dimanche 22 mars 2026

Les Disparus du Pays Imaginaire - Aiden Thomas.



Lorsque des enfants disparaissent dans la petite ville d'Astoria, tous les regards se portent sur Wendy...

Il y a cinq ans, Wendy a été portée disparue avec ses deux petits frères. Elle sera retrouvée au bout de six mois, seule, dans les bois !

Quelques années plus tard, deux enfants disparaissent à nouveau, rappelant à Wendy de sombres souvenirs. Alors qu'elle rentre chez elle par une route sombre à travers bois, au volant de son pick-up, une forme gisant sur la chaussée l'oblige à s'arrêter. Il s'agit d'un jeune garçon qui prétend connaître Wendy et pourrait bien être la clé du mystère entourant toutes ces disparitions d'enfants.

Il s'appelle Peter !



Les Disparus du Pays Imaginaire est une réécriture de Peter Pan qui m’a un peu déconcerté, puisque cela se passe à notre époque, mais aussi parce que, pendant une bonne partie du roman, il ne se passe pas grand-chose. Une fois qu’on s’habitue au fait que Wendy a un téléphone portable et conduit une voiture, et au rythme lent du récit, l’histoire qui nous est présentée est intéressante !


Wendy a ici 18 ans, elle est étudiante pour devenir infirmière, mais elle vit avec un poids sur la conscience. Cinq ans plus tôt, elle et ses frères ont disparu dans la forêt. Seule Wendy est revenue, sans aucun souvenir de ce qu’il s’est passé. À présent jeune adulte, elle remarque de plus en plus de disparitions d’enfants, faisant remonter en elle ses souvenirs et sa culpabilité… mais aussi des rêves concernant Peter Pan et le Pays Imaginaire. Impossible, pourtant, puisque ce ne sont que des histoires que sa mère lui racontait. Et pourtant, ce jeune garçon qui a débarqué dans sa vie en prétendant la connaître, et qui se nomme Peter, pourrait bien être la chance de Wendy pour retrouver la trace de ses frères, ainsi que des autres enfants disparus.


L’histoire présente du potentiel, entre la mystérieuse disparition des enfants, les retrouvailles entre Peter et Wendy, et Wendy qui retrouve ses souvenirs au compte-goutte concernant le soir où ses frères et elles ont disparu, mais aussi l’ombre de Peter qui s’est rebellée et œuvre contre lui, comme une sorte de jumeau maléfique. J’ai aussi aimé la relation entre Peter et Wendy qui est vraiment touchante, avec l’attachement qui les lient l’un à l’autre, et ce que Peter fait pour Wendy. La romance est touchante, sans prendre trop de place.


Le problème reste le rythme. On tourne en rond, il y a des longueurs et des répétitions, l’intrigue traîne plus que nécessaire. Je me suis souvent demandée où l’auteur voulait en venir, et l’intérêt de faire autant traîner les choses. L’auteur s'évertue à décrire des paragraphes entiers sur des actions triviales, et les moindres faits et gestes de Wendy, alourdissant le récit. Le récit aurait vraiment gagné en qualité et en rythme si tous ces passages inutiles avaient été retirés pour mieux développer la fin qui a été vraiment trop expéditive compte tenu du potentiel qu'elle avait. Quelle frustration !


J’avoue aussi avoir été un peu déçue de ne pas avoir retrouvé des éléments qui constituent l’histoire, voire même l’essence de Peter Pan, comme le capitaine Crochet, la fée Clochette, les pirates, etc. Alors, certes, peut-être n’auraient-ils pas servi à l’intrigue, mais j’aurais apprécié de les voir mentionnés au moins une fois. Cela aurait apporté un peu plus de fantastique à ce récit.


Cela dit, j’ai aimé l’ambiance sombre et pesante qui enveloppe le récit, ainsi que les thèmes qui sont abordés. On nous parle du deuil que Wendy et ses parents ne peuvent pas faire puisque le mystère plane autour de John et Michael. Sont-ils encore en vie ? Retenus au Pays Imaginaire ? L’incertitude plane jusqu’à la fin concernant leur sort. On ressent plus que jamais la douleur et le déchirement de leur absence, et cette incertitude qui nous fait craindre le pire comme espérer le meilleur. Personnellement, je m’attendais à une telle fin, elle apporte un sentiment à la fois doux et amer, ce qui est assez rare dans la fiction jeunesse je trouve. L’amour de Wendy pour ses frères est très touchant, au point d’en avoir versé ma petite larme à un moment.


Le traumatisme est aussi un élément central du roman, puisque Wendy ne se souvient de rien concernant sa disparition et celle de ses frères. Pendant les 3/4 du roman, nous ignorons ce qu'elle a vécu, mais nous comprenons petit à petit que le choc a été si important pour elle que son cerveau a tout effacé, enfoui profondément dans sa mémoire. Elle éprouve également la culpabilité du survivant, et parvient difficilement à avancer à cause de cela. Ses frères sont sa motivation, et malgré leur absence, elle songe si souvent à eux que leur souvenir est omniprésent dans le récit.


Si l'enquête met du temps à démarrer, le suspens est là tout au long de la lecture, autour de cette étrange forêt et de la disparition des enfants. C'est une réécriture de Peter Pan assez sombre et mélancolique qui traite du traumatisme et du deuil. Même si je lui ai trouvé des longueurs, j'ai aimé la fin qui était très touchante.


En résumé, une lecture en demi-teinte. Il y a du très bon, comme les thèmes du deuil et du traumatisme décrits avec brio, la revisite du conte de Peter Pan réécrit de manière plus sombre et originale, l’ombre de Peter Pan comme double maléfique, et la relation Peter/Wendy est très touchante. Malheureusement, les aspects négatifs (les longueurs interminables, le manque de magie, le côté moderne) ont entaché mon appréciation. Ce roman ne laissera pas de trace impérissable, et j'en suis la première déçue.


Ce n'est pas pour rien que les ombres sont attachées aux gens. Ce sont des créatures maléfiques. Pas comme les fées, qui mettent le bazar parce que ca les amuse. Les ombres sont faites de toutes les parties négatives de nous-même. Elles se nourrissent des mauvaises pensées, de la peur, de l'inquiétude, de la tristesse et de la culpabilité.


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