jeudi 30 juin 2011

Persepolis (T.1 à 4) - Marjane Satrapi.

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L'auteur :

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Marjane Satrapi, née le 22 novembre 1969, est une auteur de bande-dessinée (dessinatrice et scénariste) française, d'origine iranienne, principalement connue pour son oeuvre Persépolis.

Poulet aux prunes.
Emprunt médiathèque.



/ ! \ Challenge Histoire / ! \


Quatrième de couverture :

Toute petite, Marjane voulait être prophète. Elle se disait qu’elle pourrait ainsi soigner le mal de genoux de sa grand-mère. En 1979, l’année de ses dix ans et de la révolution iranienne, elle a un peu oublié Dieu. Elle s’est mise à manifester dans le jardin de ses parents en criant « à bas le roi ! ». Là, elle s’imaginait plutôt en Che Guevara. Il faut dire qu’à l’époque, son livre préféré s’appelait Le Matérialisme dialectique. Marjane trouvait d’ailleurs que Marx et Dieu se ressemblaient. Marx était juste un peu plus frisé, voilà tout. Après, la vie a continué, mais en beaucoup moins drôle. La révolution s’est un peu emballée. Et la guerre contre l’Irak est arrivée…


Mon avis :


J'ai d'abord découvert le film avant de lire la bande-dessinée dans son intégralité, enfin ce n'est pas vraiment une découverte mais plutôt une relecture, mais ça faisait longtemps que je voulais faire un article sur Persepolis sans trouver la motivation et les mots justes, mais enfin je prends le temps de taper cet article, et puis ça faisait tellement longtemps que je n'avais plus rien posté pour le challenge Histoire ou dans la catégorie 'Bande-dessinée' x)

Marjane Satrapi nous raconte son enfance en Iran, cette BD est donc à caractère autobiographique avec un fond historique. L'auteur nous offre quelques pages d'Histoire, sur des faits historiques ayant marqué l'époque, pouvant ainsi aider le lecteur à mieux comprendre le contexte dans lequel elle a vécu et c'est raconté avec beaucoup d'émotion, de simplicité et sincérité. Comme Maus, c'est une BD en noir et blanc, (auto)biographique et relatant des faits historiques. Les dessins sont simples mais d'une simplicité efficace. Marjane Satrapi retrace des évènements de sa vie qui l'ont marqué et changé, qui ont joué un rôle au cours de son enfance et son adolescence à Téhéran.

A travers cet aspect autobiographique, l'auteur a l'occasion de parler de son pays d'origine, l'Iran, et des bouleversements historiques, politiques qui ont marqué le pays, surtout depuis le renversement du Chah et de la révolution culturelle, l'horreur de la guerre contre l'Irak, les exécutions... C'est toute une société qui change, qui se réorganise et pas seulement de façon positive : les femmes sont persécutées, les intellectuels ont moins de liberté d'expression, beaucoup de choses deviennent interdites. Et à travers ses yeux d'enfant puis de jeune fille, Marjane Satrapi retrace tout cela en plus de sa vie avec sa famille, ses proches.

La condition féminine est aussi traitée par l'auteur ; étant une femme, l'auteur nous raconte les changements de la révolutions pour la femme : on impose le voile, une vision de la femme bien négative (traîtresse, menteuse, inférieure, impudique), d'une école laïque mixte, Marjane passe à une école religieuse où sont séparés filles et garçons et Marjane, enfant, a du mal à comprendre ces bouleversements. Elle a dû user de ruse pour afficher sa rébellion : maquillage discret, une mèche de cheveux qui dépasse le voile, des petits détails qui permettent d'afficher sa révolte face à sa situation. D'ailleurs, l'auteur ne se gêne pas pour montrer, parfois, l'absurdité de telle loi ou telle situation. C'est une quête d'identité : comment se sentir femme dans un pays où la femme a une image bien négative aux yeux de la loi ? Comment s'affirmer dans une société où il y a beaucoup d'interdits ? Et c'est d'abord pour ça que Marjane quittera temporairement l'Iran pour l'Europe où elle découvrira liberté, sexe, drogue même si pour cela, elle doit renoncer en partie à sa qualité d'iranienne. Elle ne voulait que s'enfuir pour mieux s'exprimer, pour prouver que son pays n'a pas toujours été aussi répressif, et que ça pourrait changer un jour...

Niveau historique, j'ai découvert un aspect de l'Histoire auquel je ne m'étais jamais intéressée auparavant, comme la révolution iranienne de 1979, le renversement du Chah d'Iran, mais contrairement aux manuels d'Histoire, cette BD retrace les évènements de façon interne : comment sa ville, sa famille, ses proches et elle-même ont-ils vécu ces évènements, tous ces bouleversements ? Comment se construire après tout cela ? Quelle vision de l'auteur avant, pendant et après tout ça ? Et, peu à peu, le récit va de plus en plus vers la notion d'identité personnelle et culturelle, la notion d'appartenance, le sentiment d'exil. Notion d'identité car elle se questionne, elle se cherche longtemps. Notion d'appartenance et d'exil parce que Marjane passera quelques années en Autriche et elle se questionne sur ce qu'elle est, ce qu'elle veut, la notion d'un chez-soi, d'une maison.

L'auteur nous offre sa vision des choses, nous expose des faits qu'elle a vécu avec sa famille, elle nous parle de ses idées, son point de vue de toute cette histoire, mais aussi sa vie, ses amis, sa famille et en particulier ses parents et sa grand-mère qui lui est très attachée, il faut dire que le personnage de la grand-mère a un côté très rassurant, elle offre conseil, réconfort. Loin d'imposer un avis brutal, l'auteur nous amène à doucement et lentement comprendre les choses au fur et à mesure de ses réflexions. Ça permet d'éviter les fausses conclusions, les mauvaises déductions, les avis sans fondements et jugements trop hâtifs. Mais ce qui m'a plu était l'aisance d'allier situations tristes et dramatiques, nous avons des scènes touchantes, tristes ou drôles. Drôlerie, gravité, légèreté sont au rendez-vous, le tout raconté avec beaucoup de sincérité. C'est un beau témoignage qui parle d'un contexte pas si connu finalement (surtout pour moi en fait), ce n'est pas un sujet que j'ai vraiment abordé en cours et ce n'est pas ce qui m'intéressait le plus niveau Histoire. Si ce n'était pas un coup de coeur, c'est une lecture qui marque...



- Image tirée du film du même nom -

mercredi 29 juin 2011

Anita Blake (T.2) Le cadavre rieur - Laurell K. Hamilton.

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'See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Colder than the moon
It's been so long.'

- Cat people, David Bowie -



Article connexe :

- Anita Blake (T.1) Plaisirs coupables.
- Anita Blake (T.3) Le cirque des damnés.
- Anita Blake (T.4) Lunatic Café.
- Anita Blake (T.5) Le squelette sanglant.



Emprunt médiathèque.
/ ! \ Fang's addict challenge / ! \




Quatrième de couverture :

Savez-vous ce que c'est qu'une "chèvre blanche"? Eh bien, en jargon vaudou, c'est un doux euphémisme pour désigner la victime d'un sacrifice humain. Et quand ces types sont venus me demander de relever un mort de deux cents ans et des poussières, j'ai tout de suite compris ce que ça impliquait. Je veux bien égorger des poulets, un mouton, voire un buffle dans les cas désespérés... mais ça, non! Pas question... Mais je les ai envoyés promener, eux et leur chèque d'un million de dollars. L'ennui, c'est que tout le monde n'a pas mon sens moral. Que ces salauds vont bien dégoter quelqu'un pour faire le boulot. Qu'on va se retrouver avec un mort-vivant raide dingue, tout sauf végétarien, et semant la panique. Et que c'est encore la petite Anita qui va devoir se le coltiner ! Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes avec les vampires...


Mon avis :

Je me suis remise à Anita Blake, depuis le temps que je voulais reprendre la lecture de ces tomes, et j'avais bien besoin d'une lecture-détente ces jours-ci et j'en ai encore besoin (c'est pourquoi le tome 3 est déjà dans la PAL), et si j'ai eu franchement du mal à me replonger dans les aventures d'Anita Blake, au final, il s'est avéré que ce tome était juste ce qu'il me fallait. Une lecture divertissante, pas casse-tête, sympathique, je commençe à m'attacher à cette série, pas autant que Mercy Thompson car Anita Blake a ses défauts mais avec deux tomes de lus déjà, je trouve cette série plutôt sympathique dans l'ensemble.

Ce second tome est intéressant, plus que le premier, tout d'abord parce que l'auteur exploite plus l'autre boulot d'Anita, son rôle de réanimatrice de morts/zombies, plus que son côté Exécutrice de vampires. En effet, son don pour relever les morts attise l'intérêt d'un homme riche en fauteuil roulant, sans scrupule nommé Harold Gaynor qui cherche quelqu'un pour réanimer un mort, un zombie pour que celui-ci exécute ses ordres. Et le mort qu'il veut relever est enterré depuis plus de 200 ans, et une telle antiquité requiert un sacrifice humain pour le réveiller. Seulement, et malgrè la grosse somme que lui propose Gaynor, Anita refuse cette demande. Si elle est prête à sacrifier des animaux pour relever un zombie ou deux, il est hors de question de tuer un être humain. Et plus Gaynor insiste, plus Anita refuse. Et le service demandé par ce riche homme n'est que le cadet des soucis d'Anita qui apprend qu'une famille aurait été assassinée par un tueur pas si humain que ça, sans compter le maître-vampire Jean-Claude...

Donc, ce tome est intéressant car d'une part, on en apprend un peu plus sur le passé d'Anita et ses pouvoirs, un peu de sa famille et ses dons pour le vaudou ou plus exactement son don de réanimatrice de zombie, elle est capable de relever les morts mais puisque dans le premier tome, on ne savait pas grand chose sur Anita et on se centrait plus sur son rôle d'Exécutrice, donc ici on en apprend plus sur l'héroïne et c'est agréable, enfin on peut mieux s'attacher à l'héroïne, elle nous est rendue encore plus humaine. Certes, elle semble un peu Wonder-Woman, mais elle a des excès d'humanité qui la rendent très touchante et sympathique, comment être insensible face à certaines scènes terribles, voire macabres, morbides quand Anita doit inspecter des scènes de crime où un zombie serait le tueur. Ce sont des scènes assez macabres, surtout avec certains détails, ça rend presque malade, insupportable, une véritable boucherie, je déconseille aux âmes sensibles. Pas que l'on retrouve souvent ce genre de scène, juste deux ou trois fois, merci bien. Et malgrè toutes ses mésaventures, elle parvient à rester humaine, ou à avoir son humour, parfois gentiment moqueur. Cet humour est le bienvenu pour alléger l'atmosphère. Surtout après toutes les scènes gores (les descriptions de cadavres déchirés, les rituels sanglants du vaudou...), mieux vaut avoir le coeur accroché !

Anita est une femme d'action, rien d'étonnant donc à ce que, même pas le premier chapitre démarré, Anita ait déjà frôlé la mort et qu'une partie de l'intrigue est mise sur les rails. Au moins, ça donne pas le temps de s'ennuyer même si j'ai eu du mal à m'accrocher à l'histoire, mais c'est surtout dû au fait que ça faisait un an que je n'avais plus lu Anita Blake et donc ce fut moins évident pour moi de me replonger dans l'univers, mais une fois accroché, ce tome se lit tout seul. Mais j'ai noté, avec une surprise agréable, que contrairement au premier tome, l'auteur s'était améliorée au niveau des descriptions, car si les dialogues ont toujours une grande place, il y a plus de descriptions et même d'introspections de l'héroïne, on se plonge mieux et plus souvent dans sa tête, ses pensées... L'enquête m'a intéressée, elle est complexe, intéressante, plus recherchée. On se penche plus sur les zombies et le vaudou et c'est intéressant car c'est un thème que je ne retrouve pas souvent, pour ne pas dire rarement, dans la littérature.

Le choix des personnages est aussi intéressant, une prostituée handicapée Wanda, une reine du vaudon effrayante et puissante Dominga Salvador - qui a été un personnage intéressant, surtout dans le sens où elle est ce que Anita pourrait être si elle passait du côté obscur de la Force - toujours le patron et le collègue d'Anita : Bert et Dophl, et si les vampires sont assez absent de ce tome, il y a toujours Jean-Claude, le maître vampire de la ville, pour pointer le boût de ses canines. On peut lui reprocher d'être trop collant face à Anita mais j'attendais ses apparitions. Loin d'atteindre le charisme et la perfection d'Eric Northman (True Blood/La Communauté du Sud), il se présente bien comme étant un vampire prometteur, séduisant, attirant, dangereusement mortel et beau il faut l'admettre. Et si j'ai encore du mal à me faire à ce nom, j'aime ce personnage qui aime, visiblement, courir après Anita. Je suis vraiment curieuse, j'ai hâte de savoir ce que va donner cette relation étrange, comment elle va évoluer au fil des tomes.

Petit détail qui ma frappé : les nombreuses mentions aux baskets Nike. L'auteur est-elle une addict de cette marque ou a-t-elle été sponsorisée par Nike ? Car les Nike sont mentionnées souvent, car Anita a des Nike blanches et elles sont confortables, mais quand elles sont blanches, c'est pas pratique pour les scènes de crime sinon le sang va s'en imprégner, donc vaut mieux porter des Nike noires... moi, je me serais juste contentée de parler de baskets sans mentionner de marque en particulier, parce que sinon ça fait... publicitaire ! De petits détails peut-être, mais dont je me souviens encore ! Mais sinon, j'ai appréçié l'humour d'Anita, sa sensibilité, ses peluches pingouins qu'on retrouve comme au premier tome, ses réponses au tac-au-tac, sa relation avec le vampire Jean-Claude...

Il y a certes un peu trop d'action, des scènes assez horribles, des combats violents, et le coup de pub pour Nike un peu trop flagrant, je commençe à aimer cette série, surtout qu'on ne tombe pas dans les scènes de sexe (pas encore ?), on se contente d'enquête, combat, action, créatures surnaturelles, et quelques piques par-ci par-là avec le beau vampire de la ville, JC... donc malgrè les petits défauts, j'ai bien aimé ce tome qui m'a offert une lecture bien sympathique et qui détent.



Extrait :

- Vous êtes une salope amorale.
- Et toi,
chica, tu dois apprendre à respecter tes aînés.
- Le respect, ça se gagne.
- Je vais te rappeler pourquoi les gens ont peur du noir, Anita Blake. Je veillerai à ce que tu reçoives de la visite, une nuit. Une nuit bien noire où tu seras sagement endormie dans ton lit. Quelque chose de maléfique s'introduira dans ta chambre. Je gagnerai ton respect, si c'est ce que tu veux.
J'aurais dû avoir peur, mais ça n'était pas le cas. Trop en colère pour ça ! (...)
- Vous pouvez forcer les gens à vous craindre,
Senora, mais pas à vous respecter.
- Nous verrons bien. Appelle-moi après avoir reçu mon cadeau. Je te l'enverrai très bientôt
.

Chapitre 6.

lundi 20 juin 2011

Les nouveaux contes des vampires (T.2) Vittorio le vampire - Anne Rice.


Vittorio est un jeune noble qui partage son temps entre la Florence des Médicis et les terres de son père, dont le château domine la Toscane. Une existence dorée qui lui permet de bénéficier de tous les attraits de la Renaissance italienne, jusqu'au jour où sa famille est massacrée par une confrérie démoniaque. Vittorio lui-même ne devra sa survie qu'à l'intervention d'Ursula, une vampire d'une stupéfiante beauté. Dès lors, il n'aura de cesse de venger les siens. Parti à la recherche des démons pour les exterminer, il rencontre sur son chemin la guerre, les intrigues de cour et toutes sortes de mystères aussi bien sacrés que profanes.

Mais attention : celui qui nous raconte cette étonnante histoire est aujourd'hui... un vampire ! Que s'est-il donc passé ? Comment l'amateur d'art qui dialoguait avec les anges, l'adolescent assoiffé de vengeance a-t-il succombé à la séduction de la nuit ?


Mon avis :

La semaine dernière, j'ai eu la surprise de recevoir un paquet de Matilda, je venais alors à peine de rentrer de l'hôpital pour passer la nuit chez moi quand j'ai reçu et ouvert ce colis qui m'a remonté le moral, donc, je ne me répéterais jamais assez mais encore mille fois merci à Matilda :) Ce livre faisait parti du paquet et Matilda a eu l’œil car en effet, elle et moi partageons la même passion pour l'auteur Anne Rice, ce titre m'étais inconnu mais cela ne m'a pas empêché de le finir en quelques jours à peine (je n'avais pas tellement le choix en même temps, coincée à l'hôpital).

Ce livre ne fait pourtant pas parti des Chroniques des Vampires dont je recherche encore quelques tomes, mais fait parti des Nouveaux contes des vampires regroupant pour le moment l'histoire de deux vampires : Pandora et Vittorio, et l'histoire de Vittorio se déroule paisiblement dans la Florence de la Renaissance avec ses parents, deux nobles, son frère Matteo et sa sœur Bartola. Mais voilà qu'une nuit, la famille est importunée par d'étranges individus qui finiront par massacrer la demeure et la plupart de ses habitants. Vittorio n'aura le salut que grâce à une vampire nommée Ursula, subjuguée par le jeune homme. Perturbé lui-même par cette rencontre, Vittorio décide néanmoins de se mettre à la recherche des démons ayant massacré sa famille...

C'est assez différent de ce à quoi je m'attendais, mais ce n'était pas vraiment de façon négative, disons que c'était différent des tomes des Chroniques des Vampires que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui, mais en même temps il y a quelques similitudes. Anne Rice a un style bien à elle et ça se voit tout de suite, ça se ressent, ça se savoure. L'écriture si chère à Anne Rice que j'ai pris plaisir à retrouver, m’enivrer de ses descriptions, oui, les belles descriptions de la Florence de la Renaissance, ses beaux paysages, ses châteaux, ses peintures. Ce livre fait aussi beaucoup de mentions et de descriptions de peintures, surtout représentant des scènes religieuses, des peintures de l'auteur peintre Fra Lippi, peut-être aussi Botticelli, Fra Angelico mais surtout Fra Lippi. Les descriptions sont tellement représentées pour rendre, d'une certaine manière, toute la beauté du tableau, pour nous faire ressentir la beauté et les émotions qui se dégagent du tableau envers celui qui contemple l'oeuvre et Vittorio admire ces peintures et leurs auteurs, ça se ressent beaucoup à un point où j'ai fait ma curieuse et j'ai été me renseigner sur le net afin d'en savoir plus sur ces peintures et leurs auteurs, admirer les œuvres d'art, je crois que comme Vittorio, Anne Rice doit profondément admirer ces peintures. Comment ne pas succomber aux descriptions faites par Vittorio ?

Il y a aussi pas mal de références historiques, surtout sur les Médicis en particulier Cosme de Médicis, il fait savoir que Vittorio et sa famille sont de très grands admirateurs de cette famille. J'ai aimé cette atmosphère de la Florence, de la Renaissance, c'était magnifiquement bien retranscrit avec des mots beaux, justes. Il y a une telle passion dans l'écriture, on ressent bien les émotions de Vittorio. Toujours cette écriture sensuelle, troublante, frémissante pour nous donner un récit se situant dans la Renaissance mais avec un brin de fantastique, d'histoire, un peu de macabre, de luxure et avec de nombreuses mentions à la religion : les rituels, les tableaux, la foi de Vittorio, les anges Ramiel et Setheus. Pourtant cela ne m'a pas gêné, moi qui connais suffisamment bien les œuvres d'Anne Rice, il ne faut pas être idiot pour savoir que le religion est un des thèmes que l'on retrouve dans ses écrits et elle a une telle façon d'en parler, de mélanger la religion avec le sang, la mort, les vampires, la luxure, l'Histoire ; d'une certaine façon, cela me rappelle le style bien cher à la chanteuse Mylène Farmer que je suis depuis de nombreuses années, ses chansons, ses clips reprenant à peu près les mêmes thèmes qu'Anne Rice (sans les vampires ou l'Histoire ceci dit). En lisant, j'ai eu envie d'écouter Mylène Farmer, de me plonger dans la Renaissance italienne, de relire l'histoire des Médicis...

Ici, point de vampires que l'on retrouve dans Les chroniques des Vampires, pas de Lestat ou autres, mais de nouveaux vampires pour une nouvelle histoire. La particularité avec les vampires d'Anne Rice est qu'ils sont éternellement damnés, ils sont rarement heureux et s'ils sont contents de leur quotidien à un moment donné, ils finissent par se lasser. C'est très différent des vampires de Stephenie Meyer où l'on retrouve le happily ever after, où les personnages vivront heureux pour toute l'éternité et où l'héroïne n'attendais que ça : être vampire pour pouvoir roucouler pour l'éternité avec son chéri. Et j'aime cette facette des écrits d'Anne Rice, les vampires auront à jamais une existence troublée, éternelle, rarement heureuse pour toujours car pour moi, l'éternité est un fardeau et les vampires ne peuvent supporter de vivre éternellement. Mais les vampires de l'auteur aiment aussi se donner en spectacle, faire un peu dans l'excès dans leurs rituels étranges, ça m'a un peu rappelé le Théâtre des Vampires dans Entretien avec un vampire, sauf qu'ici il s'agit d'un Graal rubis avec ses messes, ses rituels, ses sacrifices et ses vampires un peu loufoques mais intéressants. C'est l'inconnu, c'est mystique, c'est obscur.

Et quel étrange couple que celui d'Ursula et Vittorio mais tellement intéressant. Et quel personnage intéressant que celui de Vittorio qui ne se laisse pas impressionner par les vampires, qui a le sens de la répartie avec eux, qui est pieux, seul, courageux, qui est passionné. Et si ce roman était un peu trop court à mon goût, qu'il m'a déconcerté à bien des moments, que je m'attendais à plus et qu'il manque ce quelque chose qui faisait tout le charme des Chroniques, je suis ressortie plutôt positive de ce roman. Certes, ce n'était pas aussi formidable que les autres tomes de la Chronique, je m'attendais à bien plus (c'est trop court !), mais je ne parlerais pas de déception  J'ai retrouvé le style de l'auteur si envoûtant, j'ai découvert les merveilles des tableaux de Fra Filippo, la Renaissance italienne, des personnages intéressants. Bref, une lecture satisfaisante !

Extrait :

A quelque aune qu'on me juge, je suis un vampire remarquable, très puissant, ayant vécu cinq cents ans depuis la grande époque de Cosme de Médicis, et même les anges attesteront de mes pouvoirs si vous pouvez les amener à vous parler. Soyez tout de même prudents. Je n'ai cependant rien à voir avec cette bande d'étranges vampires romantiques du Nouveau monde, de la cité méridionale de La Nouvelle-Orléans, qui vous ont déjà régalés de tant de contes et de chroniques. Je ne sais rien de ces héros d’événements macabres déguisés en fiction. Je ne connais pas leur paradis charmeur des marais de Louisiane. Vous ne trouverez dans ces pages nulle information nouvelle sur eux, ni même d'autre mention que celle-ci de leur existence.

1. Qui je suis, pourquoi j'écris, ce qui doit advenir.

vendredi 17 juin 2011

Les enquêtes d'Enola Holmes (T.1) La double disparition - Nancy Springer.


S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée 'Enola'. Enola qui, à l'envers, se lit : alone. En anglais : seule. Et c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée le jour de mes quatorze ans, ma mère ayant disparu de notre manoir de façon inexpliquée.

J'ai alors été contrainte d'en informer mes frères aînés que je n'avais pas revus depuis dix ans - Mycroft et Sherlock Holmes. Or ce n'était pas eux qui allaient m'être d'un grand secours. Jugeant que mon éducation laissait à désirer, Mycroft n'avait qu'une idée : m'expédier en pension pour faire de moi une lady. En outre, Sherlock estimait ma capacité crânienne bien trop limitée pour pouvoir résoudre le mystère de cette disparition.

J'étais pourtant la seule à avoir décelé des indices dont mon détective de frère n'avait pas la moindre idée. C'est donc le cœur empli d'espoir, que j'ai décidé, malgré mes appréhensions, de partir à la recherche de ma mère. Seule.




Je n'ai jamais vraiment prêté attention à cette série jeunesse, pastiches sur Sherlock Holmes. Elle ne m'avait jamais vraiment attiré, et l'idée d'une petite sœur pour le détective Sherlock Holmes et son frère Mycroft ne m'inspirait pas du tout, je m'en méfiais pas mal, peut-être que j'avais peur que c'était un peu n'importe quoi, à mon avis les nombreuses fanfictions anglophones dans le fandom Sherlock Holmes doivent y être pour quelque chose où la plupart des fics incluant une sœur inventée pour Sherlock Holmes sont presque aussi pire que celles où les fans écrivent une romance Irène/Sherlock. Mais j'ai entendu pas mal de bons échos sur cette série et puisque Matilda a eu la gentillesse de me surprendre en me prêtant ce livre, j'ai mis à profit la semaine où je devais rester à l'hôpital pour le lire.

Enola Holmes, qui se lit à l'envers Alone (Seule en anglais), est la plus jeune sœur de Mycroft et Sherlock Holmes, ses deux frères déjà adultes. C'est une jeune fille de quatorze ans capable, qui vit seule avec sa mère et un couple de domestique, les Lane. Le jour de ses quatorze ans, sa mère s'absente et laisse le soin aux domestiques la tâche d'offrir à Enola ses cadeaux si jamais elle ne peut pas rentrer à temps. Mais voilà, Lady Holmes ne rentre plus du tout. Pensant pouvoir la retrouver seule, Enola recherche des indices expliquant son départ précipité mais sans rien trouver, elle finit donc par contacter ses frères aînés qu'elle n'a pas vu depuis dix ans...

L'histoire se divise en deux parties : une centaine de pages environ pour la présentation et cent autres pages pour l'action en gros. L'écriture est simple, fluide, élégante même. L'intrigue est bien menée, il n'y a pas un seul instant d'ennui, tout est bien menée avec les descriptions, les détails, les rebondissements. L'auteur maîtrise assez bien l'époque, les vêtements, les lieux, les maisons, les paysages de l'ère Victorienne. J'ai beaucoup aimé les descriptions d'une Angleterre victorienne comme si on y était ! Sans compter que l'auteur nous renseigne bien sur la condition de la femme à cette époque et nous incite presque à nous révolter. Certes, la condition de la femme était loin d'être celle qu'elle est aujourd'hui, mais elle était considérée comme faible, inférieure aux hommes, juste bonne pour le rôle d'épouse et mère.

Enola est une bonne narratrice, elle est une jeune fille attachante, simple, volontaire, déterminée, indépendante et possède le même talent pour la déduction, l'intelligence de ses frères aînés. Sans pour autant être une Mary-Sue ou une demoiselle en détresse, elle est débrouillarde, simple, plaisante, une jeune fille assez indépendante, plus en comparaison des jeunes filles de l'époque. Elle est à la fois mature pour son âge, mais on voit tout de même qu'il reste en elle l'enfant qu'elle était, elle n'a que quatorze ans. Elle est là, seule, livrée à elle-même, elle ne s'y connaît pas forcément bien dans les mœurs de l'époque, car sa mère l'a élevée à sa manière et pas comme il se le devrait à l'époque, donc elle a certaines difficultés à se plier aux codes de l'époque. Mais c'est un personnage qui a du potentiel, malgré ses défauts, elle est intelligente et indépendante.

Concernant la relation avec ses frères... sa relation avec Sherlock est assez intéressante, bien construite : elle est à la fois compliquée car il y a cette distance froide ou timide mais en même temps, il y a un certain respect, de l'admiration et de l'affection dissimulée, j'attends de voir comment ça va évoluer par la suite. J'ai été un peu déçue de ne pas voir Sherlock bien souvent, je m'étais attendue à le voir aussi vers la fin mais non. Malgré tout, j'ai aimé le voir ici, ainsi que son frère Mycroft bien qu'il ne soit pas présenté sous de bons aspects : il ne s'inquiète pas trop pour sa mère et se préoccupe surtout de la façon de s'occuper de l'héritage familial, et la demeure des Holmes, mais malgré cela, c'était un vrai plaisir que de voir les frères Holmes.

Les deux enquêtes présentes sont indépendantes pourtant je croyais qu'il y avait un lien, mais non. Mais pour ce qui est de l'intrigue, le mystère plane surtout autour de la disparition de lady Holmes, elle est bien amenée et travaillée tout le long du roman, j'ai aimé l'idée que la mère ait laissé des énigmes à sa fille pour en savoir plus, cette affaire domine tout le roman, il n'est donc pas étonnant que je n'ai pas aussi bien aimé ni ne me suis intéressée à l'enquête secondaire, celle de la disparition du jeune Lord. Aussi, je m'attendais à [ ce qu'on retrouve la mère d'Enola vers la fin, mais non ] j'imagine que ça aurait fait trop prévisible. Mais sans ça, je suis restée sous une bonne impression avec ce roman, j'ai eu une agréable surprise.


L'un des avantages de la bicyclette est qu'en pédalant on peut se permettre de réfléchir sans trop redouter de plisser le front au risque de s'attirer des remarques. Et c'était un soulagement, je dois dire, à défaut d'un réconfort, que de mettre un peu d'ordre dans mes pensées tout en traversant Kineford endormi, puis en m'engageant sur la route de Chaucerlea.

mercredi 15 juin 2011

Wiggins et Sherlock contre Napoléon - Béatrice Nicodème.


Wiggins est un peu déçu par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : il aurait préféré enquêter sur le redoutable “Napoléon du crime” avec le détective plutôt que de filer Robert Petticoat, un jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste. D’autant que Petticoat sillonne Londres en tous sens du matin au soir ! Un après-midi, Wiggins le suit dans les allées de la National Gallery, où tous deux restent jusqu’à la fermeture. Le lendemain, on apprend qu’un très célèbre tableau du musée a disparu…





En ce moment, je suis dans ma période Sherlock Holmes, livres, BDs, films, série tv... tout y passe ; j'en profite donc pour baisser ma PAL en lisant des livres parlant/mentionnant le détective londonien, ce livre en faisait donc parti. Merci Matilda de m'avoir offert ce livre il y a quelques mois :)


Ce livre est un peu plus épais que les deux aventures précédentes de Wiggins que j'ai pu lire auparavant, il fait dire que l'enquête est un peu plus touffue. Le livre est bien écrit, comme toujours, un style fluide et agréable qu'utilise l'auteur pour nous parler de Londres et l'Angleterre victorienne avec des mots simples, elle fait aussi de nombreuses allusions au canon Holmesien de Conan Doyle, me donnant envie de replonger dans les nouvelles de Doyle dont elle parle, mais elle fait aussi illusion aux autres aventures de Wiggins, dont une que je n'ai pas encore découvert. Mais j'ai aimé cette atmosphère du Londres de la fin XIXe siècle, c'était très bien décrit, bien présenté... les lieux, les gens, la société hiérarchique, le fleuve... un plaisir de se plonger dans cette époque ! L'auteur fait aussi référence aux nombreuses personnalités connues de l'époque telles que (comment ne pas parler de lui ?) Oscar Wilde et son excentricité vestimentaire.


Sherlock Holmes et le docteur Watson y sont un peu plus présents aussi, pas aussi présents que Wiggins (normal, vu que c'est le personnage principal), mais on les voit quand même pour mon plus grand plaisir. Il faut dire que dans ce volume est présent le grand rival de Sherlock Holmes, le génie du mal, le Napoléon du crime j'ai nommé le professeur Moriarty, que Holmes traque dans cette histoire tandis qu'il charge Wiggins de surveiller une personne soupçonnée d'être un anarchiste, un jeune noble nommé Petticoat. Et Wiggins, bien que ne connaissant pas Moriarty, aurait préféré aider Holmes dans sa traque du génie du mal plutôt que de suivre un noble. Il est vrai que pendant un temps je me suis demandée quel rapport entre Petticoat et Moriarty [ en fait il y en a pas tellement ! ], et j'ai trouvé l'enquête secondaire : celle sur la surveillance de Petticoat, supposé anarchiste, plutôt sans grand intérêt, ni quel but elle servait vraiment ; enfin, il faut dire que j'ai surtout préféré la traque de Moriarty et savoir ce qu'il manigançait. Est aussi mentionné le bras droit de Moriarty, le colonel Moran qu'on reverra notamment dans la nouvelle de Doyle, La maison vide.


J'ai aimé la présence d'humour, surtout quand l'auteur/Wiggins se moque un peu gentiment de Holmes et ses petites manies, son snobisme et autres, mais j'ai aimé le fait que malgré ses défauts ou son sentiment d'être parfois supérieur aux autres, Holmes nous est montré humain ; tout comme j'ai aimé Watson en mère poule (envers Wiggins ou Holmes), il est de nature affectueuse, le docteur et il est hors de question qu'on lui pique son job de biographe de Sherlock Holmes, non mais ho ! Sinon, j'ai bien aimé le personnage d'Alan que j'espère revoir dans les autres volumes, c'est un jeune Irlandais au caractère bien trempé et on remarque bien les petits préjugés entre nationalités (Irlandais comme Ecossais parfois s'entendent mal avec leurs voisins les Anglais), mais malgré tout, Wiggins se fait un ami en la personne d'Alan, personne très franche, directe, j'ai adoré ce personnage. J'ai aussi mieux aimé Wiggins qui m'est plus attachant, plus crédible (bien que je trouve moins crédible le fait que Wiggins trouve des choses avant Holmes, doué ou pas Wiggins est encore loin d'atteindre le niveau de Holmes). Mais ça reste un roman court très agréable à lire, vraiment sympathique :)



'Etonné de me voir, hein, Watson ? a-t-il [Holmes] demandé en nous faisant entrer.
- Pas le moins du monde, mon cher Holmes ! a répondu le docteur qui aime bien, de temps en temps, gâcher les petits effets de son ami. Quand je vois Mme Hudson excitée comme une puce, je sais que vous êtes à la maison. En votre présence, elle rajeunit de trente ans !
- La célébrité, que voulez-vous !' a rétorqué le détective en souriant jusqu'aux oreilles
M. Sherlock Holmes a beau s'efforcer de jouer les indifférents, il est sensible aux compliments et il ne déteste pas les femmes, même les vieilles Ecossaises grognons !


12. Le mystérieux tarin des aulnes.