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samedi 11 janvier 2014

Angélique (T.6) Le chemin de Versailles - Anne Golon.




Du même auteur :


Angélique (T.4) Le Supplicié de Notre-Dame.
- Angélique (T.5) Ombres et Lumières.


Emprunt médiathèque.








Quatrième de couverture :

1663. Combien savent à Paris qui est vraiment Mme Morens, la belle chocolatière du Marais, dont la fortune ne cesse de s'accroître avec la vogue dont jouit dans les salons cette mixture jusqu'alors appréciée seulement de la reine? Qui se doute que cette parvenue, qui fréquente aujourd'hui Ninon de l'Enclos, fut autrefois connue sous le nom d'Angélique de Sancé ? 

S'étant juré que ses enfants ne souffriraient plus jamais de la faim et du froid, Angélique ne craint plus de jouer son destin à quitte ou double. Sa beauté, sa richesse, sa personne même sont le gage du jeu dangereux où elle se risque pour effacer l'opprobre lié à son passé. En faut-il, de l'audace, pour tenter de ravir au prince de Condé lui-même l'hôtel du Beautreillis, bâti pour elle par Joffrey de Peyrac! 


L'ultime carte d'Angélique est la plus hardie : le marquis du Plessis-Bellière. Sur le chemin qui doit la conduire à la Cour, il pourrait se révéler le plus cruel des adversaires. Les derniers pas de cette ascension seront les plus pénibles. Mais seul un fantôme pourrait encore arrêter Angélique...

Mon avis :


Je me suis replongée dans les aventures d'Angélique, depuis le temps que je n'y étais plus retournée, j'avais presque oublié tout ce qu'il s'était passé dans le tome précédent. Mis à part les grandes lignes, je n'en avais plus beaucoup de souvenirs ; cela ne m'a pas handicapé dans ma lecture, d'autant plus qu'au fur et à mesure que j’avançais, des éléments me revenaient en mémoire.

Dans le tome précédent, j'avais quitté Angélique qui, travaillant dans l'auberge du Coq Hardi, avait décidé d'y apporter des changements pour la faire mieux connaître auprès des consommateurs, et elle avait également décidé de grimper les échelons et de devenir chocolatière, le chocolat - surtout en boisson, ce qu'affectionnerait la reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV - étant devenu une denrée très prisée dans la France de la fin du XVIIe siècle. Dans ce tome, Angélique est devenue une chocolatière renommée, sous le nom de Mme Morens, tout en travaillant toujours au Coq Hardi. Mais elle n'a pas l'intention de demeurer chocolatière jusqu'à la fin de sa vie. Etant sortie de la misère dans laquelle elle était depuis la mort de son mari, le comte Joffrey de Peyrac, elle entend monter les échelons et regagner la fortune et le statut de noble qu'elle avait perdu avant la déchéance de son mari, et d'atteindre la cour de Versailles, château chouchouté par Louis XIV qui n'a de cesse de le décorer et de faire bâtir, telle une vitrine sur sa richesse. Ne serait-ce que pour quitter définitivement le milieu modeste dans lequel elle demeure depuis la déchéance de son mari, et pour qu'elle et ses fils puissent vivre confortablement, Angélique vise haut et entend bien épouser un noble renommé, et Angélique jette son dévolu sur le marquis du Plessis-Bellière, un brillant militaire dont la renommé et la beauté n'est plus à douter, mais que l'on dit peu commun, et rude et froid avec les femmes...


Angélique, Marquise des Anges (film, 2013)
Me voilà repartie dans une nouvelle aventure d'Angélique qui, après s'être "réveillée" dans le tome précédant, se révèle toujours déterminée à regagner la position sociale et la richesse qu'elle avait perdu avant la condamnation de son mari, et elle est prête à tout. Sans vouloir me montrer critique envers le personnage d'Angélique que j'aime beaucoup, je la trouve une nouvelle fois un peu trop "wonder-woman", et le genre de femme irrésistible qui plaît aux hommes et qui ne sait pas prendre non comme réponse. Je prends l'exemple que, jetant son dévolu sur le marquis du Plessis-Bellière qu'elle veut comme époux, lorsque celui-ci se borne à refuser et pense épouser quelqu'un d'autre, elle fait sa capricieuse, répète "non" comme une enfant et tape du pied. Je veux bien qu'elle ait son caractère, car elle a un tempérament rebelle, mais parfois, ça peut- s'avérer un tantinet agaçant... comme le fait qu'elle semble se tirer à chaque fois de ses mésaventures et qu'elle reste toujours la femme irrésistible qui attire, même sans le vouloir les hommes, ce qui fait qu'à chaque tome, elle se fait embrasser, manque de se faire agresser sexuellement. Je veux bien comprendre que c'est une très belle femme, avec un tempérament de feu, des yeux verts peu communs, et une belle chevelure blond-roux qui fait craquer les hommes, mais avoir le même genre de scènes à chaque tome peut être lassant...


Pourtant, j'aime bien le personnage d'Angélique, c'est une femme forte qui doit se battre pour survivre, elle n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort, et est très déterminée, comme elle a ses moments touchants, de fragilité, comme les moments où elle s'enferme dans sa mélancolie, sa nostalgie, surtout quand elle pense à son défunt mari, Joffrey. Joffrey, bien que terriblement absent (comme depuis le tome cinq), est présent à sa manière, il hante les souvenirs et le cœur d'Angélique, tel un fantôme présent dans son esprit, qui ne veut partir. Elle pense souvent à son mari, même lors de son projet de secondes noces, lorsqu'elle pense le trahir. Joffrey est également davantage mentionné puisque l'on se dit à Paris, bien que cela reste encore un secret, que Joffrey aurait peut-être survécu au bûcher, qu'un autre aurait pris sa place et que Joffrey aurait pu s'échapper. Si je connais bien les films, je ne savais pas qu'on apprendrait si tôt que Joffrey avait survécu, j'ai cru qu'on ne saurait pas ça avant plusieurs tomes, enfin je ne vais pas m'en plaindre ! Je crois même que je vais relire le second tome bientôt, juste pour le plaisir de revoir ce cher Joffrey, le Boiteux du Languedoc ! Pour le moment, Angélique refuse de croire que ces rumeurs sont vraies, sans doute qu'elle craint de placer trop d'espoir à sa survie et d'être déçue d'apprendre que ce n'étaient que des rumeurs. Je suppose qu'il faut d'abord qu'elle s'habitude à Versailles, maintenant qu'elle s'est rapprochée du Roi, et au marquis du Plessis-Bellière.

Concernant ce drôle de bonhomme, je cherche encore les raisons qui poussent Angélique à vouloir faire de lui son second mari - hors du fait que c'est un parent, qu'il a une renommée qui n'est plus à faire, qu'il est comme elle, c'est-à-dire une personne qui ne fait pas comme les autres, qui est original à sa façon, et qu'elle est attirée physiquement par lui - car elle aurait pu, je pense, trouver quelqu'un d'aussi beau et renommé que lui, surtout que ce cher Philippe du Plessis-Bellière n'a pas la réputation d'être un tendre amant, il est plutôt rude, froid et cruel avec les rares femmes qu'il consent à emmener dans sa couche, Angélique d'ailleurs le comprendra dans ce tome. Si elle veut s'habituer à ce cher Philippe, elle devra perdre quelques batailles, puis s'affirmer et résister, lui montrer qu'elle peut se révéler aussi déterminé que lui, sinon, l'un va finir par assassiner l'autre !

A part cela, j'ai aimé retrouvé quelques anciens personnages : Cantor et Florimond, les fils d'Angélique, Desgrez, policier et ancien avocat de Joffrey, le Poète-Crotté qui publie des poètes satiriques sur les gens de la cour, on revoit même quelques personnes de la famille d'Angélique. Notons aussi la présence de quelques personnages historiques qui ne sont pas en reste, Louis XIV et sa maîtresse à en devenir, Athénaïs de Montespan, font parti des plus présents. Versailles est souvent mentionné et quelque fois présent, véritable vitrine du pouvoir royal, où la cour s'est installée, magnifique château chouchouté par Louis XIV qui n'a de cesse de l'embellir. J'ai bien apprécié ce tome, il y avait des moments touchants et drôles, comme la scène où le prince de Condé et quelques serviteurs recherchent activement, dans la nature, l'héritier des Condé et Montmorency car celui-ci se prend pour un lapin et fuit ses serviteurs, persuadé qu'ils sont des chasseurs ; la scène est amusante, bien que la maladie mentale dont semble souffrir le fils de Condé l'est moins car il est souvent victime de moments où il se prend pour un animal ou une plante. Je regrette à présent qu'il soit la dernière aventure d'Angélique éditée, améliorée et corrigée par l'auteur car les éditions se sont arrêtées à ce tome concernant la nouvelle édition d'Angélique. Si je veux connaître la suite, je vais devoir trouver la version d'origine !

Extrait :

Condé se planta devant elle et l'examina d'un regard sombre.

- Eh bien ! dit-il, vous l'avez vu ? Il est beau, le descendant des Condé, des Montmorency ! ... Son bisaïeul avait des manies, son aïeule était folle. J'ai du épouser la fille. A l'époque, elle commençait déjà à s'arracher les cheveux avec une pince. Je savais déjà qu'on m'atteignait dans ma descendance, mais j'ai dû l'épouser quand même. C'était un ordre du roi Louis XIII. Et voilà mon fils ! Parfois, il se croit chien et il lutte pour éviter d'aboyer devant le roi. Ou bien, il s'imagine qu'il est une chauve-souris et il appréhende de se heurter aux lambris de son appartement. L'autre jour, il s'est senti devenir plante et il a fallu que ses serviteurs l'arrosent...

Chapitre dixième. (Troisième partie - Une partie de Hoka)

mardi 5 mars 2013

Angélique (T.5) Ombres et Lumières - Anne Golon.





Du même auteur :







Emprunt médiathèque.






Quatrième de couverture :

Mars 1661. Accusé de sorcellerie, le comte Joffrey de Peyrac a péri sur le bûcher. En quelques heures, Angélique a tout perdu : son mari, sa fortune, son nom et ses enfants. Seule, abandonnée de tous, condamnée à se cacher, la "Marquise des Anges" trouve refuge au sein de la Cour des Miracles. Nulles ténèbres plus profondes que cet empire de la gueuserie, nulle protection plus dangereuse que celle du bandit Calembredaine, qui veille étroitement sur sa conquête...

Mais on ne remonte pas des bas-fonds aussi vite qu'on y est tombé. A moins, lui enseigne le vieillard Magister, d'avoir "quelque chose à sauver". Ce qu'en un instant les flammes lui ont ravi, Angélique entreprend de le reconquérir avec ses propres armes : le courage, la séduction, la ruse, l'intelligence... En manquera-t-elle pour s'extraire de la misère, reprendre ses droits de mère et faire d'une humble rôtisserie le quartier général de sa réhabilitation ? Tant d'obstacles l'attendent encore sur ce chemin...


Mon avis : 


J'ai récemment fait une plongée dans l'univers d'Angélique après être tombée un soir sur quelques extraits d'un des films, j'ai beau connaître ces films pratiquement par coeur, je ne m'en lasse pas et ces extraits vus il y a quelques temps m'ont montré à quel point Angélique me manquait. J'ai beau râler un peu parce que je trouve que, dans les livres, Angélique fait un peu trop wonder-woman et qu'il y a toujours une flopée de personnages qui font l'éloge de la beauté d'Angélique, Angélique c'est un peu une vieille copine que j'aime retrouver de temps en temps..., hélas, avec mon temps de nouveau occupé pleinement par la fac, je vais devoir patienter un moment avant de me jeter sur le tome six...

Le tome précédent avait laissé Angélique dans une bien mauvaise posture (et attention, parce que là, je vais spoiler), en effet, accusé de sorcellerie, son mari le comte Joffrey de Peyrac a péri sur le bûcher et avec lui, sa fortune et le prestige de son nom et sa réputation. Angélique se retrouve veuve, ruinée et séparée de ses enfants après avoir tout perdu. Plus rien ne lui reste, pas même l'espoir d'un renouveau, d'une seconde chance. Désespérée, elle a rejoint les gueux de la Cour des Miracles où leur chef n'est autre qu'une figure bien familière : Nicolas Calembredaine, son ami d'enfance (rencontré dans le tome un). Contre ses faveurs, Angélique se retrouve sous la protection de Nicolas et ses gueux à la tour de Nesle et apprend à vivre avec cette étrange famille pauvre mais unie. Commence alors pour Angélique une longue descente aux enfers dans les bas-fonds de la capitale où elle se joint à une bande de miséreux pour survivre...

Comme je n'avais plus trop de souvenirs sur le film reprenant le roman, j'ai découvert ce tome. Comme toujours, nous suivons Angélique qui a rejoint une bande de gueux, mené par son ancien ami d'enfance, pour survivre après avoir tout perdu. Parmi ceux qui ont connu la jeune femme et son mari, on croit que c'est la fin pour les de Peyrac, et pourtant Angélique tente de survivre, après s'être cloîtrée dans un état de déchéance. Elle apprend à survivre dans la rue tandis que le lecteur fait connaissance de cette joyeuse bande de gueux qui hantent les rues et campagnes de Paris : La Polak, ancienne prostituée qui fut l'amante de Calembredaine avant qu'Angélique "prenne" sa place mais qui saura passer à côté de sa jalousie pour devenir une compagne loyale qui apprendra à Angélique comment se défendre ; le nain Baracole, et d'autres dont j'ai fini par oublier le nom... mais, suite à quelques problèmes avec une autre bande de gueux, Angélique se réveille et essaye de sortir de sa situation en récupérant ses enfants et en trouvant un travail chez une modeste auberge nommée le Coq Hardi, qu'elle parviendra plus tard à faire prospérer avant de projeter ses ambitions dans un tout autre terrain... en effet, la mode du chocolat faisant son entrée dans le royaume de France, Angélique s'intéresse à cet étrange met avant de vouloir se faire un métier dans la fabrication et le commerce du chocolat, dans l'espoir de faire fortune et d'assurer l'avenir de ses enfants.

Ce n'était qu'un résumé, car il se passe pas mal de choses dans ce roman, surtout pour Angélique qu'on découvre pauvre et mélancolique en début de roman pour être parvenue à un état stable, presque à l'abri du besoin, déterminée et ambitieuse, lancée dans le commerce du chocolat à boire. Elle fait toujours autant tourner la tête des hommes, se fait embrasser plusieurs fois, ce qui peut être agaçant d'une certaine manière, le fait qu'elle attire pratiquement (bon, ok, parfois sans le vouloir car elle est d'une très grande beauté) tous les hommes qui font des éloges sur sa beauté. Mais ce n'est que moi qui râle parce que Angélique reste une femme forte, ce qui est toujours mieux qu'une demoiselle en détresse, car même si elle était cloîtrée dans le désespoir et la mélancolie, elle parvient à se réveiller et à faire en sorte de sortir de la pauvreté, de redevenir une mère pour ses enfants et en entrant dans la vie active pour les préserver du besoin, et malgré le fait que je râle parce que c'est un aimant à hommes, je me suis attachée à cette petite, elle m'est devenue de plus en plus sympathique et c'est un plaisir de la suivre.

Outre les péripéties d'Angélique, ce qui m'a grandement intéressée dans ce roman était l'aspect historique. Déjà, loin des beautés et merveilles de la cour et noblesse françaises, nous faisons un véritable plongeon dans le Paris du XVIIe siècle, mais attention, pas le Paris vu et connu par les nobles ou autres personnes aisées, mais par les "petites gens" : les gueux, les démunis, les commerçants, les paysans... bref, le Tiers-Etat. Les différentes rues, les différents quartiers, les auberges, magasins, établissements, les fleuves, la campagne... très bien retranscrits et d'une façon fidèle, je le suppose car à moins d'avoir vécu à cette époque, on est jamais totalement sûr mais je pense que l'auteur s'est très bien renseignée et documentée sur le sujet car ses descriptions du Paris de cette époque sont détaillées, riches et intéressantes !

Cependant, nous ne restons pas éloigné des évènements de la cour à Versailles car de nombreux évènements historiques prennent place dans ce roman : la mort du cardinal Mazarin, proche ministre de Louis XIV, qui entraîne la décision du souverain de régner de façon absolue et sans ministres, les péripéties de Louis XIV et sa maîtresse, la naissance progressive du château de Versailles, l'arrestation de Nicolas Fouquet par le roi, la grossesse de la reine puis la naissance du dauphin royal qui déclenche festivités et enthousiasme général dans tout le royaume..., donc nous restons bien dans le roman historique, sans que l'aspect historique fasse uniquement office de décors car, comme les tomes précédents, Angélique et l'intrigue restent, d'une certaine manière, liées à certains évènements et personnages historiques.

J'ai aussi pris beaucoup de plaisir à suivre les autres personnages : de la joyeuse bande des gueux de Paris, au Poète Crotté qui écrit des poèmes caricaturaux sur les nobles et l'entourage du roi, jusqu'au vieil aubergiste grognon du Coq Hardi qui se prendra d'affection pour Angélique, allant la considérer comme sa fille. Enfin bref, je n'ai finalement pas grand chose à dire sur ce roman (j'ai surtout résumé ce roman que le commenter en fin de compte...), ce fut une agréable lecture, comme d'habitude, suivre Angélique reste un plaisir et les détails historiques sont un délice ! Il me tarde de retrouver Angélique pour la suite, mais ce ne sera pas pour tout de suite...





- Photographie tirée du film Merveilleuse Angélique, qui reprend le tome dont j'ai fait la chronique, avec ici Giuliano Gemma dans le rôle de Nicolas Calembredaine, et Michèle Mercier dans le rôle d'Angélique. -



Extrait :

Barde disait qu'Angélique préférait Florimond et ne se préoccupait pas de son cadet. Angélique ripostait que précisément on n'avait pas besoin  de se préoccuper de Cantor. Toute l'attitude de Cantor signifiait clairement qu'il voulait, avant toute chose, avoir la paix, tandis que Florimond avait besoin de beaucoup de soins et d'attentions.

Entre Angélique et Cantor, le contact s'établissait sans mots et sans gestes. Il étaient de la même race. Elle le contemplait, admirait sa chair rose et potelée, et aussi la valeur rare de ce tout-petit qui n'avait pas encore un an et qui, depuis sa naissance - et même avant sa naissance, songeait-elle -, avait lutté pour vivre, avait refusé opiniâtrement la mort qui, si souvent, avait menacé sa frêle existence.

Cantor était sa force et Florimond sa fragilité. Ils représentaient les deux pôles de son âme.

Chapitre quinzième. (Deuxième partie : La rôtisserie du Coq Hardi)



Ce billet est une participation au :




jeudi 2 août 2012

Angélique (T.4) Le Supplicié de Notre-Dame - Anne Golon.





Du même auteur :

- Angélique (T.1) Marquise des anges.
- Angélique (T.2) La fiançée vendue.
- Angélique (T.3) Fêtes royales.


Emprunt médiathèque.

/ ! \ Challenge Histoire / ! \








Quatrième de couverture :

1661. Dans un Paris d'églises carillonnantes et d'asiles secrets, une femme se bat pour sauver son amour. Angélique n'a qu'une idée en tête : obtenir une audience du roi afin de plaider la cause de Joffrey de Peyrac, son mari, emprisonné pour commerce avec le diable.


Au cœur de l'île de la Cité, magistrats fourrés d'hermine et avocats en robe noire décident désormais de la vie ou de la mort. A quel obscurantisme Joffrey de Peyrac, qui prétend extraire l'or des roches, risque-t-il d'être sacrifié lors du procès inique auquel assiste Angélique, impuissante ? Elle-même échappera-t-elle aux assassins qui la guettent dans les couloirs du Louvre ?

Pour qui donc sonne le glas de Notre-Dame en ce matin d'hiver ? Abandonnée de tous, Angélique n'aura d'autre issue que de se mêler au cortège du Grand Coestre, roi de la Cour des Miracles, se rendant au cimetière des Saints-Innocents pour y tenir audience. Une dernière chose lui reste à accomplir pour l'amour de Joffrey...



Mon avis :


A chaque été, on y échappe pas, il y a les rediffusions des cinq films Angélique avec Michèle Mercier et Robert Hossein, ça faisait un long moment que je n'avais plus revu ces films tant je les connaissais mais cette année, j'ai décidé de m'y remettre, ce qui m'a donné envie de me replonger dans les aventures d'Angélique. Je ne sais pas si le fait d'avoir visionné les films m'avait vraiment donné envie de me plonger corps et âme dans les romans ou parce que, légèrement déçue par le troisième tome, celui-ci m'a paru plus palpitant, mais il a été terminé assez rapidement et je n'ai qu'une hâte : retourner à la médiathèque pour emprunter le cinquième tome.


Dans ce tome, Angélique a réussi à décrocher une audience au roi pour faire sortir son mari de prison, emprisonné à la Bastille pour sorcellerie et collaboration avec le Diable. Persuadée que ce n'était qu'un malentendu, elle pense que le Roi pourra arranger la situation de Joffrey, mais ce qu'elle ignore est que Louis XIV et son frère ont plus d'intérêt à voir Joffrey en prison qu'en liberté. Abandonnée et laissée par ses proches, Angélique se retrouve seule contre tous pour assurer la défense de son mari et de tâcher de le sortir de prison. Et ce n'est pas évident de se retrouver seule lorsqu'après le mari, on tente aussi de se débarrasser d'elle. Et ses ennemis sont de taille : Monsieur, frère du roi, et ses mignons, qui ont juré sa perte et celle de son époux. Refusant néanmoins de se laisser intimider par ses ennemis, Angélique garde la tête haute et fera tout pour sortir Joffrey de sa situation... ou le venger des personnes responsables de sa chute.


Cette version serait celle remaniée par l'auteur, celle jamais paru, Anne Golon a eu tout le loisir d'écrire ce roman comme elle le voulait au départ. J'ignore comment était la première version, mais je me suis régalée avec celle-ci. J'ai beaucoup aimé ce tome, il s'y passe plus de choses, on a pas le temps de s'ennuyer. Il faut dire que Joffrey de Peyrac est dans une triste situation et qu'Angélique, enceinte de son second enfant, remue ciel et terre pour le sauver, ce qui ne sera pas une mince affaire quand elle-même est la cible des ennemis de son mari, jurant de se débarrasser d'elle-aussi, et lorsque ses proches l'abandonnent dans la tourmente. Angélique devra user de ruse et persévérance, d'ailleurs l'une de mes scènes préférées dans le roman est la ruse employée par Angélique lorsque celle-ci est cernée par Monsieur et ses deux favoris qui, voulant l'assassiner, lui proposent soit la mort par l'épée, le poison ou l'arme à feu. J'ai beaucoup aimé aussi les chapitres sur le procès où Desgrez, avocat des Peyrac, tente tant bien que mal de défendre son client face à des jurés prêts à tout pour la perte du comte de Peyrac : complots, assassinats, faux témoins... ils ne manquent pas de moyens, c'est sûr ! Et pourtant, Desgrey a bien assuré la défense du Peyrac, en assurant qu'il n'était pas un sorcier ou un collaborateur du Diable car ses expériences tiennent de la science, qu'il n'envoûtait pas les femmes avec des charmes et philtres et que s'il fallait emprisonner tous les nobles plein aux as et qui plaisent aux femmes, toutes les prisons de France ne suffiraient pas pour tous les nobles français !


Joffrey, aussi, a été remarquable, courageux, sarcastique face à ses juges, ne se laissant pas abattre, défendant que l'alchimie et la science de l'amour n'étaient pas l'oeuvre du démon... mais hélas, pour ceux connaissant les films, on sait déjà comment ça va se terminer avec Peyrac, j'ai eu de la peine pour Angélique qui, même en sachant son aimé condamné, cherchait à voir le bourreau pour qu'il apaise la peine de son mari. Les scènes du procès, du bûcher étaient intéressantes, voir comment ce genre d'évènements se produisaient dans la France du XVIIe siècle. Ce tome se consacre aussi un petit peu plus sur les enfants d'Angélique, on rencontre des personnages historiques (Louis XIV, Mazarin, Philippe d'Orléans et ses favoris comme le chevalier de Lorraine, Henriette d'Angleterre...), et même l'après Peyrac reste intéressant, puisqu'Angélique décide de venger son mari et dans le sens où on rencontre les gueux du cimetière des Saints Innocents, là où on aura l'occasion de revoir un personnage du premier tome. Nous quittons Angélique, rejetée par les siens, recueillie par ces gueux et on a peine à la quitter car on est quand même laissé sur notre faim ^___^ Hâte de voir ce que nous réserve la suite !


Extrait :


[ L'avocat Desgrez à Angélique : ]

- Résumons la situation : Mlle Angélique de Sancé, c'est-à-dire vous-même, est soupçonnée de posséder un secret redoutable. Monsieur le Prince ou Fouquet charge le valet Clément de vous espionner. De longues années, celui-ci vous guette. Enfin il acquiert la certitude de ce qui n'était qu'un soupçon : c'est vous qui avez fait disparaître le coffret, c'est vous seule et votre mari qui savez le secret de la cachette. Cette fois, notre valet va trouver Fouquet et monnaie son renseignement à prix d'or. Dès cet instant, votre perte est décidée. Tous ceux qui vivent aux crochets du surintendant, tous ceux qui craignent de perdre leur pension, la faveur de la Cour, se liguent dans l'ombre contre le seigneur toulousain qui, un jour, peut apparaître devant le roi en disant : "Voilà ce que je sais !" Si nous étions en Italie, on aurait usé du poignard ou du poison. Mais l'on sait que le comte de Peyrac est réfractaire au poison, et d'ailleurs en France on aime donner aux choses une apparence légale. La stupide cabale montée par Mgr de Fontenac tombe à point. On va faire arrêter l'homme compromettant comme sorcier. Le roi est circonvenu. On attise sa jalousie envers ce seigneur trop riche. Et voilà ! Les portes de la Bastille se referment sur le comte de Peyrac. Tout le monde peut respirer à l'aise.


Chapitre deuxième. (Première partie : Les couloirs du Louvre)

vendredi 1 juin 2012

Angélique (T.3) Fêtes royales - Anne Golon.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres2/AngeliqueT3.jpg



 

Du même auteur :

- Angélique (T.1) Marquise des anges.
- Angélique (T.2) La fiançée vendue.
- Angélique (T.4) Le supplicié de Notre-Dame.


Emprunt médiathèque.

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Quatrième de couverture :



Juin 1660. La Cour se presse à Saint-Jean-de-Luz pour célébrer le mariage du jeune roi Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille du roi d'Espagne Philippe IV. Dans l'île de la Bidassoa, les souverains apposent leur signature au bas du traité des Pyrénées, qui met fin à trente ans de guerre. Au cours de ce mois de fêtes, le charme d'Angélique ne passe pas inaperçu et lui vaut l'amitié de Mlle de Montpensier. Joffrey de Peyrac aime à la voir briller, peut-être inquiet de ses succès. Mais lui-même, parmi ses pairs qui le jalousent, ne court-il pas un danger ?



Mon avis :


De retour avec les aventures d'Angélique de Sancé, la Marquise des Anges, que j'avais quitté au tome deux alors qu'elle était sur le point de se rendre au mariage du roi Louis XIV. J'ai emprunté ce volume il y a maintenant un bon moment, je l'ai commencé enthousiaste car j'étais dans une période où tout ce qui concernait Molière, Louis XIV et son époque m'intéressaient au plus haut point, et les examens d'Avril sont apparus, j'ai dû mettre cette lecture en hiatus, puis il y a eu les vacances de Pâques mais je n'avais toujours pas repris la lecture du roman, toute envie et motivation envolée, je me suis forcée à le terminer hier et aujourd'hui car il me fallait bien le rendre, finalement après un re-démarrage long, je me suis remise en route dans la lecture sans caler !

J'ai fait du découpage avec le résumé de la quatrième de couverture, un peu trop révélateur à mon goût. Spoiler, c'est pas bien ! (même si je le fait souvent *sbaf*). Ce tome est centré en grande partie sur le mariage du roi Louis XIV mais il y a plusieurs étapes, plusieurs parties. Dans la première partie, il y a d'abord comme un retour en arrière dans lequel nous est présenté Anne d'Autriche, princesse d'Espagne qui a dû épouser le roi Louis XIII et quitter sa fratrie, ses difficultés à concevoir un enfant, sa très grande piété. C'est une femme pieuse, très croyante, elle priait sans cesse pour son mari, sa nouvelle patrie, mais aussi pour avoir un enfant, donner un héritier au royaume de France. Est même raconté la présence divine (ange, saint, je ne sais plus) qui lui aurait assuré que Dieu veillait et aimait la France, et qu'elle aurait des enfants. 

On assiste aussi aux évènements qui suivirent : la naissance de Louis XIV, alias Louis Dieudonné car il était vraiment un cadeau de Dieu, un enfant miracle que l'on attendait plus, ainsi que son frère, Philippe d'Orléans ; puis la mort de Louis XIII, la Régence, les proches relations entre Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin. Nous voyons aussi une Anne déchirée entre ses deux patries, la France et l'Espagne, qui étaient en conflit. Après survint le traité des Pyrénées qui a fixé les frontières entre les deux pays, la paix est déclarée et pour solidifier cette nouvelle alliance, l'Infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille du roi d'Espagne Philippe IV (qui est aussi le frère d'Anne d'Autriche) est donnée fiancée à Louis XIV qui accepte bon gré mal gré ce mariage arrangé qui est l'une des clauses du traité. Cela n'a pas été facile puisque le jeune roi était très épris de Marie Mancini, la nièce du cardinal Mazarin.

Enfin, après ce chapitre récapitulatif pour mieux comprendre l'histoire de la famille royale, nous assistons aux voyages de la Cour et des nobles qui se déplacent pour la mariage royal, ils s'arrêtent en Provence où, à Notre Dame de Grâce, Louis XIV présente ses voeux et où le traité entre la France et l'Espagne est signé. La seconde partie se déroule à Saint-Jean-de-Luz et à Saint Sebastian où se déroulent des fêtes marines pour le roi d'Espagne et l'Infante. Il y a de nombreuses fêtes, l'océan, des piques-niques sur les rives du Bidassoa, puis survient le mariage par procuration à Fontarabie, ensuite un bal pour le roi, et le jour des serments et signatures. La reine Anne retrouve son frère, Philippe IV. Le mariage peut enfin avoir lieu dans la troisième partie, L'île des Faisans. Historiquement, ces trois premières partie sont riches, intéressantes. 

On suit très bien les descriptions des préparatifs du mariage royal, puis le mariage en lui-même, les fêtes, les bals, la vie à la cour. On en apprend plus sur la famille royale, on a même l'occasion de les rencontrer dans le roman : Louis XIV, le jeune roi passionné ; la reine Anne d'Autriche très pieuse ; Philippe d'Orléans alias Monsieur, le frère du roi qui s'habille toujours joliment et qui aurait un penchant pour les jeunes et beaux messieurs (et c'est là que je ne peux m'empêcher de penser à l'épisode de Secrets d'Histoire Stephane Bern parle de La Palatine, seconde épouse de Monsieur, et au couple improbable qu'elle formait avec son mari si unique, si étrange, si efféminé) ; Mademoiselle ou encore Mlle de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV ; n'oublions pas non plus le roi d'Espagne et l'Infante...

Les passionnés d'Histoire, et surtout Louis XIV, apprécieront beaucoup ces étapes du roman. J'ai moi-même trouvé ça enrichissant, bien intéressant, même si ça avait tendance à traîner en longueur des fois, et le fait qu'Angélique ne soit que simple spectatrice pourrait gêner. Elle ne fait pas grand chose dans le sens où elle n'a pas de grand rôle, elle n'est pas le personnage principal, elle est juste spectatrice de tout ce qu'il se passe, elle m'a été un peu étrangère, je la suivais sans la suivre, toute l'attention est concentrée sur les préparatifs des fêtes, du mariages, et sur les personnages historiques. Mais ça finit par s'accélérer une fois le mariage terminé, c'est le retour au pays de la cour qui remonté à Paris et quitte le pays Basque, Angélique revient sur le devant de la scène après ce qu'il est arrivé à son mari, Joffrey de Peyrac [spoiler] capturé puis emprisonné à la Bastille pour une raison obscure [/spoiler], elle doit se battre pour son mari, pour le sortir de sa fâcheuse situation, elle est seule au monde puisque même sa propre soeur, Hortense, n'a que du mépris pour elle. Elle n'a que son fils, Florimond. Angélique ira même jusqu'à chercher le soutient du roi pour sauver son mari, si elle a réussi et comment va s'en sortir le couple Peyrac, c'est à découvrir dans le prochain tome !

Mais n'allez pas croire que je n'ai pas aimé les trois premières parties consacrées aux préparatifs. C'était bien intéressant, et même envoûtant les descriptions des lieux, de la décoration des belles salles des bals et fêtes, la société au sein de la cour et ses moeurs. L'auteur nous présente des lieux magiques : le Pays Basque, l'océan, Paris et ses Tuileries, le Louvre, la Grande Galerie, Saint Sebastian et Saint Jean de Luz, elle nous offre plein de détails historiques et j'aime bien sa représentations des personnages historiques. J'ai juste trouvé que ça traînait parfois en longueur. Ce tome était moins plaisant que le second, mais riche en informations historiques et l'histoire prend un tournant concernant le couple Peyrac, l'intrigue est relancée et on est laissé sur notre faim.




Extrait :

Il vint enfin.
Ils se levèrent et le roi Philippe IV étreignit étroitement sa soeur Anne. Puis celle-ci voulut prendre la main de sa nièce, devenue sa belle-fille, pour l'amener vers elle.
Mais l'Infante se jeta aux pieds de son père, lui embrassant les mains et les inondant de larmes tandis que Louis XIV et Philippe d'Orléans se portaient d'un élan vers le roi d'Espagne qui leur ouvrit les bras.
Et dans cet instant, la ligne frontière des tapis fut maintes fois franchie et piétinée par les semelles d'un groupe de personnes d'une même famille en pleurs, s'étreignant et s'embrassant dans l'effusion de leur chagrin de se séparer, séparation que tous pressentaient à jamais, ce qu'ils ne pouvaient souffrir ni accepter dans leur chair et dans leurs coeurs
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Troisième partie : L'île des Faisans. (Chapitre douzième)

jeudi 27 octobre 2011

Angélique (T.2) La fiançée vendue - Anne Golon.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres2/AngeliqueT2.jpg



Du même auteur :

- Angélique (T.1) Marquise des anges.
- Angélique (T.3) Fêtes royales.
- Angélique (T.4) Le supplicié de Notre Dame.

Emprunt médiathèque.
/ ! \ Challenge Histoire. / ! \








Quatrième de couverture :

1654. Angélique de Sancé, dix-sept ans, a quitté les siens. Un carrosse l'emmène vers Toulouse où le comte Joffrey de Peyrac prendra livraison de sa fiancée. De son futur époux, la jeune fille ne connaît que la réputation : sulfureuse et effrayante. À Toulouse, malgré la richesse et la beauté des lieux, le coeur d'Angélique s'emplit de désespoir : comment vivre avec ce mari qui l'effraie ? Le caractère original, le goût de Joffrey pour les sciences et les arts suffiront-ils à la séduire ? À la veille du mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Angélique découvre un Midi où l'odeur des bûchers cathares plane encore au-dessus des cours d'amour et des fêtes que donne en son palais le comte de Peyrac...


Mon avis :

Après ma lecture du premier tome, j'étais tellement avide de lire la suite des aventures d'Angélique que sitôt le second tome fut emprunté, sitôt il fut dévoré ! Bon, bon, avouer que la présence de Joffrey de Peyrac n'y était pour rien serait un mensonge gros comme une maison. Mais je ne peux pas nier que c'est un personnage extrêmement charismatique, fascinant et séduisant ! Mais il n'y a pas que lui qui m'a intéressé dans ce livre, au point de le finir en deux-trois jours.

En 1654, Angélique a définitivement quitté sa famille et son Poitou natal pour rejoindre son époux à Toulouse. Se mariant d'abord par procuration avec le marquis d'Andijos, l'un des proches du futur époux, le comte de Peyrac ne pouvant pas se déplacer à la première cérémonie. Angélique de Sancé devient la comtesse de Peyrac alors qu'elle entre dans les terres du sud de la France, vers Toulouse où la culture et les moeurs sont autres. Les bûchers sont encore d'actualité, la langue locale n'est pas la même, c'est plus vivant, plus chaud. Mais le coeur d'Angélique n'est pas à la fête, les dires sur le physique de son époux qu'on dit boiteux et infirme l'inquiètent de plus en plus. Le physique de son mari l'effraie et elle se refuse à se retrouver en sa présence. Mais il est un proverbe qui dit que les apparences sont trompeuses car sous cet aspect inquiétant et infirme se cache un homme passionné et cultivé. Peu à peu, Angélique se retrouve attirée par la belle ville de Toulouse... et son mari.

Ce second tome va de l'arrivée d'Angélique à Toulouse auprès de son mari en 1654 jusqu'à l’annonce du mariage du roi Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse, à Saint Jean de Luz en 1660. Un second tome aussi enrichissant et intéressant que le premier, tant au niveau historique que scientifique car le comte de Peyrac est un alchimiste, il a son propre laboratoire où il fait des expériences avec de différents métaux et ces tests scientifiques ne sont pas pour plaire à l'archevêque de la région qui voit tout cela comme l'oeuvre du diable, des sorciers. Il y a beaucoup de discussions scientifiques du comte de Peyrac à sa femme ou ses hôtes, qui traînent parfois en longueur, mais c'est vraiment intéressant. Ces conversations sur l'alchimie, la science (Galilée est d'ailleurs souvent mentionné) et ces enrichissements se font parfois au détriment du rythme du roman. Mais en plus des conversations scientifiques, c'est avant tout le tome où Angélique rencontre, découvre et tombe amoureuse de son mari, Joffrey de Peyrac. Cet homme qui aura fait rêver des générations de lectrices (et de téléspectatrices pour celles suivant les films), mais quel homme, ce Peyrac, quel homme ! J'en fais certes un peu beaucoup pour un personnage de fiction, mais j'ai un faible pour celui qu'on appelle le Grand Boiteux du Languedoc, un vrai gentilhomme d'aventure, un homme de coeur, séducteur qui sait s'y prendre avec les femmes, qui a un caractère très masculin voire un tantinet machiste, parfois moqueur et sarcastique dans ses paroles, mais qui tient profondément à sa femme, on s'en rendra compte au fil des pages, au fur et à mesure qu'on avance dans l'oeuvre.

D'abord horrifiée par le physique de son époux, Angélique refuse de le laisser la toucher, l'embrasser. Joffrey prend ça plutôt bien et lui assure qu'elle finira bien par lui tomber dans les bras, comme toutes les autres. C'est cette suffisance qui forcera Angélique à tenir tête à son époux, et les rumeurs qui disent qu'il est un sorcier préparant des philtres d'amour. Perdue dans cette partie de la France qu'elle ne connaît pas, Angélique finit pourtant par s'habituer à la région, sa langue locale et musicale, les troubadours, les fêtes organisées dans la ville, au Gai-Savoir où son mari reçoit des invités, des proches, au soleil, à la poésie de cette région. Les conversations scientifiques de son mari l'intéressent bien plus que ce qu'une dame de son rang doit faire ou dire, malgré son aversion pour lui. Et au final, avec le temps, elle ne peut s'empêcher de défendre son mari contre l'archevêque qui comptait se servir de la jeune épouse pour faire venir le comte de Peyrac vers l'église catholique, ainsi que de se sentir jalouse lorsqu'une femme, que connaît bien Joffrey, se jette à ses pieds avec ses supplications de l'aimer, de la prendre. Les scènes entre les deux époux, qu'elles soient romantiques ou pas, sont intéressantes, fascinantes, comme le dit si bien Joffrey, ils étaient fait pour se rencontrer, avec deux fortes personnalités comme les leurs.

Mais plus que les conversations scientifiques ou les scènes entre Angélique et son époux, le roman ne quitte pas pour autant son cadre historique. Dans une France encore frappée par la Fronde, le jeune roi fait asseoir sa nouvelle autorité, il se veut seul et unique chef de cette nation et instaure des règles et institutions. Les conflits finissent par se régler avec la France et les autres pays, et pour garantir la paix entre la France et l'Espagne, Louis XIV doit se marier avec l'infante, Marie-Thérèse. Avec le cardinal Mazarin et la reine mère, ils sont souvent mentionnés. Nous avons plus de renseignements sur la France de cette époque, sur cette France marquée par la Fronde qui voit arriver un nouveau roi plein de promesses. D'autres épisodes historiques sont mentionnés, comme Charlemagne et la fameuse Chanson de Roland. C'est riche en détails historiques ! En plus des descriptions magnifiques sur Toulouse. Toulouse et ses richesses, son soleil, sa poésie... Le Languedoc et les troubadours et les chants sur l'Amore. Une région qui suit bien à Joffrey de Peyrac qui a plus d'une fois récité ou mentionné L'Art d'Aimer d'Ovide, c'est un homme qui sait bien parler aux femmes !

C'est aussi dans ce volume où on se rend compte qu'Angélique n'est plus l'enfant sauvageonne du premier tome, elle perd de sa naïveté, elle mûrit, grandit, elle devient une femme. Ce roman transitoire va de 1654 à 1660 mais tout va en douceur, à un point où on ne se rend pas immédiatement compte que les années passent. Ici, on prend son temps, tout va en douceur au Gai-Savoir, il n'y a pas vraiment d'intrigue ni d'action, cela nous est réservé pour les prochains tomes où l'on sent que les ennuis vont pas tarder à commencer  dans ce tome sont surtout posées les bases de la vie de Joffrey et d'Angélique. En bref, j'ai beaucoup aimé ce tome, bien mieux que le premier, Joffrey de Peyrac est en grande partie responsable oui mais c'est vraiment quelqu'un, ce personnage <3 Un tome plus enrichissant et fascinant que le premier, malgré les nombreuses conversations sur les sciences et le manque d'action. Un régal !

Extrait :

Quand il [Joffrey de Peyrac] parla de nouveau, ce fut d'un ton plus sourd.
- Que voulez-vous ? Que désirez-vous ?
- Regarder dans cet instrument grâce auquel le grand savant Galilée a vu qu'il y avait des montagnes sur la lune.
Elle l'avait fixé courageusement pour lui adresser sa requête et elle fut glacée par la dureté de ses yeux sombres. Cependant sa voix n'était ni moqueuse ni méchante lorsqu'il lui répondit :
- Non ! Pas encore ! Car je dois vous faire découvrir auparavant un monde plus prodigieux, plus infini que le mystère de la lune et des étoiles.
- Quelle découverte peut être plus prodigieuse que celle de ce firmament ?
- L'AMOUR.
A ce mot prononcé d'une voix douce et persuasive, elle ressentit un choc et un trouble indicible. Elle crut qu'elle allait s'évanouir. Elle fut sur le point de courir vers lui. Tel était le sortilège de la chambre à la clé d'or. Mais elle continuait de refuser son exigence immuable à vouloir la captiver, la capturer... Et elle se recula et se détourna
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Troisième partie - Chapitre douzième.

mercredi 19 octobre 2011

Angélique (T.1) Marquise des anges - Anne Golon.

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L'auteur :

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Anne Golon, née Simone Changeux le 17 décembre 1921, est une écrivain française. Grâce à l'aide de son mari, Serge Golon, pour les recherches historiques, elle écrivit la saga Angélique qui fit son succès en France et ailleurs.


Emprunt médiathèque.
/ ! \ Challenge Histoire. / ! \


Du même auteur :

- Angélique (T.2) La fiançée vendue.
- Angélique (T.3) Fêtes royales.
- Angélique (T.4) Le supplicié de Notre Dame.



Quatrième de couverture :

1646. Le château du baron de Sancé menace ruine. Angélique, sa seconde fille, mène une existence à demi sauvage dans les bois et marais du Poitou. L'enfance heureuse d'une petite fée, malgré la misère qui guette, les brigands, la Fronde et ses troubles... Quand son père la fait sortir du couvent de Poitiers, Angélique découvre qu'elle est promise au richissime et inquiétant comte de Peyrac, que l'on dit boiteux et balafré. Pour sauver sa famille de la misère, quel autre choix lui reste-t-il ? Et si le complot ourdi contre le roi, dont elle a été témoin, avait déjà scellé son destin ? En plein XVIIe siècle, une enfant part à la conquête des libertés qui feront d'elle une femme. Un demi-siècle après sa création, ce premier volume de la saga d'Anne Golon n'a rien perdu de son pouvoir de séduction et de subversion.





Mon avis :


J'ai toujours pensé qu'Angélique n'était qu'une série de films mettant en scène Michèle Mercier, je me trompais. J'avais toujours suivi les films, à chaque fois rererererediffusés à la télévision, avec ma mère, cinq films qui étaient des classiques du cinéma français (oui bon, en fait, c'est un film franco-italo-allemand) et comment résister à Robert Hossein (l'acteur jouant Joffrey de Peyrac) ? Et j'avais découvert un peu par hasard, en magasin, que c'était à l'origine une série de livres lorsque les éditions l'Archipel ont sorti une version éditée et corrigée des aventures d'Angélique et suite à une flopée de commentaires entre reveanne et moi dans un article de Matilda qui aura bien été déconcertée par tant de 'Joffreeeeeyyyy', j'ai décidé de connaître ces livres, après avoir été bercée par les films dans mon enfance et adolescence (même si l'héroïne des films passait surtout son temps à se faire kidnapper, pratiquement assassiner, faire involontairement tomber amoureux tous les hommes d'elle, et à s'attirer des ennuis, j'adore ces films ! et pas seulement pour le charme fou de Joffrey de Peyrac sous les traits de Robert Hossein) Ça tombe bien, la médiathèque de ma ville possède des exemplaires de cette oeuvre :p


Ces exemplaires sont donc les nouveaux tomes, ceux qu'Anne Golon a réécrit et même édité puisque certains passages ne figuraient pas dans les premières éditions car censurés (dans les années 1950/1960, il était hors de question de parler d'avortement, de viol ou autre) et après avoir gagné la bataille juridique dans laquelle elle bataillait pour faire reconnaître ses droits d'auteur, Anne Golon avait décidé de se remettre aux aventures d'Angélique pour nous offrir une toute nouvelle version. Elle qui avait prévu d'écrire la suite des aventures d'Angélique (car elle ne voulait pas s'arrêter après le tome 13), elle a décidé de réécrire sa saga depuis le début. Elle réécrit, corrige et revoit sa saga tout en rajoutant de nouveaux éléments et approfondissements. Autre changement par rapport aux anciennes éditions est que Anne Golon (ou les éditeurs) coupe en plusieurs parties son oeuvre, ce qui est assez déroutant quand on sait que la version d'origine regroupait dans le premier volume les deux premiers tomes. Des livres de 500/700 pages deviennent des romans de 300 pages pour chaque tome. Pour ceux habitués à l'oeuvre d'origine, ça peut surprendre ! Mais je dois avouer que les couvertures sont très belles, vraiment jolies, et les mises en pages sont superbes ! N'ayant pas lu l'oeuvre dans sa première édition, je ne peux pas comparer mais je suis ravie de découvrir Angélique sous la version corrigée et éditée. L'initiative d'une nouvelle version est d'ailleurs approuvée par les lecteurs connaissant Angélique depuis le tout début et c'est avec un grand plaisir que je me mets à découvrir Angélique à travers les livres.

 

C'est encore mieux que les films qui étaient bien plus fleur bleue ! Remarquez, ce premier tome se consacre à l'enfance et à l'adolescence d'Angélique, nous laissant le meilleur (comme Joffrey de Peyrac par exemple :p) pour la suite, pas que ce premier tome soit décevant, bien au contraire ! N'ayant pas revisionné les films depuis un sacré bout de temps, j'ai découvert ce premier tome et donc Angélique, je me suis immergée dans la vie d'Angélique de Sancé, seconde fille du noble Armand de Sancé, petite fille un peu sauvage, qui rêve de voyager, voir d'autres contrées, prendre sa vie en main... dans une époque où ce n'était pas si évident pour quelqu'un de sexe féminin. Dans ce tome, elle évolue, de ses 8-10 ans jusqu'à ses 17 ans. C'est une évolution dans les beaux paysages enchanteurs du Poitou, les descriptions sont telles qu'on a aucun de mal à s'imaginer les paysages, les forêts, les champs, les marais... c'est très agréable, poétique, magique. Les descriptions du Poitou et du Monteloup sont magiques ! Entre la campagne, la nature et le château des Sancé, Angélique vit son enfance tant bien que mal, malgré les difficultés financières de son père. Une perte tragique dans sa famille la fera définitivement mûrir et partir du monde de l'enfance pour devenir une jeune adulte.

Loin d'être un roman à l'eau de rose, comme les adaptations cinématographiques le sont, Angélique c'est l'évolution d'une enfant vers l'adolescence et encore plus, une fresque historique en plein XVIe siècle, dans une époque où le jeune Louis XIV est encore mineur et que la France est régie par le cardinal Mazarin et la reine régente, Anne d'Autriche. Nous sommes plongés dans une France marquée par la révolte de la Fronde, surtout vue par les nobles. En plus des évènements historiques, nous découvrons les coutumes de l'époque, les costumes, la façon de vivre de ces nobles, la vie du peuple. Au niveau du contexte historique, Anne Golon et son mari ont fait un très beau travail de documentation, sans pour autant que ce soit lourd. C'est instructif, intéressant et agréable. Les documentations historiques sont riches et intéressantes, ceux qui aiment l'Histoire et plus particulièrement l'époque qui voit naître Louis XIV seront comblés. Le tout est narré d'une façon simple et pas compliqué, les pages se tournent facilement.

 

Cela dit, ce tome n'était pas vraiment palpitant, mais quand même intéressant et agréable, il faut dire que ce tome servait surtout à poser les bases, à introduire les personnages, le contexte historique et le reste, toutes les bases qui feront l'intérêt des tomes suivants car niveau intrigue, il ne se passe pas vraiment grand chose à part l'évolution d'Angélique qui grandit et mûrit. De petite sauvageonne qui court dans les campagnes, que l'on prenait pour une fée, et qui jouait avec de jeunes servants, elle devient une jeune fille magnifique... et fiancée. Proche de la nature et amoureuse de la liberté, elle accepte néanmoins d'épouser un certain comte de Peyrac pour sauver sa famille de la misère, homme qu'elle ne connaît pas et que l'on dit laid et boiteux  que l'on compare à Gilles de Rais ou Barbe Bleue. Je m'attendais à plus de rebondissements, même que [ le projet de complot contre le roi qu'Angélique apprend par hasard soit mis en oeuvre dans ce tome et stoppé par Angélique. Mais non. ] Je réserve mon jugement pour le tome deux. Le tome un ne devait servir que d'introduction en gros et à suivre Angélique avant Joffrey de Peyrac car le tome se termine alors qu'elle part rejoindre son mari à Toulouse.

 

L'avantage des livres, c'est que les personnages secondaires sont plus présents et mieux décrits, ils ont toute leur importance et leur place dans ce roman, il n'y a pas qu'Angélique, il y a aussi sa famille et son entourage. Ici sont donc mis en place tous les ingrédients nécessaires aux tomes suivants, l'écriture est simple et fluide, très agréable même, j'ai été transportée par toute la beauté et la poésie du Poitou et ses légendes (la famille de Sancé serait descendante de la fée Mélusine !), je n'ai pas encore eu une grande impression sur Angélique, mais j'attends de lire la suite pour me faire une idée sur elle... Ce n'était donc pas un tome palpitant mais il reste intéressant et agréable, ce tome est relativement court et se lit très vite. J'ai déjà hâte d'entamer le second tome (déjà emprunté).




Robert Hossein, dans le rôle de Joffrey de Peyrac, et Michèle Mercier, dans le rôle d'Angélique. Image tirée du film Indomptable Angélique.



Extrait :

La petite Angélique aimait les compter sur les doigts : "Mars, avril, mai. Le printemps, les fleurs. Juin, juillet, août. L'été, on moissonne les blés. Septembre, octobre, novembre. L'automne, la forêt est d'or, on cueille les pommes, on vendange, on ramasse les châtaignes. Décembre, janvier, février. L'hiver et son manteau blanc, les grêlons qui fustigent ressemblent à des dragées." Le Poitou. De vieilles demeures chaleureuses. Bocage, forêts, marais hermétiques sauf à ceux qui y sont nés. La mer océane n'était pas loin
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Première partie - Chapitre sixième.