosexuel, très pointilleux en matière de mode.


Les témoignages sont divers, de nombreuses personnes venant de milieux différents gravitent dans le monde de Lula. Des grosses fortunes jusqu'aux plus déshérités, aux jeunes amis riches qui profitent de la vie à la famille froide et agonisante... des personnes diverses composant l'univers de Lula et qui nous fait graviter entre deux mondes différents et qui nous donnent des visages différents pour Lula. JK Rowling a également repris des thèmes qu'on retrouve dans Une place à prendre, soit la drogue, problèmes familiaux, dépression, tromperies, attrait de l'argent,  la différence entre riches et pauvres, dans le comportement, le langage... tout n'est pas rose, et le roman montre bien là les difficultés de la vie. À l'instar d'Une place à prendre, les descriptions sont nombreuses, c'est l'une des raisons qui ont fait que j'ai souvent décroché, elles sont nombreuses, parfois inutiles, mais je dois avouer qu'elles sont bien faites. On peut se visualiser Londres et ses quartiers, ses rues...

En somme, même si j'ai eu du mal à m'accrocher à ce moment et qu'il m'a fallu du temps pour m'intéresser à l'intrigue et m'habituer aux longues et fréquentes descriptions (car Jo a le soucis du détail), JKR a su construire une bonne intrigue. Loin d'être une adepte du policier contemporain, même si ce roman ne fait pas partie des romans policiers que j'ai préféré, ça reste un bon roman, avec des personnages attachants et intéressants pour les principaux, une intrigue intéressante, bien ficelée, avec un dénouement surprenant. Je lirais la suite un jour, mais j'attendrais qu'elle sorte en version poche, soit dans un an.

Extrait :

Le téléphone sonna, et Robin décrocha le combiné. À la surprise de Strike, elle prit aussitôt un fort accent australien.
« Je suis désolée, elle n'est pas là... Non... Non... Je ne sais pas où elle est... Je m'appelle Annabel... »
Strike riait sous cape, et Robin lui jeta un regard d'angoisse feinte. Après presque une minute de son numéro de fille des antipodes, elle raccrocha.
« Temporary Solutions, dit-elle.
- J'avais compris, mais j'ai l'impression qu'il y a plusieurs Annabel. Par moments, celle-ci sonnait plus sud-africaine qu'australienne.
- Maintenant, je veux tout savoir de votre journée d'hier, dit Robin, incapable de contenir plus longtemps sa curiosité. Vous avez pu parler à Bryony Radford et à Ciara Porter ? »

9. (Quatrième partie)

samedi 27 octobre 2012

Une place à prendre - JK Rowling.



Articles connexes :

- Les animaux fantastiques.
- Les contes de Beedle le barde.
- Le Quidditch à travers les âges.
- Harry Potter (T.1) L'école des sorciers.
- Harry Potter (T.2) La chambre des secrets.
- Harry Potter (T.3) Le prisonnier d'Azkaban.
- Harry Potter (T.4) La coupe de feu.
- Harry Potter (T.5) L'ordre du phénix.
- Harry Potter (T.6) Le prince de sang-mêlé.
- Harry Potter (T.7) Les reliques de la mort.





Quatrième de couverture :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie
.



Mon avis :


C'est avec beaucoup de curiosité et d'appréhension que j'ai commencé ce livre il y a quelques semaines. Depuis la fin de la série Harry Potter en 2007, j'ai attendu le jour où l'auteur se remettrait à l'écriture d'un nouveau roman, qu'il soit un dérivé de la série Harry Potter ou un tout autre roman. J'étais heureuse et impatiente d'apprendre cette année la parution d'un nouveau roman, un peu plus adulte et contemporain mais j'appréhendais tout de même en découvrant le résumé car, soyons clair, s'il n'avait pas été écrit par JK Rowling, j'avoue que j'aurais accordé au livre à peine un regard car la quatrième de couverture ne me tentait que trop peu ; alors oui, c'est surtout parce que ce livre a été écrit par mon auteur préférée et que j'étais impatiente de lire un nouveau roman d'elle que j'ai attendu la sortie de ce gros pavé et l'ai lu. Je me demandais comment elle allait s'en sortir avec un roman d'un tout nouveau genre pour elle qui n'avait alors écrit que de la littérature jeunesse, si elle allait me transporter, si elle allait me faire oublier qu'elle était l'auteur d'Harry Potter... ce roman allait être la preuve qui me montrera si JK Rowling continuerait à me plaire par son écriture même si c'était autre chose que Harry Potter. Alors, verdict ?


L'histoire, tout d'abord, commence de façon assez brutale : Barry Fairbrother, membre aimé et conseiller paroissial de la ville de Pagford, meurt frappé par une crise d'anévrisme le jour de son anniversaire de mariage. Dans la petite ville de Pagford, c'est le choc ! Membre très aimé de la communauté, Barry était connu pour son énorme contribution pour Padford et ses habitants. Et malgré le choc, Barry Fairbrother ne sera même pas encore mis en terre que des habitants se disputeront le siège vacant laissé par le défunt. Ce sont trois habitants bien connus de Pagford qui se feront candidats pour reprendre le rôle de Barry dans l'espoir de changer Pagford, pour le meilleur ou pour le pire. Cette histoire, jusqu'alors banale, va grossir et impliquer plus que les candidats mais aussi leurs familles et la majorité des habitants de Pagford. Entre élections paroissiales, des familles se déchirent, des conflits apparaissent et grossissent entre pauvres et riches, entre parents et enfants, entre voisins, entre jeunes adolescents... peu à peu vont ressortir l'hypocrisie de certaines personnes, des rancoeurs, des mensonges... Plusieurs camps vont s'opposer dans une situation où tous les coups seront permis et où l'on ignore qui aura le dessus, en fin de compte...


Comme je l'avais dit précédemment, le livre commence d'emblée, dès le premier chapitre, avec la mort de Barry Fairbrother qui s'effondre sur le parking d'un terrain de golf, d'une crise d'anévrisme, alors qu'il allait fêter son anniversaire de mariage avec sa femme. C'est un couple de connaissances, les Mollison, qui le conduisent à l'hôpital mais il est trop tard. Dès le lendemain, la nouvelle de sa mort se répand très vite dans la bourgade de Pagford et cause pour la plupart surprise, consternation et choc. Tout le monde, ou presque, appréciait cet homme jovial qui a beaucoup sacrifié pour Pagford, qui soutenait les défavorisés, qui s'occupait de bien des choses pour le bonheur de Pagford et ses habitants, même s'il délaissait quelque peu sa famille pour cela. Et le défunt n'est même pas encore enterré que vont se disputer des personnes réputées dans Pagford pour prendre sa place au conseil paroissial, que ces personnes aient été des amis proches du défunt ou de simples connaissances. Tous vont se déchirer pour le précieux poste de Barry. Cette affaire qui ne concernait que les trois candidats va peu à peu impliquer les familles, les amis, les proches... enfants comme adultes. Cette situation va faire rejaillir rancoeur, hypocrisie, mensonges... bref, la noirceur de chacun qui, pour certains, seront prêts à tout pour assouvir leur désir de pouvoir, de contrôle.


Jo a un incroyable talent pour peindre le réalisme d'une fresque sociale, pour épingler l'hypocrisie, l'incompréhension, l'intolérance, l'égoïsme... bref, toutes les noirceurs et lâchetés de l'âme humaine qui prend le dessus sur tout. Cette femme a un talent diabolique pour ça, elle m'a épaté ! J'ai, bien-sûr, retrouvé son humour (même si ici, c'est surtout un humour noir, sarcastique ou... subjectif), la richesse de son écriture, de ses descriptions qui vont dans le soucis du détail. Avec cela, il y a eu quelques longueurs parfois assez pénibles et on a un sacré manque d'action puisque Jo prend son temps pour nous présenter la ville, son histoire, ses habitants avec leurs vécus ; la candidature et l'élection prend aussi du temps et même l'enterrement de Barry ne se fait que vers les pages 100-200 mais malgré quelques longueurs, j'ai beaucoup aimé me plonger dans la ville de Pagford, connaître un peu son histoire et connaître les personnages. Il y en a pas mal et il a été un peu difficile, au début, de bien les retenir : qui est qui, qui fait quoi, qui fait parti de quelle famille... un peu comme dans les Agatha Christie, mais en se plongeant bien dans le roman, on apprend vraiment à bien faire leur connaissance, à apprendre leurs problèmes, métiers, vécus... c'est vraiment un roman bien construit, bien maîtrisé avec des personnages différents, intéressants et hauts en couleurs ! Personne n'est épargné car chacun a ses qualités comme ses défauts... surtout ses défauts !


Nous avons les Fairbrother qui est la famille la moins présente du roman, celle avec qui on passe le moins de temps même si Barry Fairbrother est omniprésent et est même le sujet principal du roman car c'était un membre du conseil paroissial et de ce fait, il a énormément contribué à la ville, à ses habitants... chacun se souvient de lui d'une manière ou d'une autre. Mary reste la douce veuve assez effacée, accablée par le deuil, qui aimait son mari malgré la rancoeur qu'elle conservait à son égard car il s'occupait plus de Pagford que de sa famille, et l'on voit à peine les quatre enfants Fairbrother également. Nous suivons ensuite d'autres familles comme Miles et Samantha Mollison : lui est avocat, elle a sa propre entreprise de lingerie, ils ont deux filles adolescentes, mais leur couple bat de l'aile car Samantha rêve de changement dans leur vie de couple, elle veut voyager, faire le tour du monde avec son mari comme ils se l'avaient promis avant leur mariage et elle qui déteste Pagford n'est pas ravie lorsque Miles annonce son intention de prendre le siège laissé par Barry. Ensuite, Howard et Shirley Mollison, parents de Miles. Howard tient une épicerie et est déjà membre du conseil, avec sa femme, ils encouragent de tout coeur la candidature de Miles. Shirley est la mère qui déteste sa belle-fille et le lui fait savoir, elle est la femme stricte, bourgeoise, raffolant de commérages  Sournoise et hypocrite, elle n'a pas manqué de me divertir... surtout quand elle et Samantha étaient en guerre, se lançant des piques.


S'ajoute à eux Maureen, la veuve du premier associer d'Howard, qui travaille avec ce dernier à l'épicerie, qui s'habille un peu n'importe comment et qui a la fâcheuse manie de s'incruster dans la vie privée des Mollison pour le plus grand déplaisir de Shirley. Ensuite, Kay, assistante sociale fraîchement débarquée à Pagford pour vivre avec son dernier amant en date : Gavin, un avocat associé à Miles. C'est en emmenant sa fille adolescente Gaia qu'elle déménage à Pagford et Gaia, qui était alors bonne copine avec sa mère, lui en veut énormément pour l'avoir arraché à Londres et ses amis pour attérrir dans un coin paumé où l'on se moque de son accent londonien. Pourtant célèbre dans la gente masculine, Gaia choisit de se lier d'amitié avec une des filles des Jawanda : Sukhvinder, le souffre douleur de sa classe, victime par ceux de son école d'harcèlement moral. C'est un personnage qui m'a beaucoup touché, elle veut bien faire, elle veut se faire aimer mais elle n'est pas populaire, elle est sans cesse moquée par ceux de son école, a peine à croire qu'une fille aussi jolie et aussi populaire que Gaia veuille d'elle comme amie, elle est rabaissée par sa mère, Parminder qui travaille dans le domaine de la médecine comme son mari, qui  ne lui trouve que des défauts et est persuadée qu'elle ne fera rien de bien dans la vie. Laissée dans l'ombre de ses frères et soeurs, personne parmi les adultes ne perçoit sa détresse, son mal-être profond. On continue avec les Wall : Tessa est conseillère d'orientation à l'établissement scolaire dont son mari, Colin, est le proviseur adjoint. C'est un homme dépressif et bourré de tocs. Ancien ami de Barry, il se présente comme candidat en sa mémoire pour poursuivre le travail accompli par son ami. Ensemble, Tessa et Colin ont un fils : Stuart, dit Fats, qui prend un malin plaisir à se comporter de manière ignoble envers ses parents et ses amis...


Viennent ensuite les Price avec Simon qui travaille dans une imprimerie, et Ruth qui est aide-soignante à l'hôpital et qui aime commérer avec Shirley. Ils ont deux enfants : Paul, et Andrew. C'est une famille très repliée sur elle-même, il faut savoir déjà que le mari est autoritaire, élève la voix facilement et est violent. Andrew, meilleur ami de Fats et qui en pince pour Gaia, le déteste et n'hésitera pas à effectuer des coups bas pour se venger de lui. On termine avec les Weedon, une famille défavorisée vivant dans la Cité des Champs : Terri est une femme vivant seule avec sa fille de 16 ans, Krystal, et son fils de trois ans, Robbie. Terri n'a pas eu une vie facile et se drogue facilement ; sans grande volonté, elle fait souvent des cures de désintoxication sous la menace des services sociaux de lui enlever ses enfants. Face à l'impuissance de sa mère, Krystal, livrée à elle-même, essaye de se débrouiller seule et de s'occuper de son petit frère, elle fait tout pour que sa famille ne soit pas disloquée. Si Krystal me paraissait parfois brutale et hargneuse  son vécu l'a rend bouleversante et on voit vraiment bien qu'elle tient à sa famille, surtout au petit Robbie ; au contraire, j'ai trouvé Terri pathétique et irresponsable, elle cédait vite à la facilité.


Parmi les autres personnages, on peut toujours citer un certain "fantôme de Bary Fairbrother" qui fait des ravages sur le forum paroissial de Pagford, révélant de "belles" surprises, donnant révélations sur révélations, alimentant les commérages et amenant un certain... chaos en pleine élection municipale ! Bref, divers personnages hauts en couleur qui touchent toutes les catégories sociales. On passe par beaucoup de sentiments, on rentre dans les détails de la vie de chacun, dans ses pensées, les qualités et défauts sont mis à jour, personne n'est épargné ! Chaque personnage est important et a son rôle dans l'histoire. On apprend à bien les connaître, à connaître la famille, qui aime qui, qui déteste qui, qui pense quoi sur qui... et, bien-sûr, sentiments et hypocrisies sont là, ce qui donne du piment ! Des coups-bas même jusque dans les foyers, ainsi que des secrets, des déchirures : des familles se disputent, des amitiés se font ou se défont, les voisins à l'affût des derniers potins qui se délectent du malheur des autres... JK Rowling a vraiment bien travaillé ses personnages ! C'est comme Desperate Housewives, mais en pire ! Plus noir, plus d'hypocrisie, plus de trahisons, plus de secrets... du linge sale qui se lave en famille... ou pas...


On suit donc plusieurs famille mais chaque histoire, chaque élément finit par se rejoindre, et chacun nous apporte sa version des faits, sa propre vision de la ville et, alors oui, c'est long, il n'y a pas d'action car il faut vraiment prendre le temps de bien comprendre les liens qui se nouent entre les différents personnages, il faut bien comprendre l'histoire de la ville et l'origine des conflits (je pense notamment à la Cité des Champs, qui appartenait à Yarvil, mais qui a finit par être rattachée à Pagford pour le déplaisir de certains car Les Champs est devenu l'endroit où poussent "les mauvaises herbes") je me suis parfois plainte de cette longueur, à présent je comprend que c'était pour bien vivre chaque journée avec les personnages, les comprendre, les connaître .. et chaque personnage n'est ni blanc, ni noir ; ce sont des êtres humains, comme nous, avec des qualités et des défauts, ils vivent selon ce qu'ils connaissent. C'est vraiment une analyse sociologique profonde et fouillée, les rapports humains sont décrits dans toutes leur complexité. En fin de compte, c'est des rapports humains dont Jo parle.


Même si j'ai reconnu le style Rowling, elle m'a totalement fait oublier qu'elle était l'auteur d'Harry Potter, on retrouve son humour, certes, mais c'est cette fois-ci teinté d'ironie e d'amertume. On sent aussi que c'est plus adulte par cette analyse sociologique, l'humour sarcastique et les sous-entendus plus ou moins sexuels, c'est cru, incisif, intelligent. Elle a fait fort : drogue, fantasmes sexuels, viol, pauvreté, hypocrisie, mensonges, harcèlement moral... c'est ultra-réaliste. Elle pose d'abord comme une sorte de bombe à retardement au début du roman, puis au fur et à mesure de la lecture, des choses se révèlent puis... Boum ! Il faut dire qu'on a eu une fin... wouah, quoi, qui a vraiment changé la ville d'une certaine façon. Il y a des changements pour le meilleur ou pour le pire, des renversements de situation... une fin à la fois dramatique mais qui peut nous laisser croire que des choses vont changer pour le meilleur (je pense notamment aux Mollison, aux Champs, au conseil paroissial, à Fats, à Sukhvinder...).


Alors, si ce roman n'est pas un coup de coeur, pas une lecture inoubliable, j'ai été loin d'être déçue ! JK Rowling a fait un merveilleux come-back dans le monde de la littérature avec ce gros pavé bien construit, intelligent, cru, libérateur, fluide, tellement humain et ce, malgré les longueurs. Le changement de cap de Jo me plaît beaucoup, elle a réussi à prouver avec Une place à prendre qu'elle savait écrire autre chose qu'Harry Potter, autre chose que de la littérature jeunesse. On retrouve ses descriptions visuelles vivantes avec le soucis du détail, son humour grinçant, la densité de ses personnages, la fluidité de son écriture... bref, Jo a l'art et la manière de raconter des histoires, elle a vraiment un talent de conteuse et elle a réussi à me surprendre ! Loin des Harry Potter, elle a pu se lâcher avec des insultes, des sous-entendus sexuels, elle s'est vraiment éloignée de la saga qui a fait son succès, mais c'est tant mieux car on peut à présent parler de JK Rowling autrement que par Harry Potter, c'est une auteur qui se diversifie dans ses écrits et celui-ci est fort réaliste, complexe et lucide avec une fin émouvante, bouleversante qui plombe le moral !


Donc, bref, les quelques longueurs sont probablement la seule critique que je pourrais faire, ça et le fait que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire mais une fois bien familiarisée avec Pagford et ses habitants, on démarre vraiment bien dans l'histoire. Ce n'est pas un coup de coeur, mais c'est un bon roman contemporain qui m'a fait renouer avec l'écriture de Jo :)





JK Rowling, glorieuse maman de Harry Potter et d'Une place à prendre.



Extrait :

Shirley n'exprimait jamais sa contrariété de manière ouverte ; pas une seconde elle n'autorisait son sourire ou sa voix douce et raisonnable chanceler, mais chaque fois que Howard se laissait aller à l'un de ces hommages libidineux, elle décochait immanquablement à sa belle-fille, dans les minutes qui suivaient, une flèche empoisonnée, camouflée sous l'empennage de la plus irréprochable bienveillance. Elle évoquait les frais de scolarité de plus en plus exorbitants des filles, s'inquiétait avec sollicitude des progrès du régime de Samantha, demandait à Miles s'il ne trouvait pas admirable la taille de guêpe de Mary Fairbrother... Samantha subissait toujours ces remarques en souriant - et les faisait payer à Miles plus tard.


6. Première partie. (Mardi)

lundi 21 décembre 2009

Le Quidditch à travers les âges - JK Rowling.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LeQuidditchaTraverslesAges.jpg
Du même auteur :

- Une place à prendre.



Quatrième de couverture :

S'il vous est jamais arrivé de vous demander quelle est l'origine du Vif d'or, comment les Cognards sont apparus ou pourquoi les Wigtown Wanderers portent l'image d'un couteau de boucher sur leurs robes, vous devez lire Le Quidditch à travers les âges. Cette édition est la reproduction exacte du volume conservé à la bibliothèque de Poudlard où il est consulté presque chaque jour par les fanatiques de Quidditch.

Mon avis : 

Livre acheté en même temps que son conjoint et lu dans la même journée, et moi qui redoutais un peu cette lecture (j'aime bien le Quidditch mais pas tant que ça), j'ai été agréablement surprise, j'ai passé un très bon moment de lecture. Je mériterais presque des claques : comment ai-je pû penser être déçue d'un livre de JK Rowling ? Franchement ?

Ma préférence va quand même aux Animaux fantastiques, mais ce livre est sympathique dans son genre, on commençe d'emblée avec la petite fiche que l'on trouve dans chaque livre emprunté à une bibliothèque d'école avec le Nom/Prénom et A rendre le. Où l'on apprend que Ron Weasley a rendu ce livre en retard, qu'Hermione l'a emprunté deux fois, que Drago Malefoy l'a aussi emprunté et qu'il a plutôt une jolie écriture, ainsi que d'autres noms d'élèves. Où l'on découvre un avertissement de la très douce et sensible madame Pince, la bibliothécaire, que je ne résiste pas à vous recopier : Quiconque aurait l'imprudence de déchirer, lacérer, tordre, plier, abîmer, dégrader, souiller, tacher, jeter, laisser tomber ou détériorer ce livre de quelque manière que ce soit, de le maltraiter ou de lui manifester le moindre manque de respect, devra en subir des conséquences que je m'efforcerai de rendre aussi douloureuses que possible. Cet ouvrage se veut donc une copie de l'exemplaire qui se trouve dans la bibliothèque de Poudlard. Nous avons aussi une préface du professeur Dumbledore afin de nous faire découvrir à nous, Moldus, les origines du Quidditch, son évolution, les différentes règles et équipes du Royaume-Uni.

L'auteur nous renseigne plus sur le sport national, si ce n'est le sport des sorciers (JK Rowling n'a jamais, d'ailleurs, fait aucune autre mention d'un autre sport pour sorcier dans sa saga... tout laisse à croire qu'ils n'ont que le Quidditch), dans un style très simple, très agréable à lire avec des anecdotes amusantes et, bien-sûr, des références à la saga. Rien que la citation de Ludo Verpey en parlant du livre 'Je vous parie ce que vous voudrez que ca deviendra un best-seller. Tu peux y aller. C'est gagné !' quand on sait à quel point ce cher Ludo est un fanatique de Quidditch... et de paris ! Ou encore l'anecdote sur le changement de devise de l'équipe des Canons de Chudley, que Ron Weasley supporte. A force de perdre sans cesse, leur triomphante devise intitulée 'Nous vaincrons' qui devient piteusement à partir de 1972 'Croisons les doigts et gardons espoir'.

J'ai beaucoup aimé aussi les citations de sorciers célèbres qui partagent au public leur opinion sur l'ouvrage : Bathilda Tourdesac, auteur d'Histoire de la Magie ; Balai Magazine, Gilderoy Lockhart un écrivain amoureux de son public et de son physique ; ou encore cette affreuse journaliste Rita Skeeter, avide d'offrir à son public des scoops scandaleux. Nous avons aussi une introduction sur l'auteur (pas JK Rowling mais Kennilworthy Whisp, en fait JKR a utilisé le même procédé que Les animaux fantastiques) et comme son conjoint, en achetant ce livre, les frais sont reversés à l'association caricative Comic Relief. Ce livre est divisé en chapitres et nous parle, en gros, de l'évolution du balai volant, des anciens jeux sur balai avant le Quidditch, les précautions pour ces jeux, l'apparition du Vif d'Or qui est une pièce importante pour le Quidditch, l'évolution du Quidditch avec les balles, le terrain, les joueurs, les règles du jeu, les arbitres, les équipes d'Irlande et de Grande Bretagne, le Quidditch à travers le monde, comment est-il joué dans le monde entier, d'autres sports sur balai comme le balai de course... autant dire que je ne suis pas une fan du Quidditch (et même du sport en général !), même si j'ai adoré lire les scènes dans les livres, ceci dit c'était intéressant d'en savoir plus. C'est moins 'encyclopédique' que Les animaux fantastiques, on en apprend beaucoup, beaucoup plus sur le Quidditch, et c'est très intéressant, en plus on retrouve quelques illustrations de l'auteur, moins que le livre précédent, mais il y en a !

C'est un petit livre, bien-sûr, mais c'est un plaisir que de se replonger dans l'univers Harry Potter, l'auteur nous prouve bel et bien qu'elle a crée un monde complet, bien ficelé, elle a pensé à tout. C'est très bien écrit et c'est intéressant, même pour ceux n'aimant pas le sport. En plus, acheter ce livre c'est faire une bonne action !



 


Un terrain de Quidditch (probablement celui de Poudlard).

Extrait :

Les fautes :


Les règles sont faites, bien entendu, pour être violées. Le Département des jeux et sports magiques a recensé sept cents fautes possibles au Quidditch et l'on sait qu'elles ont toutes été commises au cours du même match, lors de la finale de la première Coupe du Monde, qui eut lieu en 1473. La liste complète de ces fautes n'a cependant jamais été rendue publique auprès des sorciers. Le département considère en effet que cette liste pourrait "donner des idées" aux sorcières et sorciers qui la consulteraient.