dimanche 1 février 2026

Ce que les corbeaux nous laissent - Sophie Leullier.



Dans les contrées normandes du IXe siècle, Tarik et Adalrik grandissent aux côtés de leur maman Galwinthe. 

Lorsque qu'Adalrik est assassiné, Tarik se mure dans le silence. Hanté par le fantôme de son frère, il grandit à la recherche d'une vengeance qu'il espère salvatrice. Noyant son chagrin dans l'alcool et les arnaques, il est convaincu que retrouver les coupables l'aidera à faire son deuil. Bercée par les croyances celtes et vikings, Galwinthe se réfugie dans l'étude de parchemins pour trouver comment guider Adalrik dans le royaume des morts.

Ensemble, ils vont découvrir que le sort d'Adalrik était scellé depuis des années. Depuis un événement dramatique lié à Galwinthe...



Dans les contrées normandes du IXe siècle, Galwinthe est une sorcière et soigneuse en exil, jouissant d’une vie paisible avec ses deux garçons, Adalrik et Tarik… jusqu’à ce que son passé la rattrape et que sa famille n’en paye le prix. La petite famille se retrouve brisée à jamais lorsque le fils aîné meurt assassiné. Témoin de la scène, le jeune frère n’aura de cesse de ruminer ses rêves de vengeance tandis que la mère tente à tout prix de reproduire les rites pour permettre de revoir son fils une dernière fois avant de lui assurer le repos éternel, car son esprit rode toujours…


Ce que les corbeaux nous laissent est un récit fort et poignant, sous fond de décors viking et médiéval, qui raconte les différentes phases d’un deuil suite à une mort survenue brutalement et soudainement, de la lente et difficile période de reconstruction, mais aussi de vengeance et du prix que cela demande. Galwinthe se plonge dans le travail et se réfugie dans ses croyances, tout en se coupant du reste du monde, dans le but de retrouver le corps de son fils pour faire son deuil, et lui donner une sépulture pour lui permettre de reposer enfin en paix. Quand à Tarik, il est ombrageux et est rongé par la vengeance qui le consume à petit feu, sourd à sa mère et aux conseils bien avisés de son employeur, tandis qu’il se retrouve également hanté par le fantôme de son frère, et qu’il culpabilise de n’avoir su le sauver. Noyant son chagrin dans l’alcool et les arnaques, il est convaincu que retrouver les coupables l’aidera à faire son deuil.



À travers cette histoire, on fait également face à la condition des femmes, accusées en premier des maux qui s'abattent sur une communauté. On suit également une mère et son fils, survivants d’une tragédie brutale, et le chemin choisi face au deuil. C’est une histoire pleine d’émotion qui parle de deuil et de vengeance, mais qui est également douce-amère avec Aldarik qui s’adresse à son frère et tente de le déguiser, la lente reconstruction de Tarik et sa mère. J’ai aimé que le récit mélange les croyances celtes et vikings et nous fasse naviguer entre le monde des morts et celui des vivants. C’est une lecture poignante, parfois violente, mais qui se termine avec un peu d’espoir et de couleur. J’ai bien aimé les graphismes et les couleurs, certaines pages rappellent les enluminures des ouvrages médiévaux.


En résumé, une bande-dessinée poignante et brutale, qui mélange les croyances celtes et vikings, avec une atmosphère mythique et mystique, une histoire aux tons doux et amers qui ne laisse pas indifférent.


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