lundi 3 avril 2017

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Je reviens sur ce blog après des mois d'absence, alors que je m'étais promis d'essayer de le mettre à jour plus souvent. Cet article est juste un mot pour dire que :

1) Je n'abandonne pas ce blog
2) J'ai toujours l'intention de le mettre à jour et de publier des articles qui sont dans ma liste d'attente depuis 2015
3) J'espère toujours me faire plus présente sur ce blog

Ces derniers temps n'ont pas été très favorables pour moi. Sans aller dans les détails, je suis en période de crise et de questionnement. Ma vie est au point mort car mon avenir est dans le flou, et il faut que je décide quoi faire. En attendant, et si mon accès internet veut bien rester stable, je compte revenir sur ce blog et m'en tenir à un article par jour, histoire d'avancer lentement mais sûrement et d'arriver enfin à terminer et publier tous mes articles en attente. Concernant mes lectures de 2016-2017, il risque d'y avoir que peu d'articles, vu que j'ai un peu perdu mon envie et ma motivation de lire. J'ai parfois relu, donc c'était très rarement des nouveaux livres. En revanche, j'ai vu pas mal de films, donc il y aura peut-être moyen de se rattraper à ce niveau-là... Enfin, tout ça pour dire que je vais essayer de me tenir à cette résolution un jour = un article, même si ces articles ne datent pas d'hier. Malgré ma perte d'envie pour la lecture, ce blog reste mon bébé (un vieux bébé, mais un bébé quand même), et qu'en ce moment, j'ai bien besoin de quelque chose pour me changer les idées, essayer de penser à autre chose que mes idées noires.

Je compte aussi revenir petit à petit vers vous, vers vos blogs, car vous m'avez manqué. J'ignore encore s'il y a des personnes pour me lire ici, mais je compte tôt ou tard me replonger dans la blogosphère.

Marion.

dimanche 29 janvier 2017

Le Général est de retour - Alexandre Chevalier.

2016. C’est la chienlit en France : attentats, chômage record, grèves à répétition… Et, pire encore, la cote de popularité de François Hollande est au plus bas. N’écoutant que son courage, le président décide de reconquérir l’opinion. En toute discrétion, il fait cloner le général De Gaulle, espérant que le grand Charles, revenu à la vie, l’aidera à rentrer en grâce et à être réélu. Le Général est donc de retour dans un pays qu’il ne reconnaît pas. Un pays aux 6 millions de fonctionnaires, où des idiots peuvent devenir ministres, où l’on se marie entre hommes, et où il y a même un tunnel sous la Manche ! Évidemment, les choses ne vont pas se passer comme prévu et tout part en vrille. L’homme du 18 juin pourra-t-il (re)sauver la France ?

Et si De Gaulle revenait ? Un roman très politiquement incorrect.



Un peu à l'instar de Benoît Duteurtre avec son roman Le retour du Général (dont j'avais fait la chronique en 2013), Alexandre Chevalier a voulu imaginer à son tour un général de Gaulle revenu d'entre les morts et découvrant notre société actuelle, victime de la crise économique et d'une République qui a un peu perdu de son éclat, le tout dans un roman politico-humoristique prenant place pendant le quinquennat de François Hollande ! Le pari était risqué ! Alors, véritable casse-gueule ou bon roman ? C'est ce que nous allons voir !

Notre société, pendant la présidence de François Hollande, vit le climat social, politique et économique qu'on connaît déjà. La côte de popularité du président est au plus bas, le peuple ne croit plus au gouvernement et ses vaines promesses. Aux grands mots, les grands remèdes ! On révèle à François Hollande un secret gardé de tous pendant des générations : chaque Président de la Ve République suivant le Général de Gaulle a, en toute discrétion, cloné le Général afin de bénéficier de ses conseils et ses solutions sur la façon de gouverner la France et de régler les crises, et ainsi reconquérir l'opinion publique ! Enthousiaste face à cette nouvelle, Hollande décide à son tour de cloner le Général afin qu'il l'aide à retrouver grâce auprès des Français et mettre un terme aux crises actuelles. Cependant et comme vous vous en doutez, tout ne se passera pas comme prévu et très vite, Hollande se retrouve dépassé par sa création qui, ne s'y retrouvant plus dans une société qu'il ne reconnaît pas, fuit du jour au lendemain.

Le sujet est original et, avouons-le, un peu risqué. Il peut être facile de se casser la gueule sur un tel sujet, tout en arrivant à bien cerner la personnalité du général sans trop la tourner en dérision et j'avoue que c'était quelque chose que j'ai redouté puisque le Général de Gaulle est l'une de mes figures historiques préférées et que je n'apprécie pas toujours quand une de mes figures historiques préférées est trop caricaturée ou dénaturée pour le plaisir d'une fiction. Il n'est aussi pas toujours évident de bien retranscrire un personnage historique, même en ayant fait des recherches sur la personnalité du personnage, il sera toujours impossible de retranscrire fidèlement. Toujours est-il que je n'ai pas vraiment de reproches à donner au Général décrit par l'auteur. De nombreuses personnalités politiques sont présentes et sont très souvent moquées, mais le Général étant le cœur du roman, il s'en sort plutôt bien !

Au niveau de l'humour, je craignais un humour « français » pas toujours très drôle et qui me donnerait plus envie de grincer des dents, et des caricatures à l'extrême. C'était au final une crainte infondée car je trouve que l'auteur s'en est plutôt bien sorti. Il y avait certes des moments d'humour à me faire lever les yeux au ciel, quelques clichés faciles et quelques scènes où l'humour tombait un peu à plat. Mais, dans l'ensemble, l'humour fonctionne plutôt bien, avec les piques d'humour et de sarcasme de De Gaulle et d'autres personnages, en passant par les membres de notre gouvernement et quelques personnalités politiques, de droite comme de gauche, à commencer par le Président, qui en prennent tous pour leur grade.

Après, il faut garder à l'esprit que ce roman est une caricature, une satire de notre société et du gouvernement Hollande. La France n'est certes pas guérie de ses problèmes, mais avec les crises qui persistent, ça fait du bien un peu d'humour et de légèreté… surtout s'ils touchent notre gouvernement ! L'idée du roman reste bonne, et si elle a déjà été exploitée par Benoît Duteurtre, Alexandre Chevalier a su tisser sa propre histoire, de manière assez différente. L'idée de clones de De Gaulle et que le dernier en date prenne ses cliques et ses claques, en déclenchant ainsi la panique générale auprès du gouvernement prêt à tout pour le récupérer avant que des politiciens d'autres partis ne se l'accaparent avait franchement de quoi tenir la route, les événements s'enchaînent assez rapidement, la lecture est fluide et plaisante. J'ai particulièrement apprécié le fait que [spoilers] d'autres pays clonent aussi leurs grandes personnalités politiques du passé pour les mêmes raisons, et que ça donne ainsi l'occasion d'avoir quelques scènes avec Churchill et des conversations entre Churchill/De Gaulle pleines de réparties, comme on peut imaginer qu'ils pouvaient avoir des décennies auparavant [/spoilers]

En conclusion : Le Général est de retour n'est pas un roman exceptionnel, et l'humour ne fonctionne pas toujours, mais l'idée est originale, et ça reste une lecture sympathique qui fait du bien, surtout en ces temps de crises !


- Qu'ils se démerdent ! J'en ai marre de recevoir des poubelles sur la tête en permanence et de ne jamais réagir. Le gentil gros, c'est fini ; maintenant, je suis le méchant gros, le gros qui les envoie tous péter. Ils ne veulent plus de moi, eh bien, soit, j'irais à la pêche !
- Arrête de raconter n'importe quoi, François. Tu n'as jamais pêché ! lança Manuel Valls.
13. Calife à la place du calife.

mercredi 30 novembre 2016

La science de Sherlock Holmes : Les débuts de la science criminelle - E.J. Wagner.


Si Holmes est avant tout un grand détective, il s’est aussi révélé un grand scientifique, qu’il se mêle de poison, de cendres de tabac ou de traces de pneus.

E. J. Wagner, historienne du crime, explore cet aspect fascinant de sa carrière en montrant combien ses enquêtes reposaient sur les dernières découvertes scientifiques de l’époque, notamment dans le tout jeune domaine de la science criminelle (la criminalistique), aux ramifications aussi diverses que la médecine légale, l’expertise des écritures, la balistique, l’analyse des empreintes digitales ou la toxicologie…

Médecin et grand lecteur de faits divers, Arthur Conan Doyle était en effet particulièrement averti des progrès de la police scientifique de son époque ; ses intuitions se sont d’ailleurs souvent avérées fort justes dans ce domaine



Si Sherlock Holmes est connu pour être l'un des plus grands et célèbres détectives de fiction, on lui reconnaît moins son statut de scientifique doué, à moins d'avoir lu l’œuvre de Conan Doyle. Et pourtant, Sherlock Holmes est aussi un scientifique dans l'âme, et il en a fait sa profession : il s'agit de la science criminelle !

Ce livre, signé par EJ Wagner, nous propose de retracer l'histoire de la science criminelle, et il le réussit avec brio car ce livre est une véritable mine d'information ! Il est divisé en plusieurs chapitres portant sur des thèmes variés s'approchant de près ou de loin à la science criminelle : l'étude de l'anatomie et la dissection, l'étude des insectes et ce qu'ils peuvent révéler sur une scène de crime ou le corps du délit, la présence des superstitions (ou plutôt les obstacles qu'elles posent), l'étude des poisons et autres substances mortelles, l'utilité des déguisements – aussi bien pour les policiers que pour les criminels, l'examen d'une scène de crime, l'identification des criminels avec la mise en place d'une base de données et des empreintes digitales, l'étude de la balistique, des empreintes de pas et autres traces, de la géologie et des sols, des traces écrites, du sang et de l'identification ADN, et enfin les obstacles que pose la médecine de l'époque. En bref, tout est passé sous la loupe de EJ Wagner et illustré par de nombreuses anecdotes et petites histoires, aussi bien des exemples dans les aventures du Canon Holmesien que des cas criminels s'étant déroulés par le passé.

Les anecdotes sont nombreuses et cela peut déconcerter, cependant elles sont toutes intéressantes à découvrir et, pour certaines, croustillantes, ce que les amateurs de policier (la thématique s'entend, après si vous en pincez pour les hommes en uniforme c'est votre choix). Cependant, avis aux âmes sensibles car certaines anecdotes sont assez crues (notamment lorsque l'auteur nous décrit les dissections avec les conditions de l'époque, et l'horreur des expérimentations ou de certains crimes).

Le livre nous raconte non seulement l'histoire, mais aussi l'évolution de la science criminelle, ce qui est d'autant plus intéressant à découvrir ! Ainsi, nous apprenons comment les policiers ont appris à prêter beaucoup plus d'attention aux détails, à laisser la scène du crime tel quel (il n'était pas rare que le sang, par exemple, était lavé afin de ne pas choquer), l'évolution de la médecine légale (autopsies réalisées sous de meilleurs conditions, par exemple), des techniques d'enquête (l'étude des scènes de crime, fichage des criminels, comment relever les traces d'ADN, etc) mais aussi du cadre légal et des modes de pensées, notamment avec les nombreuses croyances et superstitions de l'époque !

La plume de l'auteur est fluide et efficace, parfois nuancé d'humour (parfois même d'humour noir). Elle analyse en détail l'évolution des méthodes d'investigation de la police scientifique. Elle maîtrise totalement son sujet, et elle en parle avec beaucoup d'efficacité, c'est un plaisir de la lire et elle sait enchaîner une théorie avec une autre, tout en faisant le parallèle avec les aventures de Sherlock Holmes

Petit avertissement cependant pour les amateurs du grand détective et qui s'attendraient à le voir mentionné de page en page : Sherlock Holmes n'est pas le sujet d'étude de ce livre, ce qui nous intéresse ici est l'histoire et l'évolution de la science criminelle. Ici Holmes sert essentiellement d'exemple dans le discours de l'auteur. Ce livre nous montre cependant que Sherlock Holmes est bien plus qu'un simple détective de fiction, c'est aussi un véritable sujet d'étude, presque un modèle dans l'étude de la criminalistique. À ceux qui sont moins familiers avec le détective anglais, n'ayez aucune crainte de vous perdre. Les anecdotes relatives au canon holmesien sont présentes mais non assommantes et n'accaparent pas le principal sujet d'étude.

La Science de Sherlock Holmes s'est rapidement révélé être un livre vivant et très enrichissant qui nous permet d'en apprendre davantage sur la manière de résoudre une affaire criminelle avec les différents éléments à prendre en compte. C'est un livre que j'ai dévoré et que je conseille à tout amateur d'enquêtes criminelles et des méthodes pour les résoudre.

dimanche 25 septembre 2016

Le Bal des Vampires.

Fiche technique :

Titre : Le Bal des Vampires (VF) ; The Fearless Vampire Killers (VO)
Réalisation : Roman Polanski.
Scénario : Gérard Brach et Roman Polanski.
Société de production : Cadre Films et Filmways Pictures
Durée : 1h08
Genre : Comédie
Sortie : 13 novembre 1967 (USA), 1er avril 1968 (France)

Avec la participation de :

Roman Polanski (Alfred), Sharon Tate (Sarah Shagal), Jack MacGowran (Professeur Abronsius), Ferdy Mayne (Comte von Krolock), Iain Quarrier (Herbert von Krolock), Alfie Bass (Yoine Shagall), Jessie Robins (Rebecca Shagall), Terry Downes (Koukol), Fiona Lewis (Magda), ...



Synopsis :

La Transylvanie. Une terre désolée et hostile où se terre tout un peuple maudit. Le professeur Abronsius et son acolyte Alfred poursuivent les vampires dans une traque sans relâche qui les mène jusqu’à une auberge éloignée de tout. Sauf du château du comte Von Krolock… 

Mon avis :

Le Bal des vampires s'intéresse à l'histoire du professeur Abronsius et de son jeune assistant, Alfred, deux chasseurs de vampires à en devenir qui se rendent dans un petit village de Transylvanie dans l'espoir de trouver la créature qu'Abronsius cherche depuis si longtemps. Sitôt arrivé au village, Abronsius constate l'abondance d'ail dans la taverne et il est persuadé d'être arrivé à bon port ! Cependant, du côté des villageois, personne n'ose avouer aux visiteurs la présence d'un vampire hantant les lieux... il sera néanmoins difficile pour eux de dissimuler l'existence de leur vampire local, surtout quand celui-ci organise un bal.

Film devenu un classique du cinéma, j'ai un certain attachement pour ce film en grosse partie du à la comédie musicale qui en a découlé plusieurs années après. Ce n'est pas, pour moi et malgré son statut de classique, un film exceptionnel. Cependant je l'apprécie en tant que film qui a servi de base à une comédie musicale que j'adore, et en tant que satire des films sur les vampires.

Autre affiche du film.
Car en effet, ce film se présente comme une satire des films sur les vampires en reprenant les clichés attendus d'un film de vampire : château lugubre, toiles d'araignées à gogo, vampires qui organisent un somptueux bal, le vieux savant un peu loufoque qui cherche à contrer le vampire local, un peu à la Van Helsing ; un vampire en Transylvanie, etc. Il y a aussi une certaine moquerie des chasseurs de vampires qui se révèlent ici un peu casse-tout et donc ridiculisés par leurs faux pas [spoiler] Le professeur Abronsius coincé dans la crypte, Alfred qui a trop peur pour oser tuer les vampires, Abronsius qui se ridiculise un peu en cherchant à mentir sur le motif de sa visite au comte vampire, Alfred en qui sommeille un petit pervers, etc [/spoiler], mais aussi une moquerie des vampires ! Car oui, même ces créatures majestueuses et sanguinaires en prennent pour leur grade ; la plupart sont loin d'être des canon de beauté, se révèlent parfois aussi ridicules que nos chasseurs de vampires, ajoutons à cela [spoiler] la façon peu élégante de Krolock de débarquer dans la salle de bain pour attaquer Sarah, son fils Herbert se présentant comme le cliché prototype du jeune éphèbe homosexuel, Chagal transformé en vampire qui n'a rien de séduisant et charismatique, la vieille vampire sourde au bal, etc [/spoiler]. C'est un humour absurde; ça peut faire sourire comme ça peut faire lever les yeux au ciel. Dans tout les cas, ce n'est pas un film à prendre au premier degré !

Pour ma part, si je ne considère pas ce film comme exceptionnel, j'aime le côté complètement barré du professeur Abronsius, le charisme de la jeune Sarah, le personnage d'Alfred, un grand dadet timide et un peu maladroit mais qui veut bien faire. Les paysages sont magnifiques, la musique souvent rythmée, les situations angoissantes sont désamorcées efficacement avec un humour burlesque (sans spoiler, j'ai beaucoup aimé la scène de course poursuite du milieu du film, un pur délice). Si le personnage de Sarah incarné par Sharon Tate reste au final assez discret, il reste qu'elle apporte un petit quelque chose d’envoûtant et sensuel qui est propre au monde des vampires !

Si le film peut s'avérer long, les choses s'accélèrent lorsque le vampire entre en jeu [spoiler] en commençant par le kidnapping de Sarah [/spoiler] et l'histoire prend une tournure plus intéressante. L'intrigue en elle-même est classique mais efficace, et sait malgré tout faire preuve de rebondissements appréciables. Il est aussi intéressant de noter que, malgré l'aspect comique du film, il présente quelques côtés dramatiques [spoiler] Le fait que l'histoire ne termine pas bien pour les héros notamment : Sarah, la fille à sauver, est devenue vampire malgré les efforts des héros et Alfred a été mordu par elle et donc transformé à son tour [/spoiler], ce qui en fait un film assez intéressant à visionner !


Quelques mots sur la comédie musicale :



Si j'ai connu le film avant la comédie musicale, c'est sous cette dernière que je suis tombée sous le charme ! Le Bal des vampires est une comédie musicale de Jim Steinman et Michael Kunze, tirée du film réalisé par Roman Polanski en 1967. Le musical a été créé le 4 octobre 1997, et mis en scène par Roman Polanski pour la première fois à Vienne. Le spectacle s'est produit ensuite en Allemagne, à Stuttgart, Hambourg et Berlin. Puis ils 'est progressivement produit à Varsovie, Budapest et Belgique. Le musical connut sa version française en 2014 mais ne fut produit qu'à Paris au théâtre Mogador et, malgré les retours enthousiastes, aucun CD ou DVD ne fut produit pour les fans français (je rage rien qu'en tapant ces mots sur le clavier).

Je n'ai jamais eu la chance de voir le musical dans sa version française, et j'ai essentiellement découvert sa version originale, Tanz der Vampire, avec des sous-titres. Si je pleurerais à jamais le fait que je n'aurais jamais la chance de voir ce spectacle, c'est avec plaisir que j'ai visionné la version originale. On retrouve la même histoire, avec quelques différences, et en plus captivante... voire même mordante ! On constate une amélioration au niveau des personnages : finie la Sarah discrète, elle devient un personnage qui s'impose sur la scène, Krolock prend ici un coup de jeune et se révèle plus complexe et charismatique que dans le film ; il se révèle plus qu'un suceur de sang. Herbert est davantage caricaturé, mais toujours un personnage plaisant et hilarant. Abronsius se transforme en un Van Helsing ne jurant que par la logique et la science, et je reste toujours autant attachée à Alfred, jeune assistant parfois maladroit, qui prend souvent peur mais fait toujours de son mieux, et qui ne manque pas de courage et de loyauté. D'autres personnages sont également plus mis en avants, chacun a sa façon de briller.

Ajoutons à cela de magnifiques costumes (je suis toujours en admiration sur les costumes du comte, et sur la robe de bal de Sarah), des décors spectaculaires (notamment le château von Krolock dans son ensemble : de la crypte à la salle de bal !), on s'y croit d'emblée ! Les chansons sont captivantes pour la plupart, un réel plaisir aux oreilles, et la mise en scène sublime et magistrale haut en couleur, et qui nous en met plein la vue (ma scène préférée restera celle du rêve d'Alfred lors de sa première nuit au château dans Carpe Noctem). C'est un véritable plaisir de regarder et écouter ce musical qui ne brille pas que par ses chansons et son ambiance, mais par son intrigue, son humour, et ses moments sentimentaux voire dramatiques. Un vrai plaisir !

Petite anecdote intéressante : une des chansons les plus célèbres et thème récurrent de la comédie musicale, Totale Finsternis (Eclipse totale) correspond à la chanson Total Eclipse of the Heart, de Bonnie Tyler !


dimanche 18 septembre 2016

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès - Maurice Leblanc.


Arsène Lupin contre Herlock Sholmès ! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.« C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier anglais. Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle.

Qui a volé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ? Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.




Ce livre comporte deux aventures : La Dame Blonde et La Lampe Juive, et fait suite à la nouvelle qui se trouve dans le premier recueil des aventures d'Arsène Lupin, Herlock Sholmès arrive trop tard. Une nouvelle fois, Maurice Leblanc a voulu faire s'affronter son héros au célèbre Sherlock Holmes ! ... ou du moins, un pastiche du célèbre détective anglais. Alors, verdict ?

Dans La Dame Blonde, Mr Gerbois achète un secrétaire pour sa fille. Un inconnu lui propose de le lui racheté, ce que Gerbois refuse. Peu de temps après, il découvre le secrétaire volé, au grand désespoir de son propriétaire qui y avait rangé son billet de loterie gagnant. Arsène Lupin se propose de lui retrouver le secrétaire, à la condition de partager le montant de la loterie avec lui. Peu de temps après, un baron et assassiné et son diamant volé. La police, piétinant sur ces deux affaires, les victimes décident de faire appel au détective anglais Herlock Sholmès. Ces deux affaires ne semblent avoir aucun rapport, pourtant il existe un lien entre elles ! Dans La Lampe Juive, le détective reçoit deux lettres : une d'un baron lui demandant son aide pour retrouver une lampe volée et l'autre de Lupin lui-même lui demandant de ne pas accepter la demande du baron, ce que Sholmès décide de ne pas prendre en compte...

Si je n'ai pas été aussi emballée que le premier recueil des aventures de notre voleur national, je n'ai pas non plus détesté ma lecture. Je ne retiendrais cependant pas ce livre comme celui m'ayant le plus marqué sur Arsène Lupin. Cela reste cependant un livre sympathique et sans prétention autre que de divertir, que de se creuser les méninges ou avoir le souffle coupé.

Car, en effet, ces aventures se présentent plus comme un jeu du chat et la souris que d'une enquête. L'auteur a choisi de se centrer davantage sur qui aura le dessus sur qui, comment Sholmès et Lupin vont déjouer les plans de l'autre, que la résolution de l'enquête. Bien qu'on se doute très bien de l'identité du vainqueur, ces aventures ne sont pas dénuées d'intérêt pour autant. Nos deux héros se rencontrent, se toisent, s'admirent, se donnent la chasse, ... Il y a également des passages bien divertissants comme des passages intéressants (la maison truffée de passages secrets, la confrontation finale entre Sholmès et Lupin dans la première aventure, la scène où Lupin et son biographe Maurice décident sur un coup de tête de se joindre à la table de Sholmès et Wilson dans un restaurant, ...). Tout ce qu'il se passe est bien détaillé et avec un rythme effréné !

J'ai retrouvé avec plaisir Arsène Lupin, toujours aussi malin, aussi joueur, aussi amoureux de la mise en scène. Il se révèle vraiment comme un personnage intéressant. Je m'attache à sa légèreté, sa désinvolture, son côté enfant qui se joue de tous et je ne demande qu'à le découvrir dans de nouvelles aventures et découvrir de nouveaux aspects de sa personnalité et d'éléments de sa vie. Sa vie, ses amis, ses amours, ses ennemis, ses ennuis, ses rires, ... Je n'en ai certainement pas fini avec Lupin !

Même si ce jeu souffre de lenteurs dans
l'histoire, il présente néanmoins une
confrontation intéressante entre Holmes
et Lupin tout en restant fidèle aux
personnages et univers de Doyle et de
Leblanc.
J'avoue avoir eu des réticences à lire ce livre, car je suis énormément attachée au personnage de Sherlock Holmes, ainsi que celui du Dr Watson, et que j'avais peur que l'auteur ne démontre trop la supériorité de Lupin sur Holmes et ne ridiculise Holmes ET Watson. Sur un de ces points j'avais tord, car si au final c'est Lupin qui l'emporte sur Holmes, ou du moins Sholmès (et ce n'est pas un spoiler, car il est clairement évident, avant la lecture, que Leblanc allait favoriser son héros), il est tout de même montré que Sholmès est très doué pour lui mettre des battons dans les roues [ réussissant même à déjouer un de ses plans et le faire arrêter... même si au final ce n'est que de courte durée ], et pour dérouter Lupin, il en faut beaucoup ! Du moins, dans la première aventure... car dans la seconde, Sholmès, dégoûté de son échec, perd toute classe, toute élégance lors de la seconde aventure et se montre plus aigri et déterminé que calme, intelligent et raffiné. En somme, il est montré comme plus égoïste et moins intelligent que le personnage d'origine, avec des réflexions beaucoup moins poussées, et beaucoup de prétention.

Dommage... Je n'ai pas réussi à m'attacher à Sholmès, et encore moins à Wilson, une pastiche de Watson, présenté ici comme un bouffon, un abruti fini, suivant Sholmès comme un bon gros toutou loyal mais pas très intelligent, se faisant maltraiter par le détective qui ne le considère clairement pas comme un ami mais plutôt comme un sous-fifre [ je me rappelle notamment d'une scène où Wilson était au plus mal, mais Sholmès n'en avait rien à faire, plus préoccupé par son enquête ]. Ainsi, pour les amoureux de Holmes et les fervents défenseurs de Watson, il est préférable de voir Sholmès et Wilson comme des personnages à part, et pas une version de Holmes et Watson. Se dire qu'il ne s'agit en rien des personnages de Conan Doyle, mais des personnages différents, une caricature à l'extrême de Holmes et Watson, sous peine d'être déçu. En ce qui me concerne, même si la lecture de ce livre fut plaisante, si vous voulez voir une aventure plaisante et fidèle confrontant Holmes et Lupin, je vous conseille de découvrir le jeu de Frogwares, Sherlock Holmes vs Arsène Lupin. Si vous ne voulez pas y jouer ou ne pouvez pas, il est possible de suivre des vidéos retraçant tout le jeu ;)

Pour revenir un peu au livre, la première enquête m'a davantage plu par rapport à la seconde que j'ai trouvé moins prenante, et qu'elle reprenait les mêmes recettes que la première histoire. Les deux parties restent cependant divertissantes à lire, avec de nombreux rebondissements. Mon seul regret reste le massacre de Wilson/Watson et que Sholmès n'ait pas réussi à mettre Lupin plus en déroute, car s'il était évident de l'issue de ces affaires, il aurait été intéressant de voir Lupin un peu plus en danger, histoire que Sholmès se révèle être un rival à la cheville de Lupin, et que l'auteur ait eu l'audace de mettre son personnage un peu plus en danger avant de le rendre victorieux. Car malgré les petites déroutes que le voleur a connu, Sholmès n'a pas été suffisamment à la hauteur et le duel entre les deux personnages reste essentiellement des joutes verbales. C'est pour ces raisons que je choisi de ne pas voir en Sholmès une version de Sherlock Holmes, mais plutôt comme un personnage à part, qui s'éloigne du héros de Conan Doyle.

Malgré ces détails qui m'ont tiqué, le livre reste plaisant à lire car divertissant. Il se compose pour l'essentiel de dialogues. Le style de l'auteur est simple, soigné, plaisant. On lit les aventures de son héros avec facilité et les aventures restent suffisamment intéressantes et divertissantes. Peut-être que je trouverais dans d'autres romans ou nouvelles sur Arsène Lupin des aventures plus palpitantes et satisfaisantes, qui me tiendront en haleine, car malgré mon ressenti sur ce livre, je ne compte pas en rester là et dit à très bientôt à l'ami Lupin !


"Beau temps, Wilson... Du soleil ! ... Paris est en fête pour nous recevoir.- Quelle foule !- Tant mieux, Wilson ! Nous ne risquons pas d'être remarqués. Personne ne nous reconnaîtra au milieu d'une telle multitude !- Monsieur Sholmès, n'est-ce pas ?"Il s'arrêta, quelque peu interloqué. Qui diable pouvait ainsi le désigner par son nom ?Une femme se tenait à ses côtés, une jeune fille, dont la mise très simple soulignait la silhouette distinguée, et dont la jolie figure avait une expression inquiète et douloureuse.Elle répéta :" Vous êtes bien monsieur Sholmès ?"Comme il se taisait, autant par désarroi que par habitude de prudence, elle redit une troisième fois :"C'est bien à monsieur Sholmès que j'ai l'honneur de parler ?"


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