samedi 17 juillet 2010

Un homme accidentel - Philippe Besson.

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'You're the only one I see...'
- Slow life, de Grizzly Bear -
L'auteur :
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Philippe Besson est un homme d'affaire et un écrivain français, né le 29 janvier 1967.

Emprunt médiathèque.



Quatrième de couverture :
'Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer. Seulement voilà, le hasard nous a mis en présence. Si on veut bien considérer que la découverte d'un cadavre sur les pelouses impeccables de Beverly Hills est un hasard.'
Deux êtres que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d'un inconnu. Aussitôt, entre ces deux-là, surgit, sans qu'ils s'y attendent et sans qu'ils puissent s'y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge. A Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse.


Mon avis :
J'avais repéré ce titre sur le blog de Le Coin Littéraire, et j'ai eu la chance de le trouver à la médiathèque. Ce livre avait tout pour me plaire : un polar hollywoodien (où la fâcheuse manie des écrivains français de situer l'intrigue de leur livre partout sauf en France. Pas que ça me gêne mais... il est pas beau notre pays ?), une histoire d'enquête policière, de meurtre, un flic sans histoire, sans reproche, embarqué du jour au lendemain dans une relation qu'il aurait préféré ne pas avoir : tomber amoureux d'un de ses suspects, un homme qui plus est, alors que le flic lui-même est marié et bientôt père. Chouette ! Conflits intérieurs, tortures mentales, se remettre en question, avec du polar, du policier en plus ! Génial, mais...

C'est le récit d'un flic sans histoire, réservé, qui faisait correctement son boulot. Marié et bientôt papa. Qui aurait cru que cet homme irréprochable ferait une longue descente aux enfers à cause d'une histoire de meurtre ? Mais un bon flic ne se serait jamais, jamais, jamais permi de se laisser avoir des contacts avec l'un des suspects. Mais il est faible, et il se laisse entraîner dans cette relation troublante avec ce suspect, cet acteur chéri d'Hollywood, ne sachant pas où cela va le mener... Il n'est pas raisonnable de mélanger travail et vie privée...

Bon, je n'ai pas été déçue, juste que j'ai eu des attentes et elles n'ont pas toutes été remplies. L'enquête est en bruit de fond, elle n'avançe pas trop où alors c'est le lecteur qui n'en entend pas trop parler car le flic/narrateur préfère se concentrer sur sa relation avec le suspect, beau gosse d'Hollywood, acteur nommé Jack Bell. On en apprend pas assez sur l'enquête, à croire qu'elle n'est là que pour servir de pretexte à compliquer une histoire d'amour quasi-impossible entre un flic et le supposé criminel. Je m'attendais à quelque chose de plus complexe, surtout au niveau des sentiments, du conflit intérieur du flic sans nom. Il est faible, timide et réservé, il a des remords oui, mais... pas assez. A croire que ça ne lui fait pas grand chose de trahir sa femme enceinte, de briser son ménage pour une amourette avec un acteur canon dont on ignore la sincérité de ses sentiments envers son homme [ bon, on s'en doute un peu depuis le début que c'est lui, le meurtrier. Maintenant, comment savoir s'il n'a pas entraîné le flic dans cette adultère, cet amour interdit juste dans l'espoir d'embobiner le filc, espérer s'en sortir, même s'il se suicide à la fin, même si son tragique passé lui donne l'envie d'être aimé, l'auteur ne précise pas. Dommage, j'aurais aimé savoir... ]

Enfin, Philippe Besson a eu l'audace d'écrire une relation homosexuelle, c'est ça qui m'a surtout attirée. Ca change des amours hétérosexuels. On n'en retrouve pas souvent, même si on se dit tolérant. Donc j'ai aimé ce côté relation homosexuelle plutôt rare dans la littérature, même si j'aurais aimé la relation plus complexe, plus torturé, renforcer l'interdit de cet amour. Je voulais des conflits intérieurs, des tortures mentales, des choix difficiles : l'homme qu'on aime ou le boulot et la famille qu'on a construit ? J'aurais voulu plus de complications dans la relation naissante de cet amour voué à l'échec, plus de bâtons dans les roues... mais on en a peu. C'était bouleversant... mais pas assez.

Au niveau de l'écriture. C'est assez oral, mais l'auteur a sû saisir avec des mots vifs et des phrases courtes la force des sentiments, les dits et non-dits, parfois c'est vibrant et sensible. Le narrateur nous raconte sa vie, mais en nous faisant savoir dès le début dans quelle situation il est maintenant, depuis Jack Bell. Dommage car on sait déjà comment ça va se finir, une fin malheureuse, il n'y a plus de suspence, pas de surprise. Enfin bon. Ce livre dans l'ensemble n'est pas si mal que ça, l'idée de départ, l'histoire est plutôt bonne et cet aspect amour homosexuel interdit est intéressant à exploiter. Même si j'aurais aimé que certaines choses soient plus complexes et/ou exploitées. Un bon roman dans l'ensemble, que je suis contente d'avoir lu, mais sans plus. Pas inoubliable malgrè tout.

Extrait : 
Il y a des choses qu'on ne décide pas. Des événements qu'on ne voit pas venir. Et quand ils se produisent ou sont au bord de se produire, c'est déjà trop tard. Il y a des chemins qu'on emprunte sans se douter du danger, tout a l'air calme autour, pourquoi on se méfierait, pourquoi on serait sur ses gardes ? Il y a des gens vers qui on va, sans les craindre, sans rien attendre d'eux, on est persuadé qu'on ne croisera plus jamais leur chemin et puis un jour, ils sont là, à nouveau, devant nous, et on est surpris mais pas inquiet et on tend la main, on accepte de prendre un verre ou d'échanger une cigarette, ou de parler du temps qu'il fait, de la vie qu'on voudrait et voilà, on est mort sans s'en apercevoir.

jeudi 8 juillet 2010

Fantastique Maître Renard - Roald Dahl.

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Du même auteur :



Emprunt médiathèque.




Quatrième de couverture : 

Dans la vallée, il y avait trois fermiers, éleveurs de volailles dodues... Le premier était gros et gourmand ; le deuxième était petit et bilieux ; le troisième était maigre et se nourrissait de cidre. Tous les trois étaient laids et méchants. Dans le bois qui surplombait la vallée vivaient Maître Renard, Dame Renard et leurs quatre renardeaux, affamés et malins... Plongez-vous avec délices dans les aventures de l'un des plus célèbres héros de Roald Dahl, illustrées avec fantaisie par Quentin Blake.

Mon avis : 

M'est d'avis qu'il est un peu tard pour moi de faire plus ample connaissance avec Roald Dahl (j'ai lu qu'il avait la même couleur préférée que moi ^__^), ainsi que ses livres, mais qu'importe ? Je veux découvrir plus de lui, même s'il a beaucoup écrit pour les enfants, je continue de croire qu'on peut les lire à tout âge, même s'ils sont d'abord réservés aux enfants. Je crois naïvement qu'on a tous, même si c'est bien caché, une âme d'enfant. J'ai 19 ans, mais j'aime ce que fait Roald Dahl, enfin, pour ce que j'ai lu de lui.

Alors, c'est l'histoire de Monsieur Renard qui vit paisiblement avec son épouse, Dame Renard, et leur trois renardeaux. Mais un jour, trois fermiers ne supportent plus de se faire voler en nourriture par le renard et décident de se venger en détruisant la belle maison de Renard qui se situe dans le trou d'un arbre. La famille renard n'a d'autre choix que de fuir, fuir maintenant ! Mais ces trois horribles personnages n'abandonnent pas, et jurent de n'avoir aucun répit, pas avant d'avoir la tête de ce maudit Renard ! Et en attendant, la famille continue de fuir en creusant dans la terre sans cesse, en s'enfonçant, et ils commencent à mourir de faim. Heureusement que Renard a plus d'un tour dans son sac ! C'est vraiment un livre jeunesse, pour les jeunes enfants, mais j'ai bien aimé. C'est bien écrit et c'est bien illustré (ah, Quentin Blake !), c'est court, drôle, amusant. Beaucoup d'humour, de légèreté, d'inventivité. Les animaux sont à l'honneur, avec trois humains, des fermiers aussi bêtes que méchants. Une famille de renard à l'esprit de famille et empli de ruse, de malice, un Maître Renard qui m'a un peu fait penser à un autre personnage Dahlien : Willy Wonka.

Bref, bref, un bon livre qui plaira aux petits et même aux grands !

Extrait : 


Boggis, Bunce et Bean savaient très bien ce qui se passait et cela les rendait fous de rage. Ils n'étaient pas hommes à faire des cadeaux. Ils aimaient encore moins être volés. C'est pourquoi toutes les nuits chacun prenait son fusil de chasse et se cachait dans un recoin sombre de sa ferme avec l'espoir d'attraper le voleur.
Mais Maître Renard était trop malin pour eux. Il s'approchait toujours d'une ferme face au vent. Si quelqu'un était tapi dans l'ombre, il sentait de très loin son odeur, apportée par le vent. Par exemple, si M. Boggis se cachait derrière son poulailler numéro 1, Maître Renard le flairait à une cinquantaine de mètres et, vite, il changeait de direction, filant droit vers le poulailler numéro 4, à l'autre bout de la ferme
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Chapitre 2. Maître Renard.

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman.

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L'auteur :

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Neil Gaiman, né le 10 novembre 1960, est un auteur britannique de romans et de scénarios de bande-dessinée, vivant aux Etats-Unis. Il s'est spécialisé dans le fantastique depuis sa célèbre série Sandman publiée par DC Comics dans les 90's.




Quatrième de couverture : 

Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...

L'Étrange Vie de Nobody Owens est un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond. La grâce absolue de Neil Gaiman, de retour après son livre-culte, Coraline.

Mon avis : 

Depuis hier, j'ai le moral au plus bas, et dans ces cas-là, je m'absente d'internet et je lis. Beaucoup. J'ai engloutis Le Garçon en Pyjama rayé, Fantastique Maître Renard et L'étrange vie de Nobody Owens. Ce livre-là est mon petit coup de cœur, il m'a rendue un peu mieux, j'ai eu du mal à le lâcher, je l'ai lu hier après-midi et vient juste de le terminer. Je suis sous le charme, j'ai été enchantée dans ma lecture, j'ai été fascinée par ce monde et ses personnages si particuliers... si les livres de Neil Gaiman ressemblent à celui-là, aussi loufoques, fantastiques, je veux découvrir les autres livres de l'auteur !

Le Jack est un criminel, il s'est vu confier une mission : celle de tuer une famille de quatre membres, les parents et les enfants, la sœur de 7 ans et le bébé, un garçon de deux ans. Sa tâche est accomplie... mais non ! Il manque le bébé ! Où est-il, celui-là ? Il fait tâche sur ce qu'il devait être la satisfaction d'un travail bien fait ! Mais... que fait-il au cimetière ? Et comment a-t-il fait pour disparaître ? Si seulement le Jack savait... s'il savait qu'un couple de fantôme, vieux de quelques siècles, les Owens, ont pris sous leurs ailes ce petit bébé orphelin après avoir su qu'il était en danger... il n'y a plus grand choix, à présent : l'enfant ne doit pas quitter le cimetière, pas avec ce meurtrier toujours en liberté, caché dans l'ombre, attendant de finir son oeuvre. Les morts du cimetière accordent donc au bébé la citoyenneté du cimetière, c'est une exception ! Car les vivants ne peuvent demeurer chez les morts... Ce bébé sans nom : Nobody, alias Personne, alias Nobody Owens grandit dans un cadre peu singulier et plutôt insolite : dans un grand et mystérieux cimetière, parmi les morts, les fantômes avec qui il peut communiquer, appeler, toucher, voir... élevé par un couple de fantôme, protégé par son tuteur bien-aimé, Silas, étrange être ni mort ni vivant. En compagnie des morts qui lui feront office d'amis et même de professeur... qui aurait pu croire que la vie au cimetière serait aussi vivante ? Des Goules, une sorcière, des morts célèbres, Silas, les vivants, les morts, les Jack...

C'est un livre original, qui m'a fait un peut penser à la série tv Ghost Whisperer où à la chanson L'Horloge de Mylène Farmer. L'histoire a l'air plutôt simple, en elle-même, mais tous les éléments qui l'accompagnent donnent à l'histoire une touche qui fait le petit plus, l'étincelle de l'histoire. Nous avons une touche de surréalisme, les images qui accompagnent le récit qui sont jolies, on dirait presque qu'elles viennent d'un manga. C'est original, surprenant, parfois drôle, malgré parfois le manque d'explications sur certaines choses, comme la confrérie des Jack, j'ai attendu longtemps avant de savoir pourquoi ils voulaient tuer Nobody, et même la raison ne me suffit pas, j'en attendais plus, je m'attendais à quelque chose de plus gros, de plus surprenant. Comment j'en attendais plus sur Silas, disons que j'aime ce personnage, il donne confiance, force, une force calme et protectrice, j'aime beaucoup cette image de lui et j'aurais aimé en savoir plus sur lui, comme sur les Chiens de Dieux, l'auteur laisse certaines choses dans le vague, et c'est dommage.

C'est un drôle d'univers, pas autant noir et macabre que ça, car cette population de morts s'avère plutôt vivante. Des fantômes que Nobody peut voir, toucher, parler, comme s'ils étaient des êtres vivants, normal avec ça qu'il ne craint pas la mort. Nous avons des morts de toute époque, mais surtout de l'époque victorienne, nous avons une sorcière, des goules se donnant des noms de gens célèbres qui m'ont paru un peu fofolles. Nous avons Silas, nous avons Miss Lupescu, un Chien de Dieu (lycantrophe, apparement), nous avons quelques vivants. J'ai adoré lire les phrases sur les pierres tombales, certaines étaient drôles ('Machin, morte le ..., jeune fille irréprochable. Lecteur, puisses-tu en dire autant'). Ce monde plutôt macabre et pas-si-glauque-que-ça m'a fasciné, autant que ses habitants qui vivent en démocratie dans le cimetière, ils sont attachants et drôles pour la plupart, pour des morts, ils sont étonnamment vivants. L'histoire est savoureuse (j'ai adoré les scènes où des fantômes se mobilisaient pour faire l'école à Nobody et certains ne comprenaient pas pourquoi il n'arrivait pas à disparaître, comme eux, et les cours qu'ils donnent sont si différents de ce qu'on apprend, de ce qu'on a), l'écriture de l'auteur est appréciable, on ne tombe pas dans le grotesque, les situations sont bien amenées et plausibles, avec un rythme soutenu qui fait qu'on a pas le temps de s'ennuyer, l'intérêt reste en éveil. Rien d'étonnant, après tout, j'ai toujours pensé que les britanniques avaient un don pour raconter des histoires pour enfants, qui allaient dans l'étrange, dans le fantastique.

La fin m'a fait un peu mal au cœur et m'a fait pensé à Peter Pan : Nobody, ou Bod, grandit, et au fur et à mesure qu'il quitte le monde de l'enfance, il voit moins les morts et eux-mêmes se conduisent différemment avec lui bien qu'ils conservent leur affection pour ce vivant qu'ils ont accueillit et aimé. C'est Silas qui lui conseillera... eh bien, de vivre, tout simplement. C'est une histoire pittoresque, agréable, elle se laisse lire à tout âge et ça me donne envie de découvrir plus Neil Gaiman. Et puis aussi, la couverture est très jolie, elle attire le regard et donc le lecteur, j'aime beaucoup, elle a un style très beau esthétiquement et qui a un certain charme.

Extrait : 

Ils la connaissaient, ceux du cimetière, car chacun d'entre nous, à la fin de ses jours, rencontre la Dame au cheval blanc, et nul ne l'oublie.
Le cheval s'arrêta près de l'obélisque. A l'est le ciel blanchissait légèrement, une luminescence nacrée d'avant l'aube qui mettait ceux du cimetière mal à l'aise et leur donnait envie de regagner le confort de leur logis. Pourtant aucun d'entre eux ne bougea. Ils regardaient la Dame au cheval blanc, et tous étaient mi-excités, mi-effrayés. Les morts ne sont pas superstitieux en général, mais ils la regardaient comme un augure romain aurait scruté les cercles de corbeaux sacrés, à la recherche de la sagesse, à la recherche d'un indice.
Et elle leur parla.
D'une voix semblable au carillon de cent minuscules clochettes d'argent, et elle prononça ces simples mots :
- Les morts doivent être charitables.
Et elle sourit.
(...) Le sujet était clos, et, sans même un vote à main levée, la décision fut prise. L'enfant Nobody Owens serait nommé citoyen libre du cimetière.


Chapitre un. Comment Nobody vint au cimetière.

mercredi 7 juillet 2010

Le garçon en pyjama rayé - John Boyne.

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L'auteur :

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John Boyne, né le 30 avril 1971, est un écrivain irlandais, auteur de sept romans et de quelques nouvelles et articles.

Emprunt médiathèque.




Quatrième de couverture :

Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister. Une lecture d'une force inoubliable.

Mon avis :

Un livre qui me faisait envie depuis un petit bout de temps et que j'ai eu la chance de trouver à la médiathèque. Malheureusement, je n'étais pas au meilleur de ma forme quand j'ai englouti ce livre, j'étais même plutôt déprimée, et j'avais décidé de lire un peu pour essayer de me changer les idées, et par qu'il n'y a que vers les livres que je me tourner dès que j'ai le moral dans les chaussettes. Mais j'avoue que ce livre n'a pas arrangé mon moral, j'en suis ressortie encore plus déprimée, si possible, mais malgré tout, j'ai trouvé que c'était une belle histoire, très humaine, très touchante.

Pour résumer ce livre, je dirais que ça a commencé par une surprise : une surprise lorsque le Fourreur vient dîner chez les parents de Bruno, c'est un drôle d'invité, pas agréable du tout ! Surtout que c'est à cause de lui qu'ils sont obligés de quitter leur belle maison à BerlinBruno jouait aux explorateurs. Ils doivent habiter dans une maison, moins bien que celle de Berlin, à Hoche-Vite. C'est pas génial. Le paysage est moche, la maison est trop petite au goût de Bruno, il y a beaucoup de soldats qui traînent, et il y a cette drôle de barrière au loin où se trouvent des personnes toutes habillées en pyjama rayé, et qui ne doivent pas se mélanger à Bruno et sa famille parce qu'ils ne sont pas des personnes, ils ne sont rien. Mais Bruno s'ennuie, loin de Berlin et de ses amis, sa grand-mère lui manque, son père est toujours à son travail, et comme compagnie, il n'a que Gretel, sa sœur  un "cas désespéré" ! Il s'ennuie à mourir et il a besoin de distractions, alors Bruno sort, il explore, puis sa curiosité le pousse à découvrir, de l'autre côté de la barrière, un petit garçon nommé Shmuel. Il a le même âge que lui, et la même date de naissance, il porte un pyjama rayé, il est très maigre et il a ses cheveux rasés. Bruno, qui s'ennuie, décide de s'en faire un ami et de lui rendre visite...

Au début de ma lecture, j'ai été interpellée par l'écriture. Je voyais bien que l'auteur s'exprimait en "il" et qu'il se mettait sous le point de vue de Bruno, mais je sais pas pourquoi, dans les premiers chapitres, je m'attendais toujours par voir un récit à la première personne. Je sais pas si c'est moi, où parce que l'auteur nous met vraiment dans la peau de Bruno, si bien qu'on finit par s'attendre qu'en fait, c'est lui qui parle, en "je". Mais cette impression est passée après les premiers chapitres. Ah, et aussi parce que je suis pas douée, j'ai mis un petit bout de temps avant que ça fasse 'tilt' dans ma tête, en effet, j'ai mis quelques minutes à me rendre compte que 'Fourreur' voulait dire 'Führer' et 'Hoche-Vite' 'Auschwitz', ce sont les mots qu'utilisent Bruno car il n'arrive pas à dire les mots originaux, en même temps je comprends, c'est plutôt difficile à prononcer, et ça rend presque innocent sa façon de dire les mots à sa manière.

Sinon, l'histoire met un petit bout de temps à démarrer, Bruno ne rencontre Shmuel que vers la moitié du roman, car on parle surtout du déménagement Berlin/Auschwitz, à quel point c'est si différent, à quel point Bruno déteste, qu'il est seul, que sa sœur est un cas désespéré... en fait, l'auteur a la détestable habitude de répéter ce qu'il dit, comme si on avait pas compris au bout de la troisième fois. Si le livre avait été un livre jeunesse, là j'aurais compris le pourquoi des répétitions (d'après mes cours, les enfants aiment retrouver des choses dites dans les livres, les répétitions...) mais il n'est pas spécifié que c'est un livre jeunesse, il peut se lire par des adultes ou des plus jeunes. Malgré les sujets graves que l'on devine : l'Holocauste, camps de concentration, antisémitisme, soldats nazis... on a ces sujets, mais vu par les yeux de Bruno qui ne comprend pas forcément ce qu'il voit, qui voit d'une autre manière, avec des réflexions innocentes. Comment un enfant peut-il comprendre toutes les horreurs du Nazisme ?

Son amitié avec le jeune juif Shmuel était mignonne, touchante, même si je m'attendais à un petit plus, mais c'était mignon quand même, touchant, surtout vers la fin qui fut un vrai coup de poing dans l'estomac pour moi, je ne m'y attendais pas, quel choc ! D'où la raison qui a fait que je suis ressortie de cette lecture toujours avec le moral au plus bas. Le tout dernier chapitre, où on revient dans un point de vue général était triste, j'ai eu vraiment mal au cœur pour les personnages vraiment, même pour Gretel.

Un texte qui m'a plu, surtout par le sujet traité, même si je ne peux m'empêchée d'être dégoûtée, malgré tout ce que j'ai pu apprendre, lire ou voir sur ces sujets-là, j'en aurais toujours la nausée tellement c'était affreux, inhumain, barbare, et quand je pense que cette période n'est pas si éloignée de nous... et Bruno ne voit pas toutes ces atrocités, il est jeune, il a du mal à comprendre, il est naïf, une naïveté exaspérante et touchante à la fois, comment peut-on lui en vouloir et imaginer une toute autre version, moins laide, moins pire que celle que nous savons ?

Sinon, entre l'histoire de Bruno à 'Hoche-Vite' (c'est plus facile à écrire que Auschwitz !), on a quelques fois quelques petits retours en arrières, comme la période où les grands-parents rendaient visite, j'ai beaucoup aimé la grand-mère, sa force, ses convictions, je suis de tout cœur avec elle ; ah et aussi le passage où le petit con... euh, le Fourreur et Eva (Eva Braun, je suppose, amante d'Hitler), je l'attendais, curieuse de savoir ce qu'il allait se passer, mais on a eu qu'un aperçu. J'ai vu avec effarement sa réaction lorsque Gretel disait apprendre le français et le Fourreur voir rouge. Eva m'avait paru sympathique, même si je ne connais pas vraiment ce personnage historique. Sinon, quelques trucs illogiques, comme au niveau des camps de concentrations, à ce que je sache, les barrières étaient électrifiées, mais je ferais mes recherches sur le camps de Auschwitz.

En gros, une lecture plaisante, touchante, qui traite de sujets graves sous une couche d'innocence et de naïveté enfantine. Une fin qui donne une claque au lecteur, selon moi, mais un bon livre.

Extrait :

Le clou des fêtes de Berlin était toujours le tour de chant de Grand-mère. Son numéro coïncidait bizarrement avec le moment où Mère quittait la pièce dans laquelle la fête battait son plein, pour aller dans la cuisine en compagnie de quelques amies. Père restait pour écouter Grand-mère et Bruno aussi, car il adorait l'entendre chanter à pleine voix et récolter une salve d'applaudissements à la fin de la chanson. Par ailleurs, la Vie en rose lui donnait la chair de poule et faisait se dresser ses petits cheveux sur la nuque.


Chapitre 8. Pourquoi Grand-Mère est partie comme une furie.

dimanche 4 juillet 2010

La fenêtre d'Orphée - Riyoko Ikeda.

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Quelque(s) lien(s) utile(s) :
Résumé :

Tout commence à partir de la légende d'Orphée, ce héros de la mythologie grecque qui enchantait toute créature, humain, animal ou divinité, du seul son de sa harpe. Le jour vînt où sa douce compagne, la nymphe Eurydice, mourût tragiquement. Fou de désespoir, Orphée descendit alors aux Enfers pour la retrouver. Emu par ses chants, Hadès, le seigneur des Enfers, accepta de lui rendre sa bien aimée, à la seule condition qu'il ne se retourne vers elle qu'une fois dans le monde des humains. Cependant Orphée ne pût s'en empêcher et perdit Eurydice pour toujours.

Au début du XXème siècle à Francfort, tout ce qu'il reste de cette histoire est la fenêtre d'Orphée, dont il est dit que si deux personnes s'y voient, elles seront liées par un amour éternel. C'est autour de cette fenêtre que se croiseront les destins de Julius, une jeune fille que sa mère travestie afin qu'elle hérite de la fortune de la famille Aleinsmeier dont elle est un enfant illégitime, de Klaus, dont les véritables origines sont mystérieuses, et Isaac, un étudiant boursier qui se consacre corps et âme à sa musique.

Paru en 1976, ce manga est composé de 18 volumes et marque la fin du style de dessin que l'on connaissait jusque là chez Riyoko Ikeda.


Résumé trouvé
ici.


Mon avis :

J'ai découvert ce manga grâce à un commentaire de Cécilia sur mon article de Claudine, autre manga de l'auteur, merci à elle de m'avoir donné des infos sur ce manga plutôt méconnu (comme beaucoup de manga de Riyoko Ikeda) et de m'avoir donné le lien d'un site où l'on pouvait lire en ligne les premiers chapitres (en anglais), j'ai dévoré ces quelques pages en une journée.

Résumé, par moi, de l'histoire car j'adore écrire mes propres résumés :p : alors, dans l'Allemagne du nouveau XXe siècle, il y a une école de musique pour garçon, des étudiants talentueux. Mais ce qui fait aussi la renomée de cette école est la légende qui entoure l'une des tours, et plus particulièrement l'une de ses fenêtres si joliment nommée la fenêtre d'Orphée, d'après le mythe de ce légendaire héros grec dont la fin est tragique. On se chuchote entre élèves que si jamais par malheur un homme viendrait à croiser une femme depuis cette fameuse fenêtre, qu'il serait destiné à tomber amoureux d'elle... d'un amour aussi profond que l'avait Orphée pour Eurydice... mais aussi que leur amour sera destiné à finir aussi tragiquement que les deux amants mythologiques... Il se trouve que deux étudiants, le timide et studieux Isaac, et le sérieux et beau Klaus croisent la même journée une personne. Heureusement ! Ce n'est qu'un jeune homme, étudiant comme eux, nommé Julius. Et puis, aucune inquiètude à avoir : comment croiser une femme dans un institut pour garçons ? Pas besoin de prendre cette superstition au sérieux ! Mais personne ne sait ce qu'il se produira si deux hommes croisent la même femme depuis la fenêtre maudite... car il se trouve que Julius est en réalité une jeune femme, obligée de se faire garçon par ses parents pour qu'elle puisse accéder à l'héritage du père, gravement malade. Désolée de ne pouvoir être ce qu'elle est, elle endosse des vêtements de garçon et va à l'école de musique. Serait-ce la légende qui se met en place ou pas, toujours est-il que les vies de Julius, Isaac et Klaus se retrouveront sans cesse emmélées... fatalement... entre moment de bonheur ou de crise...

Comme toujours, je suis sous le charme des dessins et des d*histoires de Riyoko Ikeda et c'est bien dommage que ses mangas soient peu connus en dehors du Japon. Pour ne pas changer la bonne vieille habitude de l'auteur, nous avons en personnage central une jeune femme avec des cheveux ondulés ou en boucles blondes, grande taille, souvent avec un esprit torturé, et que beaucoup prennent pour un garçon ! A croire que l'auteur aime exploiter des personnages comme ça ? Rei Asaka dans Très cher frère, Oscar dans La Rose de Versailles, Claudine dans... et bien, Claudine, et ici, Julius. Non pas que ça me gêne, mais je trouve ça amusant de retrouver dans chaque manga ce type de personnage.

Bon, pour parler de ce manga... ce qui m'a d'abord plu, c'est ce rapport indirect avec la mythologie grecque (qui me passionne), avec le mythe d'Orphée, ce héro grec tragique ayant pour mère la muse Calliope (si vous ne connaissez pas ce mythe, honte à vous !), le mystèrd d'une tour avec sa mystérieuse fenêtre où une sorte de malediction est posée on ne sait pas comment ni pourquoi, mais qui donne presque un sentiment de destin, de fatalité. Pas que ça me surprenne, les mangas de Riyoko Ikeda finissent rarement bien, elle préfère une bonne fin tragique à souhait. Sinon, pour les quelques chapitres que j'ai lu, j'ai été vite prise dans l'histoire, même si j'ai du relire plusieurs fois car je comprenais mal la situation familiale de Julius et sa famille. Mais j'ai adoré, même si bon, j'aurais voulu que certaines choses soient plus abordées, mais en même temps, je n'ai pas lu tout le manga, même si je sais en gros ce qu'il va se passer (n'ayant pas encore la suite en vue, je compense comme je peux, de toute façon, je sais que ça va mal se finir, habituée au style de l'auteur).

Les dessins, l'histoire, les personnages... que du bon, comme toujours, je n'ai pas encore été déçue d'un manga de l'auteur, et comme il y a plusieurs chapitres (18 tomes au Japon), l'histoire est plus développée, on a encore des personnages intéressants, ou torturés, ou les deux, d'autres qui sont "des empêcheurs de tourner en rond", des relations complexes, ou ambigües, ou non-réciproques, ou torturés... enfin, la recette habituelle de Riyoko Ikeda pour ses mangas. Non pas que ça me gêne de retrouver le même schéma, j'aime quand même et je recherche avidement la suite.