lundi 26 mars 2018

L'adoption (T.1) Qinaya - Zidrou et Arno Monin.


Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.





J'ai longtemps été dans une période où j'étais incapable de me concentrer sur un roman, et donc de me replonger pleinement dans la lecture après des mois sans avoir touché un livre. Pour ne pas perdre cette habitude, je me suis penchée sur les bandes-dessinées et j'ai sélectionné plusieurs titres sur Livraddict, dont celui-ci.

Je ne regrette pas cette découverte, même si je n'ai pas encore lu le second et dernier tome, ce premier tome fut une agréable découverte. Nous faisons la connaissance de Qinaya, jeune péruvienne de quatre ans, ayant perdu sa famille et sa maison dans un terrible tremblement de terre ayant sévi dans la ville où elle a vécu. Elle est vite adoptée par une famille française qui tombe très rapidement sous le charme de la petite fille. Tout le monde… sauf le grand-père qui voit d'un œil surpris l'arrivée de cette petite étrangère et accepte, malgré lui, cette nouvelle situation qui bouleverse son quotidien. Cependant, au fil des pages, on voit ce grand-père un peu grognon mais pas dénué de cœur s'attacher peu à peu à sa petite-fille et à la faire entrer dans son quotidien… et son cœur.


Qinaya. Étrange petit œuf de pâques, couvé tout là-bas, au pays des condors, que deux gentilles cloches auront rapporté ici… au pays dont l'emblème est le coq. Quand tu as vu tous ces gens dans le hall de l'aéroport, des larmes te sont venues. Trop d'amour. Trop d'amour d'un seul coup, je veux dire. Trop d'amour tout court ? Qui inventera une échelle pour mesurer l'amplitude des émotions dans le cœur d'une petite fille de quatre ans ?

La bande-dessinée se penche donc sur le thème de l'adoption, mais de façon assez originale car les auteurs ont adopté le point de vue du grand-père, plutôt que des parents ou de l'enfant comme cela se fait d'habitude, et de l'autre car l'enfant est adoptée non pas parce que les parents désirent un enfant mais ne peuvent en concevoir un, mais pour offrir amour et foyer à une petite fille étrangère qui a tout perdu, après une catastrophe dans son pays.

De l'autre, ce qui est attachant et intéressant est la façon dont l'humain est représenté. C'est tellement familier et juste, les auteurs ont repris avec justesse ce qu'on peut ressentir et vivre. Lorsqu'on apprend qu'une catastrophe s'est produite dans un autre pays, on pense « C'est terrible, pauvres gens ! » mais au final, on finit par s'en désintéresser car nous ne sommes pas directement concernés et que cela s'est passé à l'autre bout de la planète. Mais on nous présente aussi une famille, ressemblant à tant d'autres, avec les réunions et les dîners, des grands-parents et leur quotidien, la ville où ils vivent. Il y a le grand-père, un ancien boucher qui a confié sa boutique à un Arabe qui a tout appris de lui, il y a la Sénégalaise qui tient un restaurant dans lequel Gabriel et ses amis se réunissent, il y a Gabriel qui rencontre ses amis un jour qu'il a baptisé le jour des Gégés car lui et ses amis ont tous un nom commençant par G, et que lui et ses amis tenaient autrefois un commerce dans la même rue. 

Un quotidien, une vie, qui ressemblent à tant d'autres et qui sont pourtant attachants car c'est réconfortant, c'est juste. Nous avons une tranche de vie peinte avec tellement de justesse qu'on peut s'y reconnaître, s'identifier, ou que ça peut nous apporter des souvenirs. La manière de raconter l'histoire est naturelle et touchante. Les dialogues sont à la fois touchants et plein d'humour :


« Tu avoueras tout de même qu'elle est mignonne comme un cœur. »
« On voit bien que tu n'as jamais vu de cœur de près, ma chérie ! Parole de boucher ! »
 
« Écoute-moi bien, Gabriel. Qinaya est ta petite-fille et pour un paquet d'années encore ! Il va falloir que tu t'y fasses ! Désormais, elle fait partie de ta vie ! »
« Comme mon arthrose, tu veux dire ? »
 
« Quinoa ? Comme les espèces de graines pour piafs que ma femme essaye de me faire avaler à chaque repas ? »
« Pas Quinoa, Qinaya ! »
 
« Mama Boubou possède le dictionnaire magique pour se faire comprendre de tous les enfants de la terre ! … La carte des desserts ! »

Le point fort, c'est évidemment la relation naissante et grandissante entre Gabriel et Qinaya. Ce grand-père a tout d'abord du mal à s'habituer à l'arrivée de cette petite au sein de sa famille, il a du mal à accepter cette étrangère, il est un peu bougre et maladroit, et pas vraiment à l'aise, mais il se prendra pourtant vite d'affection car, en voyant cette adorable petite bouille et ce sourire, comment résister à cette tendresse et cette sensibilité enfantines ? À travers Qinaya, Gabriel rajeunit et découvre en même temps ce qu'est être grand-père. C'est aussi l'histoire de Gabriel et sa femme, qui s'aiment tendrement depuis des années, entre Gabriel et son fils pour qui il a été un père absent à cause de son travail (ce qu'il rattrape avec Qinaya), entre Gabriel et ses amis, Qinaya et ses parents, Qinaya et ses ressentis par rapport à la catastrophe qui lui a pris beaucoup au Pérou.

Je n'ai rien à redire sur les dessins d'Arno Monin. Le dessin et les couleurs sont douces et agréables à l’œil et le dessin se complète très bien avec les textes de Zidrou. J'ai beaucoup apprécié découvrir un petit cahier graphique à la fin de ce tome, nous présentant plusieurs dessins représentant Qinaya et son grand-père.

Pour résumer : un premier tome touchant et plein de douceurs, sous la magnifique plume de Zidrou et les dessins de Monin, et qui traite de l'adoption sous un angle différent. La fin se révèle un peu grise, et il me tarde de lire le second tome afin de voir comment tout cela va aboutir !



mercredi 14 mars 2018

Les Enfants de la Résistance - Benoît Ers et Vincent Dugomier.


C'est vrai que, comme disait mon père, on s'était pris une fameuse gifle... Le matin du 10 mai 40, la guerre était là. Rapidement, ce fut la débâcle. Le 22 juin, un armistice était signé avec l'Allemagne. Nous étions vaincus.



C'était l'été de nos 13 ans, à mon pote Eusèbe et moi. Et nous n'étions pas prêts à nous résigner !






Les Enfants de la Résistance est une série de bande-dessinée encore en cours, et sur les quatre tomes déjà parus, je n'ai lu que les trois premiers, ainsi je suis dans l'ignorance concernant les événements du quatrième tome. Toutefois, ce ne sera pas un handicap pour la rédaction de cet article, car Les Enfants de la Résistance a suscité mon intérêt dès ma lecture du premier tome et cet intérêt n'a cessé de croître avec ma lecture des prochains tomes. Je dirais même que cette série est susceptible de devenir l'une de mes bandes-dessinées préférées, et je suis très curieuse de lire la suite !

La Résistance n'est pas un sujet inédit, elle a été maintes fois le sujet de nombreux documentaires papiers ou télévisuels. L'originalité ici, c'est que nous vivons la Résistance à travers des yeux d'enfants. Pour des raisons évidentes, les enfants étaient beaucoup moins nombreux à s'engager dans la Résistance et, s'il y avait beaucoup de jeunes dans la Résistance, il s'agissait essentiellement d'adolescents et de jeunes adultes. Pourtant, ces enfants ont existé et ont contribué, à leur manière, à la Résistance. Ils ont principalement rendu des services auprès des Résistants, ont servi de messagers, ont transporté de petits colis sans être soupçonnés par les Allemands au vu de leur jeune âge.


L'un de nos héros, François.

Les auteurs nous proposent, à travers un récit fictif, de découvrir la guerre et la résistance à travers des yeux d'enfants. À l'inverse d'il y a 75 ans, les enfants n'étaient pas encouragés à prendre la parole, encore moins lorsqu'il s'agissait d'un drame, et redécouvrir l'histoire du conflit à travers des yeux d'enfants apporte un souffle nouveau, d'autant plus que les auteurs parviennent à montrer comment trois enfants de village – François, fils de fermiers, impulsif, et le plus rebelle et déterminé à bouter les Allemands hors de France, Eusèbe, fils de l'instituteur du village, et Lisa, une jeune fille allemande dont les parents ont fui le pays – ont décidé de commettre quelques actes de résistance face à l'oppression allemande et de mettre ainsi en place les prémices d'un réseau de Résistance au sein du village, de manière réaliste. Ce sont d'abord des enfants qui, incapables d'accepter la défaite, commettent de petits actes en signe de résistance : déchirer des affiches de propagande, créer et poster dans les boîtes aux lettres des tracts imprimés sur du papier peint, etc. Au départ, leurs moyens d'agir sont limités et ils doivent faire preuve d'ingéniosité pour perturber l'occupant. C'est petit à petit que ces actes vont devenir plus importants et encourager peu à peu les villageois à résister eux-aussi, et à créer un petit réseau de Résistants.

Concernant les personnages : les enfants sont attachants et convaincants, les auteurs sont bien parvenus à reproduire la psychologie des enfants de façon réaliste. Ce sont des enfants qui tentent de vivre dans un village occupé par l'ennemi et qui continuent à vivre avec ce climat mais qui résistent avec les moyens du bords et qui sont assez limités car ce sont des enfants. Cela a son avantage (les Allemands ne soupçonnent pas les enfants) et son inconvénients (aux yeux des adultes du village, il paraît peu crédible que les personnes qui ont débuté la résistance sont… des enfants et ceux-ci doivent vivre avec ce secret). Et ce sont de petits résistants réalistes car ils ont leurs moments de gloire comme des défaites. Ils peuvent avoir du mal à rester discrets, ils font des erreurs mais, toujours, ils continuent à vivre et à résister. Les adultes sont aussi bien écrits. Tout n'est pas noir ou blanc, on nous présente des soldats allemands cruels comme sympathiques, un adulte adorable avec sa famille mais adhérant aux idées de Pétain et acceptant l'occupant.

On nous montre comment la Résistance ne s'est pas mise en place tout de suite, les villageois désirant surtout, après la débâcle de 1940, reprendre une vie normale et décident d'accepter la présence des Allemands, d'autant plus qu'au départ, tout semble ne rien avoir changé et que Pétain, le grand héros de la Grande Guerre, a pris les rennes du pays et les Français ont confiance en lui. C'est lorsque, progressivement, les Allemands vont mener la vie dure aux habitants et mettre en place des mesures jugées injustes que les habitants vont commencer à se rebeller.


Les auteurs : Benoît Ers et Vincent Dugomier, ayant fait une petite
plongée dans les années 1940 le temps d'une photo.

Les nombreuses phases du conflit sont évoquées, sans pour autant empiéter le récit ou ennuyer le lecteur, tels que : l'exode des populations, l'armistice, la propagande de l'ennemi, la lutte qui se poursuit de l'autre côté de la Manche avec l'Angleterre qui résiste, l'entrée en guerre des États-Unis, l'Allemagne qui tente d'envahir la Russie, le début des lois et répressions contre les Noirs, les Juifs, etc. Ces épisodes sont soit expliqués en voix off, soit ils s'insèrent dans le récit et servent celui-ci (Lisa qui nous est introduite par l'exode des populations, des affiches allemandes se mettant peu à peu en place dans le village et qui incitent à combattre le communisme ou à servir l'Allemagne, etc). Les auteurs nous offrent également, en fin d'album, un petit dossier documentaire reprenant les thèmes adressés dans le tome qui vient d'être lu. De ce côté-ci, la bande-dessinée se montre pédagogique et peut même très bien servir aux classes au collège, voire même au lycée, pour illustrer les cours d'Histoire. C'est très enrichissant et je pense que la BD est susceptible de plaire aux jeunes.

J'ai également beaucoup apprécié le dessin, très agréable à l’œil, avec des traits doux et ronds, des visages expressifs, des couleurs douces et non agressives et qui débordent parfois des cadres de la bande-dessinée, ce qui est original et très joli. Concernant l'histoire en elle-même, celle-ci est prenante, touchante, parfois drôle, parfois révoltante (lorsque nous découvrons les actes cruels des Allemands, notamment), réalisée avec une grande justesse. Le seul point négatif que j'ai à relever, c'est que lorsque nous avons des soldats allemands parlant dans leur langue, aucune traduction n'est disponible et à moins de chercher la traduction sur le web, il est pratiquement impossible de savoir ce que ces personnages se disent…

Pour résumer : cette plongée dans l'Histoire s'est révélée être passionnante, avec des héros attachants, qui nous permet de redécouvrir la Seconde Guerre Mondiale à travers les yeux d'enfants. J'attends avec grande impatience la suite, et j'espère mettre très rapidement mes mains sur le quatrième tome !


Ce billet est une participation au :

dimanche 3 décembre 2017

Coco.

Fiche technique :

Réalisation : Lee Unkrich et Adrian Molina.
Scénario : Adrian Molina et Matthew Aldrich.
Société de production : Walt Disney Pictures, Pixar Animation Studios
Durée : 1h40
Sortie : 21 novembre 2017 (USA), 29 novembre 2017 (France)

Avec les voix de :

- VO : Anthony Gonzalez (Miguel), Gael Garcia Bernal (Hector), Benjamin Bratt (Ernesto de la Cruz), Alanna Ubach (Mama Imelda), Ana Ofelia Murguia (Mama Coco), etc.
- VF : Andrea Santamaria (Miguel), Ary Abittan (Hector), Bernard Gabay (Ernesto de la Cruz), Brigitte Virtudes (Mama Imelda), Evelyne Grandjean (Mama Coco), etc.



Synopsis :

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d'événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L'action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Mon avis :

Au départ, je n'étais pas emballée par ce film après visionnage de la bande-annonce, les avis enthousiasmes m'ont cependant fait changer d'avis et m'ont fait comprendre pourquoi le dernier Disney-Pixar est tant aimé par les critiques et les fans. Sans crier au chef d'oeuvre, Coco s'est révélé être une bonne surprise et un film très sympathique, mais aussi émouvant, à regarder. Mon avis est donc d'aller au-delà de la bande annonce car elle ne peut résumer, au risque de spoiler, tout ce que représente réellement le film car il s'agit plus qu'un film sur un petit garçon amoureux de la musique, mais empêché par la tradition familiale, et se retrouvant par inadvertance au royaume des morts.

Affiche teaser du film.
Les débuts de Coco n'ont pourtant pas été faciles, nombreux sont à avoir hurlé "appropriation culturelle" et "copier-coller de La Légende de Manolo", et il est vrai que ce fut un pari risqué de produire un film animé sur une tradition et fête religieuse célèbre au Mexique, pourtant les productions Disney et Pixar sont parvenus à reproduire fidèlement, sans dénaturer, le Mexique, ses traditions, son atmosphère et ses couleurs ; et si ce film présente quelques similitudes avec La Légende de Manolo (personnage aimant la musique mais pas sa famille, le contexte del Dia de los Muertos), les ressemblances s'arrêtent là, et Coco se présente comme un film avec une histoire différente.

Nous suivons le jeune Miguel, petit garçon Mexicain de 12 ans, vibrant pour la musique mais qui doit garder cette passion secrète, notamment auprès de sa famille qui, suite à une mauvaise expérience, a banni cet art il y a des décennies. Désintéressé par le métier de cordonnier, pratiqué depuis des générations par sa famille, Miguel ne rêve que de suivre les pas de son idole, Ernesto de la Cruz, musicien, chanteur et acteur de talent qui ne s'est arrêté à rien pour devenir quelqu'un. Cette passion pour la musique et son idole conduira Miguel par inadvertance au pays des morts lors du Jour des Morts, capable de voir les défunts venus rendre visite à leur famille. Profitant de cet incroyable coup du sort, Miguel se met en quête pour s'affranchir des traditions familiales et tracer son propre chemin...

Ce film nous fait voyager littéralement au Mexique et nous fait découvrir le pays et ses traditions jusqu'au plus petit détail : les décors avec par exemple les papel picado (ornements suspendus en papier coloré utilisés lors de célébrations), Flor de Muertos, les ofrendas laissées sur les autels pour les morts ; les personnages avec les musiciens Mariachi, Frida Kahlo qui nous apparaît lors de quelques scènes, même le chien Dante que vous pouvez voir sur l'affiche est un chien dit xoloitzcuintle, ou chien nu du Mexique, une race de chien très rare et ancienne originaire du Mexique qui, selon la légende, est supposé nous conduire dans le territoire des morts (et qui accompagne Miguel dans son aventure au territoire des morts ? Le chien). C'est un monde tout en couleur, on en prend plein les yeux, et notamment lors de notre découverte du royaume des morts : c'est vivant, coloré, musical, où les morts dont la mémoire est entretenue vivent une seconde vie. Mais il y a aussi les morts que l'on oublie, ceux qui ne peuvent se rendre auprès de leur famille encore en vie lors del Dia de los Muertos, et ceux qui sont voués à disparaître, nous présentant une dualité dans ce monde des esprits.

J'ai trouvé très intéressant que Disney et Pixar sortent des terrains battus pour se pencher sur une culture que nous Occidentaux ne connaissons peu sinon pas du tout. C'est dépaysant et vraiment très sympathique à découvrir, et cela ne s'arrête pas au niveau des graphismes, mais aussi du langage : ceux ayant étudié l'espagnol reconnaîtront quelques mots prononcés par les personnages (le dialogue n'est bien-sûr pas en espagnol, mais quelques mots espagnols se glissent par-ci par-là dans les paroles des personnages) et dans les chansons. La différence avec les autres Disney, c'est qu'aucun personnage ne chante pour expliquer un contexte ou sa situation (comme Ariel dans 'Partir là-bas', ou encore Raiponce dans 'Où est la vraie vie'), les chansons ici s'inscrivent dans un autre contexte : lors d'un concert, des membres de la famille chantant ensemble une mélodie familiale, ou lors d'une fête, et chaque chanson s'inscrit dans son univers, celui du Mexique. Il y a de très belles chansons, notamment La Llorona, Un Poco Loco ou Remember Me. Le Mexique et ses traditions ont été très bien respectées ; bon après je ne suis ni une experte, ni d'origine Mexicaine mais je pense que Disney et Pixar s'en sont bien sortis, qu'ils ont fait du beau travail de recherche, allant même jusqu'à engager un dessinateur mexicain très critique.


Miguel devant l'autel de sa famille avec les ofrendas et flores de muertos.

Rien à redire au sujet de la bande-son et des graphismes, visuellement c'est super, on nous en met plein la vue et ça nous fait surtout penser à la mort sous un autre aspect ! Même si ce fut intéressant de voir abordé le sujet des morts dont le souvenir parmi les vivants commence à faiblir jusqu'à s'éteindre définitivement, et les morts qui n'ont pas leur photo sur des autels pour les ofrendas, et ce qu'il advient de ces morts. Mais sinon, au sujet de l'histoire ? Le thème passion du héros non approuvée par les membres de sa famille, ça n'a rien de nouveau et ici c'est assez exagéré 

[spoiler]

Genre, un membre de la famille ne veut plus entendre parler de musique depuis qu'un musicien de la famille est parti loin de la famille sans revenir... et tous les membres, même des générations suivantes, suivent le mouvement, sans avoir eu eux-mêmes de mauvaises expériences avec la musique ?? ça apporte certes des moments comiques que j'ai moi-même apprécié, surtout au travers du personnage d'Abuelita, mais il faut avouer que ça reste un peu exagéré surtout que ; outre le "dédain" pour la musique et leur respect des traditions, la plupart des membres de la famille de Miguel ne se démarquent pas trop...


 [/spoiler]

Sinon, c'est un beau film sur le thème des traditions et de l'importance de la famille sans pour autant dénigrer l'importance d'avoir une passion et de s'y consacrer, car ce film c'est aussi une histoire d'amour sur la musique, aussi bien que sur l'importance de chérir la mémoire de nos ancêtre, d'aimer nos proches. Pour parler rapidement de nos protagonistes, ils sont réussis dans l'ensemble. Si Miguel n'est pas, pour moi, le plus inoubliable, il reste sympathique à suivre et à découvrir. C'est un jeune garçon plein de courage et de détermination, créatif et passionné de musique, mais aussi très attaché à sa famille. Hector, qui le guidera au travers du royaume des morts, s'est révélé être une figure très attachante et sympathique, et bien plus qu'un comic relief avec un vécu le rendant tragique et attachant. Je parlerais bien des autres personnages, mais ce serait spoiler le film.

L'histoire est intéressante dans l'ensemble et aborde des thèmes à la fois universels et personnels, plus matures, comme la mémoire, la transmission des valeurs, la mort, la généalogie, l'importance de nourrir sa passion et de tracer son propre chemin sans pour autant dénigrer ce qui est important. Il y a du rose dans cette odyssée mais aussi du gris, voire même du noir, même si j'ai fini par deviner certains plot twists [spoiler] Pour être honnête, je m'y attendais dès le départ qu'Ernesto ne serait pas tout blanc et cacherait une part plus sombre sous les paillettes et la célébrité ; puis c'est progressivement que j'ai fini par me rendre compte qu'en fait, l'ancêtre de Miguel n'est pas Ernesto comme on le croyait... mais Hector. Comme quoi, on croyait qu'Ernesto comme ancêtre de Miguel était le plot twist, mais en fait non ! [/spoiler], l'histoire ne manque pas de qualité, et ne s'adresse pas qu'aux plus jeunes mais à tous... En somme, une belle découverte !


Manolo (Book of Life / Légende de Manolo) et Miguel.
(Source)

lundi 27 novembre 2017

Le Mystère Sherlock - J.M. Erre.


Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street. Cet hôtel, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche. Personne n’imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l’éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer…





Avec Le Mystère Sherlock, j’avais envie de retourner vers mes premiers amours, à savoir Sherlock Holmes et la littérature policière. Pour autant, je n’ai pas cherché à me renseigner davantage sur ce livre avant sa lecture, outre la quatrième de couverture donc je n'avais pas de grosses attentes en particulier.

Ce qui frappe en premier, c'est le ton qu'emprunte le roman : de l'humour, souvent noir, dès les premières lignes et jusqu'à la fin ; ce qui est plutôt original pour un roman policier qui se veut une parodie moqueuse de la littérature policière, mais surtout du phénomène Sherlock Holmes et ses fans. Le ton est donné dès le début :

En ce joli mois de mai, la neige était tombée dru, juste pour énerver le réchauffement climatique. Dans la vallée suisse de Meiringen, dame Nature avait revêtu son blanc manteau. Sur le voile immaculé, saupoudré çà et là de fleurettes hardies, des marmottons pelucheux batifolaient gaiement. Des mésanges nonnettes enrobaient la scène de pépiements sucrés, de violons et de hautbois [...] Tous les clichés étaient convoqués pour faire de cette scène un moment inoubliable de beauté, de pureté et de Walt Disney. Mais heureusement pour l'amateur de polar, friand de sang chaud et de frissons d'échine, tout ça ne dura pas...

Autre couverture proposée par Pocket
Il arrive de reprocher au roman beaucoup trop d'humour noir et de vannes pour un roman policier, ce qui fut mon cas, car l'humour a parfois retiré à l'intrigue criminelle son sérieux. Les crimes ne sont pas présentés de façon tragique ou dramatique, les personnages sont de véritables caricatures difficiles à prendre au sérieux, mais… le fait est que le roman n'est pas censé être pris au sérieux car c'est une œuvre parodique. Dans un sens, j'ai trouvé ça… un peu dommage. L'humour était parfois lourd, et n'avait pas sa place à certains moments, même si j'ai beaucoup apprécié certaines vannes ou phrases. Je pense cependant que le roman aurait pu gagner avec un peu plus de finesse, de subtilité, avec une intrigue policière qui se prenait un peu plus au sérieux, d'autant plus que la « morale de l'histoire » s'y prêtait [spoiler] à savoir, ne pas se laisser trop influencer par ce qu'on lit dans les romans policiers [/spoiler].

Si j'ai souhaité avoir pu lire une intrigue plus complexe et sérieuse, j'ai néanmoins été prise dans l'affaire : un huit clos, avec une panoplie de personnages grotesques coupés du monde pendant quatre jours et assassinés un à un, en se demandant qui sera le prochain, comment le coupable va procéder et qui est le coupable et son motif, tout en voyant les personnages commencer à perdre peu à peu la raison et se soupçonner les uns les autres. Ce n'est pas une intrigue policière qui cherche à être complexe, mais elle reste suffisamment intéressante et divertissante pour qu'on ait envie de découvrir le fin mot de l'histoire, et celui-ci est surprenant et original, tout comme le coupable en lui-même [spoiler] Le fait que les meurtres soient tous des accidents et qu'il n'y ait aucun coupable, sinon la littérature policière et notre manie de tout ramener au meurtre et vouloir faire comme dans les polars même si, à la toute fin, un personnage s'interroge et se demande si ce n'est pas le détective venu résoudre le crime qui a commis les meurtres [/spoiler]. Je ne pense pas, d'ailleurs, qu'on puisse parler de ce roman comme un roman policier car il n'en a pas vraiment la prétention, il n'y a aucune enquête à proprement parler, on ne fait que suivre ces quatre jours de psychose en même temps que les victimes grâce aux notes d'un des personnages. Ce roman s'accompagne également d'une réflexion sur le roman policier et sur l'appropriation de la figure de Sherlock Holmes, que j'ai trouvé intéressante et pertinente.

Quant à moi, je me fis la réflexion que plus j'entendais parler de Holmes et moins je le cernais. Chacun semblait projeter sur lui sa propre personnalité, ses propres désirs. Chacun se l'appropriait, se voyait comme le gardien jaloux de sa mémoire, et vivait douloureusement les prétentions des autres à la garde du bébé... C'était une passion qui les habitait, qui les grandissait, qui les faisait vivre.
Mais qui était aussi en train de les détruire.

Pour parler des personnages, je dirais qu'ils ne sont pas spécialement attachants. Pas détestables, mais pas attachants non plus ainsi leur mort n'attriste pas le ou la lecteur/rice. Tous allumés les uns que les autres, parfois méprisables, ils manquent de crédibilité et pour cause, ils incarnent tous (ou presque) un stéréotype, ainsi que le Holmésien extrême. Souvent ridicules et parfois lourds, on les suit et les découvre un à un, sans éprouver un quelconque attachement, mais là encore était-ce voulu par l'auteur, puisque son roman est une parodie ? J'admire cependant les idées loufoques concernant Sherlock Holmes auxquelles ils ont adhéré [spoiler] Arsène Lupin, fils de Sherlock Holmes ? Mrs Hudson, épouse et collègue dans le crime de Sherlock Holmes ? Sherlock Holmes, personnage ayant vraiment existé et ayant été filmé ? [/spoiler] J'ai également apprécié les petits post-it du professeur Bobo et les notes et réflexions de la journaliste Audrey (la moins allumée de tous).

Au final, les deux points noirs relevés concernant les personnages et l'humour ne sont pas si dérangeants et si je n'ai pas été convaincu au début de ma lecture, j'ai fini par me faire une meilleure opinion du roman sitôt passé les premières longueurs du début et que les meurtres ont commencé (ce qui est un peu inquiétant, lorsqu'on se dit qu'un roman devient plus intéressant une fois que les meurtres commencent), et j'ai fini par m'habituer au ton déjanté du roman et aux personnages, du moins pour certains. De plus, on peut sentir le travail de documentation de l'auteur concernant le canon holmésien et les nombreux pastiches qui ont suivi, et c'est un point appréciable !


- Vous n'avez jamais lu autre chose que Sherlock Holmes ou quoi ? lâcha Oscar d'un ton méprisant (...). L'intrigue de Dix Petits Nègres, c'est dix personnes bloquées sur une île, sans possibilité de s'échapper et qui sont assassinées une par une. Ça ne vous rappelle rien ?
- Maintenant que tu en parles..., souffla Dolorès.
- Tu penses qu'un fou nous a réuni ici pour nous tuer un à un, comme dans le roman ? dis-je. Tu crois que c'était prémédité ?
- Personne ne pouvait prévoir que l'hôtel serait bloqué par la neige ! répliqua Eva.
- Et si c'était une action terroriste des poirotphiles destinée à éradiquer les holmésiens ? lança tout à coup Perchois (...).
- Hercule Poirot n'apparaît pas dans Dix Petits Nègres, fit Oscar, d'un ton redevenu conciliant.
- Justement ! s'excita Perchois. C'est pour masquer leurs traces : le poirotphile est sournois !

mercredi 18 octobre 2017

Ça, tomes 1 et 2 - Stephen King.



Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans… 
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.


« Ils flottent, Georgie. ». Sans avoir vraiment lu le célèbre roman de Stephen King, je pense que cette phrase est devenue suffisamment culte avec les années pour l'associer au terrible clown décrit par le maître de l'horreur des années auparavant. Ça n'est pourtant pas le roman que j'aurais pensé lire un jour, pour la simple et bonne raison que l'horreur n'est pas une thématique qui m'attire dans la littérature. Cependant vous connaissez la chanson : il ne faut jamais dire jamais, ou encore : il y a une première fois à tout. Et, je l'avoue, j'ai été tentée de découvrir ce roman après avoir visionné le téléfilm de 1990 par curiosité. Alors, ça passe ou ça casse ? Nous allons voir ça tout de suite !

Mais d'abord, de quoi ça parle ?

D'un clown tueur qui terrorise des enfants.

Oui, mais pas que ! Notre aventure débute en 1957 à Derry, ville américaine tout à fait normale, exceptée le monstre qu'elle abrite. Car en effet, depuis des siècles, Derry est hantée par une étrange créature inconnue qui se terre dans les égouts. Un jour, un petit garçon nommé Georgie s'amuse sous la pluie avant de rencontrer la créature qui se présente à lui sous le nom de Grippe-Sou le clown. Une funeste rencontre puisque le clown en question s'attaque au pauvre Georgie qui y laissera la vie. Les mois passent suivant cette tragédie, les enfants de Derry disparaissent petit à petit. Les rescapés raconteront avoir fait une étrange rencontre avec une créature ayant revêtu la forme de leur plus grande peur. Parmi ces survivants, un groupe de sept amis auquel fait partie Bill Denbrough, le grand frère de Georgie. Afin de découvrir l'identité de la créature terrorisant les enfants de Derry et pour l'empêcher de nuire, les sept enfants décident d'affronter leurs peurs et leurs traumatismes d'enfance pour vaincre la créature qu'ils ont baptisé Ça…


Stephen King, maître incontesté
de la fiction d'horreur.
Ça fut une lecture très satisfaisante et intéressante, avec un univers et une intrigue très riches. Donc, on peut dire que ça a passé chez moi, mais que ça m'a un peu fatigué. Car oui, Ça est un roman très long. On n'approche certes pas des romans de G.R.R. Martin, mais c'est un roman relativement long et donc, pas toujours évident à lire. Il faut de la patience et surtout beaucoup d'intérêt pour l'intrigue. Stephen King décrit avec beaucoup d'attention et de détails son univers, en passant par l'histoire de la ville des siècles même avant sa création, à la vie de personnages secondaires voire tertiaires, ajoutons à ça une alternance au niveau des chapitres puisque nous plongeons non pas dans une, mais dans deux époques différentes.

Car oui, l'intrigue du roman est divisée en deux périodes différentes et se poursuit de façon non linéaire entre ces deux époques. Ainsi, nous découvrons peu à peu les événements qui ont pris place pendant ces deux périodes presque en même temps, à l'inverse du téléfilm de 1990 et du premier volet de la nouvelle adaptation, sortie cette année, qui ont d'abord choisi de raconter l'enfance de nos héros et les premières rencontres avec Ça, puis de passer aux années d'adulte avec la confrontation finale avec le clown. En fait, si nous alternons entre ces deux périodes, c'est que nos personnages adultes essayent de reconstruire ce passé, épisode par épisode. Car oui, avant de vaincre une bonne fois pour toute le monstre, il est nécessaire de se remémorer le passé et de comprendre ce qu'il s'est passé la dernière fois qui a permis de mettre en déroute le clown.

Au centre de l'histoire, sept enfants, tous bizutés à l'école et connaissant presque tous une situation familiale difficile. Nous avons Eddie, un asthmatique ayant une mère ultra-protectrice ; Richie, le comique de service virant un peu sur l'impertinent ; Beverly, la seule fille du groupe ; Mike, un Afro-Américain victime du racisme local ; Ben, rondouillard féru de l'histoire de Derry, Stan, Juif passionné par les oiseaux, et enfin Bill, souffrant d'être bègue et de parents indifférents depuis la mort de Georgie. C'est lui qui dirige le groupe qui s'est auto-nommé le Club des Ratés car les autres enfants voient en lui un leader, et là où chaque garçon du groupe en pince un peu pour Beverly, tous vouent une admiration sans borne pour Bill. Ces sept personnages forment l'une des amitiés les plus touchantes et les plus soudées que j'aie eu l'occasion de lire jusqu'à présent. Une amitié d'une force incroyable. Lorsqu'ils sont ensemble, on sait qu'ils sont à leur juste place, et le roman nous le montre bien. Chacun est mis en valeur, et chacun a une force égale à leur traumatisme, et c'est un pur bonheur de lire sur eux.


Le Club des Ratés, par Rich Kelly.
Mais Ça, c'est aussi l'histoire d'un clown, et pas n'importe quel clown car là où n'importe quel clown normal se satisfait des rires d'un enfant, celui-là se satisfait et se nourrit de leurs peurs, car Ça est une créature très ancienne venant de très loin qui se cherche plus que tout à effrayer les enfants avant de les dévorer, la peur les rendant plus… appétissants. Ça est une créature qui se terre dans les égouts de la ville et qui hiberne pour se réveiller tous les 27 ans et commencer un cycle de terreur de plusieurs mois pour se nourrir avant d'hiberner à nouveau. Chaque réveil de Ça est accompagnée d'une catastrophe au sein de la ville : incendie, explosion, … car Ça est le cœur de Derry, l'un ne va pas sans l'autre. Elle influence Derry, si bien que [spoiler] lorsque Ça est définitivement détruit, la ville ne lui survit pas et s'écroule à son tour, obligeant les rescapés à fuir et vivre ailleurs. Les scènes où Derry se meurt sont d'ailleurs tout simplement incroyables, j'ai rarement lu des scènes aussi intenses ! [/spoiler]

À côté de nos héros et du clown psychopathe, nous avons quelques personnages secondaires et tertiaires : les parents des enfants, leur famille une fois adulte, d'autres enfants détestables et dérangés qui n'ont presque rien à envier au clown en terme de cruauté. Les habitants de Derry, enfants comme adultes, sont influencés parfois indirectement par Ça, donc du coup on a une bande de tordus, racistes, homophobes. Aussi, des adultes soit indifférents, soit qui n'ont aucune emprise sur les événements et laissent leurs enfants se faire tuer ou entre-tuer sans pouvoir faire quoique ce soit, comme s'ils n'étaient pas conscients de ce qui se déroule, comme si le clown les rendaient aveugles de ce qu'il se passe réellement.

Mais finalement, est-ce que ça fait peur ?

La réponse est oui, ça fait peur, l'ambiance est pesante et menaçante, nous sommes sur le qui vive car on s'attend à rencontrer le clown (ou les petites brutes de l'école) à tout moment et cette ambiance, cette anticipation, résonne avec la peur des enfants. Donc oui, on peut dire que ça fait peur car l'auteur ne lésine pas avec les scènes horrifiques, mais on peut dire aussi que ça met surtout mal à l'aise. Si Ça a son lot de scènes terrifiantes (on en survit, rassurez-vous ! Moi qui suis une grande froussarde, je n'ai pas été traumatisée), nous avons aussi des scènes plutôt malsaines, donc attention aux âmes sensibles car le roman contient de nombreuses évocations de pédophilie, une scène où un enfant torture et tue un animal, une scène de sexe infantile… qui m'ont fait reposer le livre à plusieurs reprises et où il est aisé de comprendre pourquoi les différentes adaptations de Ça ont choisi de ne pas adapter ces scènes sur l'écran.

Néanmoins ces scènes malsaines ne sont pas parsemées partout dans le roman, et le roman n'en demeure pas moins palpitant et plaisant à lire (aussi plaisant un roman sur un clown tueur d'enfants peut-il être). Ce roman cherche avant tout à nous faire entrer dans  l'horreur et le malaise de la ville de Derry, et il y parvient ! On s'imprègne totalement de Derry, son atmosphère, son histoire, ses habitants. Mais, n'ayez crainte, ce roman ne contient pas que scènes d'horreur et scènes malsaines, même s'il s'agit d'un roman d'horreur, car ce roman c'est aussi une histoire sur l'enfance, le courage et sur l'amitié et Stephen King décrit merveilleusement bien ces thèmes. Ses héros, enfants comme adultes, sont le cœur du roman et ils le portent magnifiquement bien et ce n'est pas que la force de leur imagination et de leur conviction qui aide nos personnages à survivre, c'est aussi les liens profonds qui les unissent.

En somme, une première rencontre avec King plutôt satisfaisante. Je suis prête à retenter l'expérience un jour avec un nouveau roman du maître de l'horreur !


*a wild Pennywise appears*



Peut-être que ces histoires de bons ou mauvais amis, cela n'existe pas; peut-être n'y a-t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre cœur.