vendredi 4 septembre 2020

La part de l'autre - Eric-Emmanuel Schmitt.


8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. 

Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste? 

Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."


Quelle chose étrange que d'éprouver un semblant de fascination, sinon d'intérêt, envers un criminel. Il ne s'agit pourtant pas de criminels notoires, tels l'assassin du Zodiaque ou Jack l’Éventreur, on peut excuser cet intérêt. Le public présente une sorte de curiosité morbide envers les affaires de meurtre. Lorsqu'il s'agit d'un criminel qui est devenu un tabou dans notre société, comme Adolf Hitler, c'est tout de suite plus compliqué. Comment s'intéresser au mal absolu ? Et pourtant, j'admets que mon intérêt pour la Seconde Guerre mondiale peut m'amener à vouloir me pencher un peu plus sur les hommes qui ont fait le Reich, sans pour autant justifier ou pardonner ces hommes. Aucun oubli, aucun pardon. Et pourtant, je ne peux nier être parfois... intriguée. Pas à cause des actes ignobles qu'ils ont commis, mais l'homme en lui-même, l'homme dans le privé.


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Eric-Emmanuel Schmitt.
Grâce à internet, j'avais déjà connaissance de ce livre depuis des années, je me suis cependant mise à le lire que très récemment. Et je l'ai dévoré. C'est une lecture qui peut mettre mal à l'aise mais que j'ai trouvé fascinante. La part de l'autre, c'est un roman de science-fiction mais aussi de l'historique. Et si Hitler avait été accepté à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, à quel point le cours de l'histoire aurait changé ?

Un sujet très casse-gueule, avouons-le. Et pourtant. Un pari plus que réussi pour l'auteur !

Ce roman nous présente à la fois une biographie romancée d'Hitler suite à son refus à l'Académie des Beaux-Arts, et une autre biographie, imaginée, d'Adolf H. s'il avait été reçu à l'Académie. L'Académie se présente donc comme le point de départ, et ce que le refus ou l'acceptation a déclenché dans la vie d'un seul et même personnage, pourtant différenciés. Hitler, le futur dictateur. Adolf H., le peintre. Alors qu'Hitler, humilié par ce refus, se considère comme un génie incompris, se cherche un chemin, Adolf va mener des études d'art et se transformer en artiste, avec son propre style et des amis. Ce sont deux vies parallèles que nous raconte l'auteur.

La part de l'autre est un livre qui peut être difficile à lire pour certains.es,  pour qui il peut être difficile de concevoir que, même si les circonstances n'avaient pas été les mêmes, Hitler n'aurait jamais pu changer ce qu'il était et ce qu'il est devenu. L'auteur ne cherche d'ailleurs pas vraiment à prouver que, si les choses avaient été différentes, il n'y aurait pas eu de Seconde Guerre mondiale ou de nazisme, Hitler ayant été entouré de cerveaux aussi malades que le sien, l'auteur se penche davantage sur l'humain. Il s'agit, de toute façon, d'une libre interprétation d'une circonstance. L'auteur cherche à comprendre Hitler, mais non à le justifier. Jamais le justifier. D'ailleurs, il a dédié ce roman à Georg Elser, le premier homme à avoir voulu l'abattre, car il avait compris avant tout le monde qu'Hitler emmenait le monde à sa perte. L'auteur ne cherche pas seulement à imaginer "Que ce serait-il passé si..." mais aussi l'analyse que tire le personnage sur une situation. Au lieu de se dire qu'il n'a pas assez travaillé, Hitler se considère comme un artiste incompris, il ne pensera jamais avoir tord. Ce sont les autres qui ont tord. Il ne fait jamais d'erreurs. C'est là le premier délire de sa vie, la première bouffée paranoïaque. Alors qu'Adolf se sent encensé dans son talent d'artiste, il va se chercher en tant qu'artiste toute sa vie, puis se trouver.

Cette acceptation entraîne une série d'autres événements, bénéfiques comme dramatiques, chez Adolf, en même temps que l'auteur fera un parallèle entre Adolf et Hitler. Par exemple, au cours du roman, Adolf guérit du traumatisme de son enfance (un père qu'il déteste, une mère qu'il adore mais qu'il a perdu tragiquement), pas Hitler. Adolf choisit de reconnaître qu'il a un problème avec sa sexualité, Hitler l'ignore complètement. La première guerre mondiale est un empêchement pour Adolf, elle interrompt sa carrière d'artiste ; pour Hitler, c'est un accomplissement, il trouve sa place en tant que soldat allemand, c'est sa bouée de sauvetage dans la vie. La grande guerre fait d'Adolf un pacifiste, Hitler en sera nostalgique et belliqueux et voici qu'Hitler, tel que nous le connaissons, naît. Naît  de la guerre, du dépit, de la colère, de l'humiliation de l'armistice, de la haine, de la vengeance. Il va en faire un discours pour la population allemande, qui va le suivre. Hitler, nous dit l'auteur, n'est pas un grand orateur. S'il a attiré les foules, c'est qu'il a le talent de la haine, et il excelle à cela.

Dans tous les cas, même s'il s'agit de deux vies différentes, il s'agit du même personnage avec le même tempérament mais qui va suivre une évolution différente. Tous les deux sont névrosés et égocentriques, l'un va évoluer pour le meilleur [spoiler] Adolf connaît l'amitié, guérit de sa sexualité, va apprendre à plaire aux femmes, va se marier, avoir des enfants [/spoiler], et l'autre pour le pire [spoiler] il déteste le sexe et son corps, il déteste les femmes, il a des collègues et aucun ami [/spoiler]. Adolf apprend l'humanité : par la guerre qui lui apprend le pacifisme, par les femmes de sa vie (Onze-heures-trente puis Sarah) qui lui apprennent l'amour puis le deuil, la famille, l'amitié avec Sœur Lucie et ses amis de l'Académie. Hitler ne se considère jamais dans l'erreur, il se croit invincible. Si quelque chose ne se passe pas comme il l'avait prévue, c'est la Providence qui a un autre chemin pour lui. Lorsque l'Allemagne perd la guerre en 1945, c'est qu'il a été trahi et abandonné par son armée et son entourage.

Vienna State Opera House, une peinture d'Hitler (1912)

Bien qu'il s'agisse d'une biographie romancée, on ne peut nier que l'auteur a fait un travail colossal pour entrer dans le personnage, le cerner pour mieux l'écrire. Il a écouté ses discours, lu son livre. Il a essayé de comprendre Hitler comme il l'a détesté au fil des pages (je précise bien Hitler, pas celui du monde parallèle). J'ai trouvé ce roman passionnant, depuis le début. Je ne voyais pas passer les pages, je voulais lire toujours plus, j'avais du mal à m'en détacher. Éric-Emmanuel Schmitt manie la langue française avec beaucoup de virtuosité, ses descriptions de Vienne, de la guerre des tranchées, le psyché et les sentiments des personnages avec réalisme. L'humour est également présent, salutaire sur un tel sujet. Hitler comme Adolf peuvent parfois friser le ridicule, dans leur délire. J'ai également beaucoup aimé les séances d'Adolf chez le Dr Freud, et la scène où, après une explosion, les tympans d'Hitler ont explosé et Mussolini et un proche d'Hitler parlent de lui et, lorsqu'il leur demande de quoi ils parlent, Mussolini et l'Allemand répondent le contraire ! Ainsi que cette scène :
- Demain, j'irai acheter des fleurs, murmura Adolf.
"Tiens je me suis trompée, pensa-t-elle. Il est plutôt du genre délicat. Bonne surprise."
- Oui, j'irai acheter un gros bouquet de fleurs.
Il devenait charmant. Aucun de ses amants, depuis l'âge de quatorze ans, n'avait songé à lui offrir des fleurs.
- Et j'irai les offrir au docteur Freud.
- Quoi ?
- Le docteur Freud. Un médecin juif que je connais. Je lui dois le moment que je viens de passer.
Dora se retourna vers le mur verdâtre et, sans vergogne, agrippa tout l'oreiller pour elle. Elle ferma les paupières, désireuse de s'endormir au plus vite. Non, vraiment, le coup du médecin juif, on ne le lui avait encore jamais fait.


J'ai également beaucoup aimé, à la fin de l'histoire, plusieurs pages qui se présentent comme une sorte de journal de l'auteur racontant la genèse de ce roman et une réflexion de l'auteur sur Hitler. On a tendance à le voir comme un être exceptionnel dans le sens où il fut un barbare, un monstre. L'auteur le voit plutôt comme un être banal, banal comme le mal, banal comme nous. Bien-sûr, il s'est conduit comme un monstre et il reste à ce jour l'un des criminels les plus impardonnables de toute l'humanité, mais l'auteur nous dévoile "Je le hais, je le vomis, je l'exècre, mais je ne peux pas l'expulser de l'humanité. Si c'est un homme, c'est mon prochain, pas mon lointain.". Il raconte l'évolution du livre au fur et à mesure qu'il l'écrit, comment certains de ses proches n'ont pas été d'accord avec lui et l'ont conjuré de ne pas l'écrire, et c'était fascinant à découvrir !

En résumer, La part de l'autre se présente vraiment comme un sujet "casse gueule", on peut le dire, et pourtant il a réussi avec brio ! Il achève son livre avec ces paroles marquantes : "Qui me lira ? Qui me comprendra ? Qui me répondra ?"

Hitler salua, tourna les talons et prit la porte. 
Épuisé, Hugo Gutmann se laissa tomber sur une chaise et alluma une cigarette. Quelle fanatique ! Par chance, on maîtrise ce genre d'hommes par l'obéissance aux ordres. Imaginons que ce soit lui qui les donne... Il frissonna et trouva que son tabac avait un goût de cendre.

mercredi 2 septembre 2020

Santa Muerte - Xavier Portebois.


Depuis l'Éxtasis , les nouvelles technologies rendent la mort presque impossible, sauf si l'on se comporte comme un abruti. C'est donc tout penaud qu'Esteban se retrouve au royaume des morts après avoir trop bu. On a beau lui faire bon accueil, il refuse sa situation en bloc et s'empresse d'accepter le marché que lui propose la Santa Muerte en personne. Il a cinq jours pour accomplir la mission qu'elle lui confie, sans quoi il deviendra résident permanent du pays des esqueletos.





Je débute le Pumpkin Autumn Challenge avec cette nouvelle de Xavier Portebois qui m'a attiré par la couverture et la thématique qu'elle apportait, à savoir le monde des morts du folklore mexicain. C'est une nouvelle que j'ai acheté spécialement pour le challenge, avant de connaître les thématiques de cette année, et j'ai été très contente d'avoir pu la caser quelque part. Je l'avais placé dans "Fafnir ton assiette, sinon pas de piécette" en prenant en compte l'aspect légendes/mythes du folklore mexicain, bien qu'elle aurait très bien pu avoir sa place dans "A window to the past" pour l'aspect SFFF. Enfin passons !

Cette nouvelle prend place dans un monde dans lequel les robots travaillent à la place des humains et dans lequel les progrès de la médecine font qu'il est possible de ne jamais mourir, à condition de ne pas être maladroit ou de se comporter comme un imbécile. C'est ainsi qu'à cause d'un bête accident de pierre tombale causée par la consommation d'alcool qu'Esteban se retrouve au royaume des morts. Pour Esteban, il s'agit d'un affreux malentendu et souhaite revenir dans le monde des vivants. Seulement, Santa Muerte refuse de le laisser partir. Pensez donc ! C'est bien le premier défunt qui arrive dans son monde depuis la révolution de la médecine qui permet de ne pas mourir. Esteban plaide sa cause, si bien que la Muerte consent à le laisser partir si elle y gagne quelque chose. Une âme pour une âme. Esteban va devoir convaincre un vieil homme, qui aurait du mourir il y a des années de cela, de prendre sa place... et ce ne sera pas une mince affaire !

Cette nouvelle est une petit friandise. Délicieuse mais si vite dégustée ! C'est une histoire sympathique et très agréable à lire, mais trop court à mon goût ! On me répondra que c'est le principe des nouvelles, mais j'ai beaucoup apprécié cette histoire et j'aurais voulu passer encore du temps avec Esteban et la Muerte. dans ce monde futuriste et l'autre monde, plus coloré et musical. J'aurais aimé passer plus de temps au Royaume des Morts, car je trouve ce folklore mexicain fascinant, il montre une autre facette de la mort, c'est festif, il y a de la musique, de la nourriture, des fanfares et une explosion de couleur que j'aurais aimé voir davantage dans cette histoire.


La Santa Muerte by Santa Muerte blog
Représentation de Santa Muerte
(Source)
Cela étant, à part mon regret de ne pas avoir passé autant de temps que je l'aurais voulu, j'ai aimé ce voyage au Mexique et au royaume des Morts. Il n'y a rien de morbide, de triste ou d'effrayant. Faire partie du royaume des morts n'est pas une mauvaise chose, les défunts s'y plaisent et s'y amusent. Il s'agit d'un monde avec des guirlandes éclairant les tombes où s'entassent des monticules de pain, des morts à l'odeur sucrée, des immeubles à l'architecture aztèques, étagées d'or et de joyaux, une multitude de fleurs et de banderoles, des mariachis chantant et des fanfares. Un monde de couleurs et de fête où la Santa Muerte est la reine. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce personnage, elle est futée, assez burlesque, j'ai beaucoup aimé ses échanges avec Esteban !

L'auteur nous offre une vision d'un monde futuriste plutôt intéressant, dans lequel les humains ont quitté la Terre, pour la plupart, pour vivre dans d'autres colonies dans la galaxie, où ils se mêlent aux extraterrestres d'autres planètes. Un monde où la médecine permet des machines ultra-performantes, des corps d'acier et des organes artificiels, rendant ainsi la mort presque impossible, pour le malheur de la Santa Muerte qui n'a plus vu de nouvel arrivant dans son monde depuis longtemps. Un monde dans lequel les humains ne font plus d'efforts, car des robots font tout le travail.

Il y a de l'humour et de la légèreté, mais l'auteur nous offre une réflexion à travers l'évolution d'Esteban, sur notre place sur terre et notre appréhension face à la mort et si j'avais fini par me douter de la façon dont l'histoire allait s'achever, j'ai tout de même été agréablement surprise et cela nous montre bien l'évolution d'Esteban.

Pour résumer, Santa Muerte fut une agréable surprise ! Malgré une fin qui peut paraître évidente, c'est une jolie histoire qui mêle les traditions mexicaines, la mort, la vie, et un monde futuriste, écrite avec humour et fluidité. Une sympathique histoire qui pourrait très bien faire un court film d'animation tout aussi sympathique !

Sa nuque craqua quand Esteban se tourna vers la voix qui venait de lui parler. Un squelette se tenait à deux pas de lui. Debout, vêtu d’un t-shirt démodé, les mains glissées avec nonchalance dans les poches d’un jean troué.  
Esteban bondit sur ses pieds, brusquement dégrisé. Il recula d’un pas, ferma les yeux et les rouvrit, plusieurs fois de suite. L’apparition ne voulait pas s’en aller. 
 « Mais qu’est-ce que… bégaya-t-il pour lui-même.  
— Bienvenue dans le monde des morts, amigo. » 
Esteban se sentit livide. Il avait beau l’avoir lue en diagonale, la languette de sécurité du pack de bières parlait de comportements à risque, de confusion émotionnelle, mais certainement pas d’hallucinations.  
« Le monde des… morts ? » répéta-t-il, une syllabe à la fois.

mardi 1 septembre 2020

Pumpkin Autumn Challenge, édition 2020

Mission n°01 ▭ La chasse à la citrouille

Tout beau, tout chaud, tout juste sorti du chaudron et de l'imaginaire de GuimauseTerrier, voici le Pumpkin Autumn Challenge, que j'ai tant attendu, pour nous faire croquer l'automne à pleines dents et mettre le compte à rebours pour Halloween !

Le principe reste le même : c'est un challenge qui se déroule du 1er septembre au 30 novembre, où l'on peut s'inscrire librement, sans contrainte, le but étant de s'amuser. C'est pourquoi on peut lire autant de livres qu'on veut, se fixer son propre objectif et aller à son propre rythme, tant que les lectures (les films sont aussi acceptés) sont en rapport avec les thématiques du challenge.

Je vous laisse le soin de découvrir la présentation du challenge par Guimause :


ou



👻 Automne Frissonnant






- L'île aux trente cercueils, de Maurice Leblanc.

L'ile aux trente cercueils - Maurice Leblanc - BabelioTrente écueils menaçants cernent l'île de Sarek en Bretagne. Les habitants superstitieux l'appellent l'île aux trente cercueils. Une légende les hante : trente victimes doivent mourir dont quatre femmes en croix. Véronique d'Hergemont, venue chercher son fils après quatorze ans d'absence, a la désagréable surprise de voir ses initiales sur les bornes, sur les portes des chapelles et son visage sur un dessin de femme crucifiée ! 

L'étrange atmosphère des légendes celtes, cette «Pierre-Dieu qui donne mort ou vie», la prédiction sanglante, le monstrueux comte Vorski, voilà de quoi frissonner d'angoisse et de terreur. Arsène Lupin, heureusement, et un petit chien nommé Tout Va Bien, sont là pour affronter la malédiction !

- Retour à Whitechapel, de Michel Moatti.

Amazon.fr - Retour à Whitechapel - MOATTI, Michel, DURAND-SOUFFLAND,  Stéphane - LivresLe 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L'Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.

À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L'Éventreur. Grâce aux archives d'une pittoresque société savante de riperristes , en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante carrière de l'Éventreur.

- Les sept morts d'Evelyn Hardcastle, de Stuart Turton.

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle par TurtonCe soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.


Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Plongez dans ce labyrinthe des délices. Chaque personnage, chaque recoin obscur de la maison cache un mystère. Chaque page ou presque offre un rebondissement inattendu. Et il y a 500 pages.



- Salem, de Stephen King.

Stephen King - Salem (1975) - Blog Soleil vert - Littérature populaire,  cinéma, séries et actualité culturelle : science-fiction, SF, polar,  littérature classique, aventureAprès la mort accidentelle de sa femme, Ben Mears, écrivain à succès, revient dans sa ville natale pour écrire son prochain roman. En passant devant une vieille maison abandonnée, Marsten House, il envisage de s'installer.

Mais le vieux manoir vient d'être vendu à un mystérieux monsieur Straker. Dans le parc, Ben rencontre une belle jeune femme, Susan Norton. Il s'installe dans une chambre en ville et se met à écrire, sans pouvoir se dégager d'un étrange sentiment que les choses ne sont pas tout à fait à leur place.

Quand le petit Ralphie Glick disparaît et que son frère sombre dans un état inexplicable, le regard de Ben se tourne de nouveau vers Marsten House et ses étranges habitants, Straker et Barlow. Mais il ne parvient pas à retrouver confiance, et l'horreur se poursuit.

- Funèbre ! : Tour du monde des rites qui mènent vers l'autre monde, de Juliette Cazes.

Funèbre ! - Juliette Cazes - Babelio"Lorsqu'ils me demandent pourquoi j'étudie la mort sur mon temps libre, les gens sont souvent étonnés que je leur réponde que c'est parce que je m'intéresse aux vivants. Et pourtant, en France, parler de deuil n'est pas chose aisée, ce tabou n'existe pas partout. Au contraire, à certains endroits de la planète, la mort est totalement intégrée à la vie, voire résolument célébrée ! Je vous invite donc à me suivre dans un voyage fascinant où se côtoient les vivants et les morts, à cheval entre deux mondes : le nôtre et "l'autre". "

Avec une rigueur méticuleuse et un humour subtil, Juliette Cazes nous embarque dans une expédition pleine de rebondissements à travers le monde et ses traditions funéraires. Des cercueils en cage en Écosse, des têtes momifiées en Nouvelle-Zélande, des funérailles musicales à La Nouvelle-Orléans ou encore des inhumations célestes au Tibet…  À ses côtés, découvrez dans la joie et la bonne humeur comment on cohabite avec les morts, ailleurs !

- L'Année du Loup-Garou, de Stephen King.

Amazon.fr - L'année du loup-garou - King, Stephen - LivresQuand arrive la pleine lune, une peur sans nom s'empare des habitants de Tarker Mills, petite bourgade tranquille nichée au creux des profondes forêts du Maine. Tous entendent, derrière la plainte du vent, des grondements de fauve auxquels se mêlent encore les échos d'une voix humaine. Le monstre est là. Qui tuera-t-il ? 

L'horreur commença en janvier sous la lueur glacée de la pleine lune. Un premier hurlement insoutenable déchira la nuit. C'était le début de l'année du loup-garou.


Un chef-d’œuvre du maître de l'épouvante et du suspense, Stephen King, illustre par un des plus grands dessinateurs américains, Berni Wrightson.


- Le passeur de fantômes, tome 1, de Alain Grousset et cie.

Le passeur de fantômes T.1 ; l'élu - Alain Grousset, Johan Heliot, Manuel  Sumberac - Philippe Auzou - Grand format - Le Hall du Livre NANCY"La maison hantée", voilà comment est qualifiée la demeure dans laquelle Malo emménage avec sa famille. L'adolescent n'y croit pas... sauf que la rumeur pourrait bien être fondée ! 


En outre, Malo découvre qu'il a des pouvoirs insoupçonnés, et un peu effrayants. Heureusement, il va pouvoir compter sur des alliés aussi improbables qu'exceptionnels. Une première enquête frissonnante parmi les revenants !




- Waterwitch, de Alex Bell.

Waterwitch - Alex Bell - BabelioCertaines malédictions deviennent de plus en plus puissantes avec le temps... 

Suite à un accident, Emma a perdu l’usage de ses jambes. Sept ans plus tard, l’adolescente revient en Cornouailles, sur les lieux du drame : l’auberge familiale du Waterwitch, gérée par sa grand-mère mourante. 


Ce bâtiment a été construit avec le bois d’une épave, celle d’un navire au passé trouble, maudit raconte la légende. Parmi les sombres secrets qui hantent l’auberge se cachent des fantômes du passé. Et l’un d’eux est particulièrement en colère.

- Poussière fantôme, de Emmanuel Chastellière.

Poussière fantôme - Emmanuel Chastellière - BabelioUne histoire de fantôme rocambolesque… à Montréal !

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler !

Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants… Et tout ça si possible sans trop se fatiguer !



🎃  Automne Douceur de Vivre




- L'arbre d'Halloween, de Ray Bradbury.

L'Arbre d'Halloween par BradburyLorsqu'ils frappent à la porte de Montsuaire pour réclamer des bonbons, Tom et ses copains déguisés en zombies ne savent rien de ce qui les attend...

Commence alors un fabuleux voyage dans l'espace et le temps... Une quête fantastique et poétique des origines d'Halloween...


"Tout a commencé quand ? En Égypte, il y a quatre millénaires, pour célébrer l'anniversaire de la mort du soleil ? Ou des millions d'années plus tôt, devant les feux nocturnes allumés par les hommes des cavernes ? Ou dans le ciel de Paris, là où d'étranges créatures sont venues se pétrifier pour devenir les gargouilles de Notre-Dame?"

- La fabuleuse histoire de Jack O'Lantern, de Anthony Luc Douzet.

La fabuleuse histoire de Jack O' Lantern par Douzet1770, Wicklow, Irlande.

JACK STINGY est l'irlandais le plus riche et le plus avare de Wicklow.

Jalouse de sa fortune, la Mort vient le rencontrer.

Commence alors une quête épique pour la survie et l'honneur.

Mais jusqu'où peut-on aller face au fléau qu'est la MORT ?








- Vert-de-lierre, de Louise le Bars.
Amazon.fr - Vert-de-Lierre - Le Bars, Louise - Livres
Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. 


Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l'écrivain en mal d'imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l'une que l'autre. À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

- Santa Muerte, de Xavier Portebois.

Depuis l'Éxtasis , les nouvelles technologies rendent la mort presque impossible, sauf si l'on se comporte comme un abruti. C'est donc tout penaud qu'Esteban se retrouve au royaume des morts après avoir trop bu. 

On a beau lui faire bon accueil, il refuse sa situation en bloc et s'empresse d'accepter le marché que lui propose la Santa Muerte en personne. Il a cinq jours pour accomplir la mission qu'elle lui confie, sans quoi il deviendra résident permanent du pays des esqueletos.



- J'agonise fort bien, merci, de Oren Miller.

J'agonise fort bien, merci par MillerSainte-Marie-La-Grise. Son cadre exceptionnel près de la côte d'émeraude en fait une destination de vacances des plus prisées. De magnifiques paysages, un mystérieux folklore breton et des morts qu'on a aidés à trépasser raviront les plus aventureux d'entre vous. Profitez de l'hospitalité chaleureuse des habitants qui sauront vous mettre à l'aise. Afin d'apprécier pleinement votre séjour, veillez cependant à respecter trois règles :

1. Écoutez toujours les murmures de ceux que vous ne voyez pas.
2. Gardez-vous des créatures sinistres qui frappent avant d'entrer.
3. Soyez sage. Très sage.

- Fablehaven, tome 1, de Brandon Mull.

Fablehaven, tome 1 : Le sanctuaire secret par MullDepuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuge secret, à l'abri du monde moderne. 

Ce sanctuaire s'appelle Fablehaven. Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. 

Un jour, ils découvrent l'incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d'êtres fabuleux - fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades... Aujourd'hui, l'avenir de Fablehaven est menacé par l'avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille... et rester en vie.






- Les filles de Salem : Comment nous avons condamné nos enfants , de Thomas Gilbert.

1692. Salem, en Nouvelle-Angleterre. 

Abigail, 17 ans, raconte l'histoire des sorcières de Salem dont elle fut l'une des victimes. Suspectées d'être possédées par le démon, des jeunes filles de ce village puritain dénoncent d'autres membres de la communauté de les avoir ensorcelées. La psychose s'emballe, donnant lieu à des procès en sorcellerie et à de nombreuses exécutions.

- La malédiction d'Old Haven, de Fabrice Colin.

La Malédiction d'Old Haven par Colin1723. Gotham. Orphelinat de la Sainte-Charité. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les sœurs qui l'ont recueillie dix-sept ans plus tôt.

En route vers l'est, la jeune fille s'arrête dans le vieux village d'Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de ténèbres...

C'est ici, à Old Haven, que fut brûlée vive, quarante-deux ans auparavant, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford...


Descendante de cette longue lignée, Mary est-elle née maudite ou est-elle destinée à sauver un monde en péril ?

- Mélusine, de Gilson et Clarke.

Melusine - tome 1 - Sortilèges: Amazon.fr: Clarke, Cerise, Gilson,  François: LivresPetite sorcière mignonne à croquer, Mélusine est jeune fille au pair dans un château de Transylvanie.

La maîtresse de maison est une fantôme au sale caractère, son mari un vampire plutôt cool et le valet de pied une sorte de créature de Frankenstein à l'intellect passablement limité. Bref, rien que de très normal...


Dans un univers d'épouvante parodique, Clarke et Gilson nous proposent une succession de gags rehaussés par la séduction d'une charmante héroïne.




🔮  Automne des Enchanteresses




- Cinder, de Marie Sexton.

Cinder par SextonEldon Cinder donnerait n'importe quoi pour revoir le prince Xavier une dernière fois, mais seules les femmes sont invitées au bal royal. Quand une sorcière propose de faire d'Eldon une femme pour seulement une nuit, il accepte. Un sort. Une nuit.Une danse. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?


Une courte nouvelle de l'auteur Marie Sexton a qui nous devons le magnifique Je te le jure, paru chez Dreamspinner Press. Pleine de poésie, l'auteur revisite à sa façon le conte Cendrillon tout en douceur et en légèreté.







- L'étrange affaire du Dr Jekyll et Mr Hyde, de Robert-Louis Stevenson.

L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde et autres récits fantastiques,  Jean-Pierre Naugrette, Robert Louis Stevenson | Livre de PocheQuand la nuit tombe, le terrifiant Mr Hyde se faufile dans les ruelles désertes et martyrise fillettes et vieillards avec un sang-froid démoniaque. Chacune de ses apparitions inspire le frisson. Pourquoi cet être abject est-il protégé par le respectable Dr Jekyll, gentleman et philanthrope reconnu à Londres ?

Pour Mr Utterson, notaire de son état, il ne peut s'agir que de quelque manipulation diabolique. Chef-d'oeuvre du récit d'épouvante, inspiré d'un cauchemar de l'auteur, L'Etrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde fascine aussi par son réalisme psychologique.



- Sorcières : La puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet.

Sorcières par CholletTremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.


Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations.

- Le don du loup, de Anne Rice.

Les Chroniques du don du loup, tome 1 : Le don du loup par RiceUn jeune journaliste envoyé par le San Francisco Observer... une vielle femme qui l'accueille dans sa magnifique maison familiale sur laquelle il doit écrire un article et qu'elle doit vendre urgemment... Une rencontre fortuite entre deux personnes bien différentes... Une nuit idyllique brisée par une violence sans nom... Le jeune homme attaqué, mordu, de manière inexplicable par une bête qu'il ne peut voir dans la pénombre...


Un épisode violent qui met en marche une transformation aussi terrifiante que séduisante alors que le jeune homme, pris en étau entre extase et horreur, entre acceptation et peur de ce qu'il est en train de devenir, est sur le point de connaître le frisson du don du loup.


J'ai choisi les catégories qui me faisaient le plus envie et dans lesquelles je pouvais caser des livres de ma PAL ou de ma Wish-List. Je ne compte pas lire tous les titres présentés sur cet article, je me réserve juste l'embarras du choix car je ne suis pas encore sûre par où commencer, cela va varier en fonction de mon envie du moment. Je me fixe l'objectif d'un livre par sous-catégorie. Si j'ai le temps et la motivation, je lirais plus qu'un titre par catégorie, je ne veux pas me poser des contrainte ou avoir les yeux plus gros que le ventre mais aller à mon rythme et surtout de m'amuser. Si je peux lire au moins un titre par catégorie, je serais contente ! Il ne s'agit pas non plus d'une liste définitive, elle est susceptible de changer, comme c'était déjà le cas de nombreuses fois hier et avant-hier !

Bon challenge à tous et à toutes, pour ceux et celles qui participent !


Stickers Chauve souris - Stickers Malin

lundi 31 août 2020

Les aigles de l'Empire (T.1) L'aigle de la légion - Simon Scarrow.


Germanie, 42 après J.-C.

Rude, brutale et impitoyable : c’est la vie que découvre Cato, jeune recrue de la deuxième légion romaine. Et malgré ses relations en haut lieu, il aurait bien besoin d’un allié – car il a été promu au-dessus de ses pairs sur ordre de l’empereur, ce qui lui vaut l’inimitié de ses compagnons d’armes.


Or il gagne vite le respect de son centurion, Macro, un soldat aguerri, aussi fruste que Cato est vif d’esprit et cultivé. Tout les sépare, pourtant ils comprennent bientôt qu’ils ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre.

La campagne sanglante de Bretagne marque pour eux le début d’une amitié durable. Mais tandis qu’ils entreprennent une dangereuse mission pour déjouer un complot contre l’empereur, ils se retrouvent entraînés dans une lutte désespérée pour leur survie…



J'avais très envie de lire des romans se situant dans la Rome antique, pour changer des livres documentaires. J'ai découvert ce livre sur Booknode, et j'ai été attirée par la couverture. N'ayant vu que trois tomes disponibles, j'ai naïvement cru qu'il s'agissait d'une trilogie, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que c'est une série de 17 tomes (et j'ignore si cette série est terminée ou toujours en cours) ! Malgré tout mon amour pour la Rome antique, je ne lirais pas cette série dans son intégralité, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier ce premier tome.

L'Aigle de la Légion nous plonge en plein cœur de l'Empire Romain, sous l'empereur Claude. L'auteur nous emmène cependant loin des fastes de l'empire et plutôt au sein de l'armée romaine, dans la légion du centurion Macro dans laquelle débarque le jeune Cato. Enfant d'esclaves affranchis, ayant vécu toute sa vie parmi les livres, ce jeune érudit se retrouve dans un environnement bien différent, qui est celui de l'armée où la culture n'a pas sa place. Dépaysé, il est victime de la méfiance et de l'inimité de ses camarades qui voient d'un mauvais œil l'arrivée de cette jeune recrue sans expérience qui se retrouve promue au prestigieux rôle d'optio (dont le rôle est de seconder le centurion qui délègue certaines de ses charges), à cause de ses relations en haut lieu. Ce n'est pas comme si Cato avait choisi cette situation mais il fait preuve de bonne volonté et tâche de se montrer à la hauteur de ses fonctions... ce qui n'est pas une mince affaire. Heureusement pour lui, il trouve un allié en la personne du centurion, Macro, qui a décidé de croire en lui et de le prendre sous son aile...

Le début s'est révélé un peu long, mais une fois que nous sommes bien installés et immergés dans l'histoire, je trouve que les chapitres s'enchaînent sans difficulté. Il y a assez de rebondissements pour garder l'intrigue intéressante jusqu'à la fin. On s'immerge d'abord dans la vie au sein d'une légion puis l'apprentissage de Cato pour devenir un soldat (ce qui n'est pas une mince affaire !). L'intrigue prend ensuite une ampleur plus profonde. Pour situer un peu le contexte : nous sommes au début du règne de l'empereur Claude, Caligula ayant été déposé au profit de Claude, mais une guerre de l'ombre fait rage entre les loyalistes et les putschites, d'autant plus que Claude n'a pas les moyens financiers et humains d'imposer son autorité, beaucoup suspectent qu'il délègue d'ailleurs son autorité en faveur de son entourage. C'est ainsi qu'il est décidé d'organiser une campagne militaire en Bretagne, que Jules César n'avait réussi à conquérir, à l'inverse de la Gaule, pour octroyer à l'empereur un prestige militaire, mais aussi financier en partant sur les traces d'un trésor perdu par Jules César pendant sa campagne en Bretagne, des années de cela...

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Simon Scarrow.
Bien qu'il s'agisse d'un cliché propre aux fictions historiques, surtout celles se déroulant dans la Rome antique, je ne m'en lasse pas, et je trouve cette histoire de complots, de conspirations qui se trament, rend l'intrigue plus complexe et intéressante. Complots, agent double, secrets, l'impression que quelque chose se passe dans l'ombre et qui pourrait impacter la politique à Rome... tous les ingrédients pour nous promettre une intrigue intéressante, et ce sur le long court, et épicer l'histoire. Nos personnages vont se retrouver, d'une façon ou d'une autre, liés à ces intrigues.

L'histoire se déroulant au sein d'une légion romaine, il est logique d'y trouver des batailles, d'abord contre les Germaniques puis contre les Bretons. La perspective de lire des scènes de bataille peut effrayer certains.es mais je trouve que l'auteur s'en sort très bien, il y a beaucoup d'action, tout est fait pour ne pas ennuyer le lecteur, d'autant plus que la plume de l'auteur est fluide et qu'il va dans les détails, sans pour autant aller trop loin dans ses descriptions pouvant faire fuir le lectorat. Il a une jolie plume, et j'ai beaucoup apprécié ses descriptions de la légion, de ses personnages, des intrigues et du temps qui passe. En plus des intrigues politiques et militaires, nous avons nos deux personnages confrontés à de nombreuses péripéties dans lesquelles ils doivent faire appel à leur résistance, leur instinct de survie et leurs compétences, ainsi que leur sens du devoir.

On sent les prémices d'une relation qui va se développer et se renforcer entre Macro et Cato. Ce sont deux personnages que tout oppose : Macro est centurion, habitué au monde de l'armée, campagnard, aguerri, un peu rustre, il n'a pas froid aux yeux et il garde la tête sur les épaules ; Cato est plus un jeune affranchi, urbain, cultivé, il a horreur du combat, est inexpérimenté, mais avec un bon esprit de réflexion. Nous ne sommes pourtant pas dans le cliché du jeune raffiné et cultivé qui n'aime pas se battre et se démarquera par son esprit car Cato a les capacités d'être un bon soldat et un bon optio, avec un solide sens du devoir. Je ne pourrais pas présenter ces deux personnages comme amis dans ce tome, bien que je pense que la série va se diriger vers cette optique, mais nous avons les prémices d'une relation proche entre ces deux hommes, on sent qu'ils ont beaucoup à apporter à l'autre et se soutenir, et ça nous donne déjà, dans ce tome, des scènes comiques et une dynamique intéressante.

On sent vraiment qu'il s'agit là d'un tome servant d'introduction, qui pose les bases qui vont ensuite se développer au fil du tome, pas seulement les prémices de la relation entre nos deux personnages principaux mais aussi les intrigues qui menacent peu à peu la dynastie julio-claudienne qui règne à Rome, ainsi que des questions qui restent sans réponses, aussi bien concernant l'histoire que le personnage de Cato (qui sont les parents de Cato qui ont été affranchis avant lui ? Qui sont ses puissants amis et ses puissants ennemis ? Veut-on le protéger ou le tuer, etc).

Pour résumer : un premier tome facile à lire avec une écriture fluide, qui pose efficacement les bases de l'histoire, une intrigue sans grande originalité mais qui tient la route et qui reste intéressante à lire, dans un décor historique en toile de fond, beaucoup de rebondissement et d'action. Une lecture sympathique mais pas inoubliable pour moi, j'ignore si je lirai la suite. Pour le moment, je ne souhaite pas m'investir émotionnellement et financièrement dans une longue série donc... que sera sera !

Macro écarta les mains du géant de sa gorge et tenta désespérément de faire entrer de l'air dans ses poumons. Puis, soulevant le corps avec effort pour le faire rouler sur le côté, il se releva avec un regard furieux pour ses légionnaires. 
- Qu'est-ce que vous attendiez, bon sang ? 
- Tu as dit "Laissez-le moi", protesta Pyrax. 
Macro se frotta le cou avec une grimace de douleur. 
- Eh bien, la prochaine fois, faites preuve d'initiative. Si un type veut faire la peau de votre centurion, vous intervenez - peu importe ce qu'on vous a dit. Compris ? 
- Oui, centurion.

mercredi 12 août 2020

La tête en friche - Marie-Sabine Roger.

La tête en friche - Marie-Sabine Roger - Babelio
Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... - et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout.





Je connais le film, il était temps que je découvre enfin le livre.

Germain Chazès a la quarantaine, il mène une vie ordinaire avec ses copains qu’il retrouve au café du coin, et sa compagne Annette. C’est un bonhomme massif qui, sans être stupide, n’est pas connu pour avoir un esprit brillant selon son entourage. Entre ses copains qui se moquent de son manque de culture, sa mère qui l’a toujours traité avec méchanceté, et son ancien maître d’école qui n’a toujours eu pour lui que du mépris. Cela ne le gêne pas plus que ça, il a l’habitude… Puis un jour, alors qu’il compte les pigeons au parc, il rencontre un petit bout de dame, Margueritte, qui vit en maison de retraite. Cette curieuse petite dame prend Germain en sympathie, s’intéresse à lui et ses loisirs, et se met même en tête de lui lire des romans. Germain l’ignore au début, mais cette rencontre va lui changer sa vie.

C’est un livre qui fait du bien, qui nous raconte une belle histoire comme on aimerait en lire de temps en temps. Les chapitres sont courts et l’écriture fluide. On s’attache à nos personnages principaux. Nous avons Germain, personnage inculte, naïf, un peu rustre mais qui se révèle quelqu’un avec une certaine sensibilité. Il s’est construit comme il a pu, a appris à être indépendant et à se construire une vie. Il sculpte le bois, s’occupe de son potager, va voir ses copains, et sa compagne. On ne peut s’empêcher de le prendre en sympathie, compte-tenu de son vécu. Il n’a jamais connu son père et sa mère manquait cruellement d’instinct maternel. Sans le battre, Germain n’a jamais connu l’amour maternel, et il a du faire également face au mépris de son maître d’école pour qui Germain était sa tête de turc, à cause de ses difficultés à l’école. Son manque de culture, ses copains s’en amusent. Puis, nous avons Margueritte, une vieille dame douce, compréhensive, patiente, avec beaucoup d’empathie et de tact. Elle va lui faire partager son amour de la lecture, progressivement, elle va l’écouter et discuter avec lui, comme s’ils étaient de vieux amis. Germain aime compter les pigeons au parc ou inscrit son nom sur le monument aux morts, pour qu’on se souvienne de lui ? Cela fait de lui quelqu’un d’original, et elle ne le jugera pas.

En lui lisant des extraits de roman, Germain va découvrir la littérature et apprendre à l’aimer. Cela ne se fait pas d’un coup. Germain a du mal, il ne comprend pas tout. Margueritte lui offre un dictionnaire, pour l’aider et ça deviendra son guide. Comme tout le monde, Germain va chercher des prénoms ou des mots qu’il connaît dans le dictionnaire, puis il va chercher à comprendre des mots qu’il ne comprend pas, dans le roman. Peu à peu, cela va aider Germain à enrichir son vocabulaire ainsi que sa culture, au grand étonnement de ses amis. Ce ne sont pas uniquement les livres qui déclenchent un changement chez Germain, c’est essentiellement Margueritte. Au contact de Margueritte, Germain change. Son vocabulaire devient moins familier, il se familiarise avec la littérature (d’abord en lisant des extraits, puis le livre entier, puis il va chercher par lui-même des livres à la bibliothèque, et faire, à son tour, la lecture à son amie). La tendresse et l’affection que Germain portent à Margueritte sont très touchantes, on sent combien il s’attache peu à peu à cette petite dame, au fil de leurs rendez-vous improvisés, et comment cette dernière le lui rend bien. Germain n’a pas connu l’amour maternel, Margueritte est seule, et il « adopte » Margueritte, se préoccupe d’elle, lui qui n’a jamais su comment parler aux vieilles dames...

J’ai beaucoup aimé le parallèle qu’a fait l’auteure entre la culture de la terre et celle de l’esprit. Il faut entretenir la terre, comme si on s’occupait de notre jardin. On sème, on plante des graines, on arrose, on enlève les mauvaises herbes, il faut nourrir la terre, la rendre fertile, pour que poussent de bonnes choses. Il en est de même avec l’esprit. Il faut nourrir notre tête, y semer des idées, des pensées, elle va assimiler ce qu’on lit, nous permettre un esprit critique, enrichir notre esprit. C’est ce qui arrive avec Germain. Son langage s’enrichit, il a une envie de la réflexion, il se rend compte que des blagues qu’il fait avec ses copains ne sont pas toujours gentilles. Germain grandit tout au long du roman, il a une certaine philosophie, une façon de pensée que j’ai beaucoup aimé, par exemple ses pensées sur les rapports entre une mère et son enfant. Il a beau avoir l’air rustre, il n’est pas si bête qu’il le pense et ses réflexions donnent à réfléchir. Germain est un narrateur plaisant, qui s’exprime avec une naïveté touchante et également de l’humour.

J’ai aimé retrouver aussi quels titres nos deux personnages lisaient, à savoir : La Peste de Camus, Le vieux qui lisait des romans d’amour de Sempuelveda, La promesse de l’aube,de Gary, etc. C’est un bien joli livre que nous offre l’auteure, et il se lit avec beaucoup de plaisir ! L’auteure a su mettre les mots justes pour décrire cette belle amitié et raconte, sans prétention, une histoire qui parle également de culture et de littérature. Le film retrace fidèlement le livre, outre la fin, pour notre plus grand plaisir !

Un jour, elle [Margueritte] m'a dit :
- Vous êtes un vrai lecteur, Germain, je le vois bien...
Et sur le coup, ça m'a fait rire, parce que les livres et moi, enfin bon, vous savez...
Seulement, elle était sérieuse. Elle m'a expliqué que lire, ça commence par écouter. J'aurais plutôt pensé par lire, justement. Mais elle a dit : non, non, ne croyez pas cela Germain ! pour faire aimer la lecture aux petits, il faut leur lire à haute voix. Et elle a ajouté que si on fait bien ça, ça les rend dépendants, après, comme une drogue. Ils ont besoin de livres, après, en grandissant. Ça m'a étonné, mais, en réfléchissant, je me suis dit que c'était pas idiot. Si on m'avait lu des histoires, petit, j'aurais peut-être mis le nez plus souvent dans les livres, au lieu de faire des bêtises, simplement par ennui.