dimanche 7 juin 2009

A qui la faute ? (V. HUGO).




A qui la faute, Victor Hugo.


- Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

jeudi 28 mai 2009

Détective Conan - Gosho Aoyama.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/DetectiveConan.jpgL'auteur :


http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/gosho.jpg


Gosho Aoyama est un dessinateur de manga japonais, né en 1963. Il est connu pour être le créateur du manga Détective Conan, mais s'est aussi illustré dans les mangas Magic Kaito et Yaiba. Ces deux mangas étant indirectement liés dans le manga Détective Conan. Il a également conçu les personnages humains de la série animée Hamtaro.




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Résumé :


Shinichi Kudo est élève de première au lycée Tivedétec. Pour avoir résolu plusieurs enquêtes difficiles, beaucoup le considèrent comme "l'aide la plus précieuse que la police pouvait espérer". Un jour, alors que Shinichi se baladait avec son amie d'enfance Ran Mouri, il fait la rencontre d'hommes étranges vêtus de noir. Par curiosité et intuition, Shinichi les suit et comprend que ce sont des maîtres chanteurs. Découvert, on lui fait boire un poison expérimental pour le faire taire et l'effet est inattendu : il rajeunit ! Shinichi, aidé de son voisin le professeur Agasa, inventeur génial et farfelu, décide de partir à la recherche de l'organisation secrète dont il a été victime. Il cache alors sa véritable identité sous le pseudonyme de Conan Edogawa, et se réfugie chez Ran dont le père est détective...


Mon avis :

Je ne pouvais pas faire de blog littéraire sans parler de manga, voilà quelques années que je suis tombée dedans pour ne plus en ressortir, et cette découverte des mangas, je la dois à Détective Conan qui fut le tout premier manga que j'ai lu et découvert et pour lequel j'ai longtemps eu un coup de cœur ! Pourtant, rien ne me prédisait à tomber dans le genre car je n'étais pas attirée par les mangas au départ, en revanche j'adorais regarder l'anime (adaptation en dessin-animé quand on parle de manga) de Détective Conan qui était diffusé sur France 3, à chaque fois que je rentrais de l'école, vers 16 heures, c'était pour regarder cet anime. J'étais si accro que j'avais poussé la curiosité jusqu'à la lecture des mangas que je n'ai pas tardé à dévorer (bon, je n'ai pas toute la collection vu qu'on arrive bientôt à 70 tomes mais j'ai quelques tomes chez moi et il existe toujours la lecture en ligne sur le net), ainsi que les films et les OAV. C'est en relisant ce manga il y a peu que je me suis rendue compte à quel point j'étais folle de ce manga et je me suis dit qu'il méritait bien un article sur Odyssée Littéraire.


Alors, alors, Détective Conan, c'est l'histoire de Shinichi Kudo, un jeune lycéen de 16 ans vivant à Tokyo et qui voue une passion aux récits de Conan Doyle dont le héros, Sherlock Holmes, est son idole. Intéressé et même passionnée par les enquêtes policières, et étant extrêmement intelligent, Shinichi est connu pour avoir résolu plusieurs affaires difficiles et s'est fait un nom chez la police japonaise... et la presse ! Un jour, lors d'une sortie avec son amie d'enfance, Ran Mouri, championne en karaté, il remarque le comportement étrange de deux hommes vêtus de noir ; suivant sa curiosité et son intuition, il décide de les suivre, se mêlant ainsi à une affaire qui ne le concerne pas, et comprend rapidement que ces hommes sont des maîtres chanteurs, voire même des criminels. Malheureusement, il se fait surprendre par l'un d'entre eux qui l'assomme et décide de lui faire avaler un poison expérimental dans le but de le faire taire. Les deux hommes fuient, pensant laisser derrière eux le jeune détective agonisant, mais loin d'avoir l'effet attendu, le poison fait rajeunir Shinichi... de dix ans, le faisant retrouver le corps du garçon qu'il était à six ans. Or, Shinichi a rajeuni physiquement et possède toujours l'esprit, l'intelligence et la mentalité du jeune adolescent de 16 ans. 


Désespéré, il demande de l'aide à son voisin et ami, le professeur Agasa, qui lui conseille de se taire et de changer d'identité par mesure de prudence. Shinichi décide de suivre son conseil de ne rien révéler de sa situation à ses proches et cache sa véritable identité en devenant Conan Edogawa, un jeune garçon de six ans qui se présente comme étant le neveu d'Agasa. Toujours selon les conseils avisés de son voisin, il décide de résider chez Ran dont le père, Kogoro, est un détective afin de mettre à son avantage le métier de Kogoro pour espérer retrouver la trace de ces fameux hommes en noirs et de redevenir l'adolescent qu'il était. Cependant, Conan s'aperçoit rapidement que Kogoro est un détective raté et décide de combler ces faiblesses grâce aux formidables inventions du professeur Agasa : décidant de suivre Kogoro dans ses enquêtes, Conan va aider le vieux Mouri à les résoudre... en l'endormant grâce à des fléchettes anesthésiantes cachées dans sa montre, et de résoudre les enquêtes en utilisant la voix de Kogoro grâce à un nœud papillon changeur de voix car qui pourrait laisser un enfant sur des scènes de crimes et le laisser résoudre des enquêtes ?




L'intrigue déjà frappe très fort : un jeune lycéen détective n'est pas commun, un lycéen détective qui se retrouve rajeuni de dix ans et devient un garçon de six ans mais avec l'esprit de ses 16 ans l'est encore moins, c'est pourtant ce que doit vivre Shinichi Kudo qui cache sa véritable identité à tous et doit se faire passer pour un jeune garçon de primaire, ce qui n'est pas évident car il ne peut pas s'empêcher de se conduire comme un adulte et de fourrer son nez là où il ne faut pas... et les autres personnages ne tardent pas à avoir que Conan est un garçon peu ordinaire et même très intelligent pour son âge ! Ce ne sera pas toujours évident pour Shinichi de garder ses secrets... surtout face à Ran Mouri, son amie d'enfance dont il est amoureux (amour d'ailleurs réciproque mais les deux amoureux n'osent s'avouer leurs sentiments).


Outre l'histoire, j'aime beaucoup aussi les dessins. Les graphismes sont très détaillés, très complets, c'est joli, beau, esthétique, Gosho Aoyama a un style très propre et net qui a beaucoup de charme. Avis cependant à ceux qui ne sont pas trop attirés par le genre policier car ce manga ne fait que ça : à chaque tome, une ou deux enquêtes policières résolues par Conan (... qui se fait passer pour Kogoro. Incroyable d'ailleurs que depuis 70 tomes, personne n'ait remarqué que Conan endort Mouri, que Mouri est dans les vapes quand il fait ses déductions, que Mouri ne se rappelle pas avoir résolu l'enquête, qu'il est devenu un détective célèbre et efficace lorsque Conan est arrivé, ou que Conan disparaît à chaque fois que Mouri déduit... celui-là aura pas démérité son titre de "Mouri l'endormi"), mais je ne vais pas le nier, les enquêtes sont très intéressantes et au bout de 70 tomes, l'auteur en a de l'imagination et de la cervelle pour nous concocter toutes ces affaires ! L'auteur a vraiment une très bonne culture des différentes œuvres policières et de leurs auteurs : Conan Doyle, Agatha Christie, Ellery Queen... et des détectives de fiction : Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Miss Marple, Columbo, Cordelia Grey... bref, il sait nous offrir des enquêtes policières bien construites, complexes, bien menées, parfois originales, qui nous tiennent en haleine, c'est prenant, fascinant, les déductions sont épatantes et étonnantes, surtout au niveau des crimes dont certaines méthodes sont... originales et presque invraisemblables ! (tuer avec un bout de ficelle, un ongle ou une armature de soutien-gorge par exemple...).

Le point faible du manga serait sa longueur : en effet avec 70 tomes parus avec deux ou trois enquêtes à chaque tome et les indices concernant les hommes en noirs donnés petit à petit, tout ça traîne en longueur et on peine à voir la fin ou comment ce manga va se terminer (Conan va--t-il retrouver les hommes en noir et retrouver sa taille normale ? Va-t-il devoir grandir pour redevenir celui qu'il était ? Va-t-il enfin avouer tout à Ran ?). On est bien tenté de suivre jusqu'à la fin pour avoir enfin le fin mot de l'histoire car entre les enquêtes policières qui sont bien nombreuses, nous avons les quelques indices sur l'organisation criminelle dont a été victime Shinichi, et c'est aussi l'un des problèmes du manga : on jongle entre enquêtes et l'affaire des hommes en noirs, la recherche du fameux poison : APTX 4869, et ce, à répétition. Donc au niveau de l'intrigue, je dirais que c'est le gros problème de ce manga. C'est malheureusement très lent comme progression et les indices sont donnés au goutte-à-goutte, noyés sous les multiples enquêtes et résolutions de meurtres, donc on se lasse... De même, l'aspect relationnel de l'histoire est encore plus bouché. Je ne sais pas jusqu'où ça va aller mais à mon avis la série n'est pas prête de se terminer... Je veux connaître la fin avant ma mort moi T_T L'auteur a beau savoir comment va se terminer le manga, ça traîne en longueur.




Une panoplie des personnages du manga.
Cependant, on ne peut pas le nier, c'est très rythmé ! L'action est là, on déborde d'enquêtes policières, au fur et à mesure qu'on avance, on apprend plus de choses sur les hommes en noirs, les relations s'approfondissent (quand on voit au début qu'Heiji Hattori, détective lycéen de 16 ans venant d'Osaka, et Conan, qui ne pouvaient pas s'entendre et étaient rivaux et qu'ils sont devenus les meilleurs amis du monde et inséparables), les personnages évoluent (je prends l'exemple de Shinichi qui, obsédé par Sherlock Holmes, arrogant et aimant l'attention, est devenu quelqu'un de modeste - quelques fois - discret, évitant la presse et cie, plus humble grâce à Conan. Devenir un enfant l'a changé en fonction de ses manières de voir le monde, les gens... il découvre très vite les limites de son nouveau corps et doit changer de perspectives, remettre en question ses capacités, de faire preuve de plus de discrétion et de subtilité)




Malgré toutes ces enquêtes, nous avons tout de même des moments divertissants, léger, drôles ne serait-ce qu'avec Heiji et son tempérament emporté, Kogoro Mouri et ses manies d'ivrognes ou de fan incontesté de la chanteuse Yoko, ou encore le Club des Détectives Juniors. Nous avons aussi une panoplie de personnages intéressants et attachants (que je ne citerais pas car ils sont trop nombreux), mais dont l'un des plus mémorables reste l'Insaisissable Kid, un voleur gentleman et magicien qui adore voir médiatisé ses vols qui, à chaque fois, sont de vrais spectacles qui fascinent les foules, au grand désespoir de la police qui aimerait bien voir le voleur derrière les barreaux ! Bref, bref, un bon manga pour moi avec des personnages intéressants et attachants, des enquêtes épatantes, une bonne intrigue...


Image tirée du manga.

mercredi 27 mai 2009

Les chroniques des vampires (T.1) Entretien avec un vampire - Anne Rice.

 


De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. 


Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire.








Il était temps que je commence à parler d’Anne Rice sur ce blog !

Entretien avec un vampire ne faisait pourtant pas partie de mes projets de lecture, jusqu’à ce que je visionne le film en version originale et, de fil en aiguille, roman comme film sont vite devenus de véritables coups de cœur ! (moi qui ne m’intéressais pas à Tom Cruise… il fait un merveilleux Lestat et m’a amusé autant qu’il m’a enchanté)

 

Livre reçu lundi, dévoré la journée même, installée confortablement dans mon lit, avec Apocalyptica et Mylène Farmer dans les oreilles, à lire attentivement le récit de Louis, sa vie de vampire, les belles descriptions, les personnages... c'était une lecture dont je ne suis pas sortie indemne, ce livre m'a vraiment marqué. Avec Anne Rice, j'ai eu envie de lire d’autres récits sur des vampires, d’écouter la bande-originale du film, de relire Dracula, de découvrir la Nouvelle-Orléans, de revoir Paris, de retrouver Louis, Lestat, Armand... et vouloir me replonger dans ce roman pour mieux savourer ma lecture, prendre mon temps cette fois-ci, m'arrêter sur des paragraphes, me laisser emporter par les mots…

 

Mais, Entretien avec un vampire, qu’est-ce que ça raconte ?

 

Tout commence dans une chambre d’hôtel, à San Francisco. Un journaliste a été convié à écouter l’histoire d’un étrange individu. Sous le magnétophone, il va lui confier une histoire à la fois incroyable et étrange qui est l'histoire de sa vie ; vie qui n'a rien de si banale car l'individu en question de révèle être un vampire depuis plus de 200 ans ! C’est l’histoire de Louis de Pointe du Lac et tout commença en 1791, alors qu’il était encore humain, patron d’une plantation à la Nouvelle-Orléans, fils aîné d'une famille française ayant immigré dans le nouveau monde. Une vie paisible, normale, jusqu’à ce que la mort accidentelle de Paul, le jeune frère de Louis, ne fasse tout basculer. 

 


Anne Rice

Louis sombre dans la dépression, recherche la mort sans avoir le courage de se la donner lui-même, jusqu’à un beau soir… où il se fit attaquer par un vampire, Lestat de Lioncourt, qui lui propose, comme alternative à sa vie, de devenir un immortel et son compagnon. Louis vit alors une vie de faste et de luxure, régie par des chasses à l’homme nocturnes, mais Louis ne parvient pas à s’habituer à sa nouvelle vie de vampire, devant tuer pour survivre, et rejette Lestat qu’il exècre autant qu’il le fascine. Afin de ne pas le perdre et voyant à quel point Claudia, une petite fille orpheline, le touche profondément, Lestat décide d’en faire une immortelle et de la recueillir comme sa fille, proposant à Louis de l’élever avec lui… Commence ainsi la vie de cette étrange petite famille de vampire, mais Claudia grandit… et en vient à détester ce corps de jolie petite poupée quand elle désire plus que tout être une femme, et ne décide de se rebeller contre son créateur… 

 


Entretien avec un vampire, en quelques mots...

Un livre envoûtant, captivant, dérangeant et déroutant.

Je suis tombée sous le charme de la plume d’Anne Rice, ses vampires et leur univers.

 

Anne Rice a su renouveler le vampire, tout en gardant certains codes (le sang comme substance de vie, le cercueil, la nuit, la beauté). Des êtres tourmentés, parfois monstrueux, indifférents à l’ail et aux crucifix. Pourtant, on en sait si peu sur ces vampires et leur univers… Louis étant un nouveau-né dans le monde de la nuit, et son maître vampire étant avare en information, choisissant l’ignorance pour garder son emprise sur Louis, car Louis a beaucoup de mal à s’adapter à sa nouvelle condition, s’harmonier avec sa nouvelle nature de vampire.

 

Louis reste mon personnage préféré dans ce tome. C’est un individu qui ressent les choses si profondément, il est le plus humain de tous les vampires. Il a une telle capacité à souffrir, à ressentir qu'on ne peut s'empêcher d'être touché. Si certains lecteurs se sont lassés ou agacés de ses lamentations, ce ne fut pas le cas pour moi. Louis a une telle profondeur psychologique, des principes moraux qu'il a du mal à suivre avec sa transformation en tant que vampire qui est loin d'entraîner chez lui un changement fixe et stable, tout se fait progressivement, petit à petit. Il va garder longtemps ses principes, ses croyances, sa foi en Dieu si forte, ce qui l'empêchera de vraiment bien plonger dans le monde des vampires, pendant longtemps il sent sur lui le poids de la culpabilité à chaque fois qu'il doit tuer pour se nourrir, et quel sentiment horrible que celui de la faim, la soif de sang qui dévore l'intérieur et consume l'être, c'est une évolution douloureuse de la psychologie que celle de Louis. Et quand enfin il quitte ce stade de culpabilité, c'est pour en rencontrer d'autres. L'existence de Louis est passionnée, mouvementée, violente, brillante, désespérée.

 

J'ai aimé suivre ce jeune homme, ce vampire troublé, humain. Isolé des autres humains depuis sa transformation, vivant avec Lestat, son maître vampire avec qui il aura des relations conflictuelles, ils n'ont pas la même vision du monde, c'est un couple étrange, il y a beaucoup d'ambiguïté. Louis ressent beaucoup de sentiments contradictoires pour Lestat, entre la haine et l’amour, le respect et le dégoût, et Lestat lui-même se fait l’auteur de gestes contradictoires. J'attends de lire le second tome, Lestat le vampire pour mieux comprendre ce personnage intriguant.



Lestat, Claudia et Louis, ou telle que je l'appelle "The Unholy family"
imaginés par Emily sur Tumblr


 

Louis va évoluer dans un monde troublant, sombre, inquiétant, choquant, sensuel et tisser des liens profonds avec les personnages qu’il rencontre : 

 

Lestat, son maître vampire et compagnon dans l’au-delà avec qui il nourrit des sentiments entre amour et haine ; un personnage complexe, vile, joueur, égoïste, cruel, mystérieux... qui dévoile peu à peu ses faiblesses et qui parvient à nous attendrir, malgré tout.

 

Armand, vampire de 400 ans que Louis rencontrera à Paris, gérant le Théâtre des Vampires, où une troupe de vampires s’amuse à se donner en spectacle devant les mortels, et qui éprouvera pour Louis un désir brûlant ; un personnage intriguant, qui va beaucoup apporter à Louis, il m'a beaucoup plu et j'espère en apprendre plus sur lui dans la saga.

 

Claudia, l’enfant vampire, qui éprouve pour Louis des sentiments… troublants, je ne saurais définir exactement cette relation, il y a quelque chose de pervers dans le sens où Claudia l’appelle “son amant” et semble l’aimer plus que comme simple figure paternelle, mais en même temps une affection paternelle, comme un père avec sa fille… c’est une relation des plus ambigües, une relation à la fois père-fille et amant-amante. On ne peut qu'éprouver fascination pour ce personnage. Une vampire redoutable coincée dans un corps de petite fille. Elle mûrit, mais souffre de ne pouvoir connaître les plaisirs adultes.



Un roman de vampires donc, mais pas que... puisque, à travers ses personnages, Anne Rice nous montre les affres de l'âme humaine, la souffrance, la fascination, la perversion, la repentance, mais aussi la quête des origines : qui suis-je ? d'où je viens ? où je vais ? Elle redonne un second souffle à ses vampires. Ils ne sont pas seulement des monstres sanguinaires, mais des personnes à part entière, aux prises avec leurs tourments. Chaque personnage a une psychologie profonde et fascinante.

 

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman, il fait partie de ceux qui m’ont fait vibrer. Il m’a emmené dans un univers à la fois sombre, fascinant, terrifiant mais terriblement attirant et émouvant. Il me tarde que la période du baccalauréat s'achève afin que je puisse continuer sur ma lancée !






Image tirée du film (Neil Jordan, 1994) avec
Brad Pitt dans le rôle de Louis et Tom Cruise dans celui de Lestat





Quand il (Lestat) eut rattrapé l'esclave, il le bâillonna, l'immobilisa et dégagea son cou.
- Allez-y, me dit-il. Vous ne pouvez plus revenir en arrière.
J'obéis, révulsé et impuissant. Je m'agenouillai près de l'homme qui se débattait, plié en deux, et, me cramponnant des deux mains à ses épaules, enfonçait dans son cou mes dents, qui ne faisaient que commencer leur transformation. Je dus déchirer la chair, au lieu de la percer ; mais, la blessure ouverte, le sang coula, et, quand je fus soudé à son cou, que je commençai à boire..., tout le reste disparut.


Première partie.

vendredi 15 mai 2009

Le dernier jour d'un condamné - Victor Hugo.

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Pour aller plus loin :












Quatrième de couverture :   


"Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !"
Victor Hugo nous donne juger, sans autre dossier qu'un journal intime, la cause d'une main criminelle mais aussi d'un être jeune, impuissant et horrifié face au défi de violence de la guillotine.

Mon avis :  


Je devais être en seconde lorsque j'ai lu ce roman, étudié en classe de français. En toute honnêteté, comme à l'époque j'avais une certaine méfiance au sujet des classiques, je m'attendais à trouver là un roman ennuyeux et de lourd, d'autant plus qu'il n'abordait pas des thèmes bien joyeux. Mais quelle claque j'ai reçu ! Car je suis en fait tombée sur une petite merveille merveilleusement bien écrit, et même plus que ça ! Une plume superbe qui écrit avec beauté et justesse les mots, avec des moments touchants, un peu d'humour noir, d'ironie, une belle histoire racontée simplement, mais qui, en elle-même, est moralisatrice, bouleversante et percutante !

Et pourtant, je dois avouer être bien mitigée sur le sujet de la peine de mort, à la fois favorable et à la fois défavorable, cela n'a pas été aisé de prendre part aux débats lancés en classe de français, alors qu'on étudiait le roman, sur la question, à savoir si on était pour, contre et pourquoi mais il est bien difficile de rester insensible face à ce roman et au malheureux condamné qui est le personnage principal, et pourtant, il est déroutant de savoir que l'on ne sait pratiquement rien du condamné ! On ignore quel crime il a commis, s'il est coupable ou innocent... ce qui est étonnant et frustrant, mais qui est peut-être une démarche volontaire de Victor Hugo. Peut-être qu'en ignorant presque tout du condamné et de son crime, le lecteur ne peut le juger (du genre, "oh, il a fait ça ! alors sa peine est justifiée !"), à la place, il nous fait connaître son malheureux personnage, page après page. 

C'est un homme ordinaire, il n'est ni bête ni intelligent, il est quelqu'un de simple mais qui passe son temps à redouter sa condamnation, d'appréhender sa mort au lieu de se repentir de son crime, même s'il est vrai qu'il n'y a rien de plus terrifiant d'être seul dans l'attente insupportable de la mort et c'est très prenant, il angoisse beaucoup et jusqu'à la fin, il attendra, espérera un miracle qui pourrait le sauver de sa situation, et qui écrit parce que c'est la seule chose qui l'occupe, pour combler l'attente. Ce livre nous fait réfléchir sur la peine de mort et on sent bien l'intention de l'auteur de mettre le lecteur à sa cause, adopter son point de vue, comme dans Claude Gueux, et si ma préférence va à Claude Gueux (en partie parce qu'on connaît mieux le personnage, et aussi pour la narration de l'auteur qui s'attarde plus sur certains éléments, Ldjdc se déroulent en quelques heures et CG en plusieurs mois), ce roman est prenant, le passage qui m'a le plus marqué était lorsque la fille du prisonnier vient lui rendre visite, mais sa fille ne le reconnaît pas. C'était très triste et très dur.

J'ai déjà parlé de l'écriture de Victor Hugo, belle mais simple, et très abordable, presque moderne, j'ai été conquise et c'est un auteur que je lirais à nouveau un jour (en plus des deux titres déjà cités, je possède dans ma bibliothèque Ruy Blas et Notre Dame de Paris). En conclusion, c'est un roman bien déprimant qui prend aux tripes, c'est loin d'être joyeux et vu le thème, c'est compréhensible, c'est prenant, révoltant, à la fin on ne se demande même plus de quel crime le prisonnier est coupable, la vraie question serait plutôt s'il est juste de s'octroyer le droit d'ôter la vie à quelqu'un, d'octroyer le droit de vie ou de mort sur ses semblables.

Victor Hugo.


Extrait : 


Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot, m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.

Chapitre I.

Candide - Voltaire.


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L'auteur :
 
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/voltaire.gif
François Marie Arouet
, dit Voltaire, (21 novembre 1694 - 30 mai 1778) était un écrivain et philosophe français. Il marqua grandement le XVIIIéme siècle, siècle des Lumières dont il est le symbole et
chef de file du parti philosophique, son nom reste attaché à son combat contre "l'infâme". Parmi ses oeuvres, on retrouve Candide, Zadig, L'ingenu...

Lecture en ligne ici.




Quatrième de couverture :

"Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi un aussi étrange animal que l'homme a été formé.
- De quoi te mêmes-tu ? lui dit le derviche ; est-celà ton affaire ?
- Mais, mon révérend père, dit Candide, il y a horriblement de mal sur la terre.
- Qu'importe, dit le derviche, qu'il y ait du mal ou du bien ? Quand Sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s'embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à l'aise ou non ?
- Que faut-il donc faire ? dit Pangloss.
- Te taire, dit le derviche."

 
Mon avis : 
 
Tout est bien dans le meilleur des mondes... vraiment ? Du jour au lendemain, pour avoir embrassé Cunégonde, la fille du baron Thunder-ten-tronckh, Candide est chassé du château à coups de pied. Le voilà maintenant confronté au monde réel, aux cataclysmes et à la férocité des gens... allant d'aventures en désastres... mais où est donc le monde merveilleux que son maître Pangloss décrivait ? N'est-ce, en fin de compte, qu'une illusion ?

J'ai commençé à connaître certaines oeuvres de Voltaire, et par conséquent un peu de l'auteur, lors de mon année de première au lycée quand j'ai dû lire Candide pour mes cours, puis L'Ingenu en complèment, puis autre chose parce que je commençais à bien aimer le style de l'auteur, et en particulier, son ironie. En même temps, l'étude de l'auteur et ses oeuvres m'ont aidé à mieux appréçier et comprendre les livres, dont Candide, conte philosophique connu, riche en rebondissement, parfois noir, souvent ironique, une lecture plaisante et sans doute l'un des ouvrages de Voltaire les plus connus. Un chef d'oeuvre d'ironie où Voltaire dénonce avec humour les horreurs du monde, les gens naïfs et trop optimistes, les faux philosophes qui ne font que philosopher mais qui ne connaissent rien de la vie. Ce texte n'a pas pris une ride et il est déroutant de constater que le "meilleur des mondes" que Voltaire décrit n'a pas vraiment changé.

Si l'histoire peut paraître trop facile aux yeux de certains lecteurs avec trop d'heureux hasards pour les personnages, je dirais que là n'est pas le plus important, l'ironie de Voltaire se savoure, il faut savoir qu'il a écrit ce conte en réponse à un dénommé Leidniz, un philosophe allemand, et je vous invite à vous renseigner d'avantage sur le sujet, le net vous expliquera sans doute bien mieux que moi.

Toujours est-il que Voltaire se moque littéralement de Leidniz en le carricaturant en le personnage de Pangloss. L'oeuvre a des élèments assez noirs comme la présence ou mention de viol, meurtre, cannibalisme ou encore de perfidie et cet imbécile heureux de Pangloss, malgrè tout cela, se tue à répeter que tout va bien dans le meilleur des mondes. Il prête à rire, quand on a pas envie de lui donner des baffes pour qu'il redescende sur terre et qu'il ait un tant soit peu de réalisme. Ici, Voltaire se fout littéralement de la gueule des optimistes, ceux qui ne sont pas assez réalistes, et donc de Pangloss et Candide avant que Candide lui-même ne finisse par se résigner en voyant que le meilleur des mondes n'est pas si merveilleux que ça. Certes, il ressemble, pour certains côtés, à un monde utopique où l'or, les bijoux et les pierres précieuses n'ont pas beaucoup de valeurs, où les personnages 'meurent' mais finissent par revenir au boût de trois semaines de guérison. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, chacun a ses propres malheurs, personne ne peut vivre une vie parfaite sans soucis et c'est en voyant les horreurs du monde que Candide acquiert la capacité de penser par soi-même, la capacité de raisonner et de voir la réalité en face. Candide qui était si naïf, aveugle (au sens figuré) et qui portait bien son nom va mûrir dans ce conte et même renverser sa situation avec Pangloss : c'est lui qui donne, à la toute fin, une leçon, un raisonnement à Pangloss. Le célèbre 'Il faut cultiver son jardin...'
En parallèle à Pangloss, il y a Martin, l'éternel pessimiste. Entre ces deux personnages, il y a comme un contraste et il nous est vite évident que le mieux est de voir la réalité en face. Même si j'avoue que comprendre la philosophie de l'auteur n'est pas toujours une chose évidente, je dois dire que les cours de français m'ont bien aidé à mieux comprendre l'oeuvre et à l'appréçier à sa juste valeur. Sinon, j'ai appréçié les voyages de Candide, notamment celui de Constentinople, de quoi dépayser le lecteur !

 
Extrait :
 

Elle rencontra Candide en revenant au château, et rougit ; Candide rougit aussi ; elle lui dit bonjour d'une voix entrecoupée, et Candide lui parla sans savoir ce qu'il disait. Le lendemain après le dîner, comme on sortait de table, Cunégonde et Candide se trouvèrent derrière un paravent ; Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa, elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une grâce toute particulière ; leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s'enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s'égarèrent. M. le baron de Thunder-ten-tronckh passa auprès du paravent, et voyant cette cause et cet effet, chassa Candide du château à grands coups de pied dans le derrière ; Cunégonde s'évanouit ; elle fut souffletée par madame la baronne dès qu'elle fut revenue à elle-même ; et tout fut consterné dans le plus beau et le plus agréable des châteaux possibles.


 
Chapitre Premier.