Carlo est aussi journaliste et écrivain, sous le pseudonyme de Collodi. Entre ces deux êtres que tout sépare (âge, sexe, statut social…) va naître une improbable amitié qui durera toute leur vie, et même au-delà de la mort, pour donner naissance à l’un des chefs-d'œuvre de la littérature italienne et mondiale : Pinocchio.
Si je devais penser à Pinocchio, mes pensées se tourneraient automatiquement vers le célèbre film animé de Disney. Tout en sachant que Pinocchio est un roman de l’italien Carlo Collodi, je ne sais presque rien de l’histoire d’origine… juste qu’elle est bien loin de la version édulcorée de Disney (sachant que le film a quelques scènes bien traumatisantes, je n’ose imaginer à quel point le roman peut être plus sombre !).
Avec La Fille aux cheveux turquoise, c’est un pan de la vie de l’auteur, mais aussi de l’histoire de l’Italie, que je découvre à travers la vie de Giovanna Ragionieri. Cette petite fille, avec qui Collodi va tisser des liens d’amitié profonds et qui a inspiré le personnage de la fée bleue, de par sa jolie chevelure blonde si claire que l’on pouvait y voir le soleil se refléter. C’est une jolie histoire d’amitié entre un monsieur fantasque et poétique et une petite fille espiègle qui se noue, malgré la différence d’âge et le statut social. Peut-être cette amitié a-t-elle été romancée, elle n’en demeure pas moins touchante, traversant les frontières de la mort, avec Giovanna qui vivra toute sa vie avec le souvenir de son cher ami mais aussi de sa marionnette de fiction. C’est un duo improbable et émouvant qui va mutuellement apporter quelque chose à l’autre.
Plus que la vie de Collodi, c’est celle de Giovanna qui se tisse sous nos yeux. Depuis son enfance, en tant que fille du jardinier du frère de Collodi, jusqu’à son adolescence, puis ses années d’adulte et la fin de sa vie. En parallèle, nous sommes indirectement témoin des changements qui bouleversent l’Italie des années 1870 à la grande guerre, puis la montée du fascisme, la seconde guerre mondiale jusqu’aux années 1990. C’est doux et amer à la fois. Il est question de deuil, d’un monde qui se transforme jusqu’à devenir parfois méconnaissable, mais le récit véhicule aussi des thèmes comme l’amitié, la loyauté, le désir de transmettre une foi en la vie et en l’imaginaire.
Cette bande-dessinée a aussi été l’occasion pour moi de découvrir à quel point Pinocchio est un monument national en Italie, un peu comme notre Petit Prince. C’est une histoire qui a marqué plusieurs générations et qui poussera Giovanna, vers la fin de sa vie, à raconter son histoire avec Collodi, pour perdurer la magie et l’émerveillement auprès des enfants comme des adultes.
J’ai eu un petit coup de cœur pour cette bande-dessinée qui nous offre un récit doux-amer, alternant le rire et les larmes, mélangeant nostalgie et émerveillement. Une histoire sensible et émouvante que je conseille chaleureusement la lecture !

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