samedi 16 mai 2015

Le meme à livres

De retour avec un meme littéraire. J'ai été taguée sur tumblr où j'avais répondu en anglais (comme le meme était en anglais), puis je me suis dit : pourquoi pas ne pas traduire ce meme et le poster en français ici ?

1. Livre papier ou e-book ? Je lis en version papier et en ebook également, même si ma préférence va aux livres de papier car je reste séduite par le simple fait de tenir un livre de papier, de tourner les pages, de sentir l'odeur de livres neufs ou vieux... et aussi que si je lis dans mon bain, je risque moins de pleurer si jamais je faisais tomber un livre que si ça avait été un e-books (mais dans les deux situations, je pleurerai xD)

2. Livre audio ou livre en main ? Livre en main, je ne pense pas avoir la patience, ni la capacité de concentration pour écouter un livre audio jusqu'au bout ^^

3. Livre de poche ou grand format ? Les livres de poche car moins chers, plus faciles à manier lors de la lecture, ils sont moins lourds dans le sac et ils prennent moins de place dans la bibliothèque.

4. Livres adulte ou jeunesse ? J'aime les deux, et j'ai lu de bons livres dans les deux catégories, et ma préférence dépend vraiment de mon humeur du moment, bien que je lise moins de livres jeunesse qu'auparavant.

5. Un ou plusieurs tomes ? Les deux, mais ça dépend des séries aussi. Pour certaines, si j'accroche assez pour vouloir me procurer et lire la suite. Pour d'autres, ça perd en qualité au fil des tomes et j'abandonne en cours de route et me contente du premier tome. Après, financièrement, les sagas sont un coût, mais c'est aussi le côté pratique des bibliothèques où l'on peut emprunter.

6. Corner les pages ou marque-page ? 










QUI CORNE LES PAGES ICI ??! QUI ??!! BLASPHÈME !!
Puis, de toute façon, les marque-pages c'est joli, c'est pas cher, on peut les fabriquer, on peut même utiliser n'importe quoi qui puisse faire office de marque-page pour ne pas à abîmer le livre tout en gardant sa page.

7. Livres abîmés ou en bon état ? Je prends généralement soin de mes livres même s'ils sont voués à avoir des signes d'usure avec le temps et surtout s'il s'agit d'un livre que j'ai souvent lu et embarqué avec moi. Je ne suis également pas difficile quand j'achète des livres, je peux accepter d'occasion si le livre est dans son intégralité et qu'il n'est pas abîmé.

8. Et les emprunts ? Emprunter en bibliothèque, oui bien-sûr, c'est même des emprunts bibliothèques que viennent la plupart de mes lectures. En revanche, s'il s'agit de prêter mes livres, je suis plus réticente. Il m'est déjà arrivé qu'on ne me rende jamais des livres que j'avais prêté, et je suis devenue assez possessive de mes livres. Il faudrait vraiment que j'aie une confiance aveugle en la personne pour lui prêter mes livres.

9. Librairie ou boutique en ligne ? Les deux mais j'avoue aller plus souvent en librairie parce que j'aime me balader, j'aime surtout me balader dans les librairies, errer dans les rayons, feuilleter les ouvrages... J'aime bien acheter en ligne aussi, c'est rare ainsi ça me donne l'impression que je m'offre des cadeaux mais généralement, j'achète en ligne quand je cherche un titre en particulier que je ne trouve pas en magasin, ou qui est moins cher en ligne.

10. Fiction ou non-fiction ? Les deux (surtout les documentaires historiques) mais les fictions constituent une majeure partie de mes lectures, mine de rien ça reste agréable de s'éloigner un peu du monde réel !

11. Livres fantastiques ou sur la vie de tous les jours ? Les deux, ça dépend de mon humeur en fait (mais, généralement, les livres que je lis relatant notre monde contemporain, avec ses problèmes et toussa, c'est généralement des thrillers/livres policiers)

12. Kindle, Ipad, ou autre ? Kindle !

13. Romans à l'eau de rose ou bien de l'action ? Je lis des romances; pas des romans à l'eau de rose mais des livres policiers/fantastiques/etc où la romance est un aspect de l'histoire, idem pour l'action.

14. Lisez-vous les critiques d'un livre ou est-ce que vous préférez vous fier à votre opinion ?  J'avoue souvent lire des critiques (sur Amazon ou des blogs littéraires) avant d'acheter un livre... en même temps, je découvre la plupart du temps les livres que je veux acheter à travers des critiques. Puis en lisant des critiques, ça me donne déjà une petite idée sur le livre et de savoir si le livre est bon ou pas (si un livre a trop de mauvaises critiques, en général je n'achète pas) mais parfois, je fais des exceptions et achète un titre sans lire les critiques avant. Le plus souvent ça arrive avec un auteur que j'ai déjà lu plus d'une fois, ou d'un livre que j'attendais depuis un moment.

15. Zombies ou licornes ? Et pourquoi pas des dinosaures :p ? Les dinosaures dans la fiction, c'est rare et pourtant ça présente plein de potentiel !!

vendredi 15 mai 2015

La légende de Manolo.

La Légende de Manolo / The Book of Life,

Réalisé par Jorge R. Gutierrez
1h35min
Sorti en 2014.


Avec les voix de :

- VO : Diego Luna (Manolo), Zoe Saldana (Maria), Channing Tatum (Joaquin), Kate del Castillo (La Muerte), Ron Perlman (Xibalba), etc.
- VF : Benjamin Pascal (Manolo), Ingrid Donnadieu (Maria), Emmanuelle Rivière (La Muerte), Philippe Dumond (Xibalba), ??? (Joaquin), etc.

Emprunt médiathèque.


Synopsis :

Le jeune Manolo est tiraillé entre les attentes de sa famille et ce vers quoi son cœur le porte. Il embarque pour une incroyable aventure, qui le conduit dans trois mondes fantastiques, où il lui faudra affronter ses plus grandes peurs.

Mon avis :

Ce film me faisait de l’œil depuis un moment, sans que j'ai eu la chance d'aller le voir au cinéma. Heureusement, Dieu inventa les médiathèques où j'ai pu avoir la surprise de le trouver et donc de pouvoir l'emprunter et de le visionner fissa. Alors, verdict ?

Un petit résumé du film tout d'abord, parce que le synopsis ne résume pas tout à fait le film. Une jolie employée de musée raconte à des écoliers plutôt farceurs et turbulents l'histoire de trois amis qui ont vécu il y a des années à San Angel, une ville du Mexique, que l'on dit être le centre du monde. Trois amis inséparables : Manolo, Maria et Joaquin. Les deux garçons, très amoureux de Maria, se jurent de la conquérir mais les amis se retrouvent vite séparés dès leur enfance alors qu'une énième bêtise de Maria – militante pour la cause animale – force son père à l'envoyer dans un couvent en Espagne. Alors que Maria est éduquée en Espagne, Joaquin s'entraîne pour devenir le général qui pourra défendre San Angel des malfrats tandis que Manolo s'entraîne pour devenir matador, alors qu'il cache à son père son désir de devenir musicien. Puis un beau jour, Maria revient et cela donne l'occasion aux garçons, devenus des jeunes hommes, de tout faire pour la conquérir. Mais La Muerte et Xibalba veillent car ils ont fait un pari pour savoir quel garçon va remporter le cœur de Maria...



La Muerte (La Mort en espagnol)
Jusqu'ici, ça ressemble à une histoire de triangle amoureux et ça en est une, sans que ce triangle accapare tout le film. La Légende de Manolo, ce n'est pas QUE de savoir QUI va conquérir le cœur de Maria, c'est diverses choses à la fois. Car, au travers du triangle amoureux, le film fait passer un message sur des valeurs telles que l'importance de la famille, de l'amitié, du comportement social, l'acceptation de soi, le droit de mener sa vie tel qu'on l'entend, etc. C'est Manolo qui doit faire un choix entre être lui-même ou devenir ce que sa famille souhaite qu'il soit, et sa famille de le renier ou d'apprendre à l'accepter tel qu'il est, c'est Joaquin qui doit apprendre à ce qui est important entre posséder une force surnaturelle et ses deux amis et posséder, c'est l'histoire d'une amitié qui doit survivre plusieurs épreuves.


Les personnages sont bien travaillés, modernes, sympathiques, touchants, surtout les trois personnages principaux : Manolo, un brun à la bouille d'ange, musicien de talent, pacifiste; Maria, jolie brune avec un cœur d'or, un caractère trempé, un peu turbulente, féministe avant l'heure, loin d'être potiche entre ses deux prétendants ; et enfin Joaquin, orphelin, roux, ne rêve que de gloire, parle beaucoup de ses conquêtes, cherche à marcher sur les pas de son père et devenir un général fort et respecté qui protège la ville. Tous trois sont touchants dans leur amitié, différents et pourtant similaires parce qu'ils font face au même problème : les attentes qu'ont les autres envers eux. Manolo doit devenir le plus grand matador du pays, comme ses ancêtres, mais c'est un pacifiste qui ne veut aucun mal aux animaux et préfère se consacrer à sa passion, la musique ; Joaquin veut devenir le meilleur soldat possible comme son père avant lui ; enfin, Maria se doit de faire le meilleur choix possible concernant l'homme qu'elle veut épouser, en choisissant de suivre ses sentiments ou l'avis de son père... et de la ville entière !

Les autres personnages ne sont pas en reste, notamment les Sanchez (la famille de Manolo donc, les vivants comme les défunts), ainsi que La Muerte (soit La Mort en espagnol) une jolie brune vêtue d'une robe rouge et de bougies, qui est faite en sucre candy ; ainsi que Xibalba, fait de toutes les matières écœurantes de ce monde. Au début du film, on est amené à connaître notre trio, leur caractère, leurs rêves, leur séparation puis le pari entre La Muerte et Xibalba et pour quelle raison ils font ce pari. J'ai trouvé l'idée d'une confrontation entre ces deux déités mexicaines et les trois personnages héros du film très intéressante et amène des situations bien trouvées ainsi des scènes d'émotions clairement intenses autour de la mort, thème principal du film.

Je trouve ce dessin-animé moderne et à la fois original. Moderne par les thèmes que l'on peut retrouver (acceptation de soi, Maria un peu féministe sur les bords et assez militante pour la cause animale), original par le fait que le « méchant » de l'histoire EST bien l'antagoniste mais ce n'est pas le genre de méchant pourri jusqu'aux os [spoilers] il reste l'époux de La Muerte et il se rachète pour elle parce qu'ils s'aiment [/spoilers], que si ça ne fait aucun de doute quant au garçon que Maria choisit à la fin, l'autre garçon ne devient pas méchant/amer/possessif, les trois restent de très proches amis. Bref, ce sont des valeurs qui sont intéressantes à transmettre aux plus jeunes.


Les trois mousquetaires Maria, Joaquin et Manolo.


C'est aussi original par le cadre = c'est assez rare de trouver des dessins-animés se situant au Mexique ou dans un pays hispanique mais ce film nous offre un aperçu de la culture mexicaine, ce que je trouve assez exotique. Ainsi, nous découvrons des éléments de cette culture comme le jour des morts (loin de la Toussaint, c'est très coloré, les tombes éclairées et joliment décorées avec des fleurs, des bougies, du pain, le tout pour honorer les morts de sa famille afin de ne pas les oublier), les différents royaumes des morts = Le Royaume des Âmes Chéries, dirigé par La Muerte, un monde où tout n'est que fête et explosion de couleurs, où reposent les défunts honorés par leur famille ; et le Royaume des Âmes Oubliées, où les défunts dont personne ne se souvient sont condamnés à errer et disparaître, assez sombre, macabre, et qui est régit par Xibalba. Par amour pour Maria, Manolo voyagera à travers ces deux royaumes et y rencontrera de nombreuses personnes de sa famille qui l'aideront dans sa quête. On retrouve aussi divers éléments de cette culture : la corrida (rassurez-vous, ça finit bien pour le taureau), les torero, la musique, etc.

L'originalité passe aussi dans le design, les dessins, qui rappellent un peu le style de Tim Burton qu'on retrouve dans Les Noces Funèbres ou encore L'étrange Noël de Monsieur Jack, notamment pour le design des personnages défunts : squelettes habillés, avec des motifs sur leurs os. L'ambiance du royaume des morts, très coloré et animé, rappellera aussi l'au-delà représenté dans Les Noces Funèbres. J'ai trouvé les graphiques et dessins bien faits et plutôt original par rapport à ce qu'on voit d'habitude dans les films d'animation.

En bref : Un film d'animation réussi avec une belle histoire, un univers bien construit, intéressant et exotique, des personnages sympathiques et touchants, ainsi que des musiques non niaises et agréables et un style graphique unique. Je recommande !


La Muerte et Xibalba.

dimanche 22 mars 2015

Le Juste Milieu - Annabel Lyon


Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d'arrogance. Lorsqu'en 342 avant Jésus-Christ, le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s'établit est aussi singulière et enrichissante pour l'un que pour l'autre. 

Par ses démonstrations très concrètes sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son jeune élève la notion de «juste milieu», point d'équilibre entre deux extrêmes, si difficile à atteindre. 

De son côté, le fougeux Alexandre, qui désire déjà ardemment «ouvrir la gueule pour avaler le monde entier», offre des perspectives au maître peu aventureux que son père lui a choisi.



Livre repéré chez Parthenia, et choisi parce que 1) mordue d'histoire depuis des années et de 2) parce qu'Alexandre le Grand est un personnage historique qui m'intéresse de plus en plus; ainsi pour ces raisons, j'avais décidé d'y jeter un œil.

Cette histoire se centre et est cependant narrée par Aristote que sur le grand conquérant, et nous raconte principalement les sept années qu'il a passé à la cour de Macédoine pour transmettre son savoir à Alexandre, l'héritier du roi Philippe II de Macédoine, et ses camarades, mais il nous raconte aussi l'enseignement et les soins prodigués à Philippe Arrhidée, le demi-frère d'Alexandre, qu'une maladie rend mentalement retardé et exclu de la succession (étant l'aîné d'Alexandre) et laissé à la surveillance de son garde-malade, qui ne sait pas toujours comment s'y prendre avec lui. Nous avons donc affaire ici à une biographie romancée d'Aristote !

Étant attachée au personnage historique d'Alexandre le Grand, j'avais crains de ne pas trop m'attacher à Aristote et à Philippe Arrhidée. Heureusement, mes craintes n'étaient pas fondées car j'ai beaucoup apprécié suivre l'histoire du point de vue d'Aristote et de découvrir un peu plus ce grand philosophe = son enfance, son apprentissage de la médecine par son père médecin, puis ses "études" sous l'égide d'un philosophe un peu étrange, son mariage, sa vie vécue à la cour de Macédoine où il est davantage perçu comme un Athénien que comme un Macédonien (ce qui fait qu'il est vu comme un étranger et qu'on ne porte pas toujours sur lui un regard bienveillant), son approche pour apprivoiser Philippe Arrhidée, le faire progresser et lui enseigner des choses et ce, malgré son handicap, malgré les préjugés des autres sur lui. Nous assistons aussi à sa rencontre avec le futur Alexandre le Grand, les leçons qu'il lui donne, aussi bien sur la biologie que sur la littérature car Aristote est plus qu'un philosophe, c'est un véritable toutche-à-tout qui s'intéresse à de nombreux domaines et observe et analyse ce qui l'entoure. Donc si ce livre vous intéresse mais que vous craignez de voir quelques débordements sur la philosophie, ne craignez rien : Aristote philosophe n'est qu'un aspect de son personnage. On découvre plus chez lui que le philosophe, et d'ailleurs l'auteur met en avant le pluralisme de ses travaux, preuve qu'il s'intéresse à tout ! Et elle s'intéresse davantage sur le point humain du personnage.


Enseignement d'Alexandre par Aristote, d'après Charles Laplante.

Cependant, Aristote a aussi ses difficultés avec Alexandre. Élève brillant, il est pourtant difficile à discipliner car arrogant, plein de fougue, parfois colérique et pourri gâté, avec un goût pour le sang et le morbide un tantinet inquiétant [spoiler] comme cette fameuse scène où Alexandre remplace une fausse tête par une vraie fraîchement décapitée lors d'une représentation au théâtre... et manque de donner des arrêts cardiaques aux acteurs ! [/spoilers] (qui inquiète même Héphaïstion, alors le plus proche compagnon d'Alexandre. Ah Héphaïstion, j'ai une tendresse toute particulière pour lui. Dieu sait que, dans le roman comme dans l'Histoire avec un grand H, ça n'a pas du être évident d'être le conseiller et plus proche compagnon d'Alexandre. Pourtant, je n'ai pu m'empêcher de trouver Alexandre assez caricaturé dans son rôle de prince héritier, même si je sais qu'il avait son caractère. D'ailleurs, si on ne le voit que peu dans ce roman, on peut tout de même noter son attachement à Alexandre, et le fait que le tempérament et les goûts de celui-ci le dépassent parfois). Aristote se donne alors comme mission d'éduquer le jeune chenapan et d'essayer de calmer ses ardeurs, ses envie de gloire, tout en l'incitant à trouver le juste milieu, le point d'équilibre.

Le juste milieu est d'ailleurs un point sur lequel l'auteur revient souvent et d'une certaine manière : tout au long du roman, nous avons affaire à des extrêmes (notamment les extrêmes que sont Philippe II, roi guerrier qui ne conçoit pas la philosophie, et Aristote, philosophe et médecin qui ne veut pas de guerre. Et pourtant ces deux personnages sont amis; ou encore entre Alexandre qui est beau, charismatique et intelligent tandis qu'on dit son frère laid, mentalement retardé, idiot), l'équilibre entre deux extrêmes (que ce soit deux comportements, deux personnages, deux choses). Ce livre a un côté sociologue dans ce sens, et aussi dans le fait où Aristote analyse et s'interroge sur l'âme, les rapports humains, l'évolution de la pensée, le comportement humain, le fonctionnement de la société, etc.

Buste d'Aristote
J'ai beaucoup aimé suivre Aristote qui se révèle être un personnage attachant, que l'auteur nous fait découvrir de son enfance jusqu'au moment où il enseigne aux deux princes. J'aurais cependant aimé que l'auteur s'étende un peu plus sur la relation entre Platon et Aristote, qui se sont très bien entendus jusqu'à ce que leurs points de vues divergent. J'aurais aimé découvrir plus que leur première rencontre – moment que j'attendais le plus et que j'ai beaucoup pris plaisir à lire – comme le développement de leur relation, on sentait déjà tout l'intérêt que Platon commençait à porter à Aristote lorsqu'ils se sont rencontrés ! Dans les flash-back, on pouvait deviner que ses camarades à l'Académie jalousaient presque Aristote à cause de l'attirance (intellectuelle mais peut-être presque amoureuse) que Platon éprouvait à son égard. Ainsi, cela aurait été intéressant que l'auteur développe un peu plus... Il y a une certaine complexité dans leur relation, on ne sait pas jusqu'à quel degré elle a été. 

De même que certains personnages du roman pensent qu'Aristote est attiré par Alexandre, sans qu'elle l'ait été. Le roman nous peint diverses relations complexes et c'est un aspect que j'ai aimé découvrir : relation entre le maître et l'élève, relation entre mari et femme (Aristote et son épouse donc, oscillant entre tendresse et devoir), entre maître et esclaves (il éprouve de l'attachement pour eux, ils font quasiment partie de la famille) mais ces relations ne se centrent pas que sur Aristote car le roman évoque les rapports princes/serviteurs, mère/fils (la tendresse infinie qu'Olympias voue à son fils, Alexandre). L'auteur évoque aussi, à travers Aristote, les différences culturelles, politiques et autres entre la Grèce (Athènes) et la Macédoine. Deux lieux qu'a connu Aristote mais où il ne trouve sa place. En Macédoine, il est vu comme un grec, un étranger et, lorsque les relations deviennent tendues et conflictuelles entre Philippe  II et les cités de Grèce, les Macédoniens se méfient bien vite d'Aristote, vu alors comme un ennemi. Aristote compare d'ailleurs souvent la Grèce à la Macédoine qu'il trouve plus... barbare.

Ce livre est aussi une occasion de découvrir un peu plus l'Antiquité : la médecine antique, le théâtre grec, la célèbre Académie de Platon, la philosophie grecque, jusqu'à la politique guerrière de Philippe II. Sans être assommante, l'auteur nous apprend des choses sur la vie d'Aristote, l'histoire de la Macédoine, de la Grèce, la cour de Macédoine, les stratégies politiques et militaires. Néanmoins, ce n'est pas un roman purement historique, l'auteur a crée des personnages et altéré la réalité historique pour les besoins de son récit (elle invente un voyage, supprime un personnage), pour certains éléments, je pense qu'elle s'est plus basée sur des spéculations que sur des réalités historiques.

Le style d'écriture est plutôt agréable, assez contemporain par rapport à l'époque qu'il décrit, on pourra également être gêné par la présence de mots vulgaires, notamment venant de la bouche d'Aristote lui-même (d'un côté, les Macédoniens sont présentés comme vulgaires, rustres, grossiers, par contraste aux Grecs, plus raffinés, plus sophistiqués) mais c'est le rare reproche que j'ai pour ce livre car le style est sensible, intelligent et que, dans l'ensemble, cette lecture fut agréable et intéressante. L'auteur a su recréer avec intelligence l'époque, les personnages historiques ainsi que leurs rapports.


Ce billet est une participation aux :




vendredi 6 mars 2015

Entretien avec un vampire : L'histoire de Claudia - Anne Rice et Ashley-Marie Witter.

Du même auteur :

Les chansons du Séraphin (T.1) L'heure de l'ange.
- Les chansons du Séraphin (T.2) L'épreuve de l'ange.





Quatrième de couverture :


Vampire, elle n’aurait jamais dû le devenir. Son existence est une abomination pour les créatures de la nuit. Elle chemine entre les ombres d’un monde pour toujours hors de sa portée, prédateur pris au piège dans le corps d’une enfant. À la fois, orpheline, victime et monstre… Voici l’histoire de Claudia.


Mon avis :


À force d'attendre le troisième tome des Chansons du Séraphin, j'en viens presque à oublier mon grand amour... ce qui m'a fait découvrir l'auteur et son univers, La Chronique des Vampires et tout particulièrement Entretien avec un vampire. Les aspects de cette histoire ont été narrés par plusieurs personnages, notamment ceux qui apparaissent dans l'histoire : Louis bien-sûr, mais aussi Lestat son maître-vampire, ou encore Armand. Il ne restait plus que Claudia.

Lestat and Louis : Still a better love story
than Twilight and 50 Shades of Grey.
Claudia. La fille-vampire de Louis et Lestat, que Lestat a vampirisé parce que Louis allait le quitter... vu comme ça, on dirait presque l'histoire d'une fille qui décide de devenir enceinte pour que son petit-ami ne la quitte pas. Mine de rien, on peut considérer ces deux-là comme le premier couple vampire homosexuel à avoir élevé un enfant vampire ! Même si le résultat n'a pas été concluant, si on a lu le livre, ou vu le film, mais qu'importe ! Personnage d'un seul tome, Claudia reste cependant un personnage marquant : à la fois énigmatique, fascinant et terrifiant, qui peut être cruelle comme elle peut être fragile, vulnérable. C'est une vampire, en cet aspect elle est redoutable, affamée, cruelle, qui joue avec ses victimes et ose même se rebeller contre son maître vampire. Mais c'est aussi une femme éternellement coincée dans le corps d'une petite fille, qui sera toujours considérée ainsi à cause de sa petite taille et son apparence de poupée [spoilers] il me semble d'ailleurs, plus je relis Entretien avec un vampire, que Claudia aime Louis d'un amour plus que familial, qu'elle l'aime vraiment, elle l'appelle après tout son amant, son ange ténébreux. Mais Louis ne la voit que comme sa fille, il l'a élevé ainsi avec Lestat, et ça déchire Claudia de voir Louis s'éloigner d'elle lorsqu'ils sont à Paris et que Louis est envoûté par les charmes d'Armand [/spoilers]

On découvre une jeune enfant devenue immortelle, ainsi que son évolution. Elle grandit mentalement mais pas physiquement. Plus le temps passe et plus elle cherche à comprendre sa nature de vampire mais ni Lestat ni Louis ne répondent à ses questions. L'un parce qu'il n'a pas envie de dévoiler les secrets des vampires, et l'autre parce qu'il ignore lui-même les réponses à des questions qu'il s'est déjà posé. Son évolution se fait rapidement. Son amour pour Louis évolue... en même temps que sa haine pour Lestat. On passe quelques pages avec elle, lors de ses premières années de vampire, alors qu'elle a encore l'esprit d'une enfant avant de la découvrir femme.

Personnage marquant mais qui disparaît trop vite, ce manga est une occasion pour nous d'explorer l'histoire de son point de vue, de découvrir sa personnalité, ses pensées, son ressentit, de voir l'histoire à travers elle. Cependant, ce manga ne fait que retracer ce que nous avons vu de l'histoire par Louis, alors que je m'attendais à voir des scènes imaginées par les auteurs, en apprendre davantage sur Claudia, voir des choses non relatées par Louis, avoir droit à des scènes inédites mais celles-ci ne sont pas très nombreuses. Oh, c'est une adaptation fidèle d'Entretien avec un vampire, centrée sur Claudia, mais elle n'apporte pas grand chose de plus à l'histoire d'origine.

Cependant, on voit aborder le ressenti de la femme vampire, ses motivations, ce qu'elle a ressenti lorsqu'elle a vu Louis, Louis qu'elle aime par dessus tout, s'éloigner d'elle, sa haine d'Armand qui tente de lui voler Louis. Peu à peu, la Claudia cruelle et capricieuse s'efface au fil de l'histoire pour laisser apparaître une Claudia vulnérable, fragile, qui ne se sent pas complète car son corps n'est pas à l'image de ce qu'elle est réellement, qu'elle ne peut faire tout ce qu'elle désire dans ce petit corps qui la handicape, et qu'elle est vouée à être toujours dépendante de quelqu'un pour exister, qui ne connaîtra jamais d'amour romantique et passionnel. C'est une Claudia touchante, amère, pleine de rage que l'on apprend à connaître.

Visuellement, c'est très beau ! L'ouvrage en lui-même est un bel objet et la mise en page est superbe. Les illustrations sont très belles. J'avais déjà été très attirée par le graphisme et la beauté de la couverture. Le papier fait un peu style vieux parchemin, vieux papier, avec quelques touches de couleur (comme le rouge, pour le sang, un peu de couleurs sombres aussi), ce qui colle très bien avec l'ambiance et l'époque je trouve, j'ai beaucoup aimé le design de Claudia dont le visage rappelle celui d'une poupée. Ceux de Louis et Lestat sont très réussis eux-aussi, ils ressemblent à peu près à l'image que je me fais d'eux (sauf que j'imagine Louis avec des cheveux plus longs car il a les cheveux longs, sauf vers la fin du T.2 où ses cheveux étaient coupés courts, quel sacrilège !)

Je pense que c'est un livre à découvrir pour les fans d'Anne Rice, et surtout de sa saga sur les vampires. Pour ceux ne connaissant pas l'univers, cela ne risque pas d'être un problème au niveau de la compréhension, mais d'un certain côté, peut-être que ça risque d'être un peu confus si on ne connaît pas déjà un peu la matière, les grands mots de l'histoire. Je pense qu'il faut au moins connaître un peu l'univers, histoire d'avoir les éléments pour bien comprendre, sinon l'histoire pourrait paraître fade ou confuse.

J'ai très apprécié la lecture de ce roman graphique, il m'a permis de me replonger avec plaisir dans l'histoire des vampires d'Anne Rice et me donne même l'envie de relire Entretien avec un vampire pour retrouver les personnages et replonger dans l'histoire.


jeudi 26 février 2015

Le chant d'Achille - Madeline Miller.


Patrocle, jeune prince maladroit, est exilé à la cour du roi Pelée. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. 

Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Quand débute la guerre de Troie, Achille part combattre. 

Tiraillé entre son amour pour son ami et la peur du danger, Patrocle décide de l’accompagner. La violence des hommes et des dieux transformera leur histoire en drame.







Ce livre fait partie de mes coups de cœur de l'année 2015 ! J'ai d'ailleurs eu du mal à attendre sa sortie en livre de poche et j'ai préféré me le procurer en broché.

Ce roman est narré par Patrocle, le compagnon d'Achille. Il nous raconte d'abord sa jeunesse plutôt solitaire, avec une mère que l'on dit folle et un père indifférent, ainsi que l'accident qui lui a valu son exil à la cour du roi Pélée (un roi que l'on dit sage et qui aurait combattu aux côtés de héros illustres tels que Persée ou Héraclès) où il fera la connaissance de celui qui changera sa vie : le prince Achille, qui se trouve être son exact contraire. Malgré leurs différences, les deux garçons deviennent amis, ce qui n'est pas pour plaire à Thétis, mère d'Achille et Néréide de son état (nymphe marine), qui fait tout son possible pour les séparer, ne considérant pas Patrocle comme digne de son fils. Cependant, plus les années passent et plus Achille et Patrocle se rapprochent... jusqu'à la violence de la guerre de Troie.

J'ai été emportée par ce roman. L'auteur a une belle écriture, je me suis laissée facilement transportée par ce roman, et les pages se sont tournées très vite. Patrocle nous raconte cette histoire jusqu'à sa mort... et même au-delà ! J'ai beaucoup aimé suivre Patrocle. Parmi tous les personnages de la guerre de Troie, il est rarement (voire pas du tout) celui à qui on s'intéresse. Il est souvent oublié ou à l'arrière-plan dans les différentes adaptations faites de L'Iliade. Ainsi, je suis très reconnaissance envers l'auteur de s'être intéressée à Patrocle et de lui avoir consacré cette histoire. Il s'oppose au torrent tumultueux qu'est Achille, il est doux, calme, posé, gentil. S'il n'a rien de la puissance, de la grandeur d'Achille, présenté comme beau, charmant, puissant, rapide, il est placé sur un même pied d'égalité qu'Achille, par l'auteur et par Achille lui-même.


Patrocle, de Jacques-Louis David (1780)
Achille, dans cette histoire, est à l'image du personnage tel qu'on se le représente : il est grand, beau, blond, musclé, invincible. Oui mais pas que ! Dans cette version, l'auteur nous fait découvrir un Achille sensible. Un Achille humain qui se cache sous son masque de jeune héros que l'on dit invincible et à qui on prédit gloire éternelle. A travers d'autres personnages, peut-être est-ce cette image qui revient souvent; avec Patrocle, c'est une autre histoire, car Achille n'a jamais été plus humain qu'avec Patrocle, son plus cher compagnon. Achille est plus qu'un guerrier. Achille aime jouer de la lyre, composer, se gaver de figues, taquiner Patrocle, qui est espiègle, même s'il deviendra vaniteux lorsque viendra la guerre de Troie et qu'il s'aperçoit qu'au combat, il est invincible.

Un point important de l'histoire : la relation entre Achille et PatrocleCes deux-là forment un lien très fort que personne ne peut briser. Plusieurs fois, on tentera de les séparer, seulement l'un finit toujours par retrouver l'autre ! Ils forment un lien que même la mort ne peut briser. J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de cette relation. Nous les voyons grandir, faire leur apprentissage auprès du centaure Chiron, qui a entraîné beaucoup de héros, jusqu'à la guerre de Troie. C'est une relation qui évolue et s'intensifie au fur et à mesure que le temps passe. Il y a d'abord l'insouciance de l'enfance, puis les dangers de la guerre où Patrocle ne cesse de s’inquiéter pour Achille. Mais il y a un aspect important à relever au sujet de leur relation : Achille et Patrocle deviennent amants dans ce roman. C'est même d'ailleurs la principale raison qui m'a fait choisir ce roman.

Achille et Patrocle amants, ce n'est pourtant pas une histoire qui date d'hier ! Depuis Homère, nombreux ont été les hommes à spéculer sur la nature précise de leur relation, puisque Homère ne l'a pas révélé. On pense facilement, dans L'Iliade, qu'ils sont amis, cependant les Grecs, dès le Ve siècle avant notre ère, voient davantage. Le débat à l'époque n'était d'ailleurs pas de savoir si Achille et Patrocle sont amis ou amants, mais pourquoi Homère est resté si réservé sur ce sujet et qui d'Achille ou Patrocle dominait dans ce couple. Des auteurs antiques célèbres comme Platon ou Eschyle ont beaucoup spéculé sur cette relation ! La théorie d'Achille et Patrocle amants m'intéresse beaucoup (bien que, qu'ils soient amis ou amants, leur relation dans L'Iliade et le canon grec reste très forte), ainsi j'étais curieuse et intéressée au sujet de ce roman, qui me semble être la première oeuvre contemporaine à exploiter cette relation mais du point de vue romantique. J'ai beaucoup aimé la façon de l'auteur d'exploiter cette relation. D'abord amis, la relation entre les deux jeunes hommes va évoluer jusqu'à la naissance de sentiments plus profonds. Patrocle est d'ailleurs le premier à faire le premier pas et on découvre, en même temps que lui, la naissance de ses sentiments pour Achille, la profondeur de son amour pour lui, sa peur de le perdre, sa façon de voir et décrire Achille (amoureux comme il est, il décrit Achille de façon parfaite, presque poétique, c'est imagé, c'est beau même, donc on est loin des descriptions de Bella au sujet d'Edward !!)


Madeline Miller, avec un exemplaire en VO du roman.

Si Achille, Patrocle et leur relation sont un point important du roman, ce récit relate tout de même des événements de L'Iliade et de la mythologie grecque : la guerre de Troie bien-sûr, mais pas que ! L'épisode où Ulysse découvre Achille, déguisé en jeune femme, pour échapper à ceux qui veulent le persuader de se battre à Troie; l'épisode du sacrifice d'Iphigénie, etc. Ainsi, nous sommes plongé dans la Grèce antique et revisitons, sous la plume de l'auteur, de célèbres épisodes de la mythologie. On côtoie aussi les hommes et les femmes faisant partie de la vie d'Achille et Patrocle : le prince Hector, le roi Pélée, Chiron, la jeune esclave Briséis (j'ai beaucoup aimé ce personnage, l'auteur s'est beaucoup intéressée à elle dans la seconde partie du roman et elle a fait d'elle un personnage secondaire important, ainsi qu'une amie très chère à Patrocle), Ménélas, Ulysse bien-sûr bien qu'il soit peu présent, ainsi que Thétis, la mère d'Achille. Celle-ci prend une grande place dans le destin d'Achille. Elle nous paraît détestable car elle ne voue à Patrocle que mépris et froideur. Seulement, il faut comprendre que c'est une déesse qui ne comprend pas les sentiments humains, mais elle aime son fils, de façon un peu possessive, elle refuse que les mortels lui enlèvent son enfant et veut qu'il accède à l'immortalité pour qu'il puisse ne jamais mourir et donc ne pas devenir inaccessible à Thétis. C'est pourquoi elle ne voit pas l'arrivée de Patrocle dans la vie d'Achille d'un bon œil : il rend Achille humain et en s'attachant à Patrocle, Achille en vient à négliger sa destiné et à vouloir mourir à ses côtés. Cependant, pour toute sa froideur, Thétis a su me toucher à la fin, en faisant preuve de compassion pour Patrocle, par égard pour son fils.

Le gros point négatif que je pourrais retenir de ce roman au final : le personnage de Patrocle. Si je remercie l'auteur de s'être intéressée à Patrocle et d'avoir fait de lui un personnage important de son histoire, quelques points m'ont chagriné. Afin de montrer les différences entre les deux personnages, Patrocle a été présenté comme l'exact contraire d'Achille. D'une beauté banale, faible et maladroit. Ce que Patrocle, dans l'histoire d'Homère, n'était pas. Patrocle est présenté comme semblable à Achille (c'est pourquoi personne n'a su deviner que c'était lui sous l'armure d'Achille lors de son dernier combat avec Hector) et fort, habile. Chez Madeline Miller, Patrocle ne sait pas se battre et doit, au départ, rester près d'Achille pour que celui-ci le protège, et ensuite il devient guérisseur et reste la plupart du temps au camp, à soigner les malades et attendre le retour d'Achille. Si Patrocle, dans L'Iliade, a quelques attributs considérés alors comme féminin (à s'occuper de l'armure d'Achille, à offrir vin et nourriture quand lui et Achille ont de la compagnie), il n'en reste pas moins que Patrocle faisait partie des soldats les plus brillants des Grecs et à avoir tué un grand nombre de Troyens. C'est un valeureux guerrier, et il a fallu à Hector l'intervention d'un dieu pour venir à bout de Patrocle. J'ai toujours aimé cette image du compagnon d'Achille, doux et loyal mais en même temps redoutable et habile. Si Patrocle reste plein d'empathie et loyal à Achille, dans ce roman il est présenté comme faible physiquement, un peu gringalet, bullié par les plus fort au combat et maladroit. J'ai donc déploré ces changements que l'auteur a apporté à Patrocle. Sans compter la haine de Thétis envers Patrocle, alors que rien ne présageait dans L'Iliade que ces deux-là ne s'entendaient pas (d'autant plus que Thétis a pleuré, avec Achille, la mort de Patrocle)

Malgré ce point négatif, j'ai énormément aimé cette lecture. Madeline Miller a su faire revivre le mythe et a raconter une belle histoire en exploitant, avec justesse, l'histoire d'une amitié forte entre deux jeunes hommes que rien, pas même la mort, ne peut séparer. D'une relation amoureuse entre deux hommes différents mais très proches, qui leur permet d'avancer, de grandir, de se surpasser. Achille et Patrocle m'ont beaucoup touché, et j'avoue sans honte avoir pleuré comme une madeleine, sans savoir me calmer, lorsqu'est venue la scène où Achille découvre la mort de son bien-aimé et laisse libre court à sa rage et à son chagrin, tandis que l'esprit de Patrocle ne peut que se désoler et regarder Achille se laisser porter par sa colère et son chagrin. C'est vraiment une lecture qui m'a touché et transporté et je garderais toujours un profond souvenir de cette lecture.



- Ah ! Voilà une histoire qui vaut la peine d'être racontée. Il faut tout de même que je dise d'abord un mot au capitaine, poursuivit-il [Ulysse] avec un geste en direction du soleil, déjà assez bas dans le ciel. Nous allons bientôt devoir nous arrêter pour installer notre camp.Diomède quitta le coin de rambarde auquel il était appuyé.- C'est moi qui vais y aller, déclara-t-il. J'ai entendu celle-là au moins autant de fois que l’écœurant épisode du lit.- Tant pis pour toi, lança Ulysse dans son dos. Ne faites pas attention à lui. Sa femme est une sale garce, ce qui rendrait n'importe qui aigri, précisa-t-il pour notre gouverne. Ma femme, elle...La voix de Diomède nous parvint depuis l'autre bout du navire.- Si tu finis cette phrase, je te jetterai par-dessus bord et tu nageras jusqu'à Troie, je le jure !- Vous voyez ? fit Ulysse en secouant la tête. Il est amer.


Chapitre 15.


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