Vous vous trompez.
Vous ne les connaissez pas le moins du monde.
Un prince qui vit un éveil surprenant...
Une belle qui se bat comme une bête...
Un garçon qui refuse de devenir une proie...
Un chemin vers le bonheur qui est perdu... Puis retrouvé.
La Belle et les Bêtes est un recueil d’histoires courtes, et plus exactement une réécriture des différents contes qui ont bercé notre enfance. Pour ma part, ce fut une belle découverte. L’objet-livre en lui-même est très beau, il s’agit d’une édition brochée, et de jolies illustrations agrémentent les différents contes qui nous sont présentés.
Les réécritures de contes se font déjà depuis un bout de temps dans le domaine de la littérature, mais quand une formule fonctionne, ce serait dommage de s’en priver. J’aime beaucoup l’univers des contes, et chaque réécriture peut proposer quelque chose d’intéressant. Ce que j’ai beaucoup apprécié ici, c’est la manière dont l’auteur s’approprie ces histoires pour leur donner un autre souffle et les faire entrer dans l’ère du temps, et donner la part belle à la diversité.
Nous avons des personnages LGBT, des personnages appartenant à des ethnies différentes (et pas uniquement centré en Europe), des personnages féministes… et des histoires mettant en avant des problématiques et thématiques de notre société (la condition de la femme, notamment).
Ainsi, nous avons une version du Petit chaperon rouge plus féministe où le village sacrifie aux loups ses filles les moins belles, mais le chaperon rouge entend ne pas se laisser faire ; une Blanche-Neige à la peau noire comme l’ébène qui résiste contre sa belle-mère ; un Bel au bois dormant qui reçoit la visite d’un être buvant son sang chaque nuit ; une Raiponce qui rêve de liberté mais qui n’entend pas partir avec le premier prince venu ; un Jack considéré comme un bon à rien par sa mère et qui voit sa vie changer grâce à un haricot magique. Ou encore et si Hansel et Gretel se passait en Inde et la sorcière n’est pas celle à laquelle on pense, ou La Belle et la Bête en Chine et l’histoire qui ne se finit pas de la façon qu’on pensait, que Barbe-Bleue ne choisit plus de femmes mais de jeunes garçons de l’orphelinat mais que Pietro entend bien survivre à cette histoire, que Cendrillon se passe en Espagne et qu’elle se soit liée d’amitié avec une drôle de souris, que la sorcière des mers préfère plutôt débattre avec la sirène sur la nécessité d’avoir des jambes et son amour pour le prince, que Rumplestiltskin est le diable en personne, ou que Wendy raconte une toute autre version de Peter Pan.
Les contes n’ont pas provoqué chez moi le même intérêt. J’ai été assez déconcertée et déçue de La Belle et la Bête (mon conte préféré, dommage), j’aurais voulu que celui sur La Petite Sirène ne soit pas aussi court, et je ne suis pas sûre d’avoir compris l’issue de La Belle et la Bête ou du Bel au Bois Dormant. Malgré tout, j’ai apprécié la lecture de chacun d’entre eux. J’ai aimé la diversité de ces contes, les messages véhiculés, et de la façon de l’auteur de les réinventer. J’ai aimé sa plume, son imagination et son originalité. J’ai été particulièrement touchée par sa version de Jack et le Haricot Magique, ou d’Hansel et Gretel alors que ce ne sont pas habituellement les contes que j’aime le plus dans leur version d’origine. J’ai aimé aussi le fait qu’il conserve l’aspect sombre de ces contes. Comme les contes dont il s’inspire, il n’édulcore rien et certains contes ont même une fin douce-amère, mais la plupart des contes finit sur une note heureuse, offrant aux héros un « heureux pour toujours » bien mérité.
En résumé, une très bonne découverte ! En plus d’être un très bel objet, le livre nous propose des réécritures de contes de fées originales, percutantes, parfois sombres, et qui donnent la part belle à la diversité. J’ai passé un très agréable moment de lecture !
Mais bientôt, il sera réveillé par un doux jet de lait, et il réalisera que sa vache a grandi, comme lui, contre toute attente, comme un haricot qui germe dans le ciel, comme un haricot que les gens qualifient de magique, alors que la seule magie dont il ait jamais eu besoin, c'est l'amour.

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