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jeudi 24 décembre 2020

Casse-Noisette et le roi des souris - Ernst Theodor Amadeus Hoffmann.


Le soir de Noël, Marie s'endort, entourée de ses cadeaux. Elle a couché Casse-Noisette, le pantin de bois, dans un lit de poupée. Mais, lorsque l'horloge sonne le douzième coup de minuit, les jouets s'animent ! Casse-Noisette se prépare à affronter le terrible Roi des Rats pour sauver une princesse victime d'une affreuse malédiction. Marie, qui assiste au combat, se retrouve entraînée dans une aventure fantastique et périlleuse...





Popularisé par l’œuvre musicale mondialement reconnue de Tchaïkovsky, Casse-Noisette est un conte écrit par E.T.A Hoffmann. Je connaissais l’histoire de base, puisque cette dernière est populaire dans notre culture. Je me souviens notamment du film animé des années 1990, qui fait partie des films de mon enfance. C’est un classique que j’avais envie de découvrir depuis un moment déjà, et le Cold Winter Challenge est une bonne occasion pour le découvrir, d’autant plus en cette période de Noël.


Dans cette histoire, nous suivons une petite fille du nom de Marie Stahlbaum. Le soir de noël, elle se voit offrir une poupée et son frère, Fritz, des petits soldats. Leur oncle Drosselmeier offre alors à la fratrie un casse-noisette qui fascine Marie et pour lequel elle s’attache très vite. Alors que Fritz casse malencontreusement des dents et le menton du casse-noisette, bouleversant Marie, Drosselmeier, voyant l’attachement de Marie pour ce pantin de bois, le met sous sa protection. Lorsque vient l’heure d’aller se coucher, Marie reste un peu avec ses jouets afin de les admirer. Minuit sonne alors à la grosse horloge de l'habitation et les jouets jusqu'ici inanimés commencent à bouger...


Si l’histoire ne fut pas une surprise dans son ensemble, l’ayant déjà découverte à travers des films, elle n’en fut pas moins plaisante à suivre. Le style n’est pourtant pas loin d’être simple : l’écriture se replace bien dans son époque, avec un vocabulaire et des structures de phrases riches du XIXe siècle. La lecture n’est ainsi pas toujours aisée, surtout puisque cette histoire se présente comme un conte pour enfant, pour autant, je trouve à l’écriture un certain charme qui me rappelle les romans de la comtesse de Ségur.


Si ce conte n’a rien d’exceptionnel dans son ensemble, c’est une histoire fort divertissante et plein de féerie avec des descriptions enchanteresses où les couleurs et les goûts de Noël sont bien présents : l’arbre de Noël décoré d’or et d’argent, les friandises et sucreries, les nombreuses lumières… Un vrai conte de Noël qui nous plonge également dans un univers magique et envoûtant dans lequel les jouets s’animent et se lancent dans une bataille contre des rats et des souris, il y a une histoire de princesse, de malédiction, ainsi qu’un monde imaginaire aux saveurs gourmandes avec un royaume de chocolat et des paysages en friandises. C’est un plaisir de suivre Marie qui passe d’un monde à l’autre, faisant cohabiter son monde avec celui des jouets, plus gourmand, enfantin et déluré, et sa dévotion pour Casse-Noisette est touchante.


Les personnages sont typiques mais plaisant à découvrir et à suivre : nous avons Marie (connue sous le nom de Clara dans certaines versions), une petite fille avec un cœur noble, Casse-Noisette qui est laid d’apparence mais avec un grand cœur, un vieux bonhomme excentrique, Drosselmeier, qui détient les clés des secrets, un méchant aussi laid qu’effrayant qui se présente comme un rat à sept têtes ainsi qu’une bataille que livre Casse-Noisette qui doit affronter les dangers et tout mettre en œuvre pour se débarrasser du roi des rats, avec l’aide de Marie qui va tout faire pour l’aider à briser la malédiction qui pèse sur lui, ainsi qu’une morale qui est celle de « l’habit ne fait pas le moine », classique mais intemporel.


J’ai été saisie par le personnage du roi des rats et à quel point il pouvait se montrer effrayant, surtout dans un conte pour enfants. Il gratte, il s’infiltre partout jusque dans le lit de Marie, se manifeste sans qu’on le voit, laissant juste entendre sa voix menaçante.


Bien que court, j’ai été conquise par ce conte de noël, son univers, son intrigue et son ambiance. J’ai été un peu déconcertée par la fin, mais je comprends que l’auteur nous laisse le choix, et on se plaît à croire que tout s’est bien passé et qu’il ne s’agit pas d’une histoire sortie de l’imagination de Marie, comme le pensent les adultes de son entourage. C'est un voyage captivant que nous offre Hoffmann et par la-même, il nous donne un classique du conte de noël qui ravira petits et grands.





Mais les enfants devaient avoir été bien gentils et bien sages pendant l’année entière, car jamais leurs cadeaux n’avaient été aussi magnifiques que cette fois. Le grand pin au milieu de la table portait une foule de pommes d’or et d’argent ; des pralines et des bonbons de toute sorte en représentaient les boutons et les fleurs, et de beaux et nombreux jouets étaient suspendus à toutes les branches. Mais ce qu’il y avait de plus beau dans l’arbre merveilleux, c’était une centaine de petites bougies, qui brillaient comme des étoiles dans son sombre feuillage, et tandis qu’il semblait avec ses lumières, au dedans et au dehors, inviter les enfants à cueillir ses fleurs et ses fruits. Tout resplendissait riche et varié. Que de belles choses se trouvaient là, et qui pourrait essayer de les décrire ? Marie regardait les plus belles poupées, toutes sortes de charmants petits ustensiles de ménage ; et ce qui attirait le plus les yeux de la petite Marie, c’était une petite robe de soie qui pendait sur un petit piédestal élégamment ornée de délicieux rubans.

jeudi 4 avril 2013

Le liseur - Bernhard Schlink.




L'auteur :



Né en 1944, Bernhard Schlink a étudié le droit et enseigne le droit public et la philosophie du droit à Berlin. Il est également un écrivain allemand, ayant débuté sa carrière d'écrivain avec des romans policiers, mais c'est Le Liseur (Der Voleser en version originale), roman partiellement autobiographique, qui devient l'un, si ce n'est le, de ses romans les plus connus, devenant rapidement un best seller traduit en 37 langues et ayant fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec Ralph Fiennes et Kate Winslet.






Quatrième de couverture :

A quinze ans, Michaël fait la connaissance d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain. Il la revoit une fois, des années plus tard. Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui.


Mon avis :


Il se peut que ma critique ne soit pas aussi structurée que je le voudrais, j'ai lu ce roman il y a un petit moment déjà et il est fort probable que j'ai oublié certaines choses que je voulais dire à ce sujet. Sinon, une fois n'est pas coutume, j'ai fait un peu de découpage avec la quatrième de couverture qui, dans son intégralité, révélait les trois quart du livre bien que pour moi, ce ne fut pas une surprise de découvrir ce roman ou de lire son résumé car j'ai vu et revu le film il y a plusieurs mois, néanmoins malgré cela, j'ai beaucoup aimé cette lecture qui me donne envie de revoir le film.

Michaël est un jeune étudiant de quinze ans lorsqu'il fait la connaissance d'une femme de 35 ans, il est malade et elle prend, l'espace de quelques instants, soin de lui. Cette femme, jamais Michaël ne l'oubliera, et très vite elle hante son esprit et, une fois guérit, Michaël ne tarde pas à aller à sa rencontre pour la remercier mais très vite, ces visites prennent une autre allure alors que cette femme, cette Hanna, se rend compte qu'elle l'attire, qu'il la désire. Le temps de plusieurs mois, ils deviennent amants et leurs rendez-vous prennent une forme de rituels. A chacun de leurs rendez-vous, il lui fait la lecture, lui lit quelques pages avant ou après l'acte. Mais un jour, Hanna disparaît sans laisser de trace.

Résumé quelque peu vague il est vrai mais je ne vois pas comment résumer cet ouvrage. C'est tant de chose. C'est l'histoire d'un jeune garçon qui vit sa première histoire d'amour avec une femme de 35 ans, une femme parmi tant d'autres sans doute mais qui pourtant le marquera à vie, même lorsqu'il deviendra un homme. C'est l'histoire d'une initiation amoureuse, Michaël se découvre à travers Hanna, il découvre l'amour et le plaisir et Hanna découvre quelques pages de grands classiques comme l'Odyssée d'Homère, que lui lit Michaël et en redemande, elle découvre la lecture, partage ses impressions. C'est aussi une histoire qui fait remonter à la seconde guerre mondiale, une histoire sur les choix, la culpabilité, les responsabilités, le pardon, la rédemption, c'est... c'est assez difficile à expliquer comme cela, mais ce n'est pas juste une histoire d'amour, c'est bien plus que cela.



Bien-sûr, comme je connais le film, découvrir les événements du livre ne fut pas une surprise mais ce fut tout de même intéressant de découvrir le livre, surtout qu'il permet de mieux se pencher sur la vie et la famille de Michaël, et sur les scènes du procès. Ce livre était sans doute moins exceptionnel par rapport au film et avoir vu le film d'abord enlève toute la magie, et... disons qu'il n'y a pas la même magie, les mêmes émotions que dans le livre mais il est certain que c'est un livre qui marque sous certains aspects, que c'est rapide à lire, c'est plus qu'une histoire d'amour, c'est un ouvrage plein de réflexion et emprunt de l'histoire, celle de l'Allemagne quelques années après la seconde guerre mondiale, avec la jeune génération honteuse de celle qui a participé d'une façon ou d'une autre à la guerre, c'est une période de procès aussi, contre ceux qui ont commis des crimes pendant la période du Troisième Reich.



Car Le Liseur fait également référence aux événements de la seconde guerre mondiale, particulièrement du côté allemand, et plus précisément sur les gardiennes de camps de concentration mais malgré cela, ce livre n'est pas exactement un livre sur la seconde guerre mondiale, malgré le fond historique, c'est plutôt une réflexion sur la justice, sur la culpabilité, sur la difficulté de "se réparer". C'est aussi le récit d'une initiation à l'amour, au plaisir, l'histoire d'un premier amour, un amour qui marque à vie et qui laisse des répercussions sur la vie entière de Michaël qui, malgré tout, se souviendra toujours d'Hanna qui a marqué sa vie à tout jamais, d'une façon ou d'une autre. C'est aussi à propos des choix à prendre, qu'ils soient bons ou mauvais, qui peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les autres comme pour soi-même, l'histoire d'Hanna et son "honteux petit secret" en est le parfait exemple. A cause de ce qu'elle a et qu'elle s'efforce de cacher, elle fera des choix qui aura des conséquences fâcheuses pas seulement pour elle mais pour les autres. Il y a ce côté très philosophique dans ce roman qui m'a beaucoup plu. C'est réfléchir sur soi-même, sur les autres, sur les choix qu'on peut faire, c'est essayer de comprendre les autres. L'auteur enseigne la philosophie, et cela se ressent dans ce roman, il s'y connaît et les interrogations, la philosophie présente dans cet ouvrage a été intéressant à découvrir.

Sans doute moins magique que l'adaptation cinématographique, ce récit reste pourtant puissant, fort, violent, avec des réflexions intéressante et une histoire d'amour peu habituelle mais forte car Hanna est en Michaël et jamais il ne s'en remettra. J'aurais d'ailleurs aimé avoir un peu le point de vue d'Hanna mais le récit est du point de vue de Michaël uniquement, et pour avoir certaines scènes sous le regard d'Hanna, il reste le film. L'histoire est donc intéressante, à couper le souffle, et l'intrigue est bien menée, la façon d'écrire de l'auteur (enfin, plus la traduction en fait) permet bien de rendre compte les diverses émotions des personnages. La romance entre Michaël et Hanna est bien menée également, malgré la différence d'âge, c'est mené naturellement, sans que ce soit vulgaire ou romantique à l'extrême et ce, même après les procès et que Michaël passe à l'âge adulte. La place de la lecture est intéressante et touchante ici, la littérature qui fait parti des rituels du couple, qui fait parti des choses qui les lient.

C'est une histoire d'amour peu ordinaire, déjà au départ elle peut gêner à cause de la différence d'âge : Michaël a 15 ans et Hanna en a 35, elle peut donc paraître malsaine mais l'écriture de l'auteur emmène au-delà des préjugés, surtout qu'on a du mal à cerner le personnage d'Hanna, tantôt froide et dure, elle peut devenir touchante et faible, je me visualisais très bien Kate Winslet dans le rôle d'Hanna. Elle est froide, mystérieuse mais elle sait se montrer touchante face à celui qu'elle nomme "garçon", elle est presque inaccessible mais elle sait nous émouvoir. Les sentiments sont très bien décrits aussi, même les "non-sentiments" lorsque Michaël est "anesthésié" de tout sentiment après la fuite d'Hanna, plus jamais il ne sera le même après ce premier amour. Sa relation avec elle l'a changé, il devient plus instruit, plus sûr et confiant autour des autres et en connaîtra plus jamais une intimité et un amour semblable à ceux qu'il avait avec Hanna avec d'autres filles. Il ne parviendra jamais à l'oublier et ce, même après les événements après le procès.

J'ai encore tant d'autres choses à dire sur ce livre mais je préfère m'arrêter là et ne pas trop m'étendre là-dessus, ce serait dur d'en dire plus sans trop révéler du livre ou du secret d'Hanna, et puis il y a tant d'autres critiques sur le net sur ce livre qui parlent bien mieux que moi de ce livre. Tout ce que j'ai à retenir de ce livre est que ce fut une lecture intéressante par ses thèmes et son côté philosophique, rapide à lire, et puissant par son récit.





Image tirée de The Reader, l'adaptation cinématographique, 
avec Kate Winslet et David Cross (Michaël jeune), 
et Ralph Fienne (Michaël adulte) dans les rôles principaux.



Extrait :

C'était une auditrice attentive. Son rire, ses soupirs de dédain et ses exclamations indignées ou enthousiastes ne laissaient aucun doute : elle suivait l'action avec passion, et considérait les deux héroïnes comme de petites dindes. L'impatience qu'elle mettait parfois à me demander de continuer tenait à ce qu'elle espérait que ces personnages allaient enfin, nécessairement, arrêter leurs bêtises. "Non, mais ce n'est pas possible !". Quelquefois, j'avais moi-même très envie de poursuivre la lecture. Quand les jours allongèrent, je lus plus longtemps, pour être au lit avec elle au moment du crépuscule. Lorsqu'elle s'était endormie sur moi, que la scie dans la cour s'était tue, que le merle chantait et que, dans la cuisine, il ne restait plus que la couleur des objets que des tons de gris plus ou moins clairs ou sombres, j'étais parfaitement heureux.

9. (Première partie)

mercredi 9 novembre 2011

Le goût des pépins de pomme - Katharina Hagena.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres2/LeGoutdesPepinsdePomme.jpg
A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga. Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. 

A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. 

Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes. Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.






L'histoire commence avec Iris, le personnage principal, qui se rend aux funérailles 
de sa grand-mère, Bertha Lünschen, née Deelwater. Après l'enterrement, elle se rend à la maison familiale avec sa mère et ses tantes pour la lecture du testament. A la surprise générale, c'est Iris qui hérite de la maison. Pourquoi Bertha l'a choisi elle et pas une de ses filles ? Peut-être parce qu'elle était la seule à garder de bons souvenirs de la maison... Pourtant, Iris n'envisage pas de la garder. Elle décide toutefois de rester quelques jours dans la demeure familiale à Bootshaven, au nord de l'Allemagne où, au fur et à mesure qu'elle redécouvre la maison, les souvenirs de son passé et de la famille renaissent en elle...

Je dois dire que j'ai eu du mal à comprendre le grand succès qu'a rencontré ce livre, mais j'en garde toutefois un bon souvenir. Mon problème avec le roman a été son style qui m'a quelque peu déconcerté, j'ai été perdue un moment avant de m'adapter progressivement. Le style m'a rappelé
 le style d'une de mes professeurs à la fac : elle raconte l'histoire, puis se perd dans des anecdotes qui durent un certain moment et au final, on ne sait plus si on est toujours dans l'anecdote ou si on est revenu dans l'histoire ! D'autant plus que les retours dans le passé sont du point de vue omniscient (car on revient parfois dans le passé de certaines personnes de la famille où la narratrice n'était pas née et que le texte décrit des choses qu'Iris n'aurait pas pu savoir... à moins que les tantes d'Iris se plaisent à raconter à leur jeune nièce leur vie sexuelle !) ou interne alors que la plupart du temps on est en point de vue interne car on vit l'histoire à travers les yeux et les pensées d'Iris qui raconte l'histoire.

Cela reste le grief majeur que j'ai pu avoir avec cette histoire, car lorsque Iris renoue avec son passé et qu'elle se remémore les moments avec sa famille, c'est vraiment intéressant, passionnant ! C'est un livre sur les secrets de famille et on se prend d'affection pour cette famille sans mal. On imagine très bien les paysages de ce coin d'Allemagne du nord, c'est très poétique quand Iris décrit. On a de longues descriptions détaillées nous offrant un texte sur l'oubli, les secrets et les souvenirs d'enfance. On voyage au cœur des relations entre les différents membres de la famille, d'une famille plus ou moins compliquée, complexe, tragique, pleine de secrets. Il y a Bertha, la grand-mère qui souffre d'alzheimer, avec sa soeur Anna morte trop tôt. Il y a Hinnerk, le grand-père au fort caractère, la figure d'autorité de la famille, sévère mais juste et un poil poète. Il y a leurs trois filles : l'aînée, Inga [ née, en réalité, d'une nuit d'amour adultère avec Monsieur Lexow, un voisin ] qui est une très belle femme qui attire les hommes, qui a eu beaucoup d'amants sans avoir eu de relation sérieuse, qui porte beaucoup de bijoux en ambre, si bien qu'ils produisent de l'électricité quand ils se rencontrent et que ça donne quelques petites décharges électriques à tous ceux touchant Inga ; puis vient Christa, l'enfant du milieu, la mère d'Iris, qui est patineuse, timide et discrète ; et enfin la cadette, Harriet, qui s'est inscrite dans une secte après la mort de sa fille, qui est traductrice et qui a fait des études en anglais, allemand et français, qui a été une fille-mère [ car le père, Friedrich Quast, médecin, voyait plusieurs femmes ].

Puis vient la seconde génération : Iris, la narratrice, qui traînait souvent avec sa cousine, Rosemarie, une très belle fille rousse et svelte, et une amie Mira qui aimait le noir, s'habillait en noir, mangeait des aliments et buvait des boissons ayant uniquement une couleur noire ou si foncée qu'elle ressemble à du noir, Mira qui a un petit frère, Max, discret, qu'Iris trouvait idiot et timide par le passé, mais qu'elle ne cesse de croiser depuis qu'elle est revenue dans sa ville natale, et qu'elle se surprend à aimer sa compagnie. Iris évoque tous ces personnages et autres. Certaines histoires nous permettent de comprendre un peu mieux l'histoire de la famille, d'autres sont juste là pour nous en apprendre plus sur certains membres. Cela n'apporte rien à l'histoire qu'Inga ait eu beaucoup d'amants ou comment était Anna, la sœur de Bertha, mais on en apprend plus sur les personnages. Les personnages absents sont très souvent évoqués car les seuls présents dans l'histoire, qui participent à l'histoire dont Iris, Max et d'autres personnages secondaires. Bertha, Christa, Hinnerk, Inga et d'autres ont une place bien plus importante dans les souvenirs. On en a besoin pour comprendre ce qui est arrivé à Rosemarie, sa mort et pourquoi son fantôme continue encore d'hanter la famille, pourquoi Inga reste seule, qu'est-ce qui a conduit Harriet à finir dans une secte, pourquoi Christa s'est distancée de la famille alors qu'elle garde beaucoup d'affection pour ses sœurs et ses parents et d'autres mystères et secrets familiaux.

Ce livre m'a un peu fait penser à ma propre famille qui a elle-aussi ses problèmes, ses secrets, des membres qui se sont distancées, des querelles familiales, une demeure attachée au souvenir. Chaque famille a ses hauts et ses bas après tout. Et alors qu'Iris redécouvrait chaque pièce, chaque vêtement, chaque odeur, le jardin odorant avec ses fleurs, ses épices et son pommier, qu'elle se mettait à essayer les robes de sa tante Inga, le vélo de son grand-père, à revisiter sa ville et à revenir vers l'écluse, les forêts, les lacs, les lieux sacrés de son enfance, qu'elle se rappelait des plaisirs de la natation dans le lac, je me rappelais à mon tour tout ce qui pouvait me remémorer la maison de ma grand-mère maternelle, chaque odeur, chaque pièce, les plats qu'elle préparait, le puits, le poulailler... d'un côté, ce livre m'a fait me souvenir d'une partie de mon passé moi-aussi, un passé lointain, et des déchirures au sein de la famille. Je pense que pour mieux comprendre cette histoire de secrets familiaux, de patrimoine, d'héritage et d'histoires de famille, il faut aller au delà des 100 premières pages où les secrets et les drames se révèlent. On avance lentement, lentement mais sûrement et ne pas se laisser alourdir par les descriptions qui peuvent parfois lasser.

Je me suis longtemps demandée à quelle époque situer l'histoire. On est au XXe siècle, c'est certain, je dirais plus après la seconde guerre mondiale, sachant qu'Inga est née en 1941, que les vélos sont des moyens de transports privilégiés comparé aux voitures, que les femmes ne portent que des robes, qu'Iris a découvert le mot 'Nazi' peint sur la porte de garage de son grand-père, la seconde guerre mondiale est parfois évoquée dans ce texte, au moins on a - à travers certains flash-back - un fond historique qui rend l'histoire un peu plus complète et intéressante... donc, je dirais que l'histoire se situe majoritairement dans les années 1950 ou 1960... (ça dépend en fait, les tampons pour les règles existaient-ils déjà à ce moment ?) D'autres moments peuvent être confus, ou même déconcertants [ je crois qu'on a le droit à des actes lesbiens entre Mira et Rosemarie par moment... je dis 'je crois' car j'ai souvent eu du mal à capter, à saisir Rosemarie et je crois qu'Iris a finit avec Max et à avoir un fils avec lui, il y a pas mal de non-dits, on ne peut que deviner ] Néanmoins, ni je devais résumer ce livre en quelques lignes, je dirais que malgré un style confus et de longues descriptions, si on finit par s'y habituer, le livre est plaisant, on s'attache à cette famille pleine de drames, de secrets qui a tout de même su être heureuse malgré tout...

J'aimais lire et manger en même temps. Une tartine après l'autre, un gâteau après l'autre, sucré et salé en continuelle alternance. C'était merveilleux : les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies. Dans beaucoup de livres, on passait à table quand le suspense était à son comble : boulettes de viandes, gruau, pain d'épice, une rondelle de saucisson noir, et du meilleur. [...] Et je lirais et je mangerais, je serais une sirène malheureuse ou un petit lord, je m'échouerais sur la côte d'une île déserte, courrais cheveux au vent à travers une tourbière désolée ou tuerais des dragons.

Chapitre VIII.

jeudi 7 octobre 2010

Faust - Johann Wolfgang von Goethe.

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'I can make your dreams come true
What a couple, me and you.
Think well, do take your time
Because your soul will be mine the day you die.'

- Descent of the Archangel, Kamelot -


L'auteur :

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Johann Wolfgang von Goethe (28 août 1749 - 22 mars 1832), est un poète, dramaturge, romancier, théoricien de l'art et homme d'état allemand, très intéressé par les sciences. Ses oeuvres les plus célèbres restent Faust I et II ainsi que Les Souffrances du Jeune Werther.

Quelque(s) lien(s) utile(s) :

- Faust, de Goethe - Lecture en ligne.



Quatrième de couverture :

"Faust" : ce simple mot, cette syllabe robuste et trapue comme le "poing" qu'elle désigne couramment, est un signe fort dans l'histoire culturelle des pays allemands que lorsqu'on dit "don Quichotte" en terre espagnole ou "Dante" en Italie.
C'est essentiellement grâce à l'oeuvre de Goethe que le personnage de Faust a passé les frontières et rejoint, dans l'imaginaire occidental, les figures de don Juan et de Prométhée. Comme eux, insatisfait et rebelle, Faust est encore plus proche de ces deux derniers par le défi qui l'oppose à l'autorité divine, dans une partie des plus fascinantes qui soient, puisqu'il ne s'agit plus ici seulement du péché mais bien du sens de la vie et du salut lui-même.



Mon avis :

Je n'avais jamais entendu parler du mythe de Faust auparavant, avant de l'étudier l'an passé pendant mes cours de Littérature Comparée. Sans avoir lu les livres (à savoir la version de Goethe et celle de Marlowe), je savais que c'était un conte populaire allemand à la base repris par plusieurs auteurs dans la littérature, dont Goethe. Les cours sur ce mythe étaient bien intéressants mais je n'avais pas poussé la curiosité jusqu'à la lecture des livres jusqu'à cette année. Le responsable est mon nouveau coup de coeur, le manga Black Butler qui m'a donné le goût de lire des récits ou autres sur des démons, des pactes démoniaques, etc. Et j'avais justement deux versions de Faust qui m'attendaient dans ma bibliothèque. Poussée par l'avis de
Matilda, j'ai d'abord choisi la lecture de celle de Goethe.

L'histoire commençe avec un démon : Méphistophélès, celui-ci rend parfois visite au Dieu du ciel à qui cela ne dérange pas de converser avec un diable. Leur dernier sujet de conversation concerne un certain docteur Faust, que Satan aimerait bien tenter, faire trébucher du droit chemin et ainsi gagner son âme pour toute l'éternité. Afin de tester cet homme, afin de savoir s'il choisira la voix de la lumière ou celle des ténèbres, Dieu consent à ce que Faust soit tenté. Méphistophélès s'attèle à la tâche : approchant d'abord le vieux savant sous la forme d'un chien noir avant de revétir celle d'un homme, il lui propose un marché. Tout ce que Faust désirera, Méphisto lui accordera car le démon se fera son serviteur jusqu'à la satisfaction de tous ses désirs, mais comme rien n'est gratuit avec les démons, faust devra en échange se donner au diable en lui offrant son âme sitôt le contract terminé. Faust, lui, est un savant qui a beaucoup appris sur bien des sujets à un point où il n'a plus aucun domaine à connaître, à étudier et à maîtriser et donc pour lui, plus aucun but dans sa vie de mortel. Désespéré par ce vide qu'il veut combler et peu soucieux de son âme, Faust accepte la proposition du démon. S'ensuivent alors voyages et péripéthies du docteur Faust et du démon Méphistophélès, pour le meilleur et pour le pire...

C'était assez différent de ce que j'imaginais, mais je n'ai pas été déçue, ce fut une agréable surprise et ça m'aura enfin donné l'occasion de connaître Faust. Goethe reprend bien le mythe originel où Faust est un savant, fou ou pratiquant la magie selon les versions, qui vend son âme au diable. Ici, Faust est un vieux savant qui a tant appris qu'il n'a plus rien à étudier et il s'ennuie, il a soif de connaissance et d'aventures, il veut voir plus de monde, connaître davantage du monde, mais il a déjà tant appris pendant si longtemps avec beaucoup de ardeur, il n'y a plus rien à voir et ne sait que faire pendant le restant de sa vie. Il est mélancolique et désespéré et sa faiblesse et sa soif de pouvoir seront sa perte car vint à lui Méphistophélès, dit Méphisto, un diable/démon venu pactiser avec lui : il sera son serviteur et réalisera chaque voeu, chaque désir de Faust en échange de son âme. Et Faust accepte, et voilà le mythe où, selon les versions, Faust se repend ou tombe aux enfers. Goethe reprend ce mythe et nous donne sa version de l'histoire.

Certes, je m'attendais à autre chose et même si j'ai beaucoup aimé cette oeuvre, j'aurais aimé qu'elle soit plus longue et que certains élèments soient plus exploitées, que Faust fasse plus de voeux, qu'il vive plus d'aventures avec son démons. Mais en même temps, je pense qu'il y a tout de même beaucoup de profondeur dans cette oeuvre : toute la maîtrise et la profondeur de la pensée de Goethe. On retrouve aussi des thèmes importants, des messages cachés, et je dois avouer que cette oeuvre a eu le mérité de me faire penser à mes cours de philosophie du lycée lorsque le professeur nous parlait du surhomme ou du mythe de Prométhée, dans l'optique d'un idéal impossible, au-delà de la puissance, de l'existence humaine, évoquée avec désespoir ou ironie car l'homme n'est pas tout-puissant, il a ses limites ; ou dans le cadre du mythe de Prométhée, on a l'homme qui défie les Dieux pour son profit.

Si je m'attendais aussi à un Faust plus torturé, ses monologues sont tout simplement magnifiques, ainsi que les chants du Choeur et d'autres personnages, même si à certains moments j'ai dû relire plusieurs fois pour bien comprendre, il y a là la beauté des vers (même si la plupart des dialogues sont en prose) et l'habilité de la traduction (en même temps, le traducteur, c'est pas n'importe qui : c'est Gérard de Nerval !). Mais ce qui m'a surtout séduite dans cette pièce de théâtre, en plus de la beauté des vers et du sujet de l'histoire (un savant, un démon et un pacte : la satisfaction des désirs en échange de l'âme !), ce sont les personnages et plus particulièrement Méphistophélès. Le diable a beau être le diable, le mâââl en personne, il fascine sans le vouloir : en effet, j'ai plus souvent préféré Méphisto à Faust, j'attendais chaque apparition ou parole de ce personnage, en fait, c'est Méphisto le personnage le plus cool dans cette pièce. Et puis, c'est commun le fait que ce sont souvent les méchants les plus intéressants !

C'est sans surprise que j'ai dévoré ce texte, transportée tout au long de ma lecture, bien que certaines scènes étaient un peu trop rapides, qu'elles étaient passées rapidement et ne sont pas assez explicites, surtout au niveau de la fin où c'était assez flou. Le contrat est-il clos ? Faust est-il damné ? Son âme appartient-elle à Méphisto ? C'est pour ça que j'aimerais lire maintenant Faust II, mais il paraît qu'il n'est pas facile d'accès, qu'il est inachevé (oeuvre posthume) et qu'il est plutôt dur à trouver. Alors en attendant, je lis le Faust de Marlowe. et relirais la version de Goethe, accompagnée des chansons du groupe Kamelot.

Extrait :

MEPHISTOPHELES.
Cesse donc de te jouer de cette tristesse qui, comme un vautour, dévore ta vie. En si mauvaise compagnie que tu sois, tu pourras sentir que tu es homme avec les hommes ; cependant on ne songe pas pour cela à t'encanailler. Je ne suis pas moi-même un des premiers ; mais si tu veux, uni à moi, diriger tes pas dans la vie, je m'accomoderai volontiers de t'appartenir sur-le-champ. Je me fais ton compagnon, ou, si cela t'arrange mieux, ton serviteur et ton esclave.

FAUST.
Et quelle obligation devrais-je remplir en retour ?

MEPHISTOPHELES.
Tu auras le temps de t'occuper de cela.

FAUST.
Non, non ! Le diable est un égoïste, et ne fait point pour l'amour de Dieu ce qui est utile à autrui. Exprime clairement ta condition ; un pareil serviteur porte malheur à une maison.

MEPHISTOPHELES.
Je veux ici m'attacher à ton service, obéir sans fin ni cesse à ton moindre signe ; mais, quand nous nous reverrons là-dessous tu devras me rendre la pareille.

FAUST.
Le dessous ne m'inquiète guère ; mets d'abord en pièces ce monde-ci, et l'autre peut arriver ensuite. Mes plaisirs jaillissent de cette terre, et ce soleil éclaire mes peines ; que je m'affranchisse une fois de ces dernières, arrive après ce qui pourra. Je n'en veux point apprendre davantage. Peu m'importe que, dans l'avenir, on aime ou haïsse, et que ces sphères aient aussi un dessus et un dessous.

MEPHISTOPHELES.
Dans un tel esprit tu peux te hasarder : engage-toi ; tu verras ces jours-ci tout ce que mon art peut procurer de plaisir ; je te donnerai ce qu'aucun homme n'a pu même encore entrevoir.

vendredi 6 août 2010

Contes merveilleux - Jacob et Wilhelm Grimm.

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 Les auteurs :
 
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Jacob (4 Janvier 1785 - 20 Septembre 1863) et Wilhelm Grimm (24 Février 1786 - 16 Décembre 1859) sont deux linguistes, philosophes et collecteurs de contes de langue allemande. On les désigne le plus souvent sous l'appelation des Frères Grimm.


 
 
Quatrième de couverture :

Un prince transformé en grenouille, un cercueil de verre où une délicate jeune fille vit en hibernation, un enfant si petit si petit qu'on l'avale par mégarde... Dix-sept histoires de surnaturelle-fiction qui commençent très, très mal...

Quelques contes des frères Grimm à lire en ligne : 
 
Le roi grenouille. / Doucette/Raiponce. / Les trois fileuses. / Jeannot et Margot/Hansel et Gretel. / Le vaillant petit tailleur. / Cendrillon. / Le petit chaperon rouge. / Tom Pouce. / Blanche-Neige. / L'eau de la vie.


Mon avis :

Lorsque j'ai lu qu'une chaîne du câble visionnerait dès ce soir le film en cinq partie : Le 10e Royaume, j'ai eu l'envie soudaine de relire les contes de Grimm et de Perrault (ceux qui connaissent le film savent de quoi je parle ;)), ça m'a permi à l'occasion de découvrir enfin les contes des frères Grimm.

J'ai toujours autant de plaisir à lire des contes, ceux de Grimm ne furent pas une exception, même si j'aurais voulu que certains soient plus longs, j'ai aimé. Je m'attendais à des contes noirs pour certains, mais finalement, c'était moins pire que ce que je croyais (à moins que ce n'est que moi qui voit les choses comme ça ? Les enfants peuvent voir ça différement), même si bon, il y a des thèmes plutôt dérangeant, les belles soeurs de Cendrillon n'hésitant pas à se couper un bout du pied pour rentrer dans la pantouffle de verre, la marâtre de Blanche-Neige et ses tendances cannibales, Margot (version française de Gretel) tuer la sorcière en la brûlant vive... on est loin des contes de Perrault. D'ailleurs, les frères Grimm ont repris quelques contes de Perrault, changeant quelques élèments, mais le livre l'explique en commentaires. Bien-sûr, je préfère les contes vus par Perrault, mais c'est intéressant de voir comment les contes de Perrault étaient racontés dans l'Allemagne des frères Grimm.

J'ai aussi découvert des contes que je ne connaissais pas et que j'ai aimé dès ma lecture, d'autres contes oubliés que je redécouvrais, d'autres connus, et d'autres de Grimm non publiés dans ce livre mais sur Wikisource, lus aussi et qui sont tout aussi divertissants. L'écriture me paraît assez moderne, j'ignore si c'est la traduction, ou si c'est comment ils ont écrit, je n'ai jamais appris l'allemand alors je ne saurais dire. Et il y a certains contes où je me disais 'Tiens, ça ressemble au conte de Raiponce' alors que l'héroïne s'appellait Doucette, de même pour Jeannot et Margot qui ressemblent beaucoup à Hansel et Gretel, alors est-ce que c'est la traduction des noms allemands dans leur version française ou pas ? Parce que c'est un peu idiot, surtout qu'on les connaît surtout par les noms d'Ansel et Gretel, Raiponce... Enfin, c'est quand même un plaisir de retomber dans les contes de notre enfance, même si la version de Grimm diffère assez des contes de Perrault ou d'Andersen, c'est un peu spécial. Mais au moins, j'aurais enfin lu les contes des célèbres frères Grimm.

Extrait :

C'était au milieu de l'hiver, et les flocons de neige tombaient comme des plumes ; une reine était assise près de sa fenêtre au cadre d'ébène et cousait. Et comme elle cousait et regardait la neige, elle se piqua les doigts avec son épingle et trois gouttes de sang en tombèrent. Et voyant ce rouge si beau sur la neige blanche, elle se dit :
« Oh ! si j'avais un enfant blanc comme la neige, rouge comme le sang et noir comme l'ébène ! »
Bientôt elle eut une petite fille qui était aussi blanche que la neige, avec des joues rouges comme du sang et des cheveux noirs comme l'ébène ; ce qui fit qu'on la nomma Blanche-Neige.
 
Blanche-Neige.

vendredi 11 juin 2010

Jésus m'aime - David Safier.

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L'auteur :

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David Safier, né en 1966, est un écrivain allemand qui travailla tout d'abord à la télévision en tant que scénariste avant de s'imposer dans le monde littéraire avec son premier roman, Maudit Karma, qui devint rapidement un best-seller.

Emprunt médiathèque.
 
 
 
Quatrième de couverture :
 
Après le succès de Maudit Karma, son premier roman, David Safier confirme son talent pour la comédie avec Jésus m'aime, une réjouissante histoire d'amour, de famille et de tolérance. Du divertissement à l'état pur ! Marie est abonnée aux échecs sentimentaux. Alors qu'elle vient de saboter son premier mariage, elle rencontre un charpentier plein de qualités. Doux, sensible et généreux, Joshua a tout de l'homme idéal. A un détail près: il lui déclare être Jésus. Marie pense tout d'abord avoir une fois de plus affaire à un tordu. Mais il n'est pas donné à tout le monde de marcher sur l'eau...


Mon avis :

 
J'étais tentée par ce livre il y a un petit bout de temps, et j'ai eu l'immense surprise de voir dans la-médiathèque-où-il-n'y-a-jamais-rien-d'intéressant-niveau-bouquin ce roman, j'ai sauté sur l'occasion et je remercie la médiathèque d'avoir reçu des choses nouvelles niveau livres et DVDs (maintenant que je vais pouvoir remater Big Fish. Aah, Tim Burton ^.^)

Avec plusieurs échecs sentimentaux, Marie va enfin se marier avec Sven, un homme tout à fait charmant. Elle qui n'est guère croyante, elle est même parvenue à convaincre le prêtre Gabriel d'organiser son mariage dans son église. Elle a tout pour être heureuse... alors pourquoi doute-t-elle le jour J ? Certaine d'aimer Sven mais encore moins de l'aimer suffisament pour vouloir passer le reste de sa vie à ses côtés, Marie plante son fiançé au moment de dire le "Je le veux " fatidique. A présent, la voilà sans fiançé, sans moral, et obligée de retourner vivre chez son père divorcé et qui a retrouvé l'amour dans les bras d'une biélorusse blonde ayant l'âge d'être sa fille. Même sa chère soeur Kata ne peut la consoler. Et en plus, le plafond lui tombe sur la tête ! Heureusement qu'il y a ce charpentier nommé Joshua qui vient pour le réparer. Mais il y a quelque chose d'étrange chez lui... Il ressemble à un BeGee, il chante de l'hébreu, il ne semble pas très bien connaître les moeurs et coutumes d'aujourd'hui, et il dit des choses bizarres comme "partager le pain", "si on te frappe, tends l'autre joue"... et pourtant, Marie est sous le charme de cet étrange si étrange et l'invite même à dîner !

Alors, sinon, ce roman... chuis un peu mitigée. C'est divertissant, parfois drôle même si je n'ai pas vraiment ris, seulement eu quelques petits sourires, mais il y avait certaines choses plutôt amusantes. Le Diable qui s'amuse à se transformer en célébrités, surtout Georges Clooney (what else ?) ou Alicia Keys, et Dieu en Emma Thompson. L'une des dernières scènes où Dieu en Emma et Satan en Clooney, au bord d'un lac, l'un en train de tuer des canards et l'autre de les réssuciter, énervant l'autre, était amusant. J'aime bien le prêtre Gabriel aussi, même si [ ça m'étonnerait que l'Archange Gabriel se conduise ainsi pour certains cas... il a un sale caractère quand il veut ! Mais c'est de la fiction, et c'est sensé être drôle, donc je suppose que je ne dois pas prendre tout au sérieux
]


Les petits dessins sensés être les petites BDs de la soeur Kata étaient sympathiques, aussi. On voit bien toute la complicité et les taquineries qu'il peut y avoir entre Marie et Kata. On a aussi des moments cocasses, comiques, surtout quand Marie essaye de faire comme Jésus et de dire en hébreu "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné" alors qu'elle n'arrête pas de se planter et qu'elle dit carrément l'inverse, une phrase humiliante, comique...

Marie peut se révéler attachante, elle n'est pas parfaite, elle n'est pas la chrétienne parfaite, elle a même du mal à croire en Dieu, elle se fâche volontier contre Lui ou Son fils, ou le prêtre, mais elle finit par croire en Jésus au fur et à mesure qu'elle s'attache à lui. J'avoue qu'une romance avec Jésus, ça m'a paru bizarre, et que parfois j'ai eu du mal à imaginer Jésus dire telle ou telle chose, mais l'auteur s'est voulu fidèle à Jésus, lui donner une voix qui pourrait lui convenir et en même temps, le faire humain, et pas seulement Messie, c'est un changement plutôt agréable et comme c'est un roman drôle et divertissant, je ne dois pas me prendre trop au sérieux et me dire toutes les cinq minutes "C'était pas dans la Bible, ça...", je ne sais même pas si certaines choses concernant Jésus étaient vraies [ Genre s'il avait eu des frères et soeurs, s'il était amoureux de Marie-Madeleine... ], faut dire que je ne m'amuse pas à relire ma Bible. [ Puis, franchement, l'Apocalypse et le Jugement Dernier, je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel... c'était bof-bof, pis c'est quoi cette quasi-paix entre Dieu et Satan ??
]Donc, quelques surprises, mais pas vraiment de déception en fait... des choses assez bizarres et surprenantes, mais pas un moment d'ennui... enfin, c'était pas une lecture inoubliable non plus, et je suis contente de ne pas avoir dépensé 19,50 euros pour ça...

Extrait : 


 
Qu'est-ce qu'il fabriquait donc ? Pourquoi ne venait-il pas au secours de Kata ? D'accord, il avait bien d'autres prières à exaucer. Mais Dieu n'était quand même pas un centre d'appel, il ne pouvait pas être saturé... Ou peut-être que si ? "Bonjour, vous êtes bien au service après-vente de Dieu. Vous avez une prière pour un proche ? Dites : Un. Vous voulez expier un péché ? Dites : Deux. Vous êtes victime d'un supérieur ? Dites : Trois... Nous sommes désolés, toutes nos lignes sont actuellement occupées, rappelez-nous un peu plus tard... Tut... tut... tut..."

- Pourquoi fais-tu "tut-tut" ? demanda Kata en entrant dans la chambre avec les croissants qu'elle venait d'acheter.

Je ne m'étais pas rendu compte que, sous l'effet du choc, j'avais parlé tout haut. Décidement, ma raison vacillait
.
 
33.


dimanche 21 février 2010

Contes - Anne Frank.


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Article connexe :



Quelques liens utiles :

Quatrième de couverture :

L'auteur de ces Contes est une adolescente de 13 ans. Une jeune fille juive obligée de se cacher avec sa famille pour échapper aux rafles nazies. Tout en rédigeant le Journal qui va immortaliser son nom, Anne Frank échappe à son enfermement grâce à ces histoires qui témoignent d'une imagination moderne et de qualités d'écriture exceptionnelles.
Comme elle, ses personnages affichent, dans un contexte tragique, une incroyable fraîcheur de pensée et une vie intérieure rayonnante.


Mon avis :

J'ai eu une drôle de surprise en tombant sur ce livre, ou plutôt en découvrant son auteur. Ce n'est pas possible, ce livre ne peut être d'Anne Frank, mais je crois que peu porteraient le même nom et prénom qu'elle, disons que j'ai toujours cru qu'elle n'avait rien écrit d'autre que son célèbre Journal, bien que je me rappelle qu'elle avait évoqué dans son journal intime qu'elle écrivait quelques petites histoires et qu'elle s'amusait en faisant cela, mais cela ne m'est jamais, jamais, venu à l'esprit que ces dites-histoires seraient publiées un jour. Néanmoins, j'ai acheté et lu ce livre dans la même journée.

Je me sens assez coupable de lire ces contes probablement pas destinés au public à l'origine, n'étant, à l'époque où ils furent écrit, que de simples histoires écrites par une jeune fille qui voulait se divertir. Malgrè ma culpabilité, j'ai lu et pris plaisir à lire ces contes.
Le personnage central de chaque conte est une jeune fille à qui il arrive une aventure hors du commun ou forçément quelque chose de plus ou moins ordinaire qui bouleverse la vie de l'héroïne. On retrouve des thèmes du journal d'Anne Frank, ou de son quotidien comme la guerre, la question des parents et surtout de la mère, le besoin d'une "bonne" mère, l'enfermement, des infirmières, des soldats, des arrestations, des déportations, des accidents... un monde plein d'insécurité et de violence. En fin de compte, ce ne sont pas vraiment des contes, nous ne retrouvons aucune trace de merveilleux, de magie, de surnaturel car les histoires dépeignent le monde dans lequel Anne Frank vit.

Ce n'est que de la fiction, mais quiconque connaissant la vie d'Anne, notamment à travers son journal, s'aperçoit qu'elle s'inspire beaucoup de sa vie, de son quotidien pour raconter. Un accent de vérité qui va droit au coeur. Mais il y a une section dans ce livre qui permet de mieux comprendre, qui approfondit le texte en plus de quelques pages sur la vie , le monde de l'auteur avec des repères historiques et quelques photos. En quelques mots : quelques contes bouleversants qui apportent un peu d'espoir...


Extrait :  

« C'était terrible, la période que je traversais. La guerre se déchaînait autour de nous et personne ne savait si dans une heure il serait encore de ce monde. Mes parents, mes frères, mes soeurs et moi, nous habitions en ville, mais nous nous attendions soit à être évacués, soit à être obligés de nous enfuir par un autre moyen. Dans la journée, le son du canon et des coups de feu était presque continuel, les nuits étaient remplies mystérieusement d'étincelles et d'explosions soudaines qui semblaient provenir de quelque profondeur inconnue. »

La peur.

[ ! ] 19 ans aujourd'hui, ouhou, quelle émotion ~

samedi 27 décembre 2008

Le Journal d'Anne Frank.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/JournaldAnneFrank.jpgL'auteur :
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Annelies Marie Frank, plus connue sous le nom de Anne Frank, (12 juin 1929 - février ou mars 1945), était une adolescente allemande juive. Son seul écrit est son journal intime qu'elle commença en 1942, alors que sa famille et quatres amis se cachaient des nazis à Amsterdam. Par son journal, elle devint l'une des victimes de la Shoah les plus célèbres...



Quatrième de couverture : 

Ce volume présente la version définitive en langue française du journal d'Anne Frank. Ainsi que l'a montré l'édition critique publiée par Calmann-Lévy en 1989, Anne Frank avait en effet rédigé successivement deux versions de son journal, retravaillant son propre texte pour qu'il réponde à ses ambitions d'écrivain.

La présente édition comporte, à côté de la version du journal retouchée par Anne Frank, des extraits de sa première rédaction, repris sans aucun changement. L'établissement de cette édition a été confiée à l'écrivain et traductrice allemande Mirjam Pressler à l'initiative de l'Anne Frank Fonds de Bâle. Mirjam Pressler en a profité pour rétablir les passages supprimés par Otto Frank pour des raisons de décence ou de discrétion. Traduit en français par Philippe Noble et Isabelle Rosselin-Bobulesco, le texte est précédé d'un avant-propos éditorial dû à l'Anne Frank Fonds de Bâle et suivi d'un épilogue retraçant le destin d'Anne et de ses compagnons de clandestinité et de déportation.

Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. A Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s'installent clandestinement dans " l'Annexe " de l'immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa soeur Margot.


Mon avis : 

Pour une raison inconnue, l'Histoire m'a toujours passionnée, et les deux tristement célèbres mais aussi terribles guerres mondiales m'intéressent beaucoup. J'ai donc cherché des ouvrages sur le sujet, le premier choix évident était le journal d'Anne Frank. Bon, cela parle plus de la condition des juifs durant cette période, mais qu'importe ! Je pense que tout le monde devrait le lire au moins une fois, car les "on-dit" sur cet ouvrage ne suffisent pas. On devrait le lire pour savoir, savoir ce qu'on enduré les juifs pendant la seconde guerre mondiale, les horreurs de la guerre, les peurs du peuple juif...

Au début, j'ai eu cette sensation désagréable de lire quelque chose non-destiné au public à l'origine. Anne Frank avait tout d'abord écrit son journal pour elle, et c'est seulement après avoir entendu un reportage à la radio qui parlait de regrouper des témoignages sur la seconde guerre mondiale et des souffrances du peuple qu'elle a commençé à rédiger un second journal pour le public. Cet ouvrage est un peu des deux, et même si son père, Otto Frank, a supprimé les détails intimes (et encore ! il paraît qu'une nouvelle édition du Journal avec les extraits retirés intégrés est sortie, il y a des fois où je me demande ce que les éditeurs, ou les responsables du journal dans ce cas présent, ont dans la tête !), il n'empêche que ce journal est un journal intime, non destiné au public à l'origine, l'aurait-elle voulu publié ? Bien que je comprenne le désir d'Otto Frank à réaliser le souhait de sa fille à devenir écrivain, c'était étrange pour moi de lire un tel livre...

Pour parler du livre, justement, il est, selon moi, un témoignage poignant et bouleversant, c'est toujours avec une certaine émotion qu'on découvre et redécouvre les pages de ce journal, témoin de la cruauté et de la stupidité humaine. On voit à travers les yeux d'une adolescente juive l'enfer de la seconde guerre mondiale. Les personnages (enfin, si on peut les appeller ainsi, même si quelques noms ont été changés, ils ont quand même vraiment existé) sont attachants et drôles, ils sont humains quoi et ils s'efforçent de vivre comme tel même s'ils sont clandestins, juifs, obligés de se cacher. Et il est encore plus déchirant de savoir ce qui va leur arriver à la fin, d'où la brutale fin du journal, écrite comme si Anne Frank l'avait reposé pour écrire plus le lendemain. C'est comme l'effet d'une douche froide, quand on sait amérement ce qu'il s'est passé, pourquoi cette fin brusque...

Concernant Anne Frank, certains passages de son journal me donnent des frissons, c'était une jeune fille tout à fait mûre pour son âge, intelligente, avec une incroyable capacité de penser, et avec une excellente plume, un beau style d'écriture, bien maîtrisé pour son âge. Enfermée parmi des adultes, des gens plus vieux qu'elle, elle n'a pû que mûrir et grandir rapidement. Elle n'était pourtant qu'une adolescente juive parmi tant d'autres... une victime des barbareries nazies, de la folie humaine et de l'Holocauste parmi toutes ces malheureuses victimes... c'est grâce à son journal et à son père qu'elle aimait tant qu'elle s'est fait connaître. Elle parvient à nous faire ressentir mille et une émotion grâce à ses mots : rire, larmes, bouleversement, sourire, colère, peur... elle sait manier les mots.

Les seuls points noirs que je peux trouver sont tout d'abord que je trouve Anne dure avec sa mère, mais bon, c'était une adolescente, c'est l'âge bête et on a pas forçément envie de rester une petit fille sage et d'obéir à ses parents, on a tendance à réagir ainsi à l'adolescence. Sinon je juge certains passages trop long de description et d'autres inutiles, mais bon je le répète : c'est un journal, il n'était même pas destiné à être publié en premier lieu, et puis Anne Frank n'était qu'une adolescente, et tout cela ne gâche pas la lecture et n'empêche pas ce livre de rester un bouleversant témoignage d'une des tristes périodes de notre histoire...

Extr
ait :


« Je vois comment le monde se transforme lentement en un désert, j'entends plus fort, toujours plus fort, le grondement de tonnerre qui approche et nous tuera nous aussi, je ressens la souffrance de millions de personnes et pourtant, quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s'arranger, quand cette brutalité aura une fin, que le calme et la paix reviendront régner sur le monde. »