vendredi 11 juin 2010

L'ami retrouvé - Fred Uhlman.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LAmiRetrouve.jpg

L'auteur :
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/FredUhlman.jpg

Fred Uhlman, (1901-1985) était un écrivain et peintre anglais, d'origine allemande et d'origine juive. Il est célèbre pour avoir écrit son court roman, presque autobiographique, L'ami retrouvé.

>> La lettre de Conrad (suivi de Pas de résurrection, s'il-vous-plaît).



Quatrième de couverture :
Pour lire les oeuvres intégrales. Lire, c'est tracer dans un texte des parcours de lecture. Chaque volume de cette collection propose un parcours de lecture possible pour une oeuvre intégrale reconnue ou méconnue, à découvrir ou à relire. Ces parcours de lecture veulent aussi donner par l'exemple les moyens d'une lecture active. Pour aider chacun à tracer ses propres chemins, - des repères dégagent les méthodes d'analyse et les notions techniques utilisées, - des textes complémentaires ou des prolongements suggèrent des approfondissements et des ouvertures vers d'autres oeuvres.

Mon avis : 
Aah, depuis le temps que je voulais le lire, ce petit livre, l'ocassion s'est présentée lorsque je l'ai repéré à la médiathèque.

Hans Schwarz est fils d'un médecin juif, étudiant dans un prestigieux lycée en Allemagne lorsque sa route croisera celle de Conrad, fils d'un comte protestant, qui vient s'intégrer dans la classe d'Hans. Ce Conrad a tout pour lui, et il est parfait. Il intéresse beaucoup de camarades de sa classe, dont Hans qui est déterminé à devenir son ami, afin de réaliser son exigeant idéal de l'amitié. Son seul et unique ami, il le devient, à sa plus grande joie. Cela va au-delà de ses espérances. Mais voilà qu'en 1933, Adolf Hitler est au pouvoir et gagne de plus en plus de partisant. Cette frénésie gagne la tranquille ville de Stuttgart, là où vivent Hans et Conrad...

C'est un roman vite lu, et ceux qui me connaissen savent à quel point j'aime l'Histoire et les récits d'amitié, j'ai donc été servie. C'est une belle et courte histoire que j'aurais voulu plus longue. Que l'histoire d'amitié entre Hans et Conrad soit un peu plus développée... enfin, elle l'est d'une certaine manière. C'est une amitié intense qu'il y a entre ces deux-là, c'est presque ambigü. Hans/le Narrateur utilise des mots comme "conquérir" cet ami, il utilise de très belles phrases : "Il entra dans ma vie pour ne plus jamais en sortir" , "Ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir", donc même si leur amitié n'est pas suffisament développée, on voit quand même toute la profondeur de leur amitié et des liens qui unit ces deux adolescents. C'est une amitié touchante, ils sont comme deux amis peuvent l'être, avec la différence de rang social, qui ne se préoccupent pas vraiment de la politique de leur pays car cela ne les concernent pas, mais malheureusement, le destin et l'Histoire vont finir par les rattrapper et briser cette amitié. Hans est juif et doit fuir cette Allemagne qui devient menaçante pour lui et ses semblables, et Conrad et sa famille adhérent aux idéaux d'Hitler. Conrad le dit dans sa dernière lettre pour Hans avant qu'il n'émigre en Amérique, il est impressionné par cet homme et Hans voit-là la fin d'une amitié qui n'aura duré que quelques mois, une amitié pourtant forte que l'Histoire aura finit par briser. On voit-là l'influence que pouvait avoir Hitler sur le peuple allemand, comment il a sû manipuler les foules.

Puis Hans arrive en Amérique, mais ce qu'il fit par la suite n'est pas révélé (ce qui est fort dommage, d'ailleurs) et on le voit adulte, vieux, qui n'a jamais voulu revenir dans sa patrie après la fin de la guerre, tourmenté par son passé. Pourtant, un jour, il cherche à savoir ce qu'il est advenu de son cher ami. Ces recherches sont longues, et on ne sait que ce qui est arrivé à Conrad qu'à la toute fin, de façon brutale et soudaine que ça m'a presque coupé le souffle, j'ai reçu comme un coup. Quelle chute cruelle ! Et le fait que l'auteur se soit inspiré de sa vie rend ce texte encore plus émouvant qu'il ne l'est déjà, un peu plus vivant.

En bref, c'est court, ça se lit d'une traitre, c'est émouvant, ça raconte un beau récit d'une amitié forte mais brisée, les chapitres sont courts, ça se lit vite et bien. Pas vraiment de deception, sauf que j'aurais voulu l'amitié un peu plus développée et en apprendre plus sur la vie qu'a pû mener Hans dès son arrivée en Amérique. Mais sinon c'était beau, et trop court, je serais tentée de lire la suite : La Lettre de Conrad et Pas de Réssurection S'il-Vous-Plaît.

Extrait :
Je ne puis guère me rappeler ce que Conrad me dit ce jour-là ni ce que je lui dis. Tout ce que je sais est que, pendant une heure, nous marchâmes de long en large comme deux jeunes amoureux, encore nerveux, encore intimidés, mais je savais en quelque sorte que ce n'était là qu'un commencement et que, dès lors, ma vie ne serait plus morne et vide, mais pleine d'espoir et de richesse pour tous deux.
V.

Jésus m'aime - David Safier.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/Jesusmaime.jpg
L'auteur :

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/DavidSafier.jpg


David Safier, né en 1966, est un écrivain allemand qui travailla tout d'abord à la télévision en tant que scénariste avant de s'imposer dans le monde littéraire avec son premier roman, Maudit Karma, qui devint rapidement un best-seller.

Emprunt médiathèque.
 
 
 
Quatrième de couverture :
 
Après le succès de Maudit Karma, son premier roman, David Safier confirme son talent pour la comédie avec Jésus m'aime, une réjouissante histoire d'amour, de famille et de tolérance. Du divertissement à l'état pur ! Marie est abonnée aux échecs sentimentaux. Alors qu'elle vient de saboter son premier mariage, elle rencontre un charpentier plein de qualités. Doux, sensible et généreux, Joshua a tout de l'homme idéal. A un détail près: il lui déclare être Jésus. Marie pense tout d'abord avoir une fois de plus affaire à un tordu. Mais il n'est pas donné à tout le monde de marcher sur l'eau...


Mon avis :

 
J'étais tentée par ce livre il y a un petit bout de temps, et j'ai eu l'immense surprise de voir dans la-médiathèque-où-il-n'y-a-jamais-rien-d'intéressant-niveau-bouquin ce roman, j'ai sauté sur l'occasion et je remercie la médiathèque d'avoir reçu des choses nouvelles niveau livres et DVDs (maintenant que je vais pouvoir remater Big Fish. Aah, Tim Burton ^.^)

Avec plusieurs échecs sentimentaux, Marie va enfin se marier avec Sven, un homme tout à fait charmant. Elle qui n'est guère croyante, elle est même parvenue à convaincre le prêtre Gabriel d'organiser son mariage dans son église. Elle a tout pour être heureuse... alors pourquoi doute-t-elle le jour J ? Certaine d'aimer Sven mais encore moins de l'aimer suffisament pour vouloir passer le reste de sa vie à ses côtés, Marie plante son fiançé au moment de dire le "Je le veux " fatidique. A présent, la voilà sans fiançé, sans moral, et obligée de retourner vivre chez son père divorcé et qui a retrouvé l'amour dans les bras d'une biélorusse blonde ayant l'âge d'être sa fille. Même sa chère soeur Kata ne peut la consoler. Et en plus, le plafond lui tombe sur la tête ! Heureusement qu'il y a ce charpentier nommé Joshua qui vient pour le réparer. Mais il y a quelque chose d'étrange chez lui... Il ressemble à un BeGee, il chante de l'hébreu, il ne semble pas très bien connaître les moeurs et coutumes d'aujourd'hui, et il dit des choses bizarres comme "partager le pain", "si on te frappe, tends l'autre joue"... et pourtant, Marie est sous le charme de cet étrange si étrange et l'invite même à dîner !

Alors, sinon, ce roman... chuis un peu mitigée. C'est divertissant, parfois drôle même si je n'ai pas vraiment ris, seulement eu quelques petits sourires, mais il y avait certaines choses plutôt amusantes. Le Diable qui s'amuse à se transformer en célébrités, surtout Georges Clooney (what else ?) ou Alicia Keys, et Dieu en Emma Thompson. L'une des dernières scènes où Dieu en Emma et Satan en Clooney, au bord d'un lac, l'un en train de tuer des canards et l'autre de les réssuciter, énervant l'autre, était amusant. J'aime bien le prêtre Gabriel aussi, même si [ ça m'étonnerait que l'Archange Gabriel se conduise ainsi pour certains cas... il a un sale caractère quand il veut ! Mais c'est de la fiction, et c'est sensé être drôle, donc je suppose que je ne dois pas prendre tout au sérieux
]


Les petits dessins sensés être les petites BDs de la soeur Kata étaient sympathiques, aussi. On voit bien toute la complicité et les taquineries qu'il peut y avoir entre Marie et Kata. On a aussi des moments cocasses, comiques, surtout quand Marie essaye de faire comme Jésus et de dire en hébreu "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné" alors qu'elle n'arrête pas de se planter et qu'elle dit carrément l'inverse, une phrase humiliante, comique...

Marie peut se révéler attachante, elle n'est pas parfaite, elle n'est pas la chrétienne parfaite, elle a même du mal à croire en Dieu, elle se fâche volontier contre Lui ou Son fils, ou le prêtre, mais elle finit par croire en Jésus au fur et à mesure qu'elle s'attache à lui. J'avoue qu'une romance avec Jésus, ça m'a paru bizarre, et que parfois j'ai eu du mal à imaginer Jésus dire telle ou telle chose, mais l'auteur s'est voulu fidèle à Jésus, lui donner une voix qui pourrait lui convenir et en même temps, le faire humain, et pas seulement Messie, c'est un changement plutôt agréable et comme c'est un roman drôle et divertissant, je ne dois pas me prendre trop au sérieux et me dire toutes les cinq minutes "C'était pas dans la Bible, ça...", je ne sais même pas si certaines choses concernant Jésus étaient vraies [ Genre s'il avait eu des frères et soeurs, s'il était amoureux de Marie-Madeleine... ], faut dire que je ne m'amuse pas à relire ma Bible. [ Puis, franchement, l'Apocalypse et le Jugement Dernier, je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel... c'était bof-bof, pis c'est quoi cette quasi-paix entre Dieu et Satan ??
]Donc, quelques surprises, mais pas vraiment de déception en fait... des choses assez bizarres et surprenantes, mais pas un moment d'ennui... enfin, c'était pas une lecture inoubliable non plus, et je suis contente de ne pas avoir dépensé 19,50 euros pour ça...

Extrait : 


 
Qu'est-ce qu'il fabriquait donc ? Pourquoi ne venait-il pas au secours de Kata ? D'accord, il avait bien d'autres prières à exaucer. Mais Dieu n'était quand même pas un centre d'appel, il ne pouvait pas être saturé... Ou peut-être que si ? "Bonjour, vous êtes bien au service après-vente de Dieu. Vous avez une prière pour un proche ? Dites : Un. Vous voulez expier un péché ? Dites : Deux. Vous êtes victime d'un supérieur ? Dites : Trois... Nous sommes désolés, toutes nos lignes sont actuellement occupées, rappelez-nous un peu plus tard... Tut... tut... tut..."

- Pourquoi fais-tu "tut-tut" ? demanda Kata en entrant dans la chambre avec les croissants qu'elle venait d'acheter.

Je ne m'étais pas rendu compte que, sous l'effet du choc, j'avais parlé tout haut. Décidement, ma raison vacillait
.
 
33.


mardi 1 juin 2010

La petite sirène (et autres contes) - H.C Andersen.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LaPetiteSirene.jpg

L'auteur :

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/Andersen.jpg


Hans Christian Andersen (1805 - 1875) était un romancier, dramaturge, conteur et poète danois, très célèbre pour ses nouvelles et ses contes de fées. Il a rencontré, au cours de sa vie, de nombreux auteurs tels que Dickens, Chamisso, Balzac, Lamartine...
 
 
 
 
Quelques contes à lire en ligne : 
 

Quatrième de couverture :
 
" Le château du roi de la mer gît au plus profond des flots, ses murs sont de corail et ses longues fenêtres gothiques sont de l'ambre le plus clair qui soit ; le toit est fait de coquillages qui s'ouvrent et se ferment suivant les courants marins. Quel tableau ! "

Dans ce château fabuleux vit une petite sirène qui rêve ardemment d'approcher le monde des hommes. Sa visite à la sorcière des mers lui permettra d'exaucer son vœu, mais à quel prix... Ce recueil rassemble neuf contes parmi les plus célèbres d'Andersen : La petite sirène, Les habits neufs de l'empereur, La princesse au petit pois, Le vaillant petit soldat de plomb, Le vilain petit canard, La bergère et le ramoneur, La petite fille aux allumettes, Ib et la petite Christine, Le dernier rêve du vieux chêne.

Mon avis : 
 
Après avoir lu, il y a un an, les contes de Perrault, je lis ceux d'Andersen. Peut-être que je lirais ceux des frères Grimm l'an prochain, qui sait ? Sauf si je les trouve avant ^^

Bon, je pense qu'on connaît tous Andersen, la statue de la Petite Sirène qui se trouve à Copenhague, des contes de La Petite Sirène, du Vilain Petit Canard, de La Princesse au Petit Pois et autres. Des contes des célèbres, et même si on connaît en partie l'histoire, c'est toujours agréable de lire ces contes, surtout quand certains ont berçé notre enfance (lorsque adaptés en dessin animé xD Hein, Disney ?) Un petit moment de lecture agréable et divertissant. Certaines histoires sont (trop) courtes, je crois bien qu'un ou deux récits doivent bien faire à peine deux pages. Mais bon, le style est presque oral, et à l'origine, les contes étant lus par des enfants, il faut que les histoires ne soient pas trop longues et que le style soit simple. Mais c'est pas vraiment gênant (dans mon cas)

J'ai remarqué, sinon, quelques ressemblances avec les contes de Perrault, mais aussi des différences : par exemple, alors que Perrault montre "directement" la mal, le malsain, la violence, Andersen préfère, lui, "cacher" les tragédies qui se cachent derrière ses personnages (la petite sirène ou le vilain petit canard, pour citer quelques exemples).

Bref, des contes mélancoliques, tragiques même pour certains, et d'autres qui "egayent", qui finissent bien, pas forçément moralisateur, avec à travers ces contes, un miroir de la condition humaine... Un petit chef-d'oeuvre à découvrir si ce n'est pas déjà fait !


http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Illustrations/petitesirene.jpg



La statue de la Petite Sirène à Copenhague (Danemark)


Extrait : 
 
L’automne vint, les feuilles dans la forêt passèrent du jaune au brun, le vent les faisait voler de tous côtés. L’air était froid, les nuages lourds de grêle et de neige, dans les haies nues les corbeaux croassaient kré ! kru ! krà ! oui, il y avait de quoi grelotter. Le pauvre caneton n’était guère heureux. Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton n’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient leurs larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte.

Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné ; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel ... il poussa un cri si étrange et si puissant que lui- même en fut effrayé. Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêvé de leur ressembler...


Le Vilain Petit Canard.


jeudi 20 mai 2010

Dracula l'Immortel - Dacre Stoker et Ian Holt.


En 1888, un groupe de six intrépides a réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l’un d’eux a laissé sa vie les poursuit. Combat quasi mystique contre les forces du mal, vengeance d’amoureux endeuillés ou inextinguible jalousie : les raisons mêlées de leur acte continuent de perturber leur existence et la disparition du prince des ténèbres n’a pas apaisé leurs tourments.

Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l’ombre de Dracula semble à nouveau planer… Les héros d’autrefois devront faire face à un ennemi insaisissable aux attaques sournoises ou d’une violence inouïe, mais aussi à leurs propres démons. De quoi brouiller les pistes et troubler les esprits, dans une intrigue menée avec maestria qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l’immortalité.

Dracula étant l’un de mes romans préférés, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre qui s’annonçait comme sa suite, d’autant plus qu’elle a été écrite par l’un des descendants de Bram Stoker et par un spécialiste des vampires et de Dracula. Alors, verdict ?



Affligeant. Consternant. Décevant.



Pauvre Bram Stoker qui doit se retourner dans sa tombe. Qu'a-t-on fait à son célèbre Dracula ? J’ai bien envie d’aller retrouver les héritiers de Bram Stoker et de les secouer et de leur demander pourquoi ils ont donné leur approbation quant à la publication de ce livre qui dénature clairement l’œuvre de leur aïeul, alors qu’ils l’annoncent comme étant une œuvre fidèle. Avec un tel slogan sur la couverture, j’aurais du me douter que le livre allait être médiocre. Je ne m’attendais pas à une telle horreur !



Je n’ai rien à reprocher au style d’écriture, bien que l’on s’éloigne du style épistolaire du roman d’origine. La lecture est relativement facile avec un style pas trop désagréable, ça se lit sans trop de peine… à condition de pouvoir y parvenir, car plus on avance dans l’intrigue et plus on a envie (moi en tout cas) de jeter le livre par la fenêtre.



Peut-être aurait-ce été une meilleure histoire si les auteurs avaient raconté une histoire de vampire avec des personnages à eux. L'intrigue était intéressante pourtant : nos héros, 25 ans après, vieux et fatigués, mais obligés de se confronter de nouveau au mal qu'ils ont combattus auparavant, alors que le fils de Jonathan et Mina : Quincey Harker, est dans l'ignorance la plus totale concernant le passé de ses parents.



À ceux qui ne veulent rien savoir, ne continuez pas. Sinon, cliquez et faites passer votre souris pour lire les spoilers :



Ça commence ici >> D'abord, j'ai du mal à comprendre la présence de l'auteur, Bram Stoker, dans ce livre. Surtout qu’il est représenté ici comme un homme malheureux, colérique et jaloux du succès de son rival, Oscar Wilde, car il est persuadé que son Dracula sera vite oublié de la littérature tandis que l'on se souviendra pendant des années du Portrait de Dorian Gray. Son Dracula est d’ailleurs une histoire vraie que le Professeur Van Helsing aurait raconté à l’auteur, trahissant ainsi le groupe qui avait fait serment de ne jamais divulguer quoique ce soit de leur passé. Ça ne rend vraiment pas hommage à Bram Stoker !



Les personnages n’ont plus aucune saveur… et pour cause, ils ont été dénaturés par les auteurs ! Encore que je suis trop gentille dans cette expression… ils ne dénaturent pas les personnages… je veux dire qu’ils les piétinent, les roulent dans la boue, les massacrent à coup de hache en passant la voiture dessus en marche avant-arrière-avant-arrière avant de brûler le reste puis de le jeter aux ordures.



Van Helsing qui trahi le groupe en dévoilant leur histoire… Van Helsing transformé en vampire par Dracula… Encore que le concept aurait pu être intéressant : le chasseur de vampire devenu lui-même vampire, quelle ironie du sort… mais voilà, au lieu de s’en épouvanter, il y prend goût, et il n'hésiterait pas à tuer Quincey Harker si le jeune homme n'adhérerait pas à ses idées ! Mais la cerise sur le gâteau est que ce serait Van Helsing et non pas Dracula, qui aurait tué Lucy à la suite d'une mauvaise transfusion sanguine. Le bon Dracula, dans son immense bonté, l'aurait transformée en vampire pour la sauver !



Dracula n’est pas mieux loti ! Le si cruel Dracula, ici, est transformé en pauvre innocent incompris, pris pour le grand méchant de l'histoire, alors qu'il n'a rien fait de mal. Il a emprisonné Jonathan dans son château ? C’était pour sa sécurité ! Les marins du Démeter ? Il ne les a pas tué, c’est la peste ! Lucy ? Il a voulu lui sauver la vie !



Le moment où j'ai vraiment failli balancer le bouquin est lorsque les auteurs nous ont servi un scénario à la Star Wars : "Non Quincey, je n'ai pas tué Jonathan Harker, celui que tu crois être ton père... non... JE SUIS TON PERE !!!". Ok, où sont mes pilules de cyanure ?



………………… Quincey ? Fruit d'une relation Mina/Dracula ? Dracula et Mina qui s'aiment ? Mina en vampire ? Mina qui trompe son mari, Mina qui a toujours aimé Dracula ? Et le reste des héros : Jonathan, Arthur, Seward... tous transformés en abrutis incapables qui ont mal vieillis, sans aucune profondeur.



La présence d’Élisabeth Bathory, la très tristement célèbre comtesse sanglante, l'évocation de l'ère victorienne, du Titanic et de Jack l’Éventreur paraissaient tellement prometteurs pourtant... et vlan, qu'on nous sort : Bathory est Jack l’Éventreur, c'est elle le grand méchant de l'histoire, elle qui veut se venger des héros, elle qui veut tuer Dracula qui veut la tuer pour stopper le carnage en la suppliant de laisser nos héros tranquilles. Quelle plaisanterie ! Mais pincez-moi, je rêve ! >> FIN !



De plus, les auteurs dénaturent le mythe du vampire tel que raconté dans le roman d’origine : ils peuvent regarder sans crainte des crucifix, on voit leur reflet dans la glace, Dracula peut encore procréer alors que lui et tout son organisme sont sensés être morts, et ainsi de suite !



Si on considère le livre en lui-même, c'est une bonne histoire de vampire avec ses défauts et ses qualités. Le problème est que ce n'est pas une simple histoire de vampire : les auteurs ont misé haut en s'attaquant à une suite de Dracula. A côté du chef-d’œuvre, cette suite ne tient pas la route et même si les auteurs ont beaucoup repris l’œuvre originale, il trahissent beaucoup d'éléments de Dracula, contredisent Bram Stoker, et on ne retrouve pas les personnages originaux. Ils vont à l'encontre des idées reçues, on a de la violence gratuite, des personnages méconnaissables... Bien-sûr, on peut prendre des libertés sur une œuvre, ça n’empêche pas sa qualité, mais ici c’est plus que prendre des libertés, c’est complètement retourner une œuvre ! J’ai l’impression d’avoir lu une très mauvaise fanfiction. Et c’est dommage, car une suite de Dracula était tellement prometteuse !



Maintenant, je vais tenter de me remettre de cette lecture en relisant l’œuvre d’origine. Si vous voulez du Dracula, découvrir le vrai Dracula, lisez le roman d'origine !



Un bruit de pas à l'extérieur lui fit dresser l'oreille.
- Beth ?
N'obtenant pas de réponse, il se reprit : - Wentworth ?
Toujours rien. Derrière la porte, une ombre passa sur le sol de marbre. On marchait dans le couloir. Des bruits de pas, à nouveau... Holmwood se précipita dans le corridor.
- Qui est là, nom d'un chien ?
Silence. Manifestement, Arthur était seul. Il sentit un courant d'air froid, puis perçut comme une respiration. Il regarda autour de lui, rien. Il remarqua alors la fenêtre ouverte. Le mystère est résolu. Il alla pour la fermer, souriant de sa paranoïa, et pensa à ses anciens camarades légionnaires qui se seraient volontiers moqués de lui. Une fois le loquet baissé, Arthur revint au bureau, quand il huma une odeur familière. Du lilas ? Sûrement pas en cette saison. le parfum préféré de Lucy... Cette seule pensée lui donna la chair de poule. A l'époque, il le faisait venir de Paris spécialement pour elle.


Chapitre XXXII.

vendredi 14 mai 2010

De Gaulle et Churchill : La mésentente cordiale - François Kersaudy.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/DeGaulleChurchill.jpg
Churchill : ... De Gaulle, un grand homme ! Il est arrogant, il est égoïste, il se considère comme le centre de l'univers... il est... vous avez raison, c'est un grand homme ! ...


De Gaulle : Pauvre Churchill ! Il nous a trahit, et il nous en veut d'avoir à nous trahir...


Lorsque s'affrontent les deux plus grands hommes d'Etat du XXe siècle, il faut bien s'attendre à des gerbes d'étincelles... Ayant consulté vingt fonds d'archives et interrogé de nombreux témoins, François Kersaudy reconstitue plus de trente rencontres entre le Premier ministre britannique et le chef de la France libre. Un livre véritablement unique, puisque c'est le seul ouvrage qui soit exclusivement consacré aux relations d'amour et de haine entre les deux hommes... L'ayant refermé, le lecteur considérera nécessairement d'un autre œil les Mémoires de guerre du général de Gaulle et ceux de Winston Churchill...


Voici une de mes lectures coup de 
cœur, l'un des livres chéris de ma bibliothèque !
Il s'agit d'un document historique sur les relations d'amour et de haine entre deux grands personnages historiques qui me fascinent, un petit pavé sur les rencontres mouvementées de deux grandes figures de notre histoire : Winston Churchill, que l'on connaît surtout pour avoir été le premier ministre de la Grande-Bretagne durant la seconde guerre mondiale, et Charles de Gaulle, célèbre général français qui s'est surtout illustré par son appel du 18 juin, par ses actions pour la Résistance et qui fut aussi un de nos présidents de la cinquième république. 

Deux hommes que tout oppose mais qui sont partagés par le même amour d'un même pays, la France. Petite surprise de ce côté-là, ce livre m'aura appris tout l'amour et l'attachement que Churchill portait à notre pays, sans cela, De Gaulle aurait vraiment eu du mal à s'occuper de la Résistance Extérieure, Churchill a vraiment aidé De Gaulle de ce côté-là... à soutenir le général contre vents et marées... avant que Roosevelt ne fourre son nez dans l'affaire et n' 'oblige' Churchill à voir De Gaulle comme le président américain le voyait, il faut dire que Roosevelt ne portait pas vraiment De Gaulle dans son cœur... et qu'il a bien fait savoir à Churchill que l'Angleterre était l'allié majeur de l'Amérique et il a voulu qu'il partage son opinion de De Gaulle, il a réussi dans un certain temps, les relations entre Churchill et De Gaulle ont souvent été mouvementées, leur amitié testée...

On voit De Gaulle seul, exilé, méprisé par les Américains, malmené par Churchill, s'imposer contre vents et marées. Il a des exigences. Il parvient à faire représenter la France parmi les Grandes Puissances qui cosignent la paix en 1945... L'exploit n'est pas mince. On découvre également les arcanes d'une politique étrangère américaine bien ambiguë, en tous cas ouvertement anti-gaulliste. Roosevelt, en politique soucieux de sa réélection à la présidence, flatte le gouvernement de Vichy et n'ose pas parier sur un De Gaulle qui se prétend la France à lui seul. Puis, on nous montre le soutien du Parlement anglais, de la presse et du peuple britannique envers le Général et ses quelques Français. Encore une surprise de ce côté-là. On découvre aussi des personnages « secondaires » comme Anthony Eden qui soutient De Gaulle et tente d'arrondir les angles avec Churchill.

C'est une drôle de relation, celle entre De Gaulle et Churchill, surtout que De Gaulle se méfiait un peu de la "Perfide Albion", de l'Angleterre, mais il n'y a pas eu que des mauvais moments, Churchill a porté beaucoup d'espoir en De Gaulle, surtout en 1940, et leur relation tantôt houleuse tantôt amicale est une "histoire" qui se finit bien, quelques années après la fin de la guerre, les rancœurs se sont calmées et les deux hommes partagent une amitié au-delà de la politique, jusqu'à leur mort, parfois c'était touchant, j'avais un grand sourire idiot collé sur ma figure. Mais honnêtement, j'ai dévoré jusqu'à la fin, un très bon livre sur Churchill et De Gaulle, leur relation, et toutes ces choses qui nous permettent d'en savoir plus et même de mieux comprendre les événements de la Seconde Guerre Mondiale... finalement, Churchill, c'est vraiment une personnalité intéressante à étudier.


http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Illustrations/ChurchillDeGaulle.jpg
Sir Winston Churchill et le général Charles de Gaulle durant la Seconde Guerre Mondiale.


'Alors que je traversais le couloir plein de monde qui menait à la cour, écrira Churchill, je vis le général de Gaulle qui se tenait près de l'entrée, immobile et flegmatique. Le saluant, je lui dis à mi-voix, en français : "L'Homme du Destin". Il resta impassible.' 
L'aide de camp du Général, qui se tient à ses côtés, n'entendra pas ces paroles prophétiques. Et de Gaulle, lui, a-t-il entendu ? "Non, je n'ai pas entendu", dira plus tard le Général. Et il ajoutera : "Vous savez, Churchill, c'est un romantique."
3. Naufrage.