samedi 17 janvier 2026

Quand j'ai froid - Valentine Choquet.


C’est l’hiver. Louise mène un quotidien calme, un peu solitaire et rythmé essentiellement par ses études. Un jour, frissonnante, elle rencontre sa voisine d’immeuble, une petite mamie qui a la bougeotte, le sourire aux lèvres et une myriade d’histoires à raconter. Des histoires de patins à glace et d’écharpes réconfortantes, des histoires de fleurs symboliques et de grand amour, des histoires de vélo et d’enfant qui grandit… Mois après mois, saison après saison, les deux femmes partagent de doux moments présents et des souvenirs passés, des souvenirs néanmoins de moins en moins précis…


“Il fait froid dehors ! Vous ne trouvez pas. Et moi quand j'ai froid… je rétrécis !”


Je n’attendais pas grand-chose de cette bande-dessinée, à part de m’occuper pendant une heure et de passer un bon moment de divertissement. Au final, je referme ce livre, les yeux rougis par les larmes que cette histoire m’a fait verser. Quand j’ai froid est le coup de cœur auquel je ne m’attendais pas.


On pourrait s’attendre à une histoire banale. Louise est une étudiante solitaire dont les journées sont rythmées par ses études puis les moments de calme dans son appartement qu’elle partage avec son chat. Les jours se suivent et se ressemblent, en pleine saison hivernale, jusqu’au jour où Louise fait la rencontre d’Andrée, sa voisine d’immeuble, une petite mamie pleine de vie, malicieuse et avec plein d’histoires à raconter. Une amitié va se nouer entre ces deux femmes de générations différentes, et qui vont trouver en l’autre exactement ce dont elles avaient besoin.


Je me suis identifiée en Louise, jeune fille timide et renfermée qui n’ose pas aller vers les autres, et qui mène un quotidien solitaire. J’ai pris plaisir à la voir évoluer au fil de l’histoire. Son amitié avec Andrée va apporter de la couleur dans sa vie, de la compagnie mais aussi lui donner l’assurance d’aller voir ses camarades et de lier des liens d’amitié avec eux. Ainsi, son petit appartement solitaire va devenir plein de vie, et son mur s’orner de photos de plus en plus nombreuses de Louise et son chat, ses amies et bien entendu Andrée.


Andrée est une pétillante petite mamie, certes âgée mais pleine de vie, et son amitié avec Louise est touchante, et peut nous rappeler notre relation avec notre propre grand-mère, apportant ainsi douceur et nostalgie. J’ai aimé découvrir, en même temps que Louise, ses souvenirs de jeunesse, sa rencontre avec son mari, des anecdotes de son enfance, sa passion pour le cyclisme et le tour de France. J’ai aimé l’usage de la couleur sépia pour les flash-back du passé d’Andrée, il apporte un côté désuet, qui rappelle un peu des anciens films.


Cette bande-dessinée a réussi le pari de rendre touchante une histoire sans dialogue (juste une bulle au début et une à la fin), uniquement avec des gestes et des expressions qui transmettent très bien les idées et les sensations. Tout l’émotion du récit passe par les dessins. C’est une histoire poignante sur la solitude, l’importance des souvenirs mais aussi la mémoire (plus particulièrement la perte de mémoire et l’impact sur le quotidien). Il y a quelque chose de poétique et de déchirant chez cette petite dame qui se remémore son passé tout en s’apercevant qu’elle oublie petit à petit des pans de sa vie.


Quand j’ai froid est une histoire émouvante sur une amitié intergénérationnelle touchante, très douce-amère alors qu’elle aborde des thèmes tantôt doux et chaleureux (l’amitié, le partage de souvenirs, l’ouverture au monde), tantôt triste et déchirant (la perte de mémoire, la solitude, la vieillesse). Coup de cœur absolu et inattendu pour cette BD qui m’aura fait sourire autant qu’elle m’aura fait pleurer.