vendredi 21 juin 2024

Noblesse oblige - Maïwenn Alix.


Très chers téléspectateurs, bienvenue dans cette nouvelle saison de Noblesse Oblige !

La révolution de 1789 n'ayant pas abouti, la France est dirigée par le Roi Louis XXI. La monarchie autoritaire s'assure néanmoins le soutien du peuple en mettant en scène son faste et sa cour dans des émissions de téléréalité. Noblesse oblige est la plus regardée d'entre elles. On y suit chaque année une poignée de jeunes roturières élues, à qui l'on offre la chance de rencontrer de grands héritiers et de faire un mariage avantageux.

Gabrielle, secrètement antiroyaliste, apprend qu'elle fait partie des candidates. Une occasion rêvée d'infiltrer la monarchie et de dénoncer ce qui se cache sous le vernis de la cour. Or ce qu'elle va découvrir va bien au-delà de ce qu'elle pouvait imaginer...



Je termine le Blossom Spring Challenge (avec retard) avec ce titre qui m’a fait de l’œil dès sa sortie. Il faut dire que c’est un très bel objet. La couverture est très attrayante, et même les tranches du livre sont très jolies, avec des couleurs qui suivent celles de la couverture. Bien-sûr, la couverture seule ne fait pas le livre (même si ça aide beaucoup à le choisir), il y a aussi son résumé qui m’a attiré et qui promettait une histoire bien intéressante.



Gabrielle Lacroix travaille comme dame de compagnie chez Madame de Kerdoncuff après la déchéance de son père adoptif, un puissant industriel qui a été embastillé par le roi Louis XX et son fleuron industriel confié à la noblesse. Trahie et meurtrie, elle vit avec la rage au cœur et plein de ressentiment envers la monarchie et la noblesse qui lui ont tout pris. Elle suit, dans le secret, les actualités de ceux qui se proclament comme républicains et abolitionnistes. Ces derniers entrent en contact avec elle alors qu’elle rend visite à son père en prison, et lui font une révélation foudroyante : Gabrielle sera sélectionnée pour participer à l’émission de télé-réalité Noblesse oblige, et espèrent profiter de cette occasion pour infiltrer la Cour et dénoncer ses travers.



Gabrielle se retrouve donc du jour au lendemain au château de Versailles avec d’autres jeunes femmes, et faire la connaissance de jeunes nobles de la Cour qu’elles doivent séduire afin de parvenir à un mariage idyllique avant la fin de l’émission, sans quoi elles seront envoyées au couvent. Parmi ces prétendants, il y a le duc de Léon, veuf de Capucine, jeune candidate de l’émission de l’année dernière et qui est décédée dans des circonstances tragiques, ainsi que… le dauphin de France. Gabrielle a pour mission d’élucider le meurtre de la jeune Capucine et de se rapprocher du dauphin…



J’ai beaucoup aimé le contexte d’uchronie proposé par l’auteure, qui est celle d’une France où la Révolution de 1789 n’a pas abouti, et qui est de ce fait toujours gouvernée par une monarchie absolue avec les nobles qui ont conservé tout leurs privilèges. Afin de redorer leur blason et d’entretenir leur popularité chez le peuple, la noblesse et la monarchie se mettent en spectacle à travers des émissions de télé-réalité qui sélectionnent aussi des gens du peuple comme candidats, pour leur offrir un avant-goût de cette vie dorée et leur permettre de graver les échelons, un autre aspect que j’ai trouvé très intéressant.



Nous entrons dans les coulisses de la télé-réalité, les caméras qui suivent les candidats quotidiennement, les heures passées au maquillage et à l’habillage et le choix toujours stratégique porté à ces derniers, la même scène qui peut demander plusieurs heures de prise de caméra pour qu’elle soit parfaite, ce que j’ai trouvé très intéressant. Ici, Noblesse oblige s’inspire un peu de The Bachelor et autres émissions similaires où de jeunes élues, venant du peuple, découvrent le faste de la Cour et sont présentées à de jeunes nobles qu’elles vont coutoyer et devront séduire dans le but de faire un beau mariage et ainsi entrer dans l’aristocratie. Notre héroïne, Gabrielle, va donc évoluer en compagnie d’autres candidates qui restent malheureusement plutôt effacées au profit de l’héroïne. Seules deux d’entre elles se distinguent, Agnès et Solange, qui vont se retrouver de manière indirecte liées à l’intrigue, mais elles restent très secondaires à l’intrigue, ce que je trouve dommage. J’aurais voulu apprendre à connaître chacune des candidates et les voir évoluer dans l’émission, mais le focus se fait essentiellement sur Gabrielle, au détriment des autres.



Gabrielle est pourtant une héroïne agréable à suivre. Elle évolue dans le monde avec le cœur et l’âme d’une musicienne, la musique l’accompagne dans ses bonheurs comme dans ses malheurs, il y a souvent des notes de musique dans sa tête. Elle est aussi forte, déterminée et intelligente. C’est une protagoniste agréable à suivre, on a aucun mal à s’attacher à elle, à espérer pour elle et à craindre pour elle.



L’idée de base est très intéressante : une France dans laquelle la Révolution a échoué et où la monarchie perdure avec le clergé et la noblesse qui continuent de bénéficier de leurs privilèges, au détriment du peuple. Seulement, j’ai trouvé que le contexte socio-politique est resté très peu exploité. On ne sait pas pourquoi la Révolution n’a pas abouti. On ne sait pas grand-chose du système politique, à part que la monarchie c’est le mal, et qu’elle utilise l’exil, l’emprisonnement ou les condamnations à mort pour se débarrasser de ses ennemis politiques. C’est tout juste effleuré alors qu’avec cet univers alternatif, il y aurait tant de choses à exploiter ! L'auteure nous parle bien-sûr des conséquences et comment est construite cette France encore monarchique, mais je suis restée sur ma faim.



J’ai également été frustrée de la fin brutale du roman, et surtout son épilogue qui évacue trop rapidement toutes les questions pertinentes que l’on est amené à se poser après les événements des derniers chapitres [spoiler] le roi est mort, Gabrielle assure la régence en attendant de retrouver le véritable héritier du trône, et ensuite ? Qu’en est-il du parti républicain ? Qu’en est-il de son père adoptif ? Que se passe-t-il en France depuis la mort du roi ? Comment réagit le peuple ? Que se passe-t-il du côté des candidates ? Noblesse oblige va-t-elle continuer ou l’émission va-t-elle disparaître ? Que fera Gabrielle après tout ça ? On en sait rien et c’est très frustrant [/spoiler]. Cela dit, ça reste dans l’ensemble une uchronie réussie ! On y retrouve des complots, faux-semblants, révélations surprenantes le tout sous le glamour de la télé-réalité.



Pourtant, sous le glamour des jolies robes et des décors idylliques se cache une réalité beaucoup plus sombre que ce à quoi on s’attendait au départ. Nous sommes dans un univers où la noirceur flotte constamment et où la cruauté et la violence se voilent et se dissimule par les apparences et la télé-réalité. Attention à certaines scènes très difficiles, ce n’est pas un livre jeunesse mais plutôt Young Adult de par certaines scènes violentes et choquantes. Le récit ne laisse aucun répit tant le rythme est intense et les révélations surprenantes et cruelles.



Avec Noblesse oblige, on frôle le coup de cœur mais un peu plus de développement des autres candidates et une fin moins précipitée auraient vraiment été un plus !



Voilà comment on endort un peuple. Chaque année, on fait miroiter une forme d’ascension sociale à quelques jeunes roturières, la perspective d'un beau mariage, d'un nom, du confort matériel. Chacun peut imaginer sa fille, sa nièce, sa sœur dans cette femme anonyme. S'ils ont un garçon, il peuvent le penser susceptible d'obtenir un titre et des terres en se distinguant au sein de l'armée dans l'émission Au nom du Roy, diffusée chaque hiver. Voilà ce qui les pousse à accepter une vie de misère et une après-midi de libre par semaine : l'infime espoir que leurs enfants pourront améliorer leur condition.

dimanche 9 juin 2024

Sissi (T.4) La fiancée de Bad Ischl - Christine Féret-Fleury.

Sissi est inconsolable depuis la mort de son bien-aimé le jeune comte Richard. Malgré les attentions de sa famille, la jeune fille a perdu sa joie de vivre. 

Sa sœur Hélène, quant à elle, ne pourrait être plus heureuse : enfin, elle va épouser Franz, l’empereur d’Autriche ! Et tant pis si leur mère, la duchesse Ludovika, permet à Sissi de les accompagner à Bad Ischl pour le bal des fiançailles. 

Très vite, pourtant, Hélène remarque que Franz n’a d’yeux que pour Sissi et prend peur. Se pourrait-il que Sissi devienne la véritable fiancée de Bad Ischl ?


À peine ma lecture du troisième tome s’était-elle achevée que je me suis jetée sur le quatrième tome.



L’anniversaire de l’empereur François-Joseph approche, et c’est à la charmante station thermale de Bad Ischl que les célébrations se dérouleront, en compagnie de la famille de l’empereur comme le fleuron de l’aristocratie autrichienne. Pour sa mère, l’archiduchesse Sophie, c’est une parfaite opportunité pour annoncer ses fiançailles avec sa cousine, la princesse Hélène en Bavière. Hélène est partagée entre la joie et l’anxiété tandis que Sissi se morfond toujours suite à la disparition de son premier amour. Dans l’espoir de la distraire, Ludovika décide de l’emmener pour ce voyage à Bad Ischl. Sissi accepte cette parenthèse bienvenue. Elle ne s’attendait certainement pas à ce que les yeux de l’empereur se posent sur elle et non sa promise…



À l’instar des autres tomes, nous continuons à suivre nos deux journalistes, Elmer et Robertine, qui cherchent à réunir Anna et sa sœur, tandis que l’époux d’Anna, le hors la loi désavantagé par le droit d’aînesse, continue d’être menacé et surveillé par sa famille tyrannique. Cette partie de l’intrigue se laisse lire, mais ça reste du remplissage à mes yeux, même si j’ai prise Robertine en sympathie. Elle est le personnage le plus touchant et fascinant de ce groupe.



Mais le cœur de ce roman, c’est bien évidemment Sissi et son histoire d’amour naissante avec Franz. Nous avons enfin la rencontre tant espérée depuis le premier tome. Tout est retranscrit le plus fidèlement possible de la réalité historique, on sent que l’auteure s’est bien documentée. Elle nous dépeint le voyage pénible en calèche avec Ludovika et ses deux filles, le fait que la calèche transportant tous leurs habits et effets personnels soit arrivé en retard, tout le monde qui s’affaire autour d’Hélène pour la rendre présentable avant sa rencontre avec l’empereur, les vêtements et la coiffure de Sissi au moment de la rencontre, l’attention de François-Joseph davantage portée sur Sissi que sur Hélène, malgré tous les efforts de Sophie pour que Franz s’intéresse à sa future fiancée, Sissi flattée mais intimidée de l’attention de l’empereur, etc. L’auteure a ainsi repris de nombreux épisodes de la réalité historiques tout en en incorporant des nouvelles venant de son imagination (notamment l’intérêt amoureux de Charles-Louis pour Sissi).



La romance est donc au cœur de ce roman, et ils sont bien mignons nos deux tourtereaux. On sent déjà Franz conquis et amoureux de sa cousine, de ses charmes naturels, de sa candeur, son tempérament, sa grâce, elle est telle une nymphe des bois pour l’empereur. Si ce n’est pas encore l’amour fou du côté de Sissi, on voit bien que Franz ne la laisse pas indifférente, bien qu’avoir l’attention d’un personnage influent comme l’empereur a de quoi l’intimider, d’autant plus qu’elle ne supporte pas la vie et les usages de la cour. Cela dit, j’aurais bien voulu davantage de scènes entre Franz et Sissi, voir le développement de leurs sentiments et de leur relation, j’ai vraiment eu une sensation de trop peu, des scènes pas assez développées ou qui se terminent de façon brusque, comme la scène où Franz annonce ses fiançailles avec Sissi. J’aurais bien voulu davantage de moments et de développement entre eux, histoire de continuer à rêver un peu plus…



L’accent est également mis sur la famille, notamment la relation mère-fils entre François-Joseph et Sophie, entre François-Joseph et son frère Charles-Louis, mais aussi la relation entre Ludovika et ses deux filles. Nous avons des scènes très touchantes entre Ludovika et Sissi, elle s’aperçoit que sa fille grandit et change, et qu’elle passe de vilain petit canard à cygne, Sissi qui rétorque à sa « Mammi » qu’elle préfère rester son petit canard. J’ai aimé aussi que l’auteure consacre une scène à Hélène après les fiançailles, pour découvrir ses pensées, comment elle a perçu ce retournement de situation et ce qu’il en est concernant sa relation avec sa sœur. Ce focus sur ces différents personnages historiques et la famille de Sissi mais aussi celle de l’empereur est vraiment l’un des points qui m’a le plus attiré dans cette série. J’aurais voulu passer plus de temps avec cette famille, continuer à lire la vie de Sissi après ses fiançailles et que la relation Franz/Sissi soit plus développée. Toutefois, j’ai aimé passé du temps avec ces personnages, et je referme ce dernier tome avec un sourire aux lèvres, malgré ma frustration.

samedi 8 juin 2024

Sissi (T.3) L'écuyère masquée - Christine Féret-Fleury.



Aujourd’hui, Sissi a 15 ans. Et sa vie va changer. Car aujourd’hui elle va faire sa première apparition officielle en tant qu’Elisabeth en Bavière. 

« Notre petite Elisabeth, comme elle a grandi vite, s’attendrit le reporter Elmer. Je n’ai pas vu le temps passer. » 

Hélène, elle, est moins tendre à l’égard de sa sœur cadette. Car elle s’accroche à l’espoir d’épouser bientôt son cousin Franz, l’empereur d’Autriche, et craint que Sissi ne gâche tout…




Je poursuis ma lancée des aventures de Sissi dans ce troisième tome que je trouve plutôt en-dessous des précédents. Toutefois, la lecture reste plaisante et fluide.


Dans ce troisième tome, Sissi connaît ses premiers émois amoureux en la présence de Richard, jeune écuyer au service de son père, le duc Max en Bavière. Son premier amour, mais aussi son premier chagrin car le jeune comte Richard appartient à une petite noblesse et ne peut espérer courtiser ouvertement Sissi. Pour autant, la romance reste plutôt mignonnette et on appréciera la petite référence historique, le comte Richard et l’idylle entre lui et Sissi ayant effectivement existé [spoiler] avant la mort prématurée de Richard [/spoiler].


À l’instar des tomes précédents, nous suivons Elmer et Robertine, nos deux journalistes, qui rencontrent la sœur disparue d’Anna, rencontrée dans le second tome. Nous suivons également en parallèle Alexander, qu’Anna avait rencontré et épousé dans le second tome, en bien mauvaise posture. Ces sous-intrigues restent divertissantes, mais, comme pour les tomes précédents, je les ai trouvé moins intéressants que les chapitres autour de Sissi et sa famille.


Du côté de Sissi, elle vit donc ses premiers émois amoureux et cherche à s’introduire clandestinement – avec la complicité de Richard - dans le spectacle organisé par son père, accueillant artistes, acrobates et cavaliers, dans ce cirque où elle n’a jamais eu le droit d’entrer, pour faire un numéro d’équitation comme écuyère masquée. Ici aussi, j’ai apprécié les références historiques car ce cirque a réellement existé, ce qui met un peu en avant la personnalité unique et quelque peu excentrique de Max en Bavière. Nous retrouvons également Hélène, qui joue malheureusement un peu les garces dans ce roman à l’égard de Sissi qui se montre pourtant compatissante et à l’écoute face au chagrin d’Hélène, qui pleure du manque d’attention de son fiancé à en devenir.


Le contexte politique et historique est moins présent ici, à part la question du futur mariage de l’empereur François-Joseph. L’empereur connaît une idylle avec une jeune veuve dont il est très attaché, ce qui n’est pas au goût de sa mère, l’archiduchesse Sophie, qui le presse au sujet de ses fiançailles avec celle qu’elle lui a choisie, la princesse Hélène en Bavière. J’ai apprécié ce parallèle entre Franz et Sissi, tous deux épris d’une personne qu’ils ne peuvent prétendre épouser car leur rang l’en empêche et que cette idylle est fortement désapprouvé par les parents.


Ce tome nous laisse avec une Sissi déchirée par le chagrin et un Franz impuissant et mais acceptant de suivre la volonté de sa mère, se destinant à un mariage sans amour, pour le devoir. Autant dire que j’attends avec beaucoup d’impatience le quatrième et dernier tome dans lequel se déroulera la rencontre de Franz et Sissi à Bad Ischl.

Sissi (T.2) L'Inconnue du lac de Starnberg - Christine Féret-Fleury.


Après le séjour chez sa tante Sophie à Innsbruck, après les règles de la cour et de la vie royale, quel bonheur pour Sissi de retrouver la simplicité de la vie à Possenhofen ! Sissi disparaît des journées entières, galopant dès l’aube à travers la forêt ou accompagnant son père en balade. 

Toutes les semaines, elle reçoit une lettre de Charles-Louis qui lui révèle chaque fois un peu plus ses sentiments. Sissi est à la fois ravie et embarrassée, car elle a l’impression que sa mère et sa tante la forcent à aimer Charles-Louis en retour. 

Un jour, alors qu’elle se promène au bord du lac, Sissi découvre une jeune femme tapie derrière un buisson, blessée. Sans réfléchir, Sissi décide aussitôt de venir en aide à cette inconnue et de la recueillir en secret au château…




Je retrouve Sissi dans ce second tome dont les événements se déroulent quelques mois après le premier tome. À l’instar du premier tome, c’est une lecture détente que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. J’aime beaucoup lire les tranches de vie de Sissi et sa famille, avec les descriptions presque idylliques du château de Possenhofen entouré de sa nature sauvage avec les animaux, les promenades en forêt, son lac, les jardins. On partage l’amour de Sissi pour sa maison de Possenhofen, avec sa famille nombreuse, dont le style de vie est plus simple et moins protocolaire qu’à Vienne.


Je retrouve avec plaisir Sissi que l’on retrouve toujours aussi gaie, espiègle, un peu turbulente mais avec un cœur en or, mais on la voit commencer à s’inquiéter alors qu’elle quitte peu à peu l’enfance et que son avenir la préoccupe. Elle a en effet laissé une forte impression sur Charles-Louis, prince impérial, qui lui écrit des lettres d’amour tendre. En parallèle, l’archiduchesse Sophie nourrit des projets de mariage entre Franz, l’héritier au trône, avec Hélène, la sœur parfaite de Sissi, et entre Charles-Louis et Sissi, dans l’espoir de nouer des liens étroits entre l’Autriche et la Bavière. Si Hélène s’enthousiasme de ce projet, Sissi est contrariée de ces perspectives de mariage qui l’éloignent peu à peu de son enfance chérie et insouciante. Elle l’est d’autant plus que personne ne semble partager ses inquiétudes. Son entourage semble même la presser à répondre favorablement à Charles-Louis et trouve que Sissi n’aurait pas pu rêver meilleur parti. En effet, c’est un rêve que d’épouser un membre de la famille impériale et d’être appelée à faire partie de la cour de Vienne. N’est-ce pas le rêve de chaque jeune fille que d’épouser le prince charmant ? Sissi ne partage pourtant pas cet avis, rêvant plutôt d’épouser quelqu’un qu’elle aime, de vivre libre, heureuse et sans contrainte.


Les choses commencent donc lentement à bouger dans ce tome, avec Sissi plus consciente que jamais de son avenir et de son enfance qui prend doucement fin, Hélène qui poursuit son éducation pour se préparer à son rôle de future impératrice d’Autriche qu’on lui destine et qu’elle attend. Le contexte socio-politique est également plusieurs fois évoqué, ce qui m’a beaucoup plu, notamment avec la famille impériale qui fuit toujours Vienne, puis l’abdication de Ferdinand Ier en faveur de François-Joseph, dit « Franz » qui est couronné empereur d’Autriche. Les peuples, qui constituent l’empire comme les Hongrois, les Tchèques ou encore les Croates, se soulèvent et réclament leur indépendance, créant des mouvements de résistance et de révolution qui sèment le trouble dans l’empire. Certains mouvements sont violemment réprimés, des villes attaquées et ces révolutionnaires, nommés anarchistes, chassés et poursuivis.


Sissi prend plus que jamais connaissance de cette dure réalité à travers les conversations qu’elle entend mais aussi et surtout à travers Anna, jeune anarchiste hongroise qui a vécu à Prague et qui raconte son histoire à Sissi, notamment sur l’attaque de Prague de 1848 où elle a vu périr sa famille. Sissi compatit à sa situation et tente tant bien que mal de cacher sa nouvelle amie tout en lui offrant un toit et de la nourriture. Je pense qu’Anna est un personnage que nous serons amenés à revoir par la suite, surtout compte-tenu du fait que l’affaire autour de la disparition de sa sœur reste élucidé, et qu’on ignore si elle a survécu à l’attaque de Prague et où elle se trouve.


Nous retrouvons aussi les deux journalistes du premier tome, Elmer et Robertine (qui se travesti pour travailler sous le nom de Robert), toujours en quête d’un scoop, mais ils ne m’ont pas laissé grande impression, comme dans le premier tome. Je les trouve même inutiles la plupart du temps, mais il faut dire que je préfère davantage suivre l’histoire de Sissi et sa famille.


Je déplore également le fait que ce tome présente beaucoup moins d’illustrations par rapport au premier tome. Toutefois, c’est une histoire qui continue de se lire avec plaisir, une petite lecture détente qui fait du bien. J’ai d’autant plus apprécié les petites références au premier film Sissi avec Romy Schneider !