jeudi 16 juillet 2009

Les chroniques des vampires (T.3) La reine des damnés - Anne Rice.


Quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s'improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l'humanité sa condition de mort vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu'il ne leur dit que la vérité. 

Mais, avec sa "musique à réveiller les morts", Lestat ne s'est pas seulement fait des ennemis parmi ses frères qui le considèrent comme un traître et se sont décidés à le détruire, il a aussi arraché à son sommeil millénaire Akasha, la Mère de tous les vampires, la reine des damnés. Akasha qui ne rêve que de régner à nouveau sur les mortels.

 



Dans ce troisième tome de la saga, Lestat de Lioncourt, vampire, est devenu une star du rock et raconte son passé et sa vie de vampire dans ses chansons, ce qui est loin de plaire à tout le monde, notamment des vampires furieux de découvrir leur secret dévoilé dans les chansons de Lestat, mais tel est bien le cadet de leur soucis puisque, contre toute attente, la musique de Lestat a réveillé de son sommeil comateux la plus terrible et puissante des vampires : la reine Akasha, souveraine des non-morts. Enlevant Lestat, elle projette de le séduire et entend accomplir son projet de renverser la société patriarcale pour dominer sur un monde qu'elle façonnera à sa façon, avec Lestat à ses côtés... stupéfiant Lestat et les autres vampires.

Voilà un tome bien particulier ! Passé la surprise de voir Lestat en star du rock, le style d'Anne Rice, bien que toujours plaisant, est très baroque. Il y a de nombreuses digressions, de nombreux flash-back, une multitude de détails dont on ne voit pas nécessairement l'utilité, des phrases longues et ampoulées... Tout cela rend parfois, il est vrai, la lecture laborieuse et le style lourd. Cela dit, ça reste poétique et envoûtant, sans oublier la petite touche d'humour (par exemple, Armand qui réveille son amant en pleine nuit pour voir comment fonctionne le téléphone !)

Toutefois, elle développe bien les pensées de ses personnages, alternant les points de vue, car ils sont nombreux, nos personnages : Outre Lestat et la terrible et énigmatique Akasha, on y retrouve Louis (trop peu présent à mon goût), Armand, Marius le créateur d'Armand, David du Tamalasca (une organisation qui enquête sur le paranormal), Danielle la mère de Lestat, etc. J'ai beaucoup apprécié revoir Louis et Armand, ainsi que Daniel, le journaliste du premier tome et qui est devenu l'amant d'Armand, et faire la rencontre des personnages que je ne connaissais pas. Mais surtout, quel plaisir de revoir le duo Lestat/Louis, ils n'ont pas perdu de leur complicité et de leurs vieilles habitudes et le souvenir de leur fille Claudia reste bien présent en eux.

Avec sa panoplie de personnages, ce tome se présente un peu comme une sorte de grande réunion familiale où les anciens personnages reviennent et des nouveaux complètent le casting, et tout ce beau monde est aux prises avec leurs problématiques personnelles mais aussi un problème commun, à savoir la menace d'Akasha. Ces personnages nous font nous poser des questions sur eux, leur vie, leur lien avec d'autres personnages. Peut-être cela invite-t-il à d'autres tomes qui leur seront consacrés. J'ai déjà hâte !

J'ai donc aimé le choix d'Anne Rice d'alterner les points de vue, on découvre plein de personnages intéressants, bien que Lestat soit au cœur de l'histoire, nous avons une panoplie de vampires puis quelques mortels. Dans cette histoire, on voit des millénaires d'histoire sous les yeux des personnages. Ce tome doit être l'un des sommets des œuvres de l'auteure : véritable voyage dans le temps de l'Egypte ancienne jusqu'à nos jours, conciles vampiriques, noirceur ambiante, meurtres, scènes d'amour à la façon vampire... parce que violence et amour sont de paire avec le vampirisme.

Ce tome entraîne ses lecteurs jusqu'aux sources même de l'Histoire, afin d'y découvrir les origines de la race des vampires, leurs agissements dans l'Histoire, l'espèce en général. Je dois dire que le travail d'Anne Rice pour faire ces origines des vampires est colossal tant la mythologie qu'elle a crée autour de ses vampires est riche et aboutie, elle regroupe beaucoup de théories et d'histoire sur les vampires. Le sujet avait à peine été effleuré dans le tome 1, ici nous sommes servis et quel bonheur ce fut d'avoir la réponse à nos questions et bien plus.

C'est sans doute l'un des romans les plus réussis d'Anne Rice, l'un de mes préférés. Son style et son imagination m'ont encore emballée des heures durant. Toutefois, aussi prenante l'histoire soit-elle, je déconseillerais ce livre pour découvrir un premier Anne Rice, car le style pourrait alors paraître lourd, lassant, spécial. C'est un texte parfois complexe et développé, un peu plus que les autres romans de l'auteure. 



- Lestat !
- Louis ! fis-je en le singeant.
Je me levai et le hissai sur ses pieds, non pas parce qu'il avait besoin qu'on l'aide, mais parce qu'il restait là, à me résister et à se creuser les méninges pour savoir comment me contrer, ce qui constituait une perte de temps totale.
- Lestat, Marius sera furieux si tu fais ça ! me menaça-t-il, les traits tendus, les pommettes plus saillantes que jamais, ses yeux verts pénétrants, la physionomie brillant d'un feu admirable. La règle fondamentale est...
- Là, tu me mets l'eau à la bouche, Louis
.


Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll.

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L'auteur :

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Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, (27 janvier 1832 - 14 janvier 1898), était un écrivain, photographe et mathématicien britannique. Il a surtout connu la célébrité grâce à ses oeuvres mettant en scène une petite fille nommée Alice, perdue dans le monde des merveilles...



Lecture en ligne du roman.


Quatrième de couverture :

Quand le Lapin sortit une montre de son gousset, la regarda et reprit sa course, Alice se leva d'un bond car, en un éclair, elle réalisa qu'elle n'avait jamais vu un lapin avec un gousset et une montre à en sortir. Dévorée de curiosité, elle le suivit à travers champs, et eut juste le temps de le voir s'engouffrer dans un vaste terrier sous la haie.

Pourquoi Alice s'étonnerait-elle alors de rencontrer chemin faisant une Reine de Coeur, un Griffon, un Chapelier, un Lièvre de Mars ou de prendre le thé chez des fous ? C'est au pays des merveilles que l'a entraînée le lapin blanc, un pays où elle ne cesse de changer de taille, et où tout peut arriver. Un pays que Lewis Carroll met en scène avec une rigueur impeccable dans la loufoquerie. Loin de la mièvrerie du conte enfantin, cette nouvelle traduction restitue au texte anglais toute sa verdeur mathématique.


Mon avis :

Lu juste après Peter Pan, parce que j'étais nostalgique des histoires qui ont berçé mon enfance, pas inquiète du fait que ma mère me demandait si je n'étais pas retombée en enfance, lol. Il n'y a pas d'âge pour relire de vieux contes.


Un jour, Alice s'ennuyait, fatiguée d'être assise à ne rien faire, ne s'interessant pas au livre que lisait sa soeur car il ne comportait ni images ni dialogues. Dans son ennui, elle est stupéfaite de remarquer un lapin blanc avec une montre à gousset, s'écriant qu'il était en retard. Un lapin blanc qui parle, qui porte des habits et qui se dit en retard pour quelque chose, cela suffit pour une Alice dévorée par la curiosité de suivre le lapin blanc jusque dans le vaste terrier où il disparaît et qui mène dans le plus incroyable des mondes... un monde qui ne cesse de changer, un monde pour le moins étrange, un monde aux habitants bizarres et originaux... le pays des Merveilles !



C'est un très grand classique que l'on doit lire au moins une fois dans sa vie, ça peut se lire à tout âge, je pense que le monde étrange et enchanteur de Lewis Carroll saura enchanter petits et grands. En plus, le livre et les chapitres sont courts et bref, donc ça passe très bien pour la lecture, le style de l'auteur est abordable pour tous, rempli d'humour et de 'private jokes' entre lui et les enfants/lecteurs. C'est un conte agréable à lire, une histoire terriblement originale, avec des reflexions drôles et même absurbes, avec des jeux de mots (plus visibles dans la VO, parait-il), avec des élèments franchement drôles et originaux. Un conte qui nous remettent en question, mais pour savoir de quoi, je vous laisse lire le roman. C'est un univers dense libre à de nombreuses interprétations.

Une fabuleuse façon de retomber en enfance, un conte drôle et moqueur sur la société anglaise de l'époque, un monde loufoque et fascinant, de même pour les personnages, des personnages plutôt effrayants pour certains, égoïstes ou avec un petit quelque chose d'angoissant, c'est d'ailleurs un monde angoissant, gouverné par l'illogisme, l'incompréhension et le 'désordre', mais un monde pourtant intéressant, fascinant. Pour Alice... bon, j'avoue que parfois, elle peut- être agaçante, mais je l'aime bien quand même, et ouis, avouons-le : on aurait réagis comme elle à sa place. En tout cas, c'était une histoire joliment racontée, et on dit "bravo" à Lewis Carroll pour son imagination, l'originalité de son monde loufoque !


[Edit 02/10] Je l'étudie en ce moment en Littérature de Jeunesse, et je dois avouer que c'est vraiment intéressant. Une histoire écrite pour une enfant en particulier, Alice Lidell, pour son anniversaire par un homme qui préférait la compagnie des enfants à celle des adultes qu'il craignait.

Extrait :

Cela n'avait rien de si extraordinaire ; Alice ne trouva pas non plus si étrange de l'entendre (le lapin) parler tout seul : "Oh ! la la ! Oh ! la la ! je vais être en retard !" (lorsqu'elle y repensa, après coup, elle se dit qu'elle aurait dû s'en étonner, mais sur le moment, cela lui paru tout à fait naturel) ; mais quand le Lapin sortit une montre de son gousset, la regarda et reprit sa course, Alice se leva d'un bond, car, en un éclair, elle réalisa qu'elle n'avait jamais vu un lapin avec un gousset et une montre à en sortir. Dévorée de curiosité, elle le suivit à travers champs et eut juste le temps de le voir s'engouffrer dans un vaste terrier sous la haie."

Chapitre I. Dans le terrier du Lapin.

mardi 14 juillet 2009

Peter Pan - James Barrie.

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 L'auteur :


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Sir James Matthew Barrie, (09 mai 1890 - 19 juin 1937), était un écrivain et dramaturge écossais notamment connu pour être l'auteur de Peter Pan. Il était également un ami de sir Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes.






Quatrième de couverture : 

Peter Pan est bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge et ignore ce qu'est un baiser. Wendy est intriguée par ce garçon et la lumière tintinnabulante qui l'accompagne partout - la fée Clochette. D'où viennent-ils ? « Je me suis enfui le jour de ma naissance, répond Peter Pan. Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d'où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée. » Wendy et ses deux frères, John et Michael, n'hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l'île merveilleuse, au pays de l'Imaginaire...


Mon avis : 


J'ai le livre dans ma bibliothèque depuis longtemps, et pourtant je l'ai lu il y a pas longtemps, honte sur moi ! Alors que Peter Pan est l'une des histoires qui a bercé mon enfance, l'une de mes histoires préférées, un conte qui m'aura marqué. Comment ne pas aimer ce monde plein de magie, de pirates, fées, indiens, des enfants qui ne grandissent pas ?

Les Darling ainsi que leur trois enfants : Wendy, John et Michael, et leur nurse : une chienne terre-neuve nommée Nana, vivent à Londres au XXéme siècle. C'était une famille tout ce qu'il y avait de normal et calme jusqu'à l'arrivée d'un petit garçon qui ne veut pas grandir : Peter Pan, dont les enfants parlent si souvent. Les parents refusent d'y croire jusqu'à ce que Nana n’attrape une ombre... une ombre que Peter Pan vient récupérer une nuit, profitant de l'absence des parents et du fait que Nana soit attachée à l'extérieur. En essayant de recoller son ombre, il réveille la jeune Wendy... Peter n'hésite pas à attirer Wendy jusqu'au Pays Imaginaire, ainsi que John et Michael. Le Pays Imaginaire où se trouvent les Garçons Perdus, les indiens, les fées, les sirènes, le crocodile qui a avalé un réveil, et surtout le capitaine Crochet et ses pirates !

Le livre est tout simplement magnifique, joliment raconté, parfois moqueur (mais pas trop) sur la société anglaise du XXeme siècle, surtout en la personne de Mr Darling qui est très à cheval sur ses comptes et son argent. C'est une hymne à l'enfance, une histoire qui fascine et enchante, on a aucun de mal à s'y plonger. C'est une belle histoire sortie tout droit de l'étonnante plume de James Barrie, un grand ami de Conan Doyle. Parfois triste et dramatique surtout à la fin du roman, où du personnage de Peter en lui-même. On plonge dans cet univers, dans Le Monde Imaginaire, on y croit, comme si on était retombé en enfance. C'est amusant, aussi loufoque qu'Alice de Lewis Carroll, mais beaucoup plus dans le genre du fantastique. Un peu adulte (il y a beaucoup de combats où l'un trucide l'autre par exemple)


A noter que même si j'ai été enchantée de ce roman, j'ai été étonnée à certains points (notamment les combats réguliers, le caractère arrogant de Peter) c'est vraiment pas la version de Disney ! Mais personnellement, ça ne m'a pas plus gênée que ça car ce livre reste l'un des plus beaux que j'aie jamais lu ! Encore mieux que Alice au pays des merveilles. A lire !

A voir pour les amoureux de Peter Pan :




Les films : Hook (ou La revanche du capitaine Crochet), Neverland et Peter Pan (film de 2003). Trois beaux films sur l'oeuvre de James Barrie qui valent la peine d'être vus !

- Hook exploite l'idée d'un Peter Pan qui a choisi d'abandonner le Pays Imaginaire et son enfance pour Mohera, la petite fille de Wendy, qu'il a épousé et devient père de deux enfants : Jack et Maggie. Devenu trop sérieux et beaucoup trop occupé par son travail, il néglige sa famille, ses enfants et a tout oublié de sa vie au Pays Imaginaire. Mais le capitaine Crochet n'a pas dit son dernier mot et enlève les enfants de Peter pour l'obliger à revenir au pays Imaginaire pour l'affronter. Mais Peter a oublié l'essentiel : comment voler, comment se battre, comment retrouver son âme d'enfant...

- Neverland/Finding Neverland se centre sur l'auteur, James Barrie, en triste situation : auteur en manque d'inspiration, son mariage bat de l'aile et sa dernière oeuvre littéraire est un désastre. Mais un jour, alors qu'il se promène dans un parc, il fait la connaissance d'une veuve et de ses quatre enfants avec qui il se lie d'amitié. Une amitié très forte qui signera la naissance du chef d'oeuvre de Barrie : Peter Pan...

- Peter Pan, le film de 2003, est une très bonne adaptation du roman de l'auteur, un film enchanteur, magique, avec une magnifique soundtrack, qui nous fait retomber en enfance !





Extrait : 

Tous les enfants, hormis un seul, grandissent. Ils savent très tôt qu'ils doivent grandir. Voici comment Wendy l'apprit à son tour : elle avait deux ans et cueillait des fleurs dans un jardin ; elle en cueillit une autre encore et courut l'offrir à sa mère. Elle devait être bien adorable en cet instant, car Mme Darling, portant la main à son coeur, s'écria : "Si tu pouvais rester toujours ainsi !" Elle n'en dit pas plus long, mais dorénavant Wendy sut qu'il lui faudrait grandir. Dès qu'on a deux ans, on n'y échappe pas, on sait. Deux est le commençement de la fin.

Chapitre 1. Peter débarque.

jeudi 2 juillet 2009

Les chroniques des vampires (T.7) Merrick - Anne Rice.


Parente pauvre du clan des Mayfair, inssue d'une branche afro-américaine de la famille, descendante des sorcières blanches qu'elle connaissait à peine, Merrick était venue voir, vingt ans plus tôt, le Talamasca, s'aventurant dans la maison mère de Louisiane pour dire : 'J'ai entendu parler de vous et j'ai besoin de votre aide. Je vois des choses. Je sais parler avec les morts.' 

Or justement, aujourd'hui, quelqu'un a désespérément besoin de ce talent particulier : Louis de Pointe du Lac, qui sombre peu à peu dans la folie et la détresse, a appris que le fantôme de sa 'fille', la petite Claudia, ne parvient pas à trouver le repos. Etrangement, la rencontre entre le vampire et la sorcière d'une exceptionnelle beauté prend l'allure d'un coup de foudre. mais leur attirance mutuelle ne risque-t-elle pas de les amener à un dénouement tragique ?





J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture envoûtante d'Anne Rice et ses vampires, mais je dois vous avouer ma frustration... Je ne pensais pas que ses livres seraient si difficiles à trouver ! Ils sont pratiquement introuvables en librairies et les prix sur les sites de vente sont souvent onéreux... Seul tome que j'ai pu trouver en médiathèque, Merrick se présente comme un cross-over avec la saga des vampires et une autre saga de l'auteure sur des sorcières.

Je découvre dans ce tome un personnage nommé David Talbot, vampirisé par Lestat dans un tome précédent, qui, pour aider son "frère de sang" Louis de Pointe du Lac, rencontre la sorcière Merrick du clan des Mayfair qu'il avait déjà connu de sa vie de mortel. Sa requête est la suivante : faire appel au fantôme de Claudia, la petite fille vampire qui fut pendant soixante ans la fille de Louis et Lestat de Lioncourt. En effet, Louis est rongé par le passé et par le souvenir de la petite Claudia. Mais cette demande pourrait risquer d'avoir de fâcheuses conséquences, car faire appel aux morts, qui plus est à un vampire mort, n'est pas sans danger...

Je dois avouer avoir eu quelques moments de confusion puisque je suis passée du tome 1 au tome 7 dans ma lecture, ainsi il y a des personnages et références à des événements des tomes précédents, ainsi j'ai eu quelques moments de confusion et d'égarement. Cela dit, j'ai retrouvé l'écriture de l'auteur si belle, envoûtante, riche, sans vocabulaire complexe. Sa plume est belle, les descriptions sont presque magiques, magnifiques, surtout lorsqu'elle décrit la Nouvelle-Orléans, elle donne à ce lieu une atmosphère particulière et attirante.

J'aime vraiment le style de l'auteur qui m'a transporté tout au long du roman, bien que l'intrigue mette du temps à se mettre en place, le vrai point du roman arrive assez tard dans le récit et l'histoire met du temps à décoller. C'est vraiment les derniers chapitres qui m'ont accroché, à savoir la rencontre entre Louis et Merrick, la communication avec les fantômes, l'éveil de Lestat, les états d'âme de Louis, ainsi que d'autres scènes que je ne dévoilerais pas afin de ne pas spoiler.

Mais ce fut un véritable bonheur de retrouver les personnages du tome un comme Louis mon préféré, qu'on voit moins souvent ainsi que le trio Lestat/Louis/Claudia [ bien que Lestat soit affreusement absent et ne revient qu'à la fin et que Claudia soit revenue en fantôme, ou plutôt une version cruelle d'un esprit ressemblant à Claudia ]. On suit également David Talbot qui se révèle être un narrateur plutôt intéressant. 
Il a une vision assez spéciale de certaines choses, ce qui apporte une certaine originalité à l'histoire, mais qu'est-ce qu'il peut radoter parfois ! Concernant Merrick, je suis mitigée. Elle a un côté fascinant mais certaines de ses actions m'ont déplu [ comme manipuler Louis et/ou David, hypnotiser Louis pour être changée en vampire, jouer avec les sentiments de Louis puis préférer David ], mais je ne me fais guère d'opinion sur elle, elle ne m'a pas spécialement marquée mais je dois avouer que le mélange de l'univers des Sorcières Mayfair et des Chroniques des vampires était réussi, cette présence de magie, de surnaturel, d'appel au fantôme, ce voyage dans l'univers des vampires dans la Nouvelle-Orléans... mais je dois dire que ce qui fut le plus intéressant à découvrir était [ la métamorphose de Louis. En buvant le sang de trois vampires dont celui de Lestat qui est vieux et puissant, Louis devient un vampire plus fort, plus puissant et c'est une nouvelle évolution dont on ne sait rien à part que Louis perdra peut-être une partie de son humanité. Mais ce moment-là, l'auteur nous laisse l'imaginer, tout comme les retrouvailles de Louis et Lestat, dommage, dommage... ] Mais ce fut une lecture franchement très sympathique !



 
Je pensai à l'immense amour que j'éprouvais pour Louis depuis que j'étais devenu le novice de Lestat. Je me sentais profondément dépendant de sa présence, j'étais prêt à tout pour lui. Par moments, Lestat et Armand eux-mêmes avaient été handicapés par les sentiments qu'il leur inspirait. Louis n'avait nul besoin de prendre conscience de sa propre beauté, de son charme évident, tellement naturel.

dimanche 7 juin 2009

A qui la faute ? (V. HUGO).




A qui la faute, Victor Hugo.


- Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.